ADI
avait donné le nom de fièvre adéno-nerveuse à la peste du Levant. (V. ces mots.)
adepte, s. m. (de adeptus , participe du verbe adipiscor, trouver). Autrefois les alchimistes désignaient sous ce nom ceux d’entre eux qu’ils regardaient comme ayant trouvé la pierre philosophale, qui avait la propriété de guérir toutes les maladies et de changer tous les métaux en or. Tous les alchimistes n’étaient pas adeptes ; il y avait, disaient-ils, toujours douze adeptes, qui étaient remplacés par d’autres, lorsqu’il plaisait à quelqu’un d’entre eux, non de mourir, mais de se transporter dans quelque autre monde où il pût faire usage de son or, car dans celui-ci il ne pouvait leur être utile à rien. Ces fables sont tombées avec l’alchimie, que l’on peut mettre au nombre des grandes folies humaines, quoiqu’elle ait servi à préparer les bases de la chimie moderne. J. B.
adhérence ( path .), s. f. (de adhœrere , adhérer). On désigne sous ce nom la réunion de deux parties qui ne doivent être que contiguës ; ainsi, lorsqu'à la suite d’une brûlure ou d’une plaie, plusieurs doigts se réunissent entre eux, on dit qu’il y a adhérence. Ce mot s’emploie aussi pour les viscères du ventre et de la poitrine, qui ne sont séparés que par des membranes séreuses, qui se réunissent souvent dans les inflammations. Il y a souvent adhérence des poumons aux parois de la poitrine, adhérence des intestins entre eux, et des organes du ventre avec d’autres organes voisins.
Il y a des adhérences naturelles que l’on nomme aussi congéniales, parce qu’elles ont lieu avant la naissance; ainsi, l’ouverture des paupières, de la bouche, de l’anus, est souvent fermée par l’adhérence des parties qui les forment ; les doigts sont aussi souvent adhérents entre eux. Il est facile de remédier à ces inconvénients par une opération. J. B.
adhésion ( chir .), se dit de la réunion d’un organe séparé dans sa continuité par une blessure; ainsi, une plaie commence à se cicatriser quand il y a adhésion de ses bords. Pour qu’une fracture puisse se consolider, il faut qu’il y ait d’abord adhésion des deux bouts de l’os fracturé. On dit de l’inflammation qui favorise cette réunion , que c’est une inflammation adhésive. On nomme adhésifs les emplâtres qui servent à réunir les plaies. (Y. Plaies.) J. B.
adipeux (Tissu), ( anat .), s. m. Ondonnele nom de tissu adipeux ou cellulo-graisseux à une substance molle, d’un blanc jaunâtre, disposée en flocons, formés eux-mêmes par l’agglomération de masses plus petites. C’est une variété du tissu cellulaire avec lequel on l’a généralement confondu ; Béclard en a fait un tissu distinct.
Quelques anatomistes ont figuré sa texture vésiculaire ; ils ont admis que la forme arrondie était constituée par de véritables vésicules, et ils pensent qu’elle n’est point le résultat de la présence de la graisse. Des expériences semblent venir à l’appui de cette opinion, mais l’observation directe ne démontre rien à cet égard, et il est certain que les
vésicules disparaissent d’une partie, quand le fluide graisseux a cessé d’y exister.
La graisse, cette substance blanche et semifluide qui remplit les lamelles adipeuses, est composée de deux principes immédiats, l’élaïne et la stéarine. La prédominance de l’un ou de l’autre de ces éléments inégalement fusibles influe autant que la température sur sa liquidité et ses autres propriétés physiques. On en trouve dans tous les liquides animaux. Le beurre est la matière grasse du lait.
Le tissu adipeux forme, sous la peau, une vaste couche qu’on désigne sous le nom de pannicule graisseux. On le rencontre surtout aux endroits du corps exposés aux chocs et aux pressions extérieures. Pour cette raison, il est très-abondant à la plante des pieds, à la paume des mains et aux fesses, où son rôle est tout à fait mécanique. On a avancé qu’il avait aussi pour effet de protéger du froid, comme couche isolante qui s’oppose au rayonnement du calorique intérieur, 11 abonde à la face, au cou, et daus les endroits que nous avons cités.
Le tissu adipeux s’insinue dans les espaces intermusculaires, entre les feuillets du mésentère et de l’épiploon, autour des reins et sous la membrane d’enveloppe du cœur qu’il entoure à sa base.
Il offre au système vasculaire une sorte de canevas où les vaisseaux peuvent se ramifier et décroître de volume ; par ce moyen, ils entrent dans les organes et plus divisés et plus ténus. En même temps que les rameaux artériels le traversent, en diminuant de volume, le sang veineux exhale la graisse que les vaisseaux absorbants doivent résorber.
Transporté dans le torrent circulatoire, ce fluide y tient la place des sucs nourriciers en l’absence de ceux de l’estomac, et il peut être cousidéré, sous ce point de vue, comme un aliment en réserve. Ce qui se passe chez les animaux hybernants vient à l’appui . de cette manière de voir. Assoupis continuellement, pendant l’hiver, ils sont très-maigres à l’époque de leur réveil.
La graisse n’existe jamais aux paupières, à l’intérieur du crâne, sous les muqueuses et dans le parenchyme de quelques organes, le poumon et les parties génitales, entre autres. Sa présence dans ces organes aurait compromis d’importantes fonctions, et la nature, qui a tout disposé pour la conservation de son œuvre, semble avoir pris soin d’éloigner tout ce qui aurait pu nuire à leur exercice.
L’exhalation et l’absorption de la graisse peuvent être bien rapides. Sa proportion chez les divers individus varie par rapport à l’âge et au sexe. L’enfant et la femme en sont, en général, plus pourvus que l’homme adulte et surtout le vieillard. Les tempéraments influent aussi sur sa quantité plus facile, toutes choses étant égales, à diminuer qu’à augmenter. Les violents chagrins, les maladies, les sueurs, et en général toutes les évacuations, produisent assez promptement le premier effet.
Les causes qui entraînent l’obésité sont le repos du corps et l’inaction des facultés intellectuelles. Certains aliments, les saignées habituelles, la castration en même temps que l'affaiblissement
ADU