ADO
produit à la longue par les excès, amènent souvent la même résultat.
Le tissu adipeux des os, qu’on a appelé moelle, par comparaison à la moelle des arbres, est trèsvascuiaire, filamenteux et d’une excessive ténuité. Il est sécrété par une membrane très-mince qui recouvre l’os à l’intérieur; on ignore quels sont ses usages. II abonde en raison directe de l’âge. Dans les cavités des os longs des oiseaux, la moelle est remplacée par de l’air. Boubgery,
Docteur en médecine.
abipociru {mat. méd.), s. f.On adonné, d’après Fourcroy, le nom à’adipocire à des substances de nature différente, qui avaient été réunies dans un seul groupe; ces substances sont : t° le blanc de baleine, qui est formé de cétine et d’une huile liquide qu’on sépare de la cétine par expression ; le blanc de baleine se retire d’une cavité particulière de la tête de plusieurs espèces de cachalots. L’espèce qui fournit l’ambre gris, le physétère, macro cephalus, en fournit en plus grande quantité. 2° Le gras des cadavres , qui peut être considéré comme un savon, et qui est le résultat de la décomposition lente des matières animales enfouies dans des lieux humides, ce savon est composé d’acides margarique et oléique , d’une matière colorante; enfin, de petites quantités de potasse de chaux et d’ammoniaque. 3° La matière cristalline des calculs biliaires, qui maintenant est connue sous le nom de cholesterine. Le blanc de baleine s’emploie en médecine pour la préparation de quelques pommades. Il sert aussi aux parfumeurs pour la préparation de certains cosmétiques, et. il a sur l’huile et la graisse avec lesquelles on le mélange , l’avantage de retarder l’époque où elle devient rance. Depuis quelque temps on fait un grand usage dans le commerce de l’adipocire, pour la confection des bougies dites diaphanes. A. Ch.
adjuvant {mat. méd.) adj., pris subst. (de adjuvare , aider). On donne ce nom aux médicaments qui entrent dans une préparation pharmaceutique pour seconder l’action de celui qui en fait la base. Ce dernier doit être le plus énergique.
adox.x;sc£:ivc£ ( physiol .), s. f. (de adolescere , croître, grandir). L’adolescence est cette partie delà vie qui est comprise entre les premiers signes de la puberté et l’époque où le corps a acquis son développement. Cet âge commence pour les femmes à onze ou douze ans, et se termine à vingt ou vingtun ans; pour les hommes , il commence à quatorze ou quinze ans, et se termine à vingt-quatre ou vingt-cinq ans. (Pour les détails, voy. Ages.)
adoucissant {mat. méd.), adj., médicaments qui ont pour action de calmer l’irritation ou la sensibilité des organes. Ces médicaments ont de l'analogie avec les rafraîchissants et les antiphlogistiques. Ce sont des matières mucilagineuses, muqueuses et souvent huileuses , que l’on administre, soit à l’intérieur, dans l’intention de calmer l’excitation, et que l'on applique à l’extérieur pour diminuer la sensibilité des parties enflammées. On donne aussi ce nom à certains aliments. Les ali-
ments adoucissants sont le lait, la gélatine, les farineux; certains fruits, comme les concombres; certains légumes herbacés, comme les épinards, la laitue, etc. Les adoucissants conviennent aux tempéraments nerveux, irritables, dans les maladies nerveuses et inflammatoires, dans presque toutes les maladies anciennes; on doit surtout en faire usage dans les saisons sèches et chaudes. Ils conviennent peu aux individus qui font un grand usage de leurs forces musculaires, ils sont beaucoup plus utiles aux personnes qui se livrent à l’étude et aux travaux de cabinet. Les femmes sèches et nerveuses, ou celles qui ont un tempérament sanguin très-prononcé, doivent faire usage de ces aliments. J. B.
adragaîhthe ( pharm .), s. m. (de tragos , bouc, et acantha , épine). Espèce de gomme d’un blanc mat tirant sur le jaune, d’un aspect corné en morceaux rubanés, souvent tortillés sur eux-mêmes. Cette gomme est fournie par plusieurs arbrisseaux qui appartiennent tous au genre astragalus. Ce sont Yastragalus creticus , A. verus, A. gummifer , A. aristatus. Tous les botanistes qui ont visité l’Orient, tels que Tournefort, La Billardière, Sibtorph, Olivier et Siéber, ont chacun prétendu qu’une seule espèce d’astragale fournissait la gomme adraganthe, et chacun d’eux a nommé une de celles dont nous venons de parler, mais il est probable que la gomme adraganthe comme la gomme arabique (voyez Acacia) est produite par différentes espèces.
La manière dont cette gomme exsude de l’écorce des arbrisseaux qui la fournissent explique à la fois sa forme et une particularité dont nous parlerons tout à l’heure. Lorsque l’écorce des astragales a été mouillée par la pluie ou la rosée, et qu’elle se dessèche rapidement sous l’influence du vent ou du soleil, alors la gomme s’en échappe ; mais desséchée rapidement elle se roule, se tortille sur elle- même comme une plume que l’on jette dans le feu. En s’échappant de l’écorce qui la retient, la gomme entraîne avec elle le tissu cellulaire dans les mailles duquel elle était contenue; ce tissu cellulaire a été désigné par quelques chimistes sous le nom d ’adraganthine ; c’est lui qui donne à cette gomme la propriété de se boursoufler prodigieusement dans l’eau. L’adraganthine forme les 43 centièmes du poids total de la gomme. Aussi ne faut-il pas oublier qu’un grain de gomme adraganthe donne à une quautite de liquide autant de densité que 25 grains de gomme arabique, et que 100 grains suffisent pour faire un mucilage avec une livre d’eau.
La gomme adraganthe est employée pour donner plus de consistance aux potions, plus de liant aux pilules, aux tablettes; dans les arts, on s’en sert pour lustrer la soie, la gaze, les vélins. Ms.
ADRAGANTHînTE. (Y. Adraganthe.)
ADniiTE [physiol.), adj. pris quelquefois subst. L’âge adulte est celui qui succède à l’adolescence, c’est celui où le développement de l’homme est complet. Il commence à vingt-un ans chez la femme et à vingt-cinq ans chez l’homme; il n’est remplacé
ADU
ADY
que par la vieillesse. Cette longue période constitue la virilité, que M. Hallé a divisée en virilité commençante, virilité confirmée et virilité décroissante. La première période dure jusqu’à trente-cinq ans ; la seconde, jusqu’à quarante-cinq ou cinquante; la troisième jusqu’à soixante. La première et la deuxième de ces périodes arrivent plus tôt chez la femme. (Pour les modifications qu’elles apportent dans l’économie, voy. Ages.) J. B.
ADULTÉRATION. On a donné le nom d’adultération ou de sophistication à l’action de dénaturer un médicament par le mélange frauduleux d’une substance de peu de valeur, ou d’un médicament de qualité inférieure.
La falsification des drogues simples et composées a été mise en pratique de tout temps et dans toutes les contrées ; mais elle a reçu en France une extension qui peut s’expliquer par les circonstances où s’est trouvé le pays pendant la guerre continentale; en effet, à cette époque, la difficulté qu’il y avait de se procurer des denrées exotiques, nos ports étant fermés aux navires étrangers, excita vivement l’activité d’hommes cupides, activité qui , en raison du besoin , fut malheureusement tolérée ; et bientôt on vit l’une de nos plus grandes villes de commerce (Marseille) transformée en un véritable laboratoire de sophistiquerie; les résines , les gommes-résines , les baumes^ les mannes , le castoreum , Y opium, le musc , etc., etc., n’étaient plus que des mélanges plus ou moins habilement confectionnés, mélanges qui, s’ils n’avaient pas directement une action funeste sur l’économie animale , offraient, du moins , le danger de voir la maladie faire des progrès, puisque les médicaments que le médecin administrait n’avaient pas de propriétés.
On devait penser que les événements politiques, en rendant au commerce toute sa liberté , en rétablissant toutes nos communications avec les diverses puissances, feraient cesser ces fraudes; mais les sophistiqueries ont survécu au système qui les avait favorisées; elles ont au contraire pris une extension considérable, d’autant plus funeste que, parmi les falsificateurs , il en est un grand nombre qui ont profité des découvertes faites en chimie, et qu’ils s’en sont servis pour rendre la fraude plus difficile à reconnaître.
L’adultération des drogues simples et celle des substances médicamentales, sur laquelle on n’a pas assez fixé l’attention de l’autorité , devrait être réprimée avec la plus grande sévérité, car l’action de frauder les médicaments peut causer de grands désastres, et même déterminer la mort. En effet, le praticien qui ordonne un médicament compte sur son action ; si le médicament est adultéré, non-seulement il n’en obtient pas le résultat qu’il devait en attendre, mais encore il peut produire un effet tout contraire et il peut même causer la mort du malade.
Les sophisticateurs n’ont-ils jamais été arrêtés dans leurs travaux illicites par la pensée, qu’en faisant leurs mélanges , ils peuvent devenir homicides?
C’est cependant ce qui peut arriver à l’homme qui substitue à la farine de moutarde , destinée à être employée comme révulsif , soit un mélange de
j farine de moutarde avec la poudre préparée avec . le tourteau de colza ou de graine de navette, soit la poudre de ce tourteau , et nous avons eu la preuve j que cette fraude, qui mériterait une sévère punition , a été pratiquée à Paris.
Les adultérations qui se pratiquent sur les divers médicaments étant très-nombreuses, et ne pouvant être le sujet d’un article dont l’étendue serait considérable , ces adultérations et les moyens de les reconnaître seront signalés à chacun des médicaments qui sont sujets à être sophistiqués. MM. Bussy et Boutron-Charlard ont publié sur ces fraudes un vol. in-8° intitulé : Traité des moyens de reconnaître la falsification des drogues simples et composées. Paris , 1829.
Quelques personnes confondent Y altération avec la falsification ; nous ferons remarquer ici que l’on ne doit donner le nom à’ altération qu’à la détérioration spontanée ou accidentelle des médicaments, et non à celle qui est le résultat de la fraude et de la mauvaise foi.
Nous terminerons cet article en émettant le désir qu’une loi sévère soit rendue, et qu’elle sévisse contre tous ceux qui peuvent porter atteinte à la santé publique, en altérant les boissons, les aliments et les drogues. A. Chevallieb.
adustion (chir.), s. f. (de adustio). Brûlure ou cautérisation d’une partie par le feu.
adynamie ( méd .), s. m. (du grec a priv. et de dynamis , force, privation de forces). On désigne sous le nom d’adynamie une série de phénomènes qui souvent vient compliquer d’autres maladies. L’état adynamique, qui est toujours un symptôme grave et fâcheux , est caractérisé par l’abattement profond de la physionomie, la flaccidité des chairs, la difficulté ou l’impossibilité des mouvements , l’obscurcissement des sensations, des affections morales et des fonctions intellectuelles, la faiblesse des pulsations du cœur et des artères , les hémorrhagies passives ou par défaut d’énergie des tissus, la distension du canal intestinal par le développement de gaz dans les intestins , le relâchement des sphynctères, la paralysie de la vessie, la fétidité des matières évacuées, l’apparition de taches gan- > greneuses à la peau, et la prompte putréfaction des I cadavres des individus qui succombent à cette af- | fection. Tout ce cortège de symptômes n’est pas j toujours nécessaire pour caractériser l’état adyna- ! inique; cependant, lorsque la maladie parcourt ses | diverses périodes, ils se produisent ordinairement li d’une manière successive, suivant leur ordre de gra- j vité. Ces symptômes sont ceux que les anciens méde- ] cins assignaient à la putridité ; de là le nom de fièvre | putride , donné à cette maladie, que Pinel a dési- | gnée sous le nom de fièvre adynamique. (Y. cemot.) I
L’on combat l’état adynamique dans son début, j au moyen de boissons acidulées, de limonades vi- | neuse et alcoolique, souvent des vésicatoires, | quelquefois une saignée au début, si l’individu est li jeune et vigoureux; d’autres fois, de légers purga- ( tifs, lorsqu’il y a embarras des intestins. Dans la deuxième période on emploie les toniques, l'acé- | tate d’ammoniaque, le camphre, le musc, les préparations de quinquina, l’angusture, lesimarouba; jjj
AFF
AFF
enfin, l'on proportionne l’énergie de ces moyens au degré plus ou moins avancé de la maladie; cette médication , qui était employée par les anciens médecins, est souvent remplacée par les boissons délayantes , les dérivatifs et quelquefois les évacuations sanguines lorsque l’on croit que l’état adynamique est produit par une inflammation de l’un des organes intérieurs. (V . Fièvre putride. Typhus. ) J. B.
aérer. ( hyg .) v. a. Action de renouveler l’air d’irne habitation. (Y. Ventilation. )
aérien. ( anat .) , adj. On donne le nom de condi its aériens, au larynx, à la trachée-artère et aux bronches, qui servent à introduire l’air dans les poumons; l’ensemble des organes qui servent au passage de l’air a reçu le nom de voies aériennes.
aérophobie, (méd.) ,s.f. dulatin aer, air, etdugrec phobos, horreur. C’est une maladie caractérisée par l’horreur de l’air; l’aérophobie est plutôt un symptôme qu’une maladie spéciale. On l’observe souvent dans la rage, l’hystérie et quelques affections nerveuses. (Y. ces mots.) J. B.
affaiblissement, (path.) s. m.L’affaiblissement est un symptôme qui ne peut être confondu avec la faiblesse qui est un état permanent et qui peut être naturelle à l’individu ou à l’organe affecté; l’affaiblissement se manifeste ordinairement au début des maladies graves; il succède constamment aux maladies aiguës; c’est un état de décroissance, mais qui n’est pas permanent. Souvent il s’étend à quelques fonctions, sans attaquer les autres; il peut y avoir affaiblissement de la vue, de l’ouïe, desfacultésmorales,desforcesphysiques, etc. J.B.
affection, (physiol. path.) , s. f. ùeaffectio, manière d’être. Ce mot s’emploie soit pour désigner un état moral, soit comme synonyme de maladie; on dit les affections de l’âme , pour désigner les impressions et les diverses sensations perçues. Les affections de l’âme ont une action plus ou moins directe dans les maladies ; elles contribuent à améliorer ou à aggraver l’état du malade, suivant qu’elles sont gaies ou tristes. Lorsque l’on emploie ce mot comme synonyme de maladie, on dit une affection scrofuleuse, une affection de poitrine, une affection récente, ancienne, grave, légère, etc. (V. Passions.) J. B.
affinedrs (maladies des) (path). Les ouvriers qui s’occupent à traiter l’or et l’argent par l’acide sulfurique portent le nom û'affmeurs; ces ouvriers, qui se trouvent toujours en contact avec des vapeurs d’acide sulfureux , sont exposés à peu près aux mêmes accidents que les ouvriers qui travaillent à la fabrication de l’acide sulfurique; ainsi, les mêmes précautions leur sont applicables; nous ne nous occuperons ici que de quelques observations que nous avons faites, ou qui nous ont été communiquées, et qui regardent particulièrement les ouvriers affineurs.
1° Ces observations portent sur la remarque faite par M. Lebel, que les dents incisives des ouvriers qui travaillent à l’affinage sont altérées, sans
doute par l’inspiration des vapeurs acides. M. Lebel, qui a long- temps pratiqué l’affinage, nous a dit avoir remarqué que chez ses ouvriers les dents incisives étaient comme dissoutes par le contact prolongé des vapeurs acides; et il nous a offert un exemple de ce fait très-remarquable dans sa personne. Des recherches que nous avons faites nous ont démontré que les dents de quelques ouvriers affineurs avaient une teinte grisâtre, et que l’émail était attaqué ; nous n’avons cependant pu avoir de renseignements sur ce sujet dans un des grands ateliers d’affinage, par la raison que les ouvriers qui y étaient employés , étaient tous normands , et avaient une mauvaise denture.
2° On a remarqué que les ouvriers affineurs sont atteints de coliques, si l’appareil condensateur ne fonctionne pas bien; ces coliques ont surtout été remarquées lorsque les métaux que l’on travaille contiennent du plomb et de l’étain ;on peut guérir en peu de temps les ouvriers atteints de ces coliques, avec trois à quatre verres d’eau chargée d’hydrogène sulfuré. V. Colique de plomb.
3° On a encore observé que les affineurs sont quelquefois exposés à être brûlés par l’acide sulfurique bouillant, et que, dans ce cas, l’application d’une eau de savon est très-utile ; l’alcali contenu dans cette eau de savon saturant l’acide, met la brûlure dans une meilleure voie de guérison; nous avons aussi obtenu des guérisons très-promptes par l’emploi d’un lait préparé avec la craie (carbonate de chaux).
Les recherches que nous avons faites sur les ouvriers qui travaillent à l’affinage nous ont encore appris 1° que leur vieillesse n’est pas anticipée; 2» que ces ouvriers sont sobres ; on les choisit ainsi dans l’intérêt des affineurs, qui ont chez eux des matières précieuses ; 3° que leur physionomie n’offre rien de particulier.
Les ateliers où l’on pratique l’affinage ont été signalés comme pouvant être nuisibles pour le voisinage, en ce qu’ils causent des dommages et sur les animaux et sur la végétation ; mais ces idées ne sont pas basées sur l’expérience : en effet, nous avons vu â Belleville des jardins magnifiques entourant l’atelier d’affinage de M. Lebel. Néanmoins, on doit exiger des affineurs, dans l’intérêt général, et pour que les voisins ne soient pas incommodés, qu’ils condensent leurs vapeurs dans des appareils appropriés à cet effet; on pourrait se servir de petites chambres de plomb, où l’acide sulfureux qui y arriverait serait, à l’aide de l’acide hypo-azotique (acide nitreux), converti en acide sulfurique. Les appareils employés maintenant condensent le gaz acide sulfureux à l’aide de l’eau, qui n’absorbe bien le gaz que lorsqu’elle marque déjà quatre et cinq degrés, absorption qui se continue avec facilité jusqu’à ce que le liquide acide marque 15°.
Plusieurs chefs d’ateliers d’affineurs nous ayant assuré que leurs ouvriers n’avaientpas été attaqués du choléra , nous recherchâmes dans le tableau statistique du choléra de Paris si des ouvriers affineurs étaient morts de cette maladie, et nous constatâmes qu’en effet il n’y avait aucun décès d’ouvriers de cette profession. En parlant des fabriques d acides minéraux, nous avons fait remar»
AFF
AFF
quer que les vapeurs d’arides sulfureux, nitreux , sulfuriques , etc., exercent une action très-marquée sur les miasmes qui produisent les fièvres intermittentes; ne pourrait-on pas en dire autant pour le choléra?
M. le docteur Billerey , de Grenoble, dans des travaux intéressants sur l’infection miasmatique et sur la contagion du choléra, a cherché à démontrer que les moyens les plus efficaces pour détruire la contagion miasmatique consistent à dégager convenablement des gaz nitriques et hydrochloriques dans les appartements hermétiquement fermés, et occupés par les malades ; à soumettre à la même opération les meubles et les hardes qui les ont touchés, ou qui ont servi à leur usage.
Ce médecin a constaté les mêmes résultats pour le typhus et pour les affections varioleuses ; et il a appliqué au choléra les idées émises en 1773 par Guyton de Morveau; en 1774 par Vicq-d’Azir; en 1775 par Demontigny ; idées adoptées en France par l’Académie des sciences en 1780, et en Angleterre, par Smytb,dansles hôpitaux de Winchester, de Sheerness, et sur divers vaisseaux anglais, de 1780 à 1785; enfin, dans l’armée d’Italie en 1799 ; en Espagne en 1800, et dans la même année à Gênes, par le professeur Mojon, lorsqu’une fièvre épidémique se déclara dans cette ville.
Nous ne terminerons pas cet article sans signaler un fait très-intéressant qui a été observé dans les ateliers d’affinage, c’est-à-dire que l’inspiration de l’acide sulfureux avait eu une influence utile sur l’état maladif d’un ouvrier qui, atteint d’une maladie de poitrine bien constatée , avait trouvé du soulagement dans un de ces ateliers. Un fait analogue avait déjà été observé chez un homme qui travaillait à la fabrication des allumettes, et qui était exposé à la vapeur du soufre. A une époque où la médecine cherche à s’éclairer, les observations que nous venons d’indiquer méritent de fixer l'attention des praticiens, surtout quand il s’agit d’une affection qui se montre rebelle à tous les moyens de l’art.
S. Furnari, A. Chevallier,
Docteur en médecine, membre Professeur adjoint à l’école de
de l'Académie royale de mé- pharmacie de Paris , membre
decine de Palerme. du Conseil de salubrité.
affusion , (thérap.) , s. f., affusio , de affundere, répandre ; mode d’application de l’eau froide qui consiste à verser ce liquide par nappe sur toute la surface du corps , ou seulement sur une de ses parties, la tête ordinairement, au moyen d’un vase à large ouverture et de la capacité de plusieurs litres.
Bien que l’usage des affusions remonte à la plus haute antiquité, puisqu’il en est parlé dans les ouvrages d’Hippocrate, ce n’est cependant que vers la fin du siècle passé que ce genre de traitement a plus particulièrement fixé l’attention des médecins , comme ce n’est que depuis les trente dernières années que leur mode d’action plus convenablement étudié a permis de préciser les cas où l’on peut y avoir recours. C’est dans les maladies nerveuses, telles que la danse de S‘-Guy, l’hystérie, la catalepsie, etc. ; dans les troubles profonds de la sensibilité, dans les fièvres de mauvais caractère,
les pestes, le choléra, et surtout dans la nombreuse série des maladies du cerveau , que les affusions sont d’un puissant secours. L’art possède peu de moyens aussi efficaces; il n’en a pas de plus héroïques : je dirai même que chez quelques personnes, aucun traitement ne peut remplacer cet agent thérapeutique. Pour ma part, depuis près de vingt ans que j’emploie les affusions , je leur dois une multitude de guérisons inespérées : on peut consulter mon Traité de VArachnitis cérébrale, publié en 1821 , et mes recherches sur les maladies des nerfs.
Un avantage immense des affusions , c’est de ne rien introduire dans le corps, de n’en rien retirer, ce qu’on ne peut dire de la plupart des autres traitements qui consistent toujours soit à faire prendre des substances plus ou moins étrangères et préjudiciables à notre organisation, soit à nous priver des liquides qui sont le plus indispensables à l’entretien de la vie, comme le sang, la bile, etc. Les affusions ne donnent lieu qu’à une soustraction momentanée de* calorique; à une répartition vicieuse de la sensibilité et de la chaleur animales elles en substituent une autre et plus régulière et plus convenable ; elles rétablissent l'harmonie dans la circulation locale ou générale , et rendant une nouvelle énergie aux fonctions vitales, elles favorisent le retour à la santé; enfin, comme le corps, dans ce genre de traitement, n’a été privé d’aucun de ses éléments matériels , les forces se rétablissent avec beaucoup de rapidité
On peut aisément se faire une idée de la manière d’agir des affusions, en se rappelant ce qui a lieu lorsque, dans l’hiver, on se frotte le corps avec de la neige : la peau devient chaude , une énergie toute nouvelle se développe, et l’on résiste puissamment à l’action rigoureuse du froid.
Mais, si d’une part, les affusions sont précieuses dans une foule de circonstances graves, d’un autre côté leur emploi n’est pas toujours sans danger, pour peu qu’elles ne soient pas administrées avec l’opportunité et les précautions convenables; c’est pourquoi l’on ne doit jamais en faire usage que d’après les conseils et sous la surveillance expresse du médecin.
Voici de quelle manière se donnent les affusions : on dispose deux baquets d’eau à la température de 14° à 20° R. , au moyen d’un thermomètre à bain, et on les place de chaque côté d’une baignoire vide dans laquelle ont fait asseoir le malade nu. Si c’est un enfant en bas âge que l’on affuse , on le fait suspendre dans un drap au-dessus de la baignoire par des aides intelligents, qui ne se laissent effrayer ni par ses mouvements ni par ses cris; si c’est un adulte, il faut que ces aides soient assez vigoureux pour s’opposer à ses efforts dans le cas où il essaierait de s’échapper; puis à l’aide d’une casserole légère, de 10 à 12 pouces de diamètre, l’on prend de l’eau dans l’un des baquets, on la projette d’abord sur le front, sur la face, et ensuite sur le sommet de la tête que l’on incline en avant avec la main gauche, afin que le liquide puisse se répandre sur toute la surface postérieure du corps. L’on continue de la sorte, de trois à six minutes,