AGA
ne mettant que quatre à cinq secondes d’intervalle entre chaque affusion. L’opération terminée, l’on enveloppe le malade dans un drap sec et chaud, on l’essuie rapidement, et on le transporte dans son lit , se contentant de couvrir la tête avec une serviette non chauffée.
Lorsque c’est une femme que l’on affuse, on a la précaution de relever ses cheveux et de les attacher, afin de pouvoir les écarter delà tête et les garantir de l’eau froide. Lorsque le malade, par quelque susceptibilité particulière , ne peut supporter le contact du froid sur une partie quelconque|du corps, comme la poitrine, par exemple, on place sur cette partie une étoffe de laine ployée en plusieurs doubles, que l’on recouvre ensuite d’un morceau de taffetas gommé; enfin, si l’application de l’eau froide est suivie d’accidents , on fait entrer le malade dans un bain tiède, jusqu’au col, et l’on se contente de simples affusions sur la tête.
Quant aux signes qui font reconnaître que les affusions sont ou bien, ou mal supportées, quant aux modifications à apporter dans leur administration, selon la maladie, l’âge, le sexe et la force du malade , quant au degré précis de température que doit avoir l’eau, au nombre des affusions, et à l’instant le plus favorable pour les prendre , tous ces dé lails se lient trop essentiellement à lascience pratique de la médecine, pour entrer dans un ouvrage de la nature de celui-ci; seulement nous dirons que si à la suite de l’emploi des affusions , quelques accidents survenaient, telles qu’une syncope, une rigidité permanente de tout le corps , un refroidissement général trop prolongé, il faudrait, enattendant l’arrivée du médecin, pratiquer des frictions, d’abord sur la poitrine et le ventre , puis sur les membres , avec des flanelles chaudes imprégnées d’eau-de-vie camphrée, de liqueurs spiritueuses , d’eau de Cologne , par exemple , et appliquer des sinapismes aux cuisses.
En général , il convient toujours , après l’usage des affusions , de s’assurer de l’état des organes renfermés dans la poitrine. C’est le moyen d’éviter les inflammations auxquelles ce mode d’application de l’eau donne quelquefois beu.
Les affusions froides sont d’un usage habituel en Russie; on les prend en pleine santé en sortant d’un bain de vapeurs. Sowarow, en Italie, nu devant sa tente, se faisait répandre sur le corps quelques seaux d’eau glacée, afin de s’endurcir à l’action du froid, quoiqu’il fût d’ailleurs maigre, petit et débile.