‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 63 sur 316 · AGO · texte numérisé non relu

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la mort frappe à la porte, et l’agonie quila précède est arrivée.

Dans les maladies chroniques, d’autres trails tirés surtout du visage dessinent l’agonisant avec non moins d’exactitude. On observe communément alors la face hippocratique considérée comme une sentence de mort, à peu près sans appel, depuis que le père de la médecine lui a donné cette désespérante signification , après en avoir tracé ce tableau qui fait vraiment image : le nez est effilé ; les yeux caves; les tempes serrées; les oreilles froides, retirées, renversées; la peau du front dure, tendue, desséchée; le visage d’une pâleur terreuse, inclinant sur le vert, ou bien livide, plombée , noir... Il est rare que dans les maladies aiguës, le visage des agonisants offre une altération si affreuse; cependant le choléra asiatique nous a présenté de remarquables exceptions à cet égard, en quelques heures la face était manifestement hippocratique ou cadavéreuse, et pourtant tout espoir n’était pas perdu. Nous devons rappeler, à ce propos, cet autre aphorisme d’Hippocrate que, dans les affections aiguës, aucun pronostic de vie ou de mort n’est certain. Conséquemment , les signes mêmes de l’agonie ne doivent point dissiper une dernière lueur d’espérance.

Enfin, avons-nous dit, l’espèce de maladie imprime à l’agonie des nuances particulières. Nous ne développerons pas cet aperçu, en examinant successivement les derniers instants qui accompagnentles affections mortelles de chaque organe, nous nous bornerons à quelques traits principaux. Ainsi que Bichat l’a si ingénieusement démontré, il est en nous trois grandes fonctions auxquelles se lie immédiatement l’existence : l’innervation ou influence nerveuse cérébro-spinale, la respiration et la circulation. Aucune de ces trois fonctions ne peut être interrompue sans enrayer les autres et sans que la vie cesse très-prochainement. Dans l’agouie, suite de lésions cérébrales, laperte d’intelligence, de sensibilité et de mouvement est plus prompte , plus complète et plus continue;chez les agonisants dont les organes respiratoires ont le plus souffert , la respiration , surtout, se montre embarrassée, bruyante, stertoreuse, plus fréquente que quand le cerveau est primitivement opprimé. Ceux-là peuvent conserver très-tard les facultés sensitives et mentales. Enfin quand l’appareil circulatoire est principalement affecté, c’est de ce côté que se manifeste aux derniers instants le trouble le plus notable. Le pouls est de bonne heure extrêmement désordonné , les palpitations du cœur sont déréglées , tumultueuses, intermittentes et molles; avec cela l’expression d’une profonde anxiété et d'une suffocation imminente ; coloration du visage violette, livide, parfois pourtant très-pâle... Du reste ces trois fonctions, sources premières de la vie , forment un cercle d’influences qu’on peut sans doute isoler parla pensée, mais qui sont inséparables dans le jeu de l’organisation , et la mort ne survient que parce que les trois organes principaux sont successivement ou simultanément lésés. Le cerveau, le cœur, les poumons, sont trois foyers de vitalité dans une dépendance étroite et réciproque.

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