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Quelle est la conduite à tenir auprès des agonisants? Nous avons déjà dit que l’agonie laissait bien peu d’espoir, faisant remarquer, toutefois, que dans les maladies aiguës son pronostic était moins terrible. Quoi qu’il en soit, tout le temps qu'un souffle divin anime encore l’organisation défaillante, l’humanité commande de ne négliger aucun soin: on entretient une atmosphère pure et tempérée autour de l’agonisant ; on réchauffe les parties qui se refroidissent, et en même temps on le débarrasse de tout vêlement superflu qui gênerait, par son poids, les mouvements respiratoires; on appuie bien ses épaules sur des coussins, en redressant sa tête et la renversant un peu en arrière dans le but de diminuer les difficultés de la respiration. Si quelque humeur remplit la bouche ou obstrue les narines, on l’enlève lestement. On a soin de tenir un linge ou une alèze sous les ouvertures naturelles, qui sont souvent alors salies d’excréments. Quelque douteux qu'il soit que l’agonisant puisse entendre , voir et comprendre , il convient néanmoins d’éloigner delui les accents de douleur, les scènes de désespoir. On lui témoigne plus convenablement de l’intérêt, en prenant et réchauffant ses mains , ses pieds , en pratiquant quelques frictions sur les régions du cœur et de l’estomac; lorsqu’il peut encore avaler, on luidonne assez communément quelques cuillerées d’une potion cordiale; on lui fait flairer de temps eu temps desalcohols aromatiques, de l’éther.... Mais pourquoi, diront peut-être quelques-uns, prolonger le supplice d’un agonisant? Pareille exclamation n’échappera certainement pas à quiconque aura assisté dans ses derniers moments une personne qui lui fut chère. D’ailleurs, il ne s’agit pas ici seulement de ce que le cœur nous invite à faire , c’est l’expérience qui nous apprend que des agonisants ont été rappelés à la vie, et, quelque rares que soient ces heureuses exceptions (surtout dans les maladies chroniques) , il convient de se conduire toujours comme si ce bonheur inespéré était possible dans la circonstance présente.
A. Lagasquie ,
Docteur en Médecine,
Membre de la commission d'Egypte,
aide, ( chir.J s. m., personne chargée d’aiderle chirurgien dans une opération ou dans un pansement; toutes les personnes ne sont pas propres à remplaces fonctions. Il faut ordinairement que ce soient des gens de l’art capables eux-mêmes de pratiquer l’opération à laquelle ils prêtent leur assistance. Les qualités que l’on doit exiger des aides varient avec la nature des opérations auxquelles on les emploie ; s’il s’agit de réduire une luxation , il faut qu’ils soient forts , et il n’est pas nécessaire dans ce cas qu’ils aient beaucoup d’instruction et d’adresse; ces deux qualités sont indispensables, au contraire, lorsqu’il s’agit d’aider dans des opérations sanglantes, dans des amputations, où il faut appliquer des ligatures sur des artères, comprimer certains troncs artériels ; il faut, dans ces cas, que le chirurgien soit bien sûr de ses aides , qu’il les choisisse instruits, fermes, intelligents et ayant du sang-froid. On voit que toutes les personnes ne
sont pas propres à remplir ces fonctions, même parmi les médecins. Cependant, il est des cas urgents dans lesquels le chirurgien n’a pas le choix de ses aides, il est quelquefois même obligé de les prendre parmi les personnes étrangères à l'art; c’est à lui de faire un choix parmi les personnes les plus instruites et les plus adroites; les hommes devront toujours être préférés aux femmes, lorsqu'il s’agira d’opérations sanglantes ou de celles qui causent de vives douleurs au maladeet qui lui arrachent des cris. Les aides, de leur côté, devront exécuter à la lettre et passivement ce que leur ordonnera le chirurgien; faire plus dans de semblables circonstances, serait souvent se mettre dans le cas de compromettre gravement le succès de l’opération et la situation du malade ; il est surtout important qu'ils se sentent la fermeté de résister au spectacle sanglant d’une opération chirurgicale, car s’ils préjugeaient trop de leurs forces, ils pourraient placer l’opérateur dansle plus grand embarras, en ne lui étant d’aucun secours, et souvent en réclamant pour eux-mêmes les soins des personnes présentes à l’opération. J’ai été plusieurs fois dans le cas d’observer les graves inconvénients qu’il y avait à admettre dans les opérations l’assistance de personnes sur lesquelles la vue du sang et les cris du malade pouvaient déterminer des syncopes ou des accidents nerveux. C’est au médecin à régler d’une manière sage et éclairée le choix de ses aides et des assistants.
J. P. Beaude.
aige ou aigle, fchir.J s. f. (du grec aix , aigos , chèvre), sorte de petite tumeur blanche, située au devantde l’œil etainsi nommée parce que l’on croit que les chèvres y sont sujettes, ou parce que l’on dit qu’elle fait tourner l’œil comme les chèvres; cette tumeur ou celte tache, qui est située au-devant de la pupille, gêne et empêche la vision. (V. Taies.) Maître-Jean a donné ce nom à un amas d’humeur blanchâtre situé entre la membrane qui tapisse l’œil à l extérieur, qui est la conjonctive, et la membrane blanchâtre et dense qui est au-dessous, et que l’on nomme la sclérotique.
* J. JB.
aigremqine, ( bot. ) s. f. Agrimonia eupatorium, plante de la famille des rosacées, Juss. Celte plante, qui est très-commune sur le bord des chemins et la lisière des bois, est vivace , sa lige est haute d’un pied à deux pieds, elle est velue , les fleurs sont jaunes, disposées en épi; les parties de cette plante que l’on emploie en médecine sont les feuilles et la racine. Les feuilles sont légèrement aromatiques, mais cette odeur se dissipe en partie parla dessiccation; on emploie ces feuilles en infusion et en décoction. La racine s’emploie en décoction ; on prépare avec les feuilles, lorsqu’elles sont fraîches , des cataplasmes qui sont légèrement résolutifs. C’est surtout en gargarisme et dans les inflammations de l’arrière-bouche et des amygdales, que l’on emploie cette plante : on l’a recommandée aussi dans les affections chroniques des organes du ventre, dans les maladies de la vessie et des voies urinaires ; enfin, elle a été aussi
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indiquée comme avantageuse pour laver ies engelures. On paraît aujourd'hui douter des nombreuses vertus que l’on accordait à celte plante , et elle peut être avantageusement remplacée par d’autres, dont l'action est analogue. La poudre de la racine a été employée, à la dose d'un à deux gros, dans les diarrhées chroniques. T. 15.
aigreurs. ( méd .), s. f. pi. ' «».••"? siomachus de Pline). C’est ce qu’on nomme encore goût aigre, rapports acides , mauvaise bouche , etc. Cette affection consiste dans une régurgitation de liquides plus ou moins aigres, qui remontent tic l'estomac dans le pharynx et jusque dans la cavité buccale, où ils provoquent une sensation désagréable et quelquefois extrêmement incommode.
Le père de la médecine parle de ces matières aigres en plusieurs endroits de ses ouvrages. Il a laissé, à leur sujet, un aphorisme qui, à notre avis, offre bien quelque singularité . mais qui est assez propre à servir de fiche de consolation aux personnes qui éprouvent habituellement de ces sortes de régurgitations; c'est pourquoi nous le rapporterons : « Ceux qui ont des rapports acides ne deviennent presque jamais pleurétiques. » (Hipp, Aph. 33, sect. vi.)
Les aigreurs d’estomac se manifestent dans une foule de circonstances, et il est peu d'individus qui n’en aient éprouvé dans un temps ou dans un autre. Et, en effet, il suffit d'être affecté d'une perle d'appétit, d’une digestion quelque peu laborieuse, d’une vive contrariété, de chagrins, de tristesse, d’abattement, et en général de quelques dérangements insolites dans la santé, pour en ressentir bientôt les atteintes. Elles sont très communes , surtout chez les gros mangeurs et aussi chez les gens mal nourris. Les convalescents, les enfants, les jeunes filles, les femmes enceintes, délicates, ou mal réglées, lespersonnes sédentaires, certains ouvriers, tels que les amidonniers, les brasseurs, les teinturiers, etc., y sont également fort sujets.
Cette altération des sucs gastriques reconnaît pour cause efficiente, dans la plupart des cas, soit la mauvaise nature des aliments, leur insuffisance ou leur trop grande quantité, soit une digestion troublée, incomplète, difficile, soit quelque autre souffrance del’estomac ou des organes voisins, par exemple : les irritations du foie, celles de la rate, du pancréas ou des intestins grêles. Mais les maladies de l’estomac sont l'oligoîrophie, un état de phlogose, le pyrosis ou fer chaud, que beaucoup font synonyme, mais à tort, du mot arabe soda ; certaines variétés de ce qu'on a appelé embarras gastrique, le squirrhe et le cancer de cette poche membraneuse, ses spasmes, etc., sont d’ordinaire les conditions les plus propi’es à donner naissance à ces matièresacescentes ou acides. On les observe fréquemment aussi dans l’hypochondrie, l’hystérie, la chlorose et une multitude d'autres affections. Ces sucs acides, ces rapports aigres, nesont donc le plus souvent qu'un symptôme de maladie, et non une maladie eux-mêmes, puisque nous venons de voir qu’ils peuvent se former dans un grand nombre de circonstances diverses, et qu’ils peuvenldépendrede lésions extrêmement variées.
AIG