‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 65 sur 316 · AIL · texte numérisé non relu

AIL

C’esl à la sagacité du médecin à démêler à laquelle de ces causes est due cette disposition maladive, et à y remédier convenablement.

Nous pourrions, nous devrions peut-être terminer ici cet article; mais le fréquent usage qu’on fait de la magnésie et de son carbonate, nous oblige d’en dire quelques mots.

Jusqu'à la fin du dernier siècle, la classe de médicaments connus sous le nom d'absorbants, était encombrée d’une quantité considérable de substances, telles que les coquilles d’œufs, de limaçons, d’huîtres, l’os de sèche, les concrétions, pierres ou yeux d’écrevisses, la nacre de perles, les coraux, etc. , que les progrès de la chimie nous ont démontré n’être rien autre chose que des sels calcaires, incrustant des tissus organiques dontl’art du pharmacien les dépouillait par la calcination. A ces terres calcaires, on a généralement substitué aujourd’hui, dans la pratique de la médecine, la magnésie, le savon, la chaux, et la craie, qui n’est, comme chacun sait, qu’une des nombreuses variétés minéralogiques du carbonate de chaux.

La magnésie pure, la magnésie décarbonatée, c’est-à-dire privée d’acide carbonique, est de tous les neutralisants anti-acides, celui qu’il semble le plus convenable d’employer, toutes les fois qu’on croit devoir combattre directement le phénomène morbide des acescences gastriques et intestinales. Quoique infiniment peu soluble dans l’eau, la magnésie s’administre le plus communément dans quelques onces d’un véhicule aqueux, qu’on peut édulcorer et aromatiser au goût du malade. Comme elle ne se dissout pas sensiblement, il faut agiter le liquide avant de boire, et même en ajouter de rechef dans le vase, après avoir bu une première fois, afin d’entraîner les portions du médicament qui ont pu s’attacher à ses parois, etboire de nouveau. On prescrit encore cette substance en petites tablettes ou pastilles, dont on peut consommer quatre ou cinq par jour. Mais dans tout ceci, il importe de ne pas perdre de vue que l’emploi que l’on fait de la magnésie contre les aigreurs n’est, pour l’ordinaire, qu’un remède palliatif, qu’un secours du moment, en attendant qu’on ait pu remonter plus haut à la cause même du mal, et l’attaquer dans sa source.

F. E. Plisson,

Docteur en médecine.

aigues ( Maladies ) ( patho .) adj. On donne le nom de maladies aiguës aux affections dont le début est prompt, la marche rapide ; ce sont ordinairement des fièvres et des inflammations. Au début elles sont ordinairement accompagnées de frissons suivis de chaleur; cet accès peut être suivi momentanément d’un état d’apyrexie qui est presque celui de la santé ; alors la maladie est ce que l’on appelle intermittente. Presque toutes les maladies qui affectent l’espèce humaine peuvent être observées à l’état aigu, même celles dont la marche est ordinairement la plus lente, telle que la phthisie pulmonaire, certaines affections cancéreuses. Lorsqu’une maladie aiguë se prolonge au-delà d’un certain temps, qui varie suivant la nature des affections, on dit alors que la maladie

passe à l’état chronique. Il ne peut rien être établi de certain sur l’époque à laquelle une maladie aiguë prend le caractère chronique; dans certaines inflammations, celte époque varie du trentième au quarantième jour. Il arrive souvent qu’une affection chronique passe à l’état aigu ; cette transmutation est ordinairement déterminée par de nouvelles causes d’irritation , qui ont lieu chez le sujet malade. Ce nouvel état de la maladie est , pour quelques affections , une cause de guérison ; le plus souvent il est une circonstance fâcheuse, surtout pour les maladies organiques des viscères importants; car la constitution du malade, épuisée par une affection longue, ne peut résis ter avec toute l’énergie convenable aux nouvelles causes de perturbation amenées par l’état aigu. J. B.

aiguille (chir), s. f. Sous ce nom l'on désigne en chirurgie un instrument long, grêle, plus ou moins pointu, et dont l’usage est fréquent en chirurgie. Il serait important de suivre les idées de M. Roux, et de ne donner le nom d’aiguilles qu’aux instruments percés d’un chas, et qui peuvent amener après eux un fil quelconque, ou un ruban de fil. En effet, l’aiguille à cataracte et celle à acupuncture ne sont point de véritables aiguilles, mais bien des corps pointus, acérés et à manche, espèce d’épingles dans le genre de celles employées usuellement dansla toilette et dans les arts. Nous traiterons de ces divers instruments en parlant des opérations où ils sont employés. Nous réserverons cependant le nom d’aiguilles aux instruments destinés à pénétrer dans les parties molles, aies traverser,àles réunir aubesoin; telles sontles aiguilles à suture , à ligature, soit qu’elles aient un chas, ou que leur extrémité non piquante en soit privée. Les unes sont droites et cylindriques, les autres recourbées et aplaties; dans quelques cas, on en met en usage qui sont cannelées ; d’autres fois, leur pointe est en forme de croissant. Elles peuvent être en argent, en or, ou en acier; quelques-unes, celles surtout qui sont destinées à demeurer long-temps dans les tissus, doivent être en métal nonoxydable. Leur force, leur épaisseur, leur courbure, varie selon l’usage auquel elles sont destinées. Il y en a qui ont plusieurs pouces de longueur, tandis que d’autres ont à peine quelques lignes, comme celles du professeur Diffenbach, pour la suture du voile du palais.

Dans la plupart des cas on emploie les aiguilles seules, et on les fait agir avec les mains; dans d’autres circonstances, il est nécessaire de se servir d’instruments accessoires, tels que les pinces, les porte-aiguilles, que nous décrirons, ainsi que les diverses espèces d’aiguilles , en traitant des opérations où elles sont employées. — Voir Acupuncture, Bec de lièvre, Cataracte, Ligature, Séton, Suture et Vaccination. C. du ,V.

aiguillon, ( zool .) s. m. C’est une arme propre aux insectes hyménoptères , et qui est située à la partie postérieure de l’abdomen. ( V. Abeilles.)

ail, (bot.) s.m. (Album), genre delà famille des liliacées, contenant plusieurs espèces usitées soit en médecine, soit dans l’économie domestique.

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