ALB
cipes minéralisateurs, car on n’a trouvé par pinte d’eau qu’un grain et demi de carbonate de magnésie, un grain de carbonate de chaux, et un demi-grain de sulfate de chaux.
On ordonne ces eaux dans les douleurs rhumatismales, les maladies de la peau, les flueurs blanches. On les avait aussi vantées comme propres à combattre la stérilité, et convenables pour entretenir la fraîcheur du teint. Nous croyons qu’il est inutile de prévenir nos lectrices qu’elles doivent fort peu compter sur ces dernières qualités des eaux d’Aix. Les désappointements nombreux qu’elles ont dû occasionner expliquent facilement pourquoi ces eaux sont aussi peu fréquentées.
Aix en Savoie ( Eaux minérales d'). Aix est une petite ville située à trois lieues de Chambéry, dans les états sardes; ses eaux thermales étaient connues du temps des Romains, et l’on attribue la réparation de ses bains au proconsul Domilius, qui vivait vers la fin du IVe siècle, sous l’empire de Gratien. Les eaux d’Aix sont thermales et sulfureuses; elles ne renferment que peu de matières salines, environ trois grains par pinte. Elles coulent de deux sources qui sortent d’un rocher calcaire qui sert d’enceinte à la ville. L’eau de ces sources est liquide, un peu onctueuse au toucher; elle a une odeur fortement prononcée d’hydrogène sulfuré qui se dissipe lorsqu’elle est exposée à l’air; le goût est douçâtre et terreux; lorsqu’on les boit encore tièdes, elles laissent dans l’arrière-bouche un goût fortement prononcé d’hydrogène sulfuré. Leur température est de 43 degrés centigr. Quoique les qualités et les propriétés des eaux des deux sources soient à peu près semblables, on leur a donné des noms qui pourraient faire penser que leur composition est fort différente ; l’une a été nommée source de soufre , et l’autre source d'alun ; il n’existe cependant aucune trace d’alumine dans cette dernière , qui diffère de la source de soufre en ce qu’elle contient moins de sulfate de magnésie, plus de sulfate de chaux , plus d’hydrogène sulfuré et du chlorure de calcium, qui n’existe pas dans la première.
Ces eaux contiennent des sulfates de soude, de magnésie et de chaux; de l’hydrochlorate de magnésie, du carbonate de chaux et du carbonate de fer, en petite proportion. Les gaz qu’elles laissent dégager sont de l’azote, de l’acide carbonique et de l’hydrogène sulfuré; comme toutes les eaux sulfureuses thermales, elles laissent déposer de la barégine.
On emploie les eaux û’Aix en boisson , en bains et en bains de vapeurs : en boisson, on peut les couper avec du lait de vache, d’ànesse ou de chèvre; c’est dans les affections de poitrine, telles que l’asthme, les catarrhes chroniques et la phthisie commençante, que l’on ordonne cette boisson. On les administre en bains et en bains de vapeurs dans les paralysies, les tumeurs blanches, les maladies des articulations, les rhumatismes, les anciennes blessures et les vieux ulcères. On en suspend l’emploi toutes les fois qu’il se manifeste une affection aiguë, ou lorsque l’individu est trop pléthorique et disposé aux congestions sanguines. Le temps '
où l’on prend ces eaux dure depuis le mois de mai jusqu’au mois de septembre. Dans ces derniers temps, le gouvernement sarde a fait construire pour les bains un bel et grand établissement.
J. P. De AUDE ,
Inspecteur des établissements d'eaux minérales.
albinos (sooL),s.m.,del’espagnoIai&î'no, blanc. L’usage impose un grand nombre de dénominations particulières aux produits des mélanges des principales races humaines ; c’est ainsi qu’on appelle mulâtre, le produit d’un blanc européen avec une négresse; métis, mestizo ou mest-indien , le produit d’un blanc avec une indienne; zambi , labos, carïbocos ou cafusos , le produit d’un nègre avec une américaine, etc. , etc. ; et l’on voit les générations qui succèdent à ces mélanges, former des variétés permanentes et recevoir aussi des dénominations spéciales, il n’en estpointainsi des albinos de l’Afrique, des cagots des Pyrénées et des crétins du Valais : ce ne sont pas des races, mais de simples, variétés accidentelles qui doivent être considérées comme des affections maladives.
La singularité des albinos consiste en ce que ces individus, nés de parents de couleur cuivrée ou noire, au lieu d’avoir la peau fortement colorée, ne présentent sur toute la surface de leur corps qu’une teinte pâle, d’un blanc mat et fade comparable au lait, au papier, au linge ou à la cire blanchie. Leurs cheveux, leurs sourcils, leurs cils et les poils peu abondants qui composent leur barbe, offrent aussi une teinte blanchâtre, soit qu’ils les aient soyeux et fins, soit que, suivant leur race, ils les aient plats ou crépus. Leurs yeux, larmoyants et très-sensibles à la lumière, ont l’iris ordinairement rose ourouge;leur prunelle est d’un rouge de feu, ce qui fait ressembler les yeux de ces individus à ceux des perdrix ou des lapins blancs. Les albinos ne peuvent supporter une lumière constante; l’iris a une transparence trop grande ; le pigmentum noirâtre, matière qui enduit une des membranes de l’œil , lui manque ; cette membrane laisse passer les rayons lumineux les plus excentriques ; ceux-ci, après avoir frappé la rétine, se réfléchissent sur les parois internes du globe oculaire, dont la choroïde est rosée; et, réfléchis à leur tour, sous mille angles variés, ils jettent une confusion inextricable dans la peinture des images au fond de l’œil. Aussi, voit-on les albinos préférer l’obscurité au grand jour, et ne s’écarter que rarement des cavernes où ils demeurent; circonstance qui leur a valu le nom d’hommes nocturnes. La stature des albinos est peu élevée; leur constitution est ordinairement grêle; ils vivent dans un état de misère et de malpropreté déplorables, et sont l’objet d’une répugnance et même d’une aninjosité générales. Leur caractère moral et leurs facultés intellectuelles sont extrêmement faibles ; ceux qui habitent parmi les nègres sont en butte à leurs mauvais traitements; et attrapés par eux, ils sont vendus comme objet de curiosité. On a vu pourtant des albinos doués d’une assez grande intelligence ; tel était l’allemand Sachs, qui publia un