‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 73 sur 316 · A LL · texte numérisé non relu

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femme n’allaite pas , la matrice devient de nouveau un centre de fluxion où les humeurs se dirigent; ne pouvant se reposer du travail qu’elle a eu à supporter pendant neuf mois, elle est encore surchargée de fluides qui l’affaiblissent.

Chez la femme qui ne nourrit pas, la sensibilité est plus grande, la transpiration est plus abondante, la susceptibilité à toutes les impressions extérieures est plus active; de là ces dépôts, ces rhumatismes qui les privent de l'usage de quelques-uns de leurs membres.

Les avantages de l’allaitement maternel sont inappréciables : les vidanges sont moins abondantes et cessent dès le quatrième jour ; les couches, plus heureuses, assujettissent à moins de précautions.

Arrivées à l’âge de quarante-cinq à cinquante ans, ces nourrices mères perdent ordinairement leurs règles sans s’en apercevoir, parce que la matrice jouit encore de sa force et de sa vigueur. Le relevé des tables de maternité fournit un chiffre beaucoup plus fort pour les femmes qui succombent pendant les couches et aux suites de couches , lorsqu’elles n’allaitent pas , que lorsqu’elles s’acquittent de ce devoir sacré.

Les considérations de morale qui doivent obliger la mère à nourrir son enfant sont bien plus puissantes que toutes celles que j’ai pu énumérer jusqu’à présent. Le spectacle d’une famille naissante attache l’époux à la mère, il réveille, soutient l’amour conjugal, le rend solide et constant. Une mère ne doit jamais voir son fils aimer une autre femme plus qu’elle-même : «Là où j’ai trouvé les soins d’une mère », dit Rousseau, ne dois-je pas aussi trouver l’attachement d’un fils? Quœ lactat, mater magis, quam quœ gémit?

Une nourrice ne fournit pas toujours un lait approprié aux besoins de l’enfant : le premier lait, connu sous le nom de colostrum , par sa qualité purgative, débarrasse l’estomac et les intestins du nouveau-né ; d’autre part, le lait subit des changements à mesure que l’enfant croît, il devient plus consistant en raison de ses forces augmentées.

L’enfant est sujet à des maladies qui exigent que la nourrice s’astreigne à un régime convenable; il est peu raisonnable d’espérer pareils sacrifices d’une nourrice mercenaire ; d’ailleurs il est encore des nourri ces malsaines, qui cachen t une foule d’infirmités et qui communiquent à un nourrisson fort elvigoureux le germe de maladies auxquelles il su ccombera plus tard. Quelques nourrices continuent d’allaiter malgré leur état de grossesse, et remplacent, par des bouillies mal faites , un lait insuffisant.

L’enfant nouveau-né a autant besoin des soins de sa mère que de sa mamelle. Quelle autre qu’une mère sera douée d’une affection assez tendre pour veiller nuit et jour à tous ses besoins? Entre les bras de sa mère l’enfant n’a point à craindre ni l’insensibilité , ni la négligence.

La nourrice mercenaire abandonne souvent son nourrisson pour se livrer aux travaux du ménage ou de la campagne ; pendant tout ce temps l’enfant croupit dans ses excréments qui excorient sa peau fine et délicate; les cris qu’il pousse dans cet état

l’exposent aux hernies , aux convulsions qui peuvent encore être dues à ce qu’on lui présente un sein tout dégoûtant de sueur. L’enfant un peu plus grand a encore besoin de surveillance pour le préserver des coups, des chutes, etc. L’allaitement maternel est en un mot le plus sur moyen de fournir des hommes robustes et d’améliorer leurs mœurs. Mais étendre avec J.- J. Rousseau , la nécessité de l’allaitement maternel à toutes les femmes indistinctement, c’est donner dans une erreur contre laquelle doit s’élever avec force celui qui a fait de la médecine le sujet de ses méditations. L’assertion de Rousseau qui prétend que l’enfant ne peut avoir un nouveau mal à craindre du sang dont il est formé, est des plus dangereuses; un lait fourni par une mère malade peut augmenter le mal primitif, malgré les utopies de philosophes plus versés dans les études spéculatives que dans l’observation des faits; il est souvent impossible à l’accouchée de remplir le devoir auquel la plupart des femmes se sentent naturellement portées; souvent aussi ce serait à leur préjudice et à celui de l’enfant qu’on le leur permettrait. Le défaut de sécrétion du lait, l’absence du mamelon, mais qui s’observe rarement des deux côtés à la fois, la faiblesse de constitution de la mère , l’existence de quelque maladie chronique , une disposition à la phthisie , etc. , telles sont au moins des contre-indications formelles. Une femme qui n’a pas de lait parce qu’elle s’est mariée trop jeune ou trop avancée en âge, ne doit pas nourrir. Chez la femme qui est très-jeune , l’accroissement n’est pas achevé , et ce serait aux dépens de ce dernier que s’effectuerait la sécrétion du lait. La femme avancée en âge a les sources de la sécrétion taries. Lorsqu’il n’existe qu’une seule mamelle , mais qui fournit assez de lait , l’allaitement peut encore avoir lieu.

11 resterait à envisager l’impossibilité de l’allaitement maternel sous un autre rapport; en effet , des causes morales s’opposent à cet allaitement. L’exaltation des passions peut altérer le lait comme le vice des humeurs. Un bon caractère , des passions douces, sont aussi essentiels à une nourrice qu’une bonne santé. Sans admettre avec le docteur Robert , dans sa Mégalantropogéncsie, que l’esprit et la stupidité des nourrices, leurs vices et leurs vertus, se communiquent à leurs nourrissons , on ne peut nier que les passions violentes, un accès de colère, ne donnent instantanément au lait des qualités délétères. Les enfants allaités par des femmes colériques sont sujets aux convulsions et aux diarrhées bilieuses. La haine, la jalousie portent également le trouble dans la sécrétion du lait en nuisant à la régularité des fonctions. Le chagrin à son tour relâche le ton des organes, rend les digestions mauvaises et diminue la quantité du lait, par l’état de langueur qu’il introduit dans toute l’économie. MM. Deyeux et Parmentier ont expérimenté qu’à la suite d’affections morales vives, le sein ne fournit plus qu’un fluide séreux, fade , jaunâtre, au lieu d’un liquide blanc, doux et sucré.

Les anciensne doutèrent jamais del’influence du moral de la nourrice sur celui de l’enfant, ce que

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rappellent les paroles que Virgile met dans la bouche de Didon , outrée de l’ingratitude d’Énée.

C’est surtout dans les grandes villes que se manifestent les causes morales et physiques qui proscrivent l’allaitement maternel, entaché de vices qui feraient bientôt périr les enfants, ou les rendraient souffrants pour le reste de leur vie.

Dans quelques-uns de ces cas, une femme faible qui nourrit ne tarde pas à se sentir épuisée, à souffrir de la poitrine , du dos, du creux de l’estomac. Un excessif amaigrissement force bientôt à suspendre l’allaitement ; tous les phénomènes qui n’appartiennent pas à la phthisie se dissipent quand la cause qui l’entretenait a disparu. Les autres obstacles à l’allaitement se déduisent des vices héréditaires ou contagieux, tels quelesscrophules, le rachitis , la syphilis , dont les effets , transmis à l’enfant pendant la grossesse et au moment de l’accouchement, ne peu vent être que confirmés parl’allaitement maternel , tandisquelesmêmes maladies peuvent être diminuées ou même détruites par le lait d’une nourrice saine et vigoureuse. Dans quelques-uns deces cas l’allaitement artificiel devient indispensable, soit temporairement, pendanlla durée d’une fièvre, de passions violentes, d’abcès aux mamelles, de crevasse aux seins, etc. ; soit encore d’unemanière permanente, par suite de la faiblesse de l’enfant, de l’existence d’une maladie contagieuse , d’un vice de conformation , comme le bec de lièvre, etc. Malgré les immenses perfectionnements apportés dans ces derniers temps par madame Lebrelon, et par M. Darbo fils, l'allaitement artificiel est, dans ses résultats, le moins heureux de tous. Le lait des animaux dont on se sert alors n’est pas, comme celui de la femme, en rapport avec les organes du nouveau-né, qui ne s’y accoutume que difficilement. Quand on le coupe et qu’on le mélange avec la décoclion d’orge, etc., il perd son arôme , sa chaleur naturelle, en un mot sa vie, et n’est plus qu’un aliment préparé par l’art; par conséquent il est privé de beaucoup de chances de succès.

Sécrétion du lait. Chez quelques femmes, les mamelles commencent à sécréter du lait pendant la grossesse , mais ce n’est que quelques jours après l’accouchement que celorgane jouit de toute son activité. Le stimulant de celte sécrétion vient de l’utérus, qui exerce de si grandes sympathies sur les mamelles. La bouche de l’enfant est le stimlanl matériel qui doit agir sur les organes de la mère, pour que la lactation continue de s’exercer pendant un temps convenable. Un certain nombre de faits prouvent d’une manière incontestable qu’une irritation des mamelles, résultat de la succion, quoiqu’elle n'ait pasélé précédée delà grossesse et de l'accouchement, suffit pour déterminer la sécrétion du lait. Ce phénomène n’est pas une preuve absolue de la perte de la virginité. Tout le monde connaît 1 histoire de cette vierge romaine qui allaita son père, condamné à mourir de faim dans un cachot. Mon vénérable professeur Chaussier, rapportait, dans ses cours de physiologie, avoir connu une jeune demoiselle, dont il ne pouvait douter de la sagesse, qui, pour apaiser les cris d’un enfant confié à sa garde, lui orésenta le sein T. 1.

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et qui finit ainsi par avoir du lait pour le nourrir. La succion des mamelles chez certains hommes peut encor donner lieu à la sécrétion du lait. Un marin ayant perdu sa femme qui allaitait son enfant, lui présenta le sein pour l’apaiser , et au bout de trois jours il lui vint assez de lait pour le nourrir. Un fait analogue est cité dans le Voyage de M. de Humboldt. Malgré toutes les divergentes opinions des physiologistes, je pense que les matériaux du lait sont fournis par le sang et non point exclusivement par la lymphe.

Puisque la sécrétion du lait ne s’établit pas le troisième et le quatrième jour seulement après la parturilion , on doit en conclure qu’on peut présenter le sein au nouveau-né presque aussitôt après sa naissance. Mais la faim se fait rarement sentir dans les premiers instants ; dix à douze heures peuvent s’écouler sans inconvénient, même avec avantage, pendant lesquelles on donne seulement de l’eau sucrée ; l’enfant a le temps de se débarrasser des glaires que contient sa bouche et du méconium qui distend le gros intestin.

L’action de téter ne se fait point par aspiration mais par succion: ce sont les lèvres et les joues qui font un corps de pompe dont la langue est le piston. La respiration se continue parles narines , tandis que la succion se fait par la bouche ; des obstacles de plus d’un genre, du côté de la mère ou de l’enfant , peuvent empêcher le phénomène de s’accomplir avec régularité. Le mamelon est quelquefois aplati, déformé, atrophié et non susceptible d’érection, ou bien imparfaitement perforé par suite de la compression exercée sur lui , dès l’enfance, par les vêtements. D’autres fois les seins sont tellement gonflés, que le mamelon ne fait plus saillie; on remédie à cette tension produite par la réplétion du lait, en faisant opérer la succion par un adulte ou à l’aide d’une pipe de verre accommodée à cet usage, ou d’une ventouse munie d’une pompe aspirante. Dans le cas de privation de tous ces moyens, on peut y suppléer par une simple fiole en verre , qu’on chauffe d’abord ert la remplissant d’eau bouillante , et qu'on laisse refroidir , après l’avoir vidée et en avoir appliqué le goulot sur le mamelon. A mesure que l’air se condense dans l’interieur du vase, le mamelon y est attiré et s’allonge ainsi jusqu’à prendre les dimensions convenables que lui conservera le nourrisson.

Le mamelon, quoique perforé, est tellement déformé chez certaines femmes , ou bien l’enfant est si faible, qu’il faut nécessairement employer un moyen pour favoriser l’allaitement. C’est encore à cela que l’on a recours , quand des gerçures , une inflammation commençante, rendent celte fonction trop douloureuse pour la mère. On place alors sur le milieu du sein un mamelon artificiel , consistant en un petit entonnoir très- évasé , de bois ou de métal, terminé par une papille en gomme élastique pure , percée de trous , ou mieux en liège ou en pis de vache préparé, inventions que se disputent madame Lebreton et M. Darbo , conséquence d’une immoralité fiscale; un gouvernement ne devrait jamais accorder un brevet pour exploiter des découvertes qui intéressent la \\

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santé publique ; un dédommagement est dû à leurs auteurs, jamais un privilège qui impose forcément le pauvre comme le riche.

Quelques enfants ont un dégoût prononcé pour le colostrum ; il faut alors en débarrasser les mamelles par les moyens mécaniques indiqués , et nourrir l’enfant avec l’eau sucrée , pendant un jour ou deux.

L’embarras des fosses nasales, l’enchifrenement , produit par le coryza, arrête la respiration et force l’enfant de se détacher du sein pour respirer par la bouche; c’est à cette maladie incidente que l’on a donc affaire ( Y. Coryza).

Une dernière circonstance , à laquelle les mères et les nourrices sont trop souvent disposées à faire jouer un rôle en lui attribuant les difficultés de la nutrition, c’est le prolongement du frein ou filet de la langue jusqu’à la pointe. On reconnaîtra cette disposition congéniale en cherchant à passer le petit doigt au-dessous de cet organe; on sentira qu’il est fixé dans toute sa longueur au plancher de la bouche et que sa pointe est tellement gênée qu’elle semble presque bifurquée. Il reste une opération à pratiquer qui consiste dans la section du filet en éyitant la division des artères canines. Je puis affirmer que , sur vingt enfants qui me sont présentés à la consultation de l’Hôtel-Dieu, comme ayant le filet, à peine existe -t-il chez un seul de manière à nécessiter l’opération.

Les anciens préconisaient une foule de remèdes connus sous le nom de lactigènes (qui engendre le lait). Toutes ces substances sont tombées dans un juste discrédit; pour le praticien instruit, il n’y a point de lactigènes absolus et qui conviennent à toutes les femmes, ils varient suivant le tempérament et suivant les causes qui diminuent la sécrétion du lait.

Il est difficile de fixer le nombre des repas de l’enfant à la mamelle ; ils doivent être en rapport avec la force de la mère et de l’enfant, avec l’abondance et la qualité du lait, etc. Gomme terme moyen approximatif, un repas toutes les deux heures ; à un âge plus avancé , toutes les trois heures; pendant la nuit les repas doivent être plus éloignés que pendant le jour. Les mamelles se remplissant en même temps, il vaut mieux les vider en même temps. Ce n’est que vers le quatrième mois qu’il faut ajouter quelque aliment au lait naturel.

Il est encore une autre question insoluble d’une manière précise ; à quel âge convient-il de cesser l’allaitement? Il n’est pas d’enfant qu’on doive allaiter au-delà de dix-huit mois. Ce terme écoulé, le lait favorise le développement d’un tempérament lymphatique et le rachitisme en particulier, etc. (V. Nourrice , Sevrage.) Gaffe.

AIX AITEMEîJT ARTIFICIEL. V. au Slipplém.

allantoïde ( anat. ), s. f. sorte de vésicule allongée, située entre le chorion et l’amnios du cordon ombilical du fœtus, et qui communique avec la vessie par un conduit que l’on nomme 1 ’ouraque. Celte vésicule se rencontre facilement chez certains quadrupèdes; elle est plus difficile à observer chez l’homme. (Y. Ovologie, OEuf humain. )

alliaire (bot.) s. m. ( Alliaria officinalis.) Cette plante, de la famille des Crucifères, croît dans les taillis et les haies fourrées de toute la France ; ses feuilles, qui sont en forme de cœur, exhalent lorsqu’on les frotte une odeur d’ail; de là, le nom qui a été donné à cette plante. Ses usages sont trèsbornés ; elle est, ainsi que toutes les Crucifères, antiscorbutique, et on a quelquefois appliqué ses feuilles sur des ulcères de mauvaise nature. Pour les usages culinaires, elles peuvent remplacer le cordium et même l’ail. Toutes ses propriétés disparaissent par la dessiccation. Ms.

allumettes ( Fabricans dJ). ( hyg .) Les ouvriers qui fabriquent les allumettes soufrées ont été signalés comme étant exposés à avoir des ophthalmies qui résulteraient de l’action de l’acide sulfureux sur les yeux; mais nos recherches nous ont fait connaître que les individus qui soufrent les allumettes ne présentent pas ce phénomène. En rappelant nos souvenirs, nous avons vu que dans un dispensaire où l'on traite les maladies des yeux, il ne s’est présenté aucun malade affecté d’ophlhalmie résultant des vapeurs du soufre. Ils sont exposés aux mêmes inconvéniens que les ouvriers qui travaillent à la fabrication de l’acide sulfureux et sulfurique ; ils doivent suivre le même genre de médication.

Pour éviter que l’ouvrier soit en contact avec la vapeur, il est convenable de ne soufrer des allumettes qu’en plaçant le vase contenant le soufre fondu sous une cheminée qui ait un bon tirage.

Si les ouvriers qui préparent les allumettes soufrées ne sont pas exposés à de graves inconvéniens, il n’en est pas de même de ceux qui se livrent à la fabrication des allumettes dites oxygénées, qui s’obtiennent en imprégnant l’extrémité, de petites bougies ou de petits morceaux de bois, de pâtes composées de chlorate de potasse, mêlée à du soufre, à du sulfure d’arsenic, à du sulfure d’antimoine, etc. Si ces personnes n’ont pas l’habitude de préparer ces allumettes, elles peuvent, en préparant les poudres, donner lieu, par la percussion, à des explosions qui peuvent avoir des suites très-graves. Pour éviter ces chances d’accidents, on doit agir de la manière suivante : on pulvérise séparément dans un mortier le chlorate de potasse, lavant le mortier après avoir pulvérisé ce corps. On pulvérise ensuite le corps combustible, le sulfure d’antimoine, par exemple, qu’on doit mêler au chlorate ; lorsque les poudres sont faites, on prend trois parties de chlorate, une partie de sulfure, on les mêle sur un porphyre ou sur un marbre, avec une carte ou une barbe de plume; on en fait une pâte avec une petite quantité d’eau tenant en dissolution un mucilage de gomme adragante, et ôn en imprègne l’extrémité des allumettes, que l’on fait sécher; on colore quelquefois ces pâtes en rouge avec du cinabre, en bleu avec de l’indigo, etc.; mais cette coloration est un objet de luxe, et non d’utilité. A. Chevallier, et S. Furnari.

ALLUMETTES PHOSPHOR.ÉES. V. au Suppl.

aloès (inat.méd.),s. m.(aloë,sive succusaloës), suc extracto-résineux de Valoë perfoliata et de plusieurs autres espèces du genre aloë. Héxandrie

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monogynie. L. Famille des liliacées. L’aloès, qui oc cupe un des premiers rangs parmi les plantes grasses, est originaire d’Afrique, d’où il a été transporté dans les deux Indes et dans le midi de l’Europe. II s’y est parfaitement acclimaté et y croît sans culture.

Courbés sous le joug de la plus exécrable tyrannie , les esclaves des premiers colons du cap de Bonne-Espérance s’étaient unanimement imposé la loi de garder le plus profond silence sur tout ce qui pouvait contribuer à la sauté ou à la fortune de leurs oppresseurs ; aussi le nom et les propriétés de ce précieux végétal furent-ils long-temps ignorés de ces derniers; un jour cependant, cet utile secret leur fut dévoilé par un nègre de la famille DeWitt. Ce nègre, nommé Gorée, qui était né sur une autre côte d’Afrique, connaissait, pour l’avoir apprise dans son pays, la manière de se procurer cette substance , et aussi quelles étaient ses vertus. « Si ce furent les bons procédés du maître, dit le voyageur auquel nous empruntons ces dé tails , qui firent parler l’esclave, ou l’espoir d’être récompensé, c’est ce qu’on n’a pu m’apprendre avec certitude.» (André Spabmann. Voyage au cap de Bonne-Espérance et autour du Monde, avec le capitaine Cook , etc. tom. III, pag. 253.)

Dans les prescriptions des médecins et dans les habitudes pharmaceutiques , le mot aloès, sans autre désignation , n’est jamais employé pour dénommer la plante elle -même , mais bien pour indiquer le suc qu’on en extrait , et qui rend de si grands services dans la pratique de notre art. Quelques étymologistes ont prétendu que les expressions aloë, aloès, dérivées du grec aloê, venaient de als, alos (sel, mer), à cause de la saveur de ce produit et de l’habitation du végétal; mais c’est une erreur grave, car il est de toute évidence que ce terme n’est qu’une imitation du nom arabe alloèh, qui sert à désigner cet arbrisseau et le suc qu’il fournit. Quoi qu’il en soit, on distingue communément dans le commerce trois sortes principales d’ aloès , savoir : l'aloès socotrin et sa variété V aloès lucide, V aloès hépatique et V aloès caballin. Mais avant d’indiquer les caractères auxquels on les reconnaît, il convient de dire quelques mots sur la manière dont on les obtient.

Les procédés qu’on suit à l’ile de Socotra sont ainsi rapportés par André Duncan, dans le Nouveau Dispensaire d'Èdimbourg , tom. I", pag. 169 : «Il (l’aloès) se prépare en juillet, en arrachant les feuilles de la plante, d’où on extrait le suc, qu’on fait ensuite bouillir eu l’écumant. On le conserve dans des peaux , et On le fait sécher au soleil du mois d’août. Suivant d’autres, on coupe les feuilles à ras de la tige, et on les suspend. Le suc qui en dégoutte, sans aucune expression, est ensuite desséché au soleil. » Ce dernier moyen est peut-être le plus parfait ; et il est fâcheux qu’il ne soit point universellement adopté. Les méthodes en usage au cap de Bonne-Espérance , à la Barbade , à la Jamaïque , en Espagne , etc., etc., sont beaucoup moins rationnelles , comme on le verra tout à l’heure : ce qu’elles ont de défectueux surtout, c’est qu’elles prescrivent de pressurer les feuilles , pour en faire sortir plus de suc , et de les faire bouillir ensuite. Il nous suffira, Dour démon-

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trer les vices de ce mode de préparation, de rappeler l’observation du célèbre Fabio Colonna, que Murray s’est gratuitement appropriée. II paraîtrai t, d’après les expériences de Colonna, que la feuille entière delà plante ne participe pas aux propriétés du suc qu’on en extrait; ce qui provient de ce que ce suc amer est renfermé dans des vaisseaux particuliers, qui sont placés parallèlement et en long sous l’épiderme, tandis que la pulpe de l’intérieur de la feuille est entièrement mucilagineuse et inerte. Ce qu’il faut conclure de ce fait , c’est que si quelques-unes de ces opérations commencent assez bien , toutes finissent fort mal.

Nous avons dit qu’il existait, dans les maisons de drogueries , trois principales espèces d’aloès :

1° L’aloès succotrin et mieux socotrin, aloësuccotrina et rectiùs socotrina, ainsi appelé parce qu’il nous venait de l’île de Socotra, et non pas, d’après Goulin, parce que celui qui était jadis transporté en Grèce ressemblait à une figue, sucôton. Il est en morceaux brillants, demi-transparents, trèsfragiles , etc... De brun foncé qu’il est en masse , il prend une belle couleur d’or, réduit en poudre. Il a une odeur assez agréable et comme aromatique. Sa saveur est tellement amère , qu’il est presque partout usité de la citer, comme parangon , pour caractériser le dernier degré de l’amertume. C’est d’elle dont on veut parler, quand on dit amer comme chicotin, c’est-à-dire : amer comme aloès socotrin, et par corruption sicotin, puis chicotin. C’est encore dans le sens symbolique, qu’on dit de la volupté , qu’elle renferme plus d’aloès que de miel : plus aloës quam mellis habet.

2° L’aloès hépatique ou de la Barbade , aloë hepatica seuBarbadensis, se reconnaît à sa couleur rouge obscur, à son opacité , à son odeur nauséabonde, etc. Il est aussi très amer. L’épithète d’hépatique, employée pour caractériser cette sorte d’aloès, lui a été donnée à cause de la similitude de sa couleur avec celle du foie , et nullement parce qu’on l’a cru propre à guérir les maladies de cet organe. Il suffit de se rappeler pour cela que, durant des siècles , l’aspect, la couleur, les formes extérieures d’une substance , étaient considérées comme des indices certains de ses vertus. Le foie est rouge brunâtre , ce suc aloètique l’est aussi ; il n’en a pas fallu davantage alors pour conclure qu’il était propre au traitement des affections de ce viscère : telles étaient pourtant les bases puériles sur lesquelles étaient appuyées les considérations thérapeutiques les plus importantes, dans ces temps de ridicule crédulité.

3° L’aloès carallin, aloë caballina, est le plus impur de ces sucs médicinaux. Opaque, presque noire , remplie de sordidités de tout genre , d une odeur repoussante, cette drogue, qui ne devrait plus figurer dans aucune officine , n’a jamais été

employéequedanslamédecine vétérinaire, comme

l’indique son nom.

Les deux premières espèces entrent dans une prodigieuse quantité de compositions pharmaceutiques , dont il serait aussi superflu que fastidieux de faire ici l’énumération.

Les doses auxquelles on prescrit ce roédica-

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ment varient selon que le médecin désire lui faire manifester telle ou telle proprié té qu’il lui connaît. C’est ainsi qu’il en conseille quelques grains seulement, tous les jours, pour soutenir les forces de l’estomac et assurer les digestions : on dit, dans ce cas, qu’il agit comme stomachique. Le vin aloètique et surtout la teinture sont fréquemment employés dans cette intention. Mais veut-on qu’il porte son action plus loin dans le tube digestif, et par exemple, lui faire produire des garde-robes? on en donne alors des quantités un peu plus considérables, jamais néanmoins très-élevées, car elles ne manqueraient pas de causer de très-vives coliques , et sûrement aussi d’autres accidents plus redoutables.

11 y a, au sujet de l’action purgative de cette substance , une remarque fort importante à faire ressortir; c’est que les phénomènes par lesquels elî ' s’annonce n’ont communément lieu que dix à douze heures après son administration; d’où l’on a conclu, et c’est Cullen, je crois, qui le premier a émis cette assertion , que l’aloès traversait les longs circuits du canal intestinal , en quelque façon comme le ferait une matière inerte , ou du moins peu irritante , et qu’il ne commençait à exercer son action cathartique ou drastique que sur sa portion inférieure exclusivement. Cette explication , généralement reç-ue des médecins de nos jours , a été fortement contredite, il y a quelques années, par M. Wedekind, dont les expériences sembleraient établir que ce suc médicamenteux est d’abord absorbé et porté dans le torrent circulatoire, sécrété ensuite en grande partie par le foie , dont il augmente l’activité , puis enfin rejeté du corps par suite d’un effet purgatif qui n’est plus que secondaire. Nous n’essaierons pas de discuter ici cette opinion ; on comprendra parfaitement que la valeur de cette théorie ne saurait être examinée dans un livre de la nature de celuici. Nous ne nous y arrêterons donc pas davantage. Mais toujours est-il que, quel que soit ce mode d’action , primitif ou secondaire , de l’aloès , cet agent pharmacologique fait naître une irritation fluxionnaire sur l’intestin rectum, produit l’engorgement des vaisseaux hémorrhoïdaux, et peut déterminer l’écoulement du sang qui les remplit. Ce produit offre aussi un emménagogue efficace , pourvu que le système utérin pèche par trop de relâchement. Son amertume en fait un bon tonique pris à pe tite dose, et on l’utilise ainsi à l’intérieur, et même à l’extérieur, dans les collyres contre les ophlhalmies chroniques, en poudre ou en lotion sur les vieux ulcères , etc.; c’est sans doute à cette qualité amère et à l’énergie drastique dont il est doué , qu’il doit sa vertu anthelmintique.

On ordonne cette substance dans les débilités de l’estomac, les mauvaises digestions, l’hypochondrie, l’ictère, la constipation, contre les vers intestinaux, spéciaiement contre les ascarides qui habitent d’ordinaire le rectum, etc. Son influence révulsive et dérivative à l'égard de la tête et du thorax l’a fait recommander dans les douleurs vagues de ces parties , dans les étourdissements , les tintements d’oreilles, les étouffements, la toux humide, et dans beaucoup d’autres affections

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exemptes de fièvre et pour lesquelles on est journellement consulté.

Au reste, ce qui pourrait peut-être attester le mieux la haute puissance médicinale de l’aloès , c’est qu’il fait partie d’un grand nombre de préparations qui ont joui delà plus magnifique réputation, et auxquelles il a fait donner les noms les plus pompeux : telles sont, entre autres, la teinture sacrée et l’électuaire hiera picra, les élixirs de propriété et de longue vie, les grains de santé et les pilules angéliques, bénites, gourmandes ou de Francfort, à l’occasion desquelles on a fait, à ce que nous croyons, cette espèce d’aphorisme* qui nuit vivere annos No'ê, sumat pilulas de aloë.

F. E. Plisson.

alopécie ( méd .), s. f. Le mot alopécie, chute des cheveux, vient du grec alopex, qui signifie renard, parce que cet animal est, dit-on, sujetdans sa vieillesse à une maladie de la peau qui lait tomber ses poils.

On emploie assez généralement les termes de alopécie et de calvitie pour exprimer la même idée ; mais l’alopécie est une maladie, tandis que la calvitie ne doit s’entendre que de la chute des cheveux, par suite des effets de l’âge. Cette dernière arrive sans altération morbide du cuir chevelu. La vie cesse peu à peu dans le bulbe pileux; sa cavité diminue et le cheveu tombe. Seulement, la calvitie n’arrive pas toujours à la même époque; mais il en est de la chute des cheveux comme de leur changement de couleur: chez certains individus ils blanchissent de très-bonne heure, de vingtcinq à trente ans, tandis que chez d’autres ils conservent leur couleur première jusqu à cinquante ans et plus, sans qu’il soit souvent possible d’en assigner la cause. 11 faut donc distinguer ce qui est un symptôme de maladie pouvant être modifié par le secours de l’art, d’avec Je résultat des progrès de l’âge, pour lequel le charlatanisme exploite trop souvent la crédulité publique.

On voit chez quelques enfants les cheveux, les sourcils elles cils ne se développer que plusieurs mois ou plusieurs années même après la naissance, mais ensuite pousser aussi beaux et aussi épais que si le retard n’avait point eu lieu. Cela ne constitue pas une maladie; mais il existe quelques exemples d’alopécie congéniale, ou mieux, de non développement dusyslème pileux. Il y a plusieurs années il en fut observé un cas très-curieux à l’hôpital de la Charité: c’était un homme de trente ans, dont le crâne n’était recouvert que d’un léger duvet blanchâtre semblable à celui qu’on voitchez les enfants ; au menton, au pubis , sur les parties génitales, il n’y avait que quelques poils rares : sur les bords des paupières dépourvues de cils, on voyait une rangée de points noirs qui semblaient être leurs bulbes. Le père de cet homme présentait la même anomalie; sa mère et ses sœurs avaient au contraire de très-beaux cheveux.

L’alopécie accidentelle est bien plus souvent locale que générale, et se fait voir particulièrement au cuir chevelu. Les exemples de chute des poils de la figure, du pubis ou des membres, sont trèsrares.Un affaiblissement général, une commotion,

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uu stimulant très-puissant de toute l’économie, peuvent la produire. Il peut arriver qu’elle n’affecte qu’un seul côté du corps ; on en cite des exemples.

L’alopécie locale dépend tantôt d’une altération des follicules pileux seulement ; tantôt de celle de tout le cuir chevelu; celle-ci est sans contredit la plus fréquente.

Les causes de l’alopécie agissent soit d’une manière immédiate, comme les affections cutanées du cuir chevelu, la malpropreté, qui peut occasionner ces maladies, l’application de substances irritantes chez les personnes quisefont teindreles cheveux; soit d’une manière éloignée, comme les maladies aiguës, et alors elle alieuàla convalescence; les maladies chroniques, les couches, surtout quand elles ont été laborieuses, l’abus des plaisirs de l’amour , un état d’épuisement et de faiblesse exlrème, les maux de tête habituels, les travaux de cabinet, les émotions morales vives et enfin l’impression sur toute l’économie d’une maladie générale particulière, le scorbut, la syphilis.

Les affections darlreuses produisent l’alopécie d’une manière bien variable et qu'il est très-important de distinguer, soit pour ne pas trop s’alarmer quand elle a lieu, soit pour ne pas rester dans une sécurité trop grande. Ainsi, dans une véritable teigne, les bulbes, affectés dès le commencement de la maladie, sont détruits en grande partie; la peau reste lisse et luisante dans les endroits où les cheveux manquent, et ils ne repoussent jamais, ou bien ils présentent un aspect lanugineux, comme ceux des nègres, et ils sont secs et cassants. Dans les autres éruptions de la tête, si lés croûtes restent long-temps , les cheveux tombent plus ou moins abondamment; mais celte alopécie, bien différente de la précédente, n’est que momentanée, et elle cesse quand l’éruption est guérie. Ici les follicules ne sont qu'enflammés et non pas détruits.

Quelques auteurs ont admis une variété d’alopéciesous le nom de porrigo decalvans, dans laquelle il se formerait de petites pustules à la racine des cheveux, ce qui les ferait tomber. Il est probable que cette espèce doit se rattacher à celles que nous venons d’examiner, car peu de praticiens ont eu occasion de l’observer. On voit bien quelquefois la chute des cheveux coïncider avec les plaques décolorées de la peau dans le vitiligo; mais ici il n’y a aucune altération visible, à leur racine.

Les autres causes de l’alopécie agissent directement sur le follicule pileux. Dans la plupart des cas on n’observe aucune altération de la peau. On ne sait pas positivement ce qui se passe alors; il est assez rationnel de croire que c’est en affaiblissant la vie dans le bulbe, que les causes éloignées déterminent la chute des cheveux.

L’alopécie est quelquefois, avons-nous dit, produite par la syphilis. Assez rare de nos jours, elle était très-fréquente autrefois, au dire des auteurs qui ont écrit sur cette affection. Comme les autres variétés, elle dépend tantôt d’une altération primitive du bulbe; telle est celle que l’on observe pendant ou à la suite de ces céphaléesvénériennes souvent si cruelles, ou celles que l’on voit chez les

individus épuisés par la maladie. Le plus souvent elle accompagne les syphilides, et principalement la syphilide squammeuse. Dans ce cas, le diagnostic est facile ; mais quand la peau est intacte, pour reconnaître la nature de l’alopécie, il faut examiner avec soin les circonstances antécédentes. La présence d’un symptôme syphilitique quelconque, sur une partie du corps sera d’un grand secours pour la déterminer.

Quelques auteurs, probablement à cause de l’obscurité du diagnostic, ont révoqué en doute l’existence de l’alopécie vénérienne et l’ont attribuée au mercure pris pour combattre la maladie. 11 est possible que l’abus de ce médicament ait' amené la chute des cheveux dans beaucoup de cas, mais il est certain aussi qu’on la voit chez des individus qui, ayant eu des symptômes primitifs de syphilis, n’ont jamais fait usage de mercure. D’un autre côté les gens qui par état manient et par conséquent absorbent beaucoup ce métal ne deviennent pas plus promptement chauves que d’autres.

L’alopécie, quelle que soit sa nature, est une affection fâcheuse, toutes les fois que les bulbes des poils sont détruits, parce que ceux-ci ne repoussent plus ; mais elle cesse d’être grave, quand ils ne sont que légèrement altérés primilivement ou consécutivement, surtout si l’on met promptement en usage une médication bien entendue.

Le traitement de l’alopécie est aussi variable que les causes qui l’ont produite; et la première condition pour qu’il réussisse, c’est que le malade ne soit pas trop âgé , car alors rien ne pourrait prévenir la calvitie.

Toutes les fois que la faiblesse générale est la cause de l’alopécie, comme dans les maladies ai guës ou chroniques, c’est en rétablissant la santé, en rendantles forces par des moyens convenables, qu’on arrêtera la chute des cheveux, et que l’on favorisera leur reproduction. Dans tous les cas, on agit localement en faisant raser la tête un certain nombre de fois et à mesure que les cheveux repoussent. Par ce moyen on relient dans les bulbes les sucs nourriciers destinés aux cheveux malades, et qui seraient indubitablement tombés ; et l’on donne plus de force et de vie à de petites villosités qui prennent alors la consistance des cheveux et se dévoloppent comme eux. Si la peau est sèche, écailleuse, on a recours aux cataplasmes de farine de lin, aux fomentations averles décoctions émollientes, aux embrocations avec l’huile d’amandes douces. Si au contraire elle est flasque, pâteuse, on la fera laver plusieurs fois par jour avec des décoctions toniques de quinquina, de feuilles de noyer, de petite centaurée, le vin aromatique plus ou moins concentré. J’ai employé dans un cas, avec succès, les douches de vapeur. La peau est-elle écailleuse et se recouvre -t- elle de pellicules furfuracées, les ablutions avec l’eau de savon sont souvent utiles.

Sila chute des cheveux est produite par une maladie constitutionnelle, elle ne s’arrêtera que lorsqu’on aura employé contre cette affection les remèdes généraux.

Tout traitement local dès le principe serait inu-

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se

tile dans l’alopécie vénérienne par exemple, tant que la diathèse syphilitique existera. C’est, dans cette espèce, plus que dans aucune autre, qu’un traitement interne est indispensable dès l’abord.

'V. Syphilis.)

L’alopécie dépend-elle d’une maladie de la peau, c’est en agissant contre elle par les moyens qui seront indiqués, qu’on la préviendra, ou du moins qu’on l’arrêtera.

Lorsque les cheveux ont été rasés plusieurs fois, p est bon d’y appliquer de temps à autre quelque ^rpsgras. Il ne faut avoir qu’une faible confiance dans la plupart des pommades indiquées comme trichogènes par excellence, telles que celles de graisse d’ours, de cerf, de lapin ou de serpent; elles ne possèdent pas plus de vertus que d’autres substances grasses qui sont tout aussi bonnes.

Il est une précaution à prendre tant que la tête est rasée: c’est de la couvrir constamment avec une coiffure artificielle; outre la chaleur qu’elle entretient , et qui favorise la pousse des cheveux, elle contribue aussi à éviter les inflammations des yeux, des oreilles, ou les maux de dents qui pourraient résulter de l’impression trop vive de l’air, sur la peau dénudée du crâne.

Aüg. Cullerier.

Docteur en médecine , ancien interne des hôpitaux.

alphos ( méd. ), s. m. ( du grec alphos , blanc ), les anciens désignaient sous ce nom une variété de la lèpre, caractérisée par des taches blanches de la peau. Ils en distinguaient trois espèces qu’ils indiquaient sous le nom d’ alphos, de leucé, dans laquelle les taches étaient plus blanches que dans l’alphos proprement dit, ou d’ alphos mêlas , où ces mêmes taches étaient fauves , ou tirant sur le noir. Aujourd’hui ces maladies sont considérées , par M. Alibert, comme appartenant à la lèpre squammeuse. ( V. ce mot. ) J. B.

altérants (waLme'd.), ad j., pris subst.On a donné ce nom à des médicaments qui agissent sans produire d’évacuations et d’une manière insensible, pour modifier l’état des solides et des liquides ; ce sont principalement des substances stimulantes et purgatives que l’on administrait pour produire cet effet ; le mercure, l’aloès, la digitale, etc., étaient principalement employés, dans ce but, à des doses très-petites. On les emploie quelquefois encore dans les engorgements chroniques des viscères du bas-ventre. J. B.

althcsa. Y. Guimauve.

althœihte. Y. au Supplément.

alumine ( chim .), s. f. (de alumen, alun) .Guyton de Morveau a donné ce nom à une terre retirée de l’alun; c’est l’oxyde d’un métal particulier, V aluminium. Il forme la base de plusieurs pierres précieuses, rubis , saphir, corindon. On l’extrait de l’alun, en précipitant par l’ammoniaque une solution de ce sel , lavant et séchant le précipité; c’est une poudre blanche , douce au loucher , qui happe à la langue, qui forme avec l’eau une gelée, sans s’y dissoudre. On a employé l’alumine à la • dose de huit à dix grains, avec un grand succès, dans le cas de diarrhée et dé dysenterie.

Sels à hase d'alumine. Leurs dissolutions sont pré-

cipitées parles alcalis ; mais le précipité se dissout dans un excès d’eau de potasse ou de soude; une dissolution saturée de potasse y produit un dépôt d’alun. Ils jouissent presque tous de la réaction acide; ils ont une grande tendance à former des sels doubles cristallisés; les sels simples cristallisent difficilement, ou sopt insolubles. Ils ont tous une saveur aigrelette astringente particulière. Nous n’étudierons en détail qu’un sel à base d’alumine, l’alun.

Sulfate d'alumine et de potasse, ou d'ammoniaque, alun. Ce sel était connu dèsletemps d’Hippocrate. En Italie on fabrique l’alun connu sous le nom d’alun de Rome, à l’aide de la pierre d’alun qu’on soumet à une douce calcination. On l’expose ensuite à l’air, on lessive, on évapore et on fait cristalliser. L’alun cristallisé en octaèdre, se dissout dans 18 parties d’eau froide ; il contient quarantecinq et demie d’eau de cristallisation, qu’il peut perdre par la calcination; il est alors connu sous le nom d’alun calciné. Les usages de l’alun dans la teinture sont très-nombreux.

Emploi interne de l'alun. On pensait que l’alun administré à haute dose agissait à la manière des poisons corrosifs. Ce fait paraît douteux, mais il est certain qu’ alors il peut occasionner des angoisses d’estomac. On l’administre communément depuis la dose de dix grains, jusqu’à celle de deux à trois gros par jour, dans une boisson appropriée. C’est un astringent puissant; il a été vanté contre les hémorrhagies passives, les flux muqueux par atonie. On l’emploie contre le scorbut les rhumatismes, etc. M. K apeler l’emploie avec succès pour combattre la colique de plomb. ■

Emploi externe. Hippocrate recommandait l’alun contre les excroissances fongueuses, les ulcères, etc. On l’a employé en solution, pour arrêter les hémorrhagies utérines rebelles. On l’a employé en poudre comme styptique et insufflé dans l’arrièregorge, dans l’angine couenneuse.

On emploie l’alun calciné, réduit en poudre, comme léger cautérétique et dessiccatif, sur les chairs baveuses, les conduits fistuleux ; on l’emploie aussi comme hémostatique.

Bouchardat.

ALUBj. Yoyez Alumine.

alvéolaire, adj., qui a rapport aux alvéoles.

alvéole ( anat .), s. m. (du latin alveolus, petite loge). C’est le nom qu’on donne aux cavités osseuses dans lesquelles les racines des dents sont comme enchâssées. Ces cavités sont profondes et coniques, leur nombre est égal à celui des dents; leur forme et leur volume varient au reste suivant l’espèce de dent qui y est plantée; l’alvéole de la dent canine, qu’on nomme aussi dent de l’œil à la mâchoire supérieure, est le plus profond de tous. Ceux des molaires présentent des cloisons qui séparent de petites cavités destinées à chacune des racines secondaires de la dent ; le fond de ces petites cavités, ainsi que celui des alvéoles des autres dents , est percé d’une petite ouverture qui livre passage à un nerf et aux vaisseaux nourriciers de la dent. La série des alvéoles forme ce qu’on appelle les arcades dentaires supérieures et inférieures; celles-ci sont recouvertes , en dehors et en dedans,

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par la memnrane muqueuse de la bouche , qui forme les gencives; cette membrane envoie un prolongement dans l’intérieur des alvéoles. Lorsqu’une seconde dent ( V. Dent ) tombe ou est arrachée , on a observé que la cavité alvéolaire s’effacait et s’oblitérait en peu de temps ; ainsi les alvéoles ont entièrement disparu chez le vieillard privé de dents , et les mâchoires offrent un bord tranchant formé par le rapprochement des lames osseuses qui, en avant et en arrière, constituent les parois des alvéoles. Nous renvoyons, pour les maladies des alvéoles , aux articles dent et bouche. Vous remarquerons cependant ici que, lorsqu’on arrache une dent, il arrive assez souvent, et sans ju’on puisse accuser le dentiste d’inhabileté, qu’un petit fragment de l’alvéole reste adhérent à la lent arrachée ; cet accident que l’opérateur a soin Je dissimuler adroitement en détachant le petit fragment, est sans danger, et n’empêche nullement la cicatrisation de la petite plaie, résultat le l’opération. J. B.

amadou (mat. méd. ), s. m., substance que l’on împloie pour arrêter les hémorrhagies des petits vaisseaux et des piqûres de sangsues. (Y. Agaric). 'fous croyons devoir consigner ici im procédé qui •éussit infailliblement pour arrêter les petites hémorrhagies qui ont lieu quelquefois après les pi- [ûres de sangsues; on sait que chez les enfants et :hez les femmes , il est souvent fort difficile d’arêtcr, même avec de l’amadou, l’écoulement du ang, et cependant cet écoulement, surtout chez le jeunes enfants, lorsqu’il est trop prolongé, peut levenir funeste. Voici le moyen que l’on emploie: (près avoir essuyé la piqûre, on applique sur elle in petit morceau d’amadou , puis un plus grand , :t enfin un troisième assez large ; on presse ensuite modérément sur l’amadou avec la partie convexe l’une cuillère d’argent que l'on a fait assez chauffer pour qu’il soit impossible d’y appliquer la nain sans un très-vif sentiment de brûlure, la chaeur de la cuillère coagule le sang qui sort de la fiqûre , y fait adhérer l’amadou et bouche ainsi la »elite plaie ; il est important d’appliquer la cuilêre à plusieurs fois et de ne pas la laisser trop ong-temps pour ne pas brûler le malade. Ce noyen m’a constamment réussi depuis près de louze ans que je l’emploie, excepté dans un ou leux cas. Lorsqu’on n’obtient pas de résultats favorables dès la première fois, c’est souvent au peu le chaleur de la cuillère que l’on doit cet insuc- ;ès ; il faut alors mettre de nouvel amadou et reïommencer l’opération que nous avons indiqué.

amaigrissement ( Path.), s. m. On désigne par ce mot la maigreur acquise. L’amaigrissement suppose qu'un état différent a précédé, et que les causes qui le déterminent n’ont pas toujours a°i. Sous quelle influence ces causes se sont-elles éveillées? La solution de cette question peut conduire le médecin à reconnaître ces causes. Il peut découvrir dans cette recherche les premières atteintes de maladies graves, dont l’action profonde ne se révèle que par l’amaigrissement. A ce degré de maladie le médecin peut , dans quelques circon-

stances , donner des conseils préservateurs. L’amaigrissement présente au reste des différences très-remarquables. Des personnes fort grasses, amaigries, peuvent pour cela n’être pa s maigres. Sous certains régimes ou sous l’influence de quelques maladies, la maigreur peut devenir excessive. Récemment encore des bateleurs traînaient à leur suite, à Paris, un malheureux nommé à bon titre l’homme squelette. Ce pauvre diable, dont les os amincis se dessinaient à travers une peau sèche et terreuse , comme si nulle autre partie molle ne les avait revêtus, pouvait à peine articuler de lentes et sourdes réponses aux questions que lui adressaient les curieux accourus à ce hideux et affligeant spectacle. Ces exemples d’amaigrissements , qui ont frappé toute l’économie , sont les plus manifestes aux yeux de tout le monde; mais il est des amaigrissements partiels qui ne sont pas sans importance pour le médecin. Dans la phthisie pulmonaire, l’amaigrissement se porte avec préférence sur la poitrine et sur la face.Dans quelques circonstances douteuses des atteintes de celte maladie, cet amaigrissement partiel, donnant une physionomie particulière aux phthisiques, est devenu un signe avant-coureur que le médecin n’a pas négligé pour indiquer les moyens qui ont réussi, dans certains cas , à suspendre les progrès ultérieurs de cette funeste maladie. Les habitudes vicieuses des enfants se traduisent, aux yeux de tous les observateurs, par l’amaigrissement des orbites. Très-prononcé, l’amaigrissement partiel est une véritable atrophie. (Y. ce mot.)

Tous les composants de l’économie ne sont pas également atteints dans l’amaigrissement. Lorsqu’on dit d’une personne qu’elle maigrit , l’élément constitutif qui présente les premiers caractères de l’amaigrissement est, après les liquides blancs , le tissu adipeux ou la graisse.

La graisse est une sorte de dépôt de matière moins assimilée que les autres substances constituantes du corps, et toute prête à être reprise aux premières demandes de l’organisme. Ce n’est donc pas seulement parce que les personnes humides et grasses possèdent plus, qu’elles peuvent perdre plus facilement, mais c’est parce que les substances qui concourent à leur donner du volume sont d’une nature plus décomposable. Un même volume , dû à des muscles , diminuera beaucoup moins vite sous l’action des causes qui réduisent l’embonpoint. Aussi les premiers effets de l’amaigrissement sont-ils de produire les saillies musculaires osseuses et même vasculaires , en présentant plus enfoncés les sillons qui les séparent. Certaines régions, variables au reste suivant l’âge, les races, les sexes et les individus, sont plus particulièrement le siège de la graisse. C’est conséquemment sur leur volume que portent plus directement les effets de l’amaigrissement. Une cause générale d’amaigrissement survenant, le ventre, ordinairement développé chez les hommes qui ont passé trente-six ans, supporte la réduction la plus ostensible.

Il serait sans intérêt de citer d’autres exemples. Lorsque l’amaigrissement détruit les accumulations , les couches , l’imbibition, graisseuses , si

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l’on peut se servir de cette expression , le tissu sur lequel portera l’émaciation est le tissu musculaire; les os résistent les derniers, quoiqu’ils éprouvent aussi de la diminution. Le mécanisme par lequel s’opère l'amaigrissement est Y absorption. (V. ce mol ) Nos organes, assujettis à un mouvement continuel de composition et de décomposition , sont incessamment décomposés par l’action des organes absorbants. C’est dans la sur-activité comparative de leurs fonctions que réside la cause prochaine de l’amaigrissement. Aussi peut- il être défini physiologiquement le résultat d’une surabondance d’action de l’absorption qui décompose le produit de la composition.

Les prédispositions etlemode d’action des causes de l’amaigrissement peuvent se déduire de la théorie , dont la définition de ce phénomène est l’expression. Si l’absorption qui décompose est , par une cause quelconque, très-active, et que l’acte de composition ne soit pas augmenté dans une égale proportion , l’amaigrissement en sera le produit. C’est le cas d’une sueur trop abondante, d’une hémorrhagie, d’une perte spermatique et d’un travail forcé, etc.; toutes ces causes activent l’absorption qui s’exerce dans toutes les parties , à l’aide des racines innombrables du système circulatoire.

Dans le cas où cette puissance d’absorption n’a été augmentée par aucune cause, l’absence des éléments fournis habituellement au sang par l’alimentation conduira aux mêmes effets. Plus les systèmes lymphatiques et veineux sont en général vides , plus ils tendent à absorber ; si donc les aliments ont manqué, ces systèmes seront vides, et ils puiseront dans toute l’économie de quoi réparer leurs pertes. Ainsi agit l’abstinence, ainsi agissent toutes les maladies qui empêchent l’introduction des produits élaborés parla digestion, comme une gastrite , et toute affection qui nuit à la série des fonctions dontle but final est de mêler au sang des éléments réparateurs.

Si d’une part de nouveaux aliments ne peuvent être introduits, si d’autre part l’absorption est plus avide, la maigreur marchera plus rapidement encore. Ainsi agit la fièvre; c’était le cas du choléra. Dans cette redoutable maladie, les organes digestifsétaienl incapables de remplir leursfonctions, et des pertes énormes étaient éprouvées par suite des abondantes excrétions qui étaient rejetées parles selles et par les vomissements. Ce sont les maladies chroniques qui conduisent aux plus grands degrés d’amaigrissement. Leurs progrès lents font insensiblement supporter à l’économie des pertes beaucoup plus considérables.

Enfin une loi de l’économie établit une sorte de dépendance mutuelle des organes sous le rapport de leur nutrition respective. 11 existe, comme l’a dit M. Geoffroy Saint-Hilaire, un balancement entre les organes , et particulièrement entre certains d’entre eux; de là vient que dans la phthisie pulmonaire la poitrine s’amaigrit de préférence.

Sur les considérations précédentes, il est facile à priori de déterminer les constitutions et les tempéraments chez lesquels l’amaigrissement devra survenir le plus rapidement. 11 est évident que les tempéraments lymphatiques, les constitutions

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humides et molles, sous l’action de causes amaigrissantes , seront bien plus vile émaciés : les femmes conséquemment et les enfants, où l’absorption est plus rapide, les tissus plus mous et plus graisseux, etc.

Les climats chauds et secs diminuent l’activité de la nutrition, comme la fièvre, en produisant des sueurs et des pertes considérables, et en suspendant l’acte de composition. On y est plus maigre que dans les pays tempérés et froids; on maigrit également en été. Une cause d’amaigrissement est le travail des muscles et de 1 intelligence.

Parmi les aliments, les farineux et le lait engraissent, tandis que les viandes trop épicées maigrissent. Le vin peu alcoolique mêlé d’eau n’est pas contraire à l’embonpoint ; le café elles acides excitent l’amaigrissement. Il suffit de ces données pour comprendre les préceptes généraux qui se rattachent à l’amaigrissement, soit dans l’inten- J tion de le produire , soit dans celle de l’arrêter.

L’amaigrissement est suivi de conséquences quelquefois très-graves, indépendamment du désagrément qu’il a de faire naître des rides au visage, surtout lorsqu’il est rapide, ce qui n’est i nullement indifférent pour les femmes ; parmi les j accidents graves dont il peut être la source, il j faut citer les hernies , dont il facilite la produc- j tion , en laissant plus libres les ouvertures par , lesquelles les viscères sortent, et peut-être en di- j minuant la force de résistance des parois qui ij s’opposent à la formation de ces maladies. Dans I certaines maladies, comme dans les fistules, l’é- I tat de maigreur est quelquefois un obstacle insur- | montable au rapprochement de leur parois, con- | séquemment à leur cure , etc. Ces exemples assez jj nombreux conduisent à la nécessité de combattre l’amaigrissement dans la crainte de sa suite, et indépendamment de 1 importance de ces causes, | on sent que les moyens de le combattre doivent être très-variées, et se rapportent à chaque cause | particulière. Sanson-Alphonse.

amahd (SAIKTT-). V. Eaux minérales. Saint- | Amand.

amandes (mat. méd.J, s. f. plur. ( amygdales , i Pline), graines de Yamygdalus commuais, icosandrie j monogynie. L. Famille des rosacées.

L’amandier est originaire de l’Asie et du nord i de l’Afrique. Il s’est parfaitement naturalisé î dans les contrées méridionales et tempérées de l’Europe. L’apparition de ses fleurs , qui a lieu dès i la fin de février et au commencement de mars , est a l’heureux présage du printemps.

Le fruit de cet arbre est un drupe velouté, ver- 1 dâtre, ovale, allongé, comprimé, etc., dont le noyau renferme une amande oblongue, blanche , tendre , n oléagineuse, et d’une saveur douce ou amère, selon la variété de l’amandier dont elle provient. • On voit même quelquefois les deux espèces d’amandes se former naturellement sur le même arbre

Les propriétés de ces graines étant très-diffé- | rentes , sous de certains rapports, nous diviserons | cet article en deux sections :

1° Amandes douces, amygdalœ dulces. Ce sont celles que l’on sert sur nos tables, et dont on fait. |

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toutes sortes de friandises : gâteaux, biscuits, massepains , macarons , dragées , pralines , nougat , etc. En pharmacie elles sont employées à préparer Y émulsion ou lait d’amandes, qui est très-usité , tantôt seul, tantôt comme véhicule d’autres médicaments. C’est un liquide émollient, rafraîchissant, adoucissant, tempérant, qui convient dans les maladies inflammatoires et pour calmer l’ardeur de la fièvre. Le sirop d’amandes, qu’on ne devrait plus appeler sirop d'orgeat, puisque , depuis longtemps , on a rejeté l’orge de sa préparation, ne possède pas d’au Ires propriétés que l’émulsion : chacun sait qu’en mettant dans un verre d’eau une cuillerée de ce sirop , on a extemporanément un verre de lait d’amandes. Le looch blanc y dont ces graines sont aussi la base , est, en outre, un peu nourrissant, à raison de la gomme adraganthe, qui lui donne la consistance qu’on lui connaît. Ajoutons qu’on est dans l’usage de faire entrer dans la confection de ces médicaments, afin de les rendre plus agréables , une certaine proportion d’amandes amères. L’huile qu’on retire des amandes douces forme, d’après M. Boullay, plus de la moitié de leur poids. On l’administre rarement pure, si ce n’est dans quelques cas d’empoisonnement ; le plus souvent on la mêle avec une égale quantité de sirop , dit de chicorée, pour évacuer les tout petits enfants, ou avec des sirops de guimauve, de capillaire, de coquelicot, comme béchique.

2° Amandes amères, amygddalœ amarœ. L’odeur si remarquable qu’exhalent ces amandes et leur amertume prononcée , les font jouir de propriétés médicinales qui les distinguent totalement des précédentes , dont elles sont la souche naturelle. On attribue les effets qu’elles produisent à une huile volatile d’un blanc jaunâtre, plus pesante que l’eau, très-âcre et très-amère, ainsi qu’à un peu d’acide cyan-hydrique (prussique), qu’elles contiennent, et dont les premières sont tout-à-fait exemptes. Ces principes, qui donnent à l’eau distillée de ces graines une activité si manifestement délétère , ne se retrouventpas dans leur huile fixe, qui est aussi douce , sans la moindre amertume et pas autrement odorante , du moins sensiblement, que celle qu’on extrait des amandes douces ellesmêmes. On a prétendu, sans doute d’après Plutarque, qui en rapporte un exemple piquant , que les amandes amères avaient la singulière propriété de préserver de l’ivresse et de la dissiper rapidement si déjà elle avait lieu : « Entre ceulx qui estoyent familiers de Drusus, fils de l’empereur Tibère, il y avoitun médecin qui défioit tout le monde à boire ; mais estant espié de prez, on trouva que devant boire , à tous coups , il prenoit cinq ou six amandes amères, afin qu’il ne s’enyvrast point; ce qu’ayant esté observé, etluy estant deffendu de le faire, il ne pustpas depuis tant soit peu durer ni résister. » ( Plutarque , traduction d’Amyot , tome xii.) Pour nous , nous ne croyons pas du tout à cette vertu désenivrante , car des observateurs plus attentifs, et qui certes méritent plus de confiance, ont précisément fait la remarque contraire. Quelques médecins allemands regardent les amandes amères comme un médicament fébri-

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fuge. Prises en certaine quantité, elles peuvent déterminer des accidents. F.-E. Plisson.

amanitine ( chim .), s. f. C’est le principe actif de Y oronge, qui est un champignon vénéneux.

amaurose ( mèd .), s. f. (du grec amauros , obscur, goutte sereine, suffusionigra, cataractenoivé). On désigne ainsi une diminution très-prononcée de la vue, occasionnée par une maladie de la rétine, du nerf optique et de ses annexes. Cette maladie affecte quelquefois un seul œil, rarement les deux au même moment, et avec le même degré d’intensité. Dans le plus grand nombre des cas, elle commence par un œil, et l’autre ne se prend que peu à peu, et longtemps après. L’amaurose apparaît quelquefois spontanément; mais, dans le plus grand nombre des ces, elle est précédée de symptômes précurseurs. Ceux-ci se révèlent souvent par une exaltation de la sensibilité de la faculté visuelle, exaltation qui se manifeste lorsque les individus se trouvent en face de corps brillants ou fortement éclairés. D’autres personnes perçoivent les objets les plus sombres entourés de corps brillants, émaillés, ce qui produit une série d’images ou fantômes.

Il est des malades chez lesquels la maladie débute par une diminution réelle dans les fonctions du nerf optique : alors ils recherchent la lumière, et se plaisent à fréquenter les lieux fortement éclairés ; et quand ils examinent le soleil, ils sont tourmentés par la vue de mouches volantes. Plusieurs individus ne voient les objets qu’à moitié , et se nomment hémiopiques. D’autres enfin , voient et aperçoivent double ( diplopie ) des transfigurations instantanées dans les corps, et sont en proie à une métamorphose continuelle. Nous nous réservons de traiter l'amblyopie, Vhéméralopie et la nyctalopie, dans les articles qui les concernent. Les divers symptômes que nous venons d’énumérer se manifestent quelquefois en masse; pendant long-temps ils restent stationnaires et peuvent s’aggraver ou disparaître spontanément. La vision peut rester incomplète,, se suspendre tout-àfait, ou se borner à la perception des corps sans distinction des formes et des couleurs. Pour peu que cet état augmente, la cécité est complète.

Pendant que la vue se perd ainsi, l’œil affecté ne présente pas de modifications remarquables , car, dans un grand nombre de circonstances, la pupille n’a pas changé de forme, et sa dilatation anormale ou mydriase n’est point , comme on l’a cru fort long-temps, un symptôme caractéristique. Bien loin de là, il existe un plus grand nombre d’amauroses avec contraction de la pupille, myosis, qu’avec dilatation. Ce que nous venons de dire de la dilatation delà pupille s’applique à sa mobilité; car on rencontre à chaque instant des iris d’amaurotiques aussi mobiles que ceux des yeux sains. Quand on examine les yeux séparément, ils ne présentent pas toujours les mêmes phénomènes que lorsque l’examen est porté sur les deux yeux. Les humeurs de l’œil sont presque toujours transparentes, et ce n’est en général que dans des cas fort graves, et chez les phthisiques et les scorbutiques, que l’on voit des décolorations partielles. A ces symptômes généraux, il en faut joindre d’autres particuliers, tels que la vision d’étincelles,

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la chute de la paupière supérieure, le strabisme et les douleurs lancinantes et pongitives dans l’œil. Lorsque la maladie est ancienne ou avancée, tout l’organe oculaire est affecté d’une langueur, d’une torpeur qui donne à la vue un état d’hébétitude caractéristique.

Les causes de l’amaurose doiventêtre distinguées en prédisposantes et en efficientes. La prédisposition regarde tout le monde, car tous les âges, tous les sexes y sont sujets ; mais il est des tempéraments qui y sont plus exposés, tels que les nerveux, lespléthoriques.Les congestions sanguines vers le cerveau, les maladies abdominales , celles de la vessie, les pertes, les hémorrhagies habituelles supprimées, les fièvres nerveuses, typhoïdes, exanthématiques, doiventêtre considérées comme des causes prédisposantes à l’amaurose. Enfin, la plupart des névroses exaltent singulièrement cette prédisposition fatale, telle que l’hypocondrie, l’hystérie, l’hémicrânie, etc.

Quant aux causes efficientes, elles consistent dans les lésions mécaniques sur l’organe lui-même, surses enveloppes charnues ou osseuses, ousur les nerfs qui s’y distribuent : telles que les blessures du nerf optique, de la rétine, des nerfs de la cinquième et troisième paires, dans leur origine, leur trajet ou leur épanouissement.

Il faut placer dans la même catégorie les compressions exercées sur le nerf optique, par des tumeurs, des exostoses , des anévrysmes ou des hydatides.

L’afflux du sang vers les centres nerveux, dans les vaisseaux intérieurs de l’œil, produit souvent une compression qui peut produire l’amaurose.

L’usage immodéré des boissons excitantes, les passions violentes, les poisons narcotiques, les vins frelatés avec le plomb, occasionnent souvent cette affection.

Il faut considérer aussi comme cause efficiente de goutte sereine, les choses qui peuvent altérer les fonctions du nerf optique : ainsi , l’exposition prolongée des yeux à la lumière éclatante du soleil ou du gaz, l’usage immodéré des instruments à grossissement , l’habitation dans les lieux obscurs, ou dans les ateliers servant â la préparation des sels métalliques.

De plus, l’irritation des premières voies, les saburres gastriques, la présence des diverses espèces de vers parasites dans les intestins. On doit ajouter à ces causes les répercussions des maladies de la peau, les affections rhumatismales goutteuses, syphilitiques. La grossesse, la phthisie, le scorbut, produisent quelquefois des amauroses particulières, et qui ressemblent à celles qui succèdent soit aux maladies de la moelle épinière, soit aux innervations générales, telles que celles produites par la masturbation, les excès vénériens.

Ce nombre prodigieux de causes morbifiques n’influe point de la même manière, ni sur les mêmes parties de l’organisme, pour abolir les fonctions visuelles. Les unes agissent sur le cerveau lui-même, et rendent de plusieurs manières la vision impossible ; d’autres exercent leur influence malfaisante sur la rétine, le nerf optique et ses annexes, soit en procédant d’une manière sourde

et lente , soit en provoquant des congestions sanguines qui peuvent non-seulement comprimer la rétine, mais encore amener sur elle ou le nerf optiqueun travail inflammatoire qui peut les faire dégénérer.

Enfin, il est des causes qui donnent lieu à l’amaurose, en agissant sur le ganglion ophtalmique et sur les nerfs ciliaires, au moyen de leurs relations avec le grand sympathique; et qui proviennent de phénomènes produits dans l’abdomen ; d’autres se transmettent par le nerf frontal blessé, mis à nu, et comprimé par une tumeur sous les sourcils, ou par des cicatrices vicieuses. Il faut placer dans la même série l’amaurose qui succède aux blessures de la face ou à l’extraction des dents.

D’après tout ce que nous venons de dire , il est facile de voir que l’amaurose est susceptible de divisions et de subdivisions ; nous nous bornerons ici à indiquer les principales : ce sont l’amaurose simple, la compliquée, l’amaurose sympathique, l’amaurose traumatique, ou suite de violence; enfin, celle qui est due à une cause organique.

Sous le nom d’amaurose simple, l’on entend celle qui est séparée de toute autre complication générale ou locale. La compliquée, au contraire, est celle qui existe en même temps qu’une autre maladie de l’œil ou de l’organisme.

L’amaurose sympathique est celle qui n’est que le résultat des lésions des organes plus ou moins étrangers à l’œil, et avec lesquels il n’est qu’en relation sympathique.

L’amaurose traumatique est le résultat de violences exercées sur l’œil, ses annexes, ses enveloppes et ses membranes.

L’organique, enfin, est celle due à un changement dans les formes et la nature des organes constituant l’appareil oculaire. On pourrait ajouter à toutes ces divisions celles qui ont trait à l’intensité de l’affection, à l’étendue de l’abolition de la vision, à la nature des symptômes; mais les formes et le but de ce dictionnaire repoussent des classifications purement scolastiques. Pour nous conformer au but dans lequel ce travail est dirigé, nous dirons que l’amaurose peut être complète ou incomplète , monocle ou binocle partielle ou générale, intermittente ou continue.

Le pronostic de cette affection est en général désavantageux, car rien n’est plus incertain que son siège, sa nature et ses rapports avec les objets extérieurs , choses qui seraient si nécessaires pour diriger un traitement rationnel. Rien n’est donc plus incertain que la guérison; et c’est avec raison qu’on la nomme le désespoir des médecins et l’opprobre de l’art.

Lorsque la maladie tient à une cause organique, à une affection du cerveau, ou du nerf grand sympathique, il est fort difficile de rétablir la vision.

Le pronostic est plus favorable , lorsque la maladie est due à des congestions récentes, à des exanthèmes et des écoulements supprimés. Mais s’il s’agit d’une affection profonde ou ancienne des centres nerveux, le pronostic devient plus fâcheux, car il est plus facile de combattre l’éréthisme oculaire, que de réveiller les fonctions d’un organe épuisé.

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D’un autre côté, le pronostic doit aussi se baser sur les causes qui ont produit l’amaurose , sur ses complications , ou sur les prédispositions générales acquises ou héréditaires. Il en est de même de l’ancienneté de la maladie, de l’état général de la constitution du sujet.

L’amaurose est donc en tous cas une affection grave qui mérite toute l’attention des personnes qui en sont atteintes, et réclame au plus tôt la présence de l’homme de l’art. C’est dans l’examen attentif des causes et des symptômes de la maladie, que le médecin doit chercher les inspirations thérapeutiques convenables.

Ainsi, si l’amaurotique a été atteint de blessures au front, aux sourcils, à l’orbite, aux paupières, il faut les panser convenablement , et surtout chercher à obtenir des cicatrices régulières. Si l’on arrive trop tard, et que celles-ci soient difformes et tiraillent le rebord sourcilier, il faut se décider à les inciser, pour détruire les brides anormales ; souvent même est-il nécessaire de couper le nerf sus-orbitaire près du trou du même nom. Ces opérations font souvent disparaître l’état amaurotique. Dans les amauroses traumatiques, le professeur Beer, de Vienne, employait avec un succès étonnant les irrigations continuelles d’eau froide.

Lorsque la maladie est due à l’ingestion ou à l’absorption de substances minérales ou narcotiques, on doit d’abord chercher à neutraliser leurs effets par les remèdes convenables ; ensuite traiter les accidents qu’ils ont produits. TJn bon régime, des remèdes émollients, sont convenables au début. J’ai souvent traité avec succès des amauroses résultant de l’action des préparations de plomb, ou amauroses saturnines , avec les eaux minérales hydro -sulfurées, naturelles ou faetices. Quelques praticiens emploient encore la méthode évacuante, dite traitement de la Charité.

Lorsque l’amaurose est due à une congestion sanguine , à une hémorrhagie supprimée, il faut avoir recours aux saignées générales. Les anciens médecins préféraient dans ce cas les saignées révulsives aux pieds. Après les évacuations sanguines générales, on peut, dans quelques circonstan ces, employer les sangsues placées derrière les oreilles, et les ventouses scarifiées à la nuque. Si l’on attribue la maladie à la suppression des hémorrhoïdes,il est convenable de poser quelques sangsues au siège, pour rappeler ou suppléer le flux supprimé. On doit alors associer à ce traitement les purgatifs aloétiques, dont l’action est très-énergique sur la partie inférieure du rectum. L’on combat avec avantage les embarras des premières voies par les émétiques, lorsqu’ils sont dus à un état saburral , et par des anthelmentiques variés, lorsque 1 on soupçonne la présence de vers dans le tube digestif.

Toutes les fois que la maladie est due à la suppression d’une sécrétion, d’un exanthème, il faut chercher à les rappeler par les moyens appropriés : les bains locaux, généraux, ceux de vapeurs, les douches, le massage et les frictions.

Quand l’éréthisme oculaire est très -prononcé, il faut, immédiatement après les évacuations sanguines, surtout si elles sont abondantes, adminis-

trer les médicaments calmants, narcotiques ou nervins ; car la perte du sang exalte quelquefois les symptômes nerveux d’une manière fatigante. Ainsi , l’opium , la jusquiame , la belladonne , la pulsatille , sont les médicaments que l’on préfère, et que l’on emploie à l’intérieur et à l’extérieur.

Toutes les fois que l’on a affaire à une amaurose suite de faiblesse, il faut administrer les stimulants ; mais dans tous les cas, il faut procéder avec précaution , car ils dépassent souvent le but que l’on se propose. Les médicaments que l’on préfère sont le camphre, le musc, l’arnica, la valériane et les diverses huiles éthérées. Les oculistes allemands recommandent, comme très - profitable , l’application externe de sachets remplis de camphre et de plantes aromatiques. Il faut moins compter sur les collyres, à moins qu’ils ne soient composés de substances irritantes, telles que le baume de Fioraventi, l’alcoolat de cannelle et de citron, succiné ou ammoniaté.

La révulsion sur les parties rapprochées de l’œil a une très-grande action dans les amauroses chroniques ; ainsi, les vésicatoires sur le cuir chevelu, le front, les sourcils, produisent souvent des guérisons inespérées , surtout lorsqu’on leur associe la méthode endermique et les remèdes actifs, tels que la strychnine, la morphine ou la vératrine , d’après la méthode de Schortt. La cautérisation avec le fer rouge, le moxa ou l’ammoniaque liquide, ne doivent être employés que dans les cas rebelles.

De nos jours on a vanté avec raison la cautérisation de la partie inférieure dusegmentde la cornée transparente, avec un crayon de nitrate d’argent; mais cette médication ne peut convenir que dans l’amaurose avec faiblesse et mydriase ; dans l’état d’éréthisme, elle deviendrait funeste.

Habilement maniés , l’électricité, le galvanisme et la galvano-puncture ont produit d’heureux résultats. Lorsque l’amaurose est compliquée d’une maladie spéciale, il faut traiter la spécificité par des moyens convenables. La même doctrine se rattache aux maladies non spécifiques qui accompagnent l’affection oculaire.

Les moyens les plus rationnels échouent souvent; et alors les malades s’impatientent et recourent aux médications empiriques, dont quelques résultats avantageux ne peuvent contrebalancer les dangers.

Quelle que soitl’espèce d’amaurose que l’on ait à traiter, il faut se rappeler que c’est de toutes les maladies de l’œil, la plus rebelle, la plus variable ; et que ce n’est qu’avec de la persévérance et du temps, que l’on peut espérer de voir la vue s’améliorer ou se guérir.

CARRON nü VlLLARDS, Fondateur et Chirurgien du dispensaire ophtbalmique de Paris.

ambiant ( hyg .), adj. (de ambire, envelopper,). Ce mot s’ajoute toujours à celui d’air, et Ton dit air ambiant , pour indiquer l’air dans lequel un corps est plongé. Ainsi nous sommes toujours en contact avec l’air ambiant; l’air ambiant d’un hôpital est ordinairement malsain , il est important tous les matins de renouveler l’air ambiant des appartements. J. B.

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