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ambidextre (dur.), adj. (de ambo, deux, et de dextra, droite). Ce mot indique celui qui se sert des deux mains avec une égale facilité. Une des premières conditions , pour un bon chirurgien , est d’être ambidextre , car il est une foule de cas où , dans les opérations , il faut pouvoir se servir, avec habileté , de la main gauche. Hippocrate a dit à tort, dans un de ses aphorismes, qu’une femme n’est jamais ambidextre; l’expérience a prouvé qu’il s’était trompé. J. B.
amblyopie , s. f. (du gr. amblus , émoussé, et ops, opos, œil). Hippocrate, et avec lui un grand nombre de médecins de la haute antiquité nomment ainsi l’affaiblissement de la vue , chez les vieillards surtout. Les oculistes modernes désignent ordinairement sous ce nom les phénomènes d’obscurcissement de la vue qui précèdent ou accompagnent les diverses espèces d’amaurose.
L’amblyopie est un symptôme très-fatigant chez les hommes qui ont beaucoup voyagé dans les pays montagneux recouverts de neige. Cet état heureusement n’est que passager, sans cela il pourrait dégénérer en deux affections bien diverses. Lanyctalopie , amblyopie diurne ou méridienne; maladie pendant laquelle les malades voient très-mal pendant le jour, et bien ou passablement pendant la nuit : l’héméralopie , amblyopie crépusculaire ou nocturne , qui est tout l’opposé de la nyctalopie. Nous traiterons de ces affections en temps et lieux. (Y. Amaurose, Nyctalopie, Héméralopie .) C. du V.
ambre gris (mat. méd.) s. m.(ambarum cineraceum seu griseum. Bass. lat.) . Cette substance, très-recherchée des parfumeurs, à cause de la délicatesse et de la suavité de son odeur, paraît être une concrétion excrémentitielle, qui, dans certains cas maladifs, prend naissance dans les intestins du cachalot macrocéphale, qui n’est pas le physeter macrocephalus de Linné, avec lequel on l’a confondu; mais bien le catodon macrocephalus, suivant Lacépède. La dénomination japonaise husura no fu (excrément de baleine), donnée à l’ambre gris , indique , comme on voit , parfaitement son origine probable. Nous omettons à dessein de parler des autres hypothèses qu’on a faites à ce sujet, parce qu’aucune d’elles n’offre, aux esprits exacts et judicieux, la plus légère apparence de réalité.
On trouve l’ambre gris en masses plus ou moins volumineuses, irrégulièrement arrondies, flottantes à la surface des eaux de la mer , ou rejetées sur le rivage par le mouvement des vagues. Elles se montrent dans des parages très-différens les uns des autres ; mais pour l’ordinaire entre les tropiques ou à peu de distance de ces régions; c’est ainsi qu’on en rencontre fréquemment dans la mer de Chine, aux îles du Japon , aux Philippines , aux Moluques et dans le voisinage de celles de la Sonde dans les golfes du Bengale et d’Oman, sur la côte orientale de l’Afrique, à Madagascar, etc. On découvre aussi de ces sortes de matières dans les mers du Nouveau- Monde, particulièrement dans le canal de Bahama, dans le golfe de la Floride , dans celui de Honduras, sur plusieurs points des eaux qui baignent les côtes du Brésil , ainsi
que dans le grand Océan , aux environs du Mexique et aux îles Gallapagos.
Ainsi que nous l’apprend son nom , cette substance solide et même cassante à la température ordinaire, opaque, plus légère que l’eau, est d’une couleur grise, mais non uniforme, parsemée de taches et de stries noirâtres, brunes, jaunâtres, etc.
Son parfum, agréable aux uns, désagréable et même insupportable pour quelques autres , s’exalte par le frottement, par la chaleur et parle mélange de ce corps avec le musc et avec les autres substances odoriférantes auxquelles on l’unit si souvent. Cette production est à peu de chose près sans saveur appréciable. 11 est digne de remarque que les espèces de boules qu’elle forme renferment presque toujours des mâchoires brisées ( si improprement appelées becs ) de sèche, mollusque céphalopode dont les cachalots font leur nourriture principale, ce qui achève de démontrer la formation et la véritable origine de cette précieuse matière. La plupart de ces masses ne pèsent pas communément plus d’une à deux livres , souvent moins; mais on en cite de dix, de vingt, de trente, livres, et même de beaucoup plus; et, pour rapporter de suite l’exemple le plus prodigieux dont il ait été fait mention à notre connaissance, nous dirons que « en 1755, la compagnie des Indes de France en exposa, à la vente de Lorient, une grosse masse pesant deux cent vingt-cinq livres , qui fut vendue 52,000 liv. » ( Encyclopédie méthodique ( médecine ), tome II, p. 114.)
La cupidité parvient très-souvent à falsifier l’ambre avec diverses résines, de la poix, dustorax , du bdellium , du mastic , de la cire , etc. ; mais ce n’est jamais que d’une manière si grossière et si imparfaite qu’il est aisé de découvrir la fraude, pour ainsi dire , à la première vue , et dans tous les cas par beaucoup de moyens connus de toutes les personnes qui font ce genre de commerce , et qui ne peuvent être trompées que lorsqu’elles veulent bien l’être.
En grande renommée dans tout l’Orient , où elle jouit de la réputation de faire atteindre , sans infirmités, à une vieillesse très-avancée, cette substance passe encore pour posséder l’heureux pouvoir de chasser la tristesse , d’inspirer la gaieté, de raviver la mémoire, de rendre la vue et l’ouïe plus subtiles, de donner plus d’activité aux facultés intellectuelles, d’inviter enfin et de disposer aux voluptés du harem. Mais que d’exagération dans toutes ces louanges I et combien ne faut-il pas rabattre de ces merveilleuses vertus! jLe moyen, en effet , de croire à ces rares prodiges, à ces miraculeux dons; et, par exemple, à la longue carrière de cet apothicaire, qui, au rapport de Linné , a vécu cent soixante ans avec le secours de cette divine panacée? Sans contredit, la puissance excitante de l’ambre gris ne saurait être révoquée en doute, non plus que l’action que cette substance paraît exercer sur les nerfs » en général et sur ceux de l’appareil reproducteur ' en particulier; mais ces propriétés y sont assez médiocres, et l’art de guérir, que nous sachions, n’en a pas retiré encore de bien grands avantages. On conçoit néanmoins que ce médicament
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puisse quelquefois servir à relever les forces languissantes ou abattues, à modifier d’une manière profitable certains états morbides, à remédier à quelques affections de la classe des névroses , à calmer des spasmes, des agitations nerveuses, etc.; tel est à peu près tout ce qu’il est raisonnable d’en attendre : toutefois on le retrouve aussi comme ingrédient principal dans nombre de poudres , d’électuaires, de teintures, d’essences que l’on a décorés du titre d'aphrodisiaques , et que nous nous abstiendrons de désigner par les noms ambitieux qu’ils portent ; car toutes ces inventions du charlatanisme, ou sont inutiles ( et c’est leur moindre défaut), ou ne peuvent qu’altérer la santé de ceux qui auraient la faiblesse d’en faire usage. En résumé, nous pensons que la médecine pourrait très-bien se passer de cette substance, toujours coûteuse, et en abandonner l’emploi, sans appauvrir le moins du monde ses ressources thérapeutiques , aux parfumeurs et aux confiseurs , en possession par la nature même de leurs métiers, de satisfaire aux exigeances du luxe et de là sensualité. F. E. Pusson.
AMBRE JAUNE. Voyez SÜCCIN.
ambrette ( mat. méd. ), s. f. On donne ce nom aux graines de Yhibiscus abelmoschus , ou hibiscus à graine de musc; c’est une plante du genre ketmie , qui croît en Asie et dans l’Amérique méridionale, dont les semences ont une odeur ambrée, et qui servent dans le Levant pour la préparation de la poudre de Chypre, que l’on emploie comme parfum. On dit aussi qu’en Égypte, les Arabes le mêlent à leur café pour lui communiquer une saveur plus agréable. J. B.
ambulance ( chir . mïlit.), s. f. Dérivé de ambulare, mar cher. On désigne ainsi l’ensemble du personnel et du matériel d’un hôpital mobile attaché à un corps d’armée ou à une division de l’armée. Cette définition d’ensemble est quelquefois restreinte au local où se trouve établie l’ambulance, non-seulement en campagne, mais aussi dans les villes, lors des révolutions sanglantes ou des grandes épidémies. C’est surtout comme question de chirurgie militaire que nous devons faire connaître l’histoire et l’organisation des ambulances.
Apporter de prompts secours aux malades et aux blessés trop éloignés des hôpitaux sédentaires, les préserver ainsi des fatigues et des dangers de la mort, affermir le courage des combattants, enlever du terrain les hommes inutiles à l’action, et y ramener bientôt ceux dont les blessures légères ne réclament que le secours du moment, et dont l’éloignement prolongé peut affaiblir, démoraliser les troupes et les exposer aux chances d’une défaite, en tombant eux-mêmes au pouvoir de l’ennemi ; telle est la noble mission des ambulances militaires , et cette mission n’a pu s’accumplù- régulièrement qu’ après bien des siècles.
La guerre a, dès son origine, perfectionné ses moyens d’attaque et de défense, mais non ses moyens de secours ; et cependant, les héros qui, aux temps antiques, se faisaient chirurgiens , Machaon et Podalyre , comme Chiron leur père, et
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Achille, lui-même, et tant d’autres qui savaient extraire les javelots, étancher le sang, panser les plaies, consacraient ensuite leurs chars à transporter les blessés hors du combat. Ne serait-ce pas là l’idée première, la plus belle de laformation des ambulances ? Les boucliers des Spartiates, les lances croisées des Athéniens, servaient aussi au transport des blessés ; les Celtes les emportaient sur la croupe de leurs chevaux , les Francs sur leurs pavois, comme un trophée ; et les Romains dans leurs bras, comme un dépôt précieux. Des soldats choisis plus tard dans les cohortes furent chargés de l’enlèvement des blessés, pourlesquels on avait dressé des tentes, sous la surveillance du préfet du camp.
Il faut tout de suite arriver au règne de Louis XIII, pour trouver la première institution des hôpitaux militaires fixes et des hôpitaux ambulants, les seuls qui nous intéressent ici. Mais cette institution, faite sans discernement, n’avait aucune utilité, parce que les hôpitaux ambulants étaient toujours relégués très-loin du champ de bataille , et séparés des troupes actives par cet immense attirail du matériel de l’armée , que les Romains désignaient sous le nom de impedimenta. Il en fut ainsi jusque vers la fin du siècle dernier, lorsqu’une circonstance malheureuse vint démontrer la nécessité d’une réforme. C’élait à l’armée du Rhin , où Percy et Larrey, ces deux hommes qui honorent le plus notre chirurgie militaire, eurent la douleur de voir périr plusieurs blessés, par la lenteur et le retard des moyens de transport. Chacun d’eux conçut, dès-lors, le projet d’organiser des ambulances actives.
Percy avait imaginé un charriot léger à quatre roues, étroit et long, à peu-près comme le caisson d’artillerie, connu sous le nom de wurst. Dans l’intérieur se trouvaient les instruments et les appareils de pansement. Les chirurgiens étaient assis sur le recouvrement de cette voiture d’ambulance , et leur chef les précédait à cheval. C’était sans doute un moyen de transport prompt et léger, mais il exposait les chirurgiens à beaucoup de gêne et de fatigue , et ne pouvait secourir les hommes hors d’état de se soutenir sur leurs jambes. Percy, lui-même, en comprenait si bien les inconvénients, qu’il avait proposé l’adjonction d’un corps de soldats brancardiers ou infirmiers de champ de bataille. Le fourniment complet de deux de ces hommes servait à dresser le brancard d’un blessé fantassin ; mais ne faisant point partie des corps de cavalerie, dont ils ne pouvaient suivre les mouvements, ces soldats infirmiers devenaient alors à peu près inutiles.
Bien auparavant, dès 1792, M. Larrey avait conçu un plan d’ambulances légères, qui furent approuvées tout d’abord par le général en chef Cuslines, accueillies par l’assentiment de l’armée, imitées ensuite par les puissances étrangères, et surveillées toujours par Napoléon. Ces ambulances , que M. Larrey nomme ambulances volantes, représentaient à l’armée d’Italie une légion de trois cent quarante hommes. Tous les chirurgiens sont à cheval et portent avec l’uniforme une giberne contenant les instruments essentiels pour les opérations ;
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les principales pièces d’appareil se trouvent dans leurs valises et à l’arçon de la selle. Les voitures d’ambulance , attelées de deux chevaux, sont à deux ou à quatre roues, et peuvent admettre deux ou quatre hommes couchés dans l’intérieur. Le plancher de la caisse est formé d’un cadre mobile qui peut servir de brancard ou de table, quand la saison ne permet pas de panser les blessés sur le terrain. Les voitures à deux roues servent dans les pays plats , et celles à quatre roues dans les pays montueux. Leur forme est à peu près celle des fourgons, et leur nombre est proportionné aux besoins de l’armée. Que l’on se figure maintenant les ambulances volantes avec leurs chirurgiens pour officiers, parcourant un champ de bataille sous le feu de l’ennemi, pour enlever les blessés après leur avoir donné les premiers secours, etles transporter ensuite aux ambulances de réserve, rivalisant enfin de vitesse avec l’artillerie volante, pour conserver au lieu de détruire , et l’on appréciera bien la valeur des services qu’elles ont déjàrendus à l’humanité.
L’organisation des ambulances peut se diviser en deux classes : La première comprenant les ambulances des premiers secours, ou ambulances volantes , ambulances légères , ambulances d'avantgarde; et pour un siège, ambulance de tranchée. La seconde classe s’appliquerait aux hôpitaux d'ambulances ou aux ambulances d'attente ou de réserve, aux ambulances du quartier général. On dit aussi les ambulances de ire, de 2e lignes, ou de la lre, de la 2e division, etc.
Un conseil d’administration préside au service des ambulances , et des réglements ou des ordres du jour en prescrivent la formation immédiate.
Le choix des localités, pour l’é tablissement d’un hôpital d’ambulance, est très-essentiel à déterminer. L’emplacement doit être, autant que possible, assez abrité, vaste, et à peu près hors de la portée du boulet. Une maison isolée, une ferme, une grange, une église, un couvent, tout est bien alors. Mais il faut pourvoir ce local de tout le matériel nécessaire : caisses d’instruments, d’appareils et de médicaments , demi -fournitures de lit, approvisionnements de vivres, etc. Il faut utiliser aussi tout ce qui se trouve sous la main, et se débarrasser du superflu. L’entrée de l’ambulance doit être assez large, toujours libre, et la communication facile avec l’armée active et la réserve. La discipline d’ordre, de soins, d’économie et de propreté, assure le service d’un hôpital d’ambulance.
C’est alors que les ambulences légères se mettent en marche ; et pendant que les soldats infirmiers relèvent les blessés transportables , les aident à se soutenir et les placent sur leurs brancards ou dans leurs voitures, pendant qu’ils emportent aussi les morts, pour aider ensuite à les ensevelir, les chirurgiens de l’ambulance aidés, s’il le faut, par les chirurgiens de régiments, sont là, sur le terrain, tout prêts à secourir les blessés
Que de zèle, d’activité, de dévouement, pour accomplir cette mission 1 Etil faut encore certaines qualités instinctives : l’adresse qui soulage les souffrances, au lieu de les aggraver; le soin de ménager les parties lésées, au lieu de leur imprimer
des secousses pénibles; et ce sentiment d’humanité, qui sait inspirer le courage et la confiance , en même temps qu’il peut dominer par ses propres ressources les circonstances les plus difficiles , et suppléer aux privations de toute espèce.
Une fois qu’ils ont reçu les premiers secours sur le terrain, les blessés sont transportés à l’hôpital d’ambulance, avec les précautions qu’exigent leur état, la nature de leurs blessures et les parties lésées, l’embarras de la place et des chemins, la direction du feu de l’ennemi, etc. Aussitôt que l’ambulance volante estarrivée à l’ambulance générale, il faut, avant tout, s’assurer qu’il y a place pour les nouveaux blessés, ou en faire par le départ des plus valides ; car on sait la funeste influence de l’encombrement.
Le placement s’effectue ensuite selon les conditions particulières et la gravité des blessures. L’évacuation se fait enfin, des hôpitaux d’ambulance sur les hôpitaux sédentaires, et à des distances fort éloignées quelquefois, par les mêmes moyens de transport; lorsqu’il y a un nombre trop considérable de blessés, on réunit aux voitures d’ambulances tout cc qui peut servir à cet effet, et on en forme un ou plusieurs convois, accompagnés par des détachements de l’armée. L’empereur a souvent donné ainsi ses équipages pour transporter les blessés, comme il avait sacrifié ses chevaux pour les nourrir.
Mais en toute circonstance que ce soit, il importe de prévenir les accidents des blessures par une escorte d’officiers de santé dont le nombre est proportionné à celui des blessés.
Quant aux opérations chirurgicales pratiquées aux ambulances, ce serait une question importante à développer, mais dont nous ne donnerons ici qu’un aperçu, parce qu’elle trouvera mieux sa place à l’article Chirurgie militaire.
Arrêter les hémorrhagies, débrider certaines plaies, extraire les corps étrangers mobiles ; exciser les lambeaux de membres en partie détachés; appliquer enfin des bandages et des appareils provisoires, à cela se borne ordinairement la chirurgie des ambulances de premiers secours.
Les opérations plus graves et définitives, certains cas de trépan, les amputations immédiates des membres , les résections osseuses, les profondes incisions et les contr’ouvertures, les sutures délicates, l’application des appareils inamovibles, pour les fractures et tous les pansements difficiles, telle est la tâche réservée à la chirurgie de l’ambulance générale.
C’est aux chirurgiens des hôpitaux à en surveiller les suites, à maintenir ou à renouveler les appareils de pansement, et à pratiquer aussi certaines opérations devenues nécessaires, telles que des amputations consécutives, etc.
Chaque chirurgien, du reste, selon son grade et son expérience, participe plus ou moins à tous les genres d’opérations ; et les blessés , sûrs de trouver tant de secours et de ne pas être abandonnés sur le champ de bataille, ont ainsi les chances les plus favorables de guérison.
Ce que j’ai dit, je l’ai vu aux ambulances du
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siège d’Anvers , et je l’ai appris surtout de la longue expérience de mon père.
Hippolyte Larrey,
Professeur agrégé à la faculté de Médecine, Chirurgien aide-major à l’hôpital du Val-de-Grâce.
ambulant ( path .), adj. se dit d’une maladie qui quitte promptement une partie pour s’étendre à d’autres parties du corps; on dit un érysipèle ambulant, un rhumatisme ambulant, une dartre ambulante, pour indiquer la facilité avec laquelle certaines de ces affections se déplacent. J. B.
ame , s. f. du mot latin anima. On raconte d’un sauvage, qu’ayant trouvé la montre d’un Européen il la prit pour un animal , la jeta saisi d’effroi contre terre , et la mit en pièces. L’action était absurde , le raisonnement ne l’était pas. C’est celui que nous faisons toutes les fois que nous voyons un objet se mouvoir par sa propre force, et sans impulsion étrangère. Sur la seule apparence de ces mouvements spontanés, nous déclarons que l’être qui les produit est un être vivant, qu’il est animé, ou ce qui revient au même, qu’il est mu par un ressort, par une force intérieure que nous appelons âme. Quelle est la nature de cette force? est-elle matérielle? ou plus généralement est-ce une substance? Est-ce une qualité? Question sur laquelle se sont partagés les médecins et les philosophes, et qui, présentée avec cette simplicité , se prêterait à plusieurs solutions : ce qui serait, en réalité , ne se prêter à aucune, et laisser dans le doute. Pour en sortir, il faut aller plus loin , et ne puiser nos considérations que dans notre propre nature et dans notre expérience personnelle : car quelle que soit l’analogie qui rapproche de nous les classes les plus élevées des animaux , nous avons toujours , de ce qui se passe dans notre intérieur , une conscience plus nette et plus sûre que de tout ce qui peut les affecter. Cette con science même estpournous l’unique fondementde toute certitude. Que l’homme donc , que cet être si directement intéressé dans le problème, soit notre point de départ, et notre terme de comparaison.
A ne considérer ses mouvements que dans un temps donné, on pourrait se persuader, qu’à l’égal dequelquesmachinesingénieuses, les membres cèdent à des impulsions , à des pressions dont le jeu nous est caché , mais qui ne diffèrent pas de celles qui font tourner, les uns sur les autres , les rouages d’une pendule, ou les roues d’une voiture à vapeur. On pourrait encore supposer que les contractions des cordes musculaires, qui remuent en sens opposés les leviers osseux sur les articulations, ne sont que des effets électriques. A ce compte, la machine humaine et les machines artificielles seraient des constructions similaires : avec cette différence toutefois, que la puissance motrice venant à s’épuiser des deux parts, les machines artificielles n’auraient, en elles-mêmes, aucun moyen delà rétablir ou d’y suppléer : tandis que la machine humaine porte partout avec elle un principe de conservation qui l’avertit de ses pertes, et lui suggère les ressources propres à les réparer. Quel est ce principe? C’est celui qui donne à cette merveilleuse machine la faculté de sentir et de penser;
et par le sentiment de la pensée , la faculté de varier ses mouvements, et de les accommoder aux éventualités du monde extérieur. Ces mouvements sont donc ralentis , suspendus , précipités, diversifiés selon les rencontres et les nécessités : et ces mutations, d’où dépendent-elles? d’impressions, de sensations, de souvenirs, de jugements, de volontés, c’est-à-dire, d’actions d’une telle nature qu’il est impossible de les assimiler à celles dont la matière est l’instrument. Prenez en effet une matière quelle qu’elle soit, ramenez-la, si elle est composée, à ses éléments les plus simples; aux atomes qui se sont unis pour la constituer. Donnez à ces atomes toutes les figures et tous les arrangements imaginables ; épuisez sur ce point toutes les combinaisons, et concevez, s’il se peut, qu’il résulte jamais de tout cela l’ombre même d’une aptitude à sentir; l’ébauche la plus fugitive d’une sensation ! Folie ! Chimère ! il y a plus ; et ici se manifeste une différence capitale , ou plutôt une solution de continuité absolue entre le principe sentant, et tous les principes matériels, ou tous les atomes que l’on voudra supposer. Ce n’est pas en effet à la perception d’une seule impression que notre sensibilité est restreinte. Elle en reçoit des milliers qu’elle convertit en sensations, et qu’elle ne confond pas. Or, ne pas les confondre, c’est les distinguer, c’est en sentir les rapports ; et la comparaison, d’où naît une perception de rapports, ne peut appartenir qu’à un être simple, à une substance qui n’a pas de parties , qui n’est pas composée. Celte idée de simplicité, d’unité, de non- composition exclut toute idée de composition ou de matière : elle ne saurait même se concilier avec l’idée de l’atome le plus isolé et le plus pur. Il suit de là que le principe sentant n’est pas matériel; s’il n’est pas matériel, il n’est pas divisible, il n’est pas destructible : car toute destruction n’étant, pour la matière elle-même, qu’une séparation de parties comment admettre une séparation de parties dans un être qui n’en a pas?
Ce principe de sentiment, d’intelligence et de mouvement qui nous anime , ou ce qui est la même chose, notre âme, est donc immortelle; et si cette conclusion résulte comme induction nécessaire d’un des actes les plus familiers de notre esprit, d’une perception de rapports ou d’un jugement, à plus forte raison résultera-t-elle de ces magnifiques perfections d’ensemble, de ces merveilleuses suites d’idées qui brillaient comme des lumières divines dans la tête des hommes qui ont illustré notre espèce : un Homère et un Virgile; un Aristote et un Newton; un Démosthène et un Bossuet; un Socrate et un Fénelon; un Hippocrate et un Sthal. Entre les nobles conceptions de ces sublimes génies, et les propriétés qui caractérisent la matière , qu’y a-t-il de commun ? et comment établir jamais une transition entre des termes si opposés? syllogisme et matière, deux choses incompatibles.
On a dit que l’intelligence était le produit de l’organisation ; mais l’organisation elle-même ne serait-elle pas le produit de l’intelligence ? De ces deux propositions , quelle est la plus probable? Si
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on en croit la géologie , et comment n’y pas croire? la race humaine serait d’assez nouvelle date sur le globe. Or, comment s’expliquer l’apparition du premier homme? Pour le former, il a fallu de deux choses l’uue : ou que ses molécules constitutives se fussent concertées, pour se faire, celles-ci os ou muscles, celles-là nerfs ou vaisseaux, etc.; ou qu’une force intelligente les ait réunies ou coordonnées. De ces deux suppositions, quelle est encore la plus probable ? Pour moi , je me déclare sans hésiter pour la seconde ; et , bien que ma raison n’y comprenne rien du tout , il est démontré pour moi, qu’une force extra- matérielle et souveraine a créé l’homme, comme le dit Moïse, et l’a créé, non pas enfant, mais tout développé, et muni de toutes les forces de l’esprit et du corps. Sans cela, comment se serait-il conservé? Ce que je dis de l’homme , je l’entends de tous les animaux et de tous les êtres organisés; de sorte que pour moi c’est une vérité incompréhensible, mais incontestable , qu’originellement c’estl’intelligence qui a ordonné, c’est la matière qui a obéi. Ce premier miracle subsiste encore, et subsistera toujours. Jetez-vous dans mille et mille arguties, pour échappera ce fait, pour le commenter, le diminuer, l’anéantir; vous ne l’anéantirez pas. Il vous enlace, il vous subjugue; il vous apprend qu'au-delà de la matière il est des forces qui la mettent en œuvre , et de qui elle tient probablement toutes ses propriétés.
D’un autre côté, cette force qui nous est propre, cette âme qui est notre personne, qui est nous, plus encore que nos organes, ce principe qui nous meut n’est pas seulement destiné par le Créateur à prendre connaissance du monde qui nous environne , et à y puiser, par l’intermédiaire des sens et du cerveau , les éléments de notre intelligence proprement dite. Notre âme reçoit encore de notre intérieur une multitude prodigieuse d’impulsions variées qui la tiennent en éveil sur la situation de nos organes , afin qu’elle en assure l’intégrité , et qu’elle les fasse concourir à la conservation du tout, soit en maintenant la régularité des fonctions pendant la santé, soit en imprimant à ces fonctions un nouvel ordre , pendant la maladie. Or, dans ces deux états, surtout dans le second, dans les fractures , les hernies, etc., dans les maladies générales d’un caractère grave, etc., et surtout encore dans ces états complexes qui semblent tenir des deux autres, dans la grossesse , l’accouchement, l’allaitement, etc., le principe qui nous anime, ou plus brièvement notre âme, en disposant la série de ses actes conservateurs, y puise une prévoyance, un savoir et des combinaisons infiniment supérieures aux calculs les plus élevés de notre intelligence réfléchie. Malgré les distances de temps et d’organes , malgré la disparité des fonctions, tout se correspond à merveille dans les événements qu’elle prépare et qu’elle enchaîne; et dans l’art d’approprier les moyens et les fins , elle montre une justesse qui suppose qu’elle a une vive conscience des uns et des autres; qu’elle agit ainsi d’après des vues d’ensemble où tout se provoque , se limite et se soutient, et qui ne peuvent être conçues , je le répète , que
par un être simple , et, tranchons le mot , par un être tout spirituel.
Notre âme a donc une double intelligence qui lui permet de pourvoir aux éventualités du dedans comme à celles du dehors : et si, des deux parts , elle commet des erreurs et des fautes, ces fautes , ces erreurs reposant sur de faux jugements, ou sur des rapports mal saisis, la perception de ces rapports, loin de détruire la simplicité de l’âme , servirait au contraire à la confirmer. J’ai dit que l’âme est un être simple; je n’ai pas dit qu’elle fût un être infaillible. Elle est simple, parce qu’elle rapproche des termes et qu’elle en saisit les rapports. Elle serait infaillible, si ses rapports étaient toujours vrais ou réels.
Je n’ai point voulu faire de cet article un article de théologie. J’en ai écarté les citations et les autorités. Je n’ai insisté que sur des arguments qui m’ont toujoui’s paru sans réplique. Lieux communs de philosophie, dira-t-on; je le sais. Mais cette remarque sera tout au plus une assez futile épigramme ; elle ne sera jamais une réfutation. Je n’ai fait que reproduire les sentiments des premiers philosophes théistes : ceux d’Hippocrate , d’Aristote, de Galien; ceux qu’ont adoptés leurs plus habiles commentateurs; ceux que Virgile a consacrés dans quelques vers de son vie livre, etc. Dans toutes les questions de cette nature, c’est la vérité qui importe , non la nouveauté. J’écarterai avec le même soin une foule de questions subsidiaires. Quelle est la nature de l’âme ? on l’ignore, comme on ignore la nature de la matière. Placés entre ces deux termes , nous sommes réduits à nier de l’un ce que nous affirmons de l’autre , et réciproquement, de la même façon que placés entre le corps A et le corps B, dont il s’agit de déterminer la nature, nous déclarons seulement que celuici n’est pas celui-là : et voilà tout; ce qui est presque ne rien dire. En second lieu, où était l’âme, avant qu’elle s’unît à des organes ? Comment cette union s’est- elle opérée? par quel intermédiaire? à quelle époque? et quand elle cessera, quel sera le partage de l’âme ? que devient- elle dans le sommeil, les léthargies , les asphyxies? Pourquoi semble-t-elle croître et décliner avec l’organisation ? Est-ce l’organisation qui la contient ? Est-ce elle qui embrasse et contieutl’organisation , comme le pensait Aristote ? Les animaux , les végétaux, qui ne diffèrent de nous et ne s’éloignent les uns des autres que par des nuances insensibles , ont-ils chacun leur âme ? etc., etc. Problèmes insolubles, il est vrai; mais qu’en conclure contre les solides vérités que j’ai rappelées tout à l’heure sur la spiritualité et l’immortalité de notre âme ?
E. Pariset,
Secrétaire perpétuel de l'Académie roj-ate de médecine.
aménorrhée ( méd. ), s. f. (du grec a privatif, de mèn , mênos ,mois , et dephéo,je coule). On désigne ainsi la suppression du flux menstruel ; celte suppression constitue une cause de maladie ou’il est toujours important de faire cesser. ( V. Menstruation.) J- B-
amers, [mat. méd. thérap.), s. m. plur. ( amqra )
! Ici ce mot est pris substantivement, et sert a de-
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signer la réunion ou collection de certains agens pharmacologiques remarquables par la saveur qu’indique cette dénomination. La cause qui détermine ce mode de sensation sur l’organe du goût est inhérente à un grand nombre de substances ; et s’il est manifeste qu’il n’est personne qui ne sache fort bien ce qu’on entend par le mot amertume , il est non moins constant aussi que tout le monde ignore à quel principe il faut rapporter la faculté qu’ont ces corps d’exciter cette sensation. La chimie , en effet, malgré ses immenses et rapides progrès, n’a pu encore nous apprendre si ce principe était simple ou composé, unique ou multiple , identique ou non ; ce qui évidemment ne paraît pas possible de décider dans l’état actuel de nos connaissances : nous pouvons même ajouter que nous ne sommes pas plus avancés à l’égard de la plupart des autres sortes de sapidités. Nous éviterons donc de nous livrer aux oiseuses discussions que ce sujet a fait naître , et dont l’intelligence des faits n’a pas retiré le plus léger avantage jusqu’à ce jour.
Entre tous les corps de la nature, ceux parmi lesquels on rencontre le plus rarement la saveur amère, et en général tous les genres de saveurs, appartiennent sans contredit au règne minéral. Mais on a été plus loin, et l’on a prétendu qu’il n’existait pas de substances de cet ordre qui fussent douées d’amertume. Ou a eu tort , ce nous semble, et il nous serait facile de le prouver, si c'en était ici le lieu ; qu’il nous suffise de citer les sulfates de potasse et de soude et tous les sels de magnésie. C’est dans les végétaux surtout, et beaucoup de familles sont dans ce cas, qu’on voit les principes de cette espèce de saveur, le plus universellement et le plus amplement répandus, et cela dans presque toutes leurs parties : racines, feuilles, fleurs , sucs , etc. ; tandis que dans les animaux , il n’y a guère (sauf assez peu d’exceptions) que quelques fluides sécrétés, et spécialement la bile et les organes qui la contiennent, qui possèdent une amertume bien caractérisée. Il est vrai qu’un certain degré de carbonisation peut aussi développer la saveur amère dans la plupart des substances animales , de même que le fait la torréfaction pour beaucoup de plantes.
Il résulte des considérations qui précèdent, qu'il doit y avoir, et qu’il y a en effet, de trèsgrandes variétés dans les matières qu’on réunit communément sous le titre d’amers, de même que dans la manière dont elles affectent l’organe du goût, et également dans leurs différents modes d’action sur le corps vivant, soit à l’état sain, soit à l’état morbide. De là la nécessité de les partager en plusieurs groupes : Amers purs, A. acerbes, A. aromatiques, A.nauséeux, A. fétides, A. vireux, A.salés, A. âcres. Nous n’entrerons dans aucun détail sur chacun de ces groupes, qui forment autant de classes distinctes de médicaments. Tout ce qu’il est essentiel de savoir pour le moment, c’est que l’usage n’a consacré , sous l’appellation générale d’amers, qu’une partie seulement de ces substances, et que ce sont celles qui sont inodores ou tout au plus faiblement aromatiques, qui donnent une saveur franche ou peu mélangée, et qui sont dénaturé en-
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tièrementextractive-Réuniesaunombre de quatre, cinq ou six dans les pharmacopées et dans les officines , où elles prennent le nom d’espèces amères, ces plantes servent à préparer des tisanes , des apozèmes, des clystères, des lotions, etc.
Considérée comme cause et comme base d’actions médicamenteuses , la saveur amère a donné naissance à un très -vieux proverbe, qui témoigne les bons effets de ces sortes de toniques : ce qui est amer à la bouche est doux au cœur, c’est-à-dire à l’estomac, que le langage populaire traduit par cœur, comme s’il voulait exprimer que les amers donnent de la force, du courage, de l’énergie. 11 importe de ne pas perdre de vue que c’est dans le principe de la saveur de ces substances que réside leur puissance active; d’où il résulte ( et l’expérience journalière ne cesse de confirmer ce précepte ), qu’il ne faut point édulcorer les boissons que l’on prépare avec ces médicaments, si l’on désire leur conserver toute leur efficacité.
Les circonstances dans lesquelles on emploie habituellement les amers proprement dits, amara pura, sincera, exquisita, sontextrêmementnombreuses et variées.Onles conseille particulièrement aux sujets faibles, lymphatiques, blafards, de complexion molle et humide, aux femmes délicates, à celles qui relèvent de couches ou qui ont long-temps nourri, aux enfants gorgés de sucs blancs, aux vieillards cacochymes, dans les longues convalescences, etc. Ils fournissent à la médecine des agens thérapeutiques précieux contre les fièvres périodiques et contre une multitude d’autres maladies. C’est ainsi qu’on les prescrit fréquemment, et avec un avantage évident , contre les flatuosités, les vieux catarrhes, les flueurs blanches, les anciennes gonorrhées, les syphilis dégénérées. Tous les écrivains les préconisent dans les affections scorbutiques , dans les maladies scrofuleuses, le rachitis, les œdèmes , les leucophlegmasies, les hy dropisies. On vante encore, et avec raison, leur utilité dans l’aménorrhée, la chlorose, certains ictères , et aussi dans les maladies chroniques de la peau, les dartres et les gales invétérées, les ulcères sordides, etc. Les éloges que les amers ont reçus dans le traitement de la goutte sont certainement exagérés; mais la vogue dont a joui la fameuse poudre du duc de Portland, qui en est entièrement composée, atteste au moins qu’ils ne sont pas sans effet contre cette cruelle maladie, qu’il serait sans doute bien permis aux pauvres patiens de regarder comme l 'opprobre des médecins, si les insuccès du traitement ne résultaient pas si souvent de leur indocilité et de leur intempérance. Qui ne sait enfin, et c’est par là que nous terminerons l’histoire sommaire de ces intéressants médicaments, que leurs propriétés vermifuges ont été reconnues et célébrées dès les temps les plus reculés. F- E. Plisson.
amiante ( hist. nat.), s. f. On désigne sous ce nom une substance minérale, fibreuse, flexible, disposée en longs filaments , susceptibles d’être employés àla confection d’un tissu; elle est de nature siliceuse et magnésienne , incombustible et inat-
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taquable par les acides. On la rencontre principalement dans les rochers des Alpes et des Pyrénées. Les qualités de l’amiante la rendent précieuse pour certains usages ; les anciens en faisaient de larges pièces d’étoffe dans laquelle ils enveloppaient les corps qui, dans les cérémonies funèbres, devaient être brûlés par le bûcher; cette précaution avait pour but d’empêcher que les cendres du mort, qui devaient être renfermés dans un urne , ne fussent mêlés à celles des parfums et des matières combustibles employées pour brûler les corps. Dans ces des derniers temps , M. Aldini a proposé d’en faire des vêtements pour les pompiers, qui, souvent dans les incendies, sont brûlés par la combustion de leurs vêtements. Autrefois on employait l’amiante en médecine pour faire des frictions dans la paralysie et la gale ; ce moyen , qui devait être toul-à-fait sans bon résultat, est aujourd’hui complètement abandonné. Dans les arts économiques cette substance est employée pour faire des mèches de lampe , qui sont incombustibles , et pour retenir l’acide sulfurique que l’on met dans les briquets improprement nommés phosphoriques. On l’emploie aussi pour filtrer les acides minéraux concentrés. J. B.
amidon. Y. Fécule.
amidonniers ( maladies des), (path.) Les amidonniers sont les industriels qui préparent l’amidon , la matière amilacée qui se trouve soit dans les semences des céréales, soit dans les issues qui proviennent de la mouture de ces céréales , et particulièrement du blé.
L’amidon se prépare en mettant, soit les blés avariés moulus , ou seulement crevés ou écrasés , soit les issues , en contact avec de l’eau dans laquelle on a mis un ferment , laissant ensuite en contact plus ou moins long-temps selon la température de la saison. On conçoit que la fermentation qui se développe dans ce mélange d’eau, de froment et de substances végétales et végétoanimales, et particulièrement de gluten, passe et arrive à la fermentation putride qui s’opère avec production , par toutes ses phases , d’une odeur infecte , doit donner lieu à des émanations fétides et insalubres; aussi a-t-on rangé les fabriques d’amidon, en raison de V odeur qu'elles répandent, dans la première classe des établissements insalubres et incommodes, établissements qui ne peuvent être formés dans le voisinage des habitations particulières, et pour lesquels il est nécessaire de se pourvoir d'une autorisation du roi , accordée en conseil d'Etat.
Parmi les auteurs qui se sont occupés des maladies des amidoniers, on doit citer Cadet de Gassicourt, qui a dit que ces ouvriers étaient sujets:
1° A des douleurs de tête; 2° à de l’oppression et à de la difficulté de respirer; 3° à des fièvres adynamiques et ataxiques. Ce savant attribuait ces maladies à l’action des substances fétides, acides qui s’exhalaient des eaux sures, et il a conseillé aux amidonniers ; 1» de travailler dans des lieux vastes et aérés; 2° de prendre dans les maladies, résultant de leur profession, de l’huile d’amandes douces, des émulsions préparées avec les semences du melon, delà tisane d’orge. D’autres auteurs
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avaient indiqué l’emploi, par ces ouvriers, d’une espèce d’entonnoir de carton ou de papier, placé autour du cou, en sorte que l’extrémité la plus large fût tournée vers la tête , de manière à briser la direction de la vapeur. Tourtelle proposait de faire dégager de l’ammoniaque dans les ateliers, afin de neutraliser la vapeur acide qui s’exhale des eaux sures.
Les visites que nous avons été à même de faire dans les fabriques où l’on travaille l’amidon nous ont mis à même de remarquer que les ouvriers qui y travaillaient étaient peu affectés par 1’odeur des eaux sures, mais qu’il n’en était pas de même des personnes qui n’avaient point l’habitude de ressentir ces odeurs ; dans ce dernier cas , ces personnes , au bout d’un séjour plus ou moins prolongé dans ces ateliers, se sentaient prises de douleurs de tête; douleurs qui ordinairement n’ont pas de suite , et qui se dissipent après leur sortie des fabriques.
Fidèles au principe que nous avons adopté de visiter les fabriques , afin de recueillir, dans l’atelier même, des observations, nous avons eu recours, pour obtenir des renseignements exacts, à M. Boissel, maire du douzième arrondissement, qui a bien voulu nous mettre en relation avec des fabricants d’amidon. Ces fabricants et des ouvriers que nous avons consultés disent :
1° Que les ouvriers commencent à travailler dès l’àge de dix-huit ans , qu’ils n’éprouvent aucune indisposition particulière lorsqu’ils se livrent pour la première fois à la fabrication de l’amidon ;
2» Que la vie des ouvriers amidonniers paraît être moins longue que celle d’autres ouvriers , puisque le terme moyen de leur existence s’élève de quarante-cinq à cinquante ans;
3» Que les affections auxquelles ils sont sujets sont le coryza, les affections de poitrine , et particulièrement l’asthme sec , nerveux , ou convulsif, j| accompagné d’une expectoration muqueuse , plus ou moins abondante. L’accès commence par une constriction, un resserrement de la poitrine qui menace de suffocation ; sa durée est moins longue I que celle de l’asthme humide, mais il revient plus souvent et ses symptômes sont plus violents ;
4® Que ces ouvriers sont sujets, dans la mauvaise j saison , à la toux et au catarrhe chronique ;
5° Que presque tous ces ouvriers sont dans un état d’aphonie plus ou moins incomplète; mais qu’on n’a appliqué aucun traitement spécial à ces ! affections , pour lesquelles ils sont soignés par les méthodes ordinaires; saignées, lait d’amandes douces , sirop diacode ;
6° Que ces affections étaient plus sensibles lorsqu’on fabriquait l’amidon en poudre ;
7° Les moyens les plus simples qui ont été mis en usage pour empêcher la poudre d’amidon de pénétrer dans l’appareil respiratoire, consistent à s’attacher sur la figure un mouchoir qui , par sa large surface, couvre la bouche et les fosses nasales ; on conçoit qu’il faut avoir le soin de ne pas . attacher ce mouchoir de manière à avoir la respi- I ration gênée. On ne se sert pas de l’entonnoir de j carton qui avait été indiqué dans divers ouvrages ; j
8» Que le moyen à mettre en usage , pour rendre j
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moins odorantes les eaux sures des amidonniers, consiste à les renouveler souvent et à leur procurer un bon écoulement à l’aide de ruisseaux pavés. Dans ce cas, ces eaux sont moins insalubres et pour les ouvriers et pour le voisinage;
9o Que les ouvriers amidonniers boivent beaucoup et surtout des liqueurs fortes ( de l’eau-devie, etc.);
10 Enfin, que ces ouvriers, qui travaillent douze heures par jour , succombent ordinairement à des maladies de poitrine.
Nous avons remarqué que, dans l’état actuel, les fabriques d’amidon sont beaucoup mieux tenues qu’elles ne l’étaient précédemment; mais ce qui tournera au profit de l’hygiène publique, ce sont les nouvelles découvertes que l’on a faites et qui se rattachent à la fabrication de l’amidon. Ces découvertes, qui ne sont pas encore répandues, consistent dans la fabrication de l’amidon par deux nouveaux procédés.
L’un de ces procédés qui est pratiqué à Gravelle, commune de Charenton St-Maurice (Seine) consiste à introduire dans des sacs d’une toile peu serrée du blé grossièrement moulu et qui a acquis du volume par son séjour dans l’eau, à placer ces sacs dans une auge circulaire et à faire passer continuellement sur ces sacs , sur lesquels il tombe en même temps une certaine quantité d’eau , des cyliudres cannelés mus par un manège et imprimant à la matière contenue dans les sacs une certaine pression. Par le contact de l’eau , et à l’aide de la pression opérée par les cylindres , l’amidon est entraîné avec une certaine portion de gluten trèsdivisée , et à l’état spumeux , il est reçu dans des réservoirs qui sont destinés à le recueillir; il reste dans les sacs du son et une partie du gluten ; une autre partie du gluten sort par les mailles de la toile formant les sacs , et il peut être recueilli au j dehors. Ce gluten, ainsi que les résidus , peut être employé à lanourriture des animaux domestiques.
L’amidon résultant Ide cette [opération est ensuite lavé et converti en masses ou pains , et livré à la consommation.
Les eaux qui proviennent du travail que nous venons d’indiquer n’ont pas besoin de séjourner sur l’amidon ; elles n’offrent donc pas les inconvénients des eaux sures des amidonniers , et elles ne peuventnuire à la salubrité ; il ne s’agit pour cela que de les conduire soit dans des ruisseaux , soit dans des égouts.
L’autre procédé, qui est mis en activité à Vervins , département de l’Aisne , est une application du procédé que les chimistes mettent en pratique pour séparer le gluten des farines ; il consiste à réduire en pâte la farine et à faire tomber sur cette pâte , qui est placée sur une toile métallique n° 120, de l’eau très-divisée , remuant la pâte pour que l’amidon s’en sépare , en laissant pour résidu le gluten. Dans dix heures de travail , deux femmes lavent et extraient l’amidon qui se trouve dans sept cents kilogrammes de pâte , préparée avec environ cinq cents kilogrammes de farine ; elles obtiennent le gluten pur et une plus grande quantité 4’amidon. En effet, on sait que par l’ancien procédé on n’obtenait au plus que quarante-cinq d’a-
midon pour cent de farine employée. Dans le procédé en usage àYervins, et qui est dû à M. Martin; on obtient 1° cinquante-cinq pour cent d’amidon fin ; 2° dix pour cent d’amidon inférieur , connu sous le nom de gros noir, ce qui donne une différence de vingt pour cent.
M. Martin a en outre trouvé le moyen de 11’avoir aucun résidu , ce qui fait cesser toute cause d’insalubrité; en effet, il a 1° approprié le gluten extrait des farines de manière à pouvoir le transporter pour le faire servir à la nourriture , des animaux et à d’autres usages ; 2° il fait fermenter les eaux de lavage de manière à les convertir en une boisson agréable; ou à en tirer de l’alcool.
Il nous semble que les procédés suivis à V ervins, procédés pour lesquels l’auteur ne veut pas prendre de brevet d’invention, se propageront bientôt partout , et que la fabrication de l’amidon , qui était une profession entraînant avec elle de l’incommodité et de l’insalubrité, sera débarrassée de ses inconvénients et pourra être établie en tous lieux.
A. Chevallier , et S. Furnari.
ammoniaque ( chim .) s. f. Alcali volatil, alcali volatil fluor. L’ammoniaque se trouve à l’état de combinaison avec les acides chlorhydrique et phosphorique dans l’urine, et avec les acides acétique et carbonique, dans les matières animalesputréfiées; il se forme constamment par la décomposilion de ces matières par le feu. On prépare facilement l’ammoniaque en chauffant graduellement, dans une cornue munie d’un récipient approprié, un mélange de parties égales de chaux et de sel ammoniac pulvérisés. L’ammoniaque est composée de cinquante volumes d’azote et cent cinquante volumes d’hydrogène.
Propriétés de l’ammoniaque à l’état gazeux. L’ammoniaque est toujours à l’état de gaz à la température ordinaire , et sous la simple pression de l’atmosphère, sa densité est de 0,591 ; c’est un gaz alcalin, transparent, incolore, d’une odeur extrêmement forte et pénétrante. Sa saveur est âcre et extrêmement caustique. On emploie souvent les vapeurs ammoniacales comme stimulant les membranes oculaires et nasales ; mais il faut l’employer ainsi avec une grande ciconspection. On rapporte plusieurs accidents graves survenus par l’emploi inconsidéré des vapeurs ammoniacales. Ce moyen a été d’une grande efficacité pour combattre l’asphyxie par le gaz acide carbonique.
Ammoniaque liquide. C’est le nom qu’on donne â l’eau saturée de gaz ammoniac, c’est-à-dire en ayant absorbé environ le tiers de son poids ; sa densité est alors de 0,895. L’ammoniaque liquide est incolore, d’une saveur très-caustique, d’une odeur insupportable ; elle verdit le sirop de violette; elle forme, avec les acides, de nombreuses combinaisons salines; elle peut également dissoudre plusieurs oxides métalliques. Avec les oxides d’or et d’argent, elle forme des poudres fulminantes; avec le deutoxide de cuivre, elle forme une très-belle dissolution bleue : c’est un des réactifs les plus usités de la chimie.
Action de l’ammoniaque sur l’économie animale. Appliquée sur la peau, elle peut, suivant la durée
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du contact, la dose et le degré de concentration, produire ou la rubéfaction, ou la vésication, ou la cautérisation. Portée dans l’estomac ou injectée dans les veines, elle produit la mort, soit par son action sur le système nerveux, et particulièrement sur la moelle vertébrale, soit en produisant une inflammation locale que suit bientôt l’irritation sympathique du cerveau. L’eau vinaigrée est le meilleur contre-poison de l’ammoniaque.
Emploi externe de V ammoniaque. On s’en sert pour faire des vésicatoires extemporaires. La préparation ammoniacale qui remplit le mieux cet objet est la pommade ammoniacale de Gondret , formée de deux parties d’ammoniaque très-concentrée unie par une vive agitation dans un flacon bouché à l’émeri avec un mélange d’une partie d’axonge et d’une partie de suif fondus à une douce chaleur. C’est un puissant résolutif qui produit une vésication par un contact peu prolongé, mais qui est surtout employé pour cautériser le cuir chevelu, dans l’amaurose. L’ammoniaque fait ia base des liniments volatils usités contre les engorgements indolents et les douleurs rhumatismales chroniques.
Emploi interne de l’ammoniaque. On administre l’ammoniaque comme stimulant interne diffusible. On ne la donne que par gouttes dans une potion appropriée ; son effet est rapide, mais peu durable ; elle absorbe instantanément le gaz acide carbonique qui quelquefois distend l’estomac. On avait considéré l’ammoniaque comme antispasmodique, incisive, fondante, diurétique ; mais sa propriété secondaire la mieux constatée, c’est d’être un puissant sudorifique : on le donne dans ce but à la dose de six à huit gouttes, par chaque verre d’une tisane sudorifique. Cette propriété rend ce médicament précieux dans une foule de circonstances. On l’emploie surtout avec succès contre la météorisation produite chez les herbivores, par l’usage des plantes fraîches, contre la morsure des insectes et des autres animaux venimeux, particulièrement la vipère. ( Voyez ce mot. ) Douze gouttes d’ammoniaque concentrée dans un verre d’eau sucrée combattent l’ivresse avec une grande efficacité.
Sels ammoniacaux. Tous les sels à base d’ammoniaque, triturés avec delà potassé, laissent dégager du gaz ammoniac ; ils sont solubles dans l’eau , se volatilisent ou se décomposent , lorsqu’on les soumet à l’action du calorique : il en est trois qui doivent nous arrêter : ce sont le carbonate, l’acétate et le chlorhydrate (hydrochlorate).
Acétate d’ammoniaque, esprit de Mindérérus. On le prépare en saturant de l’acide acétique avec de l’ammoniaque liquide ; c’est un liquide incolore, qui marque 5° au pèse-sel , sa saveur est fraîche, son odeur presque nulle.
On a considéré ce médicament comme diaphonique, diurétique, tonique , etc. Ses propriétés stimulantes sont incontestables , mais elles sont peu redoutables, puisque Cullen dit en avoir vu prendre huit onces sans inconvénients. On dit l’avoir substitué avec avantage à l’ammoniaque pure , dans le cas d’ivresse , qu’il dissipe , assure-
I t-on, en^quelques minutes, trente gouttes pour un verre d’eau sucrée; mais c’est particulièrement comme diaphorétique qu’on l’emploie aujourd’hui.
j Carbonate d’ ammoniaque , sel de corne de cerf, sel volatil de l'urine, etc. 11 existe trois carbonates d’ammoniaque: c’est le sel bi- carbonate , qu’on emploie en médecine ; on le prépare en mêlant une partie de sel ammoniac avec deux parties de craie en poudre, et distillant le mélange sec dans une cornue de verre munie d’un récipient tubé. Ce sel réagit comme l’ammoniaque, il a la même saveur, la même odeur et la même propriété médicale à un degré plus faible ; sous forme sèche, il renferme quinze trois quarts pour cent d’eau; il est formé de volumes égaux des deux gaz.
Renfermé dans de petits flacons, on le vend sous le nom de sel volatil d’Angleterre, et on le fait respirer dans les cas de syncope. Introduit dans les voies digestives, il offre à haute dose tous les dangers de l’ammoniaque.
Chlorhydrate ou hydrochlorate d'ammoniaque, sel ammoniac. Ce sel, très - anciennement connu, est ainsi appelé du pays d'Ammon, en Libye, dont on le tirait. On le tirait autrefois d’Egypte, par sublimation de la suie provenant de la combustion de la fiente des chameaux.
On le prépare aujourd’hui très-en grand en Europe, en distillant des os et des lainages dans des cylindres de fonte : le liquide , outre les matières pyrogénées, contient de l’acétate et du carbonate d’ammoniaque ; on le transforme en sulfate d’ammoniaque, en leur faisant traverser un lit de sulfate de chaux; on obtient le sel ammoniac en chauffant le sulfate cristallin avec du sel marin. Le meilleur sel ammoniac est celui qui a été sublimé ; il se présente sous forme de pains demi- transparents, très-tenaces, souvent colorés par de l’huile empyreumatique ; sa saveur est âcre et piquante ; il cristallise en octaèdres, mais plus souvent il présente une cristallisation dite en plumes ; il se dissout dans 2,72 d’eau froide, il est soluble dans l’alcool, il est formé de volumes égaux de gaz ammoniac et d’acide chlorhydrique.
Propriétés médicales. Le sel ammoniac est stimulant comme les autres sels ammoniacaux; il est plus actif que l’acétate. Introduit à haute dose dans les voies digestives, il peut causer l’empoisonnement ; pour l’usage intérieur , on le prescrit à la dose de trente à quarante grains par jour, dans une tisane appropriée ; son action stimulante l’a fait employer comme fondant ; uni avec des amers ou des anti-scorbutiques, il entre dans le vin de ce nom. Il diminue la plasticité du sang ; d’après cela on l’a vanté dans les phlegmasies ; on le dit encore diurétique, antiputride, et on lui attribue une action spéciale sur le système lymphatique.
On l’emploie plus fréquemment à l’extérieur qu’à l’intérieur, dissous dans l’eau, t ou 2 gros par livre d’eau. On l'a employé comme gargarisme dans l’angine pituiteuse ; Rentre dans des collyres excitants; on l’applique comme résolutif sur les seins ou les testicules engorgés, sur les chairs confuses, sur les membres fracturés, etc.
Bouchardat
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ammoniaque ( gomme ) (mat., mcd.), s. f. ( gum miammoniacum). Ce n’est point une simple gomme comme on l’a cru , mais bien une gomme-résine dont l’origine, long- temps méconnue, est désormais parfaitement établie. On est certain en effet, d’après les preuves qu’en a donnéesM. Fontanier, et auxquelles il serait difficile de se refuser, que cette gomme-résine découle d’un végétal du genre Ferula, que MM. Mérat et Delens proposent d’appeler ferula ammonifera , ainsi que l’a déjà fait Lemery. Pentandrie digynie. L. Famille des ombellifères.
Cette substance , dont Hippocrate , Dioscoride, Pline, etc., parlent dans leurs écrits, nous est long-temps arrivée de la Libye , contrée où l’on sait que Jupiter-Ammon ( ammos , sable ) avait un temple; ce qui lui a sûrement valu le nom qu’elle porte. Elle nous vient également des Indes orientales, et particulièrement de la Perse. Il y en a deux variétés ou sortes dans le commerce.
La première , et la plus estimée ( ammoniacum amygdaloïde, Thrauston de Pline est en petits fragments arrondis, en larmes, de texture opaque, blanchâtres ou même blanches intérieurement, jaunes pâles, à l’extérieur, mais devenant plus foncées avec le temps ; odeur désagréable , nau séeuse et comme alliacée; saveur âcre et amère, •nais peu marquée.
La deuxième ( ammoniacum en sorte , Phyrama Je Pline ) se présente sous formes d’agrégats ou nasses d’un volume variable, de couleur jaune , ’auve , roussâtre, quelquefois noirâtre, lorsqu’elle îst très-impure. On y rencontre des graines enières ou brisées , des parties ligneuses, de la terre, lu sable, etc. Son odeur est plus forte et plus îauséabonde que dans la première variété.
La gomme-résine ammoniaque contient près de piatre fois autant de matière résineuse que de lubstance gommeuse : d’où l’on voit combien est mpropre la première qualification qu’on lui avait lonnée.Elle entre dans la composition de plusieurs împlâtres et dans un assez grand nombre de préjarations pharmaceutiques , pour la plupart abanlonnées.
Employée dès la plus haute antiquité au soulagement des maux de l’humanité, cette gomme- •ésine est douée d’une propriété stimulante assez puissante, et dont l'activité mal appliquée a dùêtre ’uneste dans une foule de circonstances pour lesjuelles ou l’avait recommandée. Mais les médecins de notre siècle savent fort bien ( ce que les anciens semblent avoir ignoré) que c’est à cette faculté primitive et immédiate , à cette faculté mère, si je puis m’exprimer ainsi, qu’il faut rapporter les qualités incisives, expectorantes, emménagogues , résolutives, fondantes , etc., que les auteurs accordent généralementà cette substance , et dont ils se sont plu à faire tant de récits. Quant à sa vertu anti - hystérique, qu’ils ont pareillement vantée, elle est due, selon toute apparence , à l’odeur ingrate et légèrement fétide qu’exhale ce corps.
Les réflexions qui précèdent feront aisément comprendre quel genre de service, ce suc concret a pu rendre dans la toux muqueuse, les catarrhes