‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 79 sur 316 · ANC · texte numérisé non relu

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tout le tissu cellulaire du corps, et principalement celui qui est sous la peau. (Y. Œdème.)

anastomose ( anat .), s. f. (du grec ana, avec, ensemble , et de stoma , bouche ; communication, abouchement), On a donné le nom d’anastomose à la réunion de deux vaisseaux qui viennent s’ouvrir l’un dans l’autre. Les anastomoses ont lieu entre les diverses artères, les veines et les vaisseaux lymphatiques; on a même , par extension, donné ce nom à la réunion qui a lieu par des rameaux de communication de diverses branches de nerfs. Les anastomoses n’ont pas seulement lieu entre des vaisseaux de même ordre, elles se remarquent souvent entre des vaisseaux d’ordre différent; ainsi elles sont fréquentes entre les veines ! et les artères ; mais ces réunions ne se voient pas dans les gros troncs , ou dans les principales ! branches , elles n’ont lieu que dans les dernières ramifications qui constituent le réseau sanguin que l’on remarque dans toutes les parties de l’animal, qui contribue à sa coloration et que l’on nomme système capillaire. C’est surtout là que les anastomoses sont nombreuses , car elles j forment ce réseau dont nous venons de parler. Les anastomoses sont plus fréquentes dans les rameaux veineux que dans les artères, même entre les rameaux et les branches d’un certain volume. Les anatomistes ont donné différents noms aux anastomoses, suivant le mode de communication établi entre les vaisseaux et l’angle sous lequel ils se réunissaient. Les anastomoses ont pour but de faciliter la circulation, en permettant qu’elle continue par les branches collatérales , lorsqu’elle est empêchée dans les troncs principaux. C’est ainsi qu’à la suite de la ligature d’une artère, ou de la compression d’un de ces vaisseaux par une tumeur, on voit la circulation continuer dans les organes où ils se rendaient ; parce que le sang passe dans les branches anastomotiques , qui, par suite de ce résultat , prennent un volume et un diamètre plus considérables. (V. Artères, Veines, Nerfs , Vasculaire (Système). J. B.

anatomie , s. f. (du grec anatomè , de anatémnô, je dissèquej.L’on entend généralement parce mot t étude des parties solides qui forment le corps humain; cependant ce mot s’emploie également pour désigner l’étude de l’organisation de tous les corps vivants. Aussi lui a-t-on donné différents noms; on l’a nommé anatomie végétale, lors- (ju’elle a pour but l’étude des organes des plantes; zootomie ou anatomie comparée, lorsqu’elle est appliquée aux animaux.

L’anatomie humaine se divise en plusieurs parties, suivant la nature des organes qu’elle a pour but de décrire; ainsi Yostéologie est la partie qui traite du squelette; la syndesmologie.celleqiii traite des ligaments; la myologie a pour but l’étude des muscles; la nécrologie celle des nerfs ; Yangiologie celle des vaisseaux artériels , veineux et lymphatiques; Y adénologie , Tétude des glandes; la splanchnologie , l’étude des .viscères contenus dans les grandes cavités du corps humain. Quoique les principales divisions que nous venons d’indiquer soient admises par tous les auteurs , il existe

cependant quelques variétés dans leur nombre r que quelques-uns ont augmenté et que d’autres ont restreint.

L’anatomie a encore été envisagée de diverses manières par les médecins et les naturalistes; lorsqu’elle a pour but l’étude de l’organisation des tissus généraux , sans acception d’organe , on lui a donné le nom d 'anatomie générale : science créée par l’illustre Bichat, et continuée par Blécard et les anatomistes modernes. L’examen des organes malades , qui a lieu par l’ouverture des corps immédiatement après la mort, a constitué une autre science de création récente, que l’on nomme anatomie pathologique ; Dupuytren est un de ceux qui ont le plus contribué à la fonder, et même il créa par testament une chaire pour son enseignement dans la Faculté de Paris. Enfin , l’anatomie reçoit le nom d 'anatomie chirurgicale , lorsqu’elle a pour but l’étude des organes, appliquée aux opérations chirurgicales.

L’anatomie fut peu connue dans l’antiquité ; les obstacles apportés aux dissections des cadavres humains en fut la principale cause. Aristote , qui avait le plus de connaissances anatomiques pour son époque , ne paraît avoir étudié cette science que sur les animaux , et surtout sur les singes. L’é- ,cole d’Alexandrie, sous les Ptolémée, se distingua cependant par l’étude de l’anatomie humaine; et ce fut le seul lieu où l’on se livra d’une manière suivie à des dissections humaines ; aussi les découvertes faites par Hérophile et Erasistrate, les hommes les plus distingués de cette école , sontelles demeurées jusqu'à nos jours. L’anatomie en était restée au point où l’avaient laissée les Grecs et plutôt encore embrouillée par les idées de Galien , lorsqu’au seizième siècle les travaux de Yésale, Fallope Eustachi, lui donnèrent un lustre nouveau; ces hommes établirent la science sur les fondements où elle est aujourd’hui ; et les travaux de leurs successeurs n’ont fait que développer les bases et les principes qui avaient été posés par eux. J. P. Beaüde.

anchilops (chir.), s. m. On désigne ainsi une petite tumeur située vers le grand angle de l’œil, devant ou à côté du sac lacrymal , et que l’on confond quelquefois avec une tumeur lacrymale. Ces deux affections sont fort différentes, car la première est loin de présenter l’importance de la seconde; une petite ulcération succède souvent à la tumeur formée par l’ anchilops, et elle guérit assez facilement. J. B.

ancolie (bot.), s. f. ( Aquilegia .) Genre de la famille des ltenonculacées. Une seule espèce , l’ancolie vulgaire ( Aquilegia vulgaris) , qui croît spontanément dans nos bois, mérite d’être mentionnée ici. Cette plante parlicipe aux propriétés âcres qui sont un des caractères de la famille à laquelle elle appartient; ses graines surtout sont vénéneuses, et on les a bannies du domaine de la thérapeutique, dans lequel des médecins trop hardis l’avaient autrefois introduite. On cultive cette plante dans nos jardins, et on la reconnaîtra aisément à ses belles fleurs, d’un vert violet, panachées et entourées de cornets recourbés ; lors-

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qu’elle double, alors la fleur tout entièu paraît formée de cornets emboîtés les uns dans les autres.

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anconé (anal.), adj. pris subst., du grec ancôn, coude. On donnait autrefois ce nom à tous les muscles qui s'attachent àl’olécrâne qui est la saillie osseuse formée par l’extrémité du cubitus, et le point le plus saillant du coude. Aujourd’hui, le muscle anconé est celui que l’on nommait autrefois le petit anconé; il est profond , s’étend de la partie inférieure de l’humérus jusqu’au tiers supérieur du cubitus; il est aplati, triangulaire, plus large en haut qu’en bas, et a pour fonction de contribuer à étendre l'avant-bras sur le bras.

andromanie ( méd .), s . f. , du gre c andros, homme , et de mania, fureur. Passion pour les hommes, fureurs utérines. (V. Nymphomanie.)

anémie (méd.), s. f., du grec a , privatif, et de aima, sang. On a donné ce nom à une maladie dans laquelle on pense qu'il y a diminution dans la masse du sang , et dans laquelle sa consistance paraît altérée. Cette maladie , qui est opposée à la pléthore, est souvent un symptôme d’une autre affection ; rarement elle existe d’une manière primitive et essentielle; c’est surtout à la suite des maladies longues, et principalement dans les engorgements des organes contenus dans le ventre, que l’on voit se manifester ce symptôme qui a été observé d’une manière essentielle chez les ouvriers qui travaillent dans les mines, et surtout dans celles de houille. On a attribué le développement de cette maladie au défaut de renouvellement de l’air, à la soustraction de l’action "de la lumière, et surtout à la présence de l’acide carbonique et de l’hydrogène sulfuré dans certaines galeries des mines. Dans ces cas , la maladie débute par des coliques etune difficulté assez grande dans la respiration ; des palpitations, et le balonnement du ventre se joignent à ces symptômes: d’autres fois, on observe de la faiblesse, des douleurs, des tintements d’oreille et des palpitations; la peau acquiert bientôt une coloration d’un blanc jaune analogue à celle que prend la cire blanche en vieillissant; les traces des veines disparaissent de la peau, et l’on n’observe plus aucune trace de vaisseaux sanguins, même dans les parties qui en sont le plus douées, comme les lèvres, les yeux, la langue. Tous ces organes sont pâles et jaunes, et participent à la décoloration générale. Dans cet état, le malade ne peut se livrer à aucun exercice; il est abattu; la marche et le mouvement même légers suffisent pour lui donner de l’essoufflement, qui souvent va jusqu'à la suffocation. L’ouverture des corps des individus qui ont succombé â cetle affection a montré les veines et les artères vides de sang, et ne contenant qu’un liquide séreux, peu abondant et sans couleur. Les moyens qui ont le plus réussi dans cette affection, qui a tant d’analogie avec les pâles couleurs, quoique cetle dernière maladiesoit moins grave, consistent dans l’emploi des préparations ferrugineuses, aux-

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quelles on peut joindre les toniques, les amers et les analeptiques; mais il est à remarquer que ces derniers médicaments n’ont aucun succès lorsque l’on n’emploie pas les préparations ferrugineuses, qui seules sont efficaces dans cette affection. J.-P. Beaude.

anémomètre (phys. méd.), s. m. du grec anémos, vent, et de métron, mesure, instrument dont on se sert en météorologie pour mesurer l’intensité et la direction du vent. J. B.

anémone (bot.), s. f. du grec anémos , vent; en latin, anemona. Genre de la famille des renonculacées, remarquable par l’absence de corolle et par la présence d’un involucre qui n’enveloppe le plus souvent qu’une seule fleur. Les anémones, qui toutes sont remarquables parleur élégance, et qui sont cultivées dans les jardins, renferment toutes un principe âcre , que Heyer nomme anémonine, Schwarls , acide anémonique, et que Vauquelina retrouvé dans les renonculacées en général , tandis que les premiers ne l’avaient signalé que dans quelques espèces d’anémone. Les plus remarquables sont les deux suivantes :

La Syvrie ( anemone nemorosa). Les jolies clochettes blanches qui forment les fleurs de cette plante apparaissent dans les bois au premier printemps, et lorsque les arbres sont encore dépouillés de leurs feuilles ; elle est très-rare, et a quelquefois causé la mort des bestiaux.

La Pulsatille ou Coquelourde (A. pulsatilla). Cette espèce fleurit aussi de bonne heure. On la trouve sur les collines sèches, et dans les bois sablonneux et découverts; sa fleur est violette; ses graines munies de longues queues soyeuses lui donnent, lorsqu’elle a fleuri, l’aspect d’un goupillon. Cette plante est vénéneuse ; deux onces du suc de l’herbe fraîche ont suffi, entre les mains de M. Orfila, pour tuer un chien. Appliquée sur la peau, elle la fait rougir, puis détermine la formation d’une cloche commeles mouches cantharides. Stoerck a employé l’eau distillée de la pulsalive contre la goutte sereine et les maladies de la peau, etc. Le docteur de Ramno a préconisé l’extrait à la dose d’un demi-grain dans la coqueluche des enfants. Ces médicaments sont aujourd’hui peu employés. Martins.

anencéphalie, absence de l’encéphale. (Voy. Acéphales.)

aneth (bot.), s. m. anethum, genre de la famille des ombellifères. Une seule espèce, Y anethum graveolens, qui croit naturellement près d’Astranas, en Égypte, et dans le midi de l’Europe, était autrefois employée en médecine; ses graines , ou , pour parler plus correctement , ses fruits renferment une huile volatile d’un jaune paille, qu’on donnait jadis à la dose de quelques gouttes dans une potion pour arrêter le hoquet. En Angleterre, selon Cullen, les nourrices n’avaient point d’autre remède contre les coliques des très-jeunes enfants.

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anévrisme (chir.), s. m. Ondonnelenomd’anér vrisme à toute tumeur contre nature formée par du

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sang, et se continuant avecl’intérieurd’uneartère. Si .'artère est simplement dilatée, sans être rompue ou divisée , on dit qu’il existe un anévrisme vrai. Dans le cas contraire, c’est-à-dire quand l’artère est réellement déchirée ou perforée, la tumeur prend le nom d 'anévrisme faux. Si la perforation s’est opérée sans violence extérieure , l 'anévrisme est appelé spontané. C’est un anévrisme accidentel lorsqu’une blessure en a été le point de départ. Ici, l 'anévrisme est faux primitif, s’il survient aussitôt après la blessure, ou si le sang s’infiltre au lieu de se rassembler en dépôt autour de l’artère. Il est faux circonscrit ou consécutif quand il se montre plus tard, et sous la forme d’une tumeur bien limitée , d’une espèce de kyste. Quelquefois aussi l’artère blessée s’ouvre par le côté dans une veine , et cela constitue V anévrisme variqueux si les deux vaisseaux restent accollés ; ou une varice anévrismale, quand un sac plein de sang s’établit entre la veine et l’artère sans cesser de communiquer avec l’une et avec l’autre. Enfin un dernier genre d’anévrisme est celui qu’on peut désigner par le terme de varice artérielle, parce qu’alors l’artère est dilatée, flexueuse , bosselée , comme pliée en zig-zag à la manière des veines variqueuses.

Les anévrismes vrais sont trop rares pour que i’en parle ici. Les autres se développent par un mécanisme facile à concevoir. Dans l’anévrisme spontané , par exemple , l’artère malade , altérée d’une manière quelconque sur l’un de ses points , se rompt incomplètement par l’effort du sang; et une poche, dont le volume augmente par degrés, ne tarde pas à se former sur la perforation. Lorsque , dans l’anévrisme accidentel , résultant d’une piqûre de canif, de bistouri , d’épée , de pointe de couteau , de lancette , le sang s’échappe et s’infiltre entre les muscles ou sous la peau, c’est que la direction de la plaie , ou quelque autre obstacle , l’empêche d’être lancé au-debors, et l’on a l’anévrisme diffus ou par infiltration. S’il devient circonscrit ou consécutif, c’est que la membrane qui entoure l’artère a pu se cicatriser au point de suspendre l’hémorrhagie , mais de manière à être soulevée plus tard , comme dans l’anévrisme spontané. Enfin l’anévrisme variqueux tient à ce que le côté de la veine opposé à l’artère s’étant cicatrisé , force le sang qui s’échappe de celle-ci par la blessure à circuler dans celle-là. C’est une cloison qui, se trouvant percée entre deux canaux, permet aux fluides qui les traversent de passer de l’un dans l’autre.

Des anévrismes peuvent se rencontrer dans toutes les parties du corps où il existe quelques artères d’un certain calibre ; à l’intérieur du crâne , de la poitrine, du ventre, ils prennent le nom d 'anévrismes internes. Ceux de la surface de ces cavités , comme ceux de la face, du cou et des membres , sont des anévrismes externes; on traitera ailleurs des anévrismes du cœur. Les plus communs sont les anévrismes du jarret, de l’aine, et surtout ceux du pli du bras. Ici , leur cause ordinaire est la saignée; sur les autres régions ils dépendent presque toujours d’une blessure accidentelle ou d une maladie antérieure de l’artère-

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Les tumeurs anévrismales offrent un volume très-variable , depuis celui d’une noisette jusqu’à celui d’une tête d’homme ; leur grosseur moyenne cependant égale à peu près celle d’un œuf. Elles sont ordinairement accompagnées de battements qui correspondent à ceux du pouls ou du cœur, et d’un certain mouvement de dilatation ou d’expansion; en appliquant l’oreille dessus on y entend aussi assez souvent un bruit de soufflet ou de forge qui estun des caractères principaux de l’anévrisme variqueux. En général , ces sortes de tumeurs ne sont point douloureuses , ni rouges. La peau qui les recouvre prend plutôt une teinte tirant sur le livide. Leur consistance est plus grande que celle des abcès. En les comprimant avec lenteur et d’une manière égale on en diminue parfois sensiblement le volume, parce que le sang qui les forme rentre alors en partie dans l’artère. On pourrait même les faire disparaître ainsi tout-à-fait pour quelques instants, si le sang ne s’était pas concrété en partie à leur intérieur sous forme de couche concentrique, étant emboîtées l’une dans l’autre. La compression de l’artère au-dessus, arrête les battements et les bruits, tandis qu’au-dessous elle les augmente.

Toutefois, ces signes, et beaucoup d’autres moins importants que je pourrais indiquer, ne sont pas toujours assez tranchés , et se rencontrent dans d’autres tumeurs avec des différences trop difficiles à saisir pour que , dans certains cas , le chirurgien le plus exercé ne soit pas fort embarrassé quand il s’agit de déterminer si telle tumeur qu’on lui montre est ou n’est pas un ané vris me . On voitd’après cela combien Userait imprudent aux gens du monde de se prononcer légèrement dans de pareilles questions; et quel doit être le tort des tribunaux qui n’ont pas craint de prononcer des condamnations sur le témoignage de personnes nécessairement incompétentes, puisqu’elles étaient tout-à-fait étrangères aux études anatomiques et chirurgicales. •

Lorsque , par suite d’une blessure, on voit un sang rutilant jaülir avec force et par saccades, sans que l’hémorrhagie puisse être arrêtée autrement que par la compression de l’artère audessus , ou une forte pression longtemps continuée sur la plaie elle-même , il est permis , s’il survient bientôt après une tumeur dans le point blessé , de soupçonner un anévrisme. Tout cela du reste peut encore tromper. Chez certains sujets , le sang des veines rougit si vite par son contact avec l’air extérieur, les veines elles-mêmes sont tellement ébranlées par les pulsations artérielles, les communications entre les veines profondes et les veines superficielles sont si nombreuses et si larges, qu’il est aisé de s’y méprendre et d’attribuer à une blessure d’artère ce qui appartient à une piqûre de veine. J’ai vu entre autres un malade dont toutes les veines de la main etdubras battaient absolument comme lesartères, et pourtant cet homme était tellement affaibli qu’il a succombé quelques jours après.

Les anévrismes forment une maladie dangereuse et souvent mortelle , quand on les abandonne à eux-mêmes. Un peu plus tôt, un peu plus

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lard, les enveloppes de la tumeur, successivement amincies par la distension ou par l’ulcération , finissent par se rompre. Le sang alors s’infiltre dans l’épaisseur du membre , de manière à y faire naîtré, soit de vastes suppurations, soit même la gangrène. Si la peau se trouve comprise dans la perforation , une hémorrhagie , quelquefois foudroyante et rapidement mortelle, quelquefois modérée d’abord, puis déplus en plus redoutable , ne tarde pas à faire périr le malade. Cette malheureuse terminaison est la même pour tous les anévrismes, soit internes, soit externes, à l’exception toutefois de l’anévrisme variqueux et de la varice artérielle.

L’anévrisme variqueux, en effet, est compatible avec une longue existence , et , dans la plupart des cas, il constitue plutôt une infirmité qu’une maladie inquiétante. J’ai vu un homme qui en porte un depuis 25 ans au tiers supérieur de la cuisse droite , et qui s’en doute à peine. La varice artérielle , étant accompagnée d’un épaississement des parois de l’artère , n’expose point aux ruptures , ni , par conséquent, aux hémorrhagies brusques dont je parlais tout à l’heure; mais à la longue elle prend une telle extension qu’elle désorganise les tissus et fait naître des pertes de sang qui, pour être moins abondantes de prime abord , n’en finissent pas moins par épuiser et faire mourir les sujets.

Ce n’est pas à dire pour cela que les anévrismes ne guérissent jamais sans l’intervention du chirurgien; au contraire, la nature en triomphe même de plusieurs manières. 1» Un caillot peut s’arrêter dans l’ouverture de l’artère et s’y concréter au point de la fermer à la manière d’un clou ou d’un bouchon.

2» Les plaques de sang solidifiées peuvent se multiplier dans la tumeur jusqu’à la remplir en entier, et empêcher le sang liquide de s’y introduire.

3° La tumeur peut, en grossissant, presser assez l’artère par sa partie supérieure pour en amener l’oblitération.

4» D’autres fois la circulation est tellement embarrassée au-dessous, que des caillots finissent par se former dans l’artère jusqu’au-dessus de la blessure.

5° La gangrène elle-même , arrêtant toute circulation dans la tumeur , a quelquefois déterminé la guérison des anévrismes.

6» Enfin, quand la tumeur vient à s’enflammer, l'inflammation peut se propager jusque dans l’artère, et y causer un dépôt capable delà boucher.

Oui, toutes ces choses peuvent arriver , mais à titre d’exceptions rares, très-rares, d’exceptions sur lesquelles il serait on ne peut plus imprudent de compter; encore faut-il ajouter qu’alors les dangers sont et plus grands , et plus nombreux qu’à la suite des méthodes de traitement employées par l’art.

L’anévrisme, ne guérissant jamais seul que par suite d'un hasard dangereux, et conduisant à peu près inévitablement les malades au tombeau quand on l’abandonne à lui-même, réclame donc impérieusement les secours de la chirurgie. En se rappelant que c’est une maladie qui peut se

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terminer instantanément parla mort, les malades n’hésiteront point à s’en faire traiter le plus tôt possible.

Pour guérir un anévrisme , il faut fermer l’artère qui lui apporte le sang. Les anciens, qui croyaient que les plaies , que les trous des artères pouvaient se cicatriser sans empêcher la circulation de se maintenir dans le vaisseau blessé , s’étaient trompés. Il est reconnu aujourd’hui que ces sortes d’ouvertures d’un côté du canal ne se recollent, ne se bouchent que par l’oblitération du canal lui-même , et que , par conséquent , on ne doit pas chercher à en obtenir autrement la fermeture. J’ai observé quelques faits néanmoins qui tendraient à rendre cette proposition moins absolue. Chez un malade dont l’artère avait été ouverte pendant une saignée , la tumeur finit par disparaître sans que la circulation eût cessé dans le vaisseau blessé. Un jeune homme, chez lequel un canif avait traversé une des veines et l’artère du pli du bras, a vu la tumeur et tous les autres caractères de l’anévrisme se dissiper de la même manière. Peut-être la plaie de l’artère est-elle fermée par un simple caillot solide dans ces deux cas , et n’est-ce là qu’une guérison temporaire.; mais peutêtre aussi la question générale a-t-elle besoin d’être encore examinée.

Les moyens proposés pour la cure de l’anévrisme sont nombreux et variés. En établissant, à l’aide de bandages bien appliqués, une compression suffisante pour empêcher le sang de passer sur un point ou sur plusieurs points, à quelque intervalle l’un de l’autre, au-dessus de la tumeur, on est parvenu à guérir quelques malades. La compression sur la tumeur elle-même , à l’aide de compresses graduées, ou sur toute la longueur des membres , au moyen d’un bandage roulé , semble avoir également réussi dans certains cas.*De la glace ou des liquides très-froids tenus en permanence sur la tumeur, seuls, ou en même temps que la compression, ont aussi été employés avec succès; mais de pareilles médications ne suffisent que rarement , et ne doivent inspirer que peu de sécurité.

En essayant de coaguler le sang dans la tumeur ou dans le tronc de l’artère à l’aide de courants électriques, ou bien en laissant, comme je l’ai fait sur des animaux, des aiguilles pendant quelques jours dans ces parties, on échouerait moins souvent sans doute; mais c’est une manière de traiter les anévrismes qui n’a pas encore reçu la sanction de l’expérience, et qui ne serait peut-être pas sans danger.

Au total, il n’y a guère que l 'opération qui soit digne de toute confiance ici.

Aujourd’hui l’opération de l’anévrisme s’entend uniquement de la ligature de l’artère blessée. Les caustiques , le feu, ne sont plus employés par personne; l’écrasement, le rebroussement, imaginés dans ces derniers temps , seraient, à la fois , plus difficiles, plus dangereux et moins sûrs que la ligature. Il en est de même de la compression directe ou immédiate de l’artère préalablement mise à nu.

Pour étrangler l’artère, on se sert de fils de chanvre , de soie , de plomb , de peau de daim ,

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de fils ronds et simples, ou de rubans plus ou moins larges. Les chirurgiens qui préfèrent les fils simples, ayantle projet de rompre les tuniques moyenne et interne de l’artère , ne placent rien entre la ligature et le vaisseau ; les autres, voulant éviter cette rupture, nouent ordinairement leur ruban sur un petit coussin de linge, de diachylon, de liège ou de toute autre substance. Ceci a moins d’importance qu’on ne le croit encore généralement.

Du reste , l’opération de l’anévrisme se fait de trois manières ou par trois méthodes différentes.

L’ancienne méthode consiste à ouvrir largement la tumeur qu’on vide , et au fond de laquelle on va chercher l’artère pour la soulever et la lier audessus et au-dessous de la perforation qui la faisait communiquer avec l’anévrisme; alors il faut que le mal soit situé de manière qu’une compression exacte puisse être établie entre elle et le cœur pendant tout le cours de l’opération ; autrement , en effet , le malade pourrait mourir entre les mains du chirurgien.

Les deux autres méthodes laissent la tumeur intacte.

L’une, appelée méthode d’Anel, consiste à découvrir et à lier l’artère au-dessus de la région malade sans toucher à l’anévrisme. Dans l’autre , connue sous le nom de méthode de Brasdor, c’est au-dessous de la tumeur qu’on va chercher l’artère. Pour appliquer la première , il faut qu’une certaine étendue de l’artère soit libre entre l’anévrisme et l’aorte. On a proposé la seconde pour les cas dans lesquels il n’est pas permis de placer le lien entre le mal et la racine du vaisseau affecté. Par l’une on arrête la circulation au-dessus de l’anévrisme qui se durcit dès-lors en se transformant bientôt en dépôt , de manière à s’effacer ensuite par (degrés; par l’autre , on force le sang à stagner, à se concréter dans la tumeur qui , de cette façon, finit quelquefois par amener l’oblitération de l’artère jusqu’aux artères collatérales voisines. Toutes choses égales d’ailleurs, le succès est moins sur cependant par la méthode de Brasdor que par la méthode d’Anel, et par celle- ci que par la méthode ancienne, qui entraîne tant d’inconvénients d’un autre côté qu’elle n’est presque plus mise en usage maintenant.

Aussitôt après l’opération , le sang cesse de pénétrer dans le membre au-dessous de l’anévrisme par l’artère étranglée; de là les craintes de gangrène, dont étaient tourmentés les anciens et que conservent encore les gens du monde , quand il s’agit d’une opération de ce genre. Mais on sait à présent qu’une foule de petites branches qui naissent de la partie supérieure du vaisseau et s’anastomosent avec des branches semblables de la partie inférieure , permettent à la circulation de se rétablir presque immédiatement. Cette circulation, par les voies collatérales, occasionne un travail toutefois qui n’est pas absolument dépourvu de danger. Tantôt il en résulte en effet un abaissement de température manifeste au-dessous de la ligature; et , dans quelques cas, aussi une véritable mortification que rien ne peut empêcher. D’autres fois , l’embarras de la circulation capillaire du vaisseau détermine, au contraire,

une augmentation réelle de chaleur, avec ou sans engorgement des mêmes parties. Aussi le chirurgien est-il obligé , tantôt d’entourer le membre de sachets remplis de son ou de sable chaud et de le préserver de toute pression, tantôt, au contraire , de le couvrir de sangsues ou de pratiquer quelques saignées générales , de l’entourer d’un bandage roulé, ou de tenir des topiques, soit émollients, soit répercussifs, sur toute sa longueur.

Le calme de l’esprit , la tranquillité du corps , l’immobilité de la partie , sont encore plus nécessaires après l’opération de l’anévrisme qu’après les amputations. La sévérité du régime doit être aussi plus grande. Il importe de n’exercer aucune traction sur les fils avant le douzième ou le quinzième jour, et d’en surveiller la chute avec un soin extrême. Une fois les ligatures tombées la plaie ne larde pas à se fermer. A partir de là, le malade n’a plus à s’occuper que de sa convalescence; mais le membre reste longtemps encore sujet à de l’engorgement et ne reprend que peu à peu son embonpoint et sa force primitive.

Les battements cessent par degrés, et quelquefois brusquement , dans la tumeur qui s’affaisse et se durcit insensiblement pour disparaître à la longue. Sur certains sujets, ces battements renaissent incomplètement au bout de quelques jours , maispoursedissiperbientôldéfinitivement.Quand, au lieu de se durcir et de se résoudre, la tumeur s’échauffe et s’enflamme, il faut l’ouvrir largement et la traiter en tout comme un abcès. Si la gangrène venait à s’emparer de toute l'épaisseur du membre , l’amputation serait une dernière ressource à proposer.

L’accident le plus redoutable , si ce n’est le plus fréquent ici, est l’hémorrhagie; il importe donc d’être toujours en mesure d’y remédier. La compression en est le seul remède en attendant le chirurgien. C’est toujours au-dessus de la ligature, du côté du tronc, qu’il faut établir cette compression; l’aorte elle-même devrait être comprimée, s’il s’agissait d’un anévrisme du pli de l’aine ou de la fosse iliaque. On s’y prend d’ailleurs de lamême manière que pour les amputations. (V. ce mot.) S’il n’était pas possible de réussir autrement, et le danger pressant , on risquerait de porter le doigt dans le fond de la plaie et de fermer directement l’artère. Au demeurant, l’anévrisme et les opérations qu’il réclame sont de nature à faire sentir, plus qu’aucun autre point de chirurgie, combien des notions exactes d’anatomie seraient utiles jusque dans les classes les plus étrangères à la médecine. Velpeau,

Professeur à la Faculté de médecine de Paris . chirurgien à l'hôpital de la Charité.

anévrisme du cœur. V. Cœur (i maladies du) .

anfractuosité ( anat .), s. f. On désigne sous ce nom les enfoncements sinueux qui s’observent à la surface du cerveau, et qui séparent ses circonvolutions. [y. Cerveau.)

angélique ( bot. ), s. f. archangelica officinalis, plante de la famille des ombellifères. Elle habite le bord des ruisseaux du nord de l’Europe, de la Suède , de la Laponie et des contrées montagneu-

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ses des pays tempérés, tels que la France et l’Allemagne. On trouve dans les pharmacies la racine d’angélique, dont l’odeur et le goût sont très-aromatiques ; elle renferme une huile essentielle et une résine amère; ses propriétés sont excitantes, et autrefois elle était très-employée dans les fièvres dites asthéniques, alors qu’on était persuadé qu’il fallait réveiller les forces défaillantes du malade. Ses graines ont les mêmes propriétés, mais à un moindre degré. La tige et la partie inférieure des feuilles de cette plante sont charnues, succulentes , d’un goût fort agréable ; aussi dans certaines contrées, en Laponie , par exemple , où la terre est si avare de plantes alimentaires, les habitants mangent-ils les tiges d’angélique avec du pain et du beurre. Chez nous , les confiseurs se sont emparés de l’angélique ; ils fendent les liges en deux et les laissent confire dans le sucre, il en résulte une des préparations les plus saines et les plus agréables. En effet, le goût aromatique de la plante se marie heureusement avec celui du sucre, et la consistance charnue de la tige ôte à ce bonbon la sécheresse et la dureté qui rendent l’usage des dragées et des pralines nuisible, en ce qu’elles déterminent quelquefois un mal de gorge et une toux passagères; aussi ne craignons-nous pas d’affirmer que, parmi toutes les friandises, celle-ci présente le moins d’inconvénient; cependant elle partage les propriétés de toutes les préparations dans lesquelles le sucre entre en grande quantité , et son usage immodéré provoque d’abord l’irritation, puis , chez les individus qui y sont prédisposés, l’inflammation du canal intestinal. Martins.

angine ( méd.) , s. f. de angere , suffoquer. On appelle angine l’inflammation qui a son siège dans la membrane muqueuse quirevêtrarrière#bouche,le pharynx, le larynx, et la trachée-artère. Elle prend aussi le nom de la partie qu’elle affecte, aussi la désigne-t-on parles mots angine pharyngée, laryngée, trachéale, suivant qu’elle affecte le pharynx, le larynx, ou la trachée. L’inflammation des amygdales est connue sous le nom d’angine lonsillaire , bien qu’ici l’inflammation ne se borne pas à la muqueuse , et qu’elle envahisse le corps même de ces organes.

Les mêmes causes peuvent produire ces différentes espèces; elles sont quelquefois épidémiques, surtout au printemps et à l’automne; elles affectent de préférence les jeunes gens, quoiqu’on la voie dans l’enfance et la vieillesse; tous les tempéraments y sont exposés. C’est presque toujours l’action du froid sur une partie quelconque du corps qui les produit. Quelquefois elles dépendent d’une action morbifique locale, telle que 1 impression de substances âcres ou caustiques, d’un liquide très-froid ou très-chaud, de vapeurs irritantes sur les muqueuses de la gorge ; on les voit souvent accompagner des maladies générales ou contagieuses , la rougeole ou la scarlatine ; elles se manifestent chez les femmes au moment de l’apparition des règles; enfin, dans beaucoup de cas, la cause réelle déterminante nous fuit, et nous sommes réduits aux conjectures.

1 " La plus fréquente de ces angines, V angine guttu -

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raie, occupe la membrane muqueuse de l’isthme du gosier, des amygdales, du voile du palais et de ses piliers. Voici les symptômes auxquels on la reconnaît : le malade éprouve de la gêne dans l’ac; tion d’avaler , le timbre de la voix est un peu altéré, la membrane muqueuse est rouge, sèche et luisante , l’intérieur de la gorge est gonflé , on voit la luette augmentée de volume, allongée et occasionnant un besoin continuel d’avaler, etquelquefois des nausées en chatouillant la base de la langue; le malade souvent ne peut pas boire sans que le liquide soit rejeté par les narines. Au bout de quelques jours la muqueuse perd sa sécheresse, elle se couvre de mucosités épaisses. Dans quelques cas on y voit çà et là des plaques blanchâtres ou grisâtres, la membrane du nez est prise aussi le plus souvent; les malades alors dorment la bouche ouverte ; aussi au réveil la gorge est sèche et ils rejettent avec effort et douleur de grosses masses de mucosités sanguinolentes, desséchées , fortement adhérentes.

Quelquefois les malades éprouvent en même temps de la douleur dans l’une ou l’autre oreille , une surdité qui dure plus ou moins longtemps; ces phénomènes dépendent de ce que l’inflammation se propage par la trompe d’Eustache.

Si la maladie n’est pas enrayée par les moyens convenables, il peut arriver qu’un abcès se forme dans l’épaisseur du voile du palais ou dans les piliers. On le reconnaît à un gonflefncnt considérable d’un des côtés de la gorge , à une douleur lancinante qui s’y fait sentir et quand il est bien formé à la fluctuation.

Si l’inflammation est située plus bas , l’angine prend le nomade pharyngée, les symptômes sont les mêmes à peu près ; on peut apercevoir au fond de la gorge la partie supérieure du pharynx rouge et tuméfiée. Ici la voix n’est pas altérée , la déglutition, quoique difficile, n’est plus aussi douloureuse ; il y a une petite toux gutturale fatigante avec envie fréquente de cracher.

Dans l’inflammation de la partie inférieure du pharynx le malade accuse la douleur en avalant ; plus bas que dans le cas précédent, la pression sur les parties latérales du cou est douloureuse; l’inspection de la gorge n’apprend rien , la voix n’est nullement altérée. Dans ces trois espèces d’angines la respiration est rarement gênée, à moins qu’il n’y ait un gonflement énorme de la membrane muqueuse.

En même temps que ces symptômes se font sentir à la gorge , le malade éprouve du malaise , des pesanteurs de tête , de l’insomnie , de la soif; le pouls se développe , il y a de la fièvre, qui, dans les cas les plus graves et chez les individus nerveux, peut aller jusqu’au délire.

Cette affection a ordinairement une marche rapide, elle dure de six à douze jours. Quand il y a formation d’abcès, sa durée est plus longue , soit qu’il s’ouvre naturellement , soit qu’on donne issue au pus. Quand l’inflammation est légère elle se termine souvent par résolution , rarement elle passe à l’état chronique. Quand il n’y a pas formation d’abcès elle ne laisse aucune trace.

La première indication du traitement de l’an-

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gine consiste à éloigner toutes les causes propres à l’aggraver; ainsi , lorsque l’irritation est légère , qu’il n’y a qu’un peu de difficulté à avaler, sans altération de la voix, sans fièvre, il suffit de tenir le cou plus couvert, plus chaud, d’éviter l’impression du froid et de l’humidité; de modérer le régime , pour que la maladie disparaisse en peu de jours. Mais quand elle est plus intense , qu’elle s’accompagne de malaise et de fièvre , ces moyens seraient insuffisants. Alors le malade sera confiné dans sa chambre, ayant soin que l’air qu’il respire ne soit ni trop chaud ni trop froid. Il devra s’abstenir de parler , et éviter autant que possible tout effort inutile de déglutition et d’expuition. On conseille en même temps l’usage des boissons adoucissantes et mucilagineuses , les infusions d’orge , de violette , de guimauve , la décoction de graine delin, sucrées avec du miel ou un sirop quelconque ; les pédiluves chauds , rendus excitants par l’addition de la cendre, du sel, de la farine de moutarde.

Si ces moyens ne suffisent pas pour arrêter la marche de la maladie , ou que dès le début elle soit très-intense, on arecours à une application desangsues au cou , le plus près possible de la partie malade ; leur nombre varie suivant l’âge et la force du sujet. Chez les individus vigoureux et pléthoriques quand les sangsues ne produisent pas d’amélioration on fait avec avantage une saignée du bras. Souvent même on se trouve bien d’avoir débuté par elle. On aide l’effet des évacuations sanguines par la diète, par les applications chaudes sur le cou de cataplasmes de farine de lin, de mie de pain , de compresses imbibées d’un liquide émollient, de vessies remplies de lait chaud; par l’application sur les jambes ou les cuisses de cataplasmes irritants, de sinapismes ; par l’usage de laxatifs à l’intérieur, l’eau de veau, de poulet, des purgatifs doux, l’eau de Sedlitz, l’huile de ricin.

Les gargarismes que l’on conseille généralement dans tous les cas d’angine, sont loin d’être toujours utiles. Ils ne le sont que lorsque l’inflammation commence, qu’elle est bornée à la muqueuse. Ils deviennent nuisibles quand les parties sous -muqueuses sont prises, en exigeant des contractions musculaires, alors douloureuses. Y. Gargarismes.

Les applications locales autour du cou, ne conviennent pas non plus toujours. Ce n’est quequand la maladie est grave, qu’il faut y recourir; souvent l’humidité qu’ils entretiennent, le froid qu’éprouvent nécessairement les malades quand on les change, rend leur action fâcheuse.

Les vomitifs sont le plus ordinairement avantageux dans l’angine ; ils conviennent surtout dans la dernière période de la maladie, quand il y a tendance à la terminaison par abcès ; ou bien tout à fait dès le début; dans ce dernier cas, ils empêchent l’inflammation de se développer.

Au surplus, il ne faut pas croire que tous les moyensque nous venons d’énumérer puissent être employés d’une manière banale ; il faut en outre interroger les autres organes, voir s’ils participent ou non à la maladie, s’ils n’en sont pas influencés d’une manière quelconque. Ainsi , par exemple,

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les émissions sanguines ne conviendraient pas à un individu affecté d’angine, chez lequel il y aurait en même temps des signes manifestes d’embarras gastrique; et les laxatifs ou les purgatifs auraient peu d’action sur une angine développée chez un sujet dont le cœur et les gros vaisseaux participent à l’inflammation gutturale.

Il arrive quelquefois que l’angine passe à l’état chronique, ou qu’elle l’est dès l’abord : c’est en insistant sur la plupart des remèdes indiqués, et en recourant aux médicaments locaux astringents et résolutifs, qu’on parvient à la guérir. Quelquefois elle dépend d’une maladie générale et ne se guérit qu’avec elle ; nous avons vu ces angines chroniques pendant ou à la suite de maladies vénériennes consécutives. Quelquefois aussi ce n’est pas la maladie qui détermine l’affection gutturale, mais bien le traitement, surtout un traitement mercuriel inconsidéré.

2°Uangine tonsillaire est aussi fréquente quel’autre; elle occupe une seule amygdale ou les deux à la fois. Ses causes sont les mêmes que celles de l’angine gutturale ; ses syptômes n’ont de plus que le gonflement d’une ou de deux tonsilles ou amygdales, porté quelquefois à tel point qu’elles ne laissent plus aucun espace entre elles. La déglutition est toujours douloureuse, souvent impossible; le passage même de l’air est gêné, il peut y avoir une suffocation momentanée. La voix est voilée et nasillarde. Elle peut, comme l’angine gutturale, se terminer par résolution ou par suppuration ; alors l’abcès se trouve dans l’amygdale même, et il s’ouvre seul dans un effort de toux, de déglutition ou de vomissement, ou bien on est obligé de l’ouvrir

L’inflammation des amygdales , dans certains cas rares, se termine par la gangrène, et elles sont entièrement détruites. Une des terminaisons les plus fréquentes est l’induration qui peut avoir lieu après une amygdalite aiguë, qu’il y ait abcès ou non, ou bien après des inflammations successives, qui chaque fois augmentent l’engorgement. Les individus qui ont ainsi les amygdales endurcies sont très-sujets aux angines, et leur ablation est souvent le seul moyen de les prévenir et d’empêcher la raucité de la voix, qu’elles occasionnent presque toujours.

Letraitementde l’angine tonsillaire est le même que celui de l’angine gutturale ; seulement il doit être plus énergique, parce que la difficulté de respirer est bien plus considérable et plus prompte dans ce cas. La saignée du bras doit presque toujours être préférée aux sangsues. On a proposé de les appliquer directement sur les amygdales; mais ce moyen, outre qu’il est très-difficile à mettre en pratique, ne présente pas d’avantages bien marqués.

Si les secours de l'art les plus puissants avaient été mis infructueusement en usage , pour une angine qui donnerait lieu à une suffocation imminente, il ne faudrait pas hésitera pratiquer l’opération de la bronchotomie (voy. ce mot), seule ressource pour sauver le malade.

3° V angine laryngée et Y angine trachéale reconnaissent les mêmes causes que l’angine gutturale;

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de plus ellespeuvent être occasionnées par les cris, les chants forcés, la déclamation, l’usage des instruments à vent. Le changement dans la voix, l’enrouement, est presque toujours le premier symptôme, la douleur vient après; le malade tousse, il lui semble qu’il a besoin de rejeter des mucosités arrêtées dans le larynx. Si l’inflammation reste bornée à cet organe, la voix est rauque, puis aiguë, quelquefois entièrement supprimée; si elle occupe la trachée-artère, la voix n’est pas aussi altérée, l’aspiration est moins difficile, mais il y a toujours de l’oppression. La déglutition reste libre; si l’on examine l’intérieur de la gorge, on voit toutes les parties à l’état ordinaire ; la toux qui est fréquente est tantôt rauque comme la voix, tantôt aiguë et sifflante ; puis elle redevient humide, et, après chaque accès, il y a expuition de mucosités blanchâtres et écumeuses. Les symptômes généraux indiqués pour les autres angines accompagnent aussi celle des voies aériennes. Cette maladie en général marche vite ; elle peut ne durer que quelques jours ; quelquefois elle est tellement intense et fait des progrès si rapides, qu’en vingt-quatre heures elle peut occasionner la mort etalors c’estpresque toujours par suffocation; mais , hâtons-nous de le dire, ces cas sont rares.

Le diagnostic de l’angine laryngée est en général facile ; cependant elle pourrait être confondue avec le croup, qui à la vérité n’est qu’une forme particulière doucette angine; ou bien avec la présence d’un corps étranger dans les voies aériennes : dans ce cas, il faut avoir égard aux circonstances antécédentes, pour éviter les erreurs.

Le traitement de l’angine gutturale et tonsillaire est applicable en tous points à celle-ci; il doit être d'autant plus énergique, que l’imminence de la suffocation est ici plus grande que dans les autres.

On a recours à la saignée du bras , à l’application de sangsues en grand nombre sur le larynx ou dans les environs, et l’on revient plus ou moins souvent à ces évacuations sanguines, suivant l’indication.

Ce serait nous répéter inutilement, que de rappeler les autres moyens déjà indiqués ici ; les vomitifs sont utiles surtout quand des mucosités en grande quantité sont amassées dans la trachéeartère, et qu’elles ne peuvent être expulsée^.

Enfin, dans l’angine laryngienne et trachéale, lorsque le malade ne peut plus respirer, il faut aussi ouvrir une nouvelle route à l’air, pour qu’il pénètre dans la poitrine. Mais, si l’opportunité de cette opération est généralement admise , l’époque de la maladie à laquelle elle doit être faite, n’est pas aussi bien arrêtée ; et il faut un certain tact pour ne pas la faire trop tôt, ce qui augmenterait l’in flammation, qui peut-être aurait disparu sans cela, et pour ne pas attendre trop tard, cas dans lequel elle ne pourrait plus rendre aux poumons l’énergie que le manque d’air leur a fait perdre.

Dans quelques cas très-rares, l'inflammation occupe à la fois la muqueuse du pharynx , du larynx et de la trachée ; elle s’étend à l’isthme du gosier, aux parties molles du cou; cette angine générale occasionne des symptômes très-graves,

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la saillie des veines de la face et du cou, la tuméfaction de la figure, des yeux qui sont rouges et injectés. La respiration est sifflante, saccadée, le malade est obligé de garder une position verticale, il est tourmenté par une soif brûlante qu’il ne peut apaiser, puisque la déglutition est impossible; presque tout le corps est couvert d’une sueur froide, le pouls est petit, concentré. Cet état ne peut se prolonger long-temps ; ou bien l’énergie du traitement fait disparaître la maladie, ou bien elle persiste, augmente, et le malade meurt, quoi qu’on puisse faire.

Angine couenneuse. Les angines dont nous venons de parler sont généralement des maladies simples dont presque toujours on obtient la guérison ; mais il n’en est point ainsi de celle qu’il nous reste à examiner. On a cru pendant longtemps que l’angine couenneuse était de nature gangréneuse ; on est d’accord aujourd’hui que ce que l’on prenait pour des ulcères gangréneux n’est autre chose que des plaques de fausses membranes grisâtres, circonscrites et accompagnées de fétidité trèsgrande de l’haleine.

Cette angine règne presque toujours épidémiquement; elle envahit quelquefois tous les individus dans un endroit circonscrit, une seule maison, une pension, une famille, sans se répandre au dehors. Souvent elle tient à des causes d’instabilité locale, à des eaux stagnantes , aux miasmes des marais : des auteurs l’ont cru contagieuse. Elle se développe sous tous les climats et en toute saison ; elle peut affecter tous les âges, mais elle est bien plus fréquente chez les enfants et les jeunes gens. Elle débute d’une manière assez obscure, comme un simple mal dégorgé, par de la chaleur au cou, un peu de gêne de la déglutition, quelquefois par de la sécheresse dans le nez ; puis le malade se plaint de torticolis, il y a de la douleur en avalant. L’inspection de la gorge fait voir la muqueuse un peu injectée, souvent d’un rouge très-vif. Bientôt les amygdales, le pharynx, le voile du palais et les piliers se couvrent successivement ou simultanément de plaques de fausses membranes blanches ou grises; alors la déglutition est très-gênée, les boissons sont rejetées par les narines, les malades toussent et rendent des lambeaux considérables . quelquefois des cylindres entiers de fausses membranes. A ces symptômes se joignent une agitation extrême, de l’anxiété, de la suffocation; et quand la fausse membrane s’étend au larynx , on voit tous les accidents du croup. (Voyez ce mot. )

Quand l’angine couenneuse n’affecte qu’un individu isolément, il est rare que ces symptômes si graves se fassent voir, elle resté alors bornée à l’isthme du gosier au pharynx; mais quand elle est épidémique, ce sont eux qui rendent la maladie si dangereuse.

Lorsqu’elle doit se terminer par la guérison , on voit le fond de la gorge s’humecter d’un liquide écumeux, les plaques membraneuses se détachent peu à peu et sont rejetées par la toux ou le vomissement. Dans quelques cas elles restent adhérentes, puis elles diminuent d’épaisseur et disparaissent comme si elles étaient usées»

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