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L’angine couenneuse ne suit pas toujours la même marche ; chez les individus vigoureux , la fièvre qui l’accompagne est eu général très-forte ; chez les gens faibles et délicats, chez les enfants, toute la gorge est souvent couverte de fausses membranes, sans qu’il y ait eu le moindre syptôme général, sans qu’à peine la douleur et la gêne de la déglutition se soient fait sentir.
L’angine couenneuse se présente quelquefois sous une forme tout-à-fait particulière , qui est connue sous le nom d’angine pultacée ou caséiforme ; au début, la membrane muqueuse de la gorge est très-rouge ; au bout de quelques jours, quelquefois même dès le lendemain, elle se couvre de flocons de matière blanchâtre, ayant l’aspect de petits morceaux de fromage, grise ou jaunâtre. Ces flocons, tout-à-fait différents des plaques membraneuses, sont plus épais, se prennent parfois en masse et peuvent facilement être enlevés avec le doigt. Ils se renouvellent avec la plus grande facilité, et s’étendent souvent fort loin dans l’œsophage. Ils peuvent être pris pour des ulcérations; mais quand on les enlève , on trouve au-dessous la membrane muqueuse parfaitement intacte. Du reste, cette forme d’angine présente beaucoup moins de gravité que l’autre ; elle cède très-bien, dans la plupart des cas, aux moyens mis en usage pour combattre l’inflammation , aux gargarismes émollients et acidulés.
Le traitement de l’angine couenneuse consiste à avoir recours d’abord aux antiphlogistiques à une ou plusieurs applications de sangsues ou de ventouses scarifiées, à la saignée du bras, si le sujet est robuste. On devra s’en abstenir chez les enfants faibles et même chez les adultes déjà affaiblis par une maladie antécédente: la plupart des médecins conseillent ensuite l’usage des vomitifs, comme moyen d’expulser les fausses membranes. Le calomel a été employé avec succès, surtout quand les fausses membranes s’étendent dans les voies aériennes ; on le donne à petites doses, immédiatement après avoir tiré du sang. On a recours en même temps aux dérivatifs, aux sinapismes, aux vésicatoires aux membres inférieurs.
Quand les fausses membranes sont bien formées, il faut agir localement ; le topique le plus généralement employé estlemielrosat, dans lequel on ajoute un tiers d’acide hydrochlorique. On touche les parties malades et surtout la base des fausses membranes, avec un pinceau ou une éponge enduits de ce mélange. Si l’inflammation est vive, il faut être circonspect sur ces applications ; si au contraire la muqueuse est blanche, décolorée, il faut y revenir plusieurs fois. On a dans quelques cas remplacé avantageusement ce moyen par l’insufflation de l’alun réduit en poudre, ou par une légère cautérisation avec le nitrate d’argent.
Lorsque la suffocation menace les jours du malade, l’opération de la bronchotomie est indiquée ici d’une manière aussi pressante au moins que dans les autres espèces d’angine.
Tous ces moyens, au surplus , ne peuvent pas être employés d’une manière inconsidérée et par tout le monde; il faut toujours qu’ils soient dirigés par un médecin éclairé. A. Cullerier.
angine DE poitrine (; méd .), s. f. On a donné ce nom à une affection nerveuse qui a son siège dans la poitrine; aussi le nom d’angine, qu’on lui aimproprementdonné,lui est-il contesté par plusieurs auteurs, qui ont décrit cette maladie sous le nom de sternalgie, de syncope angineuse, d’asthme convulsif, de sténocardie, etc. Cependant les auteurs qui ont le plus récemment traité de cette affection s’accordent à la regarder comme le résultat d’une lésion organique du cœur , car on a souvent observé sur les individus qui avaient succombé à cette maladie, des ossifications , soit des valvules du cœur , soit de l’orifice des gros vaissaux ; les artères propres du cœur ont été vues souvent ossifiées , ou en partie oblitérées , par suite de l’épaississement de leurs parois, et l'on a même attribué l’angine de poitrine à cette altération spéciale. D’autres médecins ont vu , dans cette affection, une névralgie du cœur, ou l’action du vice goutteux et rhumatismal, suivantque ces diverses causes paraissaient avoir eu plus ou moins d’action dans la production de la maladie.
L’angine de poitrine se manifeste toujours par accès , entre lesquels existe une intermittence plus ou moins longue; souvent, après un premier accès , le malade est plusieurs mois sans en ressentir ; d’autres fois , au contraire , ces accès se suivent avec une certaine rapidité. Les premières atteintes de la maladie sont souvent ressenties au milieu des apparences de la santé. C’est pendant la marche, à la suite d’un exercice violent, ou en gravissant une côte, montant un escalier, que se présentent les premiers symptômes ; une douleur vive, une constriction douloureuse en travers de la poitrine, et surtout du côté gauche, annonce l’apparition de l’accès; le malade est obligé de s’arrêter par la crainte de la suffocation ou de la syncope. La douleur est quelquefois sourde, obtuse; d’autres fois elle est vive et déchirante ; elle cesse assez promptement par le repos, et laisse au malade la conscience d’une affection grave et profonde, qui aurait pu se terminer par la mort, si elle s’était prolongée davantage.
Lorsque les accès se sont multipliés, il sejoint ordinairement d’autres symptômes à ceux que nous avons indiqués; ainsi la santé n’est plus aussi parfaite pendant les intermittences, les douleurs sont vives pendant les accès, les menaces de suffocation sont plus grandes, la douleur, qui avait plus spécialement son siège dans le côté gauche, se propage dans le bras du même côté , dans celui du côté opposé, et même dans le col et les mâchoires ; les accès eux-mêmes sont beaucoup plus fréquents , et sont provoqués par les causes les plus légères , tels que des mouvements un peu vifs, un accès de toux, un éternuement. Les accès arrivent , le plus souvent , sans que le malade en soit averti ; d’autres fois ils sont précédés de bâillements, d’inquiétude générale, de vents, ou d’un sentiment de chaleur dans la poitrine , et ces symptômes annoncent , d’une manière certaine, le retour des accidens. La durée de la maladie est extrêmement variable , et il est impossible de fixer des données certaines
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à cet égard; quelquefois elle est longue, les accès sont nombreux, et apparaissent à des intervalles très-éloignés ; d’autres fois ils se succèdent rapidement, et semblent hâter l’issue funeste delà maladie, qui presque toujours a lieu pendant un accès, et souvent même à son début; la colère, une émotion forte, un exercice violent, enfin toutes les causes qui provoquent les accès peuvent déterminer cette fâcheuse terminaison.
Le traitement doit être basé sur les causes présumées de la maladie , et il est entièrement du ressort des médecins ; pendant les accès , il conviendra d’employer, lorsqu’ils seront longs , les dérivatifs, au moyen des sinapismes, soit sur les membres inférieurs , soit sur les bras , entre les épaules, ou même sur les parois de la poitrine ; les pédiluves et les manuluves (bains de mains) sinapisés, ou aiguisés avec la cendre, le vinaigre, l’acide hydrochlorique; les boissons froides, ou légèrement aromatiques ; les eaux distillées de fleurs d’oranger, de menthe, de tilleul; le sirop d’éther, l’acétate d’ammoniaque. On a conseillé de continuer l’action de ces moyens joints aux calmants, aux toniques , pour éloigner les accès; mais cette médication a présenté peu de succès. Le traitement hygiénique consiste à éloigner toutes les causes qui pourraient tendre à porter le sang vers le cœur; ainsi il faut soustraire le malade à toutes les émotions tendres ou pénibles , lui faire habiter la campagne , lui faire prendre un exercice modéré, éviter les lieux de réunion, les spectacles, les discussions , les contentions d’esprit, les lectures susceptibles de lui procurer des émotions vives. Les promenades en voiture, les bains et les demi-bains , les légères évacuations sanguines , par les ventouses ou les sangsues, sont les moyens qui peuvent le plus éloigner la terminaison funeste qui , nous devons le dire , n’est malheureusement que trop fréquente dans cette affection.
Avant de terminer , hâtons-nous de dire que l’angine de poitrine est heureusement fort rare, et que les personnes du monde qui liraient cet article doivent se prémunir contre la pensée qu’elles peuvent être atteintes d’une semblable affection , par cela seul qu’elles auraient pu ressentir des douleurs analogues à celles que nous avons décrites ; le médecin seul peut juger du caractère d’une pareille maladie , et ce serait se rendre victime de craintes tout-à-fait chimériques, que de s’en rapporter à son propre jugement, qui est toujours faux lorsqu’il s’agit d’apprécier un fait de cette nature.
. J.-P. Beaude.
angiologie (anat.) , s. f. du grec angéion , vaisseaux, et de logos, discours. Partie de l’anatomie qui traite des vaisseaux sanguins et lympha-
**giojténi9Ue (méd.) OU ANGÉIOTÉNIQ
s. t. JNom donne par Pinel à la fièvre inflammato parce qu il la croyait le résultat l’irritation des v seaux sanguins déterminée par leur plénitude. fievre inflammatoire.)
angioleucite (pat A.) s. f. C’est l’inflami tion des vaisseaux lymphatiques. (Y. ce mot.)
ANOM facial ( physiol .) s.m. 11 est une f< d impressions qui sont perçues sans netteté et <3
le souvenir reste conséquemment infidèle. Ce vague, qui laisse le champ libre au sentiment et à l’imagination, aux dépens du jugement, ne déplaît point au poète ou à l’artiste ; le savant, au contraire, cherche à préciser ses sensations, à les régulariser par l’analyse et les termes de comparaison, afin de leur donner des bases fixes. Telle est la tendance aux notions positives , appliquée à la chose du monde la plus fugace, la plus variée, à la physionomie humaine, qui conduisit le célèbre Hollandais Camper à imaginer une mesure mathématique de la conformation de la partie antérieure de la tête, sous le nom d’angle facial. On appelle ainsi l’angle formé par deux lignes , dont l’une, plus ou moins rapprochée de la perpendiculaire , effleurant le front entre les deux sourcils , vient joindre une autre ligne , à peu près horizontale , qui , de la base du nez , se prolonge vers le conduit auditif. La jonction de ces deux lignes, au-dessus de la lèvre supérieure, à la crête nasale, a lieu sous un angle de diversdegrés dont nous allons signaler quelques inductions relativement aux facultés intellectuelles et à la physionomie. La coïncidence, et par suite la corrélation de l’intelligence avec le développement de la partie antérieure et supérieure de la tête , reposent sur des observations si nombreuses, si constantes, qu’elles ne sont plus contestées. Or la dépression ou la saillie du front modifieront nécessairement la direction de la ligne tangente, qui s’abaisse sur la ligne horizontale tirée du conduit auditif à la base du nez. De cette déviation dans la ligne descendante ou faciale , résultera un angle variable suivant les individus , mais déterminé pour chacun, qui donnera la mesure du développement de son front et approximativement de son intelligence. Prenons de larges exemples dans les quatre grandes classes d’animaux vertébrés. Les poissons et les reptiles, dontla tête forme un angle très-aigu, n’ontpointde face proprement dite, et sont moins intelligents que les oiseaux sur lesquels la partie antérieure du crâne commence à se bomber. Les manifestations intellectuelles des mammifères sont d’autant plus remarquables que la proéminence de leur front est plus marquée, et cette saillie, avons-nous dit, en repoussant la ligne verticale, élargit de plus en plus l’angle facial. 11 est de cinquante-cinq à soixante degrés chez les singes, qui ont la conformation de la tête la plus heureuse. Chez les nègres, il s’élargit encore de dix à vingt degrés déplus. Les idiots humains ont, à peu près sans exception, l’angle facial plus étroit ou plus défectueux que le commun des nègres, leur front fuit en arrière, leurs facultés mentales sont rapetissées comme les lobes antérieurs de leur cerveau. Chez les hommes blancs de l’un et de l’autre hémisphère, l’angle facial qui est plus avantageux a communément quatre-vingts degrés. A quatre-vingt-cinq, quatre-vingt-dix , la conformation frontale est plus belle encore ; à cent , c’est le type parfait , la beauté idéale. Tel est le front élevé, vertical, brillant d’intelligence, de grâce et de majesté de l’Apollon du Belvédère, Tel est le type du beau idéal sous lequel le génie des peintres et des sculpteurs de l’antique Grèce
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se complut à représenter la divinité. Dans ces admirables têtes, le front, la bouche, le menton sont compris dans la même ligne verticale que dépasse à peine la pointe du nez.
Jusqu’ici nous n’avons considéré l’angle facial que comme mesure du développement du front, et comme indice des facultés intellectuelles qui d’ordinaire y correspondent : car la phrénologie de ce siècle n’a fait, en ce point, que corroborer une observation déjà établie. Mais il suffit d’y réfléchir un instant pour comprendre quelle variété d’expression doit en tirer la physionomie, puisqu’à proportion que cet angle se rétrécit, nous voyons le front se déprimer, les mâchoires faire saillie, et le visage se rapprocher graduellement de celui du nègre, de l’idiot, du singe, et d’animaux encore inférieurs. Aussi Camper semble-t-il s’être particulièrement attaché au point de vue physiognomonique, ainsi que l’annonce sonœuvre posthume, traduite du hollandais, et intitulée : Dissertation sur les variétés naturelles qui caractérisent la physionomie des hommes des divers climats et des différens âges. Il nous semble cependant que l’angle facial n’en représente qu’une base essentielle , et que la conformation naturelle ou l’expression acquise des parties molles qui ne se moulent pas exactement sur le système osseux , comme les yeux, le nez, les lèvres, les joues, le menton, varient la physionomie d’une manière extrêmement notable. Cette dernière observation n’avait pas échappé à Aristote, et Lavater surtout en a fait son profit.
A. Lagasquie.
angoisse (path .), s. f. ( angor ) anxiété extrême, accompagnée d’une constriction douloureuse à l’estomac, avec palpitation et oppression. Ce symptôme est fréquent dans les affections nerveuses, et il n’a pas dans ce cas la gravité qu’il présente dans les autres maladies. J. B.
angulaire ( anat .), adj., de angulus, angle. C’est le nom d’un muscle qui s’étend du sommet des apophyses transverses des quatre premières vertèbres du cou, à l’angle supérieur et interne de l’omoplate; ce muscle, qui est aplati et triangulaire, occupe la partie postérieure et latérale du cou, à la rotation et la flexion latérale duquel il contribue. Il déprime le moignon de l’épaule, en élevant l’angle postérieur de l’omoplate , à laquelle il fait exécuter un mouvement de rotation.
Les dents canines ont aussi reçu le nom d’angulaires, à cause de leur forme. Il existe à la face, des artères, des veines et un nerf angulaires. Les angles antérieurs du coronal , ou os frontal, ont été nommés apophyses angulaires.
angusture (mat. méd.) , s. f. ( Cortex angusturce). Il n’y a pas encore un demi-siècle que l’écorce d’angusture fut apportée d’Amérique en Europe. On ne sut pas d’abord de quel végétal elle provenait : les uns l’attribuaient au Magnolia glanea ; les autres, et notamment Miller , au Brucea dysenterica. Le célèbre Humboldt donna à l’arbre qui la fournit le nom de Cusooria febrifuga, etM.De-
candolle celui de Galipea cusparia. Wildenow à son tour, la dédia au savant botaniste français Bonpland, sous le titre de Bonplandia trifoliata, dénomination qui paraît , enfin , généralement adoptée aujourd’hui. C’est un très- grand arbre (Décandrie monogynie, L., famille des Magnoliacées), qui forme d’épaisses forêts sur les bords de l’Orénoque et sur la côte de Paria, entre la Trinité et Curaçao.
L’écorce d’angusture vraie (car il y en a une fausse, dont nous parlerons plus bas) est un peu bombée, et offre le plus ordinairement une couleur gris-jaunâtre sur sa face convexe , et jaunefauve, plus ou moins rougeâtre, à la face concave, qui se divise facilement en feuillets. La teinte de sa cassure est beaucoup plus brune et d’un aspect résinoïde. C’est une écorce mince, légère, fragile, sans odeur sensible, mais douée d’une saveur trèsamère. Elle est, çà et là, recouverte de divers lichens, et d’une sorte de production spongieuse blanchâtre. L’ensemble de ces caractères peut éprouver des modifications variées , dépendantes de l’âge de l’arbre dont provient l’écorce qu’on examine, de ses différentes expositions, et de la nature des terrains dans lesquels il pousse.
L’angusture a reçu de magnifiques éloges comme fébrifuge et anti dyssentérique. On conçoit très-bien qu’elle puisse se montrer utile contre les fièvres intermittentes , car tous les amers forts sont dans ce cas; mais c’est une erreur grave de croire , ainsi que quelques-uns l’ont avancé, qu’il faille la préférer au quinquina. Il est plus difficile d’ajouter foi à son efficacité dans la dyssenterie, à moins que ce ne soit tout-à-faità la fin, ou, pour mieux dire, lorsque le malade entre en convalescence, seule époque de cette affection où l’administration des toniques puisse avoir quelques avantages réels : données plus tôt, les préparations de cette écorce ne manqueraient pas d’avoir de fâcheux résultats. On l’a également préconisée pour le traitement de plusieurs autres maladies, contre lesquelles elle n’a rien de spécifique, et qu’on combat tout aussi bien avec nos amers indigènes.
Il est de la plus haute importance de ne pas confondre l’ angusture vraie avec la fausse , qui s’y trouve souvent mêlée , et qu’on désigne vulgairement sous le nom de pseudo-angustura seu ferru ginea. On la reconnaîtra toujours aux caractères suivants : elle est en morceaux assez gros, roulés , durs, compactes, pesants, et bien plus épais que ceux de la véritable. Son épiderme, dépourvu de lichens, est communément couleur de rouille, ce ! qui lui a fait donner l’épithète de ferrugineuse. , Elle est grisâtre intérieurement. Son amertume, ' i qui est excessive , surpasse de beaucoup celle de l’angusture vraie. 1 1
C’est à la brucine , alcaloïde du genre de la I strychnine , mais un peu moins violent , que la fausse angusture doit ses propriétés toxiques. I Cette substance, en effet, cause la mort, à la manière des strychnos, auxquels il paraît qu’appartient l’arbre qui procure l’écorce en question, l ?Tais, comme la cupidité mercantile ne cesse en- 1 -ire aujourd’hui de mélanger dans les caisses la
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fausse et la véritable angusture , plusieurs gouvernements ont défendu , sous les peines les plus rigoureuses , l’introduction dans leurs états de toute espèce d’angusture, quelle que soit la qualification qu’il plaise aux commerçants de leur donner. F.-E. Plisson.
angusturine ( chim .) s. f. (V. Brucine).
anhélation ( path .), s. f., de anhelatio, essoufflement, respiration courtre, fréquente, avec un mouvement très-prononcé des parois de la poitrine ; c’est l’état dans lequel on se trouve après une course vive et rapide. Ce symptôme se manifeste dans un grand nombre de maladies, telles que l’asthme , l’anévrisme du cœur , l’hydropisie de poitrine, le croup, etc. J. B.
animal ( zool. ), s. m., d’amma, âme ; souffle, air, vie; parce que les animaux respirent pour vivre, caractère qui ne leur est pas propre , puisque les végétaux ont également une respiration. Cette expression, employée substantivement par abréviation , l’est aussi , mais avec plus de justesse , comme adjectif; par exemple, dans ces locutions : organisme animal, économie animale, esprits animaux , substances animales , etc. C’est pour un être animal que l’on dit un animal , en supprimant le mot être.
L’animal est un être organisé , sensible et mouvant. Rien ne paraît, au premier aperçu, plus tranché qu’une pareille définition, et cependant il est très- difficile d’assigner des démarcations précises aux deux coupes des êtres qui jouissent de l’organisation , et conséquemment qui existent par des organismes. Cette difficulté est assez grande pour que les naturalistes soient dans un grand embarras et dans une complète discordance d’opinions relativement au classement de certaines espèces. Chez plusieurs d’entre elles les caractères de l’organisation végétale et ceux de l’animalité sont assez incertains pour qu’un doute très-légitime soit possible. L’expression de zoophyte, qui signifie animal-plante, traduit cette difficulté. On a essayé à s’en tirer en créantdes classes intermédiaires aux végétaux et aux animaux; mais ces êtres de transition forment eux-mêmes une chaîne liée insensiblement par chacun de ses bouts aux deux règnes.
C’est , au reste , bien moins dans la réalité que dans l’application qu’existe la confusion, et la difficulté de cette application n’a lieu que dans des cas déterminés. Il faut s’en prendre bien plus à ^imperfection de nos moyens de recherches qu’au défaut de différences. Un microscope plus puissant encore , ou tout autre instrument qui agrandisse la portée de nos sens, et ce qui nous paraît obscur , incertain , confus , sera clair , précis , tranché , si la difficulté n’est pas elle-même reculée.
En choisissant les premiers exemples qui aient attiré l’attention des hommes , on est frappé de différences telles , entre un être végétal et un être animal, qu’au premier coup d’œil il semble presque difficile de trouver des similitudes , et même des analogies.