‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 81 sur 316 · AN · texte numérisé non relu

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Y a-t-il autre chose que des diversités et des oppositions, et peut-on rencontrer des rapports entre ce quadrupède bondissant, terrible, agresseur, et cet arbre séculaire, impassible , monu mental? Il existe pourtant de telles ressemblances qu’en procédant par voie de comparaison et de voisinage, on arrive à ne plus trouver de traits définitifs , tant les caractères ont perdu d’évidence et de précision.

Les facultés de se mouvoir à volonté et de sentir sont les traits spéciaux de la condition animale; tant qu’elles sont appréciables, l’animalité est caractérisée. Ce n’est, au reste , que la faculté de mouvoir qui nous prouve qu’un animal jouisse de la sensibilité. Nous la concluons par une analogie empruntée à nous-mêmes , qui ne nous mouvons en général que déterminés par une impulsion procédant de nos sensations. Par une induction tirée du même retour sur nos propres facultés , nous refusons la sensibilité à ce qui ne peut se mouvoir pour éviter la douleur , ou chercher ce qui est agréable.

De sentir et de mouvoir , résulteront pour les animaux, en raison de l’énergie même de ces facultés, toutes les conditions modificatrices qui spécialisent ces êtres. Sentir, c’est penser, raisonner, désirer, savoir, se déterminer. Ces facultés impriment en effet aux propriétés que les animaux partagent avec toute la matière organisée, des conditions particulières. Les autres corps organisés sont les végétaux, qui, comme! les animaux, jouissent de la propriété d’attirer vers eux des molécules étrangères , de les assimiler à leur propre nature, et de les rejeter après une élaboration; or, les fonctions par lesquelles les animaux exercent ce tte propriété de l’organisa tion sont modifiées puissamment par les facultés de sentir et de mouvoir. Libre de se mouvoir, et pourvu de sens , l’animal peut se transporter vers les substances qui doivent entrer temporairement dans sa composition; il les peut choisir. Ses aliments lui seront plus appropriés; il pourra poursuivre une proie, et combattre pour l’obtenir, ou pourvoir à sa propre conservation devant un ennemi plus armé que lui-même. Dans cette nécessité de locomotion , le besoin continuel de réparation lui rendait indispensable d’emporter sa provision ; il a dû posséder ces moyens. Les facultés de sentir et de mouvoir à volonté, développées dans une mesure considérable , lui permirent de chercher un autre individu dans l’union duquel il pût trouver à propager sa race. Suivant que les objets nécessaires à la conservation de l’individu ou de l’espèce ont pu se rencontrer dans l’atmosphère, sur le sol, ou dans l’eau , l’animal a vécu dans ces divers milieux et a dû leur être approprié.

La myotilité et la sensibilité sont donc les facultés essentielles à l’animal. Tout son organisme est modifié pour accomplir ces actes ou ceux auxquels ces facultés sont liées. La modification est d’autant plus profonde que ces facultés sont plus intenses. La forme animale , ou l’organisation de l’animal en reçoit donc une empreinte caractéristique.

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