‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 82 sur 316 · AN · texte numérisé non relu

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C’est cette forme dont les diversités très-multipliées , transmises à travers les siècles avec une certaine régularité, constituent les caractères des espèces. Tel est le nombre immense de cellesci., et d’ailleurs des différences qui les distinguent , qu’une classification entre elles est aussi difficile à établir qu’elle est indispensable pour qu’il soit possible de les connaître. Sur l’appréciation combinée des ressemblances qui les rapprochent, et des dissemblances qui les tranchent , durent être fondées les règles de leurs classements.

Une idée générale , plutôt acquise par un pressentiment que par une série d’observations , suppose qu’un certain degré de ressemblance unit les êtres compris sous un même nom , et désignés par l’attribut commun , animal. La comparaison seule , ressortant de l’analyse , pouvait établir la formule destinée à exprimer ce rapprochement.

Les conditions extérieures de l’animal furent les plus faciles à saisir et les premières employées pour établir des caractères. Quelques-unes de ces conditions permirent de reconnaître une liaison entre elles et les mœurs de l’animal; elles sont d’ailleurs particulièrement liées à ses mouvements et à sa sensibilité. Certains principes étant admis , on comprit à quelle fin telle configuration avait lieu ; et de la configuration on put rigoureusement conclure les mœurs. Que sont , en effet, les mœurs d’un animal, si ce n’est l’usage de ses parties, de ses organes, la jouissance des facultés dont est douée son organisation? La manière d’être d’une partie , quelquefois fort petite , a suffi pour conduire à des données fort étendues sur celles qui s’y trouvaient nécessairement associées, et sur les usages auxquels un animal ainsi re complété par la pensée les devait utiliser. L’ex térieur permit même, jusqu’à un certain point, deliredans l’intérieur, et les débris présents de ressusciter le tout englouti par les siècles. Les bases des classifications zoologiques furent donc d’abord empruntées à l’extérieur, c’est-à-dire aux caractères en rapport avec les sensations et les mouvements; elles s’enrichirent de l’étude des mœurs et furent enfin confirmées par l’anatomie.

La manière de sentir les mêmes faits, et aussi •a connaissance des faits différents , ont conduit les auteurs qui ont écrit sur ces matières à différer singulièrement, non- seulement sur les idées générales , mais aussi sur les appréciations partielles qui devaient diriger dans le groupement des animaux.

Un plan général a été considéré comme ayant présidé à la création animale. Tous les animaux n’ont été que des accidents variés d’un même type. (Lamark, Geoffroy- St- Hilaire.)

Le plus grand nombre des auteurs, en procédant, soit des animaux les plus composés aux plus simples, soit d’une manière inverse, ont tracé une échelle animale. Avec plus de faits encore, il est devenu difficile , sous le rapport de la complication , d’admettre une seule série; il a fallu faire marcher de front plusieurs groupes. Cuvier, notre zoologiste législateur , admet quatre types ou embranchements ; il appelle à les caractériser tout l’ensemble de l 'organisme animal. Cette méthode

d’ensemble est la méthode naturelle, introduite dans la classification des végétaux par Bernard de Jussieu.

Les différences présentées par les animaux , sous le rapport des facultés qui leur sont propres, ne sont pas dès lors seulement admises. On y appelle les modifications qui tiennent aux fonctions qui les rapprochent des végétaux; c’est-à-dire, aux fonctions organiques , ou du moins à celles qui paraissent une condition nécessaire d’existence pour tout ce qui a vie et organisation ; et, comme nos connaissances sur les détails des fonctions sont moins étendues que sur les dispositions matérielles saisissables par l’anatomie dans l’être organisé , c’est sur les différences de l’organisation, et même sur celles qui n’expliquent pas toujours des modifications dans les fonctions, qu’ont été établis les caractères.

Les quatre embranchements admis par Cuvier sont les suivants :

1er embranchement. Animaux vertébrés. Ils sont caractérisés par un cerveau et un tronc principal du système nerveux, renfermés dans une enveloppe osseuse qui se compose du crâne et des vertèbres. Aux côtés de cette colonne mitoyenne s’attachent les côtes et les os des membres qui forment la charpente du corps ; les muscles recouvrent les os qu’ils font agir, et les viscères , autres que le cerveau , sont renfermés dans le tronc. Ils ont tous le sang rouge ; un cœur musculeux , une bouche à deux mâchoires horizontales, des organes distincts de la vue, de l’ouïe, de l’odorat et du goût , placés dans les cavités de la face; jamais plus de quatre membres; des sexes toujours séparés , et une distribution , à peu près la même , des masses médullaires et des principales branches du système nerveux.

2me Embranchement. Mollusques. Point de squelette , ou du moins quelques traces à peine visibles dans une première classe de cartilages qui en rappellent la forme; cerveau placé en travers sur l’œsophage, et l’entourant d’un collier, donnant des filets qui se répandent dans le corps et y produisent des ganglions épars. Des quatre sens on ne distingue plus que les organes du goût et celui de la vue ; encore le dernier manque-t-il souvent. Une seule famille a l’ouïe. Système complet de circulation, des organes particuliers pour la respiration, digestion et sécrétion, aussi compliqués que dans les vertébrés. Les muscles sont seulement attachés à la peau qui forme une enveloppe molle, contractile en divers sens, dans laquelle s’engendrent, en beaucoup d’espèces, des plaques pierreuses appelées coquilles, dont la position et la production sont analogues à celles du corps muqueux.

3me Embranchement. Articulés. Subdivisés en insectes proprement dits , arachnides , crustacés , annélides. Leur système nerveux consiste en deux cordons régnant le long du ventre, renflés d’espace en espace en ganglions. Le premier de ces nœuds ou ganglions est nommé cerveau; il n’est pas plus grand que les autres. L’enveloppe de leur corps est divisée par des plis transverses en un certain nombre d’anneaux dont les tégu-

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ments sont tantôt durs, tantôt mous , mais où les muscles sont toujours attachés à l’intérieur. Dans certains d’entre eux il part du tronc des membres articulés; mais souvent il en est dépourvu. La circulation et la respiration y varient beaucoup. Il est une classe qui a le sang rouge; la circulation, en des vaisseaux fermés, passe à l’imbibition. La respiration s’y opère , chez certains d’entre eux , par une pénétration de l’air dans tout le corps au moyen de trachées. Les organes du goût et de la vue sont plus distincts que dans les mollusques; une seule famille semble jouir de l’ouïe. Quand ils ont des mâchoires , elles sont latérales.

4me Embranchement. Zoophytes ou Rayonnés. Disposition des organes du mouvement autour d’un centre , homogènes comme les plantes simples; ni système nerveux bien distinct, ni sens. Leur corps a d’ordinaire des formes rayonnées ; ils manquent de cœur et de circulation complète ; le plus souvent sans apparence de viscères. Leur respiration, quand ils ont quelque chose d’approchant, se fait par des moyens différents des autres animaux.

Ces quatre embranchements se subdivisent euxmêmes.

Subdivision du premier embranchement : mammifères, oiseaux, reptiles, poissons.

Subdivision du deuxième embranchement : céphalopodes, ptéropodes, gastéropodes, acéphales, brachiopodes , cyrrhopodes.

Subdivision du troisième embranchement : annélides, ou vers à sang rouge, crustacés, arachnides, insectes.

Subdivision du quatrième embranchement ( radiaires, échinodermes et mollasses) : échinodermes, intestinaux , acalèphes, polypes, infusoires.

Si différente sous le rapport de la forme , la matière animale l’est très-peu sous celui de la composition; elle paraît essentiellement constituée par quatre éléments auxquels se joignent accidentellement d’autres composants. Ces quatre éléments sont l’oxygène, l’hydrogène, l’azote et le carbone. Les plus légères altérations de formes plutôt encore que de proportions, dans les composés qu’ils concourent à constituer , donnent lieu à des apparences assez distinctes dans les résultats , pour que des désignations particulières aient été imposées aux produits de ces jeux d’arrangements , et pour qu’ils aient été considérés comme des éléments organiques propres aux animaux, et méritant d’être classés à part : tels sont l’albumine, la gélatine, la fibrine, le mucus; puis, plus accidentellement, l’osmazome, produit composé lui-même (Voyez Aliment). Les matières qui semblent jointes moins nécessairement aux éléments, oxygène , azote , hydrogène , carbone , sont le phosphore , le calcium , le sodium , le potassium , le chlore, le soufre, la magnésie, la silice, le fer, la manganèse , entrant dans des combinaisons salines. (V. Organisme.)

L’alimentation de l’homme tire sa plus grande ressource de la matière animale ; cette alimentation convient à sa nature, bien qu’il puisse et qu’il doive aussi manger des végétaux. Les animaux l’aident aussi dans son action sur le règne végétal

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