‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 84 sur 316 · ANN · texte numérisé non relu

ANN

ce nom à l’union, contre nature, des bords libres des paupières , ou à l’adhérence des paupières avec le globe de l’œil. (V. maladies des paupières.)

ankyloglosse (chir.) , s. m. Mot qui désigne l’adhérence des bords et de l’extrémité de la langue avec les gencives, ou bien l’étroitesse du frein ou filet. J- B.

ankylosé ( cHr .), s. f., de ankulê , lien, moyen de retenir ou de ankulos , coude. Adhérence des surfaces opposées d’une articulation mobile, d’où résulte l’immobilité. Le même effet ou l’immobilité est produit par la sécheresse de la synoviale et par la rigidité des parties qui environnent l’articulation : ce sont là les fausses ankylosés.

L’ankylose est le produit d’un travail inflammatoire qui a envahi la surface interne de la cavité articulaire , détruit le cartilage , et soudé les os entre eux , ou du moins lié leurs extrémités respectives à l’aide de prolongements ligamenteux , celluleux ou fibro-celluleux. On a trouvé soudés, de manière à ne permettre aucune distinction , des parties opposées ; cette union s’est présentée accompagnée d’une transformation des os en une espèce d’ivoire. La fausse ankylosé dépend d’un obstacle au mouvement provenant des parties accessoires de l’articulation , de l’engorgement des ligaments et des capsules, de la sécheresse de la surface interne de la synoviale, du développement d’une exostose qui, par son volume, s’oppose au mouvement, de la contraction permanente et de la rigidité des muscles.

L’inflammation qui survient dans les articulations est elle-même produite par beaucoup de causes. Les tumeurs blanches , quels que soient leurs premiers points de développement, les fractures, les luxations elles-mêmes , l’hydrarthrose , l’inflammation simple de la synoviale à la suite d’un coup, d’une plaie ; les affections rhumatismales, les dépôts goutteux, toutes ces causes produisent très-souvent l’ankylose vraie et fausse. Une cause d’ankylose vraie ou fausse est encore produite par l’immobilité continue des muscles , quelles que soient d’ailleurs ses causes propres : la rigidité des muscles , une longue persistance dans la même position, comme à la suite des fractures ou des luxations, des plaies, des brûlures; ainsi que l’affection tuberculeuse, rhumatismale , goutteuse, comme causes générales. Les solutions de continuité sont aussi, soit directement, soit indirectement, des causes de l’ankylose.Le fanatisme même en peut être la cause éloignée : les fakirs, dit-on, obtiennent la faveur d’une ankylosé par suite de la persévérance qu’ils ont mise à conserver une même position ; ce qui peut être fort admirable à leurs yeux, mais assurément bien puéril aux nôtres, qui n’apprécions que ce qui est utile à l'humanité.

Les signes de l’ankylose se bornent à l’impossibilité de faire opérer des mouvements dans l’articulation ; mais il est difficile, dans quelques circonstances, de décider si elle est vraie ou fausse. La rigidité musculaire peut être portée à tel point que, dans un cas, un enfant a pu être soulevé par

le membre ankylosé (il s’agissait d’une ankylosé de l’articulation coxo-fémorale), sans qu’il fiât produit aucun gonflement dans l’articulation ; et ce même enfant, ayant été distrait par quelques préoccupations, laissa mouvoir son membre à volonté. A la suite des brûlures, des luxations, des fractures , qui n’ont pas pénétré dans l’articulation , on peut espérer longtemps que cette dernière n’a pas contracté d’adhérence , et l’on peut tenter les moyens de s’en assurer, en tâchant de produire des mouvements par une action persévérante et continue, plutôt que par une secousse.

Dans les cas de tumeurs blanches, l’ankylose est plus probable; mais souvent , lorsque la suppuration s’est établie, il faut la désirer. Il n’est d’ailleurs d’aucune importance de s’en assurer, ou non , tant qu’il y a engorgement des parties molles ; il serait en outre , dans ces cas , impossible et peut-être même dangereux d’y mettre obstacle : on n’a que la ressource de lui donner la disposition la plus favorable. Dans les cas de fracture pénétrant l’articulation , de plaies ou de brûlures, on peut imprimer , de temps à autre, des mouvements qui s’opposent à l’adhésion des surfaces articulaires : tant qu’ils sont possibles, on est averti que l’ankylose n’est pas formée. Au reste, quand l’ankylose est vraie, l’articulation est sèche ; quand, au contraire, elle est •fausse , c’est dans les parties environnantes que se trouvent les signes de maladie.

Par elle-même , l’ankylose n’a rien de grave , c’est une inflammation terminée : elle peut le devenir par la gêne qu’elle produit au malade , et qui peut indirectement réagir, de la manière la plus fâcheuse , sur son exigtence. Quelques individus lui ont préféré les risques et les douleurs de l’opération.

Tant que l’ankylose n’est pas produite, excepté dans les cas où elle est le résultat de la suppuration d’une tumeur blanche , et conséquemment de l’inflammation, avec carie de l’extrémité des os, il faut tâcher de calmer l’inflammation de l’articulation par tous les moyens appropriés, et imprimer à l’articulation des mouvements de temps à autre, pour empêcher l’adhésion des surfaces articulaires. Il faut, dans le cas où on la craint, ou lorsqu’on la désire, donner au membre la disposition la plus favorable à ses usages ; la demiflexion, par exemple, pour le coude, l’extension pour la jambe, etc.

L’ankylose vraie est réputée incurable. Cependant une opération hardie, ayant pour but d’établir une articulation artificielle, a été tentée et a réussi pour l’articulation de la cuisse avec le bassin. La fausse ankylosé se traite par les moyens diversifiés qui sont en rapport avec les causes indiquées; telles que les engorgements chroniques des ligaments, les brides à la suite de brûlures, etc.

Sanson - Al phonse .

anneau inguinal ( anat .) , s. m. Ouverture située dans l’aine, sous la peau, et qui souvent donne passage aux organes qui forment les hernies.

Anneau crural. Ouverture analogue située sous l’arcade crurale. (V. aine.) J. B.

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