ANO
lequel M. Geoffroy-Saint-Hilaire comprend toutes les difformités de la tête. (V. Monstruosité.)
artorchide ( physiol .), adj. et s. m. qui n’a point de testicules. (Y. ce mot.)
anorexie ( méd .), s. f. ( anorexia ). D’après l’étymologie de ce mot tiré du grec (a privatif, et orexis, appétit), il est clair qu’il faut entendre par anorexie, la perte ou la privation de l’appétit.
Les causes de l’anorexie ou de l’inappétence (car la signification de ces deux expressions est absolument identique) sont nombreuses et variées. Les individus faibles, délicats, malingres, comme, par exemple, les femmes nerveuses, qui mènent une vie sédentaire et oisive, les hommes mélancoliques, les vieillards , y sont très-sujets. Beaucoup d’autres personnes ont pu constater sur elles-mêmes que les travaux excessifs de l’esprit , les profondes méditations , l’application attentive et prolongée, toutes les passions énergiques, gaies ou tristes, leur ont fréquemment fait perdre l’appétit; et l’on sait également qu’une nouvelle inattendue nous en prive souvent tout à coup. L’usage des boissons tièdes, fades, abondantes; celui des remèdes dans lesquels entrent l’opium et ses préparations, ne tardent pas non plus à éteindre en nous le sentiment de la faim. Les Turcs et la plupart des peuples mahométans, qui ont habituellement recours à cette substance , pour se procurer d’indicibles extases, passent des jours entiers, et quelquefois même plusieurs, sans penser à manger. Il est encore à la connaissance de tout le monde que la vue ou seulement le souvenir d’un objet qui nous a causé une vive et profonde répugnance suffisent bien souvent pour nous faire éprouver sur-le-champ, et au moment même où nous allions nous mettre à table avec plaisir, l’aversion la plus prononcée pour toute espèce de mets, pour ceux mêmes qui flattaient le plus notre sensualité l’instant d’auparavant.
Il est aisé de se convaincre, pour peu qu’on ait quelque habitude d’observer, que le défaut ou le manque d’appétit n’est le plus communément qu’un symptôme de maladie, et non une maladie par lui-même. Il accompagne d’ordinaire toutes les fièvres, et, en général, toutes les affections | aiguës un peu intenses. Lorsqu’il survient dans le cours d’une maladie chronique , il est dû, la plupart du temps , à un dérangement des premières voies, à une mauvaise digestion, à un embarras gastrique ou intestinal, aux progrès de l’affaiblissement du malade, à un redoublement de symptômes, ou à un nouvel accident, enfin à une surexcitation insolite.
Voici quelques-unes des précieuses remarques du vieillard de Cos à cet égard :
« Tous ceux qui, au début d’une maladie, prennent volontiers de la nourriture , mais sans qu’elle leur profite, n’en désirent plus, pour l’ordinaire, vers la fin. Ceux , au contraire, qui l’avaient en dégoût dans les commencements, mais qui, plus tard , se sentent de l’appétit, se rétablissent mieux.» (Hipp. Aphor., sect. II, aph. 32.)
« L’inappétence, un sentiment de morsure à l’orifice supérieur de l’estomac, des vertiges ténébreux , l’amertume de la bouche , chez un sujet