AIN T
sans fièvre , indiquent le besoin d’un vomitif. » (Ibid., sect. IV, apfi. 17.)
« Lorsque , dans les longues dysenteries , l’appétit se perd tout à fait , c’est un signe de mauvais augure ; mais s’il survient de la fièvre , c’est plus fâcheux encore. » (Ibid., sect. VI, apb. 3.)
« L’absence de l’appétit et les déjections sans mélange , dans une maladie chronique, sont un mauvais signe. » (Ibid., sect. VII., aph. 6.)
F.-E. Plisson.
anormal , adj. (de ab, hors, et de norma, règle); ce qui est hors des règles ordinaires. Ce mot est souvent employé comme synonyme d’anomal : mais ce dernier ne s’applique seulement qu’aux maladies, tandis que le mot anormal s’emploie pour toutes les irrégularités , soit dans l’ordre physique , soit dans l’ordre moral.
anosmie (méd.) , s. f. (du grec a priv. , et de osmè, odeur). On emploie quelquefois ce mot pour désigner la diminution ou la perte complète de l’odorat. Il est peu usité. (V. Olfaction, Ozène .) J. B.
anse (anat. chir.) Nom que l’on donne aux portions recourbées de quelques organes longs. Ainsi on dit une anse d’intestin, une anse nerveuse. Pour désigner la réunion de deux vaisseaux en arcade, on dit une anse anastomotique. En chirurgie, on dit aussi une anse de fil, pour indiquer une portion de fil recourbée et destinée à faire une ligature ou à maintenir un organe. J. B. ansérine (bot.), s. f. V. au Supplément. antérieur (anat.), adj. Se dit d’une partie qui est située devant une autre, ou de la portion d’un organe qui est située en avant. Ainsi on dit les muscles antérieurs de la cuisse , pour désigner ceux qui sont en avant; la face antérieure, le bord antérieur d’un organe, pour désigner la partie de cet organe qui est en rapport avec le devant du corps. Ce mot est d’un usage très-fréquent, et il existe un grand nombre de parties auxquelles il s’applique comme épithète. J. B.
ANTÉVERSION ( path .), s. f. Déplacement de la matrice, dans lequel le fond de cet organe regarde le devant du bassin ou le pubis, et l’orifice regarde la partie postérieure ou le sacrum. (Voy. Matrice (Maladies de la).
anthélix (anat.), s. m. Portion de cartilage qui forme la conque ou pavillon de l’oreille, et qui est située au-devant de l’hélix. (V. Oreille.)
anthelminthique (mat. méd.), adj. Remède employé pour détruire ou chasser les vers qui se développent dans les intestins. (V. Vers.) ANTHRAKOKOLi(?waLjwei.),s.m.V.auSM^.
anthrAcose des poumons (path ). Voy.
au Supplément.
anthrax (chir.), s. m. (du mot grec anthrax, qui signifie charbon). Les auteurs ont donné le nom d’anthraxA deux maladies très- differentes; l’une est l’anthrax malin, ou charbon proprement dit, tumeur inflammatoire, essentiellement gangréneuse, qui est le plus souvent le résultat de l’application d’un virus contagieux; l’autre, bien moins dangereuse, porte le nom d'anthrax bénin; c’est une tumeur qui se rapproche par sa nature
du clou ou furoncle : elle est seulement beaucoup plus volumineuse.
Anthrax malin oü charbon. Nous traiterons à part de la pustule maligne, qui doit, comme l’anthrax, son origine à l’application d’un principe contagieux, mais qui en diffère sous plusieurs rapports, et du charbon pestilentiel, pour lequel nous renvoyons au mot Peste.
Le charbon peut survenir spontanément, et pendant les grandes chaleurs de l’été, chez de pauvres habitants de la campagne qui se nourrissent d’aliments malsains, et qui boivent des eaux corrompues; plus souvent il est contracté par la contagion. Plusieurs animaux domestiques herbivores, les mulets, les bœufs, les moutons, etc., sont en effet très-sujets aux affections charbonneuses, et il suffit du contact de la chair et du sang, des poils même de ces animaux, pour que la maladie se propage; les mouches, qui, après avoir sucé des animaux atteints du charbon , piquent ensuite la peau de l’homme , peuvent aussi transmettre le mal. On l’a vu se déclarer chez des individus qui avaient maugéde la chair d’animaux infectés; les professions qui y sont le plus exposées sont celles de vétérinaires, de bouchers, de pâtres, d’équarrisseurs, de tanneurs, de cardeurs de matelas,et en général toutes celles danslesquellesles ouvriers manient les dépouilles récentes d’animaux. C’est une maladie très-dangereuse , et qui serait inévitablement mortelle, si on n’y portait remède. Elle commence par une ou plusieurs tumeurs, en général peu saillantes, mais très- dures et trèsdouloureuses, d’un rouge sombre et livide, surtout au centre. On aperçoit à la circonférence un cercle rouge et luisant ; de petites vésicules , pleines d’un liquide roussâtre , précèdent et accompagnent ces tumeurs , qui sont promptement frappées de gangrène , et prennent alors la teinte noire qui leur a valu le nom de charbon. Elles se montrent en général aux points où a été inoculé le principe contagieux. Les symptômes généraux de cette affection sont les suivants ; Avant le développement de la tumeur, le malade est en général abattu et éprouve un état de malaise et quelquefois d’anxiété particulier ; une douleur intense se fait ensuite sentir dans la partie atteinte de charbon; une fièvre vive s’allume avec de la chaleur, de la soif, des sueurs ; cet état inflammatoire peut persister plus ou moins de temps , ou bien être remplacé par un état opposé; le pouls, quoique fréquent, devient petit, misérable; le malade est faible, sans énergie, il éprouve des défaillances, des angoisses, quelquefois des hoquets, des soubresauts de tendons , des convulsions même. La décomposition des traits de la face annonce un péril imminent; cet état s’observe surtout lorsque la gangrène, après avoir envahi la tumeur charbonneuse, s’étend sur les parties voisines; il est bientôt suivi de la mort.
On a confondu assez long- temps le charbon et la pustule maligne ; ce sont deux maladies de nature gangréneuse , mais qui ne laissent pas d’avoir des caractères assez distincts. La pustule maligne est toujours le résultat de l’inoculation ; le charbon peut , au contraire , se déclarer sponta-
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nément, et il est toujours précédé de fièvre et d’un état particulier d’abattement. La pustule maligne, à son début, est toujours une maladie purement locale, et la fièvre ne survient que consécutivement; elle s’accompagne presque constamment d’un gonflement du tissu cellulaire voisin, et la peau tendue est plus pâle que dans l’état normal ; tandis que le charbon, au contraire, se présente toujours sous forme d’une tumeur rouge, dure, livide, bien circonscrite, dont le centre est d’un noir charbonné.
La marche du charbon est très-rapide; on doit donc se hâter d’appeler le médecin. Le seul remède sur est d’extirper le mal, soit au moyen du fer, soit au moyen des caustiques. Fournier veut qu’on enlève avec le bistouri tout ce qui est gangréné et durci; on se contente le plus souvent de pratiquer une incision en croix sur la tumeur , et de la cautériser avec le beurre d’antimoine, avec le nitrate acide de mercure , ou avec un fer rougi à blanc; plus tard, on panse la plaie avec un emplâtre suppuratif. Si la gangrène se manifestait de nouveau, il faudrait revenir à la cautérisation. Pour le traitement interne, on se conduit différemment, suivant que les symptômes généraux sont purement inflammatoires ou sont caractérisés par un état de faiblesse particulier et par la petitesse du pouls. Dans le premier cas , on pratique d’abord une saignée, et quelques heures après on prescrit un vomitif; le malade fait en même temps usage d’une tisane rafraîchissante et rendue légèrement laxative par de la décoction de tamarin ou la manne; dans le second cas, on a recours aux cordiaux et aux excitants, aux infusions chaudes de plantes aromatiques , et surtout au quinquina. En même temps qu’on soutient les forces , on administre un vomitif. Si la fièvre était modérée, sans qu’il y eût une grande prostration des forces, on s’abstiendrait des saignées et des excitants ; les vomitifs et les légers purgatifs seraient employés. (Yoy. Pustule maligne et Peste.)
Anthrax bénin. Cette affection ne diffère du furoncle ou clou qu’en ce qu’elle est le résultat de l’inflammation de plusieurs des prolongements rapprochés que le tissu cellulaire envoie à travers la peau, pour accompagner les nerfs et les vaisseaux destinés à ce dernier organe, tandis que l’inflammation d’un seul de ces prolongements occasionne le furoncle; aussi voit-on quelquefois de nombreux clous précéder ou accompagner l’anthrax bénin. Les causes de la maladie sont souvent obscures ou inconnues; ce seraient le froid humide, la malpropreté, des applications irritantes, l’usage d’aliments malsains et indigestes , l’abus des salaison. L’anthrax s’observe plus fréquemment chez les hommes que chez les femmes , dans l’âge adulte etla vieillesse que durant l’enfance. Il est quelquefois consécutif à la gale, la petite-vérole, la rougeole ; d’autres fois il se lie à un état maladif du foie , de la matrice , et souvent à cet ensemble de symptômes qui caractérisent ce qu’on appelle l’embarras gastrique (v. ce mot); la bouche est alors amère , et la langue couverte d’un enduit blanchâtre ou jaunâtre; on observe la perte de l’appétit , des envies de vomir, etc. La tumeur à son dé-
but est peu saillante; mais ses progrès sont rapides , et en une semaine elle peut acquérir de grandes dimensions ; elle se présente sous forme d’une tumeur inflammatoire dure , arrondie , d’un rouge foncé , avec chaleur âcre et vive douleur; ses dimensions sont souvent celles d’un œuf, mais elles peuvent acquérir jusqu’à neuf à dix pouces de diamètre ; l’anthrax se développe le plus souvent au dos , aux fesses , sur les épaules , à la face même. Auboutd’un certain temps, les prolongements cellulaires enflammés et emprisonnés dans la tumeur, causes immédiates de la maladie, sont étranglés et frappés de gangrène ; l’anthrax se ramollit alors peu à peu à son sommet, la teinte violacée augmente, et la peau s’ulcérant bientôt, laisse échapper un pus mal lié et des flocons de tissu cellulaire gangrénés qui exhalent une odeur fétide ; les jours suivants , la plaie continue à suppurer , des escarres cellulaires s’échappent encore, mais la fièvre et la douleur diminuent; peu à peu l’ulcère prend un meilleur aspect, des bourgeons charnus se montrent et font place à une cicatrice en général difforme et déprimée. L’anthrax est rarement mortel, quoique l’on cite des cas où il a eu une issue fatale. Par son volume et la place qu’il occupe , il gêne parfois la respiration et la déglutition ; cette circonstance peut exiger l’intervention active d’un chirurgien.
Il faut en général remédier auxcauses ou les éloigner; s’il existe de l'embarras gastrique, il sera utile de faire vomir le malade et de le purger légèrement. Lorsque l’anthrax est dû à une cause externe, on a quelquefois réussi à faire avorter la tumeur en la couvrant de sangsues; le plus souvent ce moyen, ainsi que les applications émollientes, est insuffisant, et le mal continue sa marche et ses progrès. En effet, l’étranglement des prolongements cellulaires , ainsi que des rameaux vasculaires et nerveux , ]
persiste toujours; lorsqu’on veut abréger la durée du mal et calmer les douleurs souvent trèsaiguës, que le malade éprouve, il n’est qu’un seul remède héroïque, c’est d’inciser en croix l’anthrax dans toute sa profondeur. Cette incision | est douloureuse, il est vrai, mais elle épargne de t, longues souffrances à venir , et , douleurs pour i douleurs , la balance est grandement à l’avantage du malade opéré. D’ailleurs il faut se rappeler j que l'anthrax volumineux est quelquefois mortel.
Après l’incision, on comprime la tumeur pour exprimer le pus , qui y est souvent infiltré , et on la couvre pendant quelque temps de cataplasmes | émollients. On surveille ensuite la cicatrisation de la plaie. Pour le traitement général, le malade sera tenu à une diète légère ; il devra faire usage de bains , de lavements émollients et de boissons ' !
laxatives. Si la douleur était très-vive, au point d’occasionner la perte du sommeil, on administrerait i avec prudence quelques préparations opiacées. | J.-P. Beaude.
anthropologie, s.f.(dugi’ec anthropos, homme, et logos , discours). Quelques auteurs ont désigné, > par ce mot, l’histoire naturelle de l’homme; d’autres l’ont accepté comme désignant seule-
ment la science qui traite de son intelligence ; mais il convient mieux d’admettre avec Burdach, physiologiste allemand, que ce mot comprend l’ensemble des connaissances anatomiques , chimiques, physiologiques et psychologiques qui se rapportent à l’homme , et qui constituent toute son histoire physique et morale. J. B.
antropométrie (cmat.), s.f. (du grec anthropos, homme, et de métron, mesure). Nom donné par Béclard à la connaissance de la mesure, et des proportions relatives des divers parties et des organes extérieurs du corps dans toutes les races humaines. J* B*
antiacide, adj. (V. Absorbants, Alcali.)
antiaphrodisiaques (>wa£.med.),adj. et s.
Médicaments opposés aux aphrodisiaques, et qui ont pour objet d’amortir les désirs vénériens. On croyait autrefois que le camphre et le nénuphar jouissaient de cette propriété ; les meilleurs médicaments pour remplir ce but sont les adoucissants , le régime , enfin tous les moyens qui ont pour résultat de diminuer l’excitation et l’énergie des propriétés vitales. (Y. Aphrodisiaques.) J. B.
antiapopeectique. (Y. Apoplexie.) antiarthritique, adj. Remède contre la goutte. (V. Goutte.)
antiar vénéneux (bot.). V. Upas antiar.
antidartreux. (V. Dartres.) antiémétique, adj. Remèdes opposés aux émétiques, et propres à calmer les vomissements. (Y. Vomissements.)
antidotes ( thérap .), s. f., du grec anti, contre, et de didonaï, donner. On se sert de ce mot pour désigner les contre-poisons; on l’employait autrefois pour tous les remèdes pris à l’intérieur. (V. Contre- Poison.)
antièfieeptique. (V. Épilepsie.) antifébriIiE. (V. Fébrifuge.)
antilaiteux (thérap.), adj. et subst. On donnait autrefois ce nom à des médicaments que l’on croyait propres à empêcher la sécrétion du lait et à guérir les maladies causées par la rétrocession de ce liquide, que l’on nommait lait répandu, maladie laiteuse. La plupart des médicaments qui ont paru jouir de cette propriété ne la possèdent pas d’une manière spécifique; ainsi la pervenche, la canne de Provence , la menthe, l’alaterne, ne jouissent d’aucune action spécifique sur les glandes mammaires , et , de tous les moyens propres à diminuer la sécrétion du lait, ce sont certainement les moins énergiques, ou , pour mieux dire, les plus nuis. Les purgatifs, qui déterminent des évacuations, les sudorifiques, qui provoquent des sueurs, les diurétiques, qui augmentent la sécrétion de l’urine , ont certainement une action plus puissante en diminuant la quantité des liquides contenus dans le sang, et en provoquant une dérivation puissante vers les intestins , la peau ou les voies urinaires. Ces moyens , qui sont toujours d’une activité assez grande , ne doivent pas être employés sans les conseils du médecin. On a conseillé aussi , dans
le même but , certaines applications de sachets contenant des substances alcalines sur les seins ; ces moyens qui, en excitant 1 action des vaisseaux absorbants et en stimulant vivement les mamelles, peuvent diminuer ou supprimer la sécrétion du lait, sont quelquefois suivis d’accidents, et souvent ils déterminent de ces abcès des mamelles dont les suites sont très- douloureuses et la guérison très-longue. (V. Allaitement, Lait.) J. B.
antimoine (chim.), s. m. Régule d’antimoine. Ce métal a été décrit, pour la première fois, à la fin du quinzième siècle, par Basile Valentin. L’époque de sa découverte n’est pas bien connue; il paraît cependant que quelques-uns de ses compo • sés étaient connus des anciens, entre autres le sulfure d’antimoine, dont les femmes se servaient pour se teindre les sourcils. En Égypte , les femmes se peignent le bord des paupières avec une poudre qui n’est autre chose que du sulfure d’antimoine.
Ce métal est blanc bleuâtre, cassant, d’une structure lamelleuse ou grenue, selon son plus ou moins grand degré de pureté. Il est fusible à la chaleur rouge ; et lorsqu’il est fondu , si on le projette d’une certaine hauteur sur le sol, il se divise en petits globules qui brûlent avec beaucoup d’éclat, et l’on voit paraître des vapeurs blanches d’oxyde d’antimoine.
L’antimoine métallique n’est pas employé en médecine. Autrefois cependant on l’administrait en pilules, que l’on rendait telles qu’on les avait prises. Elles étaient connues sous le nom de pilules perpétuelles , et étaient légèrement purgatives et même vomitives.
Les composés que ce métal forme avec certains autres corps sont employés en médecine; quelques-uns sont vénéneux s’ils sont administrés sans précaution. Ainsi tel composé, qui peut être administré à haute dose chez un individu malade, pourrait donner lieu à des accidents graves s’il était introduit dans l’estomac d'un individu bien portant. Je citerai pour exemple 1 ’ émétique.
Les composés dont nous nous occuperons sont le sulfure d’antimoine, le kermès, l’oxyde blanc d’antimoine , le beurre d’antimoine , et surtout l’émétique, qui, non-seulement est administré d’après les ordonnances des médecins, mais encore par des médicamenteurs complètement étrangers à l’art de guérir.
Sulfure d’antimoine. C’est un corps solide , pulvérulent ou cristallisé en aiguilles , d’un gris bleuâtre. Il renferme toujours de l’arsenic , excepté celui que l’on trouve dans le département de l’Ailier. Les médecins l’emploient dans la préparation de la tisane de Feltz. Il sert aussi à préparer le soufre doré d’antimoine, le crocus metallorum, le chlorure d’antimoine liquide ( beurre d’antimoine ) , le kermès, la poudre d' Algaroth ( oxychlorure d’antimoine).
Le kermès oxysulfure d’antimoine hydraté, (hydrosuif ire , sulfure rouge d’antimoine ) est une poudre d’un rouge brun , veloutée. Il est employé en médecine dans certaines affections de poitrine , comme expectorant , à la dose de deux ou trois
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grains, dans un julep qui se prend par cuillerées. On peut l’employer comme émétique, à la dose de huit à dix grains , dans du sirop d’ipécacuanha. Cette potion doit être prise par cuillerée de quart d’heure en quart d’heure, jusqu’à ce que le vomissement survienne.
Le soufre doré, espèce de kermès, peut être employé dans des circons tances analogues . Il paraît que l’emploi de ces deux préparations a été suivi desuccès dans le traitement de la plique polonaise. Elles ne doivent être administrées qu’à des doses fractionnées, car prises en excès elles donneraient lieu à l’empoisonnement.
Les diverses espèces d’oxydes d’antimoine (poudre d'algaroth, mercure de vie, mercure de mort, antimoine diaphorétique , etc.) sont souvent employées dans les affections de poitrine, dans certaines maladies cutanées , avec plus ou moins de succès.
Beurre dJ antimoine ( chlorure d’antimoine). C’est un corps solide qui devient liquide s’il est exposé à l’air. Il est parmi nos caustiques un des plus énergiques. Il est très-vénéneux, et détruit toutes les parties avec lesquelles il est mis en contact. On s’en sert pour cautériser les plaies faites par la morsure des animaux venimeux, ou enragés. Quand on veut l’appliquer, on trempe un petit tampon fait avec quelques brins de charpie dans ce beurre d’antimoine , et on l’introduit dans la plaie après l’avoir incisée , si elle est trop étroite. On doit l’appliquer avec beaucoup de précautions si la blessure est voisine d’un gros vaisseau ou d’un nerf dont la destruction, par le caustique , pourrait donner lieu à des accidents graves.
L’Emétique ( tartre stibié , tartrate antimonié de potasse) est un sel double dont on ne peut mettre en doute l’efficacité dans un grand nombre de cas. A la dose d’un ou deux grains , il est employ é pour provoquer le vomissement. Son action doit être favorisée alors par l’introduction d’eau tiède dans l’estomac , afin de rendre moins pénibles les efforts que fait le malade pour vomir. On l’emploie aussi à des doses plus considérables, depuis dix, douze, quinze à vingt grains et plus, suivant la méthode dite Rasorienne. Mais cette dose ne peut être administrée qu’à des individus malades ; sans cela elle agirait comme poison énergique. On emploie aussi l’émétique uni à l’axonge pour exciter la peau, et il détermine une éruption de pustules larges et douloureuses; dans ce cas il peut être considéré comme vésicant. On reconnaîtra l’émétique aux caractères suivants : S’il est en poudre, eu le mettant sur des charbons ardents, il répandra l’odeur - du sucre qui brûle, et il restera de petits points brillants d'antimoine métallique. S’il est dissous dans l’eau et traité par l’acide hydro-sulfurique, il donne un précipité jaune orangé qui, chauffé avec du charbon , fournit de l’antimoine. L’infusion de noix de galle, la décoction de quinquina, donnent, avec celte dissolution, des précipités d’un blanc sale plus ou moins jaunâtre. L’émétique administré à haute dose , chez l’homme sain , agit comme poison, enflamme le canal digestif, peut être absorbé, et réagir, dans ce cas, sur les poumons dans une plus ou moins grande étendue.
Traitement de l’empoisonnement par l’émétique. Lorsqu’on est appelé auprès d’un individu empoisonné par l’émetique , la première chose à faire est de favoriser les vomissements en administrant une grande quantité d’eau tiède , qui a en outre la propriété de dissoudre l’émétique s’il a été donné en poudre, et de faciliter ainsi son expulsion.
On pourra encore favoriser le vomissement par la titillation de la luette, ou en donnant de l’huile d’olive , dont on fait boire un ou deux verres.
Si , malgré ces moyens , les vomissements n’ont pas lieu promptement , il faut avoir recours à l’emploi d’une forte décoction de quinquina. Mais si des vomissements fréquents ont lieu, il faut cesser l’emploi de cette décoction , qui augmenterait l’inflammation que le poison apuproduire.Les décoctions d’écorces et de racines astringentes, de thé , de noix de galle, coupées avec du lait, doivent être considérées également comme contrepoison de l’émétique.
Souvent cet empoisonnement est suivi d’inflammations plus ou moins vives de l’œsophage, de l’estomac ou des poumons. Dans ce cas ou doit employer les antiphlogistiques, les saignées du bras, l’application de sangsues.
Dans tous les cas où les préparations antimoniales, administrées à fortes doses, donneraient lieu à des symptômes d’empoisonnement, il faudra faciliter le vomissement, et employer les décoctions de racines ou d’écorces astringentes.
Lesübor,
Professeur agrégé à la faculté de médecine.
akttiférist antique [pat h.), adj. On désigne par ce mot un mouvement de contraction des intestins , opposé à celui qui existe à l’état normal que l’on nomme péristaltique, et par lequel les matières contenues dans les cavités intestinales sont successivement portées de la bouche vers l’anus ; c’est par un mouvement autipéristaltique que le vomissement est déterminé , et , dans ce cas , les contractions intestinales ont lieu en sens inverse, c’est-à-dire de l’anus vers la bouche. Le mouvement antipéristaltique peut avoir lieu dans tout le canal intestinal, d’autres fois dans une seule portion de ce canal, > et c’est ce qui arrive le plus ordinairement dans le vomissement, où les matières alimentaires, en partie digérées, sont repoussées de l’estomac vers la bouche. (Y. Vomissement.) J. B.
antiphlogistiques (mat. méd.) , adj. et s. (du grec anti, contre, et phlogos, inflammation). Médicaments et autres moyens thérapeutiques desti- 1 nés à combattre la phlogose ou inflammation; • on l’emploie encore comme adjectif, et l’on dit traitement antiphlogistique. Cette dénomination ne comprend pas les médicaments dits contre-sti- I. mulants, quoique ces derniers soient destinés aussi à diminuer l’inflammation. Les antiphlogistiques i proprement dits comprennent l’emploi des émissions sanguines , soit au moyen de la lancette, soit au moyen des sangsues, des ventouses scarifiées, du bdellomètre, etc.; l’usage de tisanes gommeuses amylacées et mucilagineuses , de boissons
acidulés, de catasplasmes émollients, avec la farine de graine de lin , la mie de pain , la fécule de pomme de terre, etc. , les fomentations, les lotions, les lavements avec l’eau de mauve ou de guimauve ; les bains tièdes et surtout l’abstinence plus ou moins complète des aliments. Quoiqu’à une certaine époque on ait abusé de cette médication, en voulant guérir toutes les maladies avec des sangsues et de l’eau de gomme, il n’en est pas moins vrai qu’elle rend de grands services dans le traitement d’une foule d’affections, et qu’elle est un des moyens de guérisons sur lesquels on doit le plus compter, surtout pour combattre les phlegmasies. J. B.
antipsoriques. Remèdes contre la gale.
/V. Gale.)
antiputrides. (V. Antiseptiques.)
anti scorbutiques ( thérup .), adj. et subst. Les antiscorbutiques appartiennent presque tous à une même famille de plantes, les Crucifères. Ces médicaments sont non-seulement employés dans les affections scorbutiques, mais aussi dans les maladies scrofuleuses, et dans toutes celles où il est besoin de relever l’énergie de la constitution d’un sujet épuisé par des causes débilitantes extérieures; cependant on n’en peut faire usage avec avantage que lorsque les organes digestifs ont conservé leur état d’intégrité, car toutes ces substances sont plus ou moins stimulantes, et n’agissent qu’en excitant vivement la membrane interne de l’estomac; les amers et les acides jouissent aussi , à un certain degré , des propriétés auliscorbutiques. Dans ces derniers temps , on a découvert qu’un des moyens les plus avantageux de préserver les équipages des bâtiments qui tiennent longtemps la mer des atteintes du scorbut, étaient les pommes de terre employées en aliment, soit cuites, soit crues. M. Roussel de Vouzèmes, qui a publié des observations à ce sujet, a cité beaucoup d’exemples de vaisseaux employés à la pêche de la baleine, qui se sont préservés du scorbut par l’usage de cet aliment, et d’autres qui ont fait cesser le scorbut, qui s’était manifesté dans l’équipage, en se procurant des pommes de terre dans les relâches, ou par les bâtiments qu’ils rencontraient en mer.
Une des préparations antiscorbutiques que l’on emploie le plus ordinairement, est le vin antiscorbutique ; voici comme il se prépare : on met digérer pendant trente-six heures , dans une pinte de vin blanc, racine fraîche de raifort, coupée menue, une once , feuille fraîche de cochléaria, de trèfle d’eau, et graine de moutarde contuse, de chaque une demi- once; hydrochlorate à! ammoniaque, deux gros ; filtrez après la digestion, et ajoutez ensuite : alcool de cocliléaria, une demi-once. La dose de ce vin varie d’une à plusieurs onces par jour, suivant l'âge et la constitution des individus. (Y. Scorbut. )
antiscrofuleux. (V. Scrofules.)
antiseptiques ( t'hérap. ) ,adj. et s.( antiseptica ). Remèdes contre la putridité.
Ce que nous avons déjà eu occasion de faire remarquer dans i’ un de nos articles précédents (voy.
Anodins), nous le pourrions répéter encore au sujet des antiseptiques (anti , contre, et sépô , je pourris), savoir, que rien n’est plus irrationnel que de réunir, sous une même appellation, des médicaments si différents d’origine, de nature chimique, et de mode d’action sur les corps vivants. Les substances auxquelles on a recours pour s’opposer à la putridité sont si diverses, en effet, qu’il est de toute impossibilité de leur trouver la moindre analogie, sous quelque rapport qu’on les considère. Ainsi quels rapprochements pourrait-on établir entre des poudres absorbantes , des liquides aqueux, vineux , alcooliques , des plantes fades , acerbes, aromatiques, des matières de toutes sortes d’odeurs et de saveurs, des baumes, des gommes, des résines, des chlorures alcalins, des acides, des sels , des liqueurs inertes , insipides , amères, âcres, styptiques, etc.; quels rapprochements, disons-nous, est-il possible défaire entre des agents pharmacologiques aussi variés et aussi hétérogènes ?
Ce serait , certes, une très-grande erreur d’attacher quelque valeur à la qualification d’antiseptiques, donnée à une certaine classe de médicaments ; car tous le sont , selon l’usage qu’en sait faire un praticien habile. Les causes et les caractères de la putridité , ses espèces nombreuses et leurs traitements , sont si multipliés et si dissemblables, que les moyens qui réussissent dans un cas ne manqueraient pas d’en aggraver un autre. Rayons - donc définitivement du langage médical , déjà si encombré , cette expression éminemment vicieuse : nous le pouvons faire avec d’autant plus d’assurance, que les médecins les plus systématiques , quelle que soit d’ailleurs la théorie qui les préoccupe à l’égard de la putrij dité et du mode d’action des médicaments en général, s’accordent tous à reconnaître la nécessité de combattre cet épiphénomène morbide; et ajoutons que tous le font, à peu de chose près, de la même manière; de sorte qu’on voit très-fréquemment les idées théoriques les plus opposées ' se réconcilier au lit du malade, lorsqu’il s’agit du quidillifacere? F.-E. Plisson.
antispasmodiques (tliérap. ), adj. et s. [antispas- I modica). Ce sont des médicaments qu’on croit pro- 1 près à calmer les spasmes , ainsi que l’indique le nom qu’ils portent , formé de anti, contre, et de spasmos, spasme.
Les agents pharmacologiques dont il s’agit, et dont nous ne devons dire que quelques mots, appartiennent aux trois règnes de la nature. Ils n’offrent entre eux que des rapprochements assez éloignés, même en restreignant de beaucoup l’é-$ tendue de l’acception donnée au titre de anti spasmodiques, classe de médicaments dans laquelle on pourrait, à la rigueur, faire entrer toutes les substances usitées en médecine ; d’où il résulte qu’il existe une multitude de moyens susceptibles de combattre les affections spasmodiques, mais point du tout de remèdes antispasmodiques proprement dits, c’est-à-dire constants, assurés et uniformes dans leur mode d’action. Toutefois on est dans l’habitude de grouper, sous cette com-
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