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autant pour les fièvres adynamiques. L’aphonie qui n’est que le résultat de cris violents et prolongés , celle qui accompagne l’angine laryngée , le faux croup, ou même un simple rhume, disparaît souvent avec la maladie principale.
Aphonie idiopathique. Cette espèce d’aphonie affecte particulièrement les chanteurs, les orateurs et les comédiens. Il faut, pour la perfection de la voix, que toutes les parties qui servent à son usage jouissent de leur action la plus libre et la plus harmonieuse , soit dans le larynx où elle se forme, soit dans les fosses nasales, gutturales et buccales où elle se perfectionne ; et comme ces parties sont composées de cartilages articulés entre eux par des ligaments et des capsules qui sont lubrifiés par un véritable suc synovial provenant des glandes et des cryptes ; qu’elles sont formées de membranes, de nerfs, de muscles, et de vaisseaux sanguins et lymphatiques; chacune de ces parties pouvant alors être affectée seule ou conjointement à d’autres, il en résulte quelles peuvent être très-diversement altérées.
L’aphonie idiopathique peut être la suite de lésions de V arrière-bouche , ou d’inflammations aiguës et chroniques, simples ou pseudo-membraneuses, de la membrane muqueuse qui tapisse les voies aériennes. Les lésions principales de l’arrière-bouche qui peuvent produire l’aphonie sont : 1" le prolongement organique de la luette ; 2° le gonflement des amygdales.
Le voile du palais et les autres parties qui aboutissent à cet organe servent, dans le mécanisme de la voix, à modifier, d’une manière toute spéciale, les sons laryngiens, et concourent à la formation du timbre et du mordant de la voix. Le prolongement organique de la luette excite une envie continuelle d’avaler, nuit à la modulation des sons, empêche entièrement le chant, surtout dans les cordes hautes , et il rend même plus ou moins difficile la parole et le débit oratoire ; dans cette circonstance , le moyen le plus prompt et le plus efficace est l’excision delà luette.
M. Bennati, dans un travail présenté à l’académie des sciences , proposa la cautérisation de la luette, et, pour éviter d’introduire plusieurs fois le caustique dans la bouche, il inventa un portecaustique double , qui a pour but de cautériser la luette simultanément en avant , en arrière , en bas et latéralement. Cet instrument se compose d'un cylindre métallique qui en forme la principale pièce ; à l’une des extrémités, on adapte une sorte de cuiller destinée à recevoir le nitrate d’argent qui se couvre, ou se découvre à volonté, au moyen d’une lame mobile. M. Bennati pense que l’effet le plus remarquable de la cautérisation de la luette est d’exciter son muscle propre ( palato-slaphylin), et qu’ ainsi la voix, chez les chanteurs et les orateurs, gagne sous le rapport du timbre et de la sonoréité.
L’augmentation de volume des amygdales resserre plus ou moins l’isthme du gosier , et produit une voix rauque et voilée, et quelquefois l’aphonie complète. Si cette augmentation est accidentelle, comme cela peut avoir lieu après un rhume, il est rare qu’elle ne cède pas en très-peu de ;ours
au traitement antiphlogistique et sudorifique, mais lorsqu’elle résulte d’un vice scrofuleux, alors il faut recourir à l’extirpation. Cependant il y a des malades qui, effrayés de cette opération chirurgicale, ne veulent pas s’y soumettre; dans ce cas il faut recourir , dès le commencement de la maladie, aux gargarismes d’eau iodurée et aux | bains d’eau salée, et cautériser plusieurs fois avec | le nitrate d’argent les inégalités, plus ou moins | saillantes, des amygdales, qui empêchent de donner au tuyau vocal la forme nécessaire pour la modulation des sons.
Parmi les phlegmasies de la membrane muqueuse qui tapisse les voies aériennes, la plus fréquente est l'aphonie catarrhale. Dans cette espèce d’aphonie, il y a un gonflement plus ou moins inflammatoire de la membrane muqueuse, une congestion de matières glaireuses, glutineuses et albumineuses, quelquefois si condensées , qu’il en résulte des concrétions qui ont la consistance de fausses membranes , plus ou moins épaisses et compactes, comme dans le croup, mais moins considérables par leur volume , ce qui fait qu’elles peuvent gêner l’action des organes vocaux sans nuire, en aucune manière, à la respiration, comme fait le croup , et c’est pour cette raison , au dire de Portai, que ce dernier est presque toujours mortel.
Dans l’aphonie catarrhale aiguë, lorsqu’il y a rougeur et gonflement de la membrane muqueuse des voies aériennes, il faut d’abord faire usage de tisanes rafraîchissantes, de fomentations et cataplasmes émollients ; et si les phénomènes inflammatoires sont très-intenses, il devient nécessaire de recourir aux saignées générales ou locales, aux bains de pieds dans l’eau chargée d’acide hydro-chlorique, et aux vésicatoires volants sqr les parties antérieures et latérales du cou. Dans un cas d’aphonie complète , suite d’un rhume , nous avons employé , avec beaucoup de succès , les cendres chaudes placées autour du cou. Pour gargariser les parties malades, nous employons souvent une tisane d’orge et de figues, avec quelques gouttes de laudanum ; ce gargarisme, trèsancien et très-vulgaire , est celui qui réussit le mieux. Dans un pays de province, il y a quelques années , nous vîmes un médecin très-habile, partisan de la doctrine de Rasori, guérir une aphonie catarrhale , aiguë, très-intense, à l’aide de l’émétique, administré à très-fortes doses, et il nous assura avoir recueilli trois autres observations du même genre.
Dans l’aphonie catarrhale chronique, toutes les fois qu’il y a un relâchement de la membrane muqueuse, joint à l’atonie des organes modificateurs de la voix , il faut recourir à une médication révulsive et astringente, plus ou moins énergique. Notre ami et collègue, le docteur Fossati, dans ces aphonies catharrales chroniques, emploie avec succès les gargarismes de moutarde , ou il fait manger aux malades de la moutarde très-forte, préparée à la manière anglaise, sur les légumes ou la viande; en 1829, madame de Sp...., et en 1830 M. Cholet, de l’Opéra-Comique, en firent usage, et se guérirent en peu de temps. Cette