Rhodium
4® La première section, comprend les métaux qui ont une si grande affinité pour l’oxigène, qu’ils l’absorbent directement à la température ordinaire, et décomposent l’eau instantanément en mettant l’hydrogène en liberté.
2° Deuxième section. Métaux dont les oxides sont irréductibles par le carbone, sans action sur l’oxigène, sur l’air et sur l’eau, à la température ordinaire, décomposant l’eau à + 100®.
3° Troisième section. Métaux qui ne s’oxident qu’à l’air humide ou à une température élevée, décomposant l’eau à la chaleur rouge ; leurs oxides sont réductibles par le carbone. .
4° Quatrième section. Métaux qui ne décomposent l’eau ni à chaud ni à froid, mais qui absorbent l’oxigène à une chaleur rouge.
5° Cinquième section. Métaux qui ne décomposent l’eau ni à chaud ni à froid, absorbent l’oxigène au-dessous de la chaleur rouge ; oxides réductibles par le calorique seul.
6° Sixième section. Métaux qui n’absorbent l’oxigène à aucune température. Oxides produits par les réactions chimiques, et facilement réductibles par la chaleur.
Les métaux des deux premières sections formaient avec l’oxigène les composés connus autrefois sous les noms d’alcalis ou de terres.
L’histoire des principales substances métalloïdes ou métalliques, dont nous venons de donner la liste, a trouvé sa place dans ce dictionnaire. Nous avons marqué d’un astérisque (*) les substances dont il a été parlé ; en général, pour les métaux, ce sont les oxides qui ont dû nous occuper.
Nomenclature Chimique.
Il est fort difficile de comprendre les différentes expressions par lesquelles on désigne les divers composés chimiques, si l’on ne possède la langue toute spéciale à cette science, etqui a été introduite par les chimistes français à la fin du siècle dernier.
On appelle généralement combustibles tous les corps autres que l’oxigène, parce que la plupart d’entre eux, en se combinant avec celui-ci, peuvent donner lieu aux phénomènes ordinaires de la combustion, c’est-à-dire à un dégagement de calorique et de lumière. Cette
INTRODUCTION
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remarque, faite par Lavoisier, avait porté les chimistes du temps à donner le nom de corps Irûlés à ceux qui se trouvaient unis avec l’oxigène.
On donne aujourd’hui le nom d’oxydes aux combinaisons non acides de l’oxigène avec les corps. (Y. Oxyde.) Lorsque le composé est acide il prend le nom d’oxacide. Les oxydes, proprement dits, sont électro-positifs, c'est-à-dire qu’ils se portent au pôle négatif de la pile, tandis que les oxacides sont électro- négatifs et se portent au pôle positif. (V. Acide.)
L’hydrogène, en se combinant avec certains corps combustibles, donne lieu à des composés également acides, que l’on distingue sous la désignation générique d’hydracide. Ici, on met en avant le nom du corps auquel l’hydrogène est uni, suivi de la désinence hydrique , pour indiquer que le composé acide est iormé par l’hydrogène : aussi, le composé acide de chlore et d’hydrogène se nomme acide chlorhydrique , celui de soufre et d’hydrogène s’appelle sulfhydrique , etc.
Les oxacides et les oxydes se combinent pour former une classe particulière de corps composés, connus depuis longtemps sous le nom de sels. On désigne ces combinaisons sous des noms qui font connaître immédiatement quel est l’oxacide uni à l’oxyde, et à quel degré d’oxydation est celui-ci. Quand l’acide est en ique (cette terminaison indique l’acide le plus puissant, le plus oxigéné), on change cette désinence en ate; ainsi pour exprimer l’union de l’acide sulfurique avec l’oxyde de magnésium ou magnésie, on dit sulfate d’oxyde de magnésium ou sulfate de magnésie. Quand l’oxyde est au premier, au second, etc. degré d’oxydation, on l’exprime en faisant précéder le nom de l’acide terminé en ate par le mot proto ou deulo de l’oxyde; ainsi, le sulfate de protoxyde de fer, s’appelle proto-sulfate de fer, etc. Si le nom de l’acide était terminé en eux, il changerait, pour les sels, sa désinence en ite ; ainsi les sels formés par l’acide sulfureux sont des sulfites, etc. ; pour les hydracides, même chose; le composé salin d’acide hydrosulfurique et d’oxyde de cuivre se nomme hydrosulfate ou sulfhydrate de cuivre.
Le résultat de la combinaison de deux corps métalloïdes, ou d’un corps métalloïde et d’un métal (l’oxigène n’étant point un de ces deux corps), prend le nom de l’un des deux corps que l’on termine en ure, dont on fait un nom de genre , dont l’autre détermine l’espèce : ainsi la combinaison de chlore et de soufre se nomme chlorure de soufre ; une combinaison de soufre et de fer, sulfure de fer. Quand un métalloïde et un métal sont unis, on prend toujours le nom du métalloïde pour nom de genre, exemple : Yiodure de fer.
La combinaison étant un corps gazeux, on forme son nom de celui des composants, précédé du mot gaz et suivi du nom de l’autre composant terminé en é ; ainsi le produit de la combinaison de l’hydrogène avec le phosphore ou l’arsenic prend le nom de gaz hydrogène phosphoré, ou gaz hydrogène arseniqué.
La combinaison des métaux entre eux est connue sous le nom d’alliage , alliage d’or ou d’argent et de cuivre, etc. Quand l’un des métaux est le mercure, le produit se nomme amalgame , et on peut supprimer le mot mercure; ainsi, l’union de ce dernier corps avec l’or se nommera amalgame d'or.
Quant aux composés retirés directement des substances organiques , ou obtenus par les réactions chimiques qu’on exerce sur elles, on suit une autre marche pour les dénommer. La plupart des acides organiques empruntent leur nom delà substance végétale qui les fournit le plus ordinairement ; ainsi, l’acide de la pomme ( malum ) est dit acide malique ; celui du citron, acide citrique; celui de l’oseille (oxalis) acide oxalique, etc. Certains principes immédiats des végétaux qui peuvent se combiner avec les acides , comme les acides métalliques, jouer ainsi le rôle de base et former des sels, sont désignés par des noms qui rappellent la substance d’où ils proviennent et terminés en ine ; ainsi, on a nommé quinine la base organique des quinquinas; strychnine , celle de la noix vomique Istrychnos); d’autres fois , c’est à une de ses
INTRODUCTION
propriétés que la substance doit son nom : ainsi on a appelé morphine, de Morphée, dieu du sommeil, la partie active de l’opium.
Nous laissons de côté la théorie atomique qui explique, d’après les rapports en poids, suivant lesquels les corps s’unissent entre eux, comment les dernières molécules des corps s’unissent pour former les molécules des composés ; ce sont là des considérations qui se rattachent aux généralités de la chimie, et pour lesquelles nous ne pouvons que renvoyer aux traités spéciaux. Il nous reste seulement à noter que la chimie se partage aujourd’hui en deux grandes sections: la chimie minérale ou inorganique , qui traite des propriétés et des combinaisons des métalloïdes et des métaux ; et la chimie organique, qui a pour objet les compositions et décompositions des corps organisés, tels que les végétaux et les animaux. Nous avons noté les métalloïdes et les métaux dont on pourra lire l’histoire dans ce dictionnaire. Il nous reste à indiquer ici les principales substances végétales et animales qui ont été traitées dans différents articles. Nous citerons particulièrement les acides acétique, oxalique, tartrique, valérianique, prussique ou cyanhydrique, et leurs composés salins : les alcaloïdes, tels que la morphine, la codéine, le narcotine( Y. Opium), la strychnine (noix vomique), lavératrine, labrucine,la solanine (Y. Morelle), l’émétine (V. Ipécacuanha), l’hydrocaynine (Y. Jusquiame), la cinchonine et la quinine (V. Quinquina), etc. Parmi les principes neutres, nous citerons le sucre, le miel, la mauve, l’amidon (Y. fécule), les gommes, la salicine, le gentianin, etc., etc. Parmi les principes hydrogénés, nous avons consacré des articles spéciaux aux huiles, aux savons, aux résines, aux baumes , au camphre, etc., etc. Nous avons exposé avec soin les phénomènes de la fermentation et décrit avec détail l’histoire des principaux produits de fermentation, l’alcool, la bière, le cidre, le vin, le vinaigre, les éthers, etc. Relativement à la chimie animale, nous devons renvoyer aux articles albumine, caséum, osmazôme, urée, gélatine, chyle, sang, lymphe, bile, salive, larmes, sperme, urine, lait, beurre, graisse, etc.
Bien que dans cet ouvrage nous n’ayons eu à considérer les substances dont s’occupe la chimie que sous le point de vue de leur application à l’hygiène ou à la médecine proprement dite, nous n’avons pas moins fait connaître leurs principales propriétés et indiqué leurs caractères distinctifs : aussi, sous ce rapport, notre Dictionnaire peut-il offrir un résumé des principaux sujets dont traite la science chimique.
Quant à la minéralogie , elle n’a rien à offrir au médecin qui ne rentre dans l’étude de la chimie proprement dite.