‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 92 sur 316 · AP · texte numérisé non relu

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manière épidémique, les fosses nasales, le pharynx, la trachée-artère, l’œsophage et le reste du canal digestif en sont aussi le siège.

Les aphthes se manifestent indistinctement dans toutes les saisons. Ils affectent particulièrement les enfants qui ne sont plus à la mamelle, les jeunes gens et les adultes. Chez ces derniers, l’éruption est en général fort bénigne, et n’occupe guère que la langue , les joues ou la face interne des lèvres , qu’elle rend très-sensibles au plus léger contact; presque toujours elle est de courte durée et se dissipe spontanément ou guérit facilement par l’emploi des moyens que nous exposerons plus bas. Quelquefois cependant, elle est précédée et accompagnée d’un peu de fièvre, et coexiste alors le plus souvent, soit avec un embarras gastrique ou intestinal, soit avec une légère irritation des voies digestives.

Chez les enfants, les aphthes débutent assez fréquemment par un dérangement notable dans la santé, un malaise général, des frissons passagers, et une accélération variable de la circulation. Une sensation de chaleur, et même de brûlure , dans la bouche , une rougeur partielle , annoncent alors plus clairement le genre de maladie qui commence, et bientôt on aperçoit les aphthes qui, dans l’espace de quelques jours, envahissent les parties que nous avons dit en être le siège le plus ordinaire. La perte incomplète du goût et de l’appétit, la soif, la salivation, et la douleur que le moindre contact provoque ou exaspère , sont les symptômes les plus constants de cette affection , quand elle est très-étendue.

D’autres fois , au contraire, les aphthes sont isolés , peu nombreux , et , bien qu’ils soient accompagnés d’une assez grave douleur , ils ne donnent lieu à aucune réaction fébrile , et disparaissent en peu de jours , sans apporter de trouble appréciable dans la santé générale.

Le traitement des aphthes se compose d’applications locales et de moyens généraux; il est d’ailleurs subordonné à l’intensité de l’éruption , et aux maladies qui peuvent la compliquer. Dans les cas, heureusement les plus nombreux , et chez les adultes surtout, il est rare que le médecin soit consulté , cette légère affection se dissipant d’elle-même , sans aucun traitement ou sous l’influence de quelques lotions émollientes et acidulés. Mais , dans l’enfance , et lorsque les aphthes sont plus opiniâtres , quand il y a beaucoup de douleur et qu’il existe de la fièvre, on doit leur opposer des remèdes plus actifs. On insiste alors sur les gargarismes et les collutoires adoucissants et calmants, tels que les décoctions de racine de guimauve , de laitue , de pavot , le lait coupé, le petit lait, l’émulsion d’amandes, dont on seconde l’effet par des bains de pieds plus ou moins irritants ; des lavements laxatifs , des boissons délayantes ou aigrelettes, peu ou point sucrées; et l’abstinence des aliments solides pour éviter tout effort de mastication. Lorsque l’inflammation parait très-vive , et que le sommeil est agité , les bains tièdes m’ont paru surtout utiles. Dès que l’irritation locale est apaisée, il faut se hâter de substituer aux topiques adoucissants les

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astringents et les toniques. Une décoction de quinquina acidulée avec l’alun, le borax , ou le sulfate de cuivre; et mieux encore, quelques légers attouchements surlcs petites ulcérations, pratiqués à l’aide d’un crayon de nitrate d’argent, sont alors les moyens dont l’expérience a démontré l’efficacité. S’il existait des signes évidents d’embarras gastrique ou intestinal, il faudrait sans doute administrer un purgatif doux; mais, dans ce cas, comme aussi lorsque cette affection vient à se compliquer de symptômes plus graves, c’est au médecin seul qu’il appartient de juger des remèdes à mettre en usage. G. Blache.

Docteur en médecine , médecin du bureau central d'admission des hôpitaux.

aponévroses ( anat .), s. f. On appelle ainsi des lames de tissu fibreux servant à l’insertion, à la contention des muscles, à l’inflexion des tendons, à la protection étaux passages des nerfs et vaisseaux. La texture des aponévroses tient le milieu entre le tissu cellulaire et les tendons. Les couches d’un tissu cellulaire très-serré , sans graisse, ressemblent beaucoup aux lames du tissu aponévrolique lâche et léger. Les tendons et les ligaments peuvent être considérés à la rigueur comme des aponévroses très-grosses. L’aponévrose, dans son état moyen, se présente sous la condition d’une lame formée de fibres blanches, resplendissantes, nacrées, offrant, dans certaines d’entre elles, deux plans entrecroisés , une trame, et jouissant de la flexibilité , de l’inextensibilité , de la résistance , de l’insensibilité.

On rencontre des aponévroses de contention, près des muscles, remplissant un usage bien distinct, et susceptibles de déplacement lorsqu’ils se contractent. L’une des faces correspond au muscle que l’aponévrose de contention maintient, sans adhérence séparée, dans quelques points du tissu musculaire pour certains muscles , par un coussinet de graisse; par leur autre face, les lames aponévro tiques sont ou mobiles sur les tissus voisins auxquels elles ne tiennent que par des liens celluleux fort lâches, ou elles sont adhérentes par des prolongements fibreux courts, embrassant des intervalles qui contiennent fréquemment de la graisse.

Elles se présentent sous la forme de gaine , d’enveloppe , ou de simples lames , résistant par un seul côté; les os ou d’autres parties formant l’autre paroi de la gaine.

L’ensemble des aponévroses de contention constitue un système de cloisons qui divisent le corps humain en un grand nombre de loges , contenant des organes à part, et où se passent des phénomènes de vitalité que les barrières aponévrotiques isolent dans un certain degré.

Confondues en certain point, les couches aponévrotiques qui se multiplient dans des directions données, embrassent de nouveaux espaces , qui s’ouvrent pour recevoir d’autres parties.

Il en est qui forment des demi-gouttières, d’autres des anneaux.

Les aponévroses d’insertion sont fréquemment aussi aponévroses de contention. Dans l’orga-

nisme, on rencontre ainsi souvent simplicité de moyens et multiplicité d’effets; ce qui n’exclut pas non plus unité d’usage et pluralité d’organes.

Il est des aponévroses d’enveloppe qui ont elles-mêmes des muscles tenseurs.

La forme de celles-ci tend à devenir celles des tendons , c’est-à-dire à devenir fascicules , bien qu’on les rencontre aussi épanouies. D’un point commun, elles divergent dans quelques parties, comme autant de lames rayonnantes. Les muscles s’y joignent , soit à leurs surfaces, soit à leurs extrémités.

Celles qui protègent les vaisseaux et les nerfs, sont des arcades, des trous, qui ordinairement ne sont qu’un point d’une aponévrose plus considérable, qui sert d’ailleurs â envelopper où à fournir insertion aux muscles.

C’est avec les os, ou mieux le périoste, qui n’est qu’une gaine fibro-vasculaire, la fibre musculaire, le tissu cellulaire , le tissu dermoïde de la peau, que les aponévroses se terminent.

Quelques aponévroses méritent, par leur importance , d’être décrites à part ; tel est le fascia superficialis, qui existe dans les régions où la peau jouit d’une grande mobilité, et dans celles où existe une couche de vaisseaux et de nerfs souscutanés, et qui, enfin, se continue avec les aponévroses d’enveloppe, avec les gaines cellulo-fibreuses, qui sont particulières à chaque muscle , et enfin avec le tissu cellulaire sous-cutané.

A l’abdomen , ce fascia superficialis prend le nom d 'aponévrose sous-cutanée abdominale. Au-dessous de l’ombilic, il se divise en deux lames, dont l’une se fixe à l’arcade crurale, et même en passant au-dessous de l’aponévrose superficielle de la cuisse, pour se confondre à peu de distance avec elle; l’autre se prolonge, superficiellement à celle-ci, sur le membre abdominal; en dedans, elle descend sur les bourses , qu’elle enveloppe, et se perd au périnée.

Les membres supérieurs et inférieurs sont entourés d’une gaine aponévrolique qui , agissant comme une sorte de sangle, augmente la force des muscles qu’elle embrasse. De l’intérieur de cette gaine partent plusieurs cloisons servant à séparer un ou plusieurs muscles , ou bien, des nerfs, des artères. Les aponévroses étant peu extensibles résistent aux gonflements des muscles et autres organes qu’elles enveloppent, lorsque ceux-ci viennent à s’enflammer. Il en résulte une sorte d’étranglement qui peut aller jusqu’à produire la gangrène; de là la nécessité de débrider certaines plaies, surtout celles produites par des armes à feu. Ce débridement consiste à inciser avec un bistouri l’aponévrose qui s’oppose au gonflement, suite naturelle de l’inflammation. Pour la description des principales aponévroses, voyez leur nom particulier.

Sanson- Alphonse.

afonêvrotiqüe (anat.), adj. Se dit d’un tissu fibreux qui présente de l’analogie avec les aponévroses.

apophyse (anat.), s. f. du grec apo, de, et do pliuô, je nais; je nais de. On donne le nom d’apo-

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physe à des éminences osseuses, qui forment des j saillies ou des prolongements des os, et qui ser- > vent ordinairement à l’attache des muscles ou à j l’articulation des os. Dans l’enfance, ces apophyses ne sont pas continues avec le corps de l’os ; elles se développent par des points d’ossification séparés, et ne sont joints à l’os que par un tissu cartilagineux ; à cette époque de la vie, ces éminences ont reçu le nom d’épiphyse (je nais sur). Les apophyses sont nombreuses, surtout dans les os longs des membres qu’elles terminent ordinairement. Une des apophyses les plus saillantes du corps est celle qui forme cette pointe que l’on observe au coude; elle est formée par l’extrémité supérieure du cnbitus, et a reçu le nom d’apophyse olécrane. (Y. Os.) J. B.

apoplectique ( path .), adj., qui a rapport à l’apoplexie. On dit d’un individu qui a le col court, qui est replet, qui a un tempérament sanguin , et j qui est disposé aux congestions cérébrales , qu’il i a une constitution apoplectique. (V. Apoplexie.)

apoplexie (méd.),s.f.dugr. apoplettéin ou apoplessêin, frapper, maladie du cerveau caractérisée par une perte subite , complète ou incomplète du mouvement, du sentiment, et, dans la plupart des cas , de l’intelligence. Cette maladie reconnaît pour cause matérielle un afflux trop considérable du sang dans les vaisseaux du cerveau ( coup de sang), ou une déchirure partielle des fibres de cet organe , suivie d’un épanchement sanguin (hémorrhagie). Dans le premier cas, les accidens sont la suite de la compression du cerveau, compression résultant de la présence d’une plus grande abondance de sang dans les vaisseaux d’ailleurs intacts; dans le second, ils dépendent de la lésion des fibres cérébrales, jointe à la compression que le liquide épanché exerce sur les parties voisines. L’apoplexie survient-elle par le fait d’un coup de sang , on peut s’en rendre maître; quelque graves que soient les symptômes , le malade peut encore recouvrer la santé. Est- elle au contraire la conséquence d’une hémorrhagie, la paralysie à laquelle elle donne lieu durera toujours un certain temps; et si les désordres matériels sont considérables , ou portent sur des parties essentielles à l’entretien de la vie, la mort pourra avoir lieu au bout de peu de jours, en quelques heures, mais point aussi subitement que dans les ruptures des gros vaisseaux.

Du moins si, dans cette maladie, qui éclate avec la rapidité de l’éclair, il existait quelques indices qui pussent mettre sur la voie de son apparition prochaine , il deviendrait possible , par suite des progrès de l’art, de diminuer sensiblement le nombre des victimes qu’elle fait chaque jour; mais, malheureusement, à cet égard, l’apoplexie échappe aux investigations les plus rigoureuses, et les phénomènes désignés sous le nom de préludes ou prodrômes , la conformation du corps appelée constitution apoplectique, ne sont que de faibles données, des élémens bien vagues, pour se mettre en garde contre l’invasion de cette ter-

| rible affection. Cependant , comme l’expérience des médecins modernes n’a pas été sans jeter ■ quelque jour sur ce sujet, nous allons dire en quoi consistent ces conditions physiques, ces prédispositions , tout en avertissant qu’elles ne sont que d’une valeur secondaire , l’apoplexie survenant le plus ordinairement sans être précédée d’aucun symptôme, et frappant assez indistinctement les personnes qui présentent ou ne présentent pas les attributs qu’on a coutume de regarder comme prédisposant à cette maladie.

Parlons d’abord de la constitution dite apoplectique : une tête forte, un col court et volumineux, une poitrine large, un cœur très-développé, une taille au-dessous de la médiocre, un grand embonpoint, la figure habituellement colorée , devenant pourpré au moindre effort et pour peu que l’on se baisse ; les veines du col saillantes : tels sont les caractères propres à cette constiluj tion , bien que tous les jours cependant nous voyions périr d’apoplexie des sujets grêles, pâles et à taille élevée. Qu’on n’ajoute donc pas trop de foi à cette expression exagérée de constitution apoplectique; que les personnes qui en offrenlles apparences ne s’alarment point, ne se regardent pas comme vouées à une mort certaine ; la nature a pris soin de leur conservation, leur cerveau peut résister à des congestions répétées ; il n’y a point d’apoplexie , il n’y a point d’hémorrhagie sans une disposition toute spéciale que rien ne traduit au dehors ; mais, en revanche, que celles qui sontdansles conditions opposées n’aient point une confiance aveugle dans leur constitution antiapoplectique, et ne négligent point pour cela les règles de l’hygiène : les infractions pourraient leur coûter cher, surtout si une disposition innée existait chez elles, comme on le voit dans l’observation suivante , heureusement rare. Une dame, qui n’était encore âgée que de quarante -huit ans lorsque je lui donnai des soins, fut atteinte, pouç la troisième fois , d’une apoplexie, à laquelle cependant elle survécut. Elle avait vu mourir de la même affection son père, sa mère, un oncle, deux de ses tantes maternelles, et deux frères. Bien que j’aie perdu de vue cette malade, je ne doute guère que sa fâcheuse prédisposition ne lui ait été fatale.

Ce que nous avons dit de la constitution apoplectique , il faut en grande partie le répéter à l’occasion des causes. En effet, l’apoplexie frappe journellement des personnes qui ne se sont exposées à aucune des causes qui, chez d’autres, ont paru déterminer l’explosion de cette maladie. Mais comme la connaissance de ces causes peut, dans certains cas , nous aider à combattre et à atténuer leur influence, nous allons dire en quoi elles consistent.

L’apoplexie est très-rare dans l’enfance; on ne l’observe guère avant vingt ans. Sa plus grande fréquence est vers cinquante ans , et particulièrement de soixante à soixante-dix ans. Le tableau ci-joint , emprunté à l’un de nos meilleurs ouvra* ges sur l’apoplexie, portera la conviction dans l’esprit de chacun , sur l’influence qu’exerce l’âge avancé sur le développement de cette maladie

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Age.

Nombre de malades.

Il est inutile de remarquer, que c’est à l’hémor rhagie que dispose spécialement l’àge avancé, cet âge favorisant plus que tout autre les conditions matérielles et vitales qui préparent la rupture des fibres du cerveau, c’est-à-dire la diminution de cohésion des vaisseaux capillaires, l’ossification des parois artérielles de l’encéphale, et le travail morbide qui se fait souvent dans la substance cérébrale avant que n’éclate l’attaque d’apoplexie. En effet, quelque nombreuses que soient les congestions de sang vers la tète chez les enfants et les jeunes gens, on n’observe pas chez eux comme chez l'homme de soixante à soixante-dix ans, ces épanchements subits qui font le principal danger do l’apoplexie. Mais reprenons l’examen des causes de cette maladie.

Le sexe masculin parait, toutes choses égales d’ailleurs , plus sujet à l’apoplexie que le sexe féminin ; c’est ce que semblent établir les documents statistiques présentés à l’Académie des sciences, il y a peu d’années, par M. Falret: d’après un relevé portant sur deux mille deux cent quatrevingt-dix-sept apoplectiques observés à Paris depuis 1794 jusqu’en 1823, on comptait mille six cent soixante-dix hommes, et seulement six cent vingt-sept femmes.

Tout ce qui favorise les congestions de sang vers la tète dispose à l’apoplexie, comme toute congestion violente rend une attaque d’autant plus imminente, que l’on y est déjà plus prédisposé par sa constitution, par son âge, par la maladie du cœur désignée sous le nom (l’hypertrophie , par quelque affection chronique du cerveau ou de ses membranes, par une ou plusieurs attaques antérieures d’apoplexie, par l’existence de celte même hémorrhagie chez ses père et mère; et ces causes agiront avec d'autant plus de force qu’elles agiront plus brusquement, sans transition graduée , sans que l’habitude en ait tempéré 1 influence. Des émotions morales violentes et répétées, un accès de colère, le passage subit d'une température froide ou chaude à une température opposée , le séjour dans des lieux trop échauffés où un grand nombre de personnes se trouvent réunies, comme les salles de spectacles, les cours d’assises , etc., l’exposition à unsoleil trop ardent et la tête découverte, des excès de travaux intellectuels, l’usage d'un bain trop chaud, d’un bain de vapeur, ou même d’un bain froid lorsque la digestion n’est point encore terminée, certaines positions dans lesquelles la tête reste long-temps penchée en bas; des exercices forcés, comme l’action de courir, de tourner, de valser; des cris prolongés, les plaisirs de l’amour chez les personnes avancées en âge et immédiatement après le repas, laconstrictiondc la poitrine, des membres, ducol,. soit par des vêlements trop serrés, soit de tout

autre manière; l’abus des boissons alcoolisées ou des substances narcotiques, certaines asphyxies, une indigestion , le passage d’une vie active à une vie oisive , des privations à la bonne chère; enfin la suppression d’un flux sanguin périodique (règles, hémorrhoïdes , épistaxis), ou d’une saignée, d’une application de sangsues dont on a contracté le besoin; telles sont les circonstances qui facilitent le développement de l’apoplexie. Bien entendu que l’action de ces causes se fera moins ou même nullement sentir chez une foule de personnes peu ou point disposées à l’apoplexie. Ce ne sont donc point ces dernières, mais bien les autres qu’ici nous avons en vue , lorsque nous énumérons les causes qui, plus tard, nous serviront de base pour indiquer les précautions à prendre pour se préserver de celte maladie.

Bien que l’apoplexie , en général , éclate tout à coup sans symptômes précurseurs, ainsi que nous l’avons dit plus haut, il arrive quelquefois, cependant, qu’elle est précédée de phénomènes indiquant une congestion du cerveau, qui, sans se rapporter plus directement à l’apoplexie qu’à toute autre maladie de cerveau, sont cependant, pour un œil exercé, l’indice de la souffrance de cet organe. Mais comme il faut beaucoup d’habitude pour ce genre d’exploration , et comme des connaissances spéciales sont nécessaires pour interroger convenablement l’encéphale , je ne puis mieux faire que de renvoyer le lecteur à ce que j’ai écrit à ce sujet dans mon Manuel de clinique. Les prodromes les plus ordinaires de l’apoplexie consistent en pesanteur de tête, en vertiges, étourdissements, bourdonnements ou sifflements d’oreille , éblouissements, apparition de corpuscules rouges devant les yeux, vue double, battements incommodes des artères des teirpes ou du col, écoulement de sang par le nez, bien qu’on n’y soit point sujet, rougeurs instantanées ou permanentes de la face, ecchymoses subites delà conjonctive, des paupières, etc., engourdissements ou difficultés des mouvements dans les extrémités des membres, les pieds, les mains, embarras de la langue , gêne de la prononciation , assoupissement invincible; enfin, nombre de phénomènes variés se rapportant aux troubles de l’intelligence, de la sensibilité ou de la motilité, j Voici à quels signes on peut reconnaître une apoplexie: tantôt à la suite d’un ou de plusieurs des phénomènes dont il vient d’être parlé; tantôt, et c’est ce qui est beaucoup plus commun, sans qu’aucun de ces phénomènes ait existé , un sujet présentant ou ne présentant pas une des prédispositions énoncées plus haut, s’étant trouvé exposé ou n’ayant point été exposé à l’une des causes que nous avons fait connaître, est frappé subitement, et souvent au moment où lasanlésemble la plus parfaite , d’une paralysie qui peut porter sur le bras et la jambe du même côté du corps, ou sur l’un de ces membres isolément. Si c’est le membre inférieur d’un côté qui est paralysé, la jambe fléchissant sous le poids du corps qu’elle ne peut plus supporter, le malade tombe de ce même côté. Enfin cette attaque de paralysie s’accompagne , en général , d’une perte complète ou

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incomplète de l’intelligence ou des sens, qui peut être durable , ou momentanée seulement. Lorsqu’on observe avec quelque attention le malade , on s’aperçoit que la peau qui recouvre les parties paralysées a totalement ou incomplètement perdu sa sensibilité , ce qu’il est facile de constater en touchant les membres et en les pinçant. Lorsqu’on soulève la tête, le bras, la jambe du même côté, et qu’on les abandonne ensuite à euxmêmes, on les voit retomber comme des masses inertes; si l’on palpe ou si l’on plie les membres, on les trouve dans un état de flaccidité inaccoutumée; examine-t-on la figure, qui tantôt est rouge, tuméfiée, violacée, tantôt pâle, affaissée, on remarque que la bouche est presque toujours contournée; la commissure des lèvres du côté paralysé est alors pendante, abaissée, et la commissure opposée tirée en haut et en dehors , effet qui devient bien plus remarquable lorsque le malade, n’étant pas entièrement privé de connaissance , fait des efforts pour parler, ou que n’ayant plus l’usage de ses sens, on le force à crier en le pinçant du côté sain. La pointe de la langue est dirigée du côté paralysé, l’aile du nez correspondant à ce même côté est plus ou moins accolée contre la cloison ; la paupière supérieure est abaissée sur le globe de l’œil; la joue, toujours du côté paralysé , est dans un état de relâchement, et l’aspiration de l’air se faisant sans le concours du muscle buccinateur, celui du côté sain agissant seul, le malade semble fumer; enfin la tête est penchée du côté sain par suite du défaut d’action des muscles du cou du côté opposé, qui sont paralysés.

Si l’attaque d’apoplexie est très-forte , le malade ne répond à aucune espèce de stimulation; il reste plongé dans un assoupissement dont rien ne peut le tirer, carus; si elle l’est moins, il peut accuser une douleur de tête, en général du côté opposé à la paralysie , comprendre une partindes questions qui lui sont adressées, et chercher à y répondre soit par quelques paroles plus ou moins péniblement articulées , soit par des gestes faits avec la main restée libre , l’intelligence étant plutôt affaiblie dans l’apoplexie que désordonnée, comme on l’observe au contraire dans quelques autres maladies du cerveau. Lorsque l’attaque est violente, les deux côtés du corpssontsimultanémentparalysés; la respiration, profondément altérée, devient lente , difficile, bruyante, stertoreuse; et si l’on s’obstine à faire boire le malade , sans prendre les précautions convenables, sans avoir le soin de ren- ! verser la tête en arrière, et de se servir d’une cuillère, le liquide tombe dans le larynx et peut même entraîner la suffocation. Quant à l’état du pouls , il change peu : il reste en partie ce qu’il est en i santé; il est seulement plus lent et plus plein. Il devient insensible si la mort est imminente. Enfin, chez quelques personnes, il se fait au moment de l’attaque une évacuation involontaire des urines et des garde-robes; ou bien des nausées, des vomissements ont lieu, ce qui donne souvent le change et fait croire à une indigestion. L’apoplexie ne se présente pas toujours avec un appareil de symptômes aussi graves; elle peut

n’être suivie que d’une simple paralysie delà bouche, de la langue, d’une paupière, d’un bras, ou ne s’exprimer que par de la difficulté ou une impossibilité de parler; ces divers phénomènes existent seuls ou se trouvent liés avec d’autres troubles cérébraux. Mais , nous le répétons , les symptômes les plus ordinaires de l’apoplexie sont la paralysie d’un seul côté , paralysie qui peut même être très-rigoureusement limitée à la moitié géométrique du corps , comme nous l’avons observé chez un homme dont nous avons ailleurs rapporté l’histoire [Clinique de l’Hôtel- Dieu de Paris, 1827). Chez ce malade, une lignepartant du sommet de la tête, et se dirigeant le long du front et de la face, passant sur le milieu de la langue, au devant de la poitrine et du ventre, puis se contournant vers la partie inférieure et postérieure du tronc pour aboutir à son point de départ, partageait le corps en deux moitiés égales, et avec une précision telle, qu’à moins d’une ligne de distance, c’est-à-dire d’un poil à l’autre , sur la ligne médiane, la sensibilité de toute l’étendue de la peau était entièrement différente de ce qu’elle était du côté opposé. J’ai cité ce fait parce qu’il est peut-être unique dans la science.

Enfin la paralysie peut frapper en mêmetempsles quatre membres, et épargner cependant l’intelligence. Dans ce cas, le cerveau est resté intact, et l’hémorrhagie s’est faite dans la moelle épinière.

Un caractère tout-à-fait spécial de l’apoplexie, c’est que dans cette maladie la paralysie acquiert immédiatement son plus haut degré d’intensité; après l’attaque, la paralysie suit une marche décroissante, puis se dissipe complètement en quelques heures, ou en très-peu de jours s’il n’y a eu que congestion, tandis qu’elle se prolonge, au contraire , un temps plus ou moins long , mais sans augmenter, s’il existe une hémorrhagie. Lorsqu’il survientune nouvelle paralysie, c’est qu’ün nouvel épanchement de sang s’est opéré.

On voit, d’après ce que nous venons de dire, qu’une violente attaque d’apoplexie , accompagnée de paralysie des deux côtés du corps et de perte complète de connaissance, toute terrible, tout effrayante qu’elle paraisse, peut cependant être suivie d’un danger moins réel qu’une paralysie complète d’un seul côté ; c’est que l’une, dépendant quelquefois d’un coup de sang, pourra céder à un traitement bien dirigé ; tandis que l’autre, reconnaissant pour cause une hémorrhagie, aura toujours une durée nécessairement longue et une issue souvent douteuse.

L’apoplexie doit-elle avoir une terminaison funeste ; l’assoupissement augmente, l’insensibilité devient générale, la respiration s’embarrasse de plus en plus , et le malade s’éteint sans recouvrer sa connaissance. La congestion est-elle trop faible pour tuerie sujet, ou bien a-t-elle été combattue à temps opportun ; la paralysie se dissipe, et la connaissance se rétablit assez promptement. Le peu d’étendu» de l’hémorrhagie est-elle compatible avec le retour à la santé; les phénomènes dont nous avons offert le tableau perdent successivement de leur intensité , l’apoplectique recouvre l’usage de la parole , l’intelligence reprend son

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activité ; mais souvent aussi ces diverses fonctions ne s’exécutent plus que très-imparfaitement, les membres paralysés restent impotents, l’intelligence est réduite à l’instinct de la brute, la parole n’est plus qu’un bredouillement à peine intelligible, ou les facultés, ces plus belles prérogatives de l’homme, n’offrent plus qu’une foule d’anomalies souvent aussi curieuses que bizarres. Nous ne pouvons nous refuser à rapporter une de ces singularités de langage, unique peut-être dans les fastes de l’art , et que j’ai fait connaître il y a quelques années. Un homme d’affaires, âgé de cinquante-quatre ans, est frappé d’apoplexie après un souper copieux. La bouche et les membres inférieurs d’un côté du corps sont paralysés ; une saignée pratiquée à l’instant même arrête les accidents; la santé ne tarde pas à se rétablir. Cependant, quelques mois après cette première attaque , une nouvelle paralysie de la langue a lieu; plusieurs applications de sangsues sont faites; le malade recouvre l’usage de la pax ole ; mais il a perdu la faculté de désigner les choses par leur nom : il appelle un encrier, un cheval, une plume un drap, une main une tasse, etc.; cependant lorsqu’on l’engage à écrire les noms de ces divers objets , il les écrit parfaitement; seulement il lui est impossible ensuite de les lire , il les estropie ou en dit d’autres ; et cette anomalie du langage ne tient pas à l’impossibilité de prononcer ces mêmes mots , car un instant plus tard la langue se délie pour ainsi dire , et le malade les articule trèsdistinctement, sauf qu’il les applique à des objets différents. Je lui demandais s’il souffrait de la tête , il me répondit : les douleurs ordonnent un l’avantage. Lui ayant fait écrire sa réponse, il écrivit très-correctement : Je ne souffre pas de la tête. ( Revue Médicale , 1825. Tom. IL)

Actuellement que j’ai fait savoir en quoi consiste l’apoplexie et à quels signes on peut la reconnaître, je vais tracer, en peu de mots, les changements successifs qui s’opèrent dans la partie où siège l’hémorrhagie , opération merveilleuse de la nature , et qui fera comprendre mieux que de longues paroles le besoin de ne rien faire qui puisse contrarier ce travail curatif; d’où la nécessité de se soumettre patiemment aux ordonnances du médecin, et surtout de se prémunir contre ces mille et mille traitements réputés anti-apoplectiques prônés par l’ignorance , et dont le moindre inconvénient est de retarder la guérison , quand ils n’entraînent pas des dangers irrémédiables.

Peu de temps après que le sang s’est épanché , que le liquide soit réuni dans un seul foyer, ou qu’il occupe plusieurs cavités dans le cerveau, un caillot se forme, c’est-à-dire que la partie solide du sang se sépare de la partie séreuse ; la présence de ce corps étranger appelant un nouvel afflux d’humeurs dans les parties voisines, celles-ci, jointes à la sérosité du sang, délaient, dissolvent le caillot , et le réduisent, avec le temps, à un volume bien moindre de ce qu’il était primitivement; elles finissent même par l’amener à une espèce de petit noyau fibreux, dont la présence n’excite plus aucune espèce d’irritation tant que dure ce tra-

vail, qui pour son accomplissement exige des mois , des années; les parois de cette cavité apoplectique se resserrent et prennent de la densité à mesure que d’une autre part s’opère l’absorption de la sérosité et des débris du cerveau et du caillot; enfin une cicatrice linéaire ou un petit kyste, renfermant une sérosité roussâtre et les restes du caillot , succède à la déchirure qui avait existé; c’est ainsi que se trouvent réduites à presque rien des altérations matérielles qui d’abord avaient paru au-dessus des ressources de l’art.

Traitement. Ce dont il faut bien se pénétrer, c’est que, dans l’apoplexie, le succès du traitement dépend en grande partie delà rapidité avec laquelle les premiers secours sont administrés ; lors donc qu’une personne sera frappée de paralysie , que celle-ci porte sur un ou plusieurs membres, et qu’elle s’accompagne ou non d’une perte de connaissance, il faut, après avoir placé le malade sur son séant et la tête élevée, le dépouiller promptement de ses vêtements, et pratiquer une saignée de trois à quatre palettes au bras de préférence , et du côté non paralysé , la saignée du bras étant toujours plus facile et plus expéditive. S’il n’existe encore qu’une congestion, la saignée pourra la dissiper; si l’hémorrhagie est effectuée, elle en arrêtera les progrès. En tout cas , elle aura toujours l’avantage de désemplir les poumons, et de donner du jeu à la respiration, précaution d’autant plus urgente , que c’est par la suspension de cette fonction que périssent généralement les apoplectiques. L’état de pâleur de la figure , la faiblesse du pouls , ne sont point des raisons pour ne pas tirer du sang ; on ne se dispenserait de cette opération que si la main ou mieux l’oreille appliquée sur la région du cœur ne pouvait sentir les battements de cet organe; et dans ce cas, on chercherait à ranimer la circulation par des frictions sur la poitrine, avec de l’eau de Cologne ou toute autre liqueur spiritueuse , ou bien en introduisant dans la bouche une cuillerée à café d’eau de mélisse pure , ou d’eau avec quelques gouttes d’ammoniaque , etc.; mais dès que les battements du cœur reparaîtraient, on pratiquerait la saignée. Si le malade ne reprend pas connaissance après la saignée, on peut, en attendant le médecin, placer une vingtaine de sangsues aux côtés du cou, puis recouvrir la tête avec des compresses trempées dans de l’eau vinaigrée très-froide , en ayant soin de renouveler constamment ces compresses dès qu’elles se réchauffent. L’attaque d’apoplexie qui se déclare après un repas copieux, et qui alors reconnaît pour cause ordinaire une indigestion , réclame également le secours de la saignée immédiate. C’est un préjugé dangereux de croire que la plénitude de l’estomac s’oppose à cette opération; au contraire, le vomissement n’en sera que plus facile et s’accompagnera de moins d’efforts, circonstance capitale , car ces efforts augmentent la congestion du cerveau. Si la paralysie se borne à un simple embarras de la langue , à la déviation de la bouche , à l’engourdissement d’un membre , à de la pesanteur de tête , ou à tout autre accident semblable, on pourra ne faire usage que de bains de pieds , appliquer des compresses froides sur

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le front, et mander promptement le médecin.

Tout ce que je viens de dire, je l’espère , suffira pour faire sentir à chacun l’indispensable nécessité de saigner promptement dans l’apoplexie, aucun dérivatif n’élant assez puissant pour détourner le sang qui fait irruption vers le cerveau; les bains de pieds , les sinapismes , les lavements purgatifs, précieux plus tard, sont alors insuffisants et nuisibles même par le temps qu’ils font perdre; tout délai peut entraîner la mort, comme on peut s’en convaincre par le fait suivant : Un homme de lettres, âgé de quarante-six ans , de petite taille, replet, menant une vie sédentaire, fut pris , en parlant en public , d’une violente douleur de tête, laquelle cessa bientôt; cependant il n’interrompit pas son discours : à peine eut-il terminé , qu’il se trouva mal ; des vomissements survinrent , et la douleur de tête reparut. De retour chez lui , c’est-à-dire une heure après l’attaque, ce malade fut saigné , mais il était trop tard ; il succomba le lendemain matin. Un épanchement sanguin existait à la surface du cerveau.

Quant au traitement préservatif, il doit nécessairement découler de la connaissance des différentes causes qui favorisent l’apparition de l’apoplexie, causes que nous avons étudiées plus haut. Ainsi, les personnes qui, vu leur constitution, auraient sujet de craindre une attaque de paralysie ; celles , qui, arrivées à l’âge de cinquante ans, auraient déjà offert quelques-uns des phénomènes que nous avons désignés sous le nom de préludes, et à plus forte raison celles qui seraient nées de parents apoplectiques ou auraient elles-mêmes déjà eu des atteintes d’apoplexie , ces personnes, disons-no: , devront se soumettre aux précautions suivantes . Elles vivront sobrement, ne feront usage ni devin pur, ni de liqueurs spiri tueuses, etc., et éviteront de souper, comme de surcharger leur estomac ; elles se mettront en garde contre toutes les rotions subites et violentes de l’âme, l’impatience, la colère; elles s’abstiendront, après le repas, de tout travail intellectuel , de toute lecture prolongée , et même pour peu qu’elles éprouvent un peu de pesanteur de tête, elles discontinueront leurs occupations; elles auront la précaution de ne point s’exposer à un soleil ardent, ni de rester dans des appartements ou autres lieux trop échauffés, et où un grand nombre d’individus sont réunis, comme dans les théâtres; elles habiteront, de préférence , des localités plutôt fraîches que chaudes; elles ne feront point usage des bains de vapeur, des bains froids , et prendront leurs bains tièdes; les vêtements seront larges, surtout au cou, et sans être trop chauds ; ces personnes se coucheront la tête haute, et sur un oreiller de crin; elles se priveront, surtout lorsqu’elles seront avancées en âge , des plaisirs de l'amour, et notamment après le repas; elles ne se livreront à aucun exercice forcé, course, valse, etc.; mais elles feront avec avantage , chaque jour, de petites promenades à pied ou en voiture; le ventre sera maintenu libre , à l’aide de quelques boissons légèrement laxatives, comme le bouillon de veau, le bouillon aux herbes , ou simplement par des lavements, car la constipation favorise les conges-

| tions vers la tête. Si le malade a contracté l’habitude d’une saignée, ou s’il est sujet à un écoulement sanguin périodique, il devra respecter ces sujétions qui pour lui sont les garanties de sa santé. Une saignée de précaution pourrait devenir utile, s’il se développait accidentellement un état pléthorique, ou s’il existait une hypertrophié du ventricule gauche du cœur; mais ce sera le cas de consulter le médecin : celui-ci seul pourra décider si cette opératien est urgente, ou s’il faut se contenter de diminuer le régime alimentaire. Enfin ,

I on se rappellera , dans l’exécution de ces diverses j règles d’hygiène , qu’il faut toujours avoir égard aux habitudes existantes. Mais, nous ne pouvons trop le répéter aux personnes que nous désirons éclairer, on chercherait en vain contre l’apoplexie des préservatifs dans des traitements variés, quand on néglige les règles d’une sage hygiène. « Tous les autres secours de la médecine sont trompeurs; un seul est efficace dans tous les temps et dans toutes les circonstances. On le trouvera dans un régime sagement ordonné, et dans le calme heureux et raisonné de l’âme , que ne troublent ni la crainte de la mort , ni les succès, ni les revers. » ( Lancisi.) Terminons en relevant un préjugé assez ordinaire chez les apoplectiques: fréquemment on voit ces malades se rendre aux eaux thermales de Bourbonne ou autres semblables, par ce motif qu’ils sont affectés de paralysie; mais il faut bien faire attention que ces eaux, si précieuses dans les paralysies suites de rhumatismes ou de blessures , peuvent devenir fort dangereuses dans les paralysies résultant de l’apoplexie, car elles favorisent singulièrement les 'ci ) gestions cérébrales.

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