‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 93 sur 316 · L. Marunet · texte numérisé non relu

L. Marunet

Professeur agrégé, ancien chtf de clinique de la Faculté de Paris , à l’Hôtel-Dieu.

apostème {path.), s. m. (du grec apostêma, dérivé de aphistémi, abcéder). Nom donné par les anciens aux abcès, ainsi qu’aux tumeurs qui paraissaient en avoir le caractère ; il n’est pas employé.

apothicaire. V. Pharmacien.

apozème ( pharm .) , s. m. (du grec apozéïn, bouillir). On donne ce nom à un médicament liquide préparé par la décoction ou l’infusion de substances ordinairement végétales. On prépare des apozèmes purgatifs , amers, fébrifuges , etc. La plupart des tisanes sont des apozèmes. (Y. Tisane.) J. B.

appareil ( chir . ), s. m. Assemblage méthodique des objets nécessaires à un pansement ou à une opération quelconque ; on désigne encore sous le même nom les pièces appliquées d’un pansement ; c’est dans ce sens que l’on dit : lever ou poser le premier appareil. Par extension on nomme aussi appareil , dans les hôpitaux , la boîte ou le plateau à compartiments qui renferme les compresses, bandes, charpie, fils cirés , bandelettes agglutU natives, etc., servant aux pansements. Pris dans le premier sens, l’appareil destiné à une opération peut être préparé longtemps d’avance, ou quelques instants seulement avant d’agir. Il serait à désirer que les médecins eussent toujours chez

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eux tout prêts les appareils propres à la fracture des os de la jambe, de la cuisse ou du bras; en effet , dans ces accidents qui sont si fréquents, on est souvent long-temps à fabriquer et à réunir les bandelettes, attelles et autres pièces nécessaires. Avant de pratiquer une opération sanglante, le chirurgien doit lui -même disposer ses instruments et ses pièces à pansement; tous les accidents qui pourraient survenir pendant qu’il opère doivent être présents à sa mémoire , afin qu’il n’oublie rien de ce qui est nécessaire ; une précaution qu’il ne doit pas négliger , c’est de faire rougir à blanc un petit fer à cautériser, dit cautère en roseau, très-utile quelquefois pour arrêter une hémorrhagie inquiétante.

Appakeil ( physiol .), en physiologie on entend par ce mot l’assemblage de plusieurs organes concourant à un même but ; ainsi on appelle appareil digestif l’ensemble des organes, tels que la bouche, les amygdales, l’œsophage, l’estomac, le foie , les divers intestins, etc., qui concourent à la digestion etàl’absorption delà partie nutritive des aliments ; les organes chargés des diverses fonctions de la vie sont eux-mêmes composés de tissus. ( Voyez les mots Organe et Tissu.)

appendice (mat.) , s. m. (de appendere pendre, tenir). On désigne sous ce nom un prolongement mince d’un organe qui est libre dans toute son étendue excepté dans le point où il adhère à ce même organe : les appendices sont aux organes ce que les apophyses sont aux os. Il existe divers appendices , celui que l’on a nommé xiphoïde forme un prolongement cartilagineux qui termine le sternum en bas, c’est ce que les bonnes femmes appellent le bréchet de l’estomac. L’appendice vermiculaire du cæcum est un petit prolongement du cæcum dont les fonctions paraissent sans im- j portance : souvent il a déterminé des étrangle- ! raents internes en embrassant des anses intestinales. Il existe aussi à la surface des gros intestins de petits prolongements qui ont reçu le nom d’appendices intestinaux. J. B.

appétence (physiol.), s. f. (de appetere désirer). J C’est le sentiment qui fait désirer les substances propres à l’alimentation; l’appétence est le premier degré de l’appétit , c’est un besoin vague et j moins vif que l’appétit; c’est celui que ressentd’abord un convalescent à la suite d’une longue maladie ; c’est ordinairement un fort bon symptôme que de voir le malade avoir de l’appétence pour les aliments. (V. Appétit.)

Dans certaines maladies ou dans l’état de grossesse , on voit quelquefois ce sentiment perverti et se diriger sur les objets les plus étrangers et les moins propres à l’alimentation. J. B .

appétit (physiol.), s. m. L’appétit ou le désir d’ingérer des aliments commence avec l’existence, et persévère toute la vie , comme le plus impérieux des instincts ; soumis à une décomposition | incessante , le corps avait un indispensable besoin de réparation ; de là le désir instinctif de substan-

ces nourrissantes et restaurantes. Si manger eût été seulement une œuvre d’expérience et de raison , bien souvent on eût oublié qu’il fallait se nourrir pour vivre. Mais quel' est le siège de l’instinct qui nous fait appéter les aliments? Tout porte à croire qu’il est dans l’estomac qui sollicite le cerveau et appelle le concours de la volonté. Sans doute , en pareil cas , l’estomac n’est que l’écho d’un besoin de tout l’organisme ; mais c’est dans la région même qu’il occupe que se manifeste un sentiment d’impatience, de malaise , qui peut aller jusques à la plus vive souffrance, et que l’introduction de substances alimentaires fait cesser en quelques instants. La mesure des aliments est naturellement donnée par la seule satisfaction de l’appétit luimême ; mais que de fois les raffinements , les artifices de la cuisine donnent le change pour les véritables sollicitations de l’instinct I On mange avec plaisir encore et non plus avec appétit, le sens du goût est flatté, l’estomac ne désire plus et laisse faire. Il est constant que les hommes, même habituellement sobres, prennent plus d’aliments que d’ordinaire , quand ils assistent à un repas recherché; ils le savent fort bien et plusieurs le redoutent. Cependant, pour les estomacs sains, ces épreuves, moyennant quelque modération dans la fréquence et la dose, ne sont pas redoutables; et du reste chacun doit posséder sa propre expérience à cet égard. Pour les personnes habituées à tenir ou fréquenter bonne table, il est un talent particulier qu’un gastronome célèbre a qualifié en ces termes : manger avec esprit. Ces mangeurs spirituels qui n’apportent point de distraction à table savent s’arrêter avant la satiété , le dégoût. Ils font un choix restreint avec discernement, ou goûtent discrètement de toutes les bonnes choses, et se ménagent ainsi la jouissance avec la faculté de faire deux bons repas en un jour. Ceux-là ne connaissent point les indigestions ; car, selon eux, il y a à s’indigérer moins de malheur que de sottise. Mais laissons ces idolâtres et ces favoris de Cornus pour nous occuper des mangeurs plus vulgaires et de l’appétit sous d’autres points de vue.

La bouche est la principale cause de nos maux; la cuisine a tué plus de monde que l’épée , a-t-on dit fort anciennement, et répété d’âge en âge. Il y a de l’exagération peut-être , mais c’est certainement une vérité. L’instinct qui veille au développement et à la recomposition de notre corps, celui par conséquent qui se lie le plus étroitement à notre existence , l’appétit , a été provoqué , abusé , perverti par l’art culinaire. Nous ne parlerons pas de nouveau du luxe, de la recherche, de la variété des aliments dont la séduction est toujours à craindre pour les tempéraments faibles, les sujets valétudinaires , et même les personnes voraces. Mais l’habile préparation d’un seul aliment, le mélange de deux ou trois qui ne devraient jamais se trouver ensemble, ont causé bien des indigestions, fourni un chyle mal élaboré, et préparé de longue main des maladies nombreuses. Plus l’alimentation s’éloigne de la simplicité naturelle, plus il est difficile de distinguer l’appétit de la sensualité. Et cependant quelle différence de satisfaire l’un ou l’autre ! Dans le premier

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