‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 95 sur 316 · ARC · texte numérisé non relu

ARC

cérébrale. Dans une autre maladie de cette mem- | brane la sécrétion ordinaire de la sérosité est aug- ' mentée,et il en résulte une accumulation deliquide, formant une hydropisie, connue sous le nom d’hydrocéphale. (V. ces divers mots.) J. B.

araignée ( zool. ), s. i.{aranea). genre d’insectes très -connus , qui appartient à la famille des arachnides , embranchement du règne animal , que beaucoup de naturalistes séparent des insectes proprement dits, et qui renferme , parmi les animaux utiles à connaître sous le point de vue médical , l’acarus et le scorpion. Les araignées ont pour caractère distinctif d’avoir huit pattes, une tête réunie au corselet , six à huit yeux lisses et un abdomen distinct ; leur forme hideuse inspire en général le dégoût , et même quelques femmes ont une telle aversion pour ces insectes , qu’elles se trouvent mal à leur seul aspect. L’astronome Lalande ne partageait pourtant pas cette répugnance , lui qui avait contracté l’habitude d’en saisir et d’en avaler de temps en temps : on a vu des jeunes filles chlorotiques avoir aussi ce goût bizarre. L’étude de ces animaux est des plus intéressantes ; on connaît leur industrieuse adresse , l’art avec lequel ils tendent des pièges à divers insectes. Une espèce des pays chauds, qu'on nomme oviculaire , attaque même de très-petits oiseaux; leur voracité est telle que souvent ils s’attaquent entre eux , et que quelquefois , après l’accouplement, la femelle, qui est toujours plus forte que le mâle, le dévore si celui-ci ne se hâte de fuir. Il existe un grand nombre d’espèces d’araignées; on en compte près de deux cents seulement aux environs de Paris ; la plupart habitent les bois , quelques-unes sont aquatiques.

Il n’est pas très-rare qu’on soit piqué par des araignées; mais il résulte de l’observation de tous les médecins qu’au moins dans nos climats, cette blessure est â peu près sans danger. Glerck , Lebon, Degeer, se sont fait pincer exprès par plusieurs espèces, et n’unt éprouvé qu’une légère douleur pareille à celle qui suit la piqûre du cousin ; lorsque cette piqûre a été suivie d’accidents, on doit plutôt les attribuer à la frayeur et au saisissement de la personne atteinte, qu’à la blessure elle -même. Nous parlerons plus loin des fables et du merveilleux auxquelles a donné lieu une araignée de la Calabre , qu’on nomme la tarentule.

L’araignée domestique (a. domestica ) , la privée (a. civilis), la soyeuse [a. marina), qui habitent communément nos maisons, ne paraissent pas dangereuses; il en est de même de cette espèce dont les longues pattes ressemblent à celles du faucheux , et qui se tient surtout aux plafonds de nos appartements, où sa transparence empêche de l’apercevoir; c’est l’araignée phalangiste ( a.pha langroides. )

On devrait peut-être plutôt se méfier de l’araignée atroce (a. atrox), qui a pour caractère : abdomen noir avec une tache quadrangulaire noire bordée de jaune ; elle habite dans les trous des murailles , dans les fentes des fenêtres et des boiseries ou elle se construit un nid cylindrique. On a remarqué qu’il suffisait qu’elle eût saisi un insecte

pour que celui-ci mourût, lors même qu’elle l’avait abandonné. Le caractère de ces araignées est tellement féroce que j’ai vu de jeunes sujets privés de nourriture dévorer leur mère. L’araignée lucifuge (a. lucifuga) ; elle se tient dans les caves. L’araignée perfide {a. perfida) ; elle est brune, munie de grandes mandibules d’un bleu brillant métallique; on la trouve dans les lieux humides. L’araignée tarentule; elle est aussi brune, velue, grosse comme un gland, d’après Baglivi; on voit sur l’abdomen des lignes dorsales formées detachestriangulaires. Cette espèce est fameuse par les fables auxquelles elle a donné lieu ; on prétendait que les individus qui en avaient été mordus étaient frappés peu après d’une maladie nerveuse, dont le caractère le plus saillant était un désir insatiable de la danse. Cette affection se trouve même désignée dans quelques livres sous le nom de tarentisme. Pour guérir la maladie, ii n’était qu’un seul moyen , c’était l’emploi de la musique ; il y avait même pour cette cure un air consacré que Haffenreffer nous a transmis dans un de ses ouvrages. Au bruit de la musique le malade se livrait avec fureur à la danse, jusqu’à ce qu’il tombâtépuisé de fatigue et couvert de sueur ; il était alors guéri. Les rapports unanimes des voyageurs nous ont appris que cet effet merveilleux n’était qu’un conte populaire, auquel personne , même dans le pays , n’ajoutait foi. Il paraîtrait même que ce qui aurait donné lieu à cette fable, serait qu’on aurait confondu le tarentisme avec la tarentelle, nom que l’on donne à une danse usitée à Naples. Beaucoup de remèdes ont été préconisés contre les morsures d’araignée; on a vanté l’application d’une feuille de sauge fraîche, le suc de figuier (d’après Senert), le vinaigre faible , etc.; le moyen le plus efficace, si l’endroit de la blessure venait à s’enfler et à être le siège de vives douleurs, serait d’y instiller une goutte d’alcali volatil; c’est au reste le remède qu’on emploie contre la plupart des morsures faites par des animaux venimeux; s’il se développait de l’inflammation, on la traiterait par des moyens appropriés, tels que les fomentations émollientes, les bains locaux , les cataplasmes , etc.

On a attribué des propriétés fébrifuges â la toile d’araignée ; dernièrement un praticien a même proposé sérieusement de l’administrer contre les maladies du cœur. L’action de cette substance est nulle, ou si elle agit, ce n’est que par la répugnance extrême qu’elle excite parfois; la toile d’araignée n’a qu’une seule application utile, c’est l’usage qu’on en fait pour arrêter de légères hémorrhagies, suites, par exemple , de piqûres de sangsues ; mais son action est alors purement mécanique. J.-P. Beaude.

arbre de vie ( anat .). On a donné ce nom au centre médullaire du cervelet qui présente des ramifications arborescentes. (Y. Cervelet.)

ARBRE DE VIE (&OL). V. Tuÿfl.

arcade {anat.), s. f. Nom donné en anatomie à divers organes qui présentent cette forme; on a nommé arcades alvéolaires et dentaires la portion des deux mâchoires où sont implantés les

Page 1