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Le nitrate d’argent, introduit dans l’estomac, l’enflamme , l’ulcère , et peut même le perforer.

Dans le cas où il y aurait empoisonnement par cette préparation d’argent, il faudrait de suite administrer au malade une dissolution de sel gris; à l’instant même le nitrate d’argent serait transformé en chlorure d’argent qui n’est pas vénéneux, et on fera vomir en titillant la luette, etc. (V. Emétique.) L’inflammation qui reste doit être combattue par les antiphlogistiques. Dans cet empoisonnement , comme dans tous ceux qui sont le résultat de l’introduction dans l’estomac d’un poison irritant , il ne faut pas administrer pour favoriser le vomissement des substances qui pourraient augmenter l’inflammation.

Lesueur,

Professeur agrégé à la faculté de médecine de Paris.

aridité ( path .), s. f. Sentiment de sécheresse à la peau , qui offre en même temps quelque chose de rude. Cet état s’observe dans plusieurs formes de dartres sèches ; beaucoup de personnes , dans les temps très-humides, éprouvent aussi une sensation particulière de sécheresse à la peau, phénomène dû à la suppression de la transpiration ordinaire , par suite de l’état hygrométrique de l’air qui s’oppose à l’évaporation de la sueur. On observe encore la sécheresse habituelle de la peau, surtout aux mains, sans qu’il soit possible de la rapporter à aucune de ces causes; elle paraîtrait due, dans quelques cas, à l’habitude de manier des poudres, du plâtre; mais cette cause n’est pas unique; l’on a observé cette affection chez des personnes du monde qui ne se livraient à aucun travail manuel. On combat, au reste , avantageusement cette incommodité après en avoir éloigné les causes, par des douches de vapeurs locales et par l’application réitérée, soir et matin , d’une légère couche de beurre de cacao bien frais. J. B.

aristoloche ( bot .), s. f. (de aristos , bien, et lochesia, couches) .Ce genre de plantes fait partie de la famille des Aristolochiées; la plupart sont grimpantes et remarquables par la grandeur de leurs feuilles et les formes singulières de leurs fleurs. Quelques espèces étaient employées autrefois et le sont encore.

L’aristoloche clématite ( Aristolochia clematitis). Cette espèce qui n’est pas grimpante croît dans les haies , sur les terrains glaiseux , au bord des rivières ; sa racine est amère et tonique ; elle a été employée contre la goutte, et faisait partie de la célèbre poudre de Portland, qui a eu pendant longtemps une grande réputation contre cette maladie. Le célèbre médecin écossais Cullen ne partagea pas l’engouement de ses contemporains pour la poudre anti-goutteuse ; mais il assure avoir constaté souvent que la racine d’aristoloche donnée à très-petites doses provoquait l’apparition des règles. Cette dose doit être de 12 à 24 grains seulement , car M. Orfila a vu des chiens succomber après avoir pris d’abord cinq , puis neuf gros de racine d’aristoloche.

L’aristoloche longue (A. longa) et l’aristoloche ronde [A. rotunda ) croissent toutes les deux

dans le midi de la France. Elles ne diffèrent que par la forme de leurs racines, dont les propriétés sont identiques ; elles contiennent d’abord une grande quantité de fécule, puis un principe âcre et purgatif dont l’action se rapproche de celle de l’aloès ; autrefois on administrait ces racines contre l’asthme et la goutte à la dose de deux gros en plusieurs prises ; elles entraient aussi dans la composition de la thériaque, de l’orviétan et d’autres mélanges ridicules dont le temps et Molière ont fait justice.

La serpentaire de Virginie ( Aristolochia serpentaria). La forme de cette racine et son odeur aromatique les différencient au premier coup d’œil de toutes celles dont nous venons de parler. Dans j toute l’Amérique du nord les habitants sont persuadés qu’elle guérit de la morsure des serpents venimeux. L’unanimité des opinions sur ce sujet,

J entre des peuples très-éloignés les uns des autres,

! mérite l’attention ; et en effet , si l’on réfléchit qu’elle est excitante, diaphorétique , diurétique jet purgative, on comprendra facilement quelle réunit presque toutes les conditions que l’on recherche dans les médicaments destinés à neutraliser l'influence du poison des serpents. C’est contre le scorbut, la gangrène, les hémorrhagies par j les muqueuses que l’on met en usage la serpentaire de Virginie. Martins.

armoise (bot.), s. f. ( Artemisia ) (du grec Artemisia, Diane, patrone des vierges). Ce genre de la famille des Synanthérées, est très-riche en espèces médicales ; nous allons les passer successivement en revue, puis donner quelques généralités sur les propriétés des armoises en général.

armoise vulgaire ( ïArtemisia vulgaris). Cette plante croît dans toute l’Europe , le long des chemins , près des villages et au milieu des décombres ; sa tige , qui est rougeâtre , s’élève à trois ou quatre pieds, et ses feuilles profondément découpées sont cotonneuses en dessous. La racine donnée en poudre, à la dose d’un gros , a été vantée contre l’hystérie et l’épilepsie par Burdach et d’autres médecins allemands ; on cite aussi un cas de succès dans une maladie analogue, la danse de St-Guy. Les feuilles de l’armoise ont été regardées dès la plus haute antiquité comme propres à favoriser l’écoulement des règles ; on les prescrit à la dose d’une once en infusion , ou en poudre à celle de deux à quatre gros. Les Japonais, qui font un si fréquent usage du moxa dans toutes les maladies, les fabriquent avec les feuilles d’une armoise (A. chinensis ) réduite en petits fragments ; or, comme cette armoise se rapproche on ne peut plus de notre armoise commune , on a eu l’idée d’employer celle-ci à la confection de moxas qui ont certainement l’avantage sur les autres de brûler lente- 1 ment et d’une manière très- égale; le seul inconvénient qu’on puisse leur reprocher, c’est qu’il est J I impossible d’animer la flamme lorsque la combustion est trop lente , sans disperser de tous côtés les éléments dont se compose le moxa.

armoise estragon (A. dracunculus). Son nom lui vient de sa racine, qui, étant recourbée sur elle-

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