‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 99 sur 316 · ARO · texte numérisé non relu

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fères) -.absinthe, estragon , pyrèthre , aya-pana, génépi ou absinthe des Alpes, cresson de Para, etc.; des laurinées: camphre, cannelle, cassa lignea ou cannelle de Malabar, sassafras, etc.; des myristicées : muscade et son arille ou macis; des myrtinées : girofle; des orchidées : vanille. Il y a encore beaucoup d’autres familles naturelles riches en aromates , par exemple , les plantes urlicées : poivre , contrayerva , etc. ; les drymyrrhizées: gingembre , cardamone , galanga, zédoaire; les magnoliacées : badiane ou anis étoilé , écorce de Winter; les hespéridées : oranger, citronnier; les méliacées : cannelle blanche ou fausse écorce de Winter ; les aristoloches : serpentaire de Virginie , etc.; les euphorbiacées : cascarille ; les conifères: genièvre, oliban ou encens mâle; les térébinthacées : baume de la Mecque ou de Judée, résine élémi , mastic, myrrhe , etc.; les légumineuses : baumes de Tolu et du Pérou, lotier odorant ou faux baume du Pérou , mélilot ordinaire, etc.; les ébénacées : benjoin, storax; les joncées : acore vrai ou roseau aromatique.

Le règne animal ne fournit qu’un petit nombre de parfums : les plus remarquables , et les plus estimés sont le musc et l’ambre gris.

On sent bien que nous ne pouvons parler ici que des propriétés générales des aromates. Toutes ces substances appartiennent à la grande classe des excitants, dont elles forment une partie essentielle. Les auteurs gratifient ces agen ts pharmacologiques d’une multitude de qualités merveilleuses, comme de favoriser les digestions , de chasser les vents , d’aider à l’expectoration , d’épurer le sang, de faire couler les règles , de provoquer la transpiration, d’augmenter la sécrétion du lait, de la salive , de la bile , du suc pancréatique , de l’urine, et en un mot, celle de tous les liquides qui ne doivent point demeurer dans le corps. Ils vantent également leur action sur l’appareil sensitif, dont ces matières odoriférantes stimulent et accroissent la puissance ; c’est ainsi, disent-ils , que les médicaments aromatiques sont aptes à rendre la vue plus subtile, l’ouie plus fine, le goût et l’odorat plus exquis, le tact plus parfait. Ce sont encore, suivant eux, des agents susceptibles de faciliter les opérations de l’esprit, en éveillant les idées, éloignant le sommeil , ranimant la mémoire, donnant plus d’étendue aux pensées , développant et enflammant l’imagination , et par suite l’audace et le courage. On les a aussi crus capables de dissiper la mélancolie, de faire naître ■ lagaieté, de disposer à la bienveillauce, à l’amitié, au rapprochement des sexes , et à tous les sentiments affectueux. Tous les pharmacologistes en font encore d’excellents moyens de remédier aux désordres nerveux, tels que spasmes, agitations anormales, convulsions, etc. Pour en finir, nous ajouterons que leurs vertus alexilères, c’est-à-dire propres à neutraliser les effets des venins, ont été exaltées par dessus toutes les autres.

On sait que ce sont des aromates que sont tirés tous les condiments et épices qui servent à assaisonner. les mets qu’on sert sur nos tables.

F.-E. Plisson.

arquebusade ( eau d’) ( thérap .). Nom que l’on donnait à l’eau vulnéraire spiritueuse, que l’on croyait d’une grande efficacité dans les plaies d’armes à feu.

ARRÊTE-BŒUF OU BUGRANE fbot.J, S. f. (OnOÏÙi

, spinosa). Cette plante , de la famille des Légumineuses, est commune dans les champs, où ses branches rougeâtres étalées sur le sol, ses fleurs d’un rose clair veiné de blanc et ses épines , la font remarquer même des plus inatlentifs; sa racine est longue, traçante et d’une consistance ferme; lorsque le soc vient à la heurter elle suspend un moment la marche de l’attelage, de là le nom d’arrête-bœuf qu’on lui a donné. Quant au mot Ononis, il vient du grec onos, âne; parce que cet animal est le seul auquel son palais endurci permette de la manger. En médecine, on employait autrefois la racine, qui est amère et diurétique , mais elle a été abandonnée avec raison pour des remèdes plus efficaces. Ses épines blessent souvent cruellement les pieds des moissonneurs.

Ms.

ARRIÈRE-BOUCHE. V. Bouche.

arrière-faix (physiol.) , s. m. Nom que l’on donne dans l’accouchement à ce qui reste de l’œuf humain dans l’utérus après la sortie de l’enfant; l’arrière-faix se compose du placenta, des membranes et d’une partie du cordon ombilical. (V. Délivrance.) J. B.

arroche (bot.) s. m. (Atriplex hortensia), plante delà famille des atriplicées; elle est originaire de l’Inde. C’est un aliment sain , adoucissant, et dont les propriétés médicinales sont nulles. Ms.

arrow-root (mat. méd.), s. m. On appelle ainsi la fécule que l’on retire de la racine de quelques plantes appartenant à la famille des Amomées, le Maranta indica et arondinacea en fournissent surtout; elle s’extrait parle procédé ordinaire, et au moyen de lavage ; elle ressemble assez à la fécule de pomme de terre, avec laquelle on la falsifie souvent; elle en diffère, d’après M. Guibourt, en ce que examinés au microscope , les grains sont plus petits , plus translucides que ceux de la pomme de terre. D’après Pfaff , dix grains d’amidon ordinaire bouillis avec une once d’eau don*nent une masse gélatineuse , tandis que la même quantité d’arrow-root ne fournit qu’un liquide mucilagineux. On l’emploie sous forme de bouillie, de potage, et comme adoucissant dans le cas d’irritation des intestins. Il convient surtout aux convalescents. J. B.

arséniate ( chim .), s. m. Nom que l’on a donné aux sels formés d’acide arsénique et d’une base: les arséniates qui existent dans la nature sont ceux de fer, de cuivre , de nickel et de cobalt; les autres sont le produit d'opérations chimiques. Les •arséniates sont fusibles et se décomposent lorsqu’on les met sur des charbons ardents; il se dégage alors de l’arsenic que l’on reconnaît aux vapeurs blanches et à son odeur d’ail ; les arséniates de soude et de potasse sont solubles dans l’eau, et ces deux sels sont les seuls arséniates que l’on

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emploie en médecine. C’est principalement contre les maladies de la peau que l’on fait usage de ces préparations. L’arséniate neutre de soude a été employé comme fébrifuge , dans les fièvres intermittentes ; c’est surtout pendant la guerre continentale, et lorsque l’on était privé de quinquina, qu’on l’a administré ; on en a retiré de bons effets ; on doit cependant toujours préférer les préparations de quinquina à ce médicament, dont l’emploi n’est pas sans danger. (Voy. Arsenic.) J.-B.

arsenic ( chim.), s. m. Ce métal se rencontre à l’état natif , uni avec le soufre, avec le cobalt et d’autres métaux , avec l’oxygène (acide arsénieux) dans certains sels appelés arséniates. Il pèse cinq fois autant quel’eau, et si on le chauffe il se volatilise sans fondre, à 180° au-dessus de zéro, thermomètre centigrade; il est solide, gris d’acier, et doué de l’éclat métallique s’il a été préparé depuis peu. Si on le met sur les charbons ardents, il répand des vapeurs qui ont l’odeur de l’ail. 11 sera donc bien facile de reconnaître ce métal, qui peutêtre n’est pas vénéneux s’il est bien pur; mais comme il peut donner lieu à l’empoisonnement quand il a été exposé à l’air, et qu’il peut être attaqué lorsqu’il est dans l’estomac, on doit, lorsqu’on en possède, le cacher soigneusement , et y mettre une étiquette qui l’indique comme dangereux.

Les composés qu’il forme avec certains corps, sont très-vénéneux. Nous nous occuperons dans cet article de l’acide arsénieux, de la poudre aux mouches, des sulfures d’arsenic, jaune et rouge , de lapoudredeRousselot , de l’acide arsénique , des arséniates et des arsénites.

Acide arsénieux (oxyde blanc d’arsenic, arsenic blanc , mort aux rats) : il est en masses ou en poudre blanche qui ressemble assez à celle du sucre. S’il est en masses il est blanc , opaque à l’extérieur, souvent vitreux et transparent à l’intérieur. En tout cas sa cassure est comme celle de l’émail; il aune saveur âcre un peu styptique, mais qui ne se fait pas sentir de suite, parce que ce corps n’est pas très-soluble.

Si on le chauffe dans un creuset de terre, il se volatilise, répand des vapeurs blanches inodores, mais très-dangereuses à respirer. Si on le place sur des charbons ardents , les vapeurs qu’il répand ont une odeur alliacée.

Lorsqu’il est dissous dans l’eau il fournit un liquide transparent qui jaunit d’abord, quand on y verse de l’acide hydrosulfurique , et qui plus tard donne des flocons jaunes qui tombent au fond du vase dans lequel on fait l’expérience. Ces llocons paraissent de suite, si on verse dans le liquide jaune quelques gouttes d’acide hydrochlorique ( muriatique). Le liquide qui est devenu jaune , par l’addition de l’acide hydrosulfurique , est décoloré par l’alcali volatil ( ammoniaque liquide ). Les flocons jaunes se dissolvent dans ce même liquide sans le colorer. Si on verse dans la dissolution d’acide arsénieux du sulfate de cuivre ammoniacal, on obtient un précipité vert, appelé vert de schéele (arsénite de cuivre). Cet arsénite mis sur des charbons ardents laisse dégager une odeur alliacée.

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Cet acide arsénieux est un des poisons les plus énergiques, qu’on l’introduise dans l’estomac, ou bien qu’on l’applique sur une plaie; aussi la mort ou des accidents très-graves sont survenus dans certains cas où l’on s’était servi, comme caustique , de préparations asénicales.

Les symptômes que l’on remarque chez les individus empoisonnés par l’acide arsénieux sont les suivants : douleur et constriction à la gorge , saveur désagréable, douleur à l’estomac, dans le ventre, vomissements, anxiété considérable. Il survient souvent un anéantissement complet, qui ne disparaît que pour faire place à des douleurs atroces , etc. Le pouls devient lent , la peau se refroidit, se couvre'd’une sueur gluante , et la mort survient si le malade n’est promptement secouru.

Traitement de cet empoisonnement. Pendant longtemps le contre-poison de l’acide arsénieux est resté inconnu, et les personnes appelées auprès du malade, se bornaient à faire vomir, à donner des boissons adoucissantes, comme le lait, l’eau de graine de lin , l’eau de guimauve , boissons utiles, il est vrai, mais dont l’emploi était trop souvent sans succès.

Maintenant, grâce aux expériences de M. Bunsen de Gottingue, qui ont été répétées par M. Orfila, Soubeiran, Miquel, Chevalier et nous, on a enfin un antidote pour ce poison, qui certes est fréquemment employé. Ce contre-poison est le tritoxydede fer hydraté en gelée (le tritoxyde de fer sec ne doit pas être employé). Ce tritoxyde de fer hydraté fournit, avec l’acide arsénieux, un composé qui n’a pas d’action sur l’économie animale.

On l’administre par petites cuillerées à la dose de quatre , cinq ou six gros à la fois , de manière à en donner environ une once, une once et demie par heure. On voit bientôt les vomissements et les douleurs cesser, et le malade se rétablit avec facilité , s’il a été secouru promptement.

Il est évident que la quantité de tritoxyde de fer devra être d’autant plus considérable, qu’il y aura eu plus de poison avalé. Du reste , comme cet antidote n’a pas de saveur désagréable, et qu’il est facile à administrer, il vaut mieux en donner plus que moins, et comme on ignore quelle est ladose à laquelle la substance vénéneuse a été prise, il faut se laisser guider par la marche de la maladie. Si on craint qu’une partie de l’acide arsénieux soit descendue dans les intestins , on fera bien d’administrer l’oxyde de fer en lavements. L’acide arsénieux étant absorbable, il est évident qu’il faut se hâter d’agir. Cependant on doit l’employer, quel que soit le temps écoulé depuis l’introduction du poison; quoique cet antidote se prépare promptement, il serait à désirer qu’il y en eût toujours de préparé chez les pharmaciens. S’il y a des accidents inflammatoires consécutifs^ls seront combattus par les moyens convenables, les sangsues , les saignées , les cataplasmes , les bains , etc.

Dans les observations citées récemment dans un Journal de Médecine, des enfants qui auraient été empoisonnés par l’arsenic ont été promptement guéris. La dose de poison était de vingtcinq ou trente grains , et il a été administré de quatre à six onces d’oxyde de fer hydraté dans

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l’espace de quelques heures. 11 ne sera pas déplacé j Sa dissolution précipite l'acétate de cuivre en d’indiquer ici le moyen qu’on peut employer pour blanc bleuâtre , le nitrate d’argent en précipite de se procurer le tritoxyde de fer hydraté. M. Majesté l’arséniate d’argent, rouge brique. Si on la fait l’a préparé, pour le cas dont je viens de parler, chauffer avec de l’acide hydrosulfurique, elle

dans un ballon de verre très-grand. Il prit huit once de limaille de fer pour quatre onces d’acide nitrique mêlé à quatre onces d’acide hydrochlorique, on a chauffé doucement jusqu’à solution complète; alors on a ajouté seize onces d’eau distillée, et on a précipité par l’ammoniaque , on

hydrosulfurique , elle donne un précipité jaune. Ces précipités chauffés avec du charbon et de la potasse fournissent de l’arsenic métallique.

Arséniates, arsénites , traités par le charbon, ils sont décomposés comme les autres préparations arsénicales. Les arséniates, dissous, fournissent des

a lavé le précipité. Par ce moyen on a obtenu en- précipités contenant l’acide arsénique; les arsénites viron douze onces de tritoxyde de fer hydraté. dissous se comportent comme l’acide arsénieux, Sulfures jaune d’arsenic. Ils sont au nombre de ainsi l’acide hydrosulfurique y produit un précipité trois et tous vénéneux; celui que l’on trouve dans la jauneen ajoutant une goutte d’acide hydrochlorique. nature est celui qui agit avec le moins d’énergie. Il — L'arséniate de soude est désigné en médecine est formé par des lames brillantes, translucides, do- sous le nom de liqueur de Pearson. C’est une solurées. Celui qui est le résultat de l’action de l’acide tion de 1 gram. d’arséniate de soude cristallisé dans hydrosulfurique sur la dissolution d’acide arsénieux 350gram. d’eau ; on la donne à la dose de 20 gouttes agit avec plus de force, il est pulvérulent. par jour dans un verre d’eau sucrée. — La teinture

Le sulfure jaune que l’on obtient en échauffant le i minérale de Fowler ( ar sémite de potasse) , renferme soufre et l’acide arsénieux contient une grande de l’acide arsénieux uni à la potasse; on l’emploie quantité de cet acide ( oxyde blanc d’arsenic ) ; aussi dans le traitement des fièvres et d’autres maladies, et est-il beaucoup plus vénéneux , et fournit-il , lors- a de très-petites doses, car elle est très-vénéneuse. — qu’il est traité par l’eau bouillante , beaucoup plus bénite de cuivre (vert de schéele) ; cette matière d’acide arsénieux. i verte, pulvérulente, ou en forme de petits pains, ré-

Sulfure rouge d’arsenic ( réalgar ). Il est rouge I Paîld I odeur d’ail, si on la met sur les charbons arlorsqu’il est en morceaux; sa poudre a une teinte dents; si on la fait bouillir avec de 1 eau de potasse, légèrement orangée , il est vénéneux , mais il n’est e^e donne de 1 arsénite de potasse et de 1 oxyde de pas très-énergique. En Chine, on en faitdes vases fe caractère le meilleur pour la distinguer est

,i„„ „„ i de réduire 1 arsenic. Cette préparation arsenicale a

dans lesquels on laisse séjourner du vinaigre qui ... ^ , , .

devient purgatif ete souvent, et est quelquefois encore employée pour

Ces sulfures seront facilement reconnus, et la

propriété qu’ils ont de fournir de l’arsenic métallique, quand on les traite par de la potasse et du charbon ; tous les trois, soumis à l’action de l’eau bouillante fournissent de l’acide arsénieux en dissolution.

Oxyde noir et poudre aux mouches. Ces deux sub-

colorer les bonbons en vert, malgré les défenses et la surveillance de l’autorité. Dans le cas où l’on craindrait que leur malfaisance fût due à cet arsénite trèsvénéneux, pour s’en assurer, on détachera de la surface de plusieurs bonbons la matière colorante verte avec de l’eau en frottant légèrement, l’arsénite de cuivre se déposerait. Alors en le mettant sur des charbons rouges, on sentirait l’odeur d’ail, ou bien

stances sont le plus souvent en poudre , ou bien 0n le transformerait par la potasse en arsénite de pelotonnées , d’un gris plus ou moins noirâtre, et potasse, qui serait reconnu à ses caractères. Jelerésonl considérées comme de l’arsenic plus ou moins pète, toutes les préparations arsénicales sont vénéoxydé. Si on les met sur des charbons ardents, elles neuses, aussi les médecins ne les administrent qu’à répandent des vapeurs qui ont l’odeur de l’ail. Le de très-faibles doses. Dans tous les cas d’empoisonsulfate de cuivre ammoniacal les change en pou- nements par leur introduction dans l’estomac, on dre verte. doit employer le tritoxyde de fer hydraté ; ainsi qu’il

Elles sont vénéneuses, mais moins que l’acide Ta été plus haut à l’article Acide arsénieux. arsénieux.

Poudre de Rousselot, pâte arsenicale du frère

Côme. Ces composés arséniaux sont employés comme caustiques; mais comme ils renferment de l’acide arsénieux , ils peuvent être absorbés par la surface des plaies, et donner lieu à des accidents très-graves, et même à la mort.

On les reconnaîtra aux caractères suivants: couleur rouge, donnant une dissolution d’acide arsénieux si on les fait chauffer avec de l’eau. Cette dissolution évaporée fournit de l’acide arsénieux solide. ( Y. Acide arsénieux. )

Acide arsénique. Il est solide , blanc , très-acide , d’une saveur aigre et métallique; exposé à l’air il attire l’humidité , et devient liquide ; mis sur les charbons il boursouffle, et finit par donner des vapeurs qui ont une odeur alliacée. Chauffé avec du charbon et de la potasse dans un tube de verre , il fournit de l’arsenic ( métal ).

Lesueur,

Professeur agrégé à la Faculté de médecins de Paris.

artère ( anat .), s. f., vaisseau conducteur du sang que le cœur pousse vers toutes les parties. L’une des conditions de l’existence des actes de composition et de décomposition , dont toute partie vivante est incessamment le siège , dans l’animal doué d’une organisation quelque peu compliquée , est l’abord du sang, mu avec une certaine rapidité. La force contractile du cœur pourvoit au besoin d’impulsion nécessaire , et la disposition des tubes artériels à la répartition générale du sang dans toute l’économie. Deux cavités contractiles , les deux ventricules du cœur , impriment par le mouvement alternatif dont chacune est animée, une force projective à chacune des deux colonnes de sang qui s’échappent du cœur. C’est

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à ces cavités que les premiers tubes distributeurs font suite. L’un est inséré au ventricule droit ; il se partage , après un court trajet , en deux branches dont l’une ouvre passage au sang vers l’un des poumons , et l’autre vers le poumon opposé.

Du ventricule gauche , un tronc également unique se divise aussi à peu de distance ; et ses divisions, elles-mêmes subdivisées, distribuent par une infinité de vaisseaux le sang dans toute l’économie animale.

Du ventricule droit aux poumons, il existe un premier arbre artériel; du ventricule gauche à toutes les parties du corps, et aux poumons euxmêmes, un second arbre artériel.

Le tronc du premier est nommé artère •pulmonaire ;

Le tronc du second, artère aorte.

Les tubes d’un volume notable, qui appartiennent à ces deux souches, sont doués de parois élastiques prêtant à la force qui les dilate , mais ; revenant sur elles-mêmes après cette dilatation. !

A l’état de mort, la section transversale de ces j ordres de vaisseaux en laisse la bouche béante, ou du moins , il y a peu d’affaissement. Si l’on j exerce une traction dans le sens de la longueur du vaisseau , il cède encore dans une proportion considérable, pour revenir sur lui-même; il se rétracte pendant la vie surtout. Une ligature faite avec un fil fin y imprime un cercle durable. Mais la continuité de toute l’épaisseur du tube n’en est pas altérée. Une piqûre très-étroite, pénétrante, est parfaitement bouchée. Une section longitudinale tend à devenir ronde; une piqûre transversale peu considérable est alternativement intervertie par le sang et refermée par la réapplication de ses bords; plus considérable, elle tend à devenir ronde par écartement des bords, surtout lorsqu’elle comprend les trois quarts de la circonférence de l’artère.

Les parois des tubes artériels absorbent j)ar imbibition ; elles sont peu sensibles lorsqu’on les met à nu sur un animal vivant. L’inflammation leur fait perdre leurs propriétés élastiques, ainsi que les acides faibles. Sous l’action inflammatoire, elles versent un produit remarquable ; c’est de la lymphe coagulée, qui peut établir rapidement des adhérences à la surface interne du vaisseau, si on oblitère sa cavité. Par suite de diverses alternatives de nutrition, les par ois artérielles peuvent être fort lâches, et conséquemment les fonctions du vaisseau très-déviées.

L’organisation des tubes artériels est compliquée. U y a trois tuniques : une externe , celluleuse, résistant à la traction dans tous les sens, susceptible de conserver une dilatation considérable, lorsqu’elle a été long-temps détendue.

Une seconde, plus profonde et propre aux tubes artériels, est fibreuse, d’un blanc jaune, formé de fibres d’une obliquité presque transversale , prêtant, dans le sens transversal, jusqu’à une limite déterminée et se brisant au-delà avec facilité, se resserrant d’elle-même après une dilatation, prêtant moins dans le sens longitudinal de l’artère; c’est celle-ci qui se brise surtout lorsqu’une ligature très-serrée a été jetée autour d’une ar-

tère. C’est elle qui produit surtout l’écartement d’une section longitudinale du vaisseau ; elle concourt avec la tunique celluleuse à l'écartement transversal; elle a peu de sensibilité. La troisième est la plus interne; elle est concentrique à la précédente; elle est mince, transparente; c’est une sorte d’épiderme perméable sans résistance propre. Elle se brise dans le cas d’une ligature très-serrée.

Cette organisation est plus marquée dans les ramifications de l’arbre aortique que dans celle de l’arbre pulmonaire. La tunique moyenne est surtout plus prononcée, ses parois sont pourvus de vaisseaux plus petits. Les divisions du grand symphique se répandent dans leur épaisseur. La forme du tube artériel est cylindrique ; quoiqu’il diminue après avoir fourni des branches, il ne devient pas conique. Dans les petites artères , là tunique moyenne semble relativement plus énergique. Les divisions se séparent des vaisseaux qui les fournissent, sous toute espèce d’angles. Les divisions deviennent capillaires et communiquent avec les radicules veineuses, les interstices intimes des tissus , les radicules lymphatiques et celles des différents canaux excréteurs. Les branches ou rameaux s’anastomosent entre eux; la distribution des divisions de l’un et de l’autre arbre artériel, étudiée à partir du tronc principal jusqu’aux ramifications les plus extrêmes , a fait admettre des désignations pour déterminer et spécifier chacun des vaisseaux principaux. En général, ces désignations ont été empruntées au nom de la région ou de l’organe dans lesquels se rend l’artère. Quelques noms ont été tirés des attributions affectées au vaisseau; l 'artère carotide par exemple. Le chirurgien avait le soin de spécifier les artères un peu considérable ; le physiologiste n’avait soin que de constater la présence constante de ces vaisseaux ainsi que leur capacité relative. C’est donc surtout le chirurgien qui les a déterminés, et c’est principalement leur situation qu’il lui importait de connaître; c’est à cette situation qu’il a surtout attaché son attention; c’est d’elle qu’il a tiré les dénominations qu’il leur a imposées.

De l’artère pulmonaire. L’arbre pulmonaire est bien plus restreint que l’arbre aortique. Son premier tronc, l’artère pulmonaire, apparaît couvert par les fibres charnues du ventricule droit à la base de celui-ci , à gauche au devant la base du ventricule gauche et du point oü le tronc aortique s’isole lui-même de cette cavité musculaire. Sa membrane interne est continue à celle qui tapisse le ventricule ; elle fait à l’entrée trois replis sémilunaires ou valvules , que l’on a nommés sygmoïdes; elles ouvrent leur cavité du côté de l’artere et s’abaissent du côté du ventricule, de manière à faire obstacle au sang qui retourne du vaisseau vers le cœur. La tunique moyenne est festonnée , elle a son adhérence au cœur , et ne se prolonge que de quelques lignes dans la profondeur des fibres charnues. La tunique celluleuse ou externe est commune avec cette dernière.

De ce point d’origine , le tronc de l’arbre pulmonaire est dirigé à gauche , accolé au côté anté-

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rieur el au côté gauche de l’aorte, s’enfonce et se divise en deux branches déjà indiquées. De ces deux dernières, la droite est la plus longue, la gauche est la plus courte ; elles se portent un peu obliquement dans le vaisseau de chaque poumon, là elle se partagent d’abord en autant de tubes principaux qu’il y a de lobes dans chaque poumon, trois à droite , deux à gauche , puis accolés à un vaisseau aérien et à une branche veineuse, ces rameaux se subdivisent jusqu’à la capillarité.

L’arbre aortique est bien autrement développé; le tronc ou l’artère aorte s’isole de la base du ventricule gauche du cœur ; il fournit des branches qui se subdivisent elles-mêmes un grand nombre de fois , se rendent à toutes les parties du corps , en formant le tissu capillaire; outre l’aorte (voyez ce mot) , il existe des branches artérielles importantes que nous décrirons à leur place dans ce Dictionnaire. (Voyez les mots carotides , sous-clavière, brachiale, radiale, cubitale, cœliaque, colique, crurale , poplitée, tibiales , noms des principales artères.) Sanson- Alphonse.

artères (maladies des) ( path .). Ces maladies ne sont pas très-rares; elle peuvent être produites par une cause externe ou interne; nous examinerons successivement:

1° Les plaies des artères; elles sont occasionnées par un instrument tranchant ou piquant, ou bien elles sont le résultat d’une forte contusion, d’une dilacération , suite , par exemple , de l’allongement extrême du vaisseau ou même de l’arrachement d’un membre. Les conséquences de la blessure ne sont pas les mêmes dans ces deux cas : dans le premier, si les trois tuniques de l’artère ont été ouvertes un peu largement par l’instrument vulnérant , et si le vaisseau est d’un volume un peu considérable , un sang d’une couleur rouge vermeille s’échappera par saccades correspondantes à chaque battement du cœur; et le blessé, s'il n’est pas secouru, périra le plus ordinairement par l’effet de l’hémorrhagie. La plupart des morts sur le champ de bataille ont lieu ainsi, ( Voyez pour plus de détails le mot hémorrhagie .) Si l’artère n’avait été que piquée, le sang s’échapperait peu à peu. Ce liquide pourrait alors former une tumeur connue sous le nom d’anévrisme faux consécutif. Une tumeur anévrismale peut se former pareillement, lorsque deux des tuniques ont été divisées seulement. ( Voyez Anévrisme. ) Dans le second cas, la solution de continuité de l’artère ayant été accompagnée de tiraillement , il est rare qu’il y ait une hémorrhagie; cette circonstance s’explique par la résistance inégale et la rupture successive des tuniques interne et moyenne, qui, venant à se froncer, intercepte le cours du sang. On voit assez souvent une balle couper une artère en travers sans qu’il en résulte d’hémorrhagie.

2° L’inflammation des artères ou artérite. Cette maladie est encore aujourd’huipeu connue. On croyait autrefois que la rougeur delà tunique interne d’une artère, observée après la mort, était un signe de l’inflammation de ce vaisseau, et comme cette coloration s’observe assez souvent, on avait voulu par là expliquer la fièvre , qui n’aurait été autre

chose que l’inflammation d’une partie du système artériel ; mais une observation plus attentive a appris que cette rougeur n’était qu’un effet cadavérique, du à ce que le tissu de l’artère s’imbibait de sang après la mort. La vraie artérite est une maladie rare, ses causes sont souvent obscures ; elle peut être le résultat d’une blessure, de l’abus des boissons alcooliques, ou d’inflammations diverses ayant brusquement disparu , etc. Lorsqu’une artère est enflammée, ses parois rougissent, augmentent d’épaisseur et perdent leur ! élasticité. Leur friabilité est cause qu’elles se cou- ; pent lorsqu’on veut y appliquer une ligature ; de I là le précepte de ne jamais lier une artère malade. Bientôt il y a sécrétion d’une matière particulière qui peut s’organiser et obstruer le calibre du vaisseau ; cette propriété est précieuse, car c’est sur elle que reposent en partie l’application des ligatures et l’oblitération des artères. Lorsque l’inflammation est violente, il peut y avoir aussi formation de pus; un autre phénomène remarquable est la coagulation du sang dans l’artère enflammée. Lorsque l’ artérite est la suite d’une blessure, ou de l’application d’une ligature, elle est en général peu grave; i il ne se manifeste pas de symptômes généraux ; et les symptômes locaux sont assez obscurs. Lorsque2 au contraire, elle est le résultat d’une cause interne, et qu’elle a envahi une artère un peu considérable , l’artère principale d’un membre par exemple , les symptômes sont plus intenses , il se manifeste de la fièvre , le vaisseau malade est le siège d’une vive douleur qui augmente par le toucher, il est tuméfié et paraît comme une corde tendue; si la maladie continue à faire des progrès, son résultat sera, comme nous l’avons vu, l’oblitération du vaisseau, et si l’artère malade appartient à un membre, celui-ci, ne recevant plus de sang, sera frappé de gangrène; la mort pourra même survenir plus tard. Quelquefois la circulation peut encore continuer par le moyen d’artères voisines, dans ce cas le membre diminue de volume et s’atrophie seulement.

L’artérite étant une maladie rare, son traitement n’est pas bien connu; on a indiqué cependant l’emploi des saignées , l’application des sangsues sur le lieu malade , ainsi que les autres moyens antiphlogistiques. Parmi les artères dont on a mentionné l’inflammation, nous devons citer l’aorte, surtout à son origine près du cœur. Dans cette maladie, qu’on a nommée aortite, on observe des phénomènes particuliers, qui néanmoins ressemblent beaucoup à ceux qu’on remarque dans les maladies du cœur; tels sont, une vive douleur dans la région de l’organe malade , des palpitations, une tendance à se trouver mal, etc., en sorte que, dans l’état actuel de la science, on ne peut bien distinguer l’aortite qu’après la mort; on trouve alors souvent, à la face interne de l’aorte, des plaques osseuses et des ulcérations, outre les altérations communes à l’inflammation des artères en général, et dont nous avons déjà parlé.

3° L’ossification des artères est une maladie fréquente chez les vieillards. D’après Bichat, sur dix personnes âgées de plus de soixante ans, sept en sont affectées. Ces concrétions osseuses se déve-

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loppent ordinairement par plaques, entre la tunique interne et moyçnne, et peuvent envahir tous les points (le l’arbre' artériel; on les observe surtout dans l’aorte. L’ossification des artères du cerveau est une cause prédisposante de l’apoplexie. Le traitement des ossifications des artères m est par connu; on a cependant proposé l’emploi d’une limonade préparée avec l’acide hydrochlorique, dans le but de dissoudre le phosphate calcaire qui forme ces concrétions. Mais on doit dire que l’action d’un pareil moyen est très-incertaine, et que surtout son usage n’est pas sans inconvénients.

4° Rétrécissement et oblitération des artères. Le rétrécissement est souvent produit par l’épaississement des parois du vaisseau malade, ainsi que par le dépôt de concrétions osseuses. Cette même altération peut amener l’oblitération du vaisseau ; oblitération qui peut reconnaître pour cause une j inflammation de l’artère, l’application d’une ligature, la compression, etc. Le traitement de ces affections est au-dessus des ressources de l’art, et ordinairement la nature , en développant les artères collatérales , pourvoit à l’entretien de la circulation. Cependant, chez les vieillards , l’oblitération d’une artère a souvent donné lieu à la gangrène des membres auxquels elle se distribuait.

5» Ulcération et rupture des artères. Les ulcérations artérielles sont rares ; elles sont produites par des pustules , ou des plaques osseuses qui ulcèrent la membrane interne de l’artère; d’autres foisellessurviennei^spontanémentsousrinfluence du vice rhumatismal, de la syphilis, etc.; elles se terminent fréquemment par la rupture de l’artère, qui peut être occasionnée aussi par un coup, une chute ou une violence extérieure quelconque ; mais il faut pour cela que l’artère soit déjà malade et que l’inflammation, par exemple, lui ait fait perdre son élasticité. Lorsque l’artère est située dans une des grandes cavités du corps, et que son volume est un peu considérable , sa rupture est promptement suivie de la mort, qui est même le plus souvent subite; c’est presque toujours par la rupture de la poche anévrismale que les personnes atteintes d’anévrisme succombent si promptement. ( Pour les autres maladies des artères, voyez Anévrisme, Hémorrhagie.)

J.-P. Beaude.

artériel ( anat .), adj. Se dit des choses qui ont rapport aux artères : on dit les tuniques artérielles, pour indiquer les enveloppes qui forment les parois des artères; sang artériel, pour indiquer le sang qui est dans les artères , et qui est plus rouge et plus chaud que le sang veineux. Le canal artériel est un vaisseau qui, chez le fœtus, fait communiquer l’artère pulmonaire avec l’artère aorte, et qui, par conséquent, réunit les cavités droites du cœur avec les cavités gauche ; ce fait qui modifie la circulation chez le fœtus, et qui la rend analogue à celle des animaux qui ont un cœur à un seul ventricule , disparaît à la naissance ; alors le canal artériel s’oblitère progressivement et forme ce que l’on nomme le ligament artériel. (Voy. Circulation.) J. B.

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artériotomie (chir.), s. f. (du grec arlêria, artère, et temnô, je coupe). Opération dans laquelle on ouvre une artère pour pratiquer une saignée; là phlébotomie consiste, au contraire, à inciser une veine pour en retirer du sang; c’est ce dernier moyen que l’on emploie le plus ordinairement. La blessure d’une artère donne lieu à un écoulement de sang qui s’arrête difficilement , et qui ne peut se cicatriser que par l’oblitération du vaisseau lui-même; ces circonstances ne permettent guère de pratiquer l’artériotomie que sur une seule artère; c’est celle dont on sent les battements à la tempe, et qui porte le nom d 'artère temporale, sur laquelle on fait ordinairement cette opération ; son petit volume et sa situation au devant des os du crâne , qui présentent ainsi un point d’appuâpour la compression, font qu’on peut se rendre facilement maître du sang lorsqu’on en a retiré ! la quantité voulue. Pour pratiquer l’artériotomie, le chirurgien , après s’être assuré par les battements de la position de l’artère , fait sur la peau une incision de trois à quatre lignes avec un bistouri, de manière à couper l’artère en travers; lorsque le malade a perdu assez de sang, on place sur la petite plaie une compresse plissée en forme de pyramide , et on pratique une compression suffisante au moyen de tours de bandes dirigées autour de la tête; si cette compression était insuffisante, on recourrait au bandage dit nœud dJ emballeur. (Voyez ce mot.)

artérïte (path.),s. f. Inflammation d’une artère. Voyez Artères (maladies des).

arthralgie ( path .), s. f. (du grecarf Arora, articulation , et de algos, douleurj.On désigne sous ce nom les douleurs des articulations. J. B.

arthrite ou arthritis ( path .), s. f. Nom que quelques auteurs donnent à la goutte ; on désigne aussi sous ce nom les inflammations des articulations. (Voyez Goutte, Rhumatisme.) J. B.

arthritique (path.), adj., qui a rapport aux articulations; on dit douleur arthritique, pour indiquer les douleurs qui sont occasionnées par la goutte. J. B.

arthrodie (anat.), s. f. (du grec arthron, articulation). Les anatomistes donnent le nom d’arthrodie aux articulations qui se font par des surfaces planes ou presque planes; l’articulation de la mâchoire inférieure , et celle des os du carpe ou du poignet, sont des arthrodies.

artichaut (bot.), s. m. (Cynara scolymus), plante de la famille des Synanthérées, tribu des carduacées; c’est la fleur de la plante qui sert d’aliment lorsqu’elle n’est pas encore épanouie, ou, pour parler plus exactement , ce sont les enveloppes et le support desfleurs que nous mangeons. En effet, les feuilles d’artichauts ont des bractées, qui, comme le disent les botanistes , forment l’involucre; au lieu d’être sèches et coriaces, comme dans toutes les autres plantes, les bractées de l’artichaut sont

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épaisses, charnues à leur bord, et cette partie; est mangeable. Les feuilles enlevées, on trouve le foin, qui est formé par la réunion d’une multitude de petites fleurs hérissées de poils qui sont implantées sur un disque concave appelé fond de l’artichaut (réceptacle des botanistes); ce réceptacle est charnu , épais comme la base des bractées , et se mange comme elles. L’artichaut bouilli dans l’eau , et assaisonné ensuite d’une sauce au beurre , est un aliment sain , de facile digestion , qui convient à tous les estomacs, même à la suite de maladies graves. Mais il n’est pas d'aliment plus malsain , plus indigeste , plus dépourvu d’éléments nutritifs que ces petits arlichauds avortés que l’on mange crus, avec du vinaigre, de l’huile et du poivre ; et malheureusement ce sont les personnes dont l’estomac aurait le plus besoin de ménagement qui sont les plus portées vers ces mets détestables. Ms.

article ( anat .) s. m. On emploie quelquefois ce mot pour désigner les articulations mobiles. On dit aussi pratiquer une amputation dans Y article, lorsque l’ablation d’un membre a lieu dans une articulation, et qu’il est inutile de couper l’os dans sa continuité. (Voyez Amputation. ) J. B.

articulaire ( anat. ) , adj., qui a rapport aux articulations ; il y a des vaisseaux et des nerfs arti culaires. Ce sont ceux qui se rendent aux articulations ou qui rampent autour; les capsules articulaires sont des ligaments larges qui enveloppent certaines articulations. Il y a aussi des ligaments inter -articulaires dans quelques articulations, et des apophyses articulaires aux vertèbres. J. B.

articulation (anat.), s. f.; c’est le mode d’union des os entre eux. Lorsque l’ossification a posé les limites d’un os, d’autres tissus que le tissu osseux unissent cette pièce à celles qui sont voisines. Cette jonction est opérée sous des conditions très-différentes. Il en résulte la possibilité ou l’impossibilité , aux pièces osseuses , de mouvoir les unes sur les autres ; et dans les cas où le mouvement est possible, les limites du déplacement produit présentent de nombreuses variétés. Sur ces variétés et les dispositions matérielles qui les imposent, sont fondées les classifications des articulations.

Les dispositions matérielles d’une articulation comprennent les dispositions de forme et d’étendue des surfaces par lesquelles les os correspondent, et les parties qui se prolongent d’un os à l’autre pour les unir. Quant aux mouvements que ces dispositions permettent, ce sont leur direction , leur étendue et le mode suivant lequel ils s’opposent, qui établissent entre eux des différences.

Les surfaces de correspondance des os sont, dans certaines articulations , adhérentes entre elles; dans certaines autres, elles sont entièrement libres d’adhérences.

Les moyens d’adhésion entre les points correspondants sont, ou des tissus fibreux très-courts, ou des membranes fibreuses, ou des faisceaux de tissus fihro-cartilagineux.

Les surfaces correspondantes, libres d’adhérences, sont constamment en contact, soit immédiatement, soit médiatement. Dans ce dernier cas il existe une lame intermédiaire, fixée directement à ses bords, et qui est lisse à ses surfaces de contact. Les plans osseux, non adhérents, glissent les uns sur les autres, ou sur ces lames intermédiaires; pour que ce glissement soit possible, ils sont revêtus de cartilages et lubréfiés par la synovie secrétée par une membrane propre. Les tissus qui empêchent que ces plans ne s’abandonnent insérés sur les côtés des surfaces correspondantes, sont ou des faisceaux de fibres blanches, ou des membranes d’un semblable tissu ; les premiers sont des ligaments , les seconds moyens d’union sont des capsules; la forme des surfaces en contact contribue aussi, dans certain sens, à mettre obstacle au déplacement.

Sur ces diverses données les articulations ont été divisées en 1° mobiles ou diarthroses ; 2° immobiles ou synarthroses; 3° mixtes ou amphiarthroses, qui offrent une continuité réelle des surfaces correspondantes par des ligaments intermédiaires, et qui offrent quelques mouvements dus aux propriétés d’élasticité ou de mollesse des parties qui servent à les unir.

Les divisions secondaires des diarthroses sont: Vénarthrose, lorsqu’une tête est reçue dans une cavité , comme la tête du fémus dans la cavité cotyloïde ( articulations coxo-fémorales, scapulo-humerales), celle du grand os au carpe; Yarthrodie ou diarthrose plat, quand les surfaces articulaires sont planes ou à peu près planes ; exemples, les surfaces articulaires, par lesquelles les apophyses latérales et articulaires des vertèbres s'articulent entre elles ou avec les côtes; le ginglyme, articulation qui ne permet de mouvements que dans un seul sens ; il se subdivise en ginglyme angulaire ou charnière, lorsque ces mouvements ont lieu er deux sens opposés, comme celui de la flexion et celui de l’extension. Il est parfait au coude, imparfait au genou ; en ginglyme latéral, lorsque la rotation est le seul mouvement possible, qui est simple ou double; simple, lorsque les deux ne touchent que par un point, double lorsqu’ils se touchent par deux. Un exemple du ginglyme simple est l’articulation de l’apophyse odontoïde avec l’atlas; on en trouve un double dans l’articulation des os de l’avant-bras entre eux. Les synarthroses ou immobiles sont divisées en sutures, lorsque lès surfaces articulaires sont armées de pointes et creusées d’enfôncements par lesquels elles s’engrènent; 2° en harmonie, lorsqu’il n’y a pas juxta-position. Les os du crâne présentent ces deux ordres d’articulation ; 3° en gomphose , lorsqu’il y a implantation des surfaces , les dents que les alvéoles renferment; 4» en schindylèse, lorsqu’une lame osseuse est reçue dans la rainure d’un autre os, comme le bord extérieur du palatin dans l’ouverture du sinus maxillaire.

Les amphiarthroses ou symphyses se trouvent dans les articulations du corps des vertèbres des pubis entre eux , des os des îles avec le bassin. (Voyez les noms particuliers de chaque articulation,)

Sanson- Alphonse.

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articulations (maladies des) ( path .). Ces maladies sont surtout remarquables par les dangers qu’elles entraînent, et souvent par un caractère de chronicité particulier; elles sont assez nombreuses ; nous ne traiterons ici que des plaies des articulations, de leur inflammation simple, de la présence de corps étrangers dans ces mêmes articulations, etde leur hydropisie ouhydrarthrose:les tumeurs blanches, les entorses, les luxations, le rhumatisme, la goutte, seront l’objet d’articles spéciaux.

1» Plaies des articulations. Leur distinction en plaies pénétrantes, c’est-à-dire, telles que les surfaces articulaires de l’os ou les capsules synoviales puissent avoir le contact de l’air, et plaies non pénétrantes, dans lesquelles les enveloppes extérieures sont seulement blessées, est des plus importantes. Les premières en effet sont loin d’être aussi graves que les secondes; elles ne présentent même pas d’indications particulières, si ce n’est les soins que l’on doit donner pour prévenir une cicatrice vicieuse, qui serait gênante pour les mouvements que la partie doit exécuter. Au contraire, les plaies pénétrantes des jointures sont dangereuses, et plus d’une fois elles ont entraîné la mort; la cause de ce danger est surtout due à la pénétration de l’air dans la cavité articulaire. Cet air agit en irritant les synoviales, et en viciant plus tard le pus et les autres sécrétions morbides , qui acquièrent alors des propriétés nuisibles. Le devoir du chirurgien , dans ces sortes de plaies , doit être de réunir au plus tôt les bords de la solution de continuité pourprévenir ce contact fâcheux ; lorsque la blessure a été faite par un instrument piquant, toi qu’un stylet, une alêne, une baïonnette même, l’ouverture étant peu considérable, on peut espérer qu’elle se réunira; de nombreux exemples prouvent en effet que ces sortes de plaies ont pu se guérir en quatre ou cinq jours et sans accidents; lorsque l’articulation a été largement ouverte par un instrument tranchant, le danger est plus grave; la réunion immédiate est plus difficile, quelquefois cependant elle s’obtient , et le malade guérit sans accident; mais trop souvent il n’en est pas ainsi; la plaie ne se réunit pas, ou bien se rouvre après s’être d’abord fermée ; la cavité articulaire s’enflamme , se gonfle et devient le siège de douleur, souvent d’une acuité extrême; la peau est tendue et luisante , mais elle n’est pas rouge. Il s’établit une suppuration roussâlre très-fluide qui baigne les surfaces articulaires des os et détermine l’ulcération des cartilages , et plus tard la carie des os; la maladie se prolonge, des abcès se succèdent et se produisent même par sympathie dans d’autres articulations. L’économie entière ne reste pas étrangère à cette altération; la fièvre s’allume avec tous les symptômes qui lui servent de cortège; le malade s’affaiblit à la longue, la suppuration l’épuise, et il succombe dans le marasme : quelquefois cependant il résiste au mal, et grâce aux secours de l’art, ou aux efforts de la nature, la quantité de pus diminue peu à peu, les douleurs se calment, et la santé revient après un temps très-long. Dans les petites articulations, entourées de coulisses et de membranes synoviat. i.

les, telles que celles des doigts et des orteils, les symptômes sont en apparence moins graves, et la maladie marche avec plus de lenteur; mais il faut encore s’en défier : on la voit parfois s’étendre par les gaines des tendons et envahir le membre entier en donnant lieu à des abcès successifs. Lorsque les plaies pénétrantes des articulations sont le résultat de déchirures ou de l’action d’instruments contondants, les divers accidents que nous venons d’énumérer sont alors presque inévitables; ils peuvent se compliquer encore de tétanos, de convulsions, etc. Il faut encore remarquer que , dans les cas les plus favorables de plaies pénétrantes des jointures, à partir du troisième ou quatrième jour de la blessure, il survient presque toujours quelques symptômes inflammatoires, lors même que la plaie est réunie ; ces symptômes, il est vrai, se dissipent rapidèment.

On reconnaîtra qu’une plaie faite à une jointure est pénétrante à l’inspection de la blessure, à la forme de l’instrument vulnérant, à sa direction, et surtout à l’écoulement d’un liquide limpide et visqueux comme du blanc d’œuf, qu’on appelle synovie, et qui est destiné à lubrifier l’intérieur de l’articulation. On doit toujours s’abstenir de sonder la plaie avec un stylet, manœuvre qui pourrait augmenter l’irritation.

Traitement. Les plaies des articulations pouvant être très-graves, les malades ne doivent jamais les négliger; il importe surtout qu’ils appellent de trèsbonne heure le chirurgien. Lorsque la plaie péné trante est simple, on la réunira immédiatement; l’articulation sera condamnée pendant huit jours au moins , et dans les cas les plus favorables , à un repos absolu; en même temps le blessé sera soumis à une diète convenable et à un traitement antiphlogistique plus ou moins énergique, suivant les indications. Lorsque les désordres de l’articulation sont très-graves, qu’il s’agit par exemple de coups de feu, de plaies par instrument contondant, on doit s’abstenir de réunir; cette précaution serait inutile et dangereuse même; l’inflammation et la suppuration sont inévitables; on doit se borner à en modérer la violence; c’est donc encore aux antiphlogistiques qu'il faut avoir recours. Les irrigations continuelles avec de l’eau froide ont produit, dans beaucoup de cas, des effets merveilleux. (Y. Irrigations.) Si dans le cours delà maladie, et par l’effet delà suppuration, le malade s’affaiblissait, s’il survenait une fièvre lente, il faudrait recourir alors aux légers astringents, aux toniques et aux fortifiants.

2° Inflammation simple des articulations. Il n’est question ici que de l’inflammation des jointures par une cause externe, telle que des coups, une chute, une plaie, etc.; l’inflammation rhumatismale, ou rhumatisme articulaire aigu, sera traitée à part. En parlant des plaies des jointures, nous avons indiqué la plupart des symptômes de l’inflammation articulaire. Ces symptômes sont surtout caractérisés par la rougeur, le gonflement et la douleur de la partie lésée ; portés au plus haut degré, ils s’accompagnent de fièvre et d’une réaction générale; le mouvement de l’articulation est absolument impossible; la mort même peut

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