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Lorsque le paraphimosis est causé par des corps étrangers , il faut opérer la section de ces corps; ou, lorsqu’elle présente trop de difficultés, comprimer assez longtemps et assez fortement le gland pour qu’il puisse de nouveau franchir l’ouverture dans laquelle il a été introduit. J’ai vu Dupuytren opérer un paraphimosis de cette sorte , en dégageant le gland d’un jeune homme de quinze ans d’une bobèche de cuivre d’un assez fort volume. Ces opérations ne présentent pas de danger, mais elles sont très-douloureuses.

L 'inflammation du pénis a le plus souvent pour point de départ les affections de nature syphilitique qui peuvent se manifester à la verge , telles que blennorrhagie, chancres, phimosis, etc. Lorsqu’elle est développée, on peut la combattre par les saignées générales et locales , les sangsues appliquées aux aines, au périnée, à la partie interne des cuisses, les bains locaux et généraux , les applications de fomentations émollientes, la situation du pénis tenu relevé et appliqué sur le ventre, ou , au moins, dans une position horizontale. Lorsqu’elle est négligée, cette maladie peut se terminer par la gangrène et déterminer la perte d’une partie de l’organe affecté.

Le cancer du pénis ne présente rien de remarquable ; quant à son développement , à son traitement, il suit la marche de toutes les affections cancéreuses en général (V. Cancer) . L’affection commence ordinairement par le gland , organe formé d'un tissu érectile analogue à celui des lèvres, et qui, sous ce rapport, est très-favorable au développement de cette affection. Dans le début , lorsque la maladie est encore très-limitée, on peut avoir recours aux caustiques pour détruire la partie affectée; plus tard, il faut recourir à l’amputation partielle de l’organe. Le cancer du pénis est heureusement une affection assez rare; comme toutes les affections cancéreuses, elle présente, même après les traitemenfs les plus rationnels, et qui paraissent les plus heureux , des chances de récidives qu’il est souvent impossible de conjurer d’une manière toujours efficace. J. -P. Beaude.

pendaison, PENDU. (Y. Suspension .)

PENSÉE (bot.), s. f. (Y. Violette.)

PEPSINE. (V. au Supplément.)

percecrane ( accouch .), s. m. On nomme ainsi un instrument qui est destiné à ouvrir le crâne d’un fœtus mort dans l’utérus, et dont la tête est trop volumineuse pour franchir les détroits du bassin. Ordinairement, on emploie un couteau droit entouré de linge jusqu’auprès de la pointe, qui est guidée par le doigt indicateur.

perception (phjsiol.), s. f. C’est l’action par laquelle l’individu a la conscience des impressions physiques ou morales qui peuvent l’affecter. Les premières sont du ressort de la physiologie (V . Sensations)-, les secondes constituent la psychologie.

percussion ( med .), s. f. (percussio, du verbe latin percutere, frapper) On donne ce nom à un mode d’exploration des cavités, qui consiste à frapper sur leurs parois et à déterminer, par le son qu’elles rendent, les lésions qui peuvent exister dans leur intérieur. Ce mode d’exploration, découvert par Avenbrugger, et mis en lumière au commencement de

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ce siècle par Corvisart, a rendu d’importants services pour le diagnostic des affections de la poitrine; aujourd’hui il n’est plus qu’un des accessoires de l’auscultation. (V. ce mot.) JB.

perforant (anat.), adj et s. Des anatomistes ont donné le nom de muscle perforant au muscle fléchisseur profond des doigts , au fléchisseur commun des orteils. (Y. ces mots.) Diverses artères ont reçu le nom à' artères perforantes : à la main, elles sont fournies par l’arcade palmaire profonde, et traversent les espaces et les muscles inter-osseux; au pied, ce sont les rameaux supérieurs et antérieurs de l’arcade palmaire ; à la cuisse , trois ou quatre artères fournies par la crurale profonde , et qui traversent le muscle grand abducteur. J. B.

perforation ( path .), s. f. ( perforatio , de perforare , percer). On donne ce nom à une ouverture accidentelle faite dans la continuité des organes, soit par cause interne, soit par cause externe ; les perforations des organes sont toujours des lésions très-graves.

péricarde ( anat .), s. m. (du grec péri, autour, et cardia, cœur; autour du cœur).On appelle ainsi un sac séro-fibreux qui enveloppe le cœur et l’origine des gros vaisseaux qui en émanent.

Le péricarde est formé de deux membranes : l’une, extérieure, de texture fibreuse , d'un blanc nacré, plus large en bas où elle est étroitement unie au centre phrénique du diaphragme , plus étroite en haut où elle entoure 4a base du cœur et remonte jusqu’à un pouce de hauteur sur l’origine des gros vaisseaux, auxquels même elle fournit une gaine jusqu’à une petite distance.

La tunique interne est une membrane séreuse (Y. Membranes ) qui adhère intimement au feuillet fibreux dont nous venons de parler; un peu au-dessus de l’origine des gros vaisseaux, elle s’en détache, se replie sur les mêmes vaisseaux , tapisse exactement le cœur jusqu’à sa pointe , formant ainsi un sac sans ouverture dont on a donné la description au mot Membranes.

Le péricarde répond en avant au sternum et aux cartilages des quatre dernières vraies côtes ; il est en partie couvert par le bord tranchant du poumon gauche, qui le sépare des parois du thorax dans une portion de son étendue. En arrière, il est en rapport avec la colonne vertébrale , l’œsophage et l’aorte ; sur les côtés avec les poumons.

Le péricarde a pour usage de servir d’enveloppe au cœur ; la séreuse qui forme sa tunique interne permet et facilite les mouvements incessants du centre circulatoire.

Péricarde (Maladies du). — Les maladies du péricarde se rattachent à son inflammation aiguë ou chronique.

l° Péricardite aiguë. — Elle se montre, ainsi que la plupart des phlegmasies aiguës , chez les sujets jeunes, sanguins, etc., succède assez souvent à un refroidissement , à l’usage des boissons glacées, surtout pendant l’été, à l’abus des alcooliques, à des contusions, à des blessures de la région précordiale. Une cause assez fréquente de péricardite, c’est l’affection rhumatismale; chez un bon nombre de sujets atteints de rhumatisme articulaire aigu général, et avec fièvre intense, on voit survenir tous les symptômes d’une péricardite.

L’autopsie des sujets qui ont succombé à cette maladie donne les résultats suivants : la séreuse offre ordinairement une rougeur étalée ou disséminée par plaques, par arborisations; en même temps elle est poisseuse ou même enduite de fausses membranes analogues à de la crème de lait ou à du blanc d’œuf coagulé ; elle se laisse aussi déchirer et isoler avec assez de facilité. Suivant le degré d’intensité de l’inflammation , on trouve une quantité plus ou moins considérable de sérosité claire ou floconneuse , ailleurs sanguinolente , sanglante même.

La péricardite débute par des frissons, une douleur vive, aiguë, déchirante à la région précordiale, s’irradiant quelquefois vers les parties voisines ; les secousses de toux, les mouvements brusques l’augmentent au point de la rendre intolérable; le malade se tient courbé et couché sur le côté droit. Dans certains cas cependant, les douleurs sont moins vives. En même temps , les battements du cœur sont précipités, tumultueux; si l’on percute avec toutes les précautions convenables la région précordiale , on reconnaît une matité plus ou moins étendue qui décèle l’existence d’un épanchement plus ou moins considérable. L’auscultation fait reconnaître les modifications qu’a éprouvées Iç rhythme du cœur, et aussi divers bruits de frottement, de froissement, de râpe, etc. Les battements du cœur semblent d autant plus profonds que l'épanchement est plus abondant. Lorsque celui-ci existe depuis quelque temps, il soulève les cartilages des côtes au niveau de la région précordiale, et détermine une voussure tout-à-fait caractéristique. Lafièvre est d’ordinaire très-intense; l’état tumultueux et irrégulier du cœur se traduit par la précipitation et l’irrégularité du pouls. Dans les cas graves , la dyspnée est très-marquée , le malade est dans un état d’angoisse inexprimable ; il y a des syncopes , des lypothymies , quelquefois même des hoquets qui augmentent encore les souffrances. Au bout de quelques jours de cette affreuse situation , les extrémités se refroidissent, s’infiltrent, la face devient livide, violacée, et les sujets fmissent par succomber. Dans beaucoup de cas, hâtons-nous de le dire, les accidents ne sont pas aussi formidables, et la guérison est obtenue par la résorption de l’épanchement et la formation de fausses membranes qui unissent les deux portions de la séreuse l’une à l’autre.,

Le traitement est essentiellement antiphlogistique : saignées générales et locales répétées , non pas seulement plusieurs fois dans le courant de la maladie, mais plusieurs fois par jour ; repos absolu, boissons délayantes, émulsionnées, nitrées; tels sont les moyens qu’il convient de mettre d’abord en usage ; la dyspnée , les syncopes seront combattues par les sinapismes. La réaction fébrile ayant diminué , on favorisera la résorption de l’épanchement à l’aide des vésicatoires volants, des révulsifs intestinaux, etc.

Péricardite chronique. — Elle reconnaît à peu près les mêmes causes que la péricardite aiguë , à laquelle elle succède le plus ordinairement. C’est particulièrement dans cette forme que l’on trouve des épanchements séro-lacteseents , des fausses membranes organisées , des plaques, des incrustations, etc., dans le péricarde.

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Si la phlegmasie chronique succède à la forme aiguë, on a la continuation des phénomènes d’épanchement décrits plus haut, matité, voussure, etc. Si la maladie a débuté d’emblée par l’état chronique, ie diagnostic est plus difficile. On a alors pour signes de l’oppression, un sentiment de gêne ou une douleur sourde à la région précordiale, des palpitations irrégulières, etc. A ces symptômes se joignent les signes locaux dont nous venons de parler. Si l’épanchement est très-abondant, et que l’on ne puisse en obtenir la résolution, on observe les phénomènes des maladies du cœur arrivées à leur dernière période : bouffissure et aspect violacé de la face, œdème des membres, dyspnée, position horizontale impossible, et le malade finit par succomber.

Ici les émissions sanguines sont moins indispensables; on devra cependant y avoir recours si le sujet n’est pas épuisé; mais il faut particulièrement compter sur les révulsifs énergiques appliqués à la région du cœur, vésicatoires et cautères. Les boissons laxatives et diurétiques sont très-utiles ; les frictions sur la peau, quelques fumigations excitantes, convenablement administrées , sont encore employées ici avec avantage. C’est particulièrement dans ces cas que la digitale convient, à son double titre de sédative du système circulatoire et de diurétique. Dans les cas extrêmes , on a conseillé la ponction du péricarde. Gette opération a même été tentée avec succès. Une chose évidente pour nous, c’est que, quand la mort est certaine, toute chance de salut doit être mise devant les yeux du malade , et la ponction en est une. J. -P. Beaude.

péricardite [méd.),s. f. C’est l’inflammation du péricarde. (Y. ce mot.)

pbhichondre ( anat .), s. m. (du grec péri , autour, et chondros, cartilage). C’est la membrane fibreuse qui entoure les cartilages, analogue au périoste qui enveloppe les os. (V. Cartilage.)

péricrakte [anat.), s. m. On donne ce nom à la portion du périoste qui recouvre le crâne.

périnéal (anat.), adj., se dit des choses qui ont rapport au périnée. (Y. ce mot.) On dit la région périnéale, pour désigner le périnée et les parties qui l'avoisinent.

périnée ( anat .), s. m . (perineum , du grec péri, autour , et naiein , habiter). On désigne ainsi l’espace qui est compris entre l’anus et les parties génitales ; le périnée présente, à sa partie moyenne, une ligne qui fait partie de la ligne médiane du corps, et que l’on nomme le raphé ; l’espace formant le périnée ou région périnéale est très-important à connaître, en raison des opérations qui se pratiquent dans cette région, et des parties qui la forment. (Y. Pierre.) J. B.

période ( path .), s. f. , se dit des différentes phases d’une maladie. Une période suppose un certain nombre de jours pendant lequel s’est accomplie une des révolutions de la maladie; ainsi l’accroissement, l’état confirmé, qui est plus ou moins stationnaire, et le déclin, forment les trois principales périodes d’une affection. Le mot période peut aussi s’appliquer aux diverses phases d’un accès. Dans les accès de fièvres intermittentes, par exemple , il y a presque toujours une période de froid et une de chaleur. Le début d’une maladie reçoit aussi le nom

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de période d’invasion ; cet état dure ordinairement 24 ou 48 heures. — On a aussi nommé les fièvres intermittentes fièvres périodiques , parce que les accès reviennent d’une manière régulière ou périodique. J. B.

périodique (path.), adj. (V. Période.)

périoste {anat.), s. m. (de péri, autour, ostéon, os; enveloppe des os) .On appelle ainsi la membrane fibreuse qui revêt le système osseux dans toute son étendue. (V. Os.)

Péeioste (Maladies du). — Nous décrirons les deux principales :

1° Périostite , ou inflammation aiguë du périoste. — Cette maladie a été longtemps confondue avec les lésions du tissu osseux, et n’a été bien étudiée que dans ces derniers temps. Elle dépend quelquefois de causes extérieures, contusions, fractures, plaies, etc.; d’autres fois, et le plus souvent, elle résulte d’une affection constitutionnelle, et particulièrement de la syphilis ; elle peut aussi se développer dans le cas de phlegmon profond; enfin, on a accusé l’abus des mercuriaux.

Les traces que laisse cette maladie sont aisées à reconnaître : à un premier degré, on trouve le périoste injecté , et le tissu qui l’unit aux os infiltre d’une matière séreuse. A une période plus avancée, la fibreuse est très-rouge, épaissie, soulevée par une lymphe plastique ; enfin , à un troisième degré , le périoste est ramolli et décollé par le pus , ulcérée détruit même; et au niveau de cette destruction, le tissu osseux, privé de son enveloppe, est frappé de mort. (Y. Nécrose, au mot Os.)

Insensible à l’état normal, le périoste devient trèsdouloureux quand il est enflammé : il y a tuméfaction luisante , œdémateuse du membre , chaleur, impossibilité de mouvoir le membre à cause de la douleur; fièvre plus ou moins intense, formation d’abcès. La terminaison peut avoir lieu , soit par résolution, soit par suppuration , avec carie ou nécrose de l’os sous-jacent, soit enfin par la mort, si la périostite est très-étendue.

Le traitement de la périostite aiguë étant absolument le même que celui de l’ostéité (V. Os), nous n’y reviendrons pas.

2° Périostose. — Ce nom désigne les différentes formes de tuméfaction dont le périoste peut être affecté. Assez souvent ces tumeurs résultent d’une phlegmasie chronique, dans laquelle la lymphe coagulable, sécrétée par le périoste et épanchée dans le tissu cellulaire qui sépare cette membrane de l’os, s’est concrétée et a passé à l’état cartilagineux ou osseux. Ces tumeurs seront combattues par les émollients d’abord , s’il y a de la douleur ; mais surtout par les résolutifs, les iodures et les mercuriaux en tête.

Sous le nom de tumeur ou périostose gommeuse , on désigne une tuméfaction du périoste avec infiltration d’une matière gélatiniforme dans le tissu cellulaire sous-jacent. Ces gommes sont ordinairement, on pourrait dire toujours, l’effet du virus syphilitique : elles se montrent sur les os superficiels (crâne , clavicule, face interne du tibia) ; elles sont d’un volume qui varie depuis celui d'un pois jusqu’à celui d’un œuf de poule; très- douloureuses , surtout la nuit (caractère propre aux affections syphilitiques). Tantôt la tumeur se résout à l’aide

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d’un traitement approprié , tantôt elle s’ouvre et suppure, tantôt enfin elle s’indure et prend les caractères de l’exostose. Le traitement qui convient ici consiste surtout dans l’usage des mercuriaux, des sudorifiques, de l’iodure de potassium, etc.

Il est des cas dans lesquels le périoste , au lieu de s'indurer, forme la base d’une végétation molle, blanchâtre, pulpeuse, analogue au tissu cérébriforme : c’est le fongus du 'périoste. Cette maladie est fort grave et exige ordinairement le sacrifice du membre ou de la partie sur laquelle la tumeur fongueuse s’est développée. E. Beaugrand.

périostite [mèd. ), s. f. (V. Périoste.)

PÉRiosTGSE ( path .), s. f. On donne ce nom à une maladie du périoste avec tuméfaction et souvent altération des os. V. Périoste (maladies du.)

péripneumonie ( méd .), s. f. (V. Pneumonie.)

péristaltique (physiol.), adj.(du grec péri, autour, et stello , je resserre). C’est un mouvement de contraction qui a lieu dans la circonférence des intestins, et qui a pour résultat de faire cheminer ses aliments dans la cavité de ces organes. (V. Digestion. )

péristaphtlim ( nnat .), s.m. (dugrec^n, autour, etde slaphulè , la luette. (Il existe deux muscles péristaphylins, un interne et un externe; ces muscles s’attachent, le premier à la face intérieure de la portion de l’os temporal nommée le rocher, et au cartilage de la trompe d’Eustache; le second s’attache à la base de l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde; tous deux à leur partie inférieure se perdent dans l’épaisseur du palais; ces muscles ont pour fonction de relever le voile du palais et de le tendre de manière à empêcher le passage des aliments dans les fosses nasales lors de la déglutition.

péritoine ( anat .), s. m. (du grec péri, autour, et teinô, j’étends; j’étends a l’entour). Ce nom sert à désigner une membrane séreuse qui a la forme d’un sac sans ouverture qui tapisse d’une part la paroi interne du ventre, et de l’autre les viscères renfermés dans cette cavité; le péritoine répond, par sa face extérieure, à ces divers organes, et par sa face interne, toujours humectée d’une sérosité qui facilite les glissements, il e^t en rapport avec luimême. Nous ne saurions, dans cet article, donner une idée un peu exacte de la disposition compliquée que présente cette tunique séreuse; nous nous bornerons donc à quelques généralités. Le péritoine ne s’applique pas exactement sur tous les viscères, de manière à les accoler à ia paroi adjacente de l'abdomen , mais au niveau de tous ceux qui jouissent d’une certaine mobilité, les intestins par exemple, il forme des replis très- étendus qui permettent au tube digestif non-seulement de se mouvoir facilement, mais encore de se dilater; ce repli porte le nom de mésentère an niveau de l’intestin grêle, et de mésocolon et de. mésorectum au niveau du colon et du rectum. Une autre grande duplicature a lieu, non plus cette fois en arrière, mais au-devant de l’estomac, de manière à constituer un vaste sac flottant sur la masse des intestins, c’est le grand épiploon; d’autres adossements du péritoine à lui-même existent, soit entre le foie et l’estomac, épiploon gastro-hépatique ,

soit entre la rate et l’estomac, épiploon gastro-splénique. De chaque côté de la vessie, dans les deux sexes , se voient encore des replis du péritoine: cettemême disposition existe chez la femme pour l’utérusy et ici ces duplicatures très marquées de chaque côté constituent les ligaments larges qui recèlent dans leurintérieur les ovaireset les trompes deFallope, etc.

Le péritoine est doublé, dans toute son étendue, par une lame fibreuse qui lui adhère très-intimement, et qui lui donne la force et la résistance qui manquent aux séreuses simples. La membrane ainsi consti'uée est unie aux parties voisines par un tissu cellulaire plus ou moins fin et serré, suivant les différentes parties.

Les usages du péritoine sont d’envelopper tous les viscères de l’abdomen, et de -faciliter les mouvements multipliés dont ces organes sont continuellement le siège. J. -P. Beaude.

péritonite (path.), s. f. , mot formé du français péritoine et de la désinence ite , qui exprime l’inflammation; il désigne donc l’inflammation du péritoine. L’étude de cette maladie est partagée par tous les auteurs modernes en deux chapitres bien distincts , suivant que la phlegmasie est aiguë ou chronique.

Péritonite aiguë. — Elle s’observe à tous les âges de la vie, depuis la vie intra utérine (Dugèsr Billard, etc.) , jusqu’à la vieillesse la plus avancée ; mais c’est manifestement chez les adultes et chez les femmes qu’on la rencontre le plus fréquemment. On doit regarder les refroidissements brusques comme la cause la plus ordinaire de la péritonite; les blessures, et en particulier les plaies pénétrantes de l’abdomen , qui mettent la cavité du péritoine en rapport avec l’air extérieur, occasionnent très-souvent l’iufbonmation aiguë de cette membrane. C’est encore ainsi que les épanchements sanguins dus à cette cause, ou à la rupture d’une artère ou d’une veine, l’ouverture spontanée d’un abcès ou d’un kyste voisin, qui laissent épancher dans la séreuse la matière qu’ils renfermaient, la perforation traumatique ou spontanée des viscères creux, tels que la vessie et les intestins, d’où résulte le passage dans le péritoine de l’urine ou des matières fécales , produisent de violentes inflammations. Le rhumatisme alterne quelquefois avec une péritonite. De toutes ces causes, la plus commune (pour les femmes, bien entendu) est l’accouchement récent; mais ici la péritonite n’est ordinairement pas simple, elle n’est qu’un accident d’un état complexe que nous décrironsau mot P uerpérale (fiè\re) . Tout cequenousdironsici n’aura donc trait qu’à l’inflammation du péritoine considérée en généralité, sans acception de sexe ; nous indiquerons au reste ses principales variétés.

Les désordres trouvés après la mort des sujets qui ont succombé à une péritonite ne diffèrent pas de ceux que présentent, dans le même cas, les autres séreuses; c’est toujours cette rougeur diversement distribuée sur la membrane, ces dépôts de lymphe plastique sous forme de fausses membranes, molles et pulpeuses; si la mort est survenue au bout de peu de jours, plus fermes, plus consistantes, ayant subi un commencement d’organisation. Le tissu cellulaire sous-séreux est injecté et infiltré, dans certains cas, d’une sérosité sanguinolente. Dans

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4’intérieur de la cavité , on trouve un épanchement variable quant à la quantité et quant à la nature du liquide épanché ; tantôt c’est une sérosité à peine lactescente, ailleurs plus épaisse et crémeuse; ici, sanguinolente, et, dans certains cas rares , constituée par du sang presque pur. Lorsque la maladie a été causée par la perforation d’un organe creux voisin , on trouve dans le péritoine la matière dont l’épanchement a été la source de tous les désordres : pus, ‘urine, bile, matières fécales, etc.

Les symptômes de la péritonite aiguë intense sont très-caractéristiques , et dans le tableau sommaire que nous allons en tracer, nous prendrons pour type le cas le plus grave. Tantôt la maladie est précédée de malaise, de fièvre , qui durent pendant quelques jours; d’autres fois le début est brusque , et la douleur aiguë et pungitive qui caractérise cette affection se manifeste d’emblée. Les souffrances locales dont le siège est ordinairement autour de l’ombilic, s’exaspèrent à la moindre pression , au point de rendre quelquefois intolérable pour le patient le poids de ses couvertures , qu’il faut maintenir relevées à l’aide d’un cerceau. Le moindreeffort, la moindre secousse de toux ou l’éternuement, l’augmentent également. Le ventre, d’abord tendu , se gorille de plus en plus et prend les caractères du ballonnement, du météorisme : en même temps , il y a des nausées, des vomissements muqueux, bilieux ou porracés ; il y a de la constipation, soif vive, peau brûlante, aride et sèche, pouls petit, fréquent, serré: face pâle exprimant la souffrance, respiration gênée, suspirieuse.

Au bout d’un temps variable l’épanchement s’opère, le volume du ventre augmente encore , quelquefois sa tension et sa sensibilité diminuent, le pouls est plus mou , plus dépressible, laissant quelquefois sentir une fluctuation sourde, et rendant un son plus mat quand on peut percuter; les traits du visage prennent un aspect particulier, ils sont, comme on le dit , grippés. La peau est couverte d’une sueur froide, visqueuse, les vomissements continuent , le sujet s’affaiblit de plus en plus, et succombe ordinairement dans un état complet d’abattement. Dans des cas plus heureux, les accidents, au lieu d’aller en augmentant, s’amendent au contraire; la résolution du liquide épanché est obtenue et le malade guérit : ail eurs la maladie change de forme et passe à l'état chronique.

Il est quelques variétés que nous devons rapidement faire connaître. Ainsi , dans certains cas, l’inflammation n’occupe qu'une portion plus ou moins circonscrite du péritoine, les flancs, les hypochondres, par exemple; la péritonite est dite alors partielle. Le point affecté se reconnaît au siège de la douleur et des autres accidents locaux. Quand l’épanchement est constitué par du sang pur, il y a [ alors péritonite hemon hugique ; elle parait occasionner des douleurs plus violentes que les autres formes de cette maladie, et déterminer une issue plus prompte et plus funeste. — La gangrène du I péritoine se reconnaît à la cessation brusque des I souffrances et au calme trompeur qui précède la I mort.

La phlegmasie de la séreuse abdominale est quel- I quefois accompagnée de symptômes généraux qui I i appellent les différents groupes de pyrexies éta- I idies par Pinel; ainsi, il y a tantôt forme inflam-

matoire bien tranchée ; ailleurs, il y a état bilieux ; ailleurs encore, de V adynamie ou de Y ataxie, etc.

La durée de la péritonite est ordinairement de fO à i5 ou 20 jours; si la maladie se prolonge audelà d’un mois, elle doit être regardée comme chronique.

La péritonite est en général une affection grave; celle qui est spontanée offre plus de dangers que celle qui succède à une lésion traumatique légère; mais les plus redoutables sont les péritonites par perforation, et celles qui sont avec épanchement de sang et avec gangrène.

Traitement. — Comme le dit Broussais, la première chose à faire en abordant un malade affecté de péritonite doit être d’écarter de lui tout ce qui peut comprimer le ventre, et, par conséquent, exaspérer les douleurs. Le malade sera placé sur le dos , dans l’immobilité la plus absolue. Pour peu qu’il ait de force, on pratiquera sur-le-champ une saignée qui sera répétée au besoin ; mais on insistera particulièrement sur les émissions sanguines locales , sangsues sur l’abdomen, à la dose de 20, 30, 40, 50 et même 80 , et cette application sera renouvelée suivant l’état du pouls. Les bains entiers tièdes, pro longés pendant plusieurs heures , sont ici d’une grande utilité, et soulagent beaucoup le malade. Les cataplasmes émollients seraient d’un grand avantage, si leur poids ne gênait douloureusement le malade. On les remplacera par des fomentations de même nature , tièdes ou même fraîches dans certains cas. Les boissons seront rafraîchissantes et délayantes, et changées suivant le goût des malades: quand les douleurs sont devenues moins violentes, et que les mouvements redeviennent possibles, on pourra administrer des lavements émollients ou même légèrement laxatifs pour vaincre la constipation. De doux purgatifs seront administrés dans le même but. On a beaucoup vanté, dans ces derniers temps, les frictions mercurielles ; c’est là un moyen en effet très-puissant, et auquel on pourra avoir recours surtout dans les cas graves. Quand l’épanchement s’est formé, il s’agit de le l'aiie résorber. Le traitement rentre alors dans celui de la péritonite chronique dont il nous reste à parler.

Péritonite chronique. — Elle est assez rarement primitive, le plus souvent elle succède à la forme aiguë. Les causes sont donc, d’une part, toutes celles de la péritonite dont nous venons de tracer l’histoire, et, en outre, des phlegmasies des viscères abdominaux, des productions accidentelles développées dans cette cavité, notamment les tubercules; puis les coups, les contusions, les froissements répétés , etc.

L’autopsie des sujets morts de péritonite chronique fait reconnaître des désordres souvent assez considérables, des fausses membranes plus ou moins épaisses, plus ou moins organisées suivant le degré et l’ancienneté de la maladie, unissent des portions quelquefois très-étendues du péritoine. Celui-ci est ie siège d’un épanchement variable, et t our la quantité, et pour l’aspect du fluide épanché. Ce fluide est tantôt clair et limpide, ailleurs trouble, laiteux, sanguinolent, noirâtre, analogue à du chocolat, etc.; enfin la séreuse est quelquefois formée de petites granulations de nature manifestement tuberculeuse. On a vu dans certains cas tout le paquet intestinal agglutiné en une seule masse.

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Les douleurs sont bien loin d’être aussi violentes dans la péritonite chronique que dans l’aiguë ; la douleur est ordinairement sourde , profonde , ne se manifestant que par les secousses , la toux , les efforts ; enfin elle peut même manquer complètement. Il y a le plus souvent un épanchement qui se reconnaît par le volume du ventre, la matité à la percussion , et la fluctuation (Y. Ascite) ; les digestions sont pénibles, laborieuses; le malade est faible; il y a un peu de fièvre revenant le soir par accès , de l’amaigrissement , quelquefois de la constipation , souvent, vers la fin, de la diarrhée, etc. Quand il n’y a pas d’épanchement, le ventre est affaissé, et. le frottement des fausses membranes qui existent alors se traduit souvent par une sensation particulière analogue au craquement du cuir neuf, et que l’on perçoit à l’extérieur.

La marche est ordinairement assez lente , et les malades finissent souvent par succomber soit dans le marasme , soit par un retour a l’état aigu.

Traitement. — Quand la péritonite chronique a débuté d’emblée et avec une certaine intensité , on aura recours aux sangsues , aux cataplasmes et aux bains comme dans le cas d’acuité , mais on insiste beaucoup moins sur les émissions sanguines.

Lorsqu’il y a apyrexie complète et peu de douleur, que les signes de l’épanchement existent, on aura particulièrement recours aux révulsifs cutanés : friction sèche ou avec des liniments excitants, la scille, les teintures de cantharides, la digitale: vésicatoires volants sur l’abdomen 5 bains de vapeur ou fumigaions ; boissons sudorifiques, etc.

Si l’épanchement est très-considérable, qu'il y ait de l’oppression , on pourra avoir recours à la paracentèse. Plusieurs auteurs ont blâmé ce moyen, et cité les accidents qui suivaient l’évacuation du liquide; on pourrait n’en évacuer qu’une portion , de manière à soulager seulement le malade, quitte à y revenir s’il le fallait. J. -P. Beaude.

péritonéal (< anat .), adj.; se dit des choses qui ont rapport au péritoine. La portion du péritoine qui revêt les intestins est nommée tunique péritonéale ; l’intérieur du péxitoine reçoit aussi le nom de cavité péritonéale. (Y. Péritoine.)

PERLE (mat. méd.), s. f. (margarita). On donne ce nom à des concrétions brillantes et nacrées qui se trouvent dans certains mollusques, et spécialement dans le mytilus margariferus.C' est dans ce dernier que l’on trouve les peiles fines que l’on pêche dans l’Inde et dans le golfe du Mexique. D’autres mollusques, et quelquefois Vostrea edulis , huître commune, portent des perles dans leur intérieur, mais elles sont loin d’offrir la même beauté que les premières. Les perles, qui sont le produit d’unemaladie des mollusques chez lesquels on les rencontre, sont de même nature que la nacre qui tapisse l’intérieur delà coquille; elles sont produites par une déviation de la sécrétion calcaire qui a lieu par l’enveloppe de l’animal. Les perles ont été employées autrefois comme médicament, soit pilées, soit dissoutes dans un acide tel que le vinaigre, soit même calcinées; la nacre de perle avait été employée pour les remplacer, à cause de son prix peu élevé. Aujourd’hui on ne fait aucun usage de ces substances ; les charlatans peuvent seuls les indiquer comme entrant dans leurs compositions : le carbonate et le phosphate de chaux jouissent a autant de vertu, sous le

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