PIM
ajoute des poudres inertes, telles que celles de guimauve et de réglisse, jusqu’à ce qu’on ait formé une masse ductile et non adhérente. Les corps gras sont aussi employés comme excipients; ainsi, on ramollit le savon médicinal avec quelques gouttes d’huile d’amandes douces ; le beurre de cacao a souvent été prescrit pour lier quelques poudres, mais il demande beaucoup d'habitude pour l’employer convenablement. On s’est servi de la mie de pain avec avantage pour absorber des solutions très-actives ; c’est ainsi qu'on fait des pilules avec le sublimé corrosif, dissous dans quelques gouttesd’eau au moyen d’une petite proportion de sel ammoniac. Quel que soit le moyen mis en usage pour former la masse pilulaire, elle doit être triturée et battue pendant longtemps, et jusqu’à ce qu’elle soit devenue parfaitement homogène; on la forme alors en cylindres allongés, qu’on divise au moyen d'un instrument en métal nommé pilulier, en autant de parties qu’on veut former de pilules; on arrondit celles-ci en les roulant entre les doigts, et on les saupoudre de lycopode ou de réglisse pulvérisé , pour les empêcher d’adhérer les unes aux autres.
Quelquefois , pour leur donner un aspect plus agréable et mieux déguiser leur odeur et leur saveur, on les agite, encore légèrement humides, dans une boîte sphérique en bois , avec des feuilles d’or ou d’argent, jusqu’à ce qu’elles soient recouvertes de ces mixtures et parfaitement brillantes. On parvient encore mieux à masquer complètement leur saveur par le moyen indiqué récemment par M. Garat; il consiste à placer les pilules sur la tête d’une longue aiguille, et à les plonger ainsi dans une solution chaude de gélatine ; on les retire en laissant écouler l’excès de gélatine, et on pi jue l’aiguide sur une pelote, jusqu’à ce que la gélatine soit sèche : ou retire alors la pilule, qui se trouve parfaitement vernie, et peut ainsi être avalée sans laisser après elle de saveur désagréable. On substitue , dans certains cas, avec avantage, à la gélatine pure, un mélange de cette substance avec de la gomme et du sucre , ou tout simplement avec de la pâte de jujubes.
La forme pilulaire est une des plus usitées en médecine pour l’administration des médicaments ; elles sont trop nombreuses pour que nous essayons ici de donner la composition même des plus usitées d’ entre elles; elles ne sont d'ailleurs point données sans la prescription spéciale d'un médecin.
VÉE
PIMENT DES abeilles, ou Piment des ruches ; c’est la mélisse officinale. (V. ce mot.)
PIMENT annuel ( bot . mcd.), s. m. [capsicum annuum, L.);piment des jardins, poivre de Guinée , famille des Solanées, J. Le fruit qu’on nomme vulgairement poivre long , bien qu’il n’offre qu’une analogie de saveur avec le piper longum , est formé d’une baie sèche ou capsule oblongue, lisse, luisante, tantôt verte, tantôt rouge de corail , d’où lui vient le nom de corail des jardins. Il renferme des semences plates, réniformes , fixées à un placenta commun. Vert, on le confit dans une saumure, ou on l’associe comme condiment au vinaigre dans lequel on conserve les cornichons. Ce fruit, lorsqu’il a atteint son maximum de maturité, fait, après avoir été pilé , la base des sauces si apétî-