‹ Dictionnaire de médecine usuelleChapitre 12 sur 298 · PE · texte numérisé non relu

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iodtoes (chim ), s. m. pi. Nom donné par les chimistes à l’association de l’iode avec un corps simple métallique. (V. Iode.)

ipégactjanha [mat. méd ), s. m. On donne ce nom à plusieurs espèces de racines qui nous viennent du Brésil et du Pérou, et qui jouissent de propriétés émétiques. Parmi ces racines , deux surtout sont principalement employées, ce sont les Psycothria emetica et les Cephœlis ipecacuanha. Le dernier est le seul véritable ipécacuanha officinal, et se montre presqu’exclusivement aujourd’hui dans le commerce. Les deux plantes qui fournissent ces racines appartiennent à la famille des rubiacées. La première , le Psychotria, nous est apporte du Pérou, où l’on s’en sert comme du véritable ipécacuanha. Long-temps, en Europe, il fut considéré comme l’ipécacuanha officinal; Mutis , dans son voyage au Pérou, en avait envoyé, en 1764, une plante avec la description , à Linné; elle ne fut publiée qu’en 1781 par Linné fils. Le véritable ipécacuanha, le Cephœlis, ne fut distingué en Europe qu’en 1802, époque à laquelle Brotero, qui tenait cette plante de Gomès, qui l’avait rapportée du Brésil, fit imprimer une dissertation sur ce sujet dans les Transactions linnéennes de Londres, et donna à cette plante le nom de Callicocca ipecacuanha. Mais, c’est surtout à M. de Tussac qui, en 1813, publia un mémoire sur cette plante dans le journal botan que de Desveaux, en lui donnant le nom de Cephœlis ipécacuanha , qu’il a conservé depuis, que l’on doit la connaissance du véritable ipécacuanha que les travaux de Gomès et de Brotero n’avaient pas suffisamment mis en lumière.

Si nous avons insisté sur cet historique d’un médicament qui, employé par les médecins depuis longtemps, n’était pas cependant encore connu par les naturalistes, c’est qu’il est peu de sujets en matière médicale sur lesquels il ait régné plus d’obscurité et de confusion. Pendant long-temps on ne sut distinguer le véritable ipécacuanha du grand nombre de racines auquel il était mêlé, qui toutes jouissaient de propriétés émélives , mais à des degrés moindres. C’est aux travaux de MM. Mérat et Delens, de M. Richard, que l’on doit d’avoir débrouillé ce chaos. M. Richard cite cinq familles de plantes : les Violariées , les Apocynées , les Euphorbiacées , les Polygalèes , les Acanthacées, qui fournissent des ipécacuanha qui long-temps furent confondus avec le Cephœlis. Toutefois , on désignait les diverses espèces d’ipécacuanha par leur couleur , sous le nom de gris, blanc, brun, noir, etc., suivant l’aspect des racines ; mais ces désignations, insuffisantes ou souvent fautives, ont été remplacées par M. Richard. Il a donné aux deux espèces les plus usitées des noms tirés de leurs formes; il a désigné sous le nom de strié le Psychotria emetica, et sous celui d’annelé le Cephœlis ipecacuanha.

L’ipécacuanha annelé est encore connu dans le commerce et parles pharmaciens sous le nom d’ipécacuanha gris; le Cephœlis qui le produit est un petit arbuste d’environ un pied de hauteur qui croit au Brésil, dansles provinces deFernambouc,Bahia, Rio-de- Janeiro , etc. Il offre une tige souterraine horizontale d’où naissent un grand nombre de

racines allongées , rameuses et présentant comme une suite d’anneaux irréguliers de deux à trois lignes de diamètre ; ces anneaux sont formés par la partie corticale de la racine , ils renferment toute la partie active de l’ipécacuanha. Dans le commerce, ces racines sont de la grosseur d’une plume à écrire, allongées , irrégulièrement contournées , simples ou rameuses , formées par de petits anneaux saillants offrant une ligne d'épaisseur et séparés par des sillons moins étendus. Au centre de la racine est une radicule fibreuse composée presqu’entièrement de substances ligneuses et qui jouit de propriétés bien moins actives que la portion qui l’enveloppe. La cassure est compacte,grise ou brune et d’aspect résineux; la saveur est amère , herbacée et un peu âcre, surtout après quelque temps. La couleur de l’ipécacuanha varie suivant les âges de la plante; il est le plus souvent gris, quelquefois gris brun ou gris rouge; ces trois colorations , qui correspondent, suivant quelques auteurs, à la jeunesse, à l’âge adulte et à la vieillesse de la plante, constituent trois variétés de I’ipécacuanha officinal.

L 'ipécacuanha strié croît au Pérou et dans la Nouvelle-Grenade, où il est seul employé ; dans le commerce , il est plus rare que le précédent. Le Psychotria emetica qui leproduit est un petit arbuste de l’élévation de 30 à 40 centimètres, d’un port analogue au Cephœlis, ses racines sont cylindroïdes, ordinairement simples, non régulières, de la grosseur d’une plume de cygne offrant des intersections ou étranglements circulaires, profonds, assez éloignés les uns des autres. L’épiderme est d’un brun foncé et forme des stries longitudinales ; la cassure est brune, noirâtre peu résineuse; l’enveloppe corticale est moins cassante que l’espèce précédente, la saveur est fade, nullement amère , légèrement âcre; l’odeur est presque nulle.

L’analyse de l’ipécacuanha a été faite par M. Pelletier, qui a découvert un nouveau principe immédiat auquel cette racine doit ses propriétés et qu’il a nommé émétine. Voici les proportions pour 100 parties des substances contenues dans l’ipécacuanha annelé, Cephœlis ipecacuanha: Emétine, 16, cire et matières grasses 1 ,2 , matière résineuse 1,2, gomme et matières salines 2,4, amidon 53, matière animale albumineuse 2,4, ligneux 12,5, acide gallique des traces. Total 100.

L’ipécacuanha strié ; Psychotria emetica ) contient les mêmes principes, si ce n’est que la proportion d’émétine est moindre que dans le précédent et que conséquemment il jouit de propriétés moins actives.

L’émétine est blanche , pulvérulente , d’une saveur un peu amère , fusible à 50 degrés cenligr.; elle est assez soluble dans l’eau chaude et dans l’alcool ; les huiles et l’éther en dissolvent une petite portion. L’acide gallique et la noix de galle la précipitent de ses dissolutions , l’acétate de plomb ne la précipite que lorsqu’elle est encore impure, elle sature mal les acides et donne des sels incris tallisables. L’émétine se prépare en traitant l’ipécacuanha par l’alcool; on en fait un extrait, qui est ensuite traité par l’eau et la magnésie ; il est séché et traité de nouveau par l’alcool bouillant, puis distillé; le résidu est alors traité par

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l’acide sulfurique étendu et le charbon animal , enfin l’on précipite de cette nouvelle solution l’émétine par l’ammoniaque.

M. Callond a donné un procédé beaucoup plus simple, qui consiste à faire digérer 125 grammes d’ipécacuanha dans 750 grammes d’eau acidulée par l’acide sulfurique ; on ajoute 125 grammes de chaux réduite en bouillie, on fait sécher à l’étuve, on pulvérise ensuite et l’on traite par l’alcool à 36» bouillant, qui donne, par l’évaporation, l’émétine presque pure , qui peut être encore purifiée par le charbon et précipitée par l’ammoniaque. L’émétine est rarement employée en médecine ; pure, on ne l’emploie presque jamais; et dans ce dernier état, suivant Mérat et Delens, elle est trois fois plus active qu’à l’état coloré où l’avait d’abord obtenu MM. Pelletier et Magendie. Ces deux savants ont constaté que l’émétine colorée, l’émétine impure, est vomitive à la dose de 1 à 3 grains; à la dose de 6 à 10 grains, ils ont déterminé, chez des chiens, des vomissements fréquents suivis de la mort, en 12 à 15 heures; la décoction de noix de galle est l’antidote de ce poison. En médecine , l’émétine peut s’administrer dans tous les cas où l’on donne l’ipécacuanba; il a sur lui l’avantage d’être sans odeur et presque sans saveur, et d’être pris sous des doses dix à douze fois plus faibles.

L’ipécacuanha s’administre en poudre , en infusion et en décoction ; on en prépare des pastilles et des (ablettes, des extraits aqueux et hydro-alcooliques, des teintures alcooliques et anisées, un sirop, un saccharolé; on prépare également un vin d’ipécacuanha, et il entre en portion notable dans le sirop de Désessart, qui n’est qu’un sirop d’ipécacuanha composé. On fait avec l’émétine colorée un sirop dans lequel cette substance entre à la dose de 9 décigrammes pour 500 grammes de sirop, des tablettes vomitives et pectorales; l’émétine est en double proportion dans lespremières, les secondes ne devant pas déterminer de vomissements.

L’ipécacuanha ne fut connu et employé en Europe qu’en 1672; on cite même, à cette occasion, les honneurs et les privilèges que Louis XIY accorda à Helvétius, qui l'employa le premier dans les hôpitaux , et ensuite sur le Dauphin, où il eut un succès complet. L’ipécacuanha agit comme vomitif, purgatif et incisif; comme vomitif, il est préféré souvent au tartre stibié (émétique), à cause de son action moins énergique ; il jouit d’une propriété dérivative et sudorifique qui le fait choisir si l’on veut provoquer une réaction avec diaphorèse. Ce fait s’observe souvent dans certaines angines tonsillaires, qui cèdent avec une grande facilité à l’ipécacuanha et qui résistent aux évacuations sanguines , aux émollients et aux dérivatifs. C’est surtout dans la péritonite puerpérale que l’on a obtenu d’importants résultats de l’ipécacuanha. Doublet, médecin de l’Hôtel-Dieu, est le premier qui ait mis ce moyen en usage, et il parvint à arrêter la mortalité des femmes en couches, qui était effrayante dans cet hôpital ; ce moyen, après avoir été abandonné, quoiqu’ efficace, fut de nouveau employé par Desormeaux, qui constate que, l’hiver , l’efficacité de l’ipécacuanha était moins

grande dans cette maladie que pendant les chaleurs de l’été. Dans ces cas, l’ipécacuanha est employé à la dose vomitive, qui varie de 8 à 30 grains (9 décigrammes à t,7o centig). Ce médicament a été employé en décoction dans la dyssenterie. Clarke donnait cette décoction en lavement à la dose d’un gros et demi de racine (6gram. ) dans la même maladie et à une dose moitié moindre dans les hémorrhoïdes internes.

Comme incisif, l’ipécacuanha s’administre dans les catarrhes pulmonaires chroniques pour favoriser l’expectoration, dans les coqueluches vers la fin de l’affection. Les pastilles qui contiennent un t/2 grain d’ipécacuanha chaque sont la préparation que l’on prend de préférence dans ces cas ; on en donne par jour de 3 à 6 chez les enfants et l’on peut aller jusqu’à 12 chez les adultes ; on augmentera ou diminuera ces doses suivant les âges et la force des individus, en ayant soin de ne pas trop rapprocher les instants où on les administre, car on a remarqué que lorsque l’on en donne de petites doses d’une manière très rapprochée, telles que toutes les demi - heures, elles peuvent déterminer des vomituritions et même le vomissement.

Nous aurions encore à nous étendre beaucoup si nous voulions parler de toutes les applications importantes de ce médicament à la thérapeutique et indiquer toutes les affections dans lesquelles il a été employé; mais ce que nous avons dit suffit pour que l’on puisse apprécier tout le parti que l’on peut tirer de cette substance énergique, et pour montrer que ce ne doit pas être d’une manière légère que l’on doit en prescrire l’emploi et surtout le donner aux enfants , ainsi que le font quelques personnes, sans auparavant , avoir l’avis du médecin. J. P. Beaude,

Médecin inspecteur des établissements d’eaux minérales, membre du conseil de salubrité.

iris ( anat .), s. m. On appelle ainsi, en anatomie, celte portion de l’œil que l’on voit au travers de la cornée transparente, laquelle est constituée par une cloison circulaire de différentes couleurs, tantôt noire, tantôt bleue, tantôt verte, et percée dans son milieu d’un trou rond que l’on nomme pupille ou prunelle. On lui a donné ce nom à cause de sa ressemblance avec l’arc-en-ciel, que l’on nomme Iris en latin. C’est surtout à l’iris que l’œil doit son expression et sa beauté ; c’est la nuance et la répartition des couleurs sur cet organe qui donnent au regard sa douceur et son énergie : aussi, dans le monde, attache-t-on les idées de beauté à telle ou telle couleur des yeux, et même, d’après cette maxime que l’œil est le miroir de l’âme , on s’est efforcé de dévoiler les plus secrètes passions d’après la teinte dont l’iris est colorée : le médecin y cherche l’indice du tempérament, et le naturaliste veut y trouver des caractères qui puissent le guider dans l’élude des races primordiales. (V. Races humaines .)

En réalité, l’iris (dont on trouvera une description complète au mot oeil), est un voile membraneux , une sorte de diaphragme percé d’une ouverture centrale qui laisse passer les rayons lumineux jusqu’au fond de l’œil; les faisceaux musculaires

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