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qui entrent dans la composition de l’iris permettent à cet organe de se tendre et de se replier en quelque sorte sur lui-même , de là le rétrécissement ou l’agrandissement de la pupille suivant que, pour les nécessités de la vision, peu ou beaucoup de faisceaux lumineux doivent pénétrer jusqu’à la partie la plus reculée de l’œil. C’est ainsi qu’aux rayons d’un soleil éblouissant l’ouverture de la prunelle est resserrée, tandis qu’au contraire, elle est largement dilatée dans les ténèbres. Cette ampliation ou ce rétrécissement de la pupille, qui existent dans différentes affectons du cerveau, servent utilement de moyens v iagnostiques au médecin observateur.
Pendant la vie fœtale ( V. OEuf), l’ouverture de la pupille est fermée par une membrane mince, nommée membrane pupillaire, qui disparaît quelque temps avant la naissance. On comprend que la persistance de celte membrane , en fermant le passage à la lumière, doit amener la cécité, nous en reparlerons plus bas.
Maladies de l’iris. — Si le nombre et l’importance pathologique des maladies se mesuraient au volume des organes, l’iris ne figurerait que pour une faible part dans les tableaux nosologiques, mais il n’en est point ainsi. La connexion intime de ce voile membraneux avec les autres parties constituantes de l’œil, le rôle qu’il joue dans l’acte de la vision, le nombre des vaisseaux etdes nerfs qui s’y distribuent, donnent un remarquable degré de fréquence et de valeur aux lésions dont il peut être le siège. Nous allons donc les passer rapidement en revue, renvoyant au mot OEil celles qui sont liées à des altérations semblables de cet organe complexe.
I. Ainsi les blessures (piqûres ou coupures) de l’iris ne peuvent pas avoir lieu sans que les parties qui le recouvrent ne soient aussi atteints. Les piqûres arrivent, soit dans les opérations que l’on pratique sur l’œil, la cataracte , par exemple ,. soit par accident, un coup de canif, d’aiguille , de poinçon, etc. ; il en résulte aussitôt un resserrement de la pupille et une hémorrhagie parfois peu abondante qui s’effectue dans l’intérieur des chambres de l’œil ; une phlegmasie intense peut en être la suite. Les coupures sont déterminées également soit par des opérations, soit par des accidents. Lorsque la coupure a lieu au bord pupillaire, il en résulte un agrandissement de la prunelle qui s’ouvre angulairement dans le point blessé : c’est le coloboma iridis. Les plaies transversales se ferment assez bien ; il n’y a que celles avec déperdition de substance qui restent béantes : la chirurgie a tiré grand parti de cette circonstance, comme nous le verrons plus bas. L’action d’un corps éli'anger introduit brusquement dans l’œil , une violence extérieure, la sortie du cristallin dans l’opération de la cataracte, peuvent amener la déchirure de l’iris ; des contusions ressenties par l’œil peuvent encore affecter l’iris et déterminer des accidents inflammatoires.
II. Les vices de conformation de l’iris sont les suivants : d’abord cet organe peut manquer complètement; c’est ce qui a été vu chez des
enfants nouveau-nés assez souvent aveugles; cependant, d’après les faits publiés par le professeur Rau de Berne, M. Stœber, etc., la vision n’est pas incompatible avec i’absence de l’iris , mais cela est rare et la fonction s’exerce très-mal. On peut remédier à ce vice de conformation, quand la vue persiste, en faisant porter des lunettes noircies dans toute leur étendue, à l’exception d’un rond central qui simule la pupille. Un vice de conformation toul-à fait opposé , c’est la persistance de la membrane pupillaire, dont nous avons parlé plus haut. Ici l’indication est bien précise, c’est de perforer cette membrane au moyen d’une opération connue soûs le nom de pupille artificielle.
III. L’iris peut se déplacer dans plusieurs circonstances. On dit qu’il y a prolapsus, lorsque cette membrane sort à travers une ouverture de la cornée , et vient former à l’extérieur une tumeur ronde , molle, noirâtre on de couleur pareille à celle de l’iris. Cette maladie a été décrite par plusieurs auteurs sous le nom de hernie de l’iris, ou de staphylôme. Le prolapsus a lieu lorsque la cornée transparente a été ouverte soit par ulcération perforante , soit par une blessure. De l’entraînement partiel de l’iris par l’orifice qui lui a donné passage résulte une déformation de la pupille, qui prend une forme allongée dans le sens de la hernie. Ce déplacement peut amener une phlegmasie très-violente de l’organe. Si la procidence est récente, il est quelquefois possible de la réduire, soit avec une petite curette , soit en faisant dilater la pupille au moyen de la belladone. Alors la traction exercée au-dedans de l’œil sur la portion déplacée en amène quelquefois la réintégration. Si le déplacement est ancien , qu’il y ait adhérence de l’iris aux parois de l’orifice delà cornée, on détruira la petite tumeur par la cautérisation avec le nitrate d’argent, et si l’allongement de la pupille, alors transformée en une fente, gênait la Vision , on pratiquerait l’opération de la pupille artificielle.
D’autres fois l’iris se décolle par une portion plus ou moins étendue de sa circonférence. Alors la pupille paturelle s’oblitère et, en dehors, on voit une nouvelle pupille accidentelle qui s’est formée sur le contour de l’organe; elle est elliptique et permet ordinairement à la vision de s’exécuter quoique d’une manière moins régulière. Si le décollement est complet, le cas rentre dans celui de l’absence de l’iris et se traite de même.
On voit assez fréquemment, à la suite d’inflammations violentes de l’œil, l’iris contracter des adhérences, soit en avant avec la cornée transparente (Synéchie antérieure ) , soit en arrière avec le cristallin ( Synéchie postérieure ). Cet accident se reconnaît à l’immobilité de l’iris et à la déformation de la pupille On peut y remédier, quand la vision est empêchée par la déformation de la prunelle en pratiquant l’opération dont nous avons déjà plusieurs fois parlé.
IV. Les Allemands ont décrit, sous le nom de Polypes ou de Condylomes de l’iris, des flocons de lymphe coagulée qui se disposent et s’organisent sur cet organe dans le cours de phïegmasies in-
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tenses. D’autres fois , il se développe de véritables tumeurs hématiques ou constituées par du tissu érectile , qui exigent des opérations excessivement délicates pour être détruites ou eropor-
Y. L’iris peut être affecté de névroses, qui ont été soigneusement étudiées par les oculistes modernes ; ces névroses sont au nombre de deux.
1o Tremblement de Viris (tremulus iridis) . Le diaphragme irien est quelquefois comme paralysé et flotte, privé de résistance vitale, dans la cavité du globe de l’œil. Cette paralysie s’observe surtout chez les amaurotiques ou chez les enfants auxquels on a enlevé la cataracte par extraction. Le tremulus est un symptôme grave , car il annonce presque constamment la perle de la vue. Son traitement est celui de l’amaurose dont il dépend.
2° Mydriasis. C’est la dilatatiou exagérée de la pupille, survenue spontanément et non par l’effet d'agens narcotiques ou d'une maladie du cerveau. La pupille ainsi dilatée peut offrir deux et trois fois son amplitude naturelle ; dans ce cas, le malade ne peut supporter la lumière ordinaire qui en Ire alors à flots et l’éblouit plutôt qu’elle ne l’éclaire ; il lui est, au contraire, possible de voir dans l’obscurité, il est nyctalope. Enfin, la vue est rétablie à un degré normal, lorsque l’on place devant l’œil ou les deux yeux ainsi altérés, un carton percé d’un petit trou central, ou des lunettes noires offrant, seulement au milieu, un rond clair et transparent.
YI. Quant à Y inflammation de Viris ou iritis , son histoire est trop importante pour ne pas être traitée à part. (V Iritis.)
VII. Opérations qui se pratiquent sur Viris. Ces opérations ont pour but de percer une pupille artificielle , lorsque l’ouverture de celle-ci vient à être fermée par une cause quelconque, telle qu’un déplacement , une persistance de la membrane pupillaire, des adhérences, etc., ou bien que la cornée est obscurcie par une taie ou leucoma juste au-devant de la prunelle. On y parvient à l’aide de différentes méthodes : 1° en allant inciser l’iris à l’aide d’instruments tranchants portés à travers la sclérotique ou la cornée transparente ; 2° en excisant un petit lambeau de cette membrane après avoir pénétré dans l’œil par la cornée opaque ou transparente; 3° en décollant une portion de l’iris, etc. Nous n’avons pas l’intention de décrire ici ces différentes opérations et les nombreux procédés dont le génie inventif et spéculateur des oculistes modernes a surchargé la science. Nous ne voulons pas, d’ailleurs, déchirer les oreilles de nos lecteurs par tous les noms baroques et durs, bien que tirés du grec, qui servent à les désigner. N’est-il pas vrai que les mots d’ Iridatomie , d’Iridadialysie , A’ Iridectomie , de Cornéalastie, de Corectopie , de Scléroticonyxie, de Scléroticotomie , etc., énergiquement prononcés par M. Purgon , feraient tomber en syncope le malheureux Argan.
Beaugrand,
Docteur en médecine, ancien interne des Hôpitaux.
iritis. fpath.J, s. f.On donne le nom d’iritis à l’inflammation de la membrane, brillamment coloriée.
qui sépare la chambre antérieure de la chambre postérieure de l’œil. Cette inflammation, aujourd’hui bien connue, n’a été distinguée des aidres maladies des yeux qu’au commencement de ce siècle, par Schmidt, célèbre oculiste de Vienne.
L’iritis est une des maladies de l’œil les plus importantes à étudier par sa fréquence, la gravité de ses suites et les difficultés qu’offre son diagnostic et son traitement.
Les causes de l’iritis sont toutes celles qui peuvent produire l’inflammation de l’œil; elles agissent d’abord sur l’iris et cette membrane est seule malade, ou leur action se porte sur les autres membranes de l’œil, et l’iritis est une suite de leur inflammation, qui la masque souvent.
L’inflammation de l’iris se présente sous la forme aiguë et la forme sub-aiguë ou chronique. La première est caractérisée par des douleurs vives dans le globe de l’œil qui s’étendent à la tempe et au côté correspondant du front, et sont accompagnées de fièvre, de photophobie, de la diminution et quelquefois delà perte de la vue; l’iris est immobile et change de couleur en commençant par son bord pupillaire ; les, yeux bleus deviennent verts, les bruns rougeâtres, la pupille est rétrécie ou déformée, la sclérotique et la conjonctive, qui participent toujours à l’inflammation de l’iris, sont rouges et injectées, les vaisseaux de la sclérotique forment autour de la cornée un cercle plus ou moins complet d’un rouge vif ou foncé et séparé de la cornée par un cercle blanchâtre. Si la maladie fait des progrès, la douleur devient plus vive, elle s’étend par élancements dans la région frontale, et s’exaspérant pendant plusieurs heures, elle devint alors poignante et déchirante, quelquefois atroce. Le changement de couleur de l’iris est plus étendu, sa surface est terne, dépolie, quelquefois villeuse; on distingue avec la loupe des vaisseaux sanguins dans son tissu ; la pupille tout à fait immobile est irrégulière et souvent remplie de flocons albumineux
L’iritis se termine par résolution, par suppuration ou par exsudation .
La résolution, qui est la terminaison la plus favorable n’est pas toujours complète ; il reste assez souvent ou une irrégularité ou une immobilité de la pupille, par suite des adhérences qu’elle a contractées, ou une opacité des milieux transparents de l’œil qui gêne ou empêche la vision.
La suppuration de l’iris se fait de deux manières, ou par de véritables abcès, semblables à des points d’un blanc jaunâtre, qui s’ouvrent et versent le pus dans les chambres de l’œil, ou par des érosions superficielles qui fournissent le pus. Quand il est en petite quantité, il peut être résorbé ; mais quand le pus est assez abondant pour passer par dessus le bord pupillaire, son contact enflamme la «ornée, qui s’ulcère, s’ouvre et laisse échapper le pus; et la désorganisation de l’œil est poussée trop loin pour qu’il puisse alors reprendre ses fonc. tions.
La terminaison par exsudation de matières coagulables est ordinairement moins fâcheuse. Si elles sont peu abondantes, elles forment de petits flocons depuis le volume d’une petite tête d’épingle jusqu’à
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celui d’un grain de chenevis, qui peuvent être complètement résorbés quand ils sont peu nombreux et peu volumineux; ou ces fausses membranes produisent des adhérences entre la capsule cristalline et la pupille qui perd de sa mobilité, ou enfin la pupille est complètement oblitérée par des productions albumineuses qui forment une fausse cataracte.
Le diagnostic de l'iritis est ordinairement facile. Le changement de couleur de l’iris, la photophobie et la vive douleur de la tempe et du front du côté malade suffisent pour la faire reconnaître. On ne peut la confondre qu’avec l’inflammation de la capsule du cristallin, dont la marche est ordinairement plus lente : le mal est alors situé derrière la pupille, qui reste libre et l’iris conserve sa couleur; ou avec l’inflammalion de la rétine qui provoque des douleurs de lête plus vives et plus profondes, une inflammation générale de l’œil plus rapide et plus violente et une photophobie qui se change vite en céciSs complète ; la pupille est alors resserrée, mais l’iris conserve sa couleur.
Le pronostic de l’iritis est toujours fort grave, car la nature éminemment vasculaire de l’iris y rend les inflammations redoutables par les désordres qu’elle apporte dans la structure délicate de cette membrane, dont elles diminuent ou anéantissent les mouvements ; et surtout par leur tendance à produire des pseudo-membranes qui oblitèrent la pupille ou forment des adhérences qui s’opposent à ses mouvements; enfin, par sa complication fréquente avec l’inflammation des autres membranes de l’œil et surtout de la rétine.
L’iritis , chez les sujets scrofuleux, vénériens, goutteux, ou rhumatisants, présente quelques particularités qui ont fait admettre des iritis scrofuleuses , syphilitiques , arthritiques ou rhumatismales, parce que leur traitement doit être modifié pour les combattre avec succès.
Le traitement de l’iritis présente plusieurs indications à remplir • il faut combattre l’inflammation, s’opposer aux exsudations, aux abcès, ou favoriser leur résolution, empêcher le rétrécissement delà pupille et faire cesser les douleurs.
Pour calmer l’inflammation , on emploie les saignées abondantes du bras, immédiatement suivies d’un pédiluve très-chaud qui provoque la syncope, et, au lieu d’appliquer des sangsues aux tempes ou autour des paupières, ce qui donne souvent lieu à des ulcérations difficiles à guérir, et qui défigurent les malades, on fait, peu de temps après la saignée, placer dans la narine correspondante quaire ou cinq sangsues, qui, appliquées successivement, donnent un écoulement de sang très-abondant. La diète, le repos, les boissons délayantes, l’obscurcissement de la chambre , suffisent habi tuellement pour remplir celte première indication. On prévient la formation des abcès et l’on facilite leur absorption par l’emploi des vésicatoires à la nuque ou derrière les oreilles, par des purgatifs répétés, surtout avec les préparations antimoniales et mercurielles. Enfin, on calme la douleur et on empêche le rétrécissement de la pupille par des frictions faites sur le front, la tempe et la joue, avec partie égale d’extrait de belladone et d’onguent mercuriel, répétées trois et quatre fois dans
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les vingt-quatre heures, et en donnant des pilules d’extrait gommeux d’opium.
L iritis chronique ne diffère de l’iritis aiguë que par sa marche excessivement lente , car elle met ordinairement plusieurs mois et même des années à parcourir toutes ses périodes. Souvent aussi les symptômes cessent pendant un temps pour reparaître, et s’aggraver plus tard. Pendant long-temps, les malades ne se plaignent que d’une faiblesse de la vue; la pupille alors est peu mobile, petite et presque toujours irrégulière. Il est, dans ce cas, très-difficile de distinguer l’iritis chronique de certaines amauroses. Après un temps plus long, les couleurs du bord pupillaire deviennent ternes, et la vue s affaiblit de plus en plus. Souvent le malade voit des filaments noirs qui se dessinent sur des objets blancs ; puis ces filaments forment des réseaux, et enfin une gaze plus ou moins épaisse qui cache tous les objets.
Il n est pas rare de voir passer brusquement à l’état aigu l’iritis chronique, dont le traitement ne présente rien de particulier.
Andrieux,
Médecin de l'Hospice royal des Quinze-Vingi.
irrégulier (path.)> adj . (irregularis) ,se dit du pouls, lorsque les battements ne sont pas égaux entre eux, ou lorsqu’ils ne sont pas isochrones avec ceux du cœur. On dit des accès d’une fièvre intermittente, qu’ils sont irréguliers lorsqu’ils n’affectent pas une périodicité bien marquée dans leurs retours.
irrigations ( thérap .), s. f. p.(du latin irrigatio , arrosementj.On donne ce nom à des arrosements d’eau froide ou tiède faits sur une plaie ou sur une partie enflammée dans le but d’arrêter les accidents de l’inflammation ou de s’opposer à son développement.
Les irrigations ou arrosions qui viennent de nouveau d’être employées parles chirurgiens, et dont, il y a peu d’années, on avait fait l’honneur de l’invention à un chirurgien d’un de nos hôpitaux de province, sont connues de toute antiquité. Hippocraie pratiquait les arrosions avec une éponge mouillée et la laissait ensuite sur la plaie couverle d’un linge. Galien, Celse, recommandent les arrosions dans les blessures et les fractures, et le premier, qui était chirurgien du cirque dePergame, les employait souvent sur les athlètes et les gladiateurs, quelquefois il faisait des arrosions d’huile et de vin. Les médecins arabes employèrent peu ces moyens, cependant Avicenne les recommande dans les entorses, les maladies articulaires, les vieux ulcères et les esquinancies. Percy , dans un important article du Dictionnaire des sciences médicales, tome X, dit, en parlant de l’antiquité de l’emploi de l’eau dans le traitement des plaies, qu’Hippocrate, en lisant les inscriptions votives suspendues dans les temples d’Esculape, ouataient décrites la maladie et la guérison de ceux qui les avaient consacrées au dieu, sut dévoiler, par les nombreuses cures qui étaient attribuées à l’eau, celles qui étaient vraiment dues à ce liquide de celles qui étaient une supposition des prêtres. Plus tard
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on voulul ajouter aux propriétés de l’eau par des charmes et des conjurations , afin de dissimuler l’action d’un moyen aussi simple, et l’on employait ainsi de l’eau charmée , de l’eau magique, conjurée, au lieu de l’eau lustrale des anciens. Les guerriers teutons et français en faisaient souvent usage. L’emploi de l’eau fut presque abandonné à l’époque où triomphèrent la polypharmacie, les ! baumes et les arcanes du moyen-âge , introduits par les médecins arabes ; les médecins même s’élevaient avec force contre les empiriques qui guérissaient les plaies au moyen d’eau conjurée ou mixtionnée. Ambroise Paré, au siège de Meiz, en 1553 , avait vu un empirique , dit Brantôme ,
« lequel faisoit d’estranges cures avec du simple « linge blanc et bel eau claire venant de la fontaine « ou du puits ; mais il s’aydoit de sortilèges et « paroles charmées et un chacun alloit à luy. » Ambroise Paré dit, dans l’introduction de son ouvrage, qu’il ne nie pas que l’eau ne soit un bon remède dans les plaies et blessures récentes, qu’il s’en est servi lui-même, mais qu’il repousse les charmes et les conjurations.
Felice Palazzo, médecin italien, publia, en 1570, un livre sur les propriétés de l’eau , et dit que la meilleure était l’eaupure, etil contribua à dégoûter ses compatriotes de l’eau sur laquelle on prononce des paroles magiques. L’emploi de l’eau devint assez fréquent parmi les chirurgiens vers la fin du xvie siècle; une polémique âcre et irritante, comme elles avaient lieu surtout à cette époque , s’établit entre deux chirurgiens attachés à Henri III , Martel et Danguaron , le premier, partisan de l’eau. Le célèbre Laurent Joubert mit fin à cette polémiqueenseprononçanlpour l’efficacité de l’eau dans les arquebusades et autres plaies , mais sans enchantement ni miracle. L’emploi de l’eau paraît avoir été abandonné dans le siècle suivant.
En 1732, Lamorier publia , à Montpellier , une dissertation sur l’usage de l’eau en chirurgie ; vers la même époque , une dissertation sur les vertus traumatiques de l’eau était publiée à Venise, et il est à remarquer que ce traitement n’avait jamais été complètement abandonné en Italie ; mais en France, bien qu’à toutes les époques on eut des exemples de ses bons effets, soit entre les mains des chirurgiens, soit exploité par les empiriques , son usage ne put jamais s’établir d’une manière générale, et l’instant où ce traitement fut le plus usité est la fin du xvie siècle, dont nous avons parlé plus haut.
Les obstacles qui s’opposèrent à ce qu’un moyen si efficace ne devînt d’un usage général et incontesté, tiennent sans doute aux difficultés que pré- j
1: sente son emploi, à l’habitude et au discernement j nécessaires pour en retirer constamment de bons résultats. Sans doute que des insuccès, détermi- ; nés par l’ignorance des effets de l’eau et par la terrible réaction qui se développe lorsque l’on suspend intempestivement son action, firent abandonner ce traitement, qui ne fut pas accepté par l’Académie de chirurgie dont les doctrines régirent j la chirurgie française jusqu’à notre époque. C’est \ à cette cause que l’on doit l’espèce d’oubli dans i lequel étaient tombées les irrigations dont les bons >
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effets avaient été tant de fois constatés dans lu traitement des plaies par armes à feu et des frac^ tures compliquées. Cependant, à diverses époques des chirurgiens observateurs cherchèrent à rappeler l’attention sur les propriétés de l’eau. En Allemagne , en France , on publia, des travaux sur les avantages de ce traitement , mais ce fut sans résultat pour la pratique générale de la chirurgie.
Percy cite la circonstance dans laquelle, en 1785, il constata les effets thérapeutiques de l’eau et qui le détermina à l’employer dans le reste de sa carrière. Il était à Strasbourg, et l’on faisait des expériences sur la résistance des pièces de canon fondues par divers procédés : des canonniers furent blessés aux bras et aux mains dans les épreuves; ces blessures étaient graves et elles furent pansées, suivant les règles de l’art, par Lombard. Percy, curieux d’observer des plaies d’armes à feu si rares en temps de paix, assistait son confrère, lorsqu’ un meunier vint trouver l’intendant de la province d’Alsace et lui persuada qu’il guérirait ces militaires d’une manière certaine avec de l’eau simple, mais sur laquelle il prononcerait quelques charmes. Cet intendant, qui était crédule, ordonna que les malades fussent livrés au meunier ; six canonniers avaient eu les mains dilacérées par l’écouvillon, le feu ayant pris aux pièces lorsqu’on les rechargeait, et l’on hésitait à désarticuler les mains ; cinq avaient eu les bras déchirés par les éclats d’une pièce crevée à son premier coup. Dans la crainte que nous ne rompissions le charme , dit Percy, on nous écarta des pansements et il ne nous fut permis d’y assister que le 12e, le 20e et le 31e jour, afin de nous assurer de l’état des plaies qui, ayant suivi une marche régulière, furen t toutes cicatrisées en six semaines sans avoir occasionné de grandes douleurs et sans qu’on y eut appliqué autre chose que de l’eau médiocrement froide. On ne les découvrait qu’une fois par jour, mais de trois heures en trois heures on les arrosait avec l’eau du meunier, qu’il nommait son eau bénite; toutes les plaies , après avoir suivi une marche régulière, furent cicatrisées en six semaines.
Percy et Lombard, éclairés par ces faits, firent usage de l’eau dans des accidents qui ne tardèrent pas à se manifester à la suite de nouvelles épreuves, et les guérisons qu’ils obtinrent eurent un tel résultat sur les opinions de Percy et sur sa pratique chirurgicale, qu’il disait comme Sydenham, qui déclarait qu’il aimerait mieux renoncer à la médecine, s’il fallait renoncer à l’usage de l’opium, que lui renoncerait à pratiquer la chirurgie, s’il lui fallait cesser de faire usage de l’eau.
Les bons effets des irrigations sont si manifestes pour les chirurgiens qui les ont employées dans les plaies par armes à feu ou dans les écrasements des extrémités , dans les plaies par arrachement qui, presque toujours, sont suivies d’accidents inflammatoires si graves, que l’on ne pourrait comprendre comment on a pu cesser d’en faire usage, si l’on ne savait qu’il faut une grande assiduité dans les soins et surtout une pratique éclairée pour éviter les accidents qui ne manquent jamais de se manifester par le fait de la réaction, lors-
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que l’on cesse, ou môme que l’on suspend l’usage de Veau froide avant que les efforts de l’inflammation aient été épuisés dans la plaie. L’influence qu’eurent les doctrines de l’Académie de chirurgie sur la chirurgie en France , et même en Europe, rendent encore raison de l’abandon d’un moyen qui ne fut point préconisé par ses membres, et dont les élèves, jusque dans le demisiècle qui vient de s’écouler, ont fourni les noms les plus illustres de la chirurgie.
L’eau , malgré ses succès , malgré le grand nom et la haute position de Percy , malgré les immenses besoins de la chirurgie militaire pendant nos vingt-cinq années de guerre, était complètement tombée en oubli, lorsque M. Josse, d’Amiens, rappela, en 1834 , l’attention sur l’efficacité de ce moyen thérapeutique. A Paris, M. Breschet en fit usage avec succès dans un cas de fracture compliquée; MM. Gerdy etBérard ne tardèrent pas à employer ce moyen qui, maintenant, est destiné à devenir général et qui n’a encore à redouter que sa vulgarité et les accidents que son emploi par des mains inexpérimentées peut déterminer.
Les irrigations se pratiquent à diverses températures, selon les résultats que l’on veut obtenir. Est-il nécessaire de comprimer avec énergie une inflammation trop vive et qui, par ses phénomènes de réaction, peut présenter de graves dangers; on emploiera les irrigations froides et l’on abaissera la température de l’eau avec de la glace, s’il est nécessaire. La température de 10 à 12 degrés centigrades m’a toujours paru un maximum d’abaissement que l’on a rarement besoin de dépasser; généralement l’indication est guidée par les douleurs du malade: on doit abaisser la température jusqu’à ce qu’elle produise un engourdissement qui fait cesser les douleurs. Quel que soit l’abaissement de la température de l’eau , elle ne présente jamais les inconvénients que produit la glace, qui détermine souvent la stupéfaction et la mortification des parties sur lesquelles elle est appliquée.
D’autres fois, les irrigations sont faites avec de l’eau tiède, et la température peut en être élevée jusqu’à 25 à 30 degrés ; c’est surtout dans les premiers instants de l’application de l’eau, et pour ne pas déterminer des changements brusques dans la température desparties blessées, que l’eau est ainsi employée ; puis on en baisse successivement la température pour arriver ensuite au degré désiré. Quoiquece procédé soit indiqué par les auteursmodernes, j’ai également appliqué, dans plusieurs cas, l’eau froide immédiatement, et j’en ai retiré de très-bons résultats ; il est vrai que c’était pendant l’été et pour des plaies graves que j’ai fait usage de ces moyens. L’élévation de la température de l’eau est bien plus positivement indiquée vers la fin du traitement.Les sensations et l’instinct du malade annoncent le moment où il faut suspendre l’eau froide; dès qu’elle cesse d’être tolérée et qu’elle devient incommode, c’estune preuve que les causes d’irritation n’existent plus dans l’organe blessé : on peut alors élever successivement la température, jusqu’à ce qu’enfin on ne panse plus la plaie qu’avec de simples linges mouillés.
Les moyens d’établir un appareil pour pratiquer les arrosions sont très-simples : on dispose une toile cirée sur le lit, à la place où doit reposer le membre blessé; on place en-dessous le coussin nécessaire pour supporter le membre et donner à la toile une inclinaison suffisante, pour que ses bords étant relevés , l'eau puisse couler dans un vase assez large placé près du lit Laplaie est pansée avec de la charpie mouillée, des compresses maintenues par quelques bandelettes, du bandage de Scultet ces compresses devront être peu épaisses, afin de laisser l’eau pénétrer jusqu'à la plaie et qu’elle puisse se renouveler fréquemment. Un seau sera suspendu au ciel du lit ou placé, ce qui est souvent plus commode, sur un petit meuble près du lit, un syphon à branche recourbée, ou mieux encore un tuyau mince, un chalumeau de paille, un tuyau de pipe , seront disposés de manière à faire couler l’eau comme une petite fontaine au-dessus de la partie malade ; pour cela, on pourra percer le seau près de son fond avec une vrille et y introduire le chalumeau en mastiquant l’ouverture avec de la cire. Lorsque l’inflammation ou la plaie a une certaine étendue, on peut disposer plusieurs tuyaux de manière à faire tomber deux ou trois jets et plus sur toute l’étendue du membre.
Ce système d’irrigation, qui peut être employé avec succès dans les plaies des extrémités, ne présente pas les mêmes avantages lorsque les lésions ontlieu près du tronc; alors la difficulté de borner l’action de l’eau par jet continu doit faire préférer les arrosions faites par un aide qui se tient constamment près du blessé, et qui au moyen d’une éponge , les renouvelle aussi souvent que le besoin s’en fait sentir.
Nous dépasserions de beaucoup les bornes que doit avoir cet article, si nous indiquions les diverses modifications qui peuvent être introduites dans l’application de ce moyen et surtout si nous énumérions tous les cas dans lesquels il peut être employé ; sans parler des faits anciens , déjà les observations nouvelles sont nombreuses, et c’est surtout dans les plaies par armes à feu, dans les plaies par écrasement et par arrachement, les plaies des articulations, les fractures compliquées, les ouvertures des ganglions qui se développent dans les tendons, etc., que l’on a observé les bons résultats des irrigations. Moi-même , je les ai employées trois fois dans des plaies par armes à feu , deux fois dans des ruptures musculaires , une fois dans une plaie contuse et toujours avec un succès complet ; les douleurs ont été constamment presque nulles, et la guérisoïf ^èaucoup plus prompte.
Je finirai en disant, au sujet des irrigations, ce que notre savant collaborateur, M. Gerdy , en dit lui-même dans son traité des pansements , en comparant cette méthode avec celle de M. Guyot, qui employé la chaleur dans la curation des plaies, des grandes amputations : qu’un médecin habile peut retirer des avantages semblables des moyens les plus contraires , mais qu’il doit surveiller trèsattentivement l’emploi de ces moyens, afin d’en cesser l’usage à temps lorsqu’ils ne répondent pas
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à ses vœux et que l’expérience lui prouve qu’ils n’auraient pas le résultat espéré.
J. P. Beaude,
Médecin, inspecteur des eaux minérales, membre du conseil de salubrité
irritabilité fphysiol.), s. f.. (du latin irritabilitas). On donne ce nom à une propriété qu’ont tous les corps vivants d’être excités par certains agents exférieurs. L’irritabilité est la propriété vitale la plus persévérante et la plus universelle. Elle existe chez tous les êtres organisés, elle manifeste son action chez les animaux des classes supérieures d’une manière indépendante de leur volonté; c’est, pour ainsi dire, la réaction qui se manifeste dans tous les corps organisés contre les agents extérieurs , c’est une action qui a pour objet de tenir les corps vivants en garde contre les causes de destruction qui les environnent. L’irritabilité détermine la plupart des mouvements qui sont soustraits à l’empire de la volonté ; c’est la seule cause des mouvements qui ont lieu dans les végétaux et les animaux des classes inférieures. Les mouvements volontaires, qui sont ceux produits parles muscles, se distinguent de ceux qui sont produits par l’irritabilité en ce qu’ils sont le résultat d’une fonction particulière que l’on a nommée mytiolité et qu’ils n’ont pas besoin pour se manifester d’une excitation étrangère, la volonté seule pouvant déterminer leur action. Presque tous les phénomènes physiologiques ont. pour base l’irritabilité ; tous les tissus animaux sont doués, à des degrés différents, de cette propriété qui paraît faible et latente dans quelques-uns, mais qui s’y développe souvent d’une manière très-active sous des influences pathologiques. Les tissus épidermoïdes, les ongles , les cheveux et les poils, sont les seuls dans lesquels l’irritabilité n’existe pas. Comme on doit bien le penser, cette propriété joue un grand rôle dans toutes les maladies. J. B.
irritant ( thêrap . path.), adj.(ïmfam).On donne ce nom aux causes qui excitent nos organes audelà des limites normales ; les irritants sont les causes les plus ordinaires de l’inflammation , soit qu’ils agissent à l’extérieur ou à l’intérieur, puisque l’inflammation elle-même n’est que le résultat d’une irritation qui a pris le caractère persistant. Presque tous les corps de la nature jouissent, dans des limites particulières et à des degrés différents, ou sous des influences spéciales , de la propriété d être irritants. Mais en pathologie et en thérapeutique surtout, on a réservé ce nom pour les substances qui, à l’état normal, produisent une foiîe excitation. Les dérivatifs que l’on applique sur la peau (V. ce mot), tels que le vinaigre , les sinapismes, l’ammoniaque, les cantharides, etc n agissent que comme irritants; il en est de même des purgatifs et des dérivatifs qui sont administrés a I intérieur , aussi est-il très-important de n’en faire usage qu avec une extrême réserve et suivant les indications. t »
irritation (physiol. path. J, s. {.{irritatio). La production de tous les actes physiologiques exige
de la part des organes qui les accomplissent un certain degré d’activité que l’on nomme excitation; l’aptitude des organes à recevoir l’excitation nécessaire à leur fonction, c’est l’excitabilité ; supposez cette excitation portée trop loin, exagérée, vous aurez l’irritation, et la disposition des tissus à recevoir son influence, c’est l’irritabilité. Je crois que ces deux états doivent être soigneusement distingués l’un de l’autre ; le premier ( excitation ) est indispensable à la vie, et, suivant Brown , c’est la vie elle même. Le second (irritation ) est un état morbide, puisqu’il entraîne un trouble dans les fonctions des organes qu’il affecte.
Indiquée par Joubert, de Montpellier, et par Van-Helmont, démontrée plus tard par Haller, l’irritation fut admise et généralisée dans le dernier siècle par Lecat, Pouteau , mais principalement par Fabre , qui , dans son excellent ouvrage, intitulé : Essais sur différents points de Physiologie, et de Pathologie , démontra que les principes actifs de la vie admis par Hippocrate, Van-Helmont, Stahl, Buffon, etc., n’étaient autre chose que cette même propriété ( p. 63 ). Pour lui, comme on le voit, l’excitation et l’irritation ne sont qu’une seule et même chose L’inflammation est le résultat de l’irritation des capillaires sanguins, ( p. 85, 101 ), et la fièvre suppose nécessairement , dit-il en propres termes , l’augmentation de l’irritabilité du cœur par une cause quelconque (p. 122 ). Cullen admit l’irritation dans sa doctrine, mais il la fit précéder de l’atonie ou faiblesse. Brown regardait la sthénie (irritation) et l’asthénie (défaut d’irritation), comme les deux grandes causes des phénomènes morbides, mais il donna presque tout à la seconde cause, et les maladies les plus aiguës en apparence étaient dues, selon lui, à une faiblesse ou défaut d’excitation ; de là son traitement par les toniques. Broussais tomba dans l’excès opposé; il ne vit partout que l’irritation, et sa doctrine, qu'il appela physiologique, n’est, en définitive, comme on l’a dit, que le brownisme retourné. Tant que cette doctrine fut en faveur , on ne vit que des tissus irrités; l’irritation ou l’inflammation qui en est la suite étaient la cause première de presque toutes les maladies. Mais aujourd’hui que l’expérience et l’observation ont fait connaître toute l’exagération de ces principes, voyons quelles sont les conditions réelles que présente l’irritation : d’abord elle est Causée par un surcroît d’action de la part des modificateurs extérieurs (agents physiques ou chimiques ), ou intérieurs ( inconnus dans leur essence) sur l’excitabilité des tissus. L’irritation une fois développée est rarement générale ; elle a une marche continue, ou intermittente, comme dans certaines névralgies: elle se propage, soit en suivant la direction des tissus ou des fluides qui les parcourent (artères, l’irritation s’éloigne du cœur ; veines, elle s’en rapproche), soit par sympathie (V. ce mot), son intensité est nécessairement ea rapport avec l’intensité de la cause et le degré d’irritabilité de l’organe; on a remarqué que ceux qui contenaient le plus de vaisseaux ou de nerfs étaient les plus irritables. Ses effets sont assez variables. Le premier consiste dans une lésion delà circulation, il y a appel de sang (V. inflammation); très-souvent la sensibilité est aussi modifiée , il
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y a douleur sous l’influence de l’irritation. Les sécrétions peuvent être augmentées, quelquefois elles sont supprimées, surtout dans les premiers moments : la nutrition est presque toujours accrue, d’où l’hypertrophie ou augmentation de volume des organes. Quant aux hémorrhagies et aux hydropisies , l’irritation est bien une des causes qui peuvent les produire , mais elle n’est pas la cause unique, comme on l’a prétendu. Cet état, dans les organes , joue donc, en définitïive, un rôle bien moins important que celui pui lui avait été assigné.
” Nous regrettons que le plan et la nature de cet ouvrage nous empêchent de développer d’une manière complète la théorie de l’irritation telle que l’ont faite les travaux des observateurs.
Beaugrand.
ischiatique {anat.), adj. pris subst., qui a rapport à l’os de l’ischion. On donne ce nom à une échancrure qui est formée à la partie inférieure et postérieure du bassin par une partie de l’ischion : la tubérosité ischiatique est une éminence osseuse qui est formée par la partie la plus inférieure de l’ischion, etc' est sur ce point etle coccyx que repose le corps dans l’attitude assise. — L’artère ischiatique naît de l’artère hypogastrique, dont elle paraît une continuation, elle sort du bassin par la grande échancrure sciatique et va se répandre dans la partie postérieure et supérieure de la cuisse. La veine ischiatique suit la même disposition. (J. B.)
ischion {anat.), s. m. C’est la portion inférieure de l’os des il es. (V. ce mot.)
ischio-caverneux {anat.), s. m. C’est le nom d’un petit muscle qui s’implante, d’une part, à la partie interne del’ischion et, de l’autre, à l’origine du corps caverneux; ce muscle, qui est allongé et aplati , a éténommépar Soëmmering, Erector pénis: ce nom seul indique ses fonctions. Chez la femme, ce muscle s’implante aux corps caverneux du clitoris et paraît avoir des fonctions analogues à celles qu’il remplit chez l’homme.
ischiocèle ( path .), adj. C’est une des variétés de la hernie dans laquelle les viscères abdominaux sortent par l’échancrure ischiatique et font saillie près de l’anus. Cette variété de hernie est heureusement très-rare. (V. Hernie.)
ischio-clitoridien {anat.), s. m. Non donné à l’ischio-caverneux chez la femme. (V. ce mot.)
ischio-coccygien (anat.), s. m. Nom donné aux muscles qui se rendent de l’épine sciatique au coccyx et à la partie inférieure du sacrum : ils maintiennent le coccyx dans sa position.
| ischurie {path. ), s. f. Nom donné à la rétention ! d’urine. (Y. Rétention, Rétrécissement.)
j isochrone {physiol.), adj., du grec isos égal, et chronos temps, se dit en physique et en physiologie des mouvements qui se font simultanément et en des temps égaux ; ainsi, à l’état normal, les mouve- 1
ments du pouls sont isochrones à ceux du cœur. L’isochronisme est la simultanéité d’action entre des organes qui correspondent l’un à l’autre.
isolement. (physiol.),s.m. L’isolement apour but, tantôt de modifier la direction vicieuse des pensées et des affections dans les maladies mentales : isolement des aliénés; tantôt d’empêcher les maladies contagieuses de s’étendre par communication : isolement sanitaire; tantôt l’isolement est employé comme moyen d’expiation ou de traitement moral dans les maisons pénitentiaires : isolement cellulaire des prisonniers; tantôt enfin, on se soustrait par l’isolement à la vie agitée du monde , et ce mot devient alors synonyme de solitude. Nous allons jeter un coup-d’œil rapide sur ces différents modes d’isolement.
Isolement des aliénés. L’indispensable nécessité d’isoler les fous furieux, et tous ceux dont les penchants pourraient devenir funestes, n’*a jamais fait aucun doute : ainsi, tous les aliénés atteints d’impulsions aveugles au suicide, au meurtre, à l’incendie, au vol même, devront être évidemment séquestrés, non-seulement dans un but d’ordre et de sécurité, mais dans l’espoir de modifier plus facilement leur folie par le calme de la solitude. «Tout le monde a éprouvé, dit M. Esquirol, ce saisissement indéfinissable qui s’empare de notre être, lorsque nous sommes subitement enlevés à nos habitudes et à nos affections; soustrait à l’influence des choses et des personnes au milieu desquelles il vivait, l’aliéné éprouve, dans le premier instant de l’isolement, un étonnement subit qui déconcerte son délire et livre son intelligence à la direclion que vent lui donner des impressions nouvelles.
L’ennui, les privations, la nouveauté des idées que fait naître malgré eux, chez les aliénés , cette vie nouvelle, change souvent le cours de leurs idées habituelles, aident le médecin à triompher de leur résistance et les disposent aux effets du traitement; aussi obtient-on de ce moyen les plus heureux résultats, même chez les aliénés les plus inoffensifs.
L’isolement, d’ailleurs, n’est pas le même pour tous les aliénés; il varie suivant la forme et suivant la période de la maladie; l’aliéné sera isolé, soit dans un établissement spécial consacré aux affections mentales, soit dans une retraite solitaire, et servi par des personnes qu’il ne connaît pas, soit même dans sa propre maison, laissé seul avec des personnes étrangères, et soustrait à sa manière de vivre ordinaire ; c’est ainsi que le célèbre Willis, ne pouvant envoyer à Bedlam le roi Georges III , fit démeubler le palais, éloigna tous les courtisans, donna au prince des serviteurs étrangers, et parvint à le rappeler à la raison. Les voyages avec des parents ou des étrangers, surtout pour les aliénés en voie de guérison ou de convalescence, offrent un mode d’isolement qui réunit de précieux avantages.
Les médecins sont seuls, du reste, aptes à juger cette question de l’isolement d’un aliéné, question si sérieuse et si grave,puisqu’il s’agit de la privation de liberté individuelle dont on a souvent abusé dans les familles par des motifs coupables. Isolement par mesures sanitaires. Quoique l’em ploi
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public des moyens destinés à prévenir l’extension des maladies contagieuses ne remonte guère qu’au 15<= siècle , cependant on doit reconnaître dans les séquestrations sévères imposées par Moïse, aux malades atteints de la lèpre ou delà syphilis, l’idée première des mesures prophylactiques employées aujourd’hui. Ces mesures seront indiquées aux mots Peste , Contagion, Sanitaires (Lois).
Isolement des prisonniers. Depuis qu’une noble et généreuse philosophie a fait envisager le crime comme l’expression d’une infirmité ou d’une maladie morale, et les criminels comme des malheureux malades qu’il faut plutôt guérir que châtier, les efforts de tous les philantropes se sont portés ardemment vers la réforme du système pénitentiaire, et déjà la Suisse et les États-Unis d’Amérique ont substitué aux anciennes prisons des pénitenciers, c’est-à-dire des espèces de gymnases orthophréniques destinés à recevoir les détenus que la loi condamne à une expiation; et disons-le avec vérité, beaucoup de ces établissements, destinés chez les étrangers aux malfaiteurs, l’emportent par leur confortable et leur salubrité sur les établissements de charité destinés chez nous au traitement des malades.
Trois systèmes principaux dominent en Amérique, celui d’ Auburn, celui de Philadelphie et celui de Wethersfield. Dans celui d’ Auburn, les détenus travaillent isolément dans leurs cellules dont ils ne sortent jamais ; dans celui de Philadelphie, ils travaillent en commun, mais sous l’obligation du silence le plus sévère; enfin, dans celui de Wethersfield, travail en commun pendant le jour, isolement cellulaire pendant la nuit. Ce sont ces trois systèmes combinés qui ont servi de base à tous les pénitenciers établis nouvellement en Europe. Ainsi celui de Genève a pris modèle sur celui d’ Auburn, et d’après le rapport publié récemment par le docteur Coindet, on est arrivé à Genève à des résultats d’une haute importance; néanmoins, d’après ce rapport même, on peut voir que l’isolement des détenus qu’on regardait comme la base principale de toute amélioration, offre des inconvénients d’une extrême gravité.
Il faut avoir lu les pages déchirantes où Silvio Pellico nous retrace sa vie de captivité, pour bien comprendre les horreurs du cachot; sans doute nous n’avons pas à déplorer en France les rigueurs atroces du carcere durrissimo du paternel gouvernement de l’Autriche; mais si ces tortures du secret ont pu arracher des larmes de désespoir à des âmes de la trempe des Gonfalonieri, des Andryanne et des Silvio, que sera-ce pour les hommes faibles ou criminels qui remplissent nos prisons!
La privation de l’association altère les facultés intellectuelles, la privation d’exercice suffisant altère les facultés physiques, et cette séquestration prolongée du prisonnier dans sa cellule amène nécessairement , outre des habitudes vicieuses, une exaltation ou un affaissement moral qui finiront par l’aliénation. C’est ce qui résulte du mémoire de M. Coindet, qui nous montre une mortalité trèsconsidérable parmi les détenus , quoiqu’ils soient, sous tous les autres rapports, au milieu des condi-
tions hygiéniques les plus favorables ; en un mot, cet isolement cellulaire, tant préconisé aujourd’hui, nous paraît, avant d’être adopté d’une manière générale , devoir être soumis à une investigation plus rigoureuse, et surtout à l’examen des médecins voués à l’étude de l’hygiène publique.
H. Landouzy,
Professeur i l’école de médecine de Reims, membre de l'Académie de médecine.
isthme ( anat .), s. m. On a donné le nom d’isthme du gosier à l’ouverture de l’œsophage dans le pharynx. (V. Bouche.)
ivette [bot.], s. f. (Y. Germandrée.)
ivoire. (V. au Supplément.)
ivraie (bot.), s. m. ( Lolium . L.) C’est une plante de la famille des graminées qui fait partie d’un genre auquel elle a donné son nom et qui est voisin du froment, avec lequel il a beaucoup de ressemblance. Cette plante est très-commune et se trouve sur le bord des chemins ; lorsque les blés sont maigres, elle se mêle souvent à cette céréale, et les gens des campagnes croient que c’est la mauvaise température de l’année qui convertit le blé en ivraie. Il existe deux espèces d’ivraie : l’ivraie vivace, Lolium per enne, qui ne présente pas de mauvaises propriétés et qui est un très bon fourrage pour les bestiaux , et l’ivraie enivrante, Lolium tremulentum, qui est vraiment délétère. Les graines de cette plante paraissent ê tre les seules parties malfaisantes, elles sont âcres et amères; mêlées au pain en certaine quantité, elles déterminent de l’étourdissement, des céphalalgies, de l’oppression, des tremblements et des sueurs avec affaiblissement général. Un homme qui mangea du pain fait avec les 4/5 d’ivraie, mourut le quatrième jour. Suger fit prendre 3 onces de bouillie de farine dJivraie à un chien : cinq heures après , l’animal eut des tremblements, les yeux étaient fixes, la respiration gênée, l’assoupissement et une insensibilité complète suivirent cet état, mais le lendemain il fut rétabli. Les graines de l’ivraie sont composées de 1/6 de gluten, 4/6 d’amidon et 1/6 de matière sucrée. Le principe vénéneux, qui est narcotique-âcre , paraît être de nature volatile et il agit avec plus d’action lorsque le pain est mangé chaud; ce pain est bis, sans amertume. Dans la proportion d’un neuvième, l’ivraie empêche la fermentation panaire; dans celle d’un dix-huitième cette fermentation a lieu , mais le pain a encore des propriétés malfaisantes.
Les signes les plus certains de l’empoisonnement par l’ivraie sont des tremblements avec vertige, céphalalgie; il s’y joint quelquefois de la difficulté d’avaler, de respirer et de prononcer les mots, de l’assoupissement. Le remède à employer immédiatement consiste à faire vomir le pain qui a causé les accidents et à donner des boissons acidulées que l’on rend plus tard légèrement toniques. On croit que les Orientaux mêlent l’ivraie aux feuilles de chanvre pour l’associer à l’opium qu’ils fument. Les anciens ont employé l’ivraie dans la médecine ; aujourd’hui , il est complètement sans usage. J P- Beaude.
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ivresse, (hyg.),s. f., en latin ébrietas. Pris dans son extension laplus large, ce mol signifie touteexaltation de l’intelligence momentanément soustraite à l’empire de la raison ; mais, dans son acception ordinaire, il exprime les désordres variés que les facultés intellectuelles peuvent éprouver sous l’influence des liqueurs fermentées, des narcotiques et de quelques substances vénéneuses.
Nous renvoyons au mot Narcotiques l'étude des phénomènes si remarquables que certaines substances, mais surtout l’opium, déterminent chez les personnes qui en ont pris accidentellement ou qu’une passion funeste entraîne irrésistiblement a en faire une habitude.
S’il est une chose remarquable, c'est le goûtprononcé de tous les peuples du monde pour les liqueurs fortes, depuis l’eau-de-vie et le rhum des peuples civilisés jusqu’au dégoûtant ava des sauvages de l’Océanie. Les malheureux y cherchent l’oubli de leurs souffrances et de leurs misères ; les riches s’efforcent d’y puiser des sensations nouvelles pour réveiller leurs sens blasés. Toutefois, c’est spécialement chez les nations du Nord que l’on observe l’abus des boissons enivrantes ; et cela se conçoit, pour plusieurs raisons. D’abord, l’intempérie du climat rend nécessaire l’usage des stimulants, et, de l’usage à l’abus dont nous parlons, il n’y a pas loin ; en second lieu, les liqueurs alcooliques n’ont pas sur les cerveaux calmes et reposés des Septentrionaux les mêmes conséquences dangereuses que l’on observe dans le midi. Dès-lors, les législateurs des premiers n’ont pas eu à se préoccuper d’une circonstance qui n’avait ici aucune gravité. Voyez, au contraire, dans tout l'Orient, où les préceptes du Koran sont en vigueur, le vin et les autres alcooliques ont été vivement défendus : c’est que Mahomet savait bien les funestes effets de l’ivrognerie sur les imaginations passionnées et inflammables des peuples qu’il voulait assujettir à des lois régulières. Il ne faut pas croire pourtant que tous les musulmans observent bien scrupuleusement les préceptes de leur code religieux; et, pour ne parler que des Persans, auxquels M. Rochoux accorde si gratuitement un brevet d'abstinence ( Dict.de Méd. en 25 vol., art. Ivresse.), nous pouvons voir, parle passage suivant de Chardin, que ce n’est pas seulement chez nous qu’il est avec le ciel des accommodements.
« Le vin et les liqueurs enivrantes, dit-il, sont « défendus aux mahomélans ; cependant il n'y a <t presque personne qui ne boive quelque liqueur « forte. Les gens de cour, les cavaliers et les débau- « chés boivent du vin : et comme ils le prennent « tous comme un remède contre l’ennui, et que les « uns veulent qu’il assoupisse, et les autres qu’il « les échauffe et les mette en belle humeur, il leur « faut du plus fort et violent; et s’ils ne se sentent « pas bientôt ivres, ils disent : Quel vin est-ce là ?
« Damag redared, il ne cause pas de joie. i> (Chardin, Voyage de Paris à Ispahan, descript. gén. de la Perse.j
Nous ne voulons pas décrire ici les phénomènes de l’ivresse, que chacun a pu observer; nous dirons seulement d’une manière générale que l’on peut en reconnaître trois formes différentes» qui !
répondent à la différence des caractères des peuples ou des individus; 1° les uns sont pris d’une gaîté folle ; ils rient, ils chantent, sont heureux; 2° d’autres , au contraire, revêtent une physionomie grave; ils raisonnent, ou plutôt déraisonnent sur tous les sujets avec un sérieux imperturbable. Quelques-uns même tombent dans la tristesse et l’abattement; 3° d’autres, enfin, deviennent taquins, querelleurs, s’exaltent au moindre propos et entrent dans des accès de fureur semblables à celui dans lequel Alexandre assassina Clytus. Il est un dernier degré commun à ces différentes formes et dans lequel l’individu peut tomber dans une sorte de collapsus analogue à l’apoplexie; il est, comme on le dit, ivre-mort; et en réalité la mort peut s’en suivre. Rien de plus affligeant pour l’honneur de l’intelligence humaine que les égarements dans lesquels peut entraîner l’ivresse ; aussi faut-il admirer la sagesse, sinon l’humanité, des Spartiates qui, pour dégoûter les jeunes gens de l’usage du vin, leiw faisaient voir un ilote ivre.
Comment agissent les liqueurs alcooliques pour déterminer l’ivresse? Il paraît certain, d’après les expériences modernes, et surtout d’après l’odeur qu’exhalent par tous les pores les individus plongés dans cet état, que la matière enivrante, absorbée en partie directement , est en contact avec le cerveau et le reste du syslème nerveux , sur lequel elle exerce sa fatale influence. Peu à peu cette substance est exhalée par la transpiration cutanée et pulmonaire, rejetée par toutes les sécrétions, et les effets se dissipent graduellement. Du reste, l’absorption cutanée et pulmonaire suffit pour amener les mêmes conséquences, c’est ce que l’on voit chez les personnes qui travaillent à la fabrication des alcools, et surtout lorsqu’il s’agit de les soutirer; elles restent alors nécessairement plongées dans une atmosphère tout imprégnée de ces vapeurs.
Mais il ne faut pas seulement considérer l’ivresse en elle-même; envisageons-la dans ses effets secondaires. Ici c’est le delirium tremens (V. ce mol); ailleurs, chez les buveurs de liqueurs fermentées, l’estomac se raccornit, se sèche en quelque sorte, comme l’a si bien démontré Tarira, et l’individu finit par succomber dans le marasme avec tous les symptômes d’une gastrite chronique. L’usage de la bière et du vin a des résultats moins funestes; ces boissons , prises habituellement d’une manière immodérée, ont pour résultat commun d’entraîner nne obésité et un affaiblissement graduel de l’intelligence, qui peut aller jusqu'à l’abrutissement le plus complet. Il est cependant des exceptions, et certaines personnes peuvent renouveler tous les jours des excès de table sans que leur intelligence paraisse en souffrir, mais ce sont là des cas rares et qui se rencontrent plutôt en Angleterre et en Allemagne que chez nous.
Percy a décrit une variété de l’ivresse qu’il appelle ivresse convulsive et dans laquelle des accidents assez fâcheux accompagnent la perte de la raison; le délire furieux et les convulsions violentes qui dans ce cas sont les effets de l’ivresse ne se manifestent ordinairement que lorsque cet état a été produit par les liqueurs alcooliques. Percy a également remarqué que ces accidents se produisaient
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lorsque , voulant faire cesser promptement l'ivresse, l’on avait administré de l’émétique pour provoquer le vomissement. Les préparations opiacées données dans le but de calmer les accidents convulsifs de l’ivresse les accroissent presque constamment, et ce n’est que lorsque l’estomac a été complètement débarrassé par les vomissements et que les accidents nerveux persistent encore, que l’on doit recourir aux préparations opiacées.
Les meilleurs moyens de provoquer les vomissements sont les boissons tièdes abondantes, l’eau tiède à laquelle on aura mêlé un peu d’huile. Les moyens mécaniques, tels que l’introduction des doigts dans l’arrière-bouche, ou celle des barbes d’une plume que l’on a même conseillé d’enduire d’huile, et la titillation de la luette sont des façons de provoquer les vomissements qui doivent être préférées aux vomitifs prisa l’intérieur, quoique l’on ait avancé que l’ipécacuanha était exempt des inconvénients de l’émétique.
On a vanté divers préservatifs de l’ivresse et l’on cite Drusus qui tenait tête à tous ses convives en ayant soin d’avaler cinq ou six amandes amères pendant le festin : Nous avouons que nous accordons peu de confiance à ces moyens, et que nous mettons plutôt sur le compte de la résistance que présentent certaines organisations à l’action des liqueurs alcooliques l’étonnante facilité avec laquelle quelques personnes échappent à l’ivresse. Dans des limites restreintes , l’habitude émousse l’action des liqueurs fermentées sur le système nerveux, et l’on peut en boireune assez grande quantité sans perdre la raison. Lorsqu’au contraire l’ivresse est devenue presqu’habituelle et que la congestion du cerveau, est presque permanente , il suffit des plus légères quantités de vin ou de liqueurs pour déterminer une ivresse immédiate ; cet état, désigné sous le nom d’ivrognerie , amène de telles modifications dans l’habitude extérieure du corps , dans l’expression de la face et du regard, qu’il suffit d’un simple examen pour reconnaître immédiatement une personne adonnée à cette funeste habitude qui, à ce degré, devient une passion insurmontable. Chez les ivrognes, le vin ne suffit bientôt plus pour satisfaire leur palais blasé, c’est aux liqueurs spiritueuses qu’ils ont alors recours, et souvent l’alcool presque pur devient pour eux une boisson délectable. Les maladies les plus graves et
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souvent la mort sont la suite de ce déplorable abus.
Tous les tempéraments ne ressentent pas au même degré les effets de l’ivresse ; les tempéraments phlegmatiques résistent plus facilement à l’action des boissons alcooliques, et les climats froids paraissent aussi atténuer leur effet sur le système nerveux. Les individus d’un tempérament sanguin, et surtout ceux d’un tempérament nerveux, les femmes et les enfants sont plus facilement atteints: les climats chauds favorisent aussi cette action, et, dans ces diverses conditions, l’ivresse est plus furieuse. C’est sans doute autant à ces causes que l’on doit attribuer sa rareté dans les climats du midi, qu'au peu de besoin que l’homme éprouve pour ces boissons excitantes qui sont si vivement désirées par les peuples du nord.
Que faut-il faire quand on est appelé auprès des personnes plongées dans l’ivresse ? Le mieux est de les laisser se calmer d’elles-mêmes, et, comme on le dit, cuver leur vin. Cependant, il est quelques moyens de modérer les effets des liqueurs: c’est d’abord de débarrasser l’estomac du poison qu’il renferme en faisant vomir le malade , soit en lui faisant prendre quelques tasses de thé tiède et sans sucre, soit en lui chatouillant la luette avec les barbes d’une plume. On lui fera prendre ensuite du thé léger, chaud et sucré On a aussi beaucoup vanté l’emploi de l’ammoniaque, dont on met huit à dix ou douze gouttes dans un verre d’eau sucrée ; ce moyen n’est pas infaillible, mais il réussit assez souvent : l’acétate d’ammoniaque réussit également, mais on a quelquefois remarqué que , chez les personnes nerveuses, ces préparations, au lieu de calmer l’ivresse, déterminaient une violente excitation. Le café à l’eau est encore utilement employé par quelques personnes, mais ce moyen ne réussirait pas à tout le monde, surtout aux sujets nerveux. Quels que soient les avantages que l’on peut attendre de ces remèdes, il faut plutôt compter sur les progrès des lumières et sur les sociétés de tempérance , dont les heureux effets se sont déjà fait sentir dans plusieurs pays, pour arriver non au traitement, mais à l’extinction complète d’un vice si dégradant pour l’espèce humaine. J. P. Beaude.
Médecin inspecteur des établissements d’eaux minérales, membre du conseil de salubrité.
jalap (mat. mêd.), s. m. ( radixjalapœ ). Ainsi que nous avons été déjà obligé de le dire pour beaucoup de végétaux exotiques, ce n’est que depuis peu de temps que l’on connaît parfaitement la plante qui fournit la racine de jalap. Long-temps on a pris poulie vrai jalap le convolvulus jalapa L; aujourd’hui, d’après les travaux de M. Ledanois, qui, en 1827, envoya du Mexique la description du vrai jalap officinal, il n’est regardé que comme le faux jalap ou jalap mâle.
La plante qui produit le vrai jalap est le convolvulus officinalis de G. Pelletan ; elle est vivace; sa racine est tubéreuse, arrondie, blanche, charnue, lactescente , et donne naissance à plusieurs liges herbacées, sarmenteuses, parfaitement lisses, ainsi que toutes les plantes, et qui s’élèvent à une hauteur de 15 à 20 pieds; elles sont garnies de feuilles alternes, pétiolées, cordiformes. Les fleurs sont pédonculées, solitaires et d’un rose tendre; leur corolle est hypocratériforme ; les étamines et les pistils font saillie hors du tube.
La racine du jalap acquiert souvent un développement considérable : on en a vu qui pesait jusqu’à 25 kil. ; mais ce n’est pas lorsqu’elles ont acquis ce volume qu’on les récolte. On choisit les moins grosses que l’on coupe par tranches et que l’on fait sécher à l’ombre. Dans le commerce, on en trouve rarement qui pèsent plus de 100 à 200 grammes. Lorsque l’on brise cette racine, elle présente une cassure brillante, résineuse, d’un gris plus ou moins foncé; les couches résineuses et ligneuses sont alternées.
Le jalap contient 8 à 10 pour iOo de son poids de résine, que l’on extrait par l’alcool ; cette résine, qui est toute la partie active du médicament, était autrefois connue sous le nom de magistère de jalap; elle est d’un brun verdâtre, cassante, d’un aspect brillant dans sa cassure, d’une saveur faible d’abord, âcre et désagréable ensuite. On l’altère quelquefois avec du charbon , du jalap en poudre et d’autres résines, telles que celles de gayac, de pin; etc. La sophistication avec le gayac se reconnaît en ce que la résine de jalap donne, lorsqu’on la brûle, une odeur aromatique qui rappelle celle du gayac; la solution alcoolique est d’un brun roux, au lieu d’être verte lorsque la résine de jalap est pure.
La résine de jalap se prépare en épuisant le jalap par l’alcool à 31°. On distille pour en extraire tout l’alcool. On ajoute ensuite au résidu un volume d’eau' égal au sien; on laisse refroidir et l’on recueille la résine qui s’est précipitée , on la lave avec de l’eau chaude, puis on la dissout dans un peu d’alcool. On fait ensuite évaporer et l’on sèche à l’étuve. M. Planche a donné un autre procédé par lequel on extrait la résine du jalap blanche et brillante comme la térébenthine; mais cette résine n’ es l pas employée en pharmacie.
Le jalap, qui était très employé autrefois, s’administre comme purgatif drastique; c’est même un des plus énergiques, surtout sa résine. Hume, chimiste anglais, croyait y avoir découvert un nouvel alcoloïde dans lequel résidait la partie active de celte substance, et auquel il avait donné le nom de jalapine; mais les recherches de MM. Gerber, Pelletier et Guibourt ont démontré l’erreur de celle prétendue découverte.
Le jalap s’administre en poudreet la dose est de 1 à 2 grammes. Mêlé avec le sucre on en prépare une poudre sous le nom de sucre orangé, qui est surtout donnée aux enfants ; elle est composée de poudre de jalap 64 grammes , crème de tartre pulvérisée 22 grammes , sucre pulvérisé 406 grammes , huile essentielle d’écorce d’oranges 2 grammes. Cette poudre est employée à la dose de 4 grammes, elle contient le huitième de son poids de jalap. On prépare une teinture alcoolique dans laquelle le jalap entre pour un quart de l’alcool à 21°, employé pour la préparation ; elle se donne à la dose de 5 décigrammes à un gramme. L’extrait alcoolique se prépare avec la racine de jalap et l’alcool à 21 degrés.
L ’ eau-de-vie allemande, quia joui d’une si grande réputation comme purgatif, a le j alap pour base. Elle estcomposéede : racine de jalap 240 grammes, thurbith 32 grammes, scammonée d’Alep 64 grammes, alcool à 2l° 3 kil. Faites macérer pendant huit jours, passez et filtrez. On l’emploie à la dose de 16 à 32 grammes; c’estunbon purgatif. On yajoule quelquefois la cannelle, le girofle, la coriandre, et si l’on colore en rouge par le bois de seniaU’on a l’eau-devie allemande aromatique.
La résine s’administre à la dose de 3 à 6 déci-
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grammes. Comme elle est très-active, on a conseillé le la mêler avec de la gomme dans un jaune d’œuf.
)n prétend qu ainsi elle agit d’une manière plus égulière. On prépare des pilules avec cette résine ; nais l’un des meilleurs moyens de l’employer consiste à l’introduire dans un looch. Voici une formule quiappartient à M. Barateau, de Carcassonne,
3t qui a élé publiée par M. Soubeiran, dans son Traité de Pharmacie. On prépare une émulsion avec 8 amandes, 32 grammes de sucre et 96 grammes d’eau. D’un autre côté, on prend: résine de jalap5 décigrammes , sucre 9 décigrammes, amande une , gomme arabique en poudre 4 grammes. On triture la résine avec le sucre et l’on délaie peu à peu avec l’émulsion; on obtient, parce moyen, un mélange très-intime delà résine avec l’émulsion. On prépare aussi un savon avec cette résine , on ajoute l’amande, puis le sucre, dans lequel elle entre pour moitié de son poids avec le savon médicinal; on mélange avec l’alcool, et on administre en bols ou en pilules.
Le jalap et la résine ne sont seulement employés en médecine que comme purgatifs. Les Allemands et les Anglais en font souvent usage à cause de son peu de saveur et de son action énergique. Les habitants des campagnes en France l’emploient également ; cependant on ne saurait trop les engager a n’en faire usage que lorsqu’ils auront consulté le médecin : ce que nous avons dit de l’action de ce médicament juslifie suffisamment l’avis que nous leur donnons ici. J. P. Beaude.
jambe ( anat .), s. f. crus. Ce mot vient de campa, qui, en latin, signifie quelquefois jambe, dont les Sialiens ont fait gamba, et les Français gambades. La jambe est la portion du membre inférieur comprise entre l’articulation du genou et celle du pied. La forme de cette partie est assez irrégulièrement arrondie ; en avant , elle présente une saillie longitudinale, formée par la crête du tibia : des deux faces latérales, l’interne est plane, l’externe arrondie ; en arrière se trouve la saillie du mollet et du tendon d’Achille. La peau des jambes est, chez l’adulte, recouverte de poils assez nombreux. Deux os constituent la charpente de la jambe : ce sont le tibia et le péroné. Nous ne parlons pas de la rotule, qui fait partie du genou. (V. ce mot.) Le tibia, plus fort, plus volumineux, est placé en avant et en dedans. Le péroné, mince et grêle, est uni par ses deux exlrémilés aux extrémités correspondantes du tibia , en arrière et en dehors duquel il se trouve placé. Dans presque toute leur étendue, ces deux os sont séparés par un espace é troit qu’occupe une toile fibreuse très-forte et qu’on nomme ligament inter-osseux. Ce ligament sert, en outre, à multiplier les points d’insertion des muscles. Le tibia, qui monte plus haut que le péroné, concourt seul à former l’articulation du genou. En bas, les deux os s’unissent pour constituer une sorte de mortaise qui reçoit la partie supérieure de l’astragale. Cette mortaise offre de chaque côté un relief et un prolongement qui font sous la peau une saillie assez notable. Celle du côté interne appartient au tibia, c’est la malléole interne ; l’autre, malléole externe, dépend du péroné. Ces saillies osseuses sont con-
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nues vulgairement sousle nom de chevilles du pied. Des muscles assez nombreux couchés les uns contre les autres revêtent les os de la jambe. On les distingue en trois faisceaux. L’un, antérieur, comprend de dedans en dehors le jambier antérieur, l’extenseur du gros orteil, l’extenseur commun des orteils et le péronier antérieur qui manque quelquefois. Le second, externe, renferme les deux péroniers latéraux. Le troisième , postérieur, se divise en deux plans :l’un, superficiel, comprend la masse charnue qui constitue le mollet et se divise en trois muscles, deux intimement unis, les jumeaux, et un troisième qui se joint à eux, le soléaire. Le second, situé plus profondément, est formé par le plantaire grêle qui manque souvent, le muscle poplité, le fléchisseur propre du gros orteil, le jambier postérieur et le fléchisseur commun des orteils. Tous ces muscles sont enveloppés par une tunique fibreuse commune, ou aponévrose jambière. Cette aponévrose envoie entre les muscles des prolongements qui leur forment des gaines particulières et servent de points d’insertion. Les artères de la jambe sont fournies par le prolongement de l’artère fémorale, connue sous le nom de tronc poplité et qui se partage en trois branches au-dessous du creux du jarret: 1° Y artère tibiale antérieure, qui se porte en avant et descend à la partie antérieure de la jambe jusqu'au ligament annulaire du tarse, d’où elle se distribue au pied; 2» Y artère tibiale postérieure , qui rampe entre les deux plans des muscles postérieurs de la jambe et va fournir les artères de la plante du pied; 3° enfin, Y artère péronière., qui suit le bord et la face interne du péroné et se ramifie vers le pied.
Les veines tibiales antérieures et postérieures, et péronières, accompagnent les artères du même nom et se réunissent en un tronc veineux commun qu’on nomme poplité. De plus, il y a sous la peau , en dedans et en dehors du membre , deux veines désignées sous le nom de saphène interne et externe, et dont une indication plus précise trouvera sa place au mot Saignée. La première va se jeter dans la veine crurale vers l’arcade de ce nom ; la seconde aboutit dans le jarret à la veine poplitee.
Les nerfs , à l’exception du saphène interne, qui suit la veine ainsi nommée et provient du nerf crural; les nerfs, disons-nous, qui se ramifient dans la jambe, proviennent du grand sciatique. Ce tronc, le plus gros de tous ceux du corps , se divise audessus du creux du jarret en deux rameaux : 1° le poplité interne, qui donne le saphène externe et le tibial postérieur ; 2° le poplité externe, qui se partage en nerf musculo-culané de la jambe et tibial antérieur.
La jambe sert à la marche et à la course, en un mot , à tous les phénomènes de la locomotion proprement dite.
jambe (maladies de la). Les maladies dont la jambe est le siège sont assez nombreuses, mais la plupart lui sont communes avec les autres parties du corps , et n’exigent pas de description à part. Ainsi ce sont des phlegmons, des abcès, des plaies, des tumeurs dp diverses natures, des ulcères, des varices, etc. , etc., dont l’histoire doit être tracée dans autant d’articles spéciaux. Nous noterons
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seulement que les solutions de continuité , les inflammations, etc., exigent , pour être promptement guéries, le repos le plus absolu. Les luxations de la jambe sur la cuisse ont été décrites au mol Genou. Il nous restera seulement à parler ici des fractures , des amputations et des lésions artérielles qui exigent la ligature des vaisseaux de celte région.
1» Fractures de la jambe. Les fractures de la jambe diffèrent notablement, suivant qu’elles intéressent les deux os à la fois, ou qu’un seul a été brisé.
La fracture des deux os est plus fréquente que celle qui n’en comprend qu’un seul ; ils peuvent être rompus à la même hauteur ou à des hauteurs différentes : la cassure est transversale, oblique, comminutive , compliquée, etc., etc (V. Fractures en général.) Nous noterons seulement, par rapport à l’obliquité, que, pour le tibia, elle a lieu le plus souvent de bas en haut et de dedans en dehors, de sorte que l’extrémité inférieure aiguë et tranchante du fragment supérieur fait saillie sons la peau à la partie antérieure et interne de la jambe. La fracture est souvent causée par une violente pression sur la jambe horizontalement placée. Ainsi,le passage d’une roue de voiture sur le membre inférieur d’un homme renversé , la chute d’une pierre dans les mêmes conditions, etc. D’autres fois l’accident arrive le sujet étant debout. Alors, c’est une percussion très-forte qui brise le tibia et le péroné à la fois ; ou bien le premier de ces os est d’abord cassé, et le second étant trop faible pour soutenir le poids du corps, ploie et se rompt. La même chose arrive dans une chute d’un lieu élevé sur les pieds : le tibia se trouve courbé et rompu vers la partie moyenne, puis immédiatement après le péroné éprouve le même sort. Les signes des fractures de jambe sont la déformation de ce membre au niveau de la cassure ; quelquefois, dans le cas de chute sur les pieds, par exemple, le fragment le plus aigu peut percer les téguments et venir faire saillie à l’extérieur. On a vu ainsi le bout inférieur du fragment supérieur traverser la peau et aller s’enfoncer dans le sol ; c’est ce qui est arrivé au célèbre Ambroise Paré. Il y a aussi ordinairement rotation du pied en dehors. Enfin , la mobilité, le chevauchement, la crépitation achèvent de confirmer le diagnostic.
Ces fractures sont moins fâcheuses que celles de la cuisse , seulement elles acquièrent de la gravité quand elles ont lieu très-près des articulations, soit du pied, soit du genou, surtout si la cassure pénètre jusque dans la jointure.
Pour réduire ces fractures, il faut, le patient étant couché sur le dos, faire fléchir lacuisse sur le bassin, puis la jambe sur la cuisse ; un aide embrasse avec ses mains l’articulation du genou au niveau ou un peu au-dessus des condyles du fémur, tandis qu’un second, tenant d’une main le pied et de l’autre le talon, ramène cette partie à sa rectitude naturelle en la tournant en dedans, et exerce des tractions graduées et proportionnées à la difficulté qu’éprouvent les parties à revenir dans leur situation normale. Le chirurgien , placé en dehors du membre, détermine la coaptation ou réduction par des mouvemens convenables , et que l’on trouve décrits
dans tous les traités de chirurgie. Le membre réduit, on l’enveloppera du bandage de Scultet, ou bien on le placera sur la planchette de M. Mayor. Ce dernier appareil est surtout convenable dans le cas de fracture avec plaie, parce qu’aîors le membre étant en partie découvert, on peut panser celleci sans défaire le bandage, et, par conséquent , sans courir le risque de remuer le fragment. Pour moins fatiguer le malade, on peut placer le membre sur un amas de coussins, et le mettre ainsi dans la demiflexion. Dans ces derniers temps, on est revenu aux anciens principes de la chirurgie antique, qui consistent à revêtir le membre d’un appareil inamovible dont la levée n’a lieu qu’à l’époque de la guérison. Pour solidifier l’appareil, on emploie le blanc d’œuf, l’empois, la dextrine, etc.,. On a vu au mot fracture ce qu’il fallait penser de ce procédé, en dépit des pompeuses annonces dont il a été l’objet.
La consolidation demande une durée de 40 à 50 jours de traitement. Boyer exige ce terme avant de laisser marcher le malade.
b. Fractures du tibia. Quoique plus fort que le péroné, le tibia est cependant plus souvent fracturé; cela tient à sa position superficielle, à ses fonctions, et enfin à cette même solidité qui fait que sa flexibilité est presque nulle, et qu’il se rompt au lieu de ployer. Ce sont surtout des violences directes qui fracturent le tibia. Le plus souvent, dans ces cas, la solution de continuité est transversale. Alors le péroné, servant en quelque sorte d’attelle ou de tuteur au membre, le déplacement est très-peu considérable; il n’y a jamais chevauchement; seulement quelquefois il y a une légère saillie en avant. Le pronostic de cette fracture est peu grave , surtout s’il n’y a pas de plaie. Quant à la durée et au traitement, ils sont absolument les mêmes que dans le cas précédent.
c. Fractures du péroné. Protégé par une masse épaisse de muscles, et par le tibia lui-même, soumis par sa situation et la nature de ses fonctions à des efforts peu considérables, le péroné devrait, d’après le raisonnement, être beaucoup moins souvent fracturé qu’il ne l’est réellement. Suivant le calcul de Dupuy tren, ses solutions de continuité sont à celle des autres os delà jambe comme f à 3. Outre les cau«es directes, telles qu’un coup sur la par lie ex- ; terne du membre, l’accident qui nous occupe arrive surtout dans un violent renversement du pied soit en dedans, soit en dehors. Dupuy tren a, du reste, très-bien indiqué le mécanisme de la fracture dans ces deux derniers cas, et a fait voir quelle avait lieu nécessairement dans le quart inférieur de l’os. Il est assez difficile de reconnaître les solutions de continuité du péroné, surtout quand elles occupent la partie supérieure de l’os, à cause delà masse de muscles qui l’enveloppent en ce point. En bas, on I peut, à l'aide de manœuvres appropriées, constater la mobilité et la crépitation des fragments auxquels s’ajoutent un renversement du pied en dehors très-peu marqué, quoiqu’en ait dit Du- ! | puytren , et l'impossibilité de marcher. Quant au traitement, sauf des exceptions fort rares , dans lesquelles conviennent l’attelle interne et le cous- u sir proposés par le grand chirurgien que je viens '
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de nommer, on placera le membre dans un appareil ordinaire ou mieux encore sur une planchette hyponarthécique.
Amputation de la jambe. — Cette grave opération, dont notre intention n’est point de décrire le manuel, est surtout pratiquée pour des tumeurs blanches avec carie du pied ou des plaies avec fracas de l’os. On conseillait généralement de couper le membre à trois ou quatre travers de doigt audessous du genou , point que l’on nomme le lieu d’élection. Cependant, les chirurgiens militaires ont tranché jusque dans les condyles du tibia, plutôt que de faire la section de la cuisse. Aujourd’hui, depuis les ingénieuses machines de MM. Mille et Martin, on peut pratiquer l’amputation au-des sus des malléoles , pour la carie du pied, par exemple; une bottine supplée très-bien alors à la perte éprouvée. Un de nos collaborateurs, M. le professeur Gerdy, m’a rapporté avoir vu une jeune fille de 18 ans, opérée à l’Hôtel-Dieu , qui marche et parcourt facilement de grandes distances à l’aide de l’ingénieuse machine de M. Martin. Cette amputation, à la partie inférieure de la jambe, est moins grave, moins douloureuse et plus facile à pratiquer qu’au lieu d’élection : il faudra donc la préférer toutes les fois que les circonstances le permettront. Quant à l’opération elle-même, on la pratique plus souvent par la méthode circulaire que par la méthode à lambeaux.
Maladies des artères de la jambe.— Elles consistent soit dans des plaies récentes, soit dans des anévrismes faux consécutifs ou spontanés. La compression serait impossible ici; il faut aller chercher l’artère lésée au milieu des masses charnues qui la recouvrent, et en pratiquer la ligature. On peut ainsi lier l’artère tibiale antérieure et la péronière vers leur partie moyenne, et la tibiale postérieure à différentes hauteurs (V. Ligature). Pour les autres maladies de la jambe. V. Ulcères , Varices.
J. P. Beaude.
Médecin inspecteur des établissements d’eaux minérales et membre du conseil de salubrité.
jambier fanat -J , adj. et s., qui appartient à la jambe. On a donné le nom de jambier à trois muscles de la jambe : ce sont le jambier antérieur, qui est situé , ainsi que l’indique son nom, au-devant de la jambe, et qui, de la tubérosité externe du tibia et du ligament inter-osseux, va s’attacher au premier os cunéiforme, près de l’extrémité postérieure du premier mélatarsien ; il fléchit le pied sur lajambe, contribue à la station et sert à maintetenir le corps en avant. Le jambier postérieur, situé derrière la jambe, s’attache en haut à la partie supérieure et postérieure du péroné et du tibia et au ligament inter-osseux ; en bas, il s’attache à la partie inférieure du scaphoïde ; c’est un muscle extenseur du pied, il étend le pied sur lajambe et contribue à la station en maintenant le corps en arrière.Le jambier nommé aussi plantaire grêle naît du condyle externe du fémur et se confond inférieurement avec le tendon d’Achille, qui s’attache au calcanéum. Ce muscle, qui a peu d’importance à cause de son petit volume, est un extenseur du pied. Longtemps on a attribué à la rup-
ture de son tendon mince et grêle la maladie désignée sous le nom de coup de fouet; aujourd’hui il est démontré que la rupture de ce petit muscle ou de son tendon ne saurait causer les accidents que présente cette affection, que l’on sait tenir à la rupture de quelques-uns des forts faisseaux fibreux des musclesjumeaux ou du soléaire.
U aponévrose jambière , qui enveloppe tous les muscles de lajambe, est une continuation de l’aponévrose crurale ; elle reçoit une expansion des tendons du triceps crural, s’attache en devant à la crête du tibia et en bas au ligament annulaire du tarse. J. B.
jarret ( anat.) , s. m. C’est la partie des membres inférieurs qui est située derrière le genou ; les anatomistes lui ont donné le nom d’espace poplité. V. Jambe.
jaune (fièvre). V. Typhus d'Amérique.
jaunes (ligaments) [anat.), s. m. p. Ce sont des ligaments fixés aux lames des vertèbres et qui, en arrière, ferment le canal vertébral. V. Colonne vertébrale..
jaunisse. Y. Ictère.
jÉjuNuiffl (anat.), s. m. On donne ce nom à la portion de l’intestin grêle qui est situé entre le duodénum et l’iléon ; elle a reçu ce nom parce qu’elleest presque toujours vide dans les cadavres. (Y. Intestins.)
jeunesse. (V. Ages.)
jeune. V. Abstinence.
joie, (V. Passions .)
jointures (anat.), s. f. p. Nom que l’on donne vulgairement aux articulations. (V. ce mot.)
joubarbe (bot.), s. f., grande Joubarbe, Joubarbe des toits ( Sempervivum tectorum). Cette plante a donné son nom à un genre de la famille des Crassulées ; elle fait partie de la dodécandrie dodécagénie de Linné ; la grande joubarbe est connue de tout le monde , c’est cette plante qui croit sur les vieux toits de chaume et sur les vieux murs; ses feuilles sont épaisses et charnues ; elles sont employées par les gens de la campagne, qui s’en servent dans beaucoup d’affections ; ils ont un certain respect pour la joubarbe qu’ils considèrent comme éloignant les maléfices de leur maison. Cette plante est inodore, d’une saveur herbacée et un peu aigre; elle renferme un suc abondant qui contient du malate de chaux et une notable proportion d’albumine. Les feuilles de joubarbe écrasées sont un remède populaire contre la brûlure, les coupures, les cors aux pieds ; on en fait de la même manière des cataplasmes rafraîchissants que l’on applique sur les abcès, les tumeurs inflammatoires, l’érysipèle , les abcès des mamelles, les hémorrhoïdes ; le suc des feuilles a, dans ce dernier cas, été quelquefois injecté dans le rectum comme anodin et rafraîchissant ; il a été également pris à l'intérieur pour couper les accès de fièvre intermittente, mais il est douteux qu’il jouisse de cette propriété. Les feuilles de joubarbe entrent dans la composition de l’onguent populéum.
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