PIN
Piment de la Jamaïqüe [bol. mèd .) , s. m. Fruit | du myrtus pimenta , L . Le piment de la Jamaïque , tabago, toute-épice, est de la famille des Myrtées, J. Il doit cette dernière dénomination à son arôme, qui rappelle à la fois ceux de la cannelle, du girofle et de la muscade. Ce fruit s’offre sous la forme de baies dispermes, recouvertes d’une coque rugueuse, et séparées par une cloison à deux loges presqu’égales , contenant chacune une amande. On récolte ordinairement ces baies avant leur maturité, et on les fait soigneusement sécher sur des nattes ou des planches exposées à l’ombre. En quelques jours , leur surface se ride, et elles passent en même temps du rouge-pourpre au brun-foncé. Quelquefois on les fait sécher au four ; mais si l’opération est plus prompte, elle a l’inconvénient de faire perdre au fruit une partie de son arôme , et conséquemment de sa qualité.
Les coques du myrtus pimenta sont dures, ligneuses; leur saveur est forte, plus aromatique i que celle des amandes. Elles fournissent une matière huileuse assez abondante, dans laquelle réside plus particulièrement la saveur âcre et piquante du fruit. Il résulte, en effet, d’une analyse que l’on doit à Si. Bonastre, que le fruit entier fournit cent parties sur mille d’une huile essentielle limpide, presque incolore , plus pesante que l’eau, d’une saveur âcre, brûlante, et d’une odeur assez suave, qui rappelle celle du girofle. Le même chimiste a obtenu des amandes une huile essentielle, moins abondante, mais aussi aromatique. Ces deux huiles servent souvent à sophistiquer celle de girofle, dont elles rappellent toutes deux l’odeur suave.
Piment des Jardins. (V. Piment annuel .) j
MH ( mal . méd.), s. m. (pinusOn désigne sous ce nom un genre de plantes de la famille des Conifères, J. ; monœcie monadelphie, L., qui donne ces beaux et grands arbres, toujours verts et de forme pyramidale , qui se rencontrent dans presque toutes les forêts, et qui parviennent à leur plus grande élévation dans les contrées du Nord et sur les flancs élevés des montagues: dans ce genre sont compris les sapins, les cèdres, les mélèzes, etc.
Les pins sylvestres et maritimes, qui sont les plus communs dans nos contrées, donnent un grand nombre de produits à l’industrie et à la médecjne. Les bois servent à la construction , et les plus élevés fournissent les mâts de vaisseaux; dans le Nord, et lors des temps de disette , la seconde écorce du pin sylvestre sert d’aliment, surtout celle des jeunes branches ; elle est réduite en farine et mêlée au pain. Par la combustion du bois des pins , on obtient la poix et le goudron ; par des incisions faites aux troncs de ces arbres , on en retire la térébenthine, qui, séchée et épurée, donne la poix blanche ou poix de Bourgogne, et qui, distillée, donne la résine et l’huile essentielle que l’on emploie dans la peinture. Les cônes du pin cultivé , pinus pinea , nommés vulgairement pommes de pins, contiennent entre leurs écailles des amandes bonnes à manger, que l’on désigne sous le nom de pignons doux ; on en retire une huile fixe analogue à l’huile d’amandes douces ; on les emploie aussi à préparer des émulsions.
Les produits du pin , employés en médecine ,
sont l’écorce, que l’on dit fébrifuge, et que l’onpeu* administrer dans les fièvres intermittentes , soit en poudre , soit en extrait ; les graines, dont nous ve lions de parler sous le nom de pignons doux. Les jeunes pousses et les bourgeons du pin sylvestre son* employés, sous le nom de bourgeons de sapin du Nord, comme diurétiques et antiscorbutiques, ils servent aussi à la préparation de la bière. La térébenthine , employée dans les affections des voies urinaires ; l’huile essentielle de térébenthine, administrée dans les névralgies ; la poix de Bourgogne, avec laquelle on fait les emplâtres ; le goudron, employé à l’extérieur dans quelques maladies de la peau, et à l’intérieur, sous forme d’eau de goudron, dans les catarrhes pulmonaires, sont aussi des produits des pins, ainsi que la résine ou brai sec qui, sous le nom de colophane, sert à arrêter les hémorrhagies des petits vaisseaux dans les opérations chirurgicales. Les espèces du genre pin sont très-nombreuses, et elles fournissent presque toutesles mêmes produits. Pour la description des substances dont nous venons de parler, voyez chacun de ces mots en particulier. J. -P. Beaude.
pince ( chir .), s. f. On donne ce nom à des instruments dont on se sert en chirurgie pour un grand nombre d’usages. Les unes servent à panser les plaies, et ont reçu le nom de pinces à pansement ou à anneaux ; les autres servent aux ligatures des artères, et sont nommées pinces à ligatures ou à dissection. La forme des pinces varie suivant l’usage auquel on les destine ; il y en a de longues et de courtes : les pinces sont ordinairement à anneaux et sont montées comme des ciseaux, les autres sont à ressorts. La forme des pinces à ressorts varie peu, celle des pinces à anneaux a été plus modifiée ; parmi ces dernières sont les pinces à polypes , destinées à extraire ces corps parasites, et les pinces de Museux , pourvues à leur extrémité d’une double érigne, qui sont destinées à saisir les tumeurs que l’on veut extraire. Il y a aussi des pinces droites, courbes , etc. La pince dite de Hunter, ou plutôt de Haies, son inventeur, sert à extraire les calculs engagés dans l’urèthre. Nous n’entrons pas ici dans des détails sur la description et l’usage des diverses sortes de pinces , il est parlé de ces instruments dans la description des opérations auxquelles on les emploie. L B.
FEMTC33S ( pharm .), s. f. On se sert de cette désignation pour indiquer la quantité de substance qui peut être embrassée avec l’extrémité des trois premiers doigts ; ordinairement ce sont les fleurs et les feuilles que l’on prescrit par pincées, et dans le but d’en faire des infusions ou des décoctions: une pincée varie en poids de quatre à sept grammes , suivant la pesanteur de la substance employée. Ce mode de prescrire un médicament est peu exact , aussi ne s’emploie-t-il que pour des substances peu actives et sdont l’excès ne peut être nuisible. J- B.
e’INéaï.e (anat.), s. f. (pinealis).O n a donné le nom de glande pinéale à un petit corps conique rouge, mollasse, situé dans le cerveau entre la voûte à trois piliers et les tubercules quadrijumeaux. Ce corps, dont nous ignorons encore les fonctions était regardé par Descartes comme le siège de l’â-