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me ; on trouve quelquefois de petites concrétions dans son épaisseur. (Y. Cerveau.)
FIONS (mat. méd.), s. f. (Y. Pivoine.) pipêrin ( chim .), s. m. Substance active et cristallisée découverte par OErsted dans le poivre noir. (V. Poivre.)
piqûre (i shir .). (V. Abeilles , Insectes et Plaie.) piriforme ( anat .), adj. ( piriformis , de pirum , poire), qui a la forme d’une poire. On se sert souvent de ce mot en anatomie, pour désigner la forme qu’il indique comme moyen de peindre la configuration d’un organe d’une façon qui fait image.
pisiforme (anat.). Qui a la forme d’un pois; l’os pisiforme est le quatrième os du corps. (V. Main.) PISSEMENT re sang. (V. Hématurie.) pisseui.it (bot. et mat. méd.), s. m. ( iléon todontaraxacum) dent de lion, syngénésie polygamie égale, L. ; famille des Chicoracées, J. Tout le monde connaît cette plante vivace qui croît si abondamment sans culture dans les champs , dans les jardins , qui se fait remarquer par ses feuilles allongées, dentelées, radicales, et disposées en rosette à la surface du sol . Du milieu de ces feuilles s’élève une hampe fistuleuse, ou tige creuse haute de six à dix pouces, qui supporte une fleur jaune assez large, et qui disparaît pour faire place à ces aigrettes arrondies qui se dispersent si facilement au plus léger souffle : ce sont les graines de la plante. La racine est de la grosseur du petit doigt, fusiforme, blanche intérieurement , et recouverte à l’extérieur d’un épiderme noir. Toute la plante contient un suc bîanc laiteux, qui a une saveur amère.
Le pissenlit est antiscorbutique, diurétique, fébrifuge, apéritif et dépuratif. On administre la racine en décoctions à la dose d’une demi-once à une once (16 à 32 gram.) pour une pinte d’eau (un litre). Les feuilles se prennent également en décoction à la même dose; mais souvent on en exprime le suc, que l’on administre à la dose de deux à quatre onces, soit seul, soit coupé avec du lait. On prépare avec toute la plante fraîche un extrait qui s’administre à la dose d’un à deux gros. C’est surtout dans les affections chroniques des viscères abdominaux, dans leurs engorgements, dans le scorbut, les fièvres intermittentes et les maladies de la peau, que l’on fait usage de cette plante. Les jeunes pousses de pissenlit et les feuilles étiolées de cette plante sont mangées en salade : cet aliment est sain , dépuratif, mais ne convient pas aux estomacs faibles et irritables. J. B.
pistache (bot. méd.) , s. f. , fruit du pistachier térébinthe (pistachia ver a, L.) , famille des Térébinthacées , J. On lui donne vulgairement le nom de noix pistache ; c’est en effet un drupe sec , qui a la forme et le volume d’une olive; le brou est peu épais, de couleur cramoisi tendre; la coque blanche et ligneuse , elle s’ouvre en deux valves. L’amande , comme celle de la plupart des fruits à noyaux, ne commence à prendre de la consistance que lorsque celui-ci est formé ; elle est anguleuse, recouverte d’une pellicule verte qui se détache assez facilement lorsqu’on la plonge dans l’eau chaude. Elle a une saveur douce, très-agréable, qui rappelle celle de la noisette , mais elle est plus aromatique. Le pistachier fut, dit-on, apporté à Rome par Vi-
tellius, gouverneur de la Syrie. Pline conseille l’usage de l’amande pour anéantir l’effet vénéneux de la morsure des serpents. Elle devait alors jouir d’une énergie bien puissante , ou le venin de ces animaux devait être bien innocent , car, telle que nous la connaissons , elle est loin de posséder cette précieuse propriété.
La Sicile est en possession de fournir les pistaches aux besoins de la consommation, qui n’est néanmoins pas très-considérable. Le plus grand emploi de ce fruit est dans l’art culinaire ; il sert à farcir certaines viandes; on en fait également usage dans l’office pour aromatiser des glaces, des sorbets, des crèmes, garnir des pièces de pâtisserie. Enveloppées de sucre amidonné , les amandes de pistache forment des dragées très-fines et très-estimées ; roulées dans le chocolat attiédi et dans la nonpareille , elles forment les diablotins ; pilées enfin avec certaines proportions de sucre et d’eau, elles donnent une émulsion verte, qui fait la base du looch vert, ou amandée composée : l’usage de cette sorte de préparation est depuis longtemps tombé en désuétude , et c’est avec raison , car elle est d’un aspect moins agréable que le looch blanc, n’est pas plus sédative, et se conserve moins longtemps encore.
Les propriétés médicinales de l’amande pistache sont d’être adoucissante , fortifiante et aphrodisiaque ; elle fournit, par expression, une huile verdâtre assez aromatique, d’une saveur douce; mais elle a , comme l’amande qui la fournit, et cela se comprend , l’inconvénient de rancir assez facilement. COUVEKCHEL ,
De l’Acadcmie de Médecine.
pituitaire (Glande) (anat.), s. f. , ou corps pituitaire. On donne ce nom à un corps arrondi, réniforme, d’un gris rougeâtre, qui paraît être une dépendance du cerveau , avec lequel il communique au moyen d’un prolongement nommé tige pituitaire. Ce corps, dont on ignore les fonctions, est logé dans un renfoncement situé à la partie supérieure du sphénoïde , qui a été nommé , à cause de sa forme, selle turcique. (V. Cerveau.) J. B.
pituitaire (Membrane). (V. Nez.)
pituite (méd.), s. f. (pituita) synonyme de phlegmes. On donne ce nom aux matières muqueuses filantes, qui sont rendues par expectoration ou par régurgitation chez les personnes affectées de catarrhes chroniques. On appelait maladies pituiteuses, celles dans lesquelles les malades rendaient des matières analoguesà celles dont nous venons de parler. Le nom de fièvre pituiteuse a été donné à la fièvre muqueuse. J. B.
pityriasis ( méd. ) , s. m. C’est la dartre furfuracée. (V. Herpès.)
PIVOINE (bot. et mat. méd.), s. f .(pœoniaojficinalis , pione, péone). Cette plante donne son nom à un genre de la famille des Renonculacées , section des Helléboracées, J. La pivoine officinale est une plante vivace qui croît dans les bois et les lieux stériles du midi et du milieu de la France ; elle est également abondante dans le midi de l’Europe. Ses racines sont grosses, réunies en paquets , jaunâtres, lisses en dehors, et blanches en de-
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dans ; elles sont cassantes , et exhalent une odeur forte lorsqu’elles sont fraîches. Les feuilles sont alternes, pétiolées, découpées, à folioles ovales. La tige est haute de un à deux pieds , les fleurs sont grosses, d'une belle couleur purpurine, et varient de teinte jusqu’au blanc ; elles ont une odeurdésagréable ; lecaliceest à cinq folioles persistantes, la corolle à sept ou huit pétales. Celte plante, dont les racines ont été auirefois employées en médecine, dans la paralysie, l’épilepsie et Ihypochondrie, est aujourd’hui peu usitée. Mérat et Delens disent que le motif de cet abandon vient de ce que l’on emploie la racine sèche, et que c’est étant fraîche qu’il faudrait en faire usage.
La pivoine, qui est très-commune, se cultive aujourd’hui seulement pour l’agrément des jardins , à cause de ses belles fleurs qui doublent facilement. Lavariétéque l’on appelle pivoine femelle se distingue par des graines de couleur noirâtre et luisante de la variété pivoine mâle, qui les a rouges, et qui est plus eslimée pour l’usage médical. La racine se récolte en automne; étant fraîche, elle est nauséeuse, amère et presque vireuse ; le suc en a été prescrit à la dose de deux gros à une once. Les anciens attribuaient des propriétés merveilleuses à cette plante qui devait être récoltée avec des précautions superstitieuses pour qu’elle pût jouir de toutes ses propriétés. J. B.
placenta (accouch.), s. m. On donne ce nom, et vulgairement celui d arrière-faix ou de délivre, à une masse charnue, vasculaire, qui est contenue dans l’utérus avec le foetus: c’est le placenta qui établit la communication entre la mère et le fœtus, par l'intermédiaire des vaisseaux ombilicaux (V. Accouchement, Délivrance , Ovotogie.)
plaie (chir.), s. f. (en latin plaga , vulnus-,en grec trauma). On désigne ainsi en chirurgie les solutions de continuité des parties molles, produites par une violence mécanique ; toutefois, les auteurs rangent parmi les plaies , les contusions simples dans lesquelles il n’y a pas de division apparente. (V. Contusion, Chute.)
Pour mettre plus d’ordre dans notre exposé, nous suivrons la division adoptée par les chirurgiens qui classent les plaiesd’après la nature de l’instrument vulnérant. Celte classification est très naturelle, puisque les phénomènes et le traitement sont différents, suivant que la blessure est produite par un instrument tranchant, piquant ou contondant. Dans un dernier article , nous examinerons les différences des plaies dans les principales régions du corps. Nous devons exprimer ici le regret de ne pouvoir qu’indiquer d’une manière sommaire les points principaux de l’histoire des p'aies : cette étude complète ferait aisément la matière d’un volume.
Des plaies en général. — 1° Lorsqu’un instrument tranchant, tel qu’un sabre , un couteau, un rasoir, etc., a porté son action sur nos organes, on observe les phénomènes suivants : les tissus se rétractent en sens opposés, et les lèvres de la blessure restent béantes; en même temps, une douleur plus ou moins vive, suivant la sensibilité propre des sujets, et due à la section des nerfs, se manifeste dans le point lésé ; enfin la division des vaisseaux artériels et veineux donne lieu à un écoulement
sanguin qui , lorsqu’il est très-abondant et qu’il ré suite de l’ouverture d’un vaisseau volumineux . prend le nom d 'hémorrhagie (V. ce mot). Content dans de justes bornes, cet écoulement est avantageux, en ce qu’il dégorge les parties voisines et prévient une inflammation trop violente.
La gravité des plaies par instrument tranchan dépend surtout de l’importance des organes qui ei sont affectés. Ainsi, aux membres, quand une gros se artère ou que la veine principale n’est point intéressée, la blessure guérit facilement. Cependant i faut ici faire une remarque ; c’est que chez tous le: sujets la cicatrisation ne s’effectue pas avec la même facilité ; aussi, dans le vu'gaire, a-t on remarqua qu’il était des personnes douées , comme on le dit d'une bonne cliarnure, et chez lesquelles les plaie guérissent facilement , tandis que chez d'autres , ai contraire , on ne peut obtenir la cicatrisation d’un plaie, même légère , qu’après une suppuration e des accidents inflammatoires quelquefois longtemp prolongés. Quant aux phénomènes de ia cicatrisa tion et aux circonstances qui peuvent ia favorise ou l’entraver, nous renvoyons au mot Cicatrice.
Les blessures par instrument tranchant peuven être simples, c'est-à-dire consister simplemer dans une division plus ou moins profonde de ne tissus , ou bien être avec perte de substance, c’es à-dire qu’une portion plus ou moins considérable d peau, de tissu cellulaire, de muscles, etc., a étéem portée. C’est ce qui arrive, par exemple, dans b grandes opérations chirurgicales, après l'ampute tion d’un membre, d’un sein, l’extirpation d’un tumeur volumineuse, etc.; cette différence est à ne ter pour le traitement, parce que la conduite à te nir n’est pas la même dans les deux cas.
2° On appelle plaies par instruments piquants celles qui sont produites par des instruments d forme allongée et terminés en pointe (stylets épées , baïonnettes) , qui pénètrent dans les orga nés, en écartant ou même en déchirant les libre qui les composent. On considère généralemer les piqûres comme plus graves que les coupures, cause des accidents qui peuvent en être la suite; I douleur est ordinairement beaucoup plus vive dan les premières, et les accidents inflammatoires s’ développent bien plus fréquemment et avec bie plus de violence. C’est ainsi que l’on voit une sim pie piqûre d’aiguille au doigt déterminer un pana ris, et même par suite un phlegmon de la main e de l’avant-bras ; une piqûre au pied donner naissar ce à un tétanos mortel! L’écoulement sanguin e: d'ordinaire peu considérable, et on en conçoit 1 raison ; les vaissraux sont plutôt écartés et déchiré que coupés : aussi , pour dégorger la partie lésé et prévenir l’inflammation, a-t-on l’habitude de fa: re saigner la blessure autant que possible, à l’aid d’une pression ménagée, et même de la succion cette pratique a aussi pour objet de faire sortir le petits corps étrangers ou les ordures qui pourraier s’être introduits avec l’instrument vulnérant. Le ventouses, récemment proposées dans cette demie re intention par M. Réveillé Parise , peuvent êti très-utiles.
3° Les contusions et les plaies confuses soi produites par des instrumenta de forme irrégulière arrondie , anguleuse , et qui déchirent et écraser les tissus, les premières sc distinguent des seconde
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« ce qu’il n'y a pas de solution de continuité apparente ; ce sont seulement les petits vaisseaux situés tous la peau, et le tissu cellulaire qui double cette région , qui se trouvent dilaeérés et rompus ; de là ces épanchements de sang qui se révèlent à l'extérieur par dt-s tuméfactions et la coloration noire ou bbue de la peau , et qui constituent les ecchymoses, quand le sang e^t seulement infiltré dans les mailles du tissu cellulaire , et les bosses sanguines, quand il s’est épanché en foyer. Il ne faut pas toujours croire qu’une contusion est légère parce qu’elle ne laisse pas de traces sur la peau; un exemple éclaircira cette proposition. Un homme reçoit dans le ventre un violeut coup de pied ; les parois de l'abdomen, qui se trouvaient relâchées dans le moment, se laissent déprimer, et toute liutensité du choc est transmise aux viscères intérieurs, qui peuvent être contus et déchirés : c'est ainsi que l’ona vu la vessie, l'intestin, etc., être rompus par des violences qui n’avaient laissé aucune trace à l’extérieur.
Lesplaies déterminées par l’action des corps contondants ont ordinairement leurs bords irréguliers, comme mâchés; d’autres fois.au contraire, la section est aussi nette que si elle eut été faite par un couteau bien tranchant; cela arrive quand l’instrument vulnérant est mu avec une grande vitesse et frappe un peu obliquement. Ces blessures sont en général plus dangereuses que les autres , la douleur y est plus vive , et la guérison s’en fait plus longtemps attendre ; quelquefois même le coup a été si violent, que la partie lésée est frappée de mort; dans d’autres cas il n’y a que stupeur, et on peut encore i appeler à la vie l'organe blessé par des frictions et des lotions irritantes d’eau de-vie ou de vin chaud; mais dans le premier cas la gangrène est inévitable, et si la blessure occupe un membre . l’amputation est le seul moyen d’empêcher l’extension des accidents et la mort du su jet. Dans certains cas moins graves, il y a seulement uu large lambeau détaché ; ce lambeau peut quelquefois se recoller, mais souvent aussi la gangrène s’en empare , et on est obligé de l’emporter.
On range parmi les blessures par instruments contondams les plaies par armes a Jeu. Quand il y a seulement contusion , que le projectile lancé par la poudre à cauon ne pénétré pas dans les tissus, tout ce que nous avons dit en parlant des contusions simples est applicable ici ; mais s’il y a plaie, la manière dont cette plaie est produite nous offre plusieurs choses à considérer.
D’abord examinons les proiecûles. Les balles dont on se sert à l’armée sont de forme spherique ou cylindro-conique et en plomb. On a cru que les balles mâchées devenaient vénéneuses, c’est une erreur ; les balles mâchées ne déterminent des blessures plus graves que les autres, qu’en raison de la forme irrégulière qu’elles acquièrent alors et de la déchirure qu’elles produisent dans les parties qu’elles atteignent ; c est par la même raison que les armes de guerre chargées de lingots de fer, de clous, etc., entraînent souvent des blessures tellement dangereuses , que l’amputation du membre déchiré par ces projectiles est quelquefois le seul remède.
Quant au phénomène que présentent ces plaies, nous noterons d’abord la forai# arrondie de l’ouverture d’entrée de la balle, et la couleur noire due à
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l’attrition qu’elle produit dans les tissus à travers lesquels elle se fraye un passage; si la balle ressort, l’ouverture de sortie se reconnaît a ce que les bords en sont renversés en dehors et moins régulièrement tranchés. Dans les blessures faites avec les fusils Chassepot, l ouverture de sortie est beaucoup plus large que celle d’entrée, ce qui tient à la forme et à la rotation du projectile; les désordres produits à l’intérieur sont aussi beaucoup plus graves. Lien de plus varié et de plus bizarre que le trajet que peut parcourir la balle, suivant qu’elle est déviée dans sa marche par la résistance que lui opposent des parties osseuses ou fibreuses : c est ainsi qu’on a vu le crâneconlourné dans presque toute sa circonférence; qu’un projectile entré par le bras est ressorti par le cou. Ailleurs, la balle se coupe sur une crête osseuse en plusieurs fragments, qui peuvent percer isolément^ la peau etdétenniner plusieurs orifices de sortie, etc.
Les symptômes qui accompagnent ces blessures sont d’ordinaire fort graves ; presque aussitôt après l’accident, il survient de la stupeur et des phénomènes nerveux qui avaient fait croire aux anciens chirurgiens que ces plaies étaient envenimées, et qu’il fallait détruire le venin par la cautérisation ; de là une pratique barbare que fit disp, raitre le génie d’A. Paré. — L’hémorrhagie est généralement peu considérable, à moins qu’un gros tronc vasculaire n’ait été lésé. Quant à la douleur, elle est d’ordinaire assez vive, et l’infiammation qui se manifeste au bout de quelques jours est le plus souvent très-intense.
Lorsque la blessure est produite par un boulet, on conçoit quels désordres doit déterminer une masse semblable animée d’une telle vitesse. Aussi, quand uu membre est atteint, est-il immédiatement broyé, souvent même emporté , et si le tronc est frappé, la mort arrive , sinou instantanément , du moins en fort peu de temps. Toutefois, quand le boulet est arrivé à la fin de sa course, s'il est mort, comme on le dit, il produira seulement une contusion ; ce sont de semblables contusions ou celles produites par des boulets rasant le corps que l’on attribuait autrefois au vent du boulet, qui, passant très -près d’une partie, pouvait, disait-on, la contondre par l’intermédiaire de l’air : déjà depuis longtemps cette erreur n’a plus cours que dans le vulgaire.
4° 11 est une dernière classe de blessures dont nous ne dirons que quelques mots. Je veux parler des plaies par arrachement. Ces lésions sont d’ordinaire assez graves, et présentent à peu près les mêmes phénomènes que les plaies confuses; cependant on a vu guérir très-bien des individus dont un membre, pris, par exemple, dans les rouages d une machine, avait été violemment arraché du tronc. Une circonstance qu’il est fort intéressant de noter, c est que, dans les blessures de ce genre , l’hémorrhayie est très-peu abondante.
5° Quant aux blessures envenimées , voy. Abeilles , Hydrophobie , Insectes , Ortie , Serpent, Virus, etc.
Les principales complications des plaies sont les suivantes : le délire, la gangrène, Y hémorrhagie, Y inflammation, la paralysie , la pourriture d’hôpital, la résorption purulente , et le tétanos. Comme ces différentes lésions forment autant d’articles spéciaux, nous ne pouvons qu’y renvoyer le lecteur.
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Trattement. — Dans tonte blessure, la première chose à faire , c’est de nettoyer celle ci avec de l’eau tiède, si récou'ement sanguin n’est pas très-considérable , fraîche et même tioide, si le blessé perd beaucoup de sang; il faut avoir bien soin de la débarrasser des caillots sanguins et des corps étrangers qu’elle peut renfermer. Lin mot sur ces corps etrangers : tantôt ils proviennent des tissus mêmes dans lesquels siège la blessure ; ainsi, un coup de sabre, apres avoir divisé les chairs, peut atteindre I os , et , sans le fracturer, en détacher quelques parcèl es qui restent au fond de la plaie; ces esquilles, ne tenant plus à l’enveloppe nourricière de l’os, ou périoste ( V. (fs ) , deviendraient nuisibles, et pourraient s’opposer à Une prompre réunion ; on do t donc hs enlev er. J’en dirai autant des portions de tissu cel'ulaire, de mincies, etc, qui seraient écrasées et séparées des bords de la plaie, comme < elaa souvent lieu dans les contusions violentes. D'autres fois , c’est l’instrument vulnérant qui a entraîne dans la plaie des portions de vêtements, des cheveux, e'c.,ou qui, même, s’est brisé , comme cela a ieu assez souvent dans les piqûres; aussi, faut-il examiner minutieusement l’instrument, et s’il est épointe, ébréché, etc., recliercheravee soin la portion qui manque, t^’est surtout dans les blessures d terminées par des éclats de verre, que cette investigation est importante, non pas que le verre soit vénéneux , comme eertai nés personnes le pensent , mais parce qu’il se brise facilement, et<p e son séjour dans la plaie peut occasionner des abcès, des fisiules,et retarder de longtemps la guérison. Assez souvent on lave les plaies avec de I eau et du si, de l’eau et de l’eaude-vie, etc. Cette pratique a un grave inconvénient, c’est d’irriter les parties b'essées , de les prédisposer à l’inflammation, et enfin d’empecher l’agglutination immédiate, vous proscrirons de même ees topiques, prétendus vulnéraires , tels eue le persil haché avec du sel, qui font suppurer des plaies que l’on pourrait guérir en qui Iques jours Ainsi, on devra se borner à l’usage de l eau pure, sans addition de substances Irritant» s — Le traitement n’étant pas le même pour chaque tsjècede blessures, nous allons reprendre l'ordre que nous avons suivi pour exposer leurs phénomènes.
1° Coupures. — Si la plaie est sans perte de substance, que le- bords en soient bien nettement tranchés, il faut les rapprocher et les réunir aussi exactement que possible, afin d obtenir ce qu’on appelle une réunion immédiat e. On ariive à ce résultat à l aide de plusieurs moyens qui varient suivant les cas. Si la plaie esf peu profonde, on maintient les lèvres en contact au moyen d un emplâtre agulutinatif, tel que le sparadrap de diaehy'on gommé, ou le taffetas d’Angleterre: et si le sujet est dans de bonnes disposions, la guérison peut être obtenue dans l’espace de quelques jours. Si la blessure est plus prof nde. il faut avoir recours à des procédés qui puissent déterminer la réunion «lu fond de la plaie en même temps que celle des bords ; c’est ce que l’on obtient en appliquant divers bandages, nommés bandages misants, et variés à l’infini, suivant la disposition du siège et l’étendue de la solution d* continuité; c’est encore dans les cas de ce genre que l’on a recours avec succès aux sutures (V. ce mot.) , petite opération chirurgicale qui con-
siste à coudre de différentes manièr esles lèvres d’une plaie pour les réunir. Une cin onstancedont les chirurgiens tiennent encore sérieusement compte, c’est la situation à donner à la partie blessée.
Si la blessure est avec perte de substance, et qu’il soit impossible d’en rapprocher les bords, la cicatrice ne pourra être obtenue qu’après suppuration; c’est ce qu’on appelle la réunion par seconde intention. On devra alors par su1 la plaie de la manière suivante : on la recouvrira d’un linge percé d’une multitude de petits trous, et enduit de cérat; pardessus on disposera une masse de charpie mollette, recouverte de quelques compresses destinées à la maintenir; le tout sera fixé et retenu en place par une bande dont les jets sont disposés de différentes manières, suivant la disposition de la parité lésée. Cet appareil est destiné a absorber le pus à mesure qu’il se forme; si la plaie s’irrite, si elle devient rouge, douloureuse, on calmera et s accidents par des lotions émoll entes de guimauve; on appliquera des cataplasmes de farine de graine de lin, ou mieux encore de fécule de pommes de terre. Dans d’antres cas, la plaie.au lieu d’offrir l’aspect vermeil qu’elle devrait présenter, est pâ e, blafarde, elle se recouvre de végétations molles, livides et fongueuses; le pus, loin d’être épais et crémeux, est comme de l’eau, jaunâtre ou îoussàtre. Il faut a'orsune médication tout opposée : on réprimera les chairs fongueuses avec la pierre infernale , ou bien on saupoudrera la plaie avec de la poudre d’a'un. C’estici le lieu d’app iquer des topiques excitants, tels que le styrax , de laver la plaie avec du vin ou la décoction de quinquina.
2° Dans les piqûres, il n’y a pas lieu à réunir, la plaie est trop petite «'ordinaire pour que ce précepte soit applicable; les tissus sont revenus sur eux-mêmes, et la petite ouverture s’est refermée spontanément. Mais il faut ici éviter lis accidents inflammatoires; c’est pourquoi les applications d’eau froide , ou même à la glace , seront utilement employées d’une manière continue pendant plusieurs jours (Y. Irrùfution ) ; H est clair que je parle ici des piqûres un peu profondes et faites avec un instrument d un certain volume. Si , ma'gré ees précautions, l’inflammation survient, on emploiera les antiphlogistiques. Dans certaines parties même, là oû il y a des aponévroses, on sera obligé d’avoir recours à des incisions de déhridemem qui s’opposent à ce que les parties profondes, gonflées pari inflammation, ne soient étranglées par ces todes inextensibles. Dans des cas plus graves enfin, quand un vaisseau d’un certain calibre a été ouvert, il se forme un épanchement sanguin plus ou moins considérable au fond de la p aie: c’est alors an chirurgien de se décider a la compression ou à la ligature du vaisseau lésé , soit dans la pla e même, soit audessus , suivant les indications.
3° Les contusions proprement dites réclament un traitement anal> gne ; comme l’inflammation est l’accident le plus à redouter dans ces lésion*, il faut aussi tâcher de la prévenir par des applications d’eau froide, pure ou blanchie par l’addition de quelques gouttes d’extrait, de Saturne (acétate de plomb) , qui est un excellent astringent; mais, en général , les réfrigérants ne sont applicables que dans les premiers temps. Si ces moveus échouent et que la contusion soit tres-douioureuse, que la peau
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soit.rouge et tendue , les émollients et les sangsues sont préférables; si, au contraire, les premiers jours écoulés, il ne survient aucun accident, on facilitera la résorption du sang épanché au moyen d'application de linges trempés dans des liqueurs résolutives , telles que l'eau animée avec de l’eau-de-vie camphrée.
Dans les plaies contuses graves, il est quelquefois impossible de tenter une réunion immédiate ; on joindra donc ici le traitement des contusions ji celui des plaies par instruments tranchants, c’est à-dire qu’on pansera la plaie avec du cérat et de la charpie, et qu’on recouvrira le tout de compresses imbibées d’eau froide et, renouvelées fréquemment, ou de cataplasmes émollients. Les accidents dont nous parlions à l’occasion des piqûres se combattent par les mêmes moyens.
Relativement aux plaies d’armes à feu , le traitement est em ore le même que celui des plaies contuses; nous rejetons dans la pratique civile ordinaire les débridements toujours douloureux et si souvent inutiles : nous pensons que les antiphlogistiques, employés à propos, valent rmeux qu’une incision pour prévenir et arrêter des accidents inflammatoires, et qu’il est toujours temps d’y avoir recours, si l’état des choses le réclame. C’est ici surtout qu’il est important d’examiner si le projectile n’est pas resté engagé dans la p'aie. L’extractiou des. balles se fait au moyen de divers instruments nommés tire-bçdles , inventés dans ce but: dans certains cas, si le corps étranger est très-près de la peau et très-loin de l'ouverture d’entrée, si letrajet est sinueux, on pratique une incision au point où i on reconnaît sa présence, et on l’extrait directement.
Plates des divers régions. — Après avoir ainsi exposé d’une manière générale l’histoire des plaies, il nous reste à indiquer ce qu’el.les peuvent offrir de particulier, suivant qu’on les observe a la tète, à la poitrine, au ventre et aux membres.
1° Plaies de la tè e — Les blessures peuvent intéresser seulement les parties nn Iles qui recouvrent le crâne, ou cette boîte osseuse elle-même ; de là une distinction bien importante pour la pratique.
Dans le premier cas , si la plaie consiste dans une piqûre, il arrive parfois quelques accidents, tels que de la douleur et de I inflammation avec étranglement. Il faut alors, si, maigre les émollients et les antiphlogistiques , le phénomène d’etranglement continue , débrider les parties à l’aide d’une incision cruciale. Les coupures sont généralement moins gravi s ; si la plaie est bien nette, bien tranchée, on la réunira à l’aide de bandelettes agglutinatives, après avoir coupé et rasé les cheveux à l’entour. Un lambeau sera recollé par les mêmes moyens, et au besoin maintenu avec un point de suture. Les contusions sont plus sérieuses à cause du retentissement qui a quelquefois lieu sur le cerveau, quand l’agent extéri ur a frappé la tête avec vio’ence. Les bosses sanguines qui en résultent seront traitées par les résolutifs, et au besoin incisées.
Les blessures avec lésion du crâne offrent généralement un caractère de haute gravité, surtout s’il y a fracture. Les chirurgiens grecs avaient dressé une liste de tomes les formes que peuvent offrir les différentes blessures de la voûte osseuse du crâne, depuis la simple éraillure jusqu'au fracas de l’os, et fis avaieut donne à toutes ces lésions
les noms Ips plus bizarres, qui. bien que tirés de la languela piusharmomeusede l’univers. n’en étaient pas moins d’une affreuse dureté. Ainsi, l’eccopé, le diaropé, l’aposképariiismos . le trichismos, le rhogma, etc., etc., semblent pufôt emprun'és au vocabulaire barbare de quelque peuplade herse ou Scandinave, qu’au doux parler de la molle Ionie. Les blessures qui n'atteignent que la surface' du crâne guérissent en général ns-ez facile nent, bien que, dans certains cas, i1 y ait exfoliation delà partie blessée; mais dans les frac mes proprement dites, c’est-à-dire quand la continuité de l’os est interrompue , le chirurgien doit apporter la plus grande attention, surtout si le crâne est brisé en plusieurs parties, si des esquilles ont pénétré dans les membranes ou même dans les couches les plus superficielles du cerveau. Quelquefois, par suite d’un choc violent, il y a enfoncement du crâne sans fracture; la voûte osseuse offre alors une dépréssion semblable à celle qui est produite sur une feuille de cuivre dans le procédé mécanique de lestampage. Dans d’autres cas. les sut ures sont écartées, ce qui pourrait faire croire à une fracture longitudinale. Enfin, l’os peut êt e rompu à une certaine distance du point frappé; c’est ce que l’on nomme fracture par contre-coup, phénomène dont, le mécanisme est encore fort obscur. Ces differentes lésions sont graves, suitout en raison des complications qui en sont la conséquence presque inévitable. En effet, on sait que dans la boîte osseuse du crâne est renfermé l’organe des perceptions et de !a volonté ; on peut donc deviner â l’avance la nature des désordres qui accompagneront les blessures graves de cette région : ainsi, qu'un homme reçoive un coup violent à la tête, il en résultera aussitôt un ébranlement général du cerveau ; les facultés intellectuelb s seront momentanémt nt abolies, et les fonctions qui sont sous la dépendance de la volonté, la locomotion spécialement, seront suspendues, le blessé, prive de connaissance, tombera a la renverse. Cet état dure habituellement quelques heures; on l’a vu se prolonger pendant deux ou trois jours, mais ces cas sont fort rares. Si le choc est excessivement intense, la secousse peut être telle qu'une mort immédiate en soit le résultat. Dans des cas moins graves, il n’y a qu’un éblouissement, une faiblesse passagère. C’est à eette peite de connaissance compleie ou incomplète, mais subite et due à l’ébranlement du cerveau, qu’on donne le nom de commotion ; il 11e faut pas la confondre avec celle qui survient quelquefois au bout d'un certain temps, et qui est due à ce que des vaisseaux du cerveau ayant été rompus, le sang s'épanche daDs cet organe, le comprime et donne l eu à des symptômes analogues; enfin, au bout de quelques jours, le cerveau peut s'enflammer, et il en résultera un ensemble de phénomènes décrits au mot Cérébrale (fievre). Outre ces accidents si graves, les plaies de tête sont encore exposées à une complication toujours fâcheuse et quelquefois mortelle. Je veux parler de l’érvsipèle , qui survient surtout quand on a l'imprudence d'appliquer sur la blessure de ees topiques irritants dont noos avons condamné l’usage. Ici il faut des réfrigérants sur le point blesse , des saignées abondantes et fréquemment repétées, des dérivatifs sur le canal intestinal, tels que l’eau de veau émévisée, des lavements purga-