PLI
peu d’espoir de voir guérir les malades atteints de la maladie qui nous occupe.
Le traitement de l’hydrothorax est celui de toutes les hydropisies ; il consiste principalement dans l’emploi des diurétiques, des purgatifs et des vésicatoires sur la poitrine ; mais ces moyens sont peu efficaces et servent tout au plus à modérer la quantité de l’épanchement. Pour que la guérison put avoir lieu , il faudrait pouvoir éloigner la cause , ce qui, le plus souvent, est au-dessus des forces de la médecine. A. Hardy.
pleurétique (■ méd .), adj. Se dit d’un sujet affecté de la pleurésie , ou des phénomènes qui appartiennent à la pleurésie. On désigne sous le nom de point pleurétique la douleur de côté qui se fait sentir dans la pleurésie. (Y. ce mot.)
PIEDRODYNIE (mëd.),s. f. (du grec pleuro côté, et odunê douleur); fausse pleurésie, pleurésie rhumatismale. On donne ce nom à uue douleur de côté, produite par une affection rhumatismale des muscles intercostaux. La pleurodynie a été prise quelquefois pour une pleurésie ; mais l’absence de fièvre, de difficulté dans la respiration, la douleur qui est superficielle et qui augmente par la pression et le mouvement des muscles de la poitrine, suffisent pour faire reconnaître ses véritables caractères; l’existence d’affections rhumatismales qui ont précédé ou qui accompagnent la maladie contribue également à la faire reconnaître ; les cataplasmes émollients, les applications de sangsues et même les vésicatoires volants sont les moyens les plus avantageux de combattre cette affection, dont le traitement rentre complètement dans celui du rhumatisme. (V. ce mot.) J. B.
FLEUROTHOTOHOS (méd.), s. m. C’est une des variétés du tétanos. (Voy. ce mot.) J. B.
pieuro-pmeümowie ( méd .), s. f. C’est l’inflammation simultanée de la plèvre et du poumon.
plèvre ( anat .), s. f. On appelle plèvres deux membranes séreuses, demi-transparentes, formant deux sacs sans ouvertures, et tapissant d’une part la face interne du thorax, et de l’autre la face externe des poumons qu’elles enveloppent de tous côtés , excepté à l’endroit dit racine du poumon, endroit par lequel pénètrent dans cet organe les branches , les vaisseaux et les nerfs qui se distribuent dans le tissu pulmonaire. Les plèvres ne communiquent pas entre elles , mais elles s’adossent cependant l’une à l’autre en avant et en arrière; et de cette jonction, quia lieu à angle aigu, résulte entre chacune d’elles , en avant et en arrière , deux espaces appelés, l’un médiastin antérieur, l’autre médiastin postérieur : le premier loge le cœur, son enveloppe et les gros vaisseaux qui en sortent; dans le second se trouvent l’aorte descendante , l’œsophage , le canal thoracique et les nerfs pneumo -gastriques.
Maladies des plèvres. — Comme toutes les membranes séreuses, les plèvres sont sujettes à l’inflammation, à l’hydropisie et au développement de plusieurs produits nouveaux , parmi lesquels les plus fréquents sont les fausses membranes , suites de l’inflammation : l’histoire de ces fausses membranes rentre dans celle de la pleurésie, disons seulement qu’elles peuvent quelquefois devenir cartilagineuses , et même osseuses , et que c’est à cette
transformation qu’on doit attribuer l’existence de ces plaques osseuses, espèces de plastrons, qu’on a trouvées dans la plèvre. Le cancer rarement , plus fréquemment les tubercules, peuvent affecter le tissu-cellulaire extérieur à la plèvre : la présence de ces derniers produits constitue ce qu’on a appelé la pleurésie tuberculeuse ; des kystes séreux, des hydatides peuvent encore se développer dans la plèvre; mais toutes ces maladies sont très-rares et méritent à peine une mention ; dans la pathologie de la plèvre, une maladie est surtout dominante par sa fréquence : cette maladie est la pleurésie , dont nous avons traité ainsi que de l’hydropisie de la plèvre ou hydrothorax. (V. Pleurésie .) H.
plexus (anat.), s. m. (mot latin dérivé du verb eplectere, entrelacer). On donne ce nom à un entrelacement de nerfs ou de vaisseaux. Les principaux plexus ont été indiqués aux mots qui leur sont propres. Les plexus nerveux, qui sont les plus nombreux, prennent presque toujours le nom des organes dont ils sont voisins.
plïque ( path .), s. f. (du latin implicare, mêler, embrouiller);fncAoma d’Alibert. On désigne ainsi une modification particulière du système pileux, dans laquelle les cheveux s’agglutinent et se feutrent en quelque sorte. Cet état est quelquefois accompagné d’un suintement fétide ou nauséeux, et de sensibilité à la racine des cheveux. La plique s’observe plus particulièrement en Pologne; de là les noms de plica 'polonica, sarmatica, etc., que lui ont donné les auteurs.
Les auteurs, dit M. Gasc , ne sont pas d’accord sur la nature et les caractères de cette affection ; les uns l’ont considérée comme une maladie réelle existant par elle-même, c’est-à-dire comme une maladie sui generis, qui comporte une diathèse particulière et possède en soi la faculté de se propager par contagion et d’une manière héréditaire, tandis que les autres ont cru que ce n’était point une maladie, mais un accident borné à la chevelure et produit par la malpropreté, la négligence et par quelques pratiques superstitieuses. (Prix de la Soc. de méd. Paris, 1817.) Cette divergence existe encore parmi les médecins, bien que le plus grand nombre se soient aujourd’hui rangés de l’avis de ceux qui regardent la plique comme un simple accident, déterminé par l’horrible malpropreté dans laquelle vivent les paysans et les juifs polonais et les Tatars, qui ont en outre l’habitude de se couvrir la tête, en tout temps, d’un épais bonnet fourré qu’ils n’ôtent presque jamais. A cette cause générale et prédominante, viennent se joindre les pratiques superstitieuses de ces peuples qui, croyant voir dans la plique une crise salutaire, favorisent sa formation à l’aide d’applications extérieures, bizarres et dégoûtantes ; c’est à cette circonstance que l’on doit attribuer les cas de plique observés chez des gens riches. Il faut rattacher à la plique ce feutrage des cheveux qui survient chez plusieurs personnes, et notamment chez les femmes, à la suite des maladies pendant lesquelles on n’a pu, ou, d’après certains préjugés, on n’a pas voulu se peigner.
Rien de plus bizarre que la diversité d’aspect que présentent les cheveux entrelacés et agglutinés par l’intermédiaire d’une sécrétion visqueuse. Ces différences paraissent déterminées par des conditions
PLO
PLO
mécaniques dont l’action est facile à comprendre. Des cheveux rares tombant sur le front, sur les tempes, sur la nuque, se mêlent en forme de mèches, de faisceaux séparés, parce que ces cheveux avaient déjà cette disposition, et que les individus à qui la plique survient, ne faisant jamais usage du peigne, dessinent avec les doigts, en se grattant, la forme dont nous parlons. D’autres fois, toute la chevelure forme une masse compacte, une sorte de perruque, c’est la plique mâle , par opposition à la première assez ridiculement nommée plique femelle; on a vu dans certains cas les cheveux ainsi agglutinés descendre par derrière les épaules ou s’élever sur la tête en forme de bonnet d’un aspect monstrueux et repoussant. La sécrétion qui accompagne souvent la plique est quelquefois assez abondante et très-variable quant à la couleur et à l’odeur. Chez certains sujets, il y a au bout d’un certain temps de l’amaigrissement, une sorte de colliquation, mais le plus souvent la santé est excellente.
Parmi les complications, il faut ranger d’abord la présence des poux, qui souvent fourmillent en quantité innombrable sous les masses feutrées, puis diverses formes de teignes , de dartres , auxquelles il faut probablement attribuer le suintement dont nous avons parlé. Les gens du pays ont regardé comme accident de la plique une foule de maladies qui n’en sont évidemment que des complications.
Une foule de moyens plus ou moins ridicules ont été proposés contre la plique ; mais, comme le disait plaisamment le spirituel Desgenettes, le traitement de cette affection revient de droit aux perruquiers. C’est qu’en effet la section des cheveux et des soins de propreté suffisent presque toujours pour amener une prompte guérison. Du reste ilfaut avoir égard aux complications de teigne dont nous parlions tout-à -l’heure, et les combattre à l’aide d’un traitement approprié (Y. Teigne ). Si la sécrétion avait été trop brusquement supprimée, on pourrait, sans inconvénient, administrer quelques purgatifs,’ voir même appliquer un vésicatoire à la nuque ; mais, je le répète, il faut bien se tenir en garde contre les préjugés populaires , et ne pas accorder à cet accident plus d’importance qu’il n’en comporte. E. Beaugrand.
PÏ.OMB ( chim . hyg. et mat. méd.), s. m. (plumbum), Saturne des anciens. Le plomb est un métal connu de toute antiquité ; il est d’une couleur blanche-bleuâtre, brillant ; il est ductile et s’étend plus facilement sous le laminoir qu’à la filière; il est mou et se laisse facilement rayer avec l’ongle; lorsqu’on le frotte dans les mains, il les tache en gris et il leur communique une odeur sensible ; sa pesanteur est de 11,352, celle de l’eau étant prise pour unité; il entre en fusion à 260 degrés, et il cristallise en pyramides quadrangulaires. A l’air sec, leplombn’éprouve pas d’altération, mais, sous l’influence de l’air humide , il se couvre d’une légère couche d’oxyde, qui, à l’air libre, se combine avec 1 acide carbonique et forme une couche mince d oxyde et de carbonate de plomb qui protège les parties du métal qui sont au-dessous et empêche leur altération; cette circonstance, jointe à sa ductilité et au bas prix de la matière , l’a fait employer à une foule d’usages dans les arts économiques ; on s’en sert pour couvrir les édifices, les terrasses.
pour doubler l’intérieur des réservoirs et faire des conduites pour les eaux.
Bien que leplomb soit usité dans ces circonstances depuis letemps le plus reculé, cependant son usage n’est pas sans quelques inconvénients; lorsqu’il est employé pour garnir l’intérieur des citernes, faire les conduites qui servent aux eaux potables en contact avec l’eau aérée, le plomb s’oxyde aussi facilement qu’à l’air humide, surtout si l’eau contient de l’acide carbonique, comme cela a souvent lieu dans les eaux de sources, ou dans les réservoirs et les citernes où se développent des végétations confervoïdes ; l’acide carbonique en excès peut rendre solubles des portions de carbonate de plomb, et altérer d’une manière notable la pureté des eaux destinées à l’usage alimentaire. L’analyse chimique a montré la présence du plomb dans de l’eau qui avaifc séjourné dans des conduites et des réservoirs de ce métal, et même dans l’eau de pluie qui avait été recueillie après avoir coulé sur des toits ou des terrasses recouverts de plomb.
L’emploi des cuves de plomb dans la préparation ou la conservation du cidre, de la bière , du vin , peut donner lieu à des inconvénients ; les poteries vernies avec les oxydes de plomb s’altèrent aussi par l’action des acides et de quelques sels ; aussi les proscrit-on dans certaines industries, telles que celle des charcutiers, à qui des règlements de police défendent d’employer des vases vernis par des préparations de plomb.
Oxydes de plomb. — A l’état de fusion et en contact avec l’air, le plomb s’oxyde facilement , et il forme un corps jaune pulvérulent qui est de l’oxyde de plomb ; cet oxyde qui est jaune est 1 e protoxyde, et dans les arts il est connu sous le nom de massicot; il sert à la peinture. Fortement chauffé et en partie fondu, cet oxyde se cristallise en paillettes de couleur blanche ou rouge, et il forme la litarge avec laquelle on fait les huiles grasses pour la peinture , l’acétate de plomb (extrait de Saturne) , et les emplâtres employés en médecine.
Le deutoxyde de plomb est rouge ; il a reçu le nom de minium ; il contient moitié plus d’oxygène que le protoxyde. M. Dumas nie son existence, et prétend qu’il n’est que le résultat de l’union du protoxyde avecletritoxyde. Leminium s’obtient en soumettant le massicot très-divisé à la chaleur d’unfour; il est souvent nécessaire de répéter cette calcination plusieurs fois : le plus beau etle plus pur que l’on prépare est celui que l’on obtient par la calcination du carbonate de plomb très-divisé, c’est celui que l’on emploie dans la peinture sous le nom de mine orange. Le minium s’emploie aussi pour vernir les poteries, pour faire les émaux ; mêlé avec l’huile , il sert à faire les joints des chaudières à vapeur et des tuyaux d’ajustage. En médecine , il entre dans la préparation de quelques emplâtres et onguents.
Le tritoxyde de plomb est de couleur puce : il a été découvert par Schéele et examiné par Berzélius. Il s’obtient en traitant le minium à une douce chaleur par six fois son poids d’acide azotique (nitrique) étendu d’eau; il contient le double d’oxygène que le protoxyde ; il est sans usage en médecine et dans les arts.
Sels de plomb. — Le plomb se combine avec un grand nombre de corps, et principalement avec les acides pour former des sels. L’un des plus répandus
PLO
PLO
est le carbonate de plomb , désigné dans le commerce sous les noms de blanc de céruse, blanc d’argent ; il* se trouve à l’état naturel , mais celui que l’on emploie dans les arts est préparé en grand dans les fabriques ; il sert pour la peinture , et il entre dans la préparation de quelques emplâtres. Sa fabrication occasionne des accidents chez les ouvriers qui sont soumis à son action , ainsi que chez les peintres qui en font usage ; ces accidents , désignés sous le nom de maladie saturnine, de coliques de plomb, de coliques des peintres, et qui peuvent être déterminés par l’absorption de toutes les préparations de plomb, ont été décrits aux mots Cérusier et Coliques.
L'acétate de plomb, ou extrait de Saturne , est préparé avec la litarge et le vinaigre. On distingue un sous-acétate, un acétate neutre et un sur-acétate. Le sous acétate, qui est avec excès d’oxyde de plomb, est celui que l’on emploie ordinairement en médecine ; il sert à préparer l’eau blanche ou eau de Gouiard, qui est un liquide résolutif et astringent; il suffit de verser 10 grammes d’une solution concentrée d’acétate de plomb dans 500 grammes d’eau , pour obtenir un liquide suffisamment résolutif; quelquefois on y ajoute un peu d’alcool camphré. C’est surtout dans les contusions avec ecchymose, dans les distensions des articulations, dans les entorses, que ce résolutif est employé.
Toxicologie. — Toutes les préparations de plomb, prises à l’intérieur, agissent d’une manière fâcheuse sur l’économie, aussi sont-elles regardées comme de véritables poisons. L’action du poison se manifeste d’une manière lente ou rapide: le plomb a-t-il été pris en petites proportions et pendant longtemps , comme cela a lieu pour les professions où l’intoxisation est accidentelle et lente? Les symptômes sont alors ceux qui ont été décrits pour la colique de plomb. Le poison a-t-il été pris à dose plus considérable et capable de produire immédiatement des accidents ? On observe alors des vomissements avec des coliques très-vives et accompagnées de tension et de rétraction du ventre, la sécheresse de la bouche, un sentiment de constriction à la gorge, le hoquet, des vertiges, de la constipation, de la rétention d’urine, de l’aphonie, et enfin des sueurs froides et la mort.
Lorsque l’on observe des symptômes aigus qui permettent de supposer qu’un individu a été empoisonné par une préparation de plomb , il deviendra utile de s’assurer de la nature véritable de la substance toxique. Les sels de plomb sont solubles et insolubles ; si la substance est insoluble, elle aura été mêlée aux aliments, et c’est parmi ces derniers que l’on devra chercher le métal toxique; si elles sont solubles, on devra le chercher dans les boissons. Si l’on trouve le poison en substance, il sera facile de réduire le métal par l’action du feu et du charbon. Lorsqu’on opère sur de petites quantités, l'emploi du chalumeau et du charbon , d’après la méthode de Berzélius , est un moyen commode et qui permet d’opérer avec sûreté, sur les plus petites proportions; l’emploi des petites coupelles de Lebalif permettra de constater la formation de l’oxyde jaune de plomb qui se forme sur les coupelles par la décomposition des sels de plomb qui a lieu sous l’influence de la flamme du chalumeau. Nous avons souvent employé ce moyen
pour reconnaître la présence des préparations de plomb employées pour colorier les bonbons que vendent les confiseurs, à l’époque des étrennes.
Si les préparations de plomb ont été employées à l’état liquide, et c’est ordinairement l’acétate de plomb qui est mis en usage, il sera facile d’en reconnaître l’existence par l’emploi des hydrosulfates qui forment immédiatement dans la liqueur un précipité noir de sulfure de plomb; les sulfates y forment un précipité blanc, le chromate de potasse un précipité jaune. Si le poison est mêlé à un liquide coloré, comme le vin et le café, on devra le décolorer par le moyen du charbon , et le filtrer avant de faire les essais. Dans tous les cas où l’on voudra constater la présence du plomb sous le rapport médico-légal , il sera important, lorsque les quantités de matière toxique le permettront, de répéter les essais faits par le chalumeau, en employant les réactifs par la voie humide, et réciproquement pour ces derniers ; ce procédé, qui permet de contrôler les expériences, met les résultats obtenus à l’abri de toutes causes d’erreurs.
Le traitement à employer dans les cas d’empoisonnement par les préparations de plomb varie suivant le mode d’ingestion de la substance toxique : si l’on suppose qu’elle existe encore dans l’estomac, on devra favoriser les vomissements et administrer des boissons mucilagineuses, ainsi qu’il l’a été dit à l’article Empoisonnement; si la préparation de plomb est un sel soluble, on devra opérer sa décomposition au moyen d’un sulfate soluble qui ne sera pas de nature à exciter vivement l’estomac , et M. Orfila conseille les sulfates de magnésie, de soude ou de potasse, à la dose d’un ou deux gros par pinte d’eau: dans ce cas, on devra faire boire le malade abondamment, de manière à pouvoir décomposer tout le sel de plomb contenu dans l’estomac ; mais , ainsi que nous venons de le dire, il est toujours utile de provoquer et favoriser le vomissement. Si l’intoxication a été lente, ou que les phénomènes de l’empoisonnement par le plomb se soient déjà manifestés, il faut alors avoir recours au traitement de la colique de plomb par les purgatifs. (Y. ce mot.) J. -P. Beaude.
plomb, s, m. Gaz asphyxiant des fosses d’aisances. (Y. Vidangeurs.)
plombières (Eaux minérales de) . Plombières est situé sur le versant occidental de la chaîne des Vosges, à une hauteur de 421 mètres au-dessus du niveau de la mer ; la ville et l’établissement de bains, qui est au centre, se trouvent encaissés dans une gorge profonde, dans laquelle coule une petite rivière que l’on nomme l’Augrone. Quoiqu’il ne reste pas de vestige des thermes bâtis par les Romains, cependant dom Calmet parle de l’existence d’anciennes constructions faîtes pour préserver les sourcesdes infiltrations des eaux, et qui, par leur importance et leur grandeur, ne peuvent qu'être attribuées aux Romains; une plaque votive trouvée dans la petite rivière, et mentionuée par le même auteur, ne permet pas de douter que Plombières n’ait été un des établissements thermaux les plus importants des Gaules , surtout lorsque l’on sait le soin, avec lequel les Romains recherchaient les sources chaudes pour y créer ces bains magnifiques dont les débris sont si nombreux dans notre pays. Après la domination romaine, on a des preuves de l’existence
PLO
PLO
des bains de Plombières et de leur fréquentation dès le vu* siècle, lorsque saint Romaric fit bâtir le monastère d’Habende, devenu depuis la célèbre abbaye de Remiremont. A la fin du xme siècle, un duc de Lorraine fit bâtir un château fort, pour la sûreté des baigneurs, au-dessus du bourg de Plombières, alors nommé Plumières; il était situé à gauche de la route de Luxeuil. Michel Montaigne, qui avait visité presque tous les bains importants de l’Europe, cite Bagnères et Plombières comme ceux où il avait trouvé le plus de commodité de vivre et de compagnie, et le plus d’aménité de lieu.
Situé dans le département des Vosges où il est chef-lieu de canton, Plombières, qui a environ 1,500 habitants, est à cinq lieues d’Epinal, à deux lieues de Remiremont, quatre de Luxeuil, trois de Bains, et 103 de Paris. La ville se compose de près de trois cents maisons qui sont groupées autour des bains; il y a près de la ville des promenades agréables ; les baigneurs peuvent se loger dans les maisons particulières ou dans de bons hôtels : les bainssont très-fréquentés; la saison commence au 15 mai et finit au 15 octobre.
Les eaux de Plombières sont salines et thermales ; les sources sont nombreuses ; plusieurs sont froides; une d’elles est ferrugineuse, c’est la source Bourdeille. — Les bains formés par les principales sources thermalessont le Grand Bain , 1 ebain des Romains, le bain des Pauvres; ils sont alimentés par deux sources : la température de l’uneestde 62 degrés, celle de l’autre est de 55 degrés; elles se réunissent dans trois bassins dont la température est de 37 à 46 degrés. Des cabinets, des douches et un étuve, existent dans ce bain. — Le Bain neuf ou tempéré est alimenté par quatre sources, dont la température varie de 45 à32 degrés; l’eau est reçuedans quatre piscines dont la température est différente et graduée; déplus, ce bain a quinze baignoires et six douches. — Le bain des Capucins , petit bain , bain des gouttes ; il communique avec le précédent par un couloir, il est séparé en deux cases dans lesquelles l’eau a des températures différentes, 40 et 32 degrés. L’eau de ce dernier bain est tempérée par une source froide; c’est dans ce bain qu’est situé le trou des Capucins ou de la stérilité. C’est, dit Martinet, qui a écrit un bon ouvrage sur les eaux de Plombières, « un trou rond taille dans une des pierres du fond du bassin, et qui donne entrée à l’eau d’une source, où l’on voit l’eau bouillonner et chasser des bulles de gaz; quand le bassin est vide, ce qui a lieu tous les jours vers onze heures ou midi, des malades du sexe féminin peuvent alors prendre des bains d’étuve locale en s’asseyant sur ce trou; ce bain de vapeur peut être utile dans certaines aflections de l'utérus. » Mais il esta craindre, dit de son côté M. Pâtissier, que la chaleur vive et subite qui frappe les organes génitaux ne provoque leur inflammation, au lieu de remédier à la stérilité. — Le bain des Dames , ainsi nommé parce qu’autrefois il appartenait aux dames chanoiuesses de Remiremont, est alimenté par une seule source dont la température est de 62 degrés ; il est formé par une piscine divisée en deux parties, dont la température varie de 37 à 35 degrés. Il y a dans ce bain une douche ascendante et desdouchesdescendantes. — Le bain des Princes contient deux piscines et un cabinet de douches. La piscine royale est un bas-
sin de forme carrée divisé en deux parties, une pour les hommes et l’autre pour les femmes; autour de ce bassin sont seize baignoires et trois cabinets de douches. Ce bain communique avec les étuves.
Les étuves. — Les deux principales sont l’étuve A’ Enfer et l’étuve de Bassompierre ; ces étuves sont alimentées par des sources particulières, et elles servent aux bains de vapeur : la température de la première source est de 65 degrés, et celle de la seconde de 63 degrés. Quoique d’une température très-voisine, l’étuve d’Enfer est beaucoup plus chaude et plus difficile à supporter que l’étuve de Bassompierre.
Les sources savonneuses, celle du Crucifix, et la source ferrugineuse, sont prises en boissons. Les sources savonneuses sont au nombre de deux principales; elles sont froides et laissent déposer un sédiment blanc, pulvérulent, onctueux, quihappeà la langue et qui est composé d alumine, de magnésie et de silice ; c’est à ce sédiment quise retrouve aussi dans les eaux thermales, et à la matière organique assez abondante qui entre dans leur composition, qu’elles doivent leur nom. — La source du Crucifix ou bain du Chêne est également administrée en bains, quoiqu’elle soit le plus ordinairement prise en boisson. Sa température est de 50 degrés ; il y a deux sources qui communiquent ensemble. L’eau du Crucifix a été analysée par Vauquelin, et dans ces derniers temps par M. O. Henry; c’est la seule dont on ait une analyse exacte. Voici celle de M. O. Henry, qui est la plus récente ; pour un litre d’eau il a trouvé :
Gaze acide carbonique, un treizième du volume de l’eau.
Bicarbonate de soude anhydre 0,1083 gram.
— de chaux 0,0187
— de fer 0,0007
Sulfate de soude anhydre 0,8009
— de chaux, des traces »»
Chlorure de sodium et de magnésium. 0,0012
Silice 0,0012
Matière organique azotée 0,0079
Alumine et traces de phosphate 8,0008
Cette eau, qui, comme on le voit, contient fort peu de principes minéralisateurs, puisqu’ils ne s’élèvent qu’à environ 36 centigrammes par litre, est cependant très-active. Du reste, l’eau des autres sources thermales est analogue, quant à la composition, à celle du Crucifix.
La source ferrugineuse ou de Bourdeille , fontaine de Stanislas, est froide; la température est de 15 degrés , elle laisse déposer un sédiment ocracé qui est formé par les principes dont nous avons déjà parlé, auquel est joint du carbonate de fer. La saveur de cette eau est astringente et atramentaire, ainsique toutes celles des sources ferrugineuses.
Les eaux de Plombières sont limpides, onctueuses, inodores; leursaveurestnulle, à moins qu’onne les laisse exposées à l’air, alors elles deviennent fades et nauséeuses. La quantité d’eau fournie par les diverses sources est, dit M. Lonchamps, de 250 mètres cubes en vingt-quatre heures (250,000 litres). Ces eaux s’emploient, ainsi qu’on a pu déjà le voir, en bains, douches, vapeur, et en boissons. Sous cette dernière forme, on en prend de deux à six verres à la source; on peut aussi en mêler avec le lait, le petit-lait, l’eau de chiendent et le sirop de
PNE
PNE
gomme ; aux repas, on fait quelquefois usage de l’eau refroidie, mais plus ordinairement on boit l’eau de la source ferrugineuse.
Les eaux de Plombières, quoique contenant, ainsi que nous l’avons déjà dit, peu de principes minéralisateurs , n’en sont pas moins très-actives sur l’économie ; elles accélèrent la circulation, agissent en augmentant la sécrétion de la sueur et de l’urine, et ne produisent point le relâchement du ventre ; souvent même elles produisent la constipation : en bains, elles rendent la peau plus douce et plus onctueuse. Les maladies dans lesquelles on les administre sont les affections chroniques des organes digestifs , les engorgements chroniques des organes abdominaux , les affections rhumatismales, les engorgements et les tumeurs des articulations , les engorgements glandulaires lymphatiques, les affections scrofuleuses, les maladies de l’utérus, la chlorose, les névralgies, et certaines paralysies. La grande proportion de matière organique que contiennent ces eaux, et qui les rend douces et savonneuses, les fait aussi employer avec succès dans quelques maladies de la peau.
J. -P. Beaude.
pKiDMASSEAU [chir.), s.m. (en latin plumaceolus , linteamen). Les plumasseaux sont des couches plus ou moins épaisses formées de brins de charpie à peu près parallèles, adhérents les uns aux autres, et dont on a replié les extrémités. Ils servent à recouvrir les plaies, les ulcères, à suspendre les hémorrhagies peu abondantes, etc. On les enduit souvent de substances médicamenteuses, telles que le cérat, le styrax, des poudres astringentes, etc. (Y. Charpie et Pansement .) J. B.
ene’Jkta ( méd .), s. rn., mot grec transporté de toutes pièces dans la langue française ; il signifie air, souffle : c’est le spiritus des Latins. Il a reçu dans l’antiquité plusieurs significations rainsi, tantôt on désignait par ce mot l’air atmosphérique, tantôt un éther subtil qui était censé circuler dans le corps par les conduits artériels. Cette dernière opinion était propre à l’une des grandes écoles d’Alexandrie qui avait pour chef le célèbre Erasistxaie : l’origine des idées émises par les Erasistratéens sur le pneuma remonte à Zénon de Cittium, fondateur de la secte stoïcienne. On sait que dans cette secte, Y air igné {pneuma pur eoidès ) jouait un grand rôle dans l’explication des phénomènes de la nature. J. B.
pneumatique^^. et phys.), adj.Nom donné anciennement à la secte médicale qui regardait le pneuma comme le lien des principaux agents de la vie. Depuis, ce même nom a été donné à la science qui s’occupe des propriétés de l’air et des gaz. Enfin, on donne le nom de machine pneumatique à un instrument de physique destiné à faire le vide.
pneumatocèle {chir. ), s. f. (de pneuma air, kèlê tumeur). C’est une distension de la tunique vaginale du testicule par un gaz. Cette affection, assez rare, peut simuler au premier abord l’hydrocèle ; mais la légèreté de la tumeur et sa ré sonnance sous le doigt décèlent bientôt sa véritable nature. (V. Scrotum.)
pneumatose [méd.), s. f., même racine que les mots précédents. On appelle de ce nom le développement spontané des gaz dans nos organes .
L’estomac et le reste du tube intestinal sont le siège le plus ordinaire des pneumatoses.
pneumq-gastrique ( anat. ), adj . et s . m . C’est le nerf vague ou de la huitième paire des anatomistes français. Chaussier lui a imposé le nom de pneumo- gastrique, parce qu’il se distribue au poumon (en grec pneumôn) et à l’estomac ( gaster ). Il naît de la partie supérieure de la moelle allongée derrière les émiuencesolivaires, près des corps restiformes; puis, sortant du crâne parle trou déchiré postérieur, il descend dans les parties antérieures et latérales du cou , donne un rameau au pharynx (Y. Pharyngien) , le rameau laryngé supérieur et le laryngé récurrent, forme avec son congénère un plexus inextricable qui envoie de nombreux filets aux poumons , puis les ramifications du plexus se réunissent de nouveau et forment deux cordons qui descendent le long de l’œsophage, et vont se distribuer à l’estomac et aux plexus ganglionnaires de l’abdomen. J. B.
pneumonie [méd.], s. f. La pneumonie est l’inflammation du poumon ; connue de tout temps, elle a souvent été confondue avec la pleurésie, ainsi que nous l’avons déjà dit en parlant de cette dernière maladie, ces deux affections ayant des symptômes à peu près semblables et existant même souvent ensemble 5 dans ce dernier cas , la maladie prend le nom de pleur 0 -pneumonie.
Les causes les plus communes de la pneumonie sont celles qui résultent de l’action du froid; les contusions du thorax donnent lieu aussi quelquefois à des pneumonies dites traumatiques ; on a observé encore ces affections à la suite d’excès , d’émotions morales violentes, de suppressions d’hémorrhagie habituelle. Souvent aussi il est impossible de remonter à la cause, et la pneumonie existe sans qu’on puisse savoir à quoi l’attribuer. Cette maladie s’observe à tous les âges; mais elle est plus fréquente chez l'adulte ; tous les tempéraments , toutes les constitutions sont à peu près également frappés : l’homme, en raison probablement de ses occupations actives, y est plus sujet que la femme. C’est en hiver et au printemps qu’on voit généralement le plus grand nombre de pneumonies ; dans certaines circonstances, elles sont assez nombreuses pour faire admettre une influence épidémique: c’est ainsi qu’en 1837, en même temps que régnait la grippe à Paris , on a observé une véritable épidémie de pneumonie.
Avant d’exposer les symptômes et les signes caractéristiques de la pneumonie, il est nécessaire de dire un mot de l’état anatomique du poumon dans cette affection. Cet état se présente sous trois degrés différents. Dans le premier , appelé engouement, le tissu pulmonaire crépite encore entre les doigts; lorsqu’on l’incise, on voit de la section sortir du sang spumeux ; si on jette des morceaux de poumon dans un vase plein d’eau , ils surnagent comme le feraient des portions de poumon sain. Par le lavage , on parvient à débarrasser le tissu pulmonaire du sang et de la sérosité visqueuse qu’il contenait , et on peut lui rendre l’apparence qu’il a dans l’état sain. Ainsi , dans ce premier degré , il paraît y avoir seulement congestion , afflux plus considérable de sang dans l’organe, sans altération profonde de son tissu; mais, dans les deux degrés
PNE
PNE
suivants, il y a changement total d’organisation , il y a combinaison intime du tissu pulmonaire avec du sang ou avec du pus. Dans le deuxième degré , appelé hépatisation rouge , le poumon ne crépite plus; jeté dans un vase plein d’eau, il gagne le fond de ce vase ; à l’incision , il présente une surface rougeâtre, marbrée, solide, ordinairement granulée, surtout si on la déchire, et dont l’aspect rappelle la structure du foie, d’où le mot d 'hépatisation. Dans le troisième degré, le poumon de même ne crépite pas, ne surnage pas sur l’eau ; à l’incision , il présente aussi un aspect solide , granulé , mais , au lieu d’être rouge , il est d’une couleur grise, et cette altération paraît le résultat d’une composition intime du pus et du tissu pulmonaire. Très-souvent, dans un poumon ou dans les deux, on trouve réunis ces divers degrés, dont la présence indique que les différents points affectés ont été envahis successivement ; entre ces états, la transition est alors peu tranchée , et ces degrés se fondent insensiblement l’un avec l’autre. Dans quelques cas rares, on trouve dans les poumons frappés d’inflammation des collections purulentes , de véritables abcès , qui paraissent être la terminaison de l’inflammation pulmonaire. Ces abcès sont assez fréquents dans le cas d’injection purulente, de phlébite (V. ce mot); ils sont rares dans la pneumonie ordinaire. Dans quelques cas exceptionnels encore, on trouve, au milieu d’un tissu pulmonaire enflammé, une partie gangrenée ; mais , le plus ordinairement , lorsqu’il y a gangrène, cette maladie a été primitive, et ne peut être considérée comme une terminaison de la pneumonie.
La pneumonie, à divers degrés, peut être double, et attaquer les deux poumons ; d’autres fois, ce qui est le plus ordinaire , elle n’atteint qu’un seul ou même qu’une portion , qu’un lobe d’un seul poumon ; elle peut même être encore plus bornée , et se présenter sous forme de noyaux inflammatoires développés dans les lobules pulmonaires. Cette variété de la maladie, qui constitue la pneumonie lobulaire , s’observe surtout chez les enfants; elle se termine plus facilement par de véritables abcès. Lorsque la pneumonie est bornée à un lobe du poumon , elle occupe ordinairement le lobe inférieur ; et quand tout un poumon est affecté, on peut voir encore, par le degré plus avancé de l’altération anatomique, que la maladie a commencé par la partie inférieure.
La pneumonie débute ordinairement par un frisson , de la céphalalgie , du malaise général , de l’inappétence , quelques nausées ou même quelques vomissements; puis surviennent une toux légère et une douleur de côté, douleur qui est ordinairement moins fixe, moins aiguë que dans la pleurésie; bientôt la toux augmente de force et de fréquence; l’expectoration pénible fait rejeter quelques crachats visqueux, transparents et colorés par du sang, qui, intimement mêlé à la mucosité bronchique, donne à la matière expectorée une couleur de rouille ou de sucre d’orge ; rarement les crachats sont composés de sang pur. Quelquefois cependant, la pneumonie débute par une hémoptysie, circonstance ordinairement fâcheuse, et indiquant la gravité de l’affection. Dans quelques circonstances, la maladie commence comme un simple rhume , puis , au bout de quelques jours, l’expectoration devient ca-
ractéristique, le point de côté se prononce , et la pneumonie se déclare complètement. Ordinairement la dyspnée est assez légère ; les malades ne s’aperçoivent même pas qu’ils sont gênés pour respirer, à moins qu’on appelle leur attention sur ce point ; mais le médecin peut toujours constater une augmentation de fréquence des mouvements respiratoires. Dans le cas de pneumonie double, cependant , la dyspnée est considérable. Dès le début , et pendant tout le cours de la maladie, la fièvre existe, et a ordinairement un caractère in flammatoire bien tranché : la face est rouge , la pommette est quelquefois plus colorée du côté malade que de l’autre, la peau est chaude, souvent sèche, quelquefois cependant couverte d’une légère moiteur ; la soif est assez vive dans le commencement ; le pouls est fort , résistant et fréquent. Dans quelques cas , il existe du délire et quelques convulsions , particulièrement dans les pneumonies du lobe supérieur du poumon. Les phénomènes de réaction générale sont plus prononcés chez les jeunes gens et chez les adultes ; ils sont d’ailleurs habituellement en rapport d’intensité avec l’étendue et la gravité de la maladie; chez les vieillards, la pneumonie existe quelquefois sans beaucoup de fièvre, et avec si peu de symptômes, qu’elle serait souvent méconnue sans le secours de la percussion et de l’auscultation, dont il nous reste à indiquer les beaux résultats, résultats qui, dans cette maladie, permettent de suivre pas à pas, et avec une exactitude rigoureuse , les diverses altérations anatomiques du poumon.
Dans le commencement de la maladie, lorsque le poumon n’est qu’engoué , la percussion ne donne aucun signe bien positif ; le son est conservé normal , et tout au plus si le doigt qui percute perçoit une petite diminution dans l’élasticité des parois thoraciques. Mais plus tard , lorsque l’hépatisation arrive, il existe de la matité à l’endroit de la poitrine qui correspond à la partie du poumon malade, et, dans ce point , la percussion constate aussi la perte de l’élasticité perçue par le doigt dans l’état normal. Au moyen de l’auscultation, on peut entendre des bruits caractéristiques de la maladie , et indiquant même son degré. Le poumon n’est-il qu’engoué , on entend, à l’inspiration et à l’expiration , mais surtout à l’inspiration, une crépitation fixe, sèche, dont toutes les bulles paraissent égales , et qui ressemble parfaitement au bruit qu’on produit en froissant un mèche de cheveux.
Au second degré de la maladie, cette crépitation cesse et fait place à une respiration bronchique , sèche, rude, et qu’on peut comparer, pour le timbre, au bruit qu’on détermine en soufflant avec force dans un tube de métal. Cette respiration, ce souffle tubaire , comme on l’appelle, se rencontre avec le second et le troisième degré de la maladie ; elle coexiste avec un retentissement delà voix du malade, qui arrive à l’oreille de l’observateur rude, forte et un peu métallique , comme si le malade parlait dans une trompette d’enfant : c’est la bronchophonie ; dans le cas où il existe une pleuro-pneumonie, le retentissement participe de la bronchophonie et de l’égophonie ; la voix est alors rude et un peu chevrotante. Lorsqu’ arrivée au second degré, la maladie rétrograde et marche vers la résolution , le souffle tubaire et la bronchophonie disparaissent,
PNE
PNE
et !e râle crépitant revient , mais ordinairement un peu moins fin que celui du début ; on l’appelle alors râle crépitant de retour.
Comme on le voit, les signes physiques particuliers pour le premier degré de la pneumonie sont semblables dans le deuxième et dans le troisième degré, et ne peuvent servir en rien à faire distinguer l’une de l’autre ces deux phases de la même affection ; on comprendra facilement cette identité de résultats, si on remarque que l’état physique du poumon est le même dans le second et le troisième degré ; dans ces deux états , il est, en effet, également solidifié, hépatisé comme on dit; seulement, dans le deuxième degré, l’hépatisation est le résultat de la conjbinaison du parenchyme pulmonaire avec du sang (hépatisation ronge] ; dans le troisième degré, l’état anatomique est le résultat de l’infiltration du pus au milieu du tissu pulmonaire ( hépatisation grise). Cette identité de signes physiques rend souvent difficile, pendant la vie, la distinction du second et du troisième degré de la pneumonie ; toutefois, souvent il est possible de reconnaître le dernier état à l’existence de quelques phénomènes généraux et locaux ; ainsi la prostration extrême, la faiblesse du pouls, l’expectoration de crachats noirâtres semblables à du jus de pruneaux , peuvent souvent faire penser que la pneumonie est arrivée à son dernier degré.
La pneumonie est ordinairement une maladie de courte durée ; quand elle se termine bien, l’amélioration survient du septième au dixième jour ; quand la terminaison est funeste, elle a lieu à peu près à la même époque. Quelquefois cette maladie se termine par quelque phénomène particulier qu’on peut considérer comme une crise. C’est ainsi qu’on a noté comme coïncidant avec l'amélioration dans l’état du malade, l’apparition d’un épistaxis, d’une sueur abondante, d’une diarrhée; mais ces faits sont rares, et le plus souvent l’amélioration arrive peu à peu et sans crise; dans ces cas, le mieux est ordinairement annoncé par l’état du pouls qui devient moins fréquent, alors même que les signes physiques locaux obtenus par la percussion et l’auscultation sont les mêmes; on doit donc considérer, dans la pneumonie, comme un signe très-favorable, la diminution du nombre des pulsations artérielles.
La pneumonie peut-elle exister à l’état chronique? C’est une question qui n’est pas encore résolue complètement ; la plupart des faits qu’on nous a donnés comme exemples de pneumonies chroniques doivent être rapportés à la phthisie. Dans quelques cas cependant , le doute n’est pas permis , et tout en considérant la pneumonie chronique comme trèsrare, on doit croire qu’elle peut exister. Cette forme se caractérise par les signes physiques d’une hépatisation pulmonaire persistant très-longtemps et s’accompagnant d’une fievre lente.
La pneumonie aiguë se développant chez un homme adulte , et traitée peu de temps après son début par les moyens que l’expérience a fait reconnaître comme convenables, est une maladie dont on obtient généralement la guérison : des circonstances assez nombreuses peuvent d’ailleurs faire varier ce pronostic. Dans les deux extrêmes de la vie, la maladie est plus grave ; un grand nombre d’enfants et de vieillards sont emportés par des pneumonies d’autant plus graves qu’elles ne se révèlent que par
peu de signes, et que, facilement méconnues, elles sont laissées sans traitement. Chez les sujets affaiblis par une cause quelconque, la pneumonie est dangereuse; chez les personnes prédisposées à la phthisie pulmonaire, la pneumonie a principalement une grande gravité ; à sa suite se développent souvent les signes de la tuberculisation du poumon. Quant à la maladie elle même, elle a d’autant plus de gravité qu’elle est plus étendue; la pneumonie double est toujours accompagnée d’un grand danger. Quelques médecins pensent que la pneumonie attaquant le lobe supérieur est plus grave que celle qui se développe dans les autres points du poumon ; cela est vrai seulement pour les malades prédisposés à la phthisie ; la pneumonie est alors là souvent le premier signal de la maladie organique qui va se développer. La prostration extrême des forces , le délire et les mouvements convulsifs sont des phénomènes généraux qui doivent faire porter un pro nostic grave. La forme chronique est plus dangereuse que la forme aiguë; on a cité cependant des observations de guérison obtenue après deux ou trois mois de maladie.
Le traitement qui réussit le mieux dans la pneumonie est , sans contredit , le traitement antiphlogistique : les saignées générales et locales en forment la base. Dans toute pneumonie, à moins de contre-indication toute spéciale, on doit débuter par une saignée du bras, qu’il faut le plus souvent répéter deux ou trois fois dans les quarante-huit heures ; c’est dans cette affection que les saignées dites coup sur coup ont un résultat véritablement efficace ; il ne faut pas craindre, lorsque la maladie est un peu étendue, et lorsque les phénomènes de réaction générale sont bien caractérisés, de faire les deux premiers jours une saigoée, matin et soir ; puis ensuite, le troisième et le quatrième jour, de tirer encore du sang, soit par la section de la veine,, soit par l’application de sangsues ou de ventouses scarifiées sur la poitrine. Il est assez commun d’être ainsi obligé de faire cinq à six saignées générales et deux ou trois locales ; ces saignées ainsi répétées n’ontpasd’ailleurs besoin d’être très-abondantes, l’essentiel est de les rapprocher. L’expérience maintenant a prononcé sur la valeur de ces émissions sanguines ainsi formulées, contre lesquelles l’opinion publique médicale s’était d’abord fortement élevée, lorsqu’elles ont été proposées par M. le professeur Bouillaud. Il est certain qu’avec ce moyen , qu’on doit d’aiileurs proportionnera l’intensité de la maladie et à la force de résistance du malade, on obtient une amélioration plus rapide que par toute autre médication , et que la conyalescence n’est pas plus longue que lorsqu’on ne fait qu’une ou deux saignées.
Le bon effet des émissions sanguines est d’ailleurs secondé par des boissons chaudes et émollientes, par quelques lochs, quelques potions gommeuses légèrement opiacées; dans certains cas , on joint avec avantage à ces potions une légère dose de kermès ou de l’oxyde blanc d’antimoine ; ce dernier médicament est surtout recommandé pour les enfants. La diète , les précautions les plus minutieuses contre le froid, sont aussi des moyens adjuvants qu’il ne faut pas négliger.
Lorsqu’il existe une grande prostration , ou lorsque les saignées ont été employées inutilement.
POI