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aussi la plupart des peuples dont nous venons de parler ont-ils pris l’habitude de laisser pourrir le poisson avant que de le manger. Ils lui font perdre ainsi sa saveur fade, mais en même temps cette nourriture devient très-malsaine et engendre diverses maladies qui affectent plus particulièrement le système cutané. On a cru remarquer que les peuples ichthyophages étaient très-prolifiques, ce que l’on a attribué à des propriétés excitantes et aphrodisiaques que l’on dit existerdans la chair des poissons ; mais ces propriétés sont révoquées en doute par beaucoup de personnes.
On regarde généralementles poissons comme constituant un aliment sain et léger très-convenable pour les convalescents et les personnes qui ont une ' santé délicate ; mais il ne faut admettre ce principe qu’avec de grandes restrictions.
Ainsi, parmi les poissons d’eau douce, nous conseillerons la perche, le goujon, l’ombre, la truite et l’alose : le brochet et la carpe sont de facile digestion, mais moins que les précédents ; enfin, l’anguille, la lamproie, mais surtout le saumon et l’esturgeon, sont de très-difficile digestion et occasionnent, particulièrement lesdeux derniers, de fréquentes et graves indigestions.
Plusieurs poissons de mer sont très-légers et bien utiles pour les convalescents : nous citerons en tête l’éperlan, le merlan, la limande, le rouget; viennent en seconde ligne, la raie, la sole, le turbot, le hareng, la sardine, la morue : ces trois derniers à l’état frais; enfin, le maquereau est excessivement lourd et ne peut être mangé sans inconvénient que par des personnes en bonne santé et douées d’un bon estomac.
Les poissons fumés, salés, marinés, sont trèsexcitants et ne conviennent nullement aux malades. Parmi les poissons marinés, nous signalerons particulièrement le thon (bien qu’il appartienne à la famille des cétacés de la grande classe des mammifères) comme étant d’une digestion très-difficile; aussi ses différentes préparations doivent-elles être plutôt employées comme assaisonnement que comme aliment véritable. Ajoutons que pour nous qui n’avons pas les habitudes des Kamschadales, des Lapons oudesGroënlandais, les poissons doivent être servis très-frais, sans quoi les plus digestifs deviendraient excessivement malsains. Il est donc un double choix à faire, d’abord relatif à l’espèce du poisson, puis à sa qualité. J. -P. Bbaude.
poitrxn aire, syn.de phthisique, (y .Phthisie).
poitrime (i mat .) (en latin pectus, en grec thorax ; ce dernier mot a été conservé en français, et on l’emploie comme synonyme de poitrine). On appelle ainsi la seconde des trois grandes cavités splanchniques. Elle est formée, en arrière, par les vertèbres dorsales , les omoplates et une portion des côtes, latéralement par ces dernières, et, en avant, par les cartilages costaux et le sternum. Elle est limitée en haut par les clavicules et le culde-sac supérieur des plèvres , en bas par le diaphragme. Sur le squelette , la disposition des côtes simule tout-à-fait les grilles d’une cage ; de là le nom de cage osseuse que l’on donne parfois à la charpente de cette cavité. La poitrine renferme les grands viscères centraux de la circulation, le cœur, l’origine des artères et les gros aboutissants veineux, les poumons et l’œsophage. Par maladies de
la poitrine , on entend plus particuliérement les affections du poumon et du cœur. (V. ces mots.) J. B.
poivre ( bot. méd.), s. m. , fruit du poivrier noir ou aromatique, piper nigrum. Il s’offre sous la forme d’une petite baie globuleuse, pisiforme, à péricarpe un peu charnu et monosperme; le parenchyme est blanc et onctueux , l’écorce est ridée, parce qu’en général on effectue la récolte avant la maturité; elle est très-aromatique.
La plante qui fournit le poivre est sarmenteuse , originaire de l’Inde , et notamment de Sumatra , de Java et de Bornéo, d’où elle a été transportée à la Jamaïque. Le fruit est réuni en grappes; il passe du vert au rouge , et offre alors l’aspect le plus séduisant; puis au vert bouteille ou noir par la dessication.
C’est avec la même espèce, et conséquemment avec le poivre noir, qu’on fait le poivre blanc. Le procédé consiste à faire macérer les baies dans de l’eau salée ou de mer ; la pellicule noire et ridée qui les revêt se gonfle et se détache , et il ne reste plus, après qu’on a criblé et vanné, qu’une sorte de graine blanche qu’on nomme improprement poivre blanc, puisque ce n’est réellement que la partie interne du fruit. Le principe aromatique résidant plus particulièrement, ainsi que cela a lieu pour la plupart des fruits , dans la partie corticale , le poivre perd par cette opération une grande partie de son arôme. Mais ce sacrifice est imposé par l’usage qui fait préférer , dans l’art culinaire et principalement pour le service de la table, le poivre improprement appelé blanc au poivre noir.
L’usage du poivre est d’une nécessité indispensable dans les pays chauds ; par sa propriété stimulante, il excite les organes digestifs, qu’une élévation de température constante tend à débiliter, et qui, sans ce puissant stimulant, resteraient sans action , et réfractaires , pour ainsi dire , aux aliments aqueux et féculeux. On ne l’emploie pas seulement en poudre, pour rehausser la saveur des mets, on le fait entrer entier dans l’assaisonnement de certaines charcuteries; concassé assez finement, il prend le nom de mignonette. C’est à tort qu’on regarde le poivre comme un rafraîchissant; c’est un de ces préjugés qu’une connaissance plus exacte des principes que contiennent les substances végétales doit détruire infailliblement.
Le poivre doit son odeur aromatique à une huile essentielle concrète , et sa saveur âcre à une résine verte , soluble dans l’alcool. Il contient , en outre , un principe particulier qu’Oësterdt, qui l’a découvert, a nommé pipérin, et qu’il croyait renfermer un principe àcre; mais M. Pelletier, ayant repris ce travail, est parvenu à séparer complètement la résine, et à obtenir le pipérin dans toute sa pureté , c’est-à-dire cristallisé en prismes quadrangulaires, et formant une base salifiable. Ce principe est soluble dans l’alcool, et très-peu soluble dans l’eau ; l’acide acétique concentré le dissout en assez forte proportion
On a, dans ces derniers temps , et notamment en Italie , attribué au pipérin la propriété de guérir les fièvres intermittentes. Il résulte des observations faites par M. Gordini , à l’hôpital de Livourne : l°que le pipérin guérit lesfièvres inter»' mittentes à la dose de 3 à 4 décigrammes; 2° qu’il
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agit mieux en poudre qu’en pilules , 3° qu’il gué- , rit dans certains cas où le sulfate de quinine échoue ; 4° enfin qu’il prévient les récidives mieux encore que ce dernier médicament. Couvekchel.
poix (pharm), s. f. (en latin pix, pissa en grec). Substance résineuse provenant de divers arbres de la famille des Conifères. On en distingue plusieurs espèces.
1 0 Poix blanche , poix jaune , poix de Bourgogne [pix Burgundica). C’est une résine blanchâtre ou jaunâtre , dure, tenace, très-fusible par Sa chaleur, d’une saveur amère, et d’une légère odeur de térébenthine. Elle découle de quelques conifères, notamment du pin maritime et du sapin, et se récolte pendant I hiver. On appelle galipot la résine non purifiée. Avec cette poix, on forme divers médicaments destinés à être employés en topiques, emplâtres, onguents, etc.
2° Poix noire, pix nigra. Substance résineuse d’un beau noir brillant, cassante à froid , mais se ramollissant par la moindre chaleur, et adhérant fortement aux corps sur lesquels on l’applique : son odeur est très-forte, désagréable, et sa saveur amère. Elle se prépare en faisant brûler les filtres de paille qui ont servi à la purification du galipot, ainsi que les éclats de bois qui proviennent des entailles faites aux pins ou sapins pour l’écoulement de la résine. La poix noire est plus particulièrement usitée dans les arts. En médecine, on l’emploie à la préparation de quelques onguents. (V. Pin.) J. B.
pohce xa éuic aile, s. f. On désigne ainsi la partie des connaissances médicales qui s’appliqueà l’hygiène publique et à la médecine légale. (Y. ces mots.)
POÏCÏ.UTÏOST. (Y. Onanisme.)
polygala (bot.), s. m. ( Polygala ). — Famille des Polygalées, J.; diadelphie octandrie, L. On en emploie deux espèces en médecine.
Polygala amer , polygala amara. — Petite plante qui croît dans plusieurs contrées d’Europe. Fleurs d’un beau bleu, en épi terminal, racine vivace, rameuse, blanchâtre, donnant naissance à plusieurs tiges couchées dans leur partie inférieure et redressées au sommet. Lesfeuillescaulinaires sont alternes, lancéolées, aiguës; les radicales obtuses et comme spatulées ; c’est ce dernier caractère qui distingue le polygala amer du polygala vulgaire, qui jouit à peu prèsdes mêmes propriétés et qui est plus commun ainsi que son nom l’indique. La partie usitée delà plante est la racine. Ces racines se présentent dans le commerce unies à leur tige ; elles sont longues d’un pouce, d’une ligne à une ligne et demie de diamètre, portant des fibres ramifiées, noueuses, mais moins que celles du polygala de Virginie; d’une couleur foncée extérieurement, elles sont blanchâtres intérieurement, d’une odeur faible et d’une saveur trèsamère et un peu âcre. Cette substance est employée comme tonique ; elle est en même temps un peu purgative ; on en fait usage de la même manière et dans le même cas que celle dont il nous reste à parler.
Polygala de Virginie, ou polygala seneka. — Cette plante nous vient de l’Amérique septentrionale; la racine, seule partie usitée, varie de la grosseur d’une plume à celle du petit doigt. Elle est rameuse, irrégulièrement contournée, et couverte de rugosités transversales, en anneaux. Son écorce est dure, épaisse; c’est elle qui renferme le principe actif, l’intérieur est blanc. La saveur, d’abord douceâtre,
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devient bientôt âcre, amère et irritante. La plante récente est employée par les Sauvages contre les morsures des serpents venimeux. Ici on l’abeaucoup vantée, et vantée outre mesure, contre certaines affections aiguësetchroniquesde la poitrine, telles que la pleurésie, la pneumonie, l’asthme, le catarrhe, etc. Au total, elle paraît jouir de propriétés excitantes assez marquées A faible dose, elle détermine la transpiration ; à dose plus élevée elle est purgative et émétique. Aujourd’hui on l’emploie plus particulièrementcontre labronchite chronique. On la donne en décoction à la dose de 30 grammes pour 1,500 grammes d’eau que l’on fait réduire d’un tiers. La poudre, moins usitée, se prend à la dose de 1 à 2 grammes; enfin, on prépare un vin de polygala en faisant macérer 120 grammes de racine dans 500 grammes de vin. J. -P . Beaude.
poltgosjubi [bol.), s. m., genre qui donne son nom à la famille des Polygonées, et qui renferme plusieurs espèces très employées en médecine, la bistorte, le sarrasin, ou la renouée-poivre d’eau. (V. ces mots.)
fos-ype ( chir .), s. m. — Ce mot, tiré du grec (polu, beaucoup, pous, pied) et emprunté à I histoire naturelle, désigne en chirurgie des excroissances pédiculées, des tumeurs saillantes à la surface des cavités muqueuses ou vasculaires de notre corps. Les polypes ont été ainsi appe'és parce que, dit-oo, les anciens ont cru leur trouver quelque ressemblance avec le poulpe, espèce de mollusque céphalopode à longs bras.
La situation des polypes est extrêmement variable. On les observe presque tous seulement dans les cavités tapissées par des membranes muqueuses, et dans la matrice, où se fait aussi une sécrétion de mucosités parfois abondantes. Mais par cela même que ces cavités sont fort nombreuses, les polypes occupent ainsi des régions et des organes très-différents. Ils se développent même dans le conduit auditif externe qui n’est pas revêtu par une membrane précisément semblable aux tuniques muqueuses, ainsi que dans le cœur et les vaisseaux où ils diffèrent des autres polypes.
Les polypes sont très-communs dans les fosses nasales. On ne les rencontre même nulle part plus fréquemment. On ne les trouve encore que trop souvent dans les sinus maxillaires. On les rencontre dans ceux du front. Enfin, ils peuvent se développer dans ceux du sphénoïde. On en a vu dans le sac lacrymal et au grand angle des paupières. Ceux du conduit auditif ne sont pas rares. Ils se montrent aussi dans le pharynx, dans l’œsophage, dans l’estomac, les intestins et dans le rectum. Il en vient dans le larynx , la trachée-artère. On en trouve dans la vessie ainsi que dans l’urèthre. Ils sont communs dans l’utérus et le vagin. On en voit quelquefois à la vulve; enfin, ils ne sont pas très-rares dans le cœur.
Sous le rapport de leur siège, je distingue les polypes en deux ordres : 1° les polypes extéro-intérieurs, qui peuvent se montrer à l’extérieur et être enlevés par le chirurgien , quoique prenant naissance a l’intérieur; 2° les polypes intérieurs, qui sont inaccessibles à nos moyens chirurgicaux. Il ne sera question que des premiers.
Le nombre des polypes est assez limité, quoique
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la même personne puisse en porter plusieurs, soit dans le même endroit, soit dans différentes cavités. Levret en a vu jusqu’à sept dans les fosses nasales et leurs dépendances ; on en a observe à la fois dans l’utérus et les fosses nasales.
Leur volume est très-variable, et relatif à leur ancienneté et à la liberté qu’ils ont de s’accroître. Ils sont d’autant moins gros qu’ils sont moins anciens, et que la cavité où ils ont pris naissance et où ils se trouvent est moins extensible ; aussi les polypes du sac lacrymal ou du conduit auditif ne parviennent-ils point à un aussi grand volume que ceux des sinus maxillaires ou de l’utérus.
Quand ils sont très-étendus pour la cavité qu’ils occupent, on les trouve enflammés, ulcérés, ramollis, indurés, cartilagineux, pierreux ou osseux dans certains points , et les parois de cette cavité, violemment distendues, peuvent présenter des altérations analogues.
La. forme des polypes est subordonnée à leur âge, à celle de la cavité qui leur sert de berceau, à la forme des cavités, des fosses, des sinus, des fentes et des anfractuosités où ilss’éiendent. D’abord globuleux ou piriformes, ils finissent par se mouler, dans la cavité qui les recèle, par la pression même qu’ils exercent sur les parois de celle-ci. Les productions qui nous occupent ont cela de commun dans leur forme, qu’elles présentent généralement des tumeurs ou des prolongements renflés, fixés primitivement , par un seul point plus ou moins étroit qu’on appelle pédicule, sur le lieu d’où ils naissent; ils sont ordinairementlibres par le reste deleur étendue. Les polypes peuvent avoir plusieurs pédicules, mais ils ne les ont jamais eu primitivement. Cette apparence provient d’adhérences contractées sur la surface des polypes avec les parois de la cavité qu’ils habitent, ou par des adhérences contractées entre plusieurs polypes originairement distincts. La surface de ces productions est tantôt lisse, polie, luisante, tantôt fongueuse , tantôt vésiculeuse, mamelonnée, fendue, parsemée de fissures, d’échancrures ou de grandes divisions qui les partagent en lobes. Certains polypes sont mous, d’autres, au contraire, sont très-durs. Il en est dont la couleur est pâle ; il en est de grisâtres, de rouges ou de livides; il en est, enfin, de légers et de pesants.
Sous le rapport de la structure intérieure, je partage les polypes en quatre genres principaux; ce sont : 1° les polypes mous, cellulo-membraneux et muqueux, ou lardacés ou fongueux, ou granuleux ; 2° les polypes durs et charnus ou fibreux ; 3° les polypes cartilagineux, osseux, pierreux; 4° les polypes mixtes, ou composés des genres précédents.
Ces polypes cellulo-membraneux sont formés d’une membrane ou de tissu cellulaire imprégné d’un fluide; tels sont ceux que l’on nomme muqueux. Les polypes lardacés ou fongueux sont formés des mêmes éléments ; mais le tissu cellulaire en est altéré et plus compacte dans les premiers, plus vasculaire dans les seconds. Les polypes durs sont formés d’une membrane et d’un tissu fibreux jaune, blanc, gris ou rouge.
Symptômes. — Ils sont locaux, fonctionnels et généraux, ou sympathiques. 1° Les excroissances dont nous parlons forment des tumeurs ou des prolongements plus ou moins considérables, sensibles ou non au toucher, qui remplissent en partie ou en en-
tier la cavité où ils sont nés. Parvenus à un certain volume, ils en distendent péniblement, douloureusement les parois, y déterminent une sécrétion plus abondante; ils enflamment les parties qu’ils pressent, y déterminent une inflammation suppurative et ulcérante , s’enflamment, suppurent, s’ulcèrent eux-mêmes, et peuvent encore se gangrener : pressés ou étranglés par les parties qu’ils distendent très-fréquemment, ils causent des hémorrhagies, soit que le sang vienne exclusivement d’eux , soit qu’il vienne de la cavité qui les renferme, soit enfin qu’il coule de ces deux sources. Mais parmi ces polypes, il en est qui saignent facilement, souvent, et quelquefois avec une abondance extrême. S’ils occupent des cavités osseuses, ils amincissent leurs parois, les perforent même par résorption ; enfin, ils ramollissent, ils disjoignent les os et parfois les fracturent.
2° Les polypes gênent ou empêchent constamment, suivant leur volume , les fonctions des parties ou des organes où ils siègent et où ils se sont étendus. Ils gênent d’abord et empêchent enfin au nez l’olfaction ou l’odorat ; au pharynx la déglutition, au rectum la défécation, au larynx la production de la voix et la respiration, etc., etc.
3° Parvenus à un volume suffisant pour irriter douloureusement , par la distension , les parties au sein desquelles ils semblent végéter, ils déterminent une fièvre plus ou moins vive, des accidents graves, un affaiblissement progressif, et la mort.
Leurs symptômes se montrent d’autant plus tôt, que la cavité est plus étroite et leur accroissement plus rapide. La marche se partage toujours en deux périodes : une d 'innocuité, où ils sont assez petits pour n’occasionner aucun ou presque aucun accident grave, et une autre de malignité , où leur volume les rend malins, comme l’ont dit les auteurs qui ont fait de cette malignité un de leurs caractères essentiels.
Empressons-nous de dire cependant que la marche des polypes n’est pas toujours aussi funeste. La nature parvient parfois à s’en débarrasser spontanément , soit par suite d’une inflammation gangreneuse, soit par suite de l’allongement, de l’amincissement, et enfin de la rupture spontanée de leur pédicule.
Causes. — Rien de plus incertain et de moins connu que ces causes. On voit assez souvent la naissance d’un polype précédée d’engorgements inflammatoires aigus ou chroniques, scrofuleux ou syphilitiques; 2° d’une violence physique ou mécanique, capable de produire elle-même des engorgements inflammatoires. Dans ce cas, y a-t-il une simple coïncidence accidentelle ou une coïncidence de causalité? Ne peut-il pas se faire que, dans le premier cas, l’inflammation soit elle-même le résultat de la lésion vitale qui produit le polype, ou même encore qu’elle soit l’effet du polype? Je l’ignore ; et comme les lumières me manquent pour résoudre ces difficultés, comme j’ai une invincible antipathie pour les hypothèses, j’abandonne la solution de ces questions épineuses à ceux qui sont plus éclairés que je ne le suis.
Les polypes cellulo-membraneux sont produits par un vice de nutrition et d’accroissement ou de formation, dans le point de la membrane muqueuse ou du tissu cellulaire où ils se développent. Sous
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l’influence de cette lésion , inconnue dans son essence, la membrane et le tissu cellulaire s’altèrent et se développent avec excès. Ils s’altèrent , car ils deviennent beaucoup plus friables qu’ils ne le sontdans l’état sain , et subissent d’ailleurs d’autres changements, suivant que le polype est muqueux, lardacé ou fongueux.
Les polypes durs sont produits en général par le même vice dans le tissu fibreux sous-muqueux, c’est-à-dire dans un tissu plus ferme et plus solide que les précédents ; ce qui explique la différence de structure des uns et des autres.
Diagnostic. — La plupart des polypes ne peuvent point être reconnus dans les premiers temps de leur naissance, parce qu’ils échappent à nos sens, et que rien n’éveille l’attention de celui qui les porte. Il n’en est pas de même lorsqu’ils le gênent assez pour l’obliger à réclamer les conseils des médecins. Alors tous ceux qui sont accessibles aux sens, comme ceux du nez, du pharynx, du rectum, de la vulve, etc., peuvent être reconnus par le secours de la vue ou du toucher. Mais il ne suffit pas de les voir de loin ou de les toucher du bout des doigts pour savoir tout ce qu’il est important d’en connaître. Il faut les examiner à une vive lumière, et quelquesuns au spéculum. Il faut au moyen du doigt, de la sonde ou même d’un stylet délié, tâcher d’en reconnaître exactement la situation, l’étendue, la forme, le pédicule, les adhérences, la consistance et la nature; car toutes ces connaissances sont de la plus haute importance pour le pronostic et pour le traitement.
Le diagnostic des polypes est plus facile encore lorsqu’ils sont arrivés à un développement excessif; néanmoins, il est des cas douteux et embarrassants, parce qu’il est des affections qui peuvent simuler les polypes.
Le pronostic des polypes est subordonné au siège, au nombre, à l’étendue, à la marche, mais surtout à la nature des polypes. En général, les polypes extéro-intérieurs sont moins graves que les polypes intérieurs , parce que ceux-ci sont inaccessibles aux moyens chirurgicaux. Les polypes nombreux, étendus, à pédicule multiple, à phénomènes graves, à marche rapide, sont toujours plus dangereux que les autres, et ils le sont d’autant plus que le sujet est plus faible et plus incapable de résister à la maladie, aux douleurs, aux hémorrhagies de l’opération, ainsi qu’à l’inflammation, à la suppuration et à la fièvre qui pourrait suivre.
Traitement des polypes. — Les indications thé rapeutiques ne laissent ici aucune incertitude Tout polype doit être détruit si l’on peut y parvenir. Or, on peut ordinairement y parvenir par des médicaments et par des opérations chirurgicales.
A. Les médicaments ne sont pas totalement impuissants contre les polypes, ainsi qu’on pourrait le croire. On conçoit d’abord aisément que des polypes peu considérables , engendrés sous l’empire d’une maladie vénérienne constitutionnelle ou des scrofules, peuvent guérir sous l’influence d’un traitement approprié, et qu’il serait rationnel d’y avoir recours. Il est des faits qui permettent de croire que l’on peut en guérir quelques uns, soit dans les fosses nasales, soit dans les organes de la génération. Quels que soient au reste ces succès, je ne pense pas que l’on puisse rien espérer de l’emploi des médicaments contre de gros polypes.
Je rapporte aux médicaments les succès obtenus par les astringents et les styptiques, c’est-à-dire par la méthode qu’on appelle assez improprement
Y exsiccation.
B. Les opérations chirurgicales employées contre les polypes sont assez nombreuses ; ce sont : 1° la cautérisation , qui consiste à détruire le polype par les caustiques et par le cautère actuel ; 2° 1 excision t qui l’emporte en le coupant d’un seul! trait à la racine, ou en le coupant d’abord par portions pour achever d’en trancher enfin le pédicule ;! 3“ 1 arrachement , qui l’enlève en rompant son pédicule par de violentes tractions ou de violentes impulsions qui lui sont communiquées en deux sens opposés ; 4° le déchirement , qui consiste à user, à ulcérer, à faire suppurer le pédicule d’un polype par de rudes frottements ; 6° V emploi du séton, qui, par son contact, ulcère et fait aussi suppurer les polypes pour les détruire peu à peu ; 6° la ligature , au moyeu de laquelle on étrangle ou frappe de mort le polype auquel on l’applique; 7° la compression, à laquelle on le soumet pour l’atrophier à la longue; 8° les opérations mixtes ou composées, qui résultent de l’emploi successif ou simultané de plusieurs de ces différentes méthodes.
Mais quand on a guéri des polypes par ces opérations, ils peuvent encore repulluler, surtout si le pédicule n’a pas été bien détruit. Et si, lorsque sa destruction a été parfaite, il repullule, il est bien a craindre qu’il ne revienne encore une troisième fois, car une première repullulation amène une disposition particulière des organes à produire des pompes. P.-N Gerdv,
Professeur de pathologie à la Faculté de Médecine de Paris»
polyphagie. (V. Faim canine.)
yoLYBHâEMACïE [pharm .) , s. f. (du grec polus beaucoup, pharmacon remède). Ce mot signifie multiplicité de médicaments, et, par extension, emploi d’un grand nombre de substances médicamenteuses. Ainsi, les recettes anciennes renferment une multitude de remèdes dont souvent quelques-uns s’excluent. C’est surtout dans Galien que l’on trouve de ces formules-monstres, augmentées peut-être encore par les médecins galéniques du moyen âge et de la renaissance. Aujourd’hui , les formules ont été beaucoup simplifiées, et les découvertes chimiques, en mettant à nu les parties actives des substances végétales, ont encore contribué à la grande réforme opérée dans la posologie. J. B.
F0Ï.TC03E (bot.) (s. m., poly podium). Gome de plantes de la famille des cryptogames, L. ; de la famille des Fougères, J. Le polypode commun ou polypode de chêne croît abondamment sur les vieux murs et sur les troncs des arbres dans les taillis. Sa souche horizontale , ou racine , est épaisse , charnue, brune, tuberculeuse et écailleuse à l’extérieur, blanchâtre intérieurement, et de la grosseur d’une plume d’oie. Ses feuilles sont longues de 8 à 12 pouces, pétiolées, lancéolées, profondément pinnatifides. Cette plante est. aujourd'hui peu employée, on la regardait comme laxative. — Poly podium fdix mas. (V. Fougère.)
POÏ.YSAH.C1E. (V. Obésité.) poii-sruaiE ( path .), s. f. C’est une sécrétion trèsabondante de Turine. (V. Diabète.) pobïmajîs (pharm.), s. f. Médicaments destinés
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à l’usage externe, et dont les parties actives sont mélangées, dissoutes ou combinées avec des corps gras; leur consistance, leur usage ne diffère pas beaucoup de celui des onguents; la seule différence établie par lespharmacologistes, consiste en ce que ces derniers renferment des substances résineuses que l’on ne fait pas entrer dans la composition des pommades. Cette distinction, tout artificielle , leur a fait classer parmi les pommades , ainsi que nous le verrons tout-à-l’heure, plusieurs médicaments qui, dans l’usage habituel, portent le nom d’onguents. Il paraît, au surplus , que dans l’origine ces médicaments avaientune odeur agréable, comme ceux dont l’em- |p!oi s’est conservé d’une manière si étendue dans la ^parfumerie, et qu’on la leur communiquait ordinai- « rement au moyendusuc de pomme dont ils ont conservé le nom.
Relativement à leur préparation , on divise les pommades en trois espèces, selon qu’elles sont obtenues par simple mélange des principes médicinaux, par solution, ou par combinaison chimique; d’autres les séparent endeux classes, celles qui contiennent ou ne contiennent pas de substances minérales: ce sont des distinctions artificiellement établies, dans lesquelles il est assez difficile d’établir des limites parfaitement basées sur la nature des choses. Nous allons indiquer quelques formules des pommades dont l’emploi est le plus fréquent.
Pommade au garou. — Pr. graisse de porc 480 grammes, cire blanche 50, écorce de garou 125 ; on incise l’écorce de garou et on la pile avec un peu d’alcool jusqu’à ce qu’elle soit réduite en pâte; on la fait alors digérer au bain-marie pendant douze heures ; on passe et on fait refroidir lentement pour laisser déposer et séparer les impuretés, et on fait fondre de nouveau en y ajoutant la cire.
Pommade èpispaslique douce. — Pr. cantharides grossièrement pulvérisées 4 parties, graisse de porc 64, cire jaune 8, curcuma pulvérisé 1 , essence de citron 1/2. On procède comme il vient d’être dit pour la pommade de garou ; le curcuma communique à la graisse sa couleur jaune. On aromatise avec l’essence de citron , lorsque la pommade est presque refroidie.
Pommade èpispaslique forte . — Pr. cantharides en poudre fine 20 grammes, cire jaune 80, onguent populeum 560. On fait liquéfier la cire et l’onguent populeum , et on y mélange exactement la poudre de cantharides, en agitant le mélange jusqu’à refroidissement.
Pommade de concombres. — Pr. graisse de porc 4 kilogr., suif de veau préparé 1. Faites fondre, passez et laissez refroidir; ajoutez alors, en malaxant avec les mains, suc de concombres 3 kilogrammes. On laisse en contact pendant vingt-quatre heures , on remplace alors le suc de concombres par d’autre récemment exprimé, et on réitère cette opération un grand nombre de fois, jusqu’à ce que les graisses aient suffisamment acquis l’odeur du concombre. On les fait fondre alors au bain-marie avec 80 grammes d’amidon, destinés à en séparer l’eau et le mucilage du concombre, et on les coule dans des pots. Au fur et à mesure des besoins , on en prend une partie qu’on bat vivement avec une spatule pour y interposer de l’air, et lui donner la blancheur et la légèreté qui la font rechercher.
Pommade rosat. — Pr. graisse de porc recuite et
bien purifiée 1 kilogramme , pétales frais de roses pâles 1 kilo. Contusez les roses mélangées à l’axonge, et laissez en contact pendant deux jours ; liquéfiez à une douce chaleur, et réitérez une seconde fois cette opération avec la même graisse et des roses fraîches. Faites fondre une troisième fois la pommade, et mettez-y macérer 30 grammes d’orcanette concassée qui lui communique une belle couleur rose ; passez et coulez dans un pot.
Pommade soufrée. — C’est un simple mélange d’une partie de soufre sublimé et lavé, et de trois parties d’axonge ou de pommade de concombre.
Pommade mercurielle (onguent mercuriel). — Pr. mercure pur et axonge de porc , de chaque, partie égale ; on triture le mercure avec une petite quantité de graisse , dans un mortier de marbre, et avec un pilon de buis, jusqu’à ce que le mercure soit tellement divisé dans la graisse, qu’on n’en aperçoive plus aucun globule, même avec une forte loupe; alors on y ajoute le reste de la graisse. Cette opération est extrêmement longue, surtout quand on opère sur de certaines quantités. On l’abrège considérablement en triturant d’abord le mercure avec un peu d’onguent mercuriel anciennement préparé, ou de graisse rance. On a proposé, pour l’extinction du mercure, l’emploi d’un grand nombre d’intermédiaires étrangers, tels que l’huile d’amandes douces, l’huile d’œufs , les térébenthines, l’onguent cédrat, l’oxyde de mercure, le styrax, etc. Mais celui que nous indiquons, sans introduire dans l’onguent des substances étrangères, réussit le plus certainement. On ne pourrait faire d’objection fondée sur la rancidité de la graisse, car il est certain qu’en l’employant à l’état frais, il faut la triturer si longtemps , qu’elle n’éteint le mercure que lorsqu’elle a déjà contracté de la disposition à rancir.
M. Coldfy d’Arly a donné un excellent procédé pour les préparations de la graisse destinée à l’extinction du mercure : il la fait couler chaude dans l’eau très-froide, de manière à la diviser en globules que l’on recueille sur un tamis, et on l’expose dans cet état pendant quinze jours ou trois semaines à la cave. Il suffit d’un seizième de cette graisse pour éteindre rapidement une partie de mercure.
Pommade ammoniacale ( ou de Gondret). Pr. graisse de porc 8 gram. , suif de mouton 2, ammoniaque liquide à 22° 10 gr. On fait fondre la graisse et le suif dans un flacon à large ouverture, et lorsqu’ils sont revenus à une température très- douce , sans être encore figés, on y verse l’ammoniaque et on bouche vivement. On agite le flacon sous un filet d’eau froide, jusqu’à ce que le mélange soit refroidi et la combinaison opérée. Cette pommade s’emploie avec avantage pour obtenir de promptes vésications dans des cas pressants, et dans ceux où l’action des cantharides peut être à craindre. Vée,
Membre de la Société de pharmacie.
pomme [bot. mèd.), s. f., fruit du pommier, [pirus malus, L. ; fam. des Rosacées, J). On en distingue un grand nombre d’espèces et une quantité presqu’innombrable de variétés. L’analogie qu’offrent les pommes et les poires les a longtemps fait confondre. On désignait autrefois sous le nom de pommes femelles les pommes proprement dites, et les poires sous celui de pommes mâles, attendu que l’arbre qui les produit présente une végétation plus vigoureuse, un port plus élevé et des feuilles
POM