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joubarbe ( petite ) Cette plante , qui est le sedum acre, et qui a donné son nom au genre Sedum, de la famille des Crassulées, a été aussi désignée sous le nom de Sedon, Vermiculaire brûlanle,Poivre de muraille; c’est une petite planle qui croît sur les vieux murs et dans les terrains arides; ses feuilles sont petites , charnues , ovoïdes, rapprochées; les tiges sont faibles, épaisses , ramassées en gazon, et terminées par de petits bouquets de fleurs jaunes; la saveur de cette plante est âcre et poivrée, presque caustique lorsque la plante est sèche. Contrairement aux autres individus de la famille des Crassulées, ce suc peut produire des accidents lorsqu’il est administré à haute dose ; à celle de 16 grammes, il est violemment émétique et purgatif. M. Orfila en administra environ 150 grammes à deux chiens qui moururent en moins de 24 heures. Dans leNord, et surtout en Suède, on a employé le sedum, comme fébrifuge, mais il détermine souvent des vomissements. On fait aussi avec le sedum acre et la bière une décoction qui est employée pour gargariser les ulcérations scorbutiques de la bouche. En France, on a voulu l’employer contre l’épilepsie. M. Esquirol l’a administré à la dose d’un t/2 gros par jour et sans autres résultats que quelques nausées. Celte planle est peu usitée. J. B.
joues fanat.), s. f. p. Les joues forment les parrois latérales de la bouche et contribuent beaucoup à l’agrément du visage ; elles sont formées de muscles plats ou allongés qui servent à leurs mouvements dans la mastication, en même temps qu’ils servent à l’expression du visage dans les diverses passions de l’âme. Ces muscles sont les buccinateurs, les masseters, le grand et le petit zygomatique et une expansion de la partie supérieure du peaucier ; ces divers muscles sont recouverts d’une quantité plus ou moins grande de tissu cellulaire graisseux , ce qui contribue à la rotondité des joues, à l’intérieur elles sont tapissées par la membrane muqueuse de la bouche. Les joues contiennent, dans leur épaisseur, le conduit excréteur de laglande parotide (conduit de Sténon) qui verse de la salive dans la bouche en s’ouvrant à l’intérieur de cette cavité. Les plaies des joues sont quelquefois suivies de fistules salivaires lorsque ce conduit a été intéressé. (Y .Fistule.) J. B.
jour ( physiol . et path.), s. m. C’est à proprement parler le temps pendant lequel le soleil éclaire l’horizon, ce temps est variable, comme on lésait, selon les saisons et les diverses latitudes. Mais astronomiquement et suivant l’usage, on désigne par ce nom une période de vingt-quaîre heures qui comprend le jour et la nuit. Dans les maladies, les diverses heures du jour ont une influence sur les symptômes ; le matin et le soir sont les heures où les paroxismes des affections aiguës se manifestent le plus ordinairement ; le milieu du jour et la nuit sont marqués par une rémission. Les jours, dans les maladies, se comptent à partir du jour d’invasion, de façon que le lendemain de ce jour est le deuxième jour de la maladie; on voit que le premier jour ne comporte pas une période de vingt- j
quatre heures révolues. Certains jours dans les maladies ont reçu le nom de jours critiques, parce que les anciens croyaient qu’il s’opérait, ces jourslà, une révolution particulière dans l'état du malade. Les autres jours étaient nommés jours intercalaires. (Y. Crise.) J. B.
jugulaire ( anat .), adj. et s. f. [enlalin jugularis, dejugulum , la gorge), qui appartient à la gorge. On donne ce nom à deux veines qui sont placées sur le côté du col et qui ont une position plus ou moins superficielle. La vein e jugulaire externe est formée par les veines maxillaire interne, temporale, superficielle et auriculaire postérieure, elle descend verticalement à la partie latérale et antérieure du cou pour se rendre dans la veine sousclavière en passant derrière la clavicule ; c’est cette grosse veine saillante qui se fait remarquer surtout sur le cou des personnes bien maigres, c’est elle que l'on ouvre dans la saignée dn cou, qui est peu employée aujourd’hui. La veine jugulaire interne naît des sinus de la dure-mère et de plusieurs veines delà face et du cou, dans un enfoncement qui se fait remarquer à la suture de la portion pierreuse du temporal avec l’occipital, et qui a reçu le nom de golfe de la veine jugulaire ; cette veine, qui est plus volumineuse que la précédente et plus profondément située, descend perpendiculairement le long du cou pour se rendre ainsi que la précédente dans la veine sous-clavière; elle reporte au cœur une grande partie du sang qui vient du cerveau. J. B.
JUJUBEfèof. méd ), s. m. fruit du jujubier ( Zizyphus vulgaris), famille des rhamnées. Il s’offre sous la forme d’un drupe ovoïde, du volume d’une grosso olive; la pellicule corticale est de couleur rouge vif lors de la maturité , la pulpe qu’elle enveloppe est blanc jaunâtre, d’une saveur douce légèrement vineuse; le noyau est osseux, formé de deux loges monospermes , l’une est presque toujours oblitérée et l’autre renferme une semence ovale arrondie , un peu comprimée , convexe et noirâtre vers l’ombilic ; le péricarpe se ride après la maturité, et prend un aspect spongieux.
Originaire d’Orient et plus particulièrement de la Syrie, le jujubier a été, si l’on en croit Pline, importé en Italie par Sexlus Papirius, il y est maintenant naturalisé ; ses fruits mûrissent aussi parfaitement dans le midi de la France; on le cultive même avec succès aux environs de Tours. Cependant la Provence et le Languedoc sont plus spécialement en possession de fournir le commerce de jujubes.
Les anciens auteurs font mention d’un jujubier à fruit blanc, mais on ignore si la race en est perdue , ou s’ils ont voulu parler du sébestenier, cordia selestena. Si l’on en croit les voyageurs, la Perse nourrit une espèce de jujubier qui fournit deux récoltes par an.
Le jujubier est aussi très-commun en Chine. On doit aux missionnaires d’avoir fait connaître les divers modes de culture qu’on emploie pour l’améliorer et les diverses espèces que la greffe y produit; l’une d’elles y acquiert un volume considérable
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et est d’une suavité extrême ; on croit qu’elle résulte du rapprochement du figuier à coque et du jujubier ordinaire.
Lorsque ce fruit est récemment cueilli, sa chair est ferme et sucrée, et forme dans cet état une ressource assez importante comme substance alimentaire dans les pays où il est cultivé. Pour conserver les jujubes, on les cueille un peu avant leur maturité et de préférence au milieu du jour ; on les expose au soleil sur des châssis garnis de toile, jusqu’à ce qu’elles commencent à se rider, on les entasse ensuite dans des caisses de sapin , pour les verser dans le commerce. Ce fruit ne se conserve malheureusement pas très-longtemps, il passe facilement à l’acétification. Les droguistes, pour lui rendre une partie de sa fraîcheur et l’aspect luisant qui le distingue , l’exposent dans un lieu frais, ou le frottent dans un linge humide. Cette régnération est imparfaite, car il conserve la saveur acide qui résulte de son altération.
Les jujubes font partie des quatre fruits pectoraux et entrent dans la composition des tisanes et de la pâte à laquelle ce fruit donne son nom. On en conseille souvent l’emploi , sous forme de décoction, contre les maux de gorge et les crachements de sang (hémoptysie).
Bien que l’analyse de ce fruit soit encore à faire , on sait cependant que sa pulpe est composée de gélatine, de sucre et d’acide malique. Ce dernier prédomine d’autant plus, que le climat et la saison ont été moins favorables à son développement et à sa maturation. L’acide acétique se montre aussi assez abondamment dans les jujubes du commerce; mais sa présence est, comme on l’a vu plus haut, un indice d’altération. Couverchel.
Membre de l’Académie de Médecine.
jdlep (pham.), s. m. C’est une potion douce ordinairement composée d’eau distillée, de sirop et d’un mucilage. (Y. Potion.)
jumeaux ( anat .), adj. et s. De même que l’on donne le nom de jnmeaux aux deux enfants qui naissent d’un seul accouchement , de même les anatomistes ont donné le nom de jumeaux à deux muscles puissants qui sont accolés à la partie postérieure de la jambe et qui contribuent à former le mollet; ils ont été désignés, en raison de leur position, par les noms de jumeaux interne et externe; supérieurement, ils s’attachent à chacun des condyles du fémur qui leur correspondent ; inférieurement, ils contribuent avec le soléaire et le plantaire grêle à former le tendon d’Achille. Ces deux muscles fléchissent la jambe sur la cuisse et la cuisse sur la jambe , ils contribuent à la station en maintenant le corps en arrière. — Les muscles jumeaux de la cuisse sont deux petits muscles qui, de l’épine sciatique, se rendent à la partie supérieure du fémur dans la cavité du trochanter, ils sont rotateurs de la cuisse en dehors. Winslon appelait ces muscles petits jumeaux, par opposition à ceux de la jambe qu’il nommait grands jumeaux. — Les artères jumelles naissent de l’artère poplitée et se rendent immédiatement dans les muscles jumeaux. — Les veines jumelles présentent
la même disposition et se rendent à la veine poplitée. — Les nerfs jumeaux naissent du tronc tibial du nerr poplité et se rendent dans les muscles jumeaux. J- B.
jus d’herbes. (V. Herbes.)
jusquiame (bot. mat. méd. et pharm.) , s. f. Hyoscyamus. C’est un genre de plante de la famille des solanées,pentandrie monogynie L. Ce genre qui , par ses propriétés narcotiques, est analogue à plusieurs autres genres de la famille des solanées, renferme différentes espèces dont la plus connue et la plus employée en médecine est la Jusquiame noire, qui croit abondamment dans le milieu et le nord de la France.
La JUSQUIAME NOIRE, H. mgrer, est une plante bisannuelle, haute de 35 à 50 centimètres; sa tige est arrondie, rameuse, velue, visqueuse et d’un vert sombre , légèrement courbée ; sa racine est brune au dehors, épaisse et blanche en dedans; elle a été quelquefois confondue avec des racines de chicorée sauvage et avec le panais. Les feuilles sont alternes, épaisses et quelquefois opposées sur le même pied; elles sont sessiles, ovales, aiguës et profondément découpées ; elles sont molles, couvertes de poils visqueux comme la tige et et d’un vert terne. Les fleurs sont presque sessiles et disposées en forme d’épi , leur couleur est d’un jaune sale veiné de lignes pourpres; le calice est tubuleux à cinq lobes aigus ; la corolle est infundibuliforme , à cinq divisions inégales, renfermant cinq étamines inclinées et un style à stigmate en tête. Le fruit est une capsule allongée, un peu ventrue à sa base, s’ouvrant en deux valves horizontalement; les graines sont petites, verdâtres, pointillées et irrégulières. Toute la plante exhale une odeur vireuse, forte et désagréable. Elle fleurit pendant l’été et pousse sur le bord des chemins dans les terrains arides et dans les décombres.
Action toxicologique. — La jusquiame est un des narcotiques les plus puissants de nos climats, elle agit d’une manière analogue à la belladone et au stramonium , mais cependant en déterminant des effets qui diffèrent par quelques-uns des symptômes ; prise à une dose un peu élevée et lorsqu’elle n’est pas rejetée par le vomissement, la jusquiame est un poison actif et peut même déterminer la mort. Toutes les parties de la plante jouissent de la même propriété, les racines, les tiges, les feuilles, les fleurs et les graines. On cite plusieurs exemples d’empoisonnements déterminés par des racines de jusquiame qui avaient été prises pour des racines de chicorée ou pour de petits panais; des bourgeons de jeunes tiges frits dans l’huile ont déterminé, par leur ingestion dans l’estomac, des accidents graves. Des enfants qui avaient mangé , en jouant, des graines de jusquiame ont éprouvé également des symptômes d’empoisonnement. Il suffit même, au rapport de certains auteurs, d’être exposé aux émanations de celte plante pour ressentir sa funeste influence. Des graines de jusquiame répan dues dans un grenier pour détruire des rats ont déterminé des vertiges sur des individus qui s’é-
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laient livrés au sommeil dans cet endroit. Boerhaave éprouva un tremblement et de l’ivresse pour avoir préparé un emplâtre dans lequel entrait la jusquiame.
Les symptômes de l’empoisonnement par cette substance sont très-variables suivant les individus: ils présentent beaucoup d'analogie avec ceux produits par la belladonneetle stramonium. Les plus constants sont la dilatation des pupilles, l’affaiblissement et quelquefois la perte momentanée de la vue et de la parole. Souvent les premiers symptômes sont de la somnolence avec un sentiment d’ardeur â la gorge, des nausées quelquefois suivies de vomissements. Si les vomissements se déterminent et que l’empoisonnement ait eu lieu par l'estomac, il y a, par ce fait, amélioration dans l’état de l’individu et l’on doit les favoriser. Lorsque les doses sont assez considérables, ou bien, selon la susceptibilité du sujet , les symptômes débutent souvent par des convulsions dans les muscles de la face et des membres ; il y a distorsion de la bouche, rire sardonique et même agitation analogue à la danse de St-Guy ; les malades font les actions les plus déraisonnables et les gestes les plus bizarres, souvent même ils sont saisis d’une fureur horrible, se battent et se déchirent les uns les autres sans motifs. On cite l’exemple d’un couvent dans lequel les moines, qui avaient mangé des racines de jusquiame mêlées à des racines de chicorée, éprouvèrent une fureur si violente les uns contre les autres, qu’ils se portèrent aux plus grands désordres et que l’on fut obligé de les enfermer dans leur cellule. Des matelots qui avaient mis dans leur bouillon des tiges de jusquiame au lieu de panais éprouvèrent des symptômes analogues.
L’empoisonnement par la jusquiame peut aussi avoir lieu par des lavements préparés avec les feuilies de celte plante ; j’ai vu moi-même un accident analogue se répéter plusieurs fois chez une personne affectée d’un cancer du rectum, à laquelle deslavemens de jusquiame donnèrent lieu plusieurs jours de suite à des accès qui duraient quelques heures et qui, se dissipant ensuite , furent pris pour des accès de fièvres pernicieuses intermittentes. Les auteurs citent plusieurs exemples d’accidens produits parle même moyen et presque toujours dans le but de calmer les douleurs produites par le cancer du rectum ou des parties voisines.
Le traitement consiste à déterminer le vomissement, lorsque le poison a été introduit dans l’estomac, et l’on a remarqué que l’émétique n’a, dans ce cas , qu’une action bien faible sur cet organe dont la sensibilité est émoussée par l’effet du narcotique; aussi est-on forcé souvent d’en porter les doses successivement à dix ou douze grains; on favorise ensuite les vomissements par de l’eau tiède bue en assez grande quantité. Des lavements purgatifs sont aussi indiqués, soit pour faire évacuer le reste du poison qui aurait pu être digéré, soit pour déterminer l’évacuation des matières contenues dans les gros intestins, dans le cas où le poison aurait été pris en lavement. Des boissons acidulées ont été ensuite conseillées comme moyen de dissiper les symptômes.
Action thérapeutique. — On conçoit qu’une plante aussi active que la jusquiame ait été employée en médecine; c’est surtout contre les affections nerveuses que l’on a dirigé son action. Stoerck dit l’avoir administré avec avantage dans l’hypocondrie, la manie, l’hystérie, l’épilepsie et les convulsions; on en a fait usage également dans les toux nerveuses, l’asthme et les névralgies. On l’a employée aussi contre la phthisie, les engorgemens lymphatiques et même les hémorrhagies, quoiqu’il soit douteux qu’elle ait quelque utilité dans ce dernier cas. A l’extérieur, on l’a appliquée en cataplasmes préparés, soit avec les feuilles écrasées, soit avec la racine cuite, comme moyen de soulager des douleurs nerveuses, rhumatismales ou goutteuses. Les feuilles cuites avec du lait sont regardées comme un bon moyen pour résoudre les engorgements laiteux et les tumeurs des mamelles. Les fumigations avec les graines de jusquiame calment avec beaucoup de succès les douleurs odonlalgiques.
Lajusquianie s’administre sous différentes formes, mais la plus usitée est celle d’extrait, qui se prépare de plusieurs manières, et qui jouit de propriétés différentes, suivant ces divers modes de préparation. L’extrait alcoolique qui, jusqu’à ces derniers temps, a été le plus employé, se prépare avec une partie des feuilles sèches que l’on fait macérer pendant quatrejours,àunetempératurede 25 degrés dans quatre parties d’alcool à 22 degrés; on filtre, on distille jusqu’aux trois quarts et l’on fait ensuite évaporer le quart restant à une douce température jusqu’à consistance d’extrait. Cette préparalions’adminislreen pilules à la dose de 5 et 10 centigrammes; on peut l’élever, par l’usage, successivement jusqu’à deux et trois grammes et même plus. L’extrait aqueux de feuilles sèches parait jouir de peu de propriétés et n’est presque pas employé. Cependant certains auteurs, etM. Soubeiran luimême, le regardent comme aussi actif que l’extrait préparé avec le suc dépuré.
L’extrait de jusquiame du Codetc se prépare avec le suc frais de la plante que l’on purifie par la chaleur au moyen du bain-marie quicoagule l’albumine végétale et qui précipite la chlorophylle et les substances insolubles que cesucpeut contenir; on passe par expression et l’on évapore ensuite en consistance d’extrait qui s’administre aux mêmes doses que l’extrait alcoolique. L’extrait de suc non dépuré se prépare en faisantévaporer â une température de 35à40deg. le sucdelaplante que l’on a passé à travers un linge sans le soumettre à l’action de la chaleur ; mais comme il contient des matières étrangères, il est moins actif que le précédent. Lorsque l’on prescrit l’extrait de jusquiame sans désignation, c’est l’extrait du suc dépuré du codex que l’on donne dans les pharmacies.
On prépare un sirop de jusquiame avec 17 décigrammes d’extrait du codex pour 500 grammes de sirop simple. On fait un emplâtre de jusquiame avec ex! rai t alcoolique 9 par ties, résine élémi 2, cire blanche 1 ; on fait fondre la cire et la résine et l’on incorpore ensuite l’extrait qui se mélange facilement. La teinture alcoolique se prépare avec jusquiame sèche une partie, alcool à 21 degrés,
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4 parties , on fait macérer pendant is jours, on passe avec expression et l’on filtre. On fait avec une partie de feuilles fraîches de jusquiame et 2 parties d’huile, par ébullition, sur un feu doux et en laissant digérer ensuite, une huile de jusquiame, qui est employée en onction et en friction , dans les douleurs rhumatismales, On prépare de la même manière, en substituant l’axonge à l’huile, une pommade de jusquiame qui a les mêmes propriétés thérapeutiques.
Üyosciamine. — Les chimistes modernes ont découvert dans la jusquiame un principe particulier qu’ils ont nommé hyosciamine et qu’ils ont extrait en précipitant la décoction de jusquiame par un alcali lavant le précipité et le trai ant par l’alcool. Blanche et cristallisée en aiguilles soyeuses , l’hyos-
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ciamine est d’une saveur âcre et désagréable; elle se volatilise presque sans décomposition. Cette substance, qui est regardée comme le principe actif de la jusquiame, est plus abondant dans les graines que dans les feuilles et les racines ; elle est encore aujourd’hui presque sans usage en médecine.
Il existe dans le midi de la France une autre espèce de jusquiame qui, en raison delà couleur de ses fleurs, a reçu le nom de Jusquiame blanche, H. Albus. Quoique la plante soit un peu différente de celle que nous venons de décrire, ses propriétés , comme poison et comme médicament, sont les mêmes , et tout ce que nous en avons dit peut s’appliquer à la jusquiame blanche.
Médecin inspecteur des eaux minérales Membre du conseil de salubrité.
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K.AJEFUT ou cajeput (mat. mèd.), s. m. On donne ce nom à une huile volatile qui est produite par la distillation des feuilles et des rameaux d’un arbuste des Moluques, le Melaleuca -leucadendron L., nommé aussi Melaleuca cajeputi. Roxb. Ce liquide est incolore, souvent vert, surtout lorsqu’il a été conservé dans des vases de cuivre et que quelques parties du métal se sont combinées avec ses principes ; il est d’une odeur vive, pénétrante, qui paraît imiter celle d’un mélange de térébenthine, de camphre, de menthe poivrée et de rose ; il est soluble dans l’alcool et l’éther. On reconnaît la présence du cuivre dans l’huile de cajeput en y mêlant une solution étendue de prussiate de potasse ferrugineux et agitant pendant quelque temps; il se produit alors une teinte rougeâtre, formée par le cuivre ou purifiée par la distillation.
L’huile de cajeput, qui est fort excitante, fut très-peu employée en France jusqu’à l’époque du choléra, où on la vanta extrêmement contre cette affection; mais elle fut, ainsi que beaucoup d’autres substances dont on avait annoncé les merveilleux effets, sans aucune action pour la guérison de cette funeste maladie. J. B.
k. arabe. C’est un nom donné au Succin. V. ce mot.
E.ÉEOIDE ( path. ) s. f. (de kèlè tumeur, eïdos forme). Celle maladie, décrite pour la première fois par feu le professeur Alibert et rangée par lui dans la classe des dermatoses cancéreuses, « est « caractérisée par une ou plusieurs excroissances « plus ou moins proéminentes ; dures, résisl antes « sous le doigt qui les comprime; tantôt cylindri- « ques , tantôt rondes ou quadrilatères , aplaties « dans leur milieu, relevées par leur bord en ma- « nière de bourrelet, projetant par leurs parties « latérales comme des racines qui s’implantent « dans la peau, offrant parfois l’aspect d’une ci- « catrice de brûlure. » ( Traité des Dermatoses , t. II, p. 195.)
Les causes de cette maladie sont peu connues ; on sait seulement qu’elle affecte plutôt les femmes que les hommes, les personnes dans l’âge adulte que les enfants et les vieillards. Ces excroissances
sont formées d’un tissu fibreux, blanchâtre, entrecroisé, semblable à celui de la mamelle: on les observe surtout à la poitrine dans la région sternale; ainsi chez les femmes on les rencontre entre les deux seins ; on en a vu aussi au col et à la face. Plus souvent simple , la kéloïde est quelquefois multiple. Elle débute sans que le malade s’en aperçoive, et se montre en revêtant les carac! ères que nous lui avons assignés d’après Alibert. Quant à la couleur , tantôt rouge, ou seulement plus foncée que celle de la peau environnante, elle est quelquefois pâle et décolorée. Ici indolente , elle présente ailleurs des douleurs aiguës, lancinantes, soit d’une manière continue , soit seulement dans les vicissitudes atmosphériques, les temps d’orage surtout
La kéloïde ne doit point être confondue avec certaines brides fibreuses qui se forment dans les tissus des cicatrices et qu’ Alibert désigne sous le nom de fausse kéloïde. On ne la prendra pas non plus pour des tumeurs érectiles des loupes, etc., trop de différences existent entre ces maladies et celles dont nous parlons ici.
La kéloïde reste souvent un nombre indéterminé d’années sans faire de progrès et sans incommoder les malades autrement que par le volume et quelquefois par des élancements. On l’a vue plusieurs fois se flétrir et disparaître d’elle-même sans laisser d’autres traces de son existence antérieure qu’une cicatrice blanche et ridée.
Jusqu’ici aucun traitement n’a réussi contre celte singulière maladie ; extirpée, elle reparaît avec une promptitude merveilleuse ; les pommades, les onguents de toute espèce , les préparations les plus variées et les plus actives , les cautérisations soit avec les substances escarroliques , soit même avec le fer rouge, ont échoué entre les mains des médecins. Cette maladie, sauf de rares exceptions, se joue de tous nos efforts; mais ce qui doit consoler ici, c’est qu’elle n’est nullement dangereuse, ne s’ulcère pas et constitue en quelque sorte autant une difformilé qu’une maladie.
Beaugrand.
kératome .(chir.) s.m. du grec lieras, corne, et de