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comme dans les corps que la vie a abandonnés ; c’est ce qui arrive dans la gangrène.

putrieage ( path .), s. m. ( pullriago ). On appelle ainsi l’état de ramollissement et de putréfaction dans lequel tombent les tissus gangrénés. (Y. Gangrène .)

pyéeite (path.), s. f. C’est l’inflammation de la muqueuse qui tapisse certaines parties des Reins. Y. ce mot.

pylore (i mat .), s. f. (V. Estomac.)

pylorique ( anat .), adj. (du grec pulê, porte), qui appartient au pylore. On dit Y orifice pylorique , pour désigner l’espace rétréci par lequel l’estomac s’abouche dans le duodénum; Y artère pylorique est une branche de l’hépathique qui se distribue au pylore et à la petite courbure de l’estomac.

pyogénie (path.), s. f. (du grec puon, pus, et génésis, génération, formation du pus). La génération du pus dans les tissus enflammés.

pyohémie (anat.) s. f. On donne quelquefois ce nom à des maladies dans lesquelles il y a une tendance à la formation de collections purulentes, telles que la phlébite, la morve et les fièvres graves qui se développent par suite des inoculations de matières putrides qui ont lieu par piqûres dans les études anatomiques. J. B.

PYR ami D Aï, (anat.) adj. et s. (de pyramis , pyramide), ce qui a la forme d’une pyramide. — Os pyramidal. C’est le troisième os de la première rangée du carpe (V. Main). — Muscles pyramidaux du nez(fronto-nasaux deChaussier), de forme triangulaire, ayant le sommet en haut et la base en bas, ils se confondent supérieurement avecl’occipitofrontal, et, en bas, avec le dilatateur du nez. — Muscles pyramidaux de l'abdomen ( publio-sous-om bilicaux de Chaussier). Ils n’existent pas toujours; ils sont aussi triangulaires, s’attachent à la ligne blanche, et vont de là se rendre au pubis. J. B.

pyramide (anat.), s. f. (pyramis). On appelle ainsi une petite saillie osseuse qui se trouve dans la caisse du tympan. On donne encore ce nom à des éminences de la protubérance annulaire. (V. Cerveau.)

pyrèthre f .(bot. et mat. mèd.) Anthémis pyrethrum. C’est une plante de la famille des Radiées, J. Syngénésie superflue de Linné et du genre anthènis dont le nom vulgaire est camomille, aussi donnet-on quelquefois à cette plante le nom de camomille pyrèthre. Elle est vivace, à racine pivotante, à tiges nombreuses et élevées; les fleurs sont solitaires à l’extrémité des rameaux , grandes et radiées ; les fleurons du disque sont jaunes, ceux de la circonférence blancs en dessus et rouges en dessous. Cette plante , qui est herbacée, croit dans les contrées chaudes, dans le Levant; on dit qu’on la cultive dans le midi de la France, aux environs de Montpellier : celle qui nous vient de Tunis est la plus estimée. On cultive dans la Thuringe une variété de cette plante que l’on nomme pyrethrum germanicum, elle est moins élevée que la précédente ; quelques auteurs pensent qu’il y a identité entre ces deux espèces et que le climat seul est la cause du peu de développement de la dernière.

La pyrèthre est un sialagogue puissant, c’est-àdire qu’elle provoque avec énergie la sécrétion de la salive; la racine, qui est la seule partie de la plante employée, est cylindrique, longue et grosse comme le doigt, grise et rugueuse en dehors, grise ou blanchâtre en dedans; d’une odeur forte et irritante; d’une saveur brûlante et qui excite fortement la salivation, d’où lui vient son nom, du grec pyr, feu.

Le principe actif de cette plante, qui est soluble dans l’éther et l’alcool, réside dans deux huiles, l’une fixe et l’autre volatile qui sont d’une extrême âcreté, plus une substance brune résineuse très-âcre aussi. On prépare avec la pyrèthre des élixirs pour la bouche qui ne sont autres que la teinture alcoolique de cette plante à laquelle on ajoute des substances aromatiques, telles que la cannelle, la vanille, le girofle, la coriandre, le safran, etc. La teinture alcoolique se prépare avec : racine de pyrèthre, une partie, alcool à 36 degrés, quatre parties, la dose est de 2 grammes dans 50 grammes d’eau employée comme collutoire. On prépare aussi une teinture plus faible qui est employée pour la toilette avec: racine de pyrèthre, une partie, alcool de romarin, 16 parties. La teinture éthérée, qui s’emploie dans les odontalgies en imbibant un petit tampon de coton que l’on introduit dans la cavité de la dent malade, se prépare avec éther sulfurique, 16 parties pour une partie de racine de pyrèthre : cette teinture est extrêmement âcre. Le vinaigre de pyrèthre, ou collutoire odontalgique de Fox, se fait avec racine de pyrèthre, 30 grammes, opium, 30 centigrammes, vinaigre, 375 grammes. On l’emploie pour calmer la douleur de dents.

La pyrèthre, comme on le voit, est surtout siaîagogue et odontalgique : fraîche et appliquée sur la peau elle la rubéfie fortement; quelquefois on l’a employée comme tonique et stomachique, mais ses propriétés sont très-contestables ; les habitants de certaines localités et de l’Atlas, dit-on, l’emploient comme condiment, elle remplace pour eux le poivre.

On l’a employée comme stimulant dans des cas de paralysie de la langue; et en friction dans certaines paralysies rhumatismales. En poudre elle est employée comme sternutatoire et pour détruire les poux. Un autre genre, nommé vulgairement Pyrèthre du Caucase, qui est le Pirethrum Willemoti, a été tout récemment employé pour détruire les puces et les punaises, ainsi que les pucerons qui se développent sur les plantes. J. -B Beaude.

P yrêtiqu E(pa/A.)adj.,dugrec pyré /tes, fièvre, se dit des phénomènes de la fièvre et des choses qui ont rapport à la fièvre. (V. ce mot.)

pyrexie ( path.) s. f. État fébrile, la fièvre; est une pyrexie. (V. Fièvre.)

pyurie (path.) s. f. Se dit du mélange d’une matière purulente aux urines ; ce phénomène s’observe dans certaines maladies des reins et de la vessie. (V. ces mots.)

pyrole (bot.) s. f. , plante de la famille des Erycinées, J.,deladéeandriedigynie, L. La pyrole à feuilles rondes était très-employée autrefois comme astringent ; inusitée aujourd’hui. — La pyrole en ombelle n’est employée que dans l’Amérique septentrionale ; elle passe pour diurétique.

pyroëXS. (V. Çardialgie.)

quadrijumeaux ( anat .), adject. (lat. quadrigemini). On appelle, d’après Riolan, muscles quadrijumeaux, quatre muscles de la région pelvitrocliantérienne ( région extérieure et latérale du bassin) qui sont : le pyramidal, les deux jumeaux et le carré crural. — Le nom de tubercules quadrijumeaux (éminences bigéminées de Chaussier) est donné à quatre éminences appartenant à la protubérance cérébrale et sur lesquelles repose la partie postérieure de la glande pinéale. (V. Cerveau .) J, B.

quarantaine. (Y .Peste, Contagion et 5anitaires [lois]).

quarré. (V. Carré.)

quarte (Fièvre) ( méd .), s. f. C’est une fièvre intermittente dont les accès reviennent en laissant entre eux deux jours d’intervalle. Dans la fièvre double-quarte, sur quatre jours, le troisième est seulement exempt de fièvre ; dans la fièvre triplequarte , il y a un accès chaque jour, celui du premier jour ressemblant à celui du quatrième. La fièvre quarte revêt encore différentes formes auxquelles on donne le nom de quarte doublée , de quarte triplée, lorsqu’il y a deux et trois accès le quatrième jour, etc. (Y. Fièvres intermittentes).

quassia [bot. méd.) , s. m.; bois de Surinam , simaruba amara. On donne ce nom à un arbrisseau originaire de la Guyane , qui appartient à la famille, des rutacées , tribu des simaroubées ( dé candrie monogynie , L. ), et qui a donné son nom au genre quassia ; cette plante, qui se plaît au bord des eaux , était employée comme fébrifuge dans la médecine des naturels de la Guyane ; les racines de cet arbrisseau ont été d’abord employées , et, depuis, on a fait usage du bois, et c’est seulement cette partie de ce végétal qui est envoyée en Europe ; le bois se trouve en morceaux dont les plus petits sont de la grosseur du pouce ; ils sont longs de deux ou trois pieds, blanc-jaunâtres, légers, d’une saveur amère très-marquée. Le quassia est revêtu d’une écorce d’un gris-jaunâtre , mince, fibreuse, adhérant peu au bois, sans odeur, et d’une amertume excessive ; l'écorce est piquetée

de petits points noirs et l’on n’y observe point de lichen , ce qui est un des caractères qui permettent de distinguer le vrai quassia du faux. L’amertume du quassia est si considérable, qu’une partie de ce bois communique cette saveur, et d’une manière très-marquée, à cent parties d’eau. Cette substance était usitée dans la médecine des indigènes comme fébrifuge et tonique. On en faisait un plus grand usage autrefois que de nos jours : on l’employait en infusion à la dose d’un à deux gros dans une pinte d’eau ou en extrait aqueux ou alcoolique ; on prépare un vin de quassia avec trente-deux grammes de cette substance , autant d’alcool et un litre de vin blanc.

Le quassia est employé dans tous les cas où l’on fait usage des amers; il est stomachique et antifébrile : on l’ordonne quelquefois contre la goutte et aussi dans les langueurs de l’estomac. Tompson a découvert dans le quassia un principe immédiat très-amer, soluble dans l’eau , auquel il a donné le nom de quassine. Le quassia s’emploie souvent pour donner à la bière de mauvaise qualité un goût amer qui la fait supporter ; cette sophistication , qui était très-usitée en Angleterre , a été sévèrement défendue. L’infusion de quassia a été aussi employée pour détruire les insectes dans les herbiers; la poudre du quassia, mêlée avec de l’eau et un peu de sucre, est, dit-on, une excellente mort-auxmouches. J. B.

queue (anat.), s. f. (du latin cauda). C’est le prolongementdes os coccygiens qui terminent postérieurement le tronc de beaucoup d’animaux. — On appelle queue de cheval le faisceau de nerfs (les nerfs lombaires et sacrés) qui termine inférieurement la moelle épinière chez l’homme. — On appelle vulgairement queue du fruit ce que les botanistes appellent pédoncule, et queue d’une feuille, les pétioles*

quinine (Y. Quinquina).

quinquina [mat. méd.), s. m. On donne ce nom à l’écorce de plusieurs arbres de la famille des Rubiacées, de la tribu des cinchonées et du genre cincbona , qui croissent dans l’Amérique du Sud et spécialement au Pérou. C’est en 1638 que les

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propriétés du quinquina furent, dit-on ,connues, pour la première fois, des Européens ; une comtesse de Qnchona, vice- reine du Pérou, fut guérie par un corrégidor de Loxa d’une fièvre intermittente qui mettait ses jours en danger. Cette écorce fut bientôt connue en Europe, et deux ans après, en 1640, elle fut apportée par les jésuites; le quinquina fut alors désigné sous le nom de poudre des jésuites, poudre de la comtesse, écorce du Pérou ; son véritable nom est Kina-Éina ou Kinkin, écorce des écorces ; c’est celui que lui donnent les naturels de l’Amérique du Sud.

Il existe dans le commerce une très- grande variété de quinquinas qui jouissent de propriétés qui diffèrent beaucoup quant à leur énergie, mais qui tous appartiennent à la tribu des cinchonées et principalement au genre cinchona. Les pharmacologistes ont groupé ces différentes variétés en trois genres principaux qu’ils désignent sous le nom de quinquina gris, de quinquina jaune et de quinquina rouge, auxquelsonjointl’orangé;certains auteurs ne reconnaissent même que ces trois espèces de quinquina officinal, et ils les rapportent aux cinchona condaminea, cordifolia et obtusifolia. Cette classification ne sert le plus ordinairement , ainsi que nous l’avons déjà dit , qu’à désigner des groupes dans lesquels viennent se ranger les espèces connues qui ne sont qu’au nombre de huit ou dix dans le commerce, tandis que quelques pharmacologistes sont parvenus jusqu’à en réunir 53 espèces.

Les quinquinas se récoltent par des hommes que l’on désigne sous le nom de cascariltos, de eascarilla, nom générique de toutes les écorces que l’on récolte dans cette partie de l’Amérique. Ces hommes vont dans les forêts où croissent les cinchonées, essaient si l’écorce est bonne en en enlevant une portion qu’ils exposent au contact de l’air; si elle rougit, c'est une preuve qu’elle est mûre, et on l’enlève en faisant des incisions aux branches et au tronc. La récolte a lieu du mois de septembre au mois de novembre; on sèche ensuite les écorces au soleil ; on les trie lorsqu’elles sont sèches, on rejette les mauvaises écorces, et on en fait des paquets dans lesquels les écorces sont assorties d’après leur aspect, plutôt que d’après leur provenance, et on les expédie en Europe. On voit que, en raison de ces circonstances, il est souvent très-difficile de distinguer les diverses variétés de même couleur qui nous sont envoyées.

Quinquina gris. C’est l’espèce la plus connue et la plus usitée; elle se compose d’écorces assez minces, peu fibreuses , plus astringentes qu’amères,grises en dehors et rouges en dedans, donnant une poudre d’une couleur grisâtre et contenant les trois alcaloïdes découverts dans le quinquina : la cinchonine , la quinine et Yaricine. Le quinquina Loxa, le faux Loxa, le Lima ou Huanaco, lequinquina J ean , YHumalies sont compris dans ce genre. La première et la troisième espèce sont les seules qui, dans ce groupe, possèdent des qualités bien marquées. Le faux Loxa et l’Humalies ne contiennent que delà cinchonine; le quinquina Jean ou quinquina d’Arica ne contient ni quinine ni cinchonine, mais un autre alcaloïde désigné sous le nom d 'aricine.

Quinquina jaune. Les quinquinas qui forment ce groupe sont plus épais que les quinquinas gris,

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ils sont plus fibreux , leur saveur est moins astringente et plus amère , la couleur de la poudre est jaune fauve ou jaune orangé; ce sont les quinquinas qui contiennent le plus de quinine ; les bonnes espèces se reconnaissent facilement par un précipité qu’elles forment avec le sulfate de soude en solution , à cause de la quantité considérable de quinate de chaux et de quinine qu’elles contiennent. Les espèces comprises dans ce genre sont : le quinquina Ua/ysaya ou Jaune royal, le Calysaya léger ou Jaune orangé, le quinquina Jaune du roi d’Espagne, celui d ’Anliochia ou Jaune fibreux, et le quinquina Carthagène. Tous ces quinquinas sont de bonne qualité et contiennent de fortes proportions de quinine, à l’exception du calysaya léger, qui contient davantage de cinchonine et le Carthagène qui paraît ne contenir que de faibles proportions de quinine; certaines variétés de ce quinquina n’en présentent même que des traces.

Quinquina bouge. Les espèces de quinquina rouge sont bien moins nombreuses que celles des deux groupes précédents. Mérat et Delens n’en admettent qu’une seule espèce; mais M. Guibourt en distingue plusieurs espèces qu’il divise en deux sections sous les noms de quinquinas rouges vrais et officinaux, et de quinquinas rouges inférieurs. Les deux espèces officinales sont le quinquina rouge verruqueux, et le rouge non verruqueux. Les quinquinas rouges sont amers et astringents; ils tiennent le milieu, par leur texture fibreuse, entre les gris et les jaunes ; leur poudre est d’un rouge plus ou moins vif ; ils contiennent de la quinine et de la cinchonine en quantité assez marquée; la matière résineuse, qui existe dans tous les quinquinas, y est aussi en proportion plus notable; les écorces sont généralement plus épaisses, et les plus grosses contiennent souvent encore des portions d’aubier qui y sont adhérentes : cette espèce est assez estimée.

En général, les bonnes écorces des diverses espèces de quinquina doivent être saines, lourdes, moyennes en grosseur, roulées, d’une odeur particulière, d’une amertume franche, et privées le plus possible de lichens. Ce médicament est souvent altéré dans le commerce par son mélange avec d’autres écorces qui n’appartiennent pas à la famille des rubiacées, et qui ne jouissent point des propriétés du quinquina. Aujourd’hui, on a des moyens certains de reconnaître la qualité du quinquina par des analyses d’essais dans lesquelles on détermine, sur de certaines quantités de cette écorce, la proportion de quinine qu’elle peut contenir.

L’analyse du quinquina a démontré qu’il était composé , indépendamment du ligneux et des substances qui se trouvent ordinairement dans les végétaux : d’acide quinique, de quinine et de cincho- . nine, à l’état de quinates, substances dans lesquelles résident les propriétés actives ; plus, d’une substance nommée rouge cinchonique, qui est de deux espèces, l’une soluble et l’autre insoluble; et enfin d’une combinaison de ce rouge cinchonique avec la quinine et la cinchonine; d’une matière colorante jaune et d’une matière grasse verte.

La quinine a été découverte par Pelletier et Caventou. C’est un alcaloïde dans lequel réside la propriété active du quinquina, et qui permet d’administrer, sous un petit volume, un médicament énergique, et qui représente des doses trente à qua-

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raute fois plus considérables des quinquinas les plus actifs. Cette quinine est blanche, cristallisée sous forme de houppes soyeuses, ou d’aiguilles radiées dérivant de prismes à six pans , très-amère , presque insoluble dans l’eau, qui n’en dissout qu’un centième , soluble dans l’alcool et l’éther ainsi que dans les huiles grasses et volatiles; elle ramène au bleu les papiers de tournesol rougis par les acides. Combinée avec les acides , la quinine forme des sels la plupart solubles , et qui , à cause de cette propriété, sont employés en médecine de préférence à la quinine pure ; le sous-sulfate est surtout celui dont on fait presque exclusivement usage. On augmente sa solubilité en le rendant acide au moyen de petites quantités d’acide sulfurique.

Les sels de quinine cristallisent facilement ; ils ont un aspect nacré , une saveur amère; leurs solutions ont un aspect opalin: ils précipitent, par les alcalis, les oxalates et les tartrates; l’infusion de noix de galle et le tannin décèlent la présence de la quinine jusqu’à 1/2000 dans une liquenr; c’est même au moyen de ce procédé, indiqué par M. Henry, que l’on détermine la qualité des quinquinas, et que l’on constate s’ils sont riches en qui nine et en cinchonine.

La quinine se prépare en traitant un kilo de quinquina, réduit en poudre, par l’eau additionnéed’acide chlorhydrique, 64 gram. pour 12,000 gram. d’eau. On traite trois fois le quinquina par décoction, avec chaque fois le tiers du mélange ci-dessus; on réunit les décoctions , et l’on ajoute ensuite à chaud 100 parties de chaux vive délayée dans cinq à six fois son poids d’eau. La chaux doit être ajoutée jusqu’à précipitation complète de la quinine. On lave le dépôt, on le met égoutter sur des toiles et l’on comprime fortement , puis on fait sécher à l’étuve; on traite ensuite plusieurs fois par l’alcool bouillant qui enlève la quinine au précipité calcaire. On distille, et l’on obtient, pour résidu , la quinine brute, qui a l’aspect d’une résine de couleur brune, et qui est quelquefois employée en médecine dans cet état, sous le nom de quinine brute.

Pour préparer le sulfate de quinine , on met la quinine brute dans une bassine avec environ vingt fois son poids d’eau distillée; on porte à l’ébullition , et l’on ajoute ensuite la quantité d’acide sulfurique nécessaire pour dissoudre toute la quinine. On projette du noir d’os en poudre, environSOgram. pour l,000gram. d’eau; on laisse bouillir deux minutes, et l’on filtre. Le sulfate qui cristallise est loin d’être pur; il est encore coloré, et on ne l’obtient blanc et bien cristallisé en houppes soyeuses, qu’après l’avoir fait dissoudre et porté à l’ébullition deux ou trois fois dans de l’eau acidulée et additionnée de noir animal.

La quantité de quinine contenue dans les quinquinas varie dans des proportions considérables: elle est de 24 à 30 gram. par kilo pour les meilleures espèces, et elle descend à quatre gram. seulement pour les espèces inférieures. Les autres sels de quinine que l’on prépare pour l’usage médical sont le chlorhydrate, l’acétate , le nitrate , l’hydrocyanate et l’iodure d’iodhydrate de quinine , mais ils sont bien moins employés que le sulfate. Le valérianate et le lactate de quinine, de l’iodure de fer et de quinine ont aussi été employés dans ees derniers temps. Les deux premières prépara-

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tions ont été proposées par le prince L. Lucien Bonaparte ; les médecins qui en ont fait usage disent que, dans certains cas , elles sont plus actives que le sulfate de quinine.

La cinchonine s’obtient par les mêmes procédés que la quinine; seulement, lorsqu’on veut la préparer,on prend des quinquinas qui sont plus riches en cinchonine qu’en quinine, tels que les quinquinas loxa : elle est amère , peu soluble dans l’eau ; elle cristallise en prismes quadrilatères; elle estincolore, inodore et translucide ; sa saveur amère est plus longue à se développer que celle de la quinine. Son action médicale est analogue à celle de la quinine, mais moins active ; on est obligé de l’employer à doses doubles. Elle est peu soluble dans l’éther et les huiles fixes et volatiles ; elle se dissout mieux dans l’alcool , surtout à chaud. On prépare des sels de cinchonine qui jouissent des mêmes propriétés que les sels de quinine, mais toujours avec moins d’énergie.

L ’aricine qui s’extrait du quinquina d’aricà est un alcaloïde qui crystallise comme la cinchonine en belles aiguilles applaties, qui jouit de quelques unes des propriétés chimiques de cette dernière base ; elle se distingue de la quinine etde la cinchonine par l’iodure de potassium ioduré qui forme avec elle un précipité d’une belle couleur jaune qui ne change point à l’air, tandis qu’il se forme un précipité bleu noirâtre, poisseux, avec les deux autres bases. L’aricine est, jusqu’à présent, sans usage en médecine.

Action médicale du quinquina et de la quinine. — Avant la découverte de la quinine, et lorsque l’on faisait usage du quinquina en substance, il était employé, dans un grand nombre de cas, comme tonique, antiseptique, amer, antipériodique ; aujourd'hui , c’est presque exclusivement comme antipériodique que l’on fait usage du sulfate de quinine, et tout récemment on l’a proposé à haute dose dans les affections rhumatismales et la fièvre typhoïde. L’analyse chimique et l’observatîon clinique ayant prouvé que toutes les propriétés actives et utiles du quinquina résidaient dans la quinine, on a dû renoncer à administrer le quinquina en substance, tel qu’on l’administrait autrefois en poudre, et souvent jusqu’à la dose de 30 grammes.

Les préparations de quinquina , telles que les extraits, le sirop, le vin de quinquina, sont encore employées, mais plutôt comme toniques et stimulants, que comme antipériodiques, la quinine et ses préparations étant presque exclusivement, ainsi que nous l’avons déjà dit, consacrées à cette médication. Le quinquina, lorsqu’il est administré en substance, est difficilement supporté par l’estomac, il détermine un sentiment de chaleur et d’oppression souvent suivi de nausées et de vomissements. Le sulfate de quinine est très-bien supporté à dose modérée; à haute dose, il détermine des phénomènes physiologiques qu’il n’est pas inutile d’indiquer ici. Ils ont principalement lieu sur l’encéphale : ce sont des vertiges, des tintements , des bourdonnements d’oreille continuels et très-fatigants, de la dureté de l’ouïe, et quelquefois de la surdité passagère, du trouble dans la vue, la dilatation de la pupille et même l’amaurose incomplète. Ces accidentsne sont point de nature à donner de l’inquiétude, ils sont la preuve de l’action du médicament et disparaissent après son action ; rarement quelques-uns de

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ces phénomènes persévèrent, et si cela a lieu, iis cèdent facilement à un léger traitement. Les mouvements du cœur sont aussi ralentis par l’action de ce médicament; le pouls baisse quelquefois jusqu’à cinquante pulsations ; la peau devient pâle, fraîche, et le malade éprouve un sentiment de faiblesse et de prostration ; l’estomac et le tube digestif sont aussi le siège d’irritations vives qui peuvent quelquefois dégénérer en phlegmasies. Enfin, à des doses très-élevées, telles que quatre et cinq grammes, on a vu le sulfate de quinine, chez des individus non affectés de fièvres intermittentes, déterminer des accidents mortels.

Dans les fièvres intermittentes, le sulfate de quinine est plus facilement toléré; on l’administre presque toujours associé à l'opium depuis 25 à 30 centigrammes jusqu’à 2 grammes, en plusieurs prises, dans l’intermittence de l’accès ; c’est immédiatement après la cessation d’un accès et le plus loin possible de l’accès suivantquel’on doit commencer à le donner. Dans les fièvres rémittentes, on l’administre dans le cours de l’accès et lorsqu’il commence à faiblir ; il doit en être de même dans les fièvres intermittentes dont les accès sont très-rapprochés et qui ne laissent que peu d’intervalle de complète rémission. Loin défavoriser le gonflement de la rate qui se manifeste souvent dans les fièvres d’accès, ainsi que l'ont avancé quelques médecins , le sulfate de quinine et les préparations de quinquina contribuent, au contraire , à le faire disparaître; cette tuméfaction a été regardée, on le sait, par quelques auteurs comme la cause et non comme l’effet des fièvres intermittentes. Y. ce mot.

La forme sous laquelle on prend ce médicament est très-variable : on l’administre en pilules, en potions, en lavements, et par la méthode endermique. M. Bouchardat a donné , dans son Manuel de matière médicale , une formule de pilules de sulfate de quinine opiacées, dans lesquelles, dit-il, le sulfate de quinine réussit à faibles doses. Voici cette formule : If sulfate de quinine, 70 centigr. ; extrait gommeux d’opium, 5 centigr. ; sirop de gomme et poudre de réglisse, q. s. pour 12 pilules. Le premier jour, on prend 4 pilules, une chaque heure, en commençant le plus loin possible de l’accès à venir; le second et le troisième jour, 3 pilules seulement ; et le quatrième, les deux dernières. Pour tisane, pendant le traitement, et quinze jours ou un mois après, on boit une infusion de centaurée. M . Bouchardat a vu ce traitement, peu dispendieux, réussir très-bien en Bourgogne , dans des épidémies de fièvres intermittentes bien caractérisées. Le sulfate de quinine s’emploie aussi en teinture alcoolique, en vin, ensi-

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