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articulés à angle droit avec la jambe et reposant sur le sol par toute leur face plantaire. Mamelles au nombre de deux, situées en avant sur la poitrine ; peau presque entièrement nue, lisse, de couleur variable; enfin l’existence d’un seul estomac, et d*un cæcum muni d’un appendice vermiforme, complètent l’ensemble des traits qui distinguent l’homme physique des autres animaux.
L’homme, au moment de sa naissance, est faible et débile; il tette environ un an, ne commence à marcher que vers l’âge de dix-huit mois à deux ans, entre dans l’adolescence vers seize ans, dans la virilité à trente, dans l’âge mûr à quarante, dans la vieillesse à soixante, et décroît alors rapidement vers le terme de son existence. Comme cela a déjà été dit à l’article cité plus haut, l’homme est cosmopolite, c’est-à-dire que son organisation est appropriée à tous les climats ; il vit sous l’équateur, dans les zones tempérées, comme sous les climats rigoureux du Nord et du Sud. Il ne paraît cependant pas passer le 55e degré de latitude australe, ni le 65e de latitude boréale, et, comme l’ont démontré les économistes, Malthus entre autres, il se multiplie d’autant plus que la terre qu’il habite est plus fertile et le climat plus doux. Il est polyphage ou s’accommode de tous les genres de nourriture, quoiqu’il vive principalement de fruits et de graines farineuses.
Dans l’espèce humaine, la portée est généralement d’un seul petit, cependant les grossesses gémellaires ne sont pas rares; quant aux portées de trois, quatre et même cinq fœtus, elles sont tout-àfaitexceptionnelles, et d’ordinaire les produits viennent au monde morts ou non viables. Les garçons sont partout supérieurs en nombre aux filles dans une proportion minime, il est vrai, de 21 à 20, ou pour la France 17 à 16 ( Annuaire du bur. des longit., 1838). On a aussi remarqué que les mois d’hiver donnaient le plus grand nombre d accouchements, tandis qu’ils étaient bien moindres en été.
La taille de l’homme est très-variable, cependant les limites extrêmes ne sont pas aussi éloignées que tendraient à le faire croire les récits mensongers de quelques voyageurs anciens et les traditions des peuples. On sait aujourd’hui à quoi s’en tenir sur les contes des nains et des géants. Il est bien constaté maintenant que les peuplades errantes dans la partie la plus méridionale de l’Amérique, et connues sous le nom de grands Patagons (1), ne
(1) Un mot sur cette diversité d’opinions relative à la stature des Patagons. Il est en effet très-curieux de voir, entre les différents voyageurs, des divergences aussi prononcées. Pigafetta, secrétaire de Magallaës, qui les vit le premier dans le port Saint-Jullien, leur donne huit palmes ou sept P^ds de >iaute,ur en 1519: Sebald de Wert, dix ou onze pieds en 1598 , dans la baie Verte ; Olivier de Noort, dans le port Désiré . onze à douze pieds, également en 1598. Aris-Clasz commis sur la flotte de Lemaire et Schouten, en 1615. onze â douze pieds, d’apres des ossements Irouvés dans des sépultures; Narborough, en 1696, une taille médiocre: Deeennes, la même année, moins de six pieds; le commodore Ilyron , en 1764, sept pieds passés; Wallis et Carteret, en 1767 , cinq pieds et demi aux plus grands qu’ils virent dans la baie d Elisabeth; Bougainville, en 1767, cinq pieds dix pouces; Cook, en 1769, dans la baie de Bon-Succès, cina pieds 8 pouces , etc. Ces différentes évaluations sont bien faites pour intriguer les observateurs; mais, d’abord on voit qu’en se rapprochant de notre temps les voyageurs donnent des appréciations beaucoup plus restreintes. Ainsi mettant de côté les exagérations des Hollandais, on voit nue tantôt on rencontre sur les côtes de la Patagonie des hommes d’une taille de six à septlpieds, tantôt des hommes dune taille ordinaire. Cela tient à ce que le pays est parcouru par des peuplades errantes appartenant à des tribus
présentent pas une taille plus élevée que deux mètres et quelques centimètres ; que les Lapons, les Esquimaux, les Bochismans du cap de Bonne-Espérance ont au moins un mètre trois à quatre décimètres (environ quatre pieds). Mais, en général, la stature de l’homme est de un mètre soixante-deux ou soixante-trois centimètres. Les peuples les plus petits habitent, pour la plupart, les limites extrêmes de l’hémisphère boréal. Cependant, nous avons vu que les Bochismans du cap avaient une taille trèspeu élevée. Outre les Patagons, on peut citer, comme s’élevant au-dessus de proportions ordinaires, les Caraïbes et les Arkansas de l’Amérique ; en Europe, les Suédois, les Danois, les Polonais, les Saxons, les Hollandais; en Asie, les montagnards du Coimbetore et du Boutan; en Afrique , certaines tribus de la Cafrerie. Dans l’Océanie, les habitants appartenant aux classes supérieures deTaïli et de diverses autres îles des groupes environnants.
Ces dernières considérations nous conduisent directement à l’objet spécial de cet article, la distinction des différentes races qui habitent le globe.
Quelles sont les données qui doivent servir de base à une pareille classification? Il faut évidemment s’en référer ici aux formes extérieures , et la configuration de la tête, ainsi que la couleur de la peau, fournissent les caractères qui servent à distinguer les différentes races les unes des autres. Depuis quelques années, un nouvel élément est venu s’introduire dans la solution du problème pour en faciliter la solution. Je veux parler de l’étude comparée des langues parlées chez les divers peuples; nous en tiendrons compte. Disons toujours, en attendant, que les langues, amsi envisagées, présentent deux sortes de rapports : d 'affinité, quand, outre une grande conformité de structures grammaticales, elles ont un nombre considérable de racines communes et de termes identiques ; d 'analogie, quand la ressemblance n’existe que sous le rapport des tournures grammaticales sans qu’il y ait des mots communs.
Les variétés de l’espèce humaine qui vont nous occuper sont-elles dérivées d’une même famille et ne sont-elles que le résultat de modifications acquises par l’influence prolongée des localités et des habitudes , modifications transmises par l’hérédité et rendues ainsi permanentes ? C’est ce que pensent certains auteurs , Prichard entre autres; d’autres, au contraire, et nous penchons volontiers vers cette opinion, d’autres admettent que, dès le principe, le monde a été peuplé de familles différentes, dont les traits distinctifs, altérés par divers mélanges, ont cependant conservé jusqu’à nous leur type originel. Une circonstance dont il faut tenir compte, négligée par la plupart des auteurs, et que M. Gerdy a peut-être exagérée, c’est précisément cette influence des mélanges sur les types primitifs. Ce savant physiologiste a consacré dans son ouvrage un long article rempli d’érudition pour démontrer que les différentes peuplades s’étant, par l’émigration ou la conquête, continuellement croisées les unes avec les autres, les caractères spéciaux, propres à chacune d’elles, ont du se trouver profondément altérés. Mais ces mélanges, incontestables
différentes ; les unes formées d’une race d’hommes d’une taille réellement très-élevée, les autres d’hommes d’une taille médiocre.
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d’ailleurs, ayant été quelquefois très-peu considérables, ayant eu lieu dans d’autres cas entre des populations de même sang, le effets n’ont pas dû être aussi marqués que l’a prétendu M. Gerdy. Un fait incontestable, c’est que le Chinois ne ressemble pas au Nègre, le Nègre a l’Américain rouge, et ce dernier à l’Européen ou à l’Arabe. Ainsi, tout en admettant que des variétés ont disparu confondues les unes dans les autres, qu’un certain nombre de peuples sont ainsi de véritables métis auxquels il est impossible d’assigner un rang exclusif; il faut reconnaître cependant que les grandes classes subsistent encore comme pour attester la diversité de leur origine
Il existe un grand nombre de classifications. Cependant, il en est deux entre lesquelles se partagent les savants : celle de Blumenbach, qui admet cinq races : la Caucasienne , la Mongolique, la Malaise, X Américaine et l’ Ethiopienne ou Nègre ; et celle de Cuvier, qui n’en admet que trois fondées plus particulièrement sur la couleur de la peau, et qui sont la blanche plus ou moins brune ou caucasique, la jaune ou mongolique, la noire ou éthiopique. La première division est plus répandue en Allemagne; la seconde est généralement adoptée en France; seulement, il fauty ajouter la race rouge ou américaine. Pour nous conformer à l’usage, nous suivrons celle de Cuvier, tout en prévenant que, par les raisons exposées tout-à-l’heure, une catégorisation rigoureuse est chose complètement impossible.
eace blanche ou caucasiknne. — Ainsi nommée parce que les traditions les plus reculées font remonter son origine aux peuples qui habitent les chaînes du Caucase. Elle est ainsi caractérisée: tete ovale, angle facial de 80 à 85 degrés, peau blanche ou brunie par des conditions diverses, mais reprenant sa blancheur quand les sujets sont soustraits aux causes qui l'avaient altérée. Nez effilé et allongé, joues colorées, lèvres vermeilles, cheveux longs, souples, lisses, du blond clair au noir foncé. Enfin, c’est dans cette race que se rencontre le type de ce que, dans nos idées, nous avons appelé beauté , à cause de la régularité des traits et la proportion des formes. On distingue ici plusieurs rameaux.
1° Rameau Araméen ou Syrien. — Comprend les peuples de t’Asie-Mineure, Assyriens, Chaldéens, Phéniciens, Juifs, Arabes et les Abyssins (l), colonie de ceux-ci. Il est probable que les anciens Egyptiens en faisaient partie.
2° Rameau Indien, Germain et Pélasgique. — Ces dénominations indiquent suffisamment les peuples qui en font partie. On y rattache les Celtes, les Cantabres, les Perses.
3° Rameau Scythe et Tartare. — Renferme les Scythes, les Parthes, les Turcs, diverses nations si-
(1) Les naturalisas placent les Abyssins parmi les peuples de race blanche. Mais c’est là, je crois, une erreur de leur part. Le mot Abyssinie, qui vient de Uabesch (peuples mélangés) . sous lequel les Arabes désignent les habitants de l’ancienne Ethiopie, indique déjà, à priori , qu’il s’agit d’une race métisse. J’ai actuellement sous les yeux les dessins et les notes qu’a bien voulu me communiquer M. le lieutenant de vaisseau Lefebvre, de retour d’un voyage en Abyssinie, dans lequel a péri si malheureusement mon courageux ami, le docteur Petit. Eh bien, il résulte d’un examen attentif de ces documents que les Abyssins sont le produit d’un mélange de peuples blancs (Arabes, Juifs et Grecs) émigrants ou conquérants, et de nègres aborigènes dont l’élément se trouve surtout dans les provinces les plus éloignées du littoral, et qui 1 existe presque pur chez lesGailasetlesChangallas de l’Ouest et du Midi.
tuées au nord et à l’est de la mer Caspienne. Les Finlandais et les Hongrois en paraissent des peuplades détachées et en quelque sorte enchâssées au milieu des tribus esclavones et teutoniques. M. Lesson, dont on connaît les savantes recherches d’anthropologie, rattache à ces rameaux les deux variétés suivantes :
« lre variété, rameau Malais . — Les peuples appelés Malais ont, jusqu’à ce jour, été réunis sous le nom de race malaise , quoiqu’ils ne diffèrent presque point des Hindous (V. Zoologie du voyage de la Coquille, p. 36 à 44), ils forment seulement une variété de ce peuple distinct et présentant quatre types qui sont : le Malais propre, le Javanais, le Macassar ou Boudjis, et l’Amboinais ou Timorien. Cette variété est confinée sur les îles équatoriales de l’archipel des Indes ou Malaisie, ainsi que nous la nommons; depuis Madagascar à l’est, les Philippines à l’ouest, la presqu’île de Maïak au nord et les terres des Papous au sud. »
« 2e variété, rameau Océanien. — Cette variété, que les auteurs plaçaient dans la race Malaise, n’est qu’une variété de la grande famiile Hindoue dont elle a tous les caractères. Elle est disséminée sur les iles éparses dans l’immense mer du Sud, et peuple, en grande partie, toutes les terres de l’Océanie, depuis les îles Sandwich jusqu’à la Nouvelle-Zélande et l’île de Pâques. (Lesson, Manuel de mammalogie , p. 24). »
B. bace jaune, ou mongolienne. — On la reconnaît aux caractères suivants : visage aplati, comme triangulaire, large aux pommettes et plus étroit au menton; les yeux étroits et bridés remontant obliquement vers les tempes, nez aplati, écrasé, cheveux droits et noirs, barbe très-fournie et le plus souvent très grêle, teint olivâtre ou jaune-brun de suie, angle facial de 75 à 80 degrés. La taille est assez généralement médiocre, le corps large et robuste. Cette race occupe la plus grande partie de l’Asie surtout vers l’Orient et le Nord. Elle présente trois variétés.
1° Rameau Mantchoux. — Comprend les Kalmoucks, les peuples de la Bucharieetde laDaourie, au nord de la Chine, et ceux qui s’étendent de la mer Caspienne au Japon.
2° Rameau Sinique. — Occupe l’antique et vaste empire de la Chine, le Japon, la Corée, etc.
3° Rameau Hyperboréen ou Eskimau. — A été regardé par pl . sieurs auteurs comme une race à part, mais ce n’est évidemment qu’une variété de la Mongolique. Ici se trouvent les peuples qui occupent les extrêmes confins de la partie boréale de 1 Europe, de l’Asie et de l’Amérique; ou les connaît sous les noms de Lapons, Samoïèdes, Eskimaux, Kamschadales, etc. Ils sont de très-petite stature, ont le visage plat et court, le nez écrasé, la peau très-brune et les cheveux noirs.
C. race nègre, éthiopique ou mieux mélanibnne. — Le type de cette race se trouve dans toute sa pureté chez les nègres de l’ AfriqueOecidenra'e. Ses caractères sont on ne peut plus distincts. Mâchoire saillante en avant, dents proclives, menton fuyant, ce qui donne à la face une certaine analogie avec le museau du singe ; lèvres épaisses, nez épaté, front plat, cheveux noirs, quelquefois lisses et rudes, mais le plus souvent courts, crépus, laineux ; peau noire ou noirâtre, angle facial de 70 à
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75 degrés, Plusieurs peuples de celte, race sont grands et très- vigoureux.
On y reconnaît sept divisions principales (Lesson) dont plusieurs sont évidemment des produits de divers mélanges , et par conséquent des peuples hybrides.
1er Rameau. Ethiopien. — C’est, nous l’avons dit, le type de la race Mélanienne. Elle a pour signes distinctifs une couleur noir foncé de la peau, la tête étroite, les pommettes saillantes, les mâchoires et les lèvres portées en avant, peu de barbe, les hanches larges, les jambes arquées, le mollet élevé et peu développé. Elle occupe plus particulièrement l’Afrique occidentale (Guinée, Congo, Sénégal, etc.).
2e Rameau. Cafre. — Les Cafres occupent la partie méridionale et orientale de l’Afrique; iis sont grands, bien faits, et leur peau est d’uu gris noirâtre.
3e Rameau. Hottentot. — Ce rameau est le plus disgracié sous le rapport des formes ; on le rencontre vers le cap de Bonne- Espéitmce. Les Hottentots ont environ cinq pieds de hauteur ; l’angle facial a auaplus 75 degrés, le front est proéminent, les cheveux courts, laineux, implantés en demi-cercle; la peau d’un brun noir, couleur de suie ; mais ce qui les distingue plus particulièrement, suivant M. Lichstenstein, c’est d’avoir, comme les singes, les os propres du nez soudés, et la cavité olécranienne de l’humérus percée d’un trou (Lesson). Parmi les Hottentots, les Bochismans ont des femmes fort remarquables par un prolongement énorme des petites lèvres et par une gibbosité graisseuse sur les fesses.
4e Rameau. Papou. — Us ont les plus grands rapports avec les nègres Cafro-Madécasses, tant par la configuration extérieure que par les habitudes. Ils habitent la terre des Papous ou Nouvelle- Guinée, la Nouvelle -Calédonie, la Nouvelle-Irlande, les Hébrides, les îles de Salomon, en un mot la portion occidentale de l’Océanie, ou Mélanésie de certains auteurs modernes (D. d’ürville, Rienzi, etc.).
5e Rameau. Tasmanien. — Offre quelques rapports avec les Papous, occupe la terre de Van-Diemen ou Tasmanie.
6e Rameau. A tfourous-Endamène, ou simplement
Endam'ene (nom que leur donnent les Papouas) .
Ils ont la peau d’un noir jaunâtre ou bistré , les pommettes saillantes, les cheveux droits et rudes, la barbe épaisseettrès-noire;ils se passent un bâton dans la cloison du nez. Ils sont réfugiés dans la partie centrale de plusieurs grandes îles dont le littoral est occupé par les Papouas, leurs vainqueurs.
7e Rameau. Australien. — Voici le portrait qu’en trace M. de Rienzi : « Ils sont moins noirs que les noirs d’Afrique, mais d’une teinte plus jaunâtre que les Papouas... La boîte osseuse du crâne passablement ronde, le front fuyant en arrière, les cheveux floconnés et ordinairement crépus ; leurs bras sont très longs, leurs jambes grêles encore plus longues; ils sont généralement velus; mais plusieurs sont glabres : ils ont la bouche d’une grandeur démesurée, le nez fort large et épaté, les narines également larges, les dents un peu proclives mais d’un bel émail. Chez quelques-uns, la mâchoire inférieure très-avancée leur donne beaucoup de ressemblance avec les Hottentots, et leur visage, vu de profil, est hideux d’animalité. (D. de Rienzi, V Océanie , 1. 1,
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p. 22). » Ils habitent la Nouvelle-Hollande, ou Australie.
D. race américaine. — Quelques auteurs la rattachent à la race Mongole; mais assez généralement on lui accorde un rang à part, bien que les divers peuples qui la composent n’aient pas entre eux une ressemblance bien frappaute, et que beaucoup de traits les rapprochent des Mongols. Ils se distinguent par la teinte rouge cuivrée de leur peau, leur chevelure noire, longue et lisse, la forme saillante du nez, la largeur du visage dont les pommettes ne sont pas marquées. M. Bory de Saint- Vincent y reconnaît trois variétés : l° le rameau Colombique, qui, descendu des Apalaches, se serait répandu vers la Floride, les Antilles et la Guyane ; 2° l’ Américain proprement dit, qui occupe la plus grande partie de l’Amérique méridionale, les bords de l’Orénoque et de l’Amazone, le Brésil, etc. ; et enfin ; 3° le rameau Palagon, vers l’extrémité australe de l’Amérique.
Si maintenant nous examinons ces différentes variétés sous le rapport de leur intelligence, de leur sociabilité, de leurs mœurs, de leur langage, nous verrons que la race blanche tient incontestablement le premier rang, et que le rameau germain-pélasgique est celui qui s’est avancé le plus loin dans la civilisation, les arts, les sciences et la philosophie. Le rameau Syrien ou Arabe vient ensuite. C’est bien encore le même génie progressif, mais avec une plus grande tendance au mysticisme. La langue est riche, les termes et la structure en sont réglés par les lois de la grammaire. Les Scythes, les Tatai s , se distinguent par leur mobilité, leur amour pour la vie errante et vagabonde. Cet esprit de sociabilité et de civilisation, qui distingue la race blanche, se retrouve dans les sauvages de l’Océanie proprement dite , qui occupent les îles de la Société, des Amis, etc., et qui sont unis par le lien commun du tabou (t).
La race Mongole vient ensuite ; les Chinois et'les Japonais, qui en forment la variété la plus importante, ont ceci de particulier, qu’après avoir poussé les sciences, les arts et la civilisation assez loin, ils restent complètement stationnaires , comme s’ils avaient atteint une certaine limite qu’ils ne pussent pas franchir d’eux-mèmes. Un caractère particulier de leur langue, c’est d’être seulement monosyllabique : les mots sont des monosyllabes sans désinences spéciales , et dont les rapports sont exprimés par des intonations particulières; elles ne s’écrivent pas au moyen d’un alphabet, mais de signes idéographiques analogues aux hiéroglyphes.
Les monuments si remarquables que nous ont laissés les anciens habitants du Mexique prouvent que des peuples assez avancés ont occupé cette contrée avant la grande invasion Aztèque. Quant aux peuplades qui y existent encore, elles se distinguent par un amour passionné de la liberté , la ruse et une grande valeur. Leur langue est formée de longs mots polysyllabiques qui, pour exprimer les différents modes de l’idée primitive, offrent une multitude d’inflexions différentes :• elles admettent une variété presqu’infinie de terminaisons et de variations de structure.
(1) Sorte de veto religieux qui se met sur les personnes et sur les choses, et qui les rend sacrées et inviolables.
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Enfin , au dernier degré de l’échelle se trouve la race Mélanienne, qui semble ne pouvoir entrer d’elle-mème dans les voies de la civilisation et qui n’y marche qu’autantqu’on l’y pousse. Mais, parmiles nègres, ce sont plus particulièrement les Hottentots, les Endamènes etles Australiens qui sont plongés dans la plus affreuse barbarie; jamais ils ne forment de corps de nation . ils vivent en tribus peu nombreuses , ils vont nus ou à peine couverts, beaucoup ne savent pas même se construiredes huttes. Les uns, dit M. de Rienzi, ont un idiome doux et sonore qui n’a d’analogie avec aucun de ceux qui nous sont connus; les autres (par exemple dans la baie des Verreries) emploient un idiome plein de sifflements et de battements de langue, et dont certains mots appartiennent plutôt à la bête qu’à l’homme.
Nous regrettons beaucoup que la nature de cet ouvrage ne nous ait pas permis d’entrer dans de plus amples développements. Il nous a fallu esquisser à grands traits et indiquer seulement les principales questions que soulève l'étude comparée si curieuse et si attachante des différents peuples. Nous aurions bien voulu examiner les effets combinés de l’influence de race et de climat sur les mœurs des peuples, mais cette question de philosophie historique sortirait du cadre qui nous est tracé.
E. Beaugrand.
rachialgie [path.), s. f. On donne ce nom à toute douleur qui occupe un point de la colonne vertébrale. (V. ce mot.)
rachidien ( anat .), adj. (du grec rachis, qui signifie colonne vertébrale) ; qui appartient, qui dépend du rachis; canal rachidien, canal dont est creusée l’épine dans toute son étendue. (V. Colonne vertébrale.)
rachis {anat.), s. m., mot grec conservé dans le langage médical, et sous lequel on désigne la colonne vertébrale. (Y. ce mot.)
Rachis (Déviations du). — On désigne, en orthopédie, sous les noms de déviation , incurvation, courbxire du rachis ou de l'épine , gibbosité , etc., les différentes déformations dont cette colonne peut être le siège, et qui consistent dans une ou plusieurs inflexions anormales plus ou moins considérables, dirigées en différents sens et sans lésion organique (telles que carie, tubercule, etc.), des tissus, des vertèbres et de leurs ligaments ; il est bien entendu aussi que les déformations, succédant à des fractures ou à des luxations, ne doivent pas figurer parmi les déviations.
Depuis Galien, on partage en trois genres principaux les difformités du rachis, suivant le sens dans lequel les courbures se sont effectuées. Ce sont : 1° la cyphose, quand la courbure est dirigée directement en arrière; 2u la lordose, quand la courbure est en avant; 3° la scoliose , quand la déviation est de côté.
Examinons rapidement les caractères anatomiques et symptomatologiques de ces différents genres de difformité.
1° Cyphose ou déviation postérieure. — On la rencontre surtout à la portion dorsale ou à l’union des régions dorsale et cervicale du rachis, qui sont naturellement saillantes en arrière ; il est bien rare de la trouver aux lombes où existe une courbure naturelle en sens inverse. Quand elle existe dans toute l’étendue de la colonne vertébrale, celle-ci est transformée en un arc véritable dont la concavité
est dirigée en avant : le squelette du célèbre Séraphin (qui importa chez nous les ombres chinoises), déposé dans le musée Dupuytren, présente une disposition de ce genre. Quand la cyphose est bien prononcée, les côtes se trouvent tiraillées en arrière, et la poitrine, aplatie sur les côtés, est, contrairement à la disposition naturelle, agrandie d’arrière en avant. En même temps, la tête est enfoncée entre les épaules, le menton proéminent en avant sur le sternum, lui-même saillant en forme de carène, ce qui donne aux sujets atteints de cette difformité une ressemblance grotesque avec le polichinelle. Les organes thoraciques n’étant pas ici très-notablement comprimées, il n’y a pas de troubles marqués du côté de la respiration et de la circulation. Quand la cyphose est très-considérable, le corps se trouvant fortement projeté en avant, la marche devient impossible sans l’aide d’un bâton.
La cyphose se montre plus particulièrement chez les très-jeunes enfants et chez les vieillards. Dans le premier âge, la colonne vertébrale est tout-à-fait droite ; mais quand l’enfant n’est pas soutenu, que la tête est très-volumineuse, comme chez les hydrocéphales, alors la tige rachidienne se courbe en avant comme le tronc flexible d’un arbre trop chargé. Dans la jeunesse, des attitudes vicieuses, comme pour écrire ou dessiner, peuvent produire la même difformité; enfin, dans la vieillesse, les muscles ayant perdu leur ressort, le poids des parties antérieures entraine le corps en avant et le courbe de telle sorte qu’un soutien devient nécessaire. Des douleur^ rhumatismales lombaires, des contusions violentes dans cette partie peuvent, en paralysant les muscles redresseurs de l’épine, favoriser la formation d’une cyphose.
Pour combattre cette difformité chez les jeunes sujets, on ordonnera un régime fortifiant, l’habitation à la campagne, dans un air pur, et un traitement tonique anti-scrofuleux. (Y. Scrofule .) On fera des frictions excitantes sur la colonne vertébrale. On fera coucher le sujet sur un lit de crin ou en élastique, bien ferme et horizontal. Enfin, comme gymnastique, on conseillera l’exercice militaire, l’ascension par les mains à une corde ou à une échelle, de manière à déterminer le renversement de la tète en arrière. La natation sera très-utile dans ce but. Andry a imaginé un moyen assez ingénieux, c’est de faire porter sur la tête un corps léger qu’il s’agit de maintenir en équilibre et sans le laisser tomber.
Quant aux moyens mécaniques, on a construit divers appareils de redressement qui ont surtout pour objet de forcer la tête à se maintenir droite ou légèrement renversée en arrière. Mais, comme nous le dirons plus loin, il ne faut avoir recours à ces moyens qu’à la dernière extrémité. Un corset bien fait, dont les brassières sont fixées solidement en arrière, suffit dans bien des cas, combiné avec les moyens généraux de traitement dont nous avons d’abord parlé. On conçoit que, chez les vieillards, il n’y a rien à faire qu’à soutenir le poids du corps avec une canne.
2° Lordose , ou déviation antérieure. — Cette variété est excessivement rare ; les auteurs n’en citent que quelques exemples, et encore, dans la plupart de ces cas, la déviation occupant la région des reins , elle n’est que l’exagération de la courbure lombaire normale. Alors le ventre est jeté en avant , les fesses forment une saillie plus con-
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sidérable que de coutume, les épaules et le dos sont fortement portés en arrière , tandis que la tête se ramène en avant pour maintenir l’équilibre. Si la déviation occupe la partie supérieure de la colonne vertébrale , là où existe naturellement une saillie en avant, la tête est portée en arrière , la face dirigée en haut , ce qui donne au sujet atteint de cette déviation l’attitude d’un homme qui regarde au plafond d’un appartement, Dans les cas exceptionnels où la lordose siégeait à la région dorsale , la poitrine était notablement déformée ; d’où gêne dans la respiration , toux , crachats sanguinolents et autres signes d’un engorgement du poumon (Delpech, de l’Ôrthomorphie, t. I , p. 350.)
La lordose se montre souvent chez les personnes qui se tiennent habituellement courbées en arrière, comme les marchandes des rues , qui portent des éventaires appuyés sur leur ventre, et chez les sujets affectés d’hydropisie ascite. Quelquefois la lordose lombaire est le résultat d'une cyphose dorsale. On comprend, en effet, que, cette dernière ayant pour résultat de rejeter la partie supérieure du corps en avant, le mouvement de redressement n’est obtenu que par une courbure exagérée des lombes , qui reporte en arrière toute la partie supérieure du tronc.
Nous ne dirons rien de particulier des moyens de traitement , ce sont ceux de la cyphose ; seulement les appareils doivent agir en sens inverse et ramener le corps en avant.
3° Scoliose ou déviation latérale. Nous arrivons à la plus fréquente des trois formes d’incurvation du rachis ; c’est celle qui constitue l’immense majorité, j’ai presque dit l’universalité des déviations; c’est à elle que s’adressent ces moyens mécaniques si nombreux , et pour la plupart si inutiles , imaginés dans ces derniers temps.
Sur un même sujet, il est rare qu’il y ait une seule courbure , ou bien alors elle est très-légère ; mais le plus souvent elles sont au nombre de trois : une supérieure dont la convexité regarde à gauche, comprend les dernières vertèbres cervicales et les deux ou trois premières dorsales; une seconde, moyenne , la plus considérable de toutes , ayant sa convexité dirigée à droite, occupe toute la région dorsale ; la troisième , inférieure , est la plus faible de toutes, sa convexité regarde à gauche, et elle est formée par la dernière dorsale et les cinq lombaires.
Le rachis est quelquefois énormément infléchi au niveau des courbures ; il semble, dans certains cas, que la colonne ait été pliée en deux , tant les branches qui constituent chaque partie de l’incurvation sont rapprochées l’une de l’autre. Il en résulte alors une difformité des plus choquantes et un (raccourcissement du tronc, qui peut avoir ainsi perdu le tiers ou la moitié de sa hauteur. Au niveau de chaque inflexion, les vertèbres sont comme torduessur ellesmêmes , de sorte que le corps est rejeté sur la convexité, tandis que l’apophyse épineuse est entraînée du côté concave ; la torsion est surtout marquée au sommet de chacune de ces courbures ; les vertèbres reprennent leur direction là où le rachis reprend ou tend à reprendre sa direction normale. Le thorax subit d’ordinaire une déformation très-caractérisée; les côtes , du côté concave , sont entraînées en arrière et en dedans, elles s’allongent et se redressent, et si la déviation est considérable, elles finissent par
se toucher. Du côté opposé, les côtes sont fortement attirées en arrière et en dehors , leur angle postérieur est beaucoup plus saillant que de coutume, et, parle fait de la torsion des vertèbres, elles semblent s’enrouler autour de ces dernières, d’où résulte un relief très - marqué en arrière. Au total , la poitrine se trouve aplatie sur les côtés, bombée en arrière du côté convexe, et déprimée du côté opposé; en outre la hauteur verticale est nécessairement diminuée : de là , gêne dans la respiration , engorgement habituel des poumons , désordres du côté du cœur , symptômes d’hypertrophie , pâleur et lividité du visage, engorgement œdémateux des membres inférieurs , etc. Ces lésions expliquent l’état de faiblesse habituel des bossus, l’impossibilité dans laquelle sont la plupart d’entre eux de pouvoir courir, monter rapidement un escalier. La saillie des côtes et des vertèbres du côté convexe soulève l’omoplate et l’épaule correspondantes , ce qui augmente encore les dimensions de la gibbosité. Enfin , les cordons nerveux du côté concave sont aplatis et comme écrasés à leur sortie des vertèbres par le rétrécissement des trous de conjugaison, ce qui produit cet affaiblissement et une atrophie dans les muscles qui reçoivent la vie de ces cordons nerveux.
L’aspect de l’individu atteint de scoliose portée à un certain degré est bien connu de tout le monde : la tête se trouve comme enfoncée dans les épaules; le menton , avancé et pointu', descend devant la poitrine; le nez est effilé, les pommettes saillantes; le torse ayant perdu une grande partie de sa hauteur, tandis que les membres ont conservé la leur, les bras et les jambes paraissent d’une longueur extrême , bien qu’ils n’aient réellement que leurs dimensions normales. Il y a disproportion , mais non pas allongement réel des membres ; si le tronc reprenait sa rectitude et sa hauteur, il n’y aurait plus disparate. L’épaule droite étant élevée , le bras de ce côté paraît plus court, tandis que, la gauche étant déprimée , le bras correspondant semble plus long.
En outre des lésions de la circulation et de la respiration, les fonctions digestives sont souvent altérées, et le sujet offre une apparence débile et chétive.
Avant d’aller plus loin , disons immédiatement comment se forment les trois courbures dont nous avons parlé, et qui existent dans la plupart des cas. Une seule est primitive ou essentielle; les autres sont secondaires, et destinées à maintenir l’équilibre du tronc , d’où les noms de courbures d ebalancement, d'équilibre ou de. compensation que les orthopédistes leur ont donnés. Supposons le cas le plus simple : une première courbure se forme à gauche à la région dorso-lombaire de la colonne vertébrale , le torse, suivant dans sa direction la partie supérieure de la courbure, se trouve porté fortement à droite , de sorte que la partie supérieure du corps dépasserait de ce côté la ligne de gravité , si elle n’était ramenée en sens opposé par les puissances musculaires. De là, déjà une seconde courbure dorsale : que celleci devienne considérable, et la tête serait trop fortement déjetée à gauche , si , par l’effet d’une troisième inflexion cervico-dorsale , faisant suite à la seconde, et produite par le même mécanisme qu’elle, l’extrémité supérieure du rachis et la tête n’étaient ramenées vers la ligne verticale.
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Diagnostic. Les déviations de la colonne épinière ne seront pas confondues avec les effets du rachitisme, dont nous parlerons plus loin , et qui consistent dans une flexion, une torsion des différentes pièces osseuses du squelette.
La cyphose et la lordose sont très-faciles à reconnaître, la première pourrait tout au plus être confondue avec la gibbosité résultant du mal de Pott (V. Colonne vertébrale ) , si l’existence d’une saillie angulaire, d’abcès par congestion, la paralysie des membres inférieurs, etc., ne caratérisaient suffisamment cette dernière.
La scoliose ne saurait être méconnue , mais elle peut être simulée, et nous devons parler ici, d’après un ti’ès-bon mémoire de M. J. Guérin sur ce sujet. Quand les déviations sont simulées, il n’y a qu’une seule courbure, comprenant un grand nombre de vertèbres des régions dorsal es et lombaires. Les vertèbres conservent leur configuration normale, ne sont pas tordues au niveau des courbures, et ne font point saillie en arrière ; il n’y a point de déformation du thorax, les sillons de la peau du côté concave sont dans la région du flanc, tandis qu’ils sont plus élevés dans les déviations réelles. La tête est penchée du côté de la concavité de la courbure, parce que, ici , il n’y a pas de courbure de compensation ( Guérin, Mém. sur les déviât, simulées de la col. vert.). Ces notions suffisent pour décéler la simulation.
Causes. On rencontre plus particulièrement la scoliose sur les sujets de 10 à 15 ans, à une époque où les vertèbres sont encore molles et spongieuses , où les muscles n’ont pas encore acquis toute leur vigueur, toute leur élasticité. Les jeunes filles , qui présentent ces conditions à un plus haut degré que les garçons, sont aussi bien plus souvent affectées de déviations rachidiennes. On peut en quelque sorte dire , à cet égard , que les difformités forment chez l’homme une véritable exception. La constitution lymphatique, toutes les causes d’affaiblissement, telles que la convalescence d’une grave maladie, une croissance trop rapide, la mauvaise nourriture , la masturbation , l’inaction prolongée, prédisposent singulièrement aux inflexions de l’épine. L’hérédité est une cause très-commune et admise par tous les orthopédistes. La scoliose est souvent déterminée par la claudication, qui, faisant pencher le corps d’un même côté, entraîne des courbures de la colonne vertébrale ; il en est de même de l’habitude de porter des fardeaux d’un même côté. Les att itudes vicieuses agissent sans contredit pour dévier le rachis , mais on a beaucoup exagéré leur influence, et elles sont bien souvent plutôt l’effet que la cause d’une déviation.
La détermination de certaines causes efficientes a produit, dans ces derniers temps, d’orageuses discussions entre les orthopédistes. Il est à regretter que les bornes dans lesquelles nous devons nous renfermer s’opposent à ce que nous entrions ici dans les développements étendus que réclame l’examen de pareilles questions Nous dirons seulement, parce que cette théorie conduit à de graves conséquences thérapeutiques , que certaines personnes ont voulu voir, dans la plupart des déviations de l’épine , l’effet d’une rétraction musculaire qui entraîne la colonne du côté rétracté, comme une corde attachée aux deux extrémités
d’une tige flexible , la courbe quand elle vient à être raccourcie. Pour renverser cette théorie, il suffirait de faire voir que le rachis n’est point incliné dans le sens où l’on prétend que les muscles rétractés auraient dû l’entraîner, mais dans un autre. Il est bien vrai que les portions musculaires et fibreuses qui existent dans la concavité des courbures sont raccourcies ; mais c’est là un effet consécutif à la courbure elle-même , et qui résulte de ce que, les extrémités des muscles qui s’insèrent aux extrémités de la tige infléchie se trouvant rapprochées, la nutrition se modifie de manière à les accommoder au moindre espace qu’ils doivent désormais occuper. Ainsi ils ne restent pas relâchés, ils se raccourcissent , et, de plus, le défaut d’action les atrophie et finit souvent parles transformer en tissus cellulofibreux ; mais, je le répète, ce sont là des effets et non les causes de la déviation.
Les gibbosités n’ont rien de grave par elles-mêmes, et cependant nous avons vu que les désordres qu’elles amènent dans la configuration de la poitrine peuvent produire des troubles notables dans la circulation et la respiration ; des affections chroniques graves des poumons, mais surtout du cœur, peuvent donc être la conséquence de ces difformités. Donc , les ressources que la science moderne met entre les mains de l’orthopédiste n’eussentelles pour résultat que de rendre à la poitrine sa forme naturelle, m corrigeant , sans la détruire entièrement , la déviation du rachis , ce serait déjà un grand bienfait. Aussi, après avoir examiné avec soin la question , après avoir, chez plusieurs chefs d'établissements orthopédiques, étudié et suivi les effets du traitement, sommes-nous arrivé aux conclusions suivantes: l°les diftormités légères et prises à temps peuvent s’effacer d’une manière complète; 2° si l’on ne guérit pas entièrement les difformités graves, on améliore, dans la plupart des cas, la position du sujet, et l’on parvient à lui rendre une santé dont il n’eût jamais pu jouir sans le traitement employé.
Ces deux principes bien établis, nous allons passer à l’examen rapide des moyens que nous croyons les plus convenables pour combatre les difformités de l’épine.
Le traitement général doit être essentiellement tonique et fortifiant : la campagne, l’exposition au midi , l’usage des toniques à l’intérieur, les bains froids, sulfureux ou alcalins, les douches fraîches sur le rachis , les bains de mer sont employés avec un grànd avantage. Le lit doit toujours être ferme et presque horizontal : ainsi, les sujets dormiront sur un matelas étendu sur une planche, et il viendront s’y reposer plusieurs fois dans le courant de la journée. Les attitudes vicieuses seront soigneusement corrigées.
La gymnastique joue un grand rôle dans le traitement de la scoliose. Les exercices que l’on emploie ordinairement ont pour objet de soustraire le plus possible les parties inférieures du corps au poids des parties supérieures. C’est ce que l’on obtient en faisant suspendre les sujets par les mains à une perche horizontale assez élevée pour que les pieds ne touchent pas le sol ; en les faisant monter à des mâts , à des échelles verticales, etc.
Le redressement des gibbosités, à l’aide des moyens mécaniques, ne doit être tenté que sur des
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Individus âgés au moins de 10 ans, et de 18 ou 20 au plus , et cela seulement quand la courbure a au moins huit lignes de flèche et qu’elle ne s’efface pas par la situation horizontale, sur le ventre.
Les machines , que nous ne décrirons pas ici , agissent de trois manières différentes : 1° par extension , 2° par compression , 3° par redressement direct.
1° Appareils extensifs. Ils consistent soit dans des lits résistants, sur lesquels, le naïade étant situé , se trouve saisi à la ceinture et autour du cou par des courroies artistement disposées , qui tirent le tronc en sens inverse et tendent à l’allonger ; soit dans des ceintures armées latéralement de tuteurs qui , garnis de crosses placées sous les aisselles , soulèvent celles-ci en prenant leur point d’appui autour des hanches, et repoussent ainsi, en haut, les membres supérieurs. Les minerves, si usitées autrefois, sont aujourd’hui abandonnées. I.eslits extensifs ont l’inconvénient d’exiger une force considérable pour amenerun résultat médiocre, de mettre les sujets dans une situation très-gênante et dont ils ne tirent pas grand profit. Quant aux ceintures à tuteurs , ce sont des adjuvants du traitement , mais ils ne sauraient en former la base.
2° Appareils compressifs. Ici des plaques saillantes et élastiques ou soutenues par des ressorts, des tempons diversement constitués, appuientsur le sommet des courbures , et, en les refoulant, tendent à les redresser. Ces moyens compressifs sont disposés sur des lits, et aujourd’hvd on combine leur action avec les moyens extensifs qui, alors, acquièrent plus de valeur.
3° Appareils à redressement direct. Ce sont ceux qui sont fondés sur le renversement direct des courbures. Quand on veut redresser un arc , on appuie le genou contre la partie moyenne de sa convexité , tandis qu’avec les mains on tire perpendiculairement sur les deux extrémités en sens inverse de la courbure. On s’est efforcé d’imiter ce procédé à l’aide de lits diversement configurés , mais qui tous ont les inconvénients attachés au système des lits. Des ceintures de formes variées ont été imaginées par Delpech et M. Mellet, et enfin par M. Hossard. C’est, nous l’avouons, à la ceinture de ce dernier, telle qu’elle est employée aujourd’hui par M. Tavernier, avec les modifications que lui a fait subir cet habile orthopédiste, que nous accordons la préférence sur tous les moyens précités. En deux mots, cetappareil est constitué par une ceinture trèslarge et rembourrée, qui s’adapte autour du bassin. Une tige d’acier est fixée à la partie postérieure du côté de la convexité de la courbure principale , et s’élève obliquement jusqu’au-dessus de l’épaule du côté concave. Une ou plusieurs courroies , suivant le cas, partent de la partie antérieure de la ceinture, et vont, en passant sur la convexité de chaque inflexion, se fixer à la tige postérieure.
La ceinture à inclinaison possède incontestablement l’avantage d’agir directement sur les courbures et d’employer à leur redressement les forces musculaires qui tendent à renverser l’épine en sens inverse des incurvations anormales. Ce mécanisme tout physiologique, dont la nature est elle-même le modérateur, est certainement préférable aux forces physiques et aveugles employées dans les autres ap pareils. Un avantage réel que possède la ceinture
à inclinaison, c’est que le redressement s’opère tandis que le sujet est debout et peut se livrer à des exercices actifs qui favorisent le rétablissement des forces et de la nutrition dans les parties affaiblies ; tandis que, avec l’usage des lits, le rachis, distendu et relâché, tend à reprendre ses courbures dès qu’il est abandonné à lui même. Enfin , par cette méthode, le malade est soustrait aux ennuis et aux inconvénients d’un repos trop longtemps prolongé.
On a proposé , dans ces derniers temps, de combattre les déviations du rachis à l aide d’une opération qui consiste à couper, sous la peau, les muscles que l’on disait, théoriquement , être rétractés. Nous avons déjà combattu la doctrine ; la pratique ne vaut pas mieux. D'après les faits rigoureusement établis dans une discussion récente sur la myotomie rachidienne , c’est le nom donné à cette opération (V. Ténotomie ), il est bien constant que les malades opérés ne guérissent ou ne voient leur état s’améliorer que quand ils ont été soumis, pendant plusieurs mois ou un an, à des appareils mécaniques. A quoi donc sert l’opération?... Cette méthode est d’ailleurs presque universellement rejetée par les orthopédistes. E. Beaugrand.
e ackïtjq'ue ( path .), adj. Se dit de celui qui est affecté de rachitisme. (Y. Rachis.)
K.ÆCHITIS ou rachitisme (palh.), s. m. (du grec rachis , colonne vertébrale). D’après cette étymologie, on pourrait croire qu’il s’agit ici d’une affection particulière à la colonne dorsale ; il n’en est rien : on désigne sous le nom de rachitis, une affection spéciale à l’enfance, caractérisée par la courbure , la torsion en différents sens de différents os du corps, accompagnées de troubles fonctionnels dont nous allons donner la description. Comme la colonne vertébrale est souvent contournée dans le rachitisme, les anciens avaient confondu sous ce nom toutes les déviations du rachis dont il a été parlé précédemment (V. Rachis ); mais aujourd’hui les progrès de la science ont permis de faire une distinction , et le rachitisme , expression mauvaise, d’ailleurs, a pris rang à part dans la science.
Les symptômes du rachitisme peuvent être partagés en trois périodes :
1° Il se montre soit d’emblée, soit pendant le cours d’une de ces maladies si communes dans la première enfance , les gastro-entérites chroniques , les bronchites, etc... L’enfant devient triste, morose ; son teint pâlit et prend une teinte blafarde ; la moindre fatigue l’épuise, il transpire avec facilité , les digestions s’accomplissent avec gêne , il y a de la soif et souvent de la diarrhée, les sujets se plaignent de douleurs dans les jointures et dans le trajet des os longs. Cette période varie de six semaines à cinq ou six mois.
2° Les os commencent à se déformer, et, comme le dit le vulgaire, les enfants se nouent ; c’est qu’aussi les extrémités articulaires des os longs se gonflent , et que les sujets présentent aux poignets, aux coudes, aux genoux, aux malléoles, des sortes de nodosités; les os eux-mêmes se courbent en différents sens et semblent parfois comme tordus sm leur axe ; les jambes, qui sont le plus fréquemment affectées, sont arquées en dedans; les cuisses subissent une incurvation semblable, et alors, tantôt
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