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en font une grande consommation ; il entre dans la composition de certaines tisanes béchiques, et surtout dans la confection des babas , pâtisserie en grande faveur dans ce pays, et que l’on doit à Stanislas Ier, roi de Pologne.

Depuis quelques années les raisins secs servent à falsifier et même à fabriquer les vins de liqueurs étrangers; on peut les employer plus utilement, lorsque le prix n’en est pas très-élevé , en les associant à d’autres fruits secs pour faire des boissons vineuses, bien préférables, sous le rapport sanitaire, aux vins frelatés qui se débitent dans les cabarets.

Raisiné. — On prépare avecle raisin une confiture composée, dans laquelle ce fruit ne sert pour ainsi dire que d’excipient. Il est en effet rare que cette conserve soit simple, d’abord parce qu’elle resterait peu consistante , et qu’ensuite sa saveur serait trop fade. Pour éviter ce dernier inconvénient, on y fait infuser des citrons ou des cédrats, ou mieux encore on coupe ces fruits par tranches, et on les y laisse, après avoir fait évaporer toutefois leur humidité surabondante. Dans les contrées septentrionales, où le raisin est peu sucré et très-acide , on y ajoute des quartiers de poires, de pommes, de coings, et quelquefois du miel ou de la cassonnade.

La préparation du raisiné offre l’avantage de pouvoir mettre à profit les fruits tombés , lorsque déjà ils ont atteint un degré de maturité suffisant. Cette confiture est, dans certains pays, l’objet d'un commerce assez important: elleoffreune utile ressource aux gens peu aisés ; elle les aide à nourrir leurs enfants pendant la saison rigoureuse ; elle leur entretient le ventre libre ; mais elle doit néanmoins leur être donnée avec discernement, car il est des cifconstances dans lesquelles son usage pourrait être dangereux, surtout si l’on n’a pas le soin d’enlever de sa surface la pellicule formée par l’accumulation de sels de tartre, et conséquemment très-purgative. (V. Vin.) T. Coüyerchel.

Raie (path.),s. m .(V. Agonie et Auscultation.)

rameau ( anat .) s. m. (du mot latin ramus). On appelle rameaux d’un arbre les divisions secondaires des branches. Il en est de même en anatomie pour les artères, les veines et les nerfs, qui forment de véritables arbres divisés en troncs, branches et rameaux.

ramification (anat.)., s. f., se dit des divisions des rameaux vasculaires ou nerveux.

RAMOLLISSEMENT ( path .), s. m., se dit de la diminution de consistance d?un organe, soit par l’inflammation, soit par une altération toute spéciale de la nutrition de la partie ramollie. On a donné plus particulièrement le nom de ramollissement à une maladie de l’encéphale (V. Cerveau [maladies du]);

rampant ( chir .), adj. (de reptans). On appelle ainsi en chirurgie un bandage en spirale, dont les circonvolutions laissent entre elles des espaces découverts.

rance ( hyg .), adj. Se dit des corps gras qui sous l’influence de l’air contractent une odeur et un goût désagréables; cet effet est déterminé par l’action de l'oxygène qui acidifie ces corps.

ranine (anat.), adj. et s. (de rana, grenouille). L’artère ranine est la terminaison de l’artère lin-

guale , qui s’avance entre le génio-glosse et le lingual, jusqu’à la pointe de la langue. La veine ranine accompagne l’artère.

ranule. (Y. Grenouillette.)

raphania (path.), s. m. ( convulsio raphania ■ Maladie décrite par Linnée, qui a été observée épidémiquement en Suisse et en Allemagne, et que l’on croit occasionnée par le raphanistrum , ou rave sauvage, dont les graines se seraient trouvées mêlées avec le seigle. Elle est caractérisée par la contracture des membres , avec agitation convulsive et des douleurs atroces dont les retours sont périodiques. La durée de la maladie est de 10 jours à 3 mois.(V. Seigle ergoté.) J. B.

baphé (anat.), s. m. (du grec raphê, suture, réunion par couture) .On appelle ainsi, en anatomie, certaines arêtes saillantes semblables à une couture; on les trouve ordinairement sur la ligne médiane du corps ou des organes symétriques. Tel est le raphé périnéal ou scrotal,qui s’étend depuis l’anus jusqu’à la naissance de la verge et sépare le périnée et les bourses en deux parties latérales. On appelle encore raphé les deux lignes saillantes dirigées d’avant en arrière que l’on observe au milieu du corps calleux. (V. Cerveau.) J. B,

rapports (V. Aigreurs, Eructations.)

rapport (mèd'. lèg .), s. m. Le médecin est souvent appelé à remplir une fonction importante dans l’administration de la justice criminelle. C’est à lui que, dans certains cas, les tribunaux demandent l’élément le plus essentiel de la conviction du juge, la constatation du corps de délit; c’est lui qu'ils chargent de recueillir et de préciser les faits scientifiques qui, plus tard, devront servir à la manifestation de la vérité. Dans l’intérêt de la société, dans l’intérêt des accusés, l’homme de l’art ne peut donc apporter trop d’impartialité, trop d’attention et de sollicitude dans l’accomplissement de la mission dont il est investi.

Cet article a pour but d’indiquer quels sont, au point de vue légal, les devoirs du médecin expert; dans quel esprit et dans quel but doivent être rédigés les rapports que lui demande l’autorité judiciaire.

Il est un premier point que le médecin expert ne doit pas perdre de vue, c'est qu’il n'est pas juge d’une question de culpabililé, mais seulement d’un fait scientifique, d’un résultat matériel. C’est pour avoir méconnu cette limite de leurs pouvoirs, que des experts se sont souvent exposés à égarer la justice et à se méprendre eux-mêmes sur les conséquences à tirer de leurs observations. Quelles que soient les preuves extérieures qui semblent révéler l’existence d’un crime, quelles que soient les charges qui pèsent sur un accusé, l’expert ne doit prendre en considération ni ces preuves, ni ces charges, qui ne sont pas de son domaine. Appelé à rechercher la constatation du délit, ses circonstances, ses causes, il ne doit pas procéder, dans cet examen, sous l’influence d’une idée préconçue et diriger ses recherches de façon à confirmer les présomptions étrangères au fait même delà constatation qu’on lui demande. Il doit s’isoler, autant que possible, de toutes les préoccupations que peut faire

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naître en lui une conviction anticipée de la culpabilité, et ne rechercher qu’une chose, la constatation exacte du corps de délit.

C’est sur pe point seulement qu’il est consulté et qu’il doit répondre. Mais ce n’est pas simplement une conclusion qu’il doit fournir aux débats ultérieurs de la justice criminelle ; car non-seulement il n’est pas juge de la culpabilité , i 1 n’est pas même juge souverain de la question de fait sur laquelle on l'appelle à se prononcer. Il faut donc qu’il ne se borne pas à formuler une opinion , car cette opinion ne doit pas enchaîner le juge ; il faut qu’il recueille et transmette à l’autorité judiciaire tous les faits qui sont de nature à provoquer plus tard la controverse. Ce n’est pas un jugement, c’est un rapport qu’on lui demande, un rapport sur lequel devra plus tard s’établir le débat contradictoire devant les. tribunaux ; car si le médecin se bornait trop exclusivement à justifier par les faits qu’il constate les conclusions de son rapport, il s’ensuivrait que les éléments de controverse pourraient plus tard échapper, et qu’ainsi, et involontairement, l’expert paralyserait les droits de l’accusation ou de la défense.

Nous disons que le médecin expert n’est pas juge souverain du fait sur lequel il a mission de prononcer; il en résulte pour lui une autre obligation: c’est de mettre son rapport à la portée de ceux qui, plus tard, seront appelés à l’apprécier. Les magistrats, les jurés sont étrangers aux connaissances médicales; les rapports doivent être rédigés pour eux, et le langage du médecin, tout en conservant sa forme scientifique , doit être clair, élémentaire en quelque sorte et parfaitement compréhensible pour des hommes que leurs études n’ont point familiarisés avec toutes les difficultés de la science médicale.

Il y a des cas dans lesquels le médecin expert n’a qu’un fait simple à constater. Ainsi, par exemple, en matière d’empoisonnement, d’assassinat, il a simplement à rechercher si la mort est le résultat de l’administration d’une substance vénéneuse, d’un coup porté par une main étrangère. Dans d’autres cas, sa mission est plus difficile, et il peut avoir à se prononcer sur des faits complexes.

Ainsi, par exemple, en matière de coups et blessures ayant occasionné la mort sans intention de la donner, ou ayant entraîné une incapacité de travail pendant plus de vingt jours, le médecin expert ne doit pas se contenter de répondre d’une manière absolue et sans appréciation des faits concomitants à la question qui lui est posée.

En effet, les coups et blessures changent de caractère, au point de vue de la loi pénale, non pas en raison de la volonté de celui qui les a donnés, mais en raison des conséquences qu’ils ont entraînées. La criminalité, dans ce cas, dépend, non de l’intention, mais du fait matériel. Or, un fait qui peut avoir une telle influence sur la criminalité, qui peut modifier la peine depuis le simple emprisonnement jusqu’aux travaux forcés, un tel fait, disons-nous, demande dans son appréciation beaucoup de soins et de discernement; car, il faut le reconnaître, le système de la loi pénale est déjà par lui-même assez exorbitant pour que l’application n’aggrave pas encore les inconvénients sérieux qu’il présente.

En effet, comme nous venons de le dire, la cri-

minalité dérivr moins de l’intention que du résultat; son intensité se mesure d’après la terminaison matérielle de l’acte, non d’après le but intentionnel que le coupable se proposait d’atteindre. Ainsi, un coup porté à un individu qui se trouvera dans telles ou telles conditions de santé, lui donnera la mort ou entraînera une incapacité de travail de plus de vingt jours, tandis que ce même coup, porté à un autre, ou à ce même individu, dans une autre condition de santé, n’aurait entraîné qu’une blessure légère, qu’une maladie de quelques jours. Enfin, telle blessure, si elle est combattue par un traitement convenable, si le malade ne commet pas d’imprudences, ne durera que quinze à seize jours, et le coupable ne subira qu’une peine correctionnelle; tandis qu’il sera puoi de cinq à dix ans de réclusion, si, à défaut d’un traitement convenable, si, par suite d’une imprudence ou d’un vice de constitution, la maladie dure plus de vingt jours. Ainsi, le coupable serait d’autant plus puni, que le médecin aurait été moins habile , le malade plus rebelle et moins vigoureux.

Ce que nous disons n’est pas une critique de la loi pénale. Il vaudrait mieux, sans doute, que les actions humaines ne fassent jugées que par leur appréciation morale, et que la criminalité fût tout entière dans l’intention de l’agent coupable, abstraction faite de ses résultats : mais il ne peut en être ainsi dans tous les cas, et la nature du préjudice, du tort fait à l’individu ou à la société, devait aussi avoir son influence sur la pénalité.

Mais, en acceptant la loi telle qu’elle est, il faut que la justice soit mise à même de l’appliquer avec intelligence et dans d’équitables proportions. C’est pour cela que l’expert, appelé à se prononcer sur l’un des cas dont nous venons de parler, doit constater soigneusement toutes les circonstances concomitantes du fait matériel. S’il s’agit, par exemple, d’apprécier l’état d’un blessé, la nature des coups qu’il a reçus, et les résultats que ces coups ont pu avoir sur ia durée de la maladie ou de l’incapacité de travail, le médecin ne devra pas se contenter d’indiquer la direction, la forme, la profondeur des blessures , et d’établir ensuite la durée de la maladie, ou le fait de la mort ; il devra recueillir tous les détails antérieurs ou postérieurs au crime qui auraient pu exercer quelque influence sur la durée de la maladie ou sur sa terminaison fatale. Ces circonstances sont essentielles au corps du délit, et il se peut qu’elles exercent plus tard une grande influence sur l’appréciation de la culpabilité.

Nous n’avons pas à indiquer ici les devoirs spéciaux du médecin expert d’après la nature particulière des faits qu’il est appelé à constater. Cet examen se rattache à cette partie de la médecine légale, qui ne peut être convenablement traitée que par un homme de l’art. Nous avons voulu seulement rappeler quels sont, au point de vue purement judiciaire, les devoirs du médecin.

Nous croyons que ces devoirs peuvent se résumer par ces mots que nous avons déjà écrits plus haut :

Le médecin est expert : il n’est pas juge.

Paillard de Villeneuve,

raetus ( méd .), s. m., transport soudain des humeurs dans une partie ; on dit une rupture hémorrhagique, un raptus vers le cerveau.

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raréfaction, s.f. (rare/acf*o).Circonstance qui amène la dilatation d’un corps et le rend plus volumineux en écartant les molécules sans ajouter de la matière, ou bien qui, laissant au corps son volume primitif, lui retire de ses molécules, le rend plus spongieux. Le premier cas est un phénomène physique produit par le calorique ; le second a souvent lieu en pathologie lorsque, sous l’influence d’un travail de résorption, un grand nombre de molécules sont retirées d’un organe sans que les dimensions de celui-ci diminuent. C’est ce qui arrive souvent dans l’inflammation osseuse (V. Os). J. B.

raréfiant, adj. On appelait autrefois médicaments raréfiants ceux que l’on croyait doués de la propriété de dilater le sang ou les autres humeurs. M. Gerdy appelle ostéite raréfiante, celledans laquelle les os sont rendus plus spongieux.

rasion (pharm.), s. f. (de radere, raser, râper). La rasion est une opération de pharmacie dans laquelle on réduit une substance en parties plus ou moins fines en la frottant avec une lime ou une râpe.

RATAFIA (hyg.), s. m. On désigne sous ce nom des liqueurs préparées avec l’alcool, le sucre et certains fruits. On prétend que l’étymologie de ce mot vient de rhum et tafia , qui servaient autrefois à la préparation du ratafia. Le mode de préparation de ces liqueurs est fort simple : il consiste à faire macérer les fruits dans l’alcool à vingtdeux degrés; puis, lorsqu’ils sont suffisamment macérés, on exprime le suc alcoolisé des fruits, on filtre à la chausse de laine, et l’on sucre d’une manière convenable. On prépare des ratafias d’angélique , d’anis, de café, de cassis, de cédrat, de cerise, de coing, de cacao, de six-graines ou de rossolis, de framboise, de genièvre de Grenoble ou de merises, de noyaux, de brou de noix, d’orange, d'œillets, de pêche, dascubac, de vespetro, etc. Nous ne décrirons pas ici, en particulier, les diverses préparations de ces ratafias qui rentrent dans l’art du liquoriste. Quant à leur action sur l’économie, elle est tout-àfait semblable à celle de toutes les liqueurs alcooliques, et nous-renvoyons à ce mot (Y. Alcooliques, Liqueurs). J. B.

ratanhia [mal. méd .), s. m. Mot péruvien qui signifie plante rampant sous terre ; c’est la racine du Krameriatriandra des auteurs de la Flore du Pérou, qui appartient à la tétrandrie monogynie, L., à la famille des Polygalées,i . Cette plante se trouve dans les contrées arides et sablonneuses du Pérou, et c’est aux auteurs de la Flore du Pérou, à Ruiz, en particulier, que nous sommes redevables des notions de botanique et de thérapeutique que nous possédons sur cette plante.

Le ratanhia se présente dans le commerce sous forme de racines grosses comme le doigt, très-longues, ligneuses, composées d’une partie corticale d’un rouge brun, et d’un corps ligneux à peine rougeâtre, odeur terreuse, saveur de l’écorce amère et très-astringente , celle du corps ligneux est bien moins prononcée. C’est l’écorce qui est la partie la plus active de la plante. Analysé par M. Vogel, le ratanhia a fourni sur 100 parties : tannin modifié, 40; gomme, 1,50 ; fécule, 0,50 ; matière ligneuse, 48 ;

acide gallique, des traces; eau et perte, 0,10. M. Peschier, de Genève, a cru y reconnaître la présence d’un nouvel acide qu’il nomme kramerique.

Quoi qu’il en soit, le ratanhia est un astringent d’une grande énergie, etquirend de grands services à la médecine. On l’emploie plus particulièrement contre les diarrhées chroniques rebelles, contre les leucorrhées, les hémorrhagies passives, les flux muqueux, etc. Dans ces derniers temps, M. Trousseau, d’après M. Bretonneau, l’a mis en usage avec succès contre la fissure à l’anus. Le ratanhia s’administre par la bouche en décoction à la dose de 15 à 30 grammes pour 500 grammes d’eau ; cette tisane se prend par demi-verres dans la journée. On en prépare une teinture et un extrait qui possèdent, sous un petit volume, les propriétés de la plante. Cet extrait sert souvent à préparer des lavements dans le cas de diarrhée, ou une liqueur astringente pour arrêter les écoulements sanguins peu considérables ; la dose de l’extrait serait à l’intérieur de 1 à 2 grammes. Enfin, on peut encore composer un sirop pour édulcorer des tisanes astringentes, ce qui augmente leur action. J. B.

rate ( anal .), s. f. ( lien des Latins, splên des Grecs). La rate est un organe mou, spongieux, profondément placé dansl’hypochondre gauche et dont les fonctions sont peu connues. Elle est arrondie, ovalaire, aplatie transversalement , longue de sept ù huit pouces sur quatre à cinq de largeur et deux d’épaisseur vers sa partie moyenne. Les bords sont plus minces que le centre. Sa face externe, convexe, est en rapport avec le diaphragme et les neuvième, dixième et onzième côtes gauches. La face interne est partagée en deux parties par un sillon appelé scissure ou hile de la rate que remplissent des vaisseaux sanguins ; cette face répond en arrière avec la colonne vertébrale, en avant avec le grand culde-sac de l’estomac auquel elle est unie par l’épiploon gastro-splénique, l’artère gastro-épiploïque gauche et les vaisseaux courts.

La rate est enveloppée par le péritoine comme les autres viscères de l’abdomen. Sa membrane fibreuse ne se borne pas à lui former un étui, elle envoie dans l’intérieur une foule de prolongements en forme de lames ou de fibres qui s’entrecroisent de mille manières et constituent ainsi des mailles, des cellules, des vacuoles. Les divisions de la veine splénique, ramifiées a l’infini dans cette charpente fibreuse, s’y anastomosent largement ensemble, formant même des cavités assez considérables qui renferment une substance d’un rouge noirâtre , épaisse et visqueuse (boue splénique). De cette structure il résulte l’aspect spongieux que présente la rate quand on vient à la couper. L’artère splénique offre aussi une disposition spéciale ; elle se ramifie en pénétrant dans la substance du rein et se termine en formant des pinceaux vasculaires qui ne s’anastomosent jamais entre eux; ils viennent se perdre dans l’épaisseur des parois veineuses. Enfin on a encore décrit de petits corps mous, grisâtres, demi-transparents, peu nombreux, disséminés dans le tissus de la rate, mais dont tous les anatomistes n’admettent pas l’existence.

Quelles sont les fonctions de la rate ? La plus grande incertitude règne à cet égard parmi les physiologistes. On pense qu’elle exerce une modifi-

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cation particulière sur le sang, et l’on ne peut dire en quoi consiste réellement cette modification ; est-ce pour le rendre apte à sécréter la bile dans le foie ? Plusieurs l’avancent. Est-ce pour former les vésicules du sang, comme le disent MM. Mandl et Gros ? La chose n’est pas encore démontrée. Ce qu’il y a de certain, c’est que l’ablation de la rate chez des animaux ne les empêche pas de vivre, et que ce même accident arrivé à l’homme par suite de blessures de l’abdomen n’a entraîné aucun désordre dans les fonctions de l’économie.

Rate (Maladies de la).— 1° Inflammation. L’inflammation de la rate est connue sous le nom de splènite ( splén , la rate, avec la désinence ite , qui indique l’inflammation). Son histoire est encore entourée d’obscurités que les recherches modernes n’ont pu dissiper entièrement. Quoi qu’il en soit, voici en peu de mots ce que l’on sait sur cette affection. Elle se montre le plus ordinairement à la suite de blessures, de contusions, de secousses violentes. M. Roche l’a vue chez une jeune fille après une course rapide. Elle est souvent la suite de l’extension d’une phlegmasie péritonéale. Enfin, les fièvres intermittentes, en donnant à la rate un volume plus considérable, prédisposent aux inflammations de cet organe. Quand on ouvre les sujets qui ont succombé à l’inflammation de la rate, on la trouve ordinairement ramollie et transformée , en totalité ou en partie, en une bouillie noirâtre ou lie de vin ; d'autres fois cette bouillie est mêlée de pus, ou bien enfin le pus peut être réuni en foyers et constituer de véritables abcès, abcès qui peuvent s’épancher dans le péritoine, s’ouvrir à l’extérieur ou dans les organes voisins.

Les symptômes qui indiquent l’existence d'une splènite consistent surtout dans une douleur plus ou moins intense s’irradiant plus ou moins loin et qui siège dans l’hypochondre gauche. La rate est augmentée de volume , elle dépasse le rebord des fausses côtes, ce dont on s’assure par la palpation et la percussion. La fièvre varie d'intensité, elle est ordinairement continue ; cependant MM. Nelet et Piorry l’ont vue offrir une marche franchement intermittente. Quand la suppuration survient, elle est annoncée par des douleurs sourdes, des battements dans la partie malade, avec frissons irréguliers, etc.

La splènite est donc une affection assez grave à cause de la possibilité de la terminaison par suppuration, cas toujours très-sérieux.

Saignées générales et locales, sangsues, ventouses, cataplasmes, bains, boissons rafraîchissantes, lavements émollients et légers laxatifs , tels sont les moyens qui conviennent dans la splènite. Si la fièvre offrait de l’intermittence, on aurait recours au sulfate de quinine. Des frictions avec la pommade stibiée, des vésicatoires à l’hypochondre gauche, des purgatifs seraient employés si la maladie se prolongeait.

2° Engorgement , hypertrophie, obstruction de la rate. Sous ces différents noms et sous celui de splènite chronique , bien que l’inflammation ne paraisse pas y avoir part, on réunit les cas dans lesquels la rate a augmenté de volume, que son tissu soit plus dur ou plus mou.

Et, en effet, on trouve tantôt la rate doublée ou triplée de volume, offrant un tissu ferme, résistant,

parfois aussi dur que celui du foie, ne laissant presque pas écouler de sang quand on vient à le couper. D’autres fois, au contraire, la rate est plus molle, et semble, dit M. Andral, contenir un sang plus fluide. Enfin, dans certains cas, la consistance n’a pas changé. On a vu des rates saines en apparence présenter jusqu’à 12, 15 et même 20 pouces de long sur 7 ou 8 de large, et peser 5, 6, 7 et 8, et même 10 livres.

Ces lésions s’observent surtout dans l’âge adulte et chez les hommes plutôt que chez les femmes. Les miasmes des marais paraissent exercer une véritable prédisposition ; mais de toutes les causes, la plus fréquente est sans contredit la fièvre intermittente ; il n’est guère de fièvres d’accès qui ne s’accompagne de gonflements de la rate, de là l’opinion de ceux qui placent dans cet organe le point de départ des fièvres intermittentes. La rate a été trèssouvent rencontrée ramollie et tuméfiée dans la fièvre typhoïde. Enfin, les maladies du cœur et du foie, amenant un trouble notabledansla circulation, peuvent déterminer l’hypertrophie de la rate.

Les sujets atteints de cette lésion ressentent une douleur sourde, profonde, consistant quelquefois dans un sentiment de gêne, augmentant par la marche et par la pression. En même temps, la rate est augmentée de volume, elle descend au-dessous du rebord des fausses côtes et pénètre jusque dans le flanc gauche, et vient occuper une partie de l’abdomen. La percussion est ici d’un grand secours pour constater l’étendue de ces désordres. Quant aux symptômes généraux, ils sont très-peu marqués. Les malades peuvent être atteints en même temps de troubles du côté de la digestion, de diarrhées, d’hématémèses. Il y a quelquefois de i’hydropisie ; mais un signe assez eonstant, c’est l’existence d’une coloration bleuâtre de la peau , quand la maladie dure depuis longtemps : c’est ce qu’on a appelé ictère bleu .

Le traitement de l’hypertrophie de la rate nécessite bien rarement l’emploi de la saignée ; les fondants, les eaux minérales de Vichy, du Mont-Dore, les vésicatoires, les moxas, les cautères, sont plus spécialement indiqués ; le sulfate de quinine est très-bon quand la maladie dépend d’une fièvre intermittente.

3° Rupture de la rate. — Elle peut avoir lieu dans le cours d’une fièvre intermittente, surtout pendant le stade de froid, pendant la concentration, ou à la suite d’un coup, d’une chute, etc. Il en résulte un e'panchement de sang qui est plus ou moins promptement mortel.

4° Névralgies. — Elles coexistent et alternent le plus souvent avec d’autres névralgies viscérales, et se reconnaissent surtout à une douleur vive, aiguë, sans gonflement de la rate et sans fièvre. Ces douleurs reviennent quelquefois le soir. Le traitement est celui des névralgies; vésicatoires avec morphine sur la région malade. S’il y a de l’intermittence, on s’adressera à l’anti périodique, le sulfate de quinine.

5° Les productions accidentelles. — Le cancer* les hydatides, se montrent parfois dans la rate ; mais il est très-difficile de les reconnaître.

6° Les blessures de la rate ne sont pas communes ; elles se compliquent souvent d’hémorrhagies.

, Quant aux contusions, elles ont surtout pour effet

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