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il peut s’ouvrir à l’extérieur au lieu le plus favorable, ou bien dans l’intérieur, se vider dans l’intestin , la vessie ou même les bronches , cas dans lesquels la guérison peut encore être obtenue ; mais, si l’épanchement se fait dans le péritoine, la mort en est presque nécessairement le résultat. Quand la périnéphrite succède à une rupture du rein ou du bassinet, l’urine s’épanchant dans le tissu cellulaire ambiant , l’inflammation de celui-ci est bien plus violente, le pus de l’abcès exhale l’odeur gangreneuse, et les accidents ont été précédés par les symptômes d’une maladie du rein.
Le traitement est bien simple : saignées générales et locales, bains, applications émollientes ; puis, si l’abcès se forme, ouverture de celui-ci.
Néphrite. — C’est l’inflammation du parenchyme du rein, c’est-à-dire de la substance corticale et de la substance tubuleuse. Cette phlegmasie oeut être aiguë ou chronique.
La néphrite aiguë reconnaît les causes suivantes : l’âge adulte ou la vieillesse, le sexe masculin, des plaies, contusions ou commotions, la présence de calculs dans les bassinets, l’accumulation de l’urine dans ces conduits par suite d’un obstacle dans les uretères ou par toute autre cause, la myélite, par exemple. Une blennorrhagie peut s’étendre par continuité de tissu jusqu’au rein lui-même. Certaines substances irritantes, la térébenthine, le nitrate de potasse à haute dose, etc., peuvent amener cette inflammation. M. Rayera établi quelques formes de néphrite suivant qu’elles sont occasionnées par la goutte ou le rhumatisme , ces distinctions sont plus apparentes que réelles.
Les altérations anatomiques de cette affection sont très-nettement caractérisées. A un premier degré, c’est une augmentation de volume du rein , ou de la partie malade du rein , qui est rouge-brun à l’extérieur, soit d’une manière uniforme, soit par plaques, par arborisation, etc. A l’intérieur, on voit les deux substances plus consistantes , plus friables, plus rouges que dans l’état normal. Plus tard, quand la suppuration s’est manifestée , on trouve le pus réuni en petits foyers solitaires ou multiples, parfois réunis en une collection plus considérable; mais c’est plutôt dans la py élite , dont nous parlerons plus bas, que l’on trouve ces vastes suppurations qui envahissent tout le rein et le convertissent en une vaste poche purulente. La terminaison par gangrène est excessivement rare.
Les stjmptômes qui caractérisent l’inflammation du rein sont les suivants: au début, un frisson plus ou moins violent , plus ou moins prolongé , suivi d’une douleur, sourde d’abord, continue et profonde, qui occupe la région lombaire d’un seul côté ou des deux à la fois. Cette douleur est exaspérée par la pression, les mouvements brusques , la flexion du tronc ou le coucher en supination. Cette douleur s’étend assez souvent vers les aines, dans le testicule chez l’homme, ou dans la cuisse du côté malade. La sécrétion de l’urine est peu abondante, et même elle peut être supprimée si les deux reins sont malades. Cette urine est elle-même très-rouge, très-épaisse, quelquefois sanguinolente. Aujourd’hui que les investigations chimiques sont à la mode, nous dirons que l’on y reconnaît parfois , à l’aide de l’acide nitrique, un peu d’albumine, mais d’une manière passagère; qu’elle est moins acide que
d’habitude, qu’elle peutmême être aicaline. Quanta la purulence , elle est rare dans la néphrite proprement dite. Les symptômes généraux sont en rapport avec l’étendueetla violence de l’inflammation : il y a ordinairement fièvre assez intense , perte de l’appétit, nausées, vomissements, constipation opiniâtre. Le coma , le délire , les accidents de putridité ou de malignité sont assez rares; on les observe cependant quand les deux reins sont simultanément et violemment enflammés. La néphrite se termine ordinairement par résolution , et alors les accidents se dissipent graduellement et finissent par disparaître. Quand la suppuration survient, on le reconnaît à la persistance de la fièvre, à des frissons irréguliers, aux transpirations abondantes qui surviennent alors, etc. Dans les cas graves, les accidents typhoïdes peuvent se déclarer et le malade être entraîné au tombeau.
Quand le sujet est âgé, quand l’inflammation est très-violente et n’a pu être enrayée, quand , enfin , les deux reins sont pris en même temps, le pronostic peut être grave.
Le traitement ne diffère pas de celui de la périnéphrite; on insistera donc sur les émissions sanguines générales et locales, suivant l’acuité du mal et la force du sujet: les applications émollientes, les bains lièdes prolongés, les lavements, les laxatifs , les boissons adoucissantes , mauve , gomme , violette, etc., seront employés. Si les accidents typhoïdes se déclarent, on essaye alors les toniques , mais le plus souvent sans succès.
La néphrite chronique succède ordinairement à la précédente ; les causes sont donc les mêmes , et quand elle se développe d’une manière primitive , c’est que les causes susdites ont agi avec moins d’activité que dans le cas précédent.
Les caractères anatomiques de cette phlegmasie sont l’induration, l’hypertrophie de la substance du rein, mais plus particulièrement delà corticale, qui est ordinairement décolorée, et, dans d’autres cas, il y a une diminution de volume, une véritable atrophie. Des douleurs habituelles d’un côté ou des deux côtés des lombes, coïncidant avec la diminution de l’acidité, avec l’état neutre, mais surtout avec l’alcalinité de l’urine (qu’il existe ou non une rétention de ce liquide), et un sentiment de faiblesse dans les membres inférieurs : tels sont, dit M . Rayer, les principaux symptômes de la néphrite chronique.
Le traitement demande à être conduit avec beaucoup de soins et de prudence ; des applications de sangsues ou de ventouses scarifiées sur les lombes au début ou quand les douleurs s’exaspèrent ; les bains, les émollients seront alors employés avec avantage ; mais quand la chronicité est bien établie, on aura recours aux révulsifs appliqués sur la région des reins, tels que les vésicatoires, mais surtout les moxas ou cautères que l’on entretient et que l’on fait suppurer, et enfin le séton même : les toniques, les amers, les préparations ferrugineuses, une observation rigoureuse des lois d’une bonne hygiène, viendront relever les forces chez les sujets affaiblis et épuisés. On fera porter delà flanelle, on conseillera les frictions sur tout le corps, le massage ; on évitera, en sondant souvent le malade s’il le faut , que les urines ne séjournent trop longtemps dans la ( vessie.
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Pyéliie. -r- C’est l’inflammation des calices et du bassinet. M. Rayer lui a donné ce nom dont l’étymologie est le mot grec puëlos, bassinet, avec la désinence ite qui indique l’inflammation. Lapyélite simple est produite par les mêmes causes que la néphrite, et quelquefois par l’extension d’une inflammation blennorrhagique ; les phénomènes anatomiques consistent surtout dans la rougeur de la membrane qui tapisse les calices et les bassinets, et les symptômes se confondent avec ceux de la néphrite ordinaire. Ils ne s’en distinguent que par une sécrétion plus ou moins abondante de mucus purulent qui se trouve mêlé avec les urines. Parmi les formes que la pyélite peut revêtir, nous nous arrêterons à la suivante qu’on peut regarder comme type du genre.
Pyélite calculeuse. C’est la néphrite calculeuse des auteurs, et la plus fréquente de toutes. On la rencontre à tous les âges, mais surtout dans la vieillesse , chez les femmes comme chez les hommes: un régime trop substantiel, en un mot, toutes les causes de la gravelle (Voy. ce mot), pourront produire lapyélite ; et en outre les secousses, l’équitation prolongée, en agitant les calculs dans le rein, provoqueront l’irritation et l’inflammation des réservoirs qui les renferment. On a dit que cette inflammation était plus commune à gauche qu’à droite, mais les observations modernes n’ont pas confirmé cette assertion . Le dépôt et l’agrégation des sels dans le calice et le bassinet sont, dit M . Rayer, rendus plus faciles, non-seulement par certaines constitutions de l’urine, mais encore par la présence habituelle dans cette humeur de matières animales étrangères, telles que du sang, du mucus, du pus, etc. Aussi a-t-on vu des pyélites calculeuses survenir après la blessure du bassinet, à la suite de coups sur la région rénale, ou après de fortes contractions des muscles de la région lombaire.
Quand l'inflammation est aiguë, on trouve la membrane muqueuse qui tapisse le bassinet et les calices d’une rougeur uniforme et par plaques, ou dispersée en arborisation et ponctuation , etc. . . ; ailleurs il y a de véritables ecchymoses, et même des épanchements de sang ; la muqueuse est épaissie, ramollie, quelquefois tapissée de pseudo-membranes. Les calices et le bassinet ont subi une ampliation plus ou moins considérable. A l’état chronique, la muqueuse est d’un blanc mat ou ardoisé. Souvent il y a une ampliation très-considérable des réservoirs de l’urine, ou bien un resserrement produit par l’épaississement de leurs parois; les ulcérations sont assez communes dans le cas de calculs, et ces ulcérations peuvent s’ouvrir soit dans le tissu cellulaire ambiant, soit dans le péritoine, soit dans le duodénum et l’estomac, soit dans le gros intestin et même dans le poumon à travers le diaphragme. C’est presque toujours après la dilatation des cavités naturelles, l’atrophie de la substance parenchymateuse du rein et la transformation de l’organe en une vaste poche multiloculaire remplie de pus ou d’urine purulente, que ces perforations ont lieu. Le volume que le rein ainsi dilaté acquiert, dans certains cas, est tel, qu’il peut remonter (le gauche) jusqu’au diaphragme, et des deux côtés descendre dans la fosse iliaque, où le toucher fait reconnaître la présence d’une tumeur. Le bassinet et les calices renferment du pus, de
l’urine purulente, des mucosités plus ou moins épaisses, du sang plus ou moins altéré et divers corps étrangers, tels que des calculs, des vers, etc. Les calculs sont ordinairement irréguliers, comme rameux, et semblent se mouler sur la forme des cavités qui les recèlent. Il y a aussi très -souvent dans le bassinet du gravier très-fin et une sorte de matière plâtreuse formée de phosphate de chaux.
Les symptômes de la pyélite calculeuse se montrent d’ordinaire brusquement et sans préparation,1 à l’occasion d’une secousse, d’un mouvement brusque, etc., qui a déplacé un calcul; on voit alors survenir les accidents de la colique néphrétique, qui peuvent disparaître en très-peu de temps : c’est qu’alors le calcul a été expulsé ou qu’il se tient parfaitement immobile ; mais d’ordinaire des symptômes d’inflammation ne tardent pas à se manifester, le malade ressent une douleur aiguë et pongitive dans le rein affecté, s’étendant parfois jusqu’à la vessie ; l’urine est en petite quantité, rendue goutte à goutte, avec un sentiment d’ardeur et renfermant du mucus et un peu de sang. Il y a en même temps un appareil fébrile en rapport avec l’acuité et surtout la prolongation de la douleur; le pouls, d’abord petit et déprimé, devient bientôt plus fréquent et plus développé. Ces accidents peuvent cesser à la suite de l’apparition dans les urines d’un ou de plusieurs graviers pour reparaître souvent plus tard dans les mêmes circonstances. Si quelques pierres résident dans le rein d’une manière permanente, la phlegmasie devient chronique, la douleur est peu marquée, ce n’est qu’un sentiment de pesanteur, mais elle se réveille souvent à la moindre secousse, à la suite d’un excès de table; cette douleur a généralement pour caractère de se prolonger jusqu’à l’aine, au testicule ou à la cuisse du côté malade ; l’urine est habituellement chargée de mucus qui se dépose par le refroidissement ; une urine acide, offrant des cristaux rhomboïdaux d’un jaune rougeâtre, indique la présence de calculs d’acide urique; tandis que l’alcalinité de ce même liquide et son aspect trouble annoncent que les graviers sont phosphatiques. La maladie faisant toujours des progrès, le rein devient le siège d’un endolorissement continuel avec sensation de tension et de battements où même de froid, quisouventse propage dans la cuisse correspondante ; l’urine est blanchâtre, trouble, floconneuse, laissant précipiter un dépôt purulent; cet état se complique d’exacerbations et de retours à l’état aigu ; enfin les symptômes phlegmasiques peuvent acquérir une grande intensité ; alors le pouls est petit, misérable, les extrémités se refroidi-sent, il survient de l’anxiété, du hoquet, et le malade succombe. A cette même période et dans d’autres circonstances, les calices et le bassinet se dilatent, la substance du rein s’atrophie, et l’organe se transforme graduellement en une vaste poche purulente de forme bosselée, que l’on peut sentir dans le flanc du côté malade. Cette tumeur peut refouler les organes voisins, remonter jusqu’au diaphragme ou descendre dans la fosse iliaque. On a vu le rein ainsi transformé peser jusqu’à 30, 40, et 50 livres ; les urines sont habituellement purulentes et sanguinolentes, à moins queleur passage ne se trouve complètement intercepté dans les uretères. Quand les choses sont à ce point, la mort peut survenir soit par l’exacerbation des accidents aigus,
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soit par la rupture de la poche dans l’abdomen ; le contraire peu encore avoir lieu ; c’est-à-dire que le rein malade s’atrophie , s’applique exactement sur les calculs et forme une sorte de coque indurée; et alors il est rare, quand le rein opposé est bien sain, que cette lésion soit accusée par des symptômes appréciables.
Le pronostic est grave quand la pyélite est passée à l’état chronique, ce qui se reconnaît au caractère de la douleur et à l’état des urines que nous venons de décrire.
Nous avons peu de chose à dire ici du traitement: la pyélite, en tant que phlegmasie, se traite comme la néphrite ordinaire, aiguë ou chronique, et, quant à la complication calculeuse, c’est le traitement de la gravelle (V. ce mot). Rappelons seulement ici l’utilité que l’on retire de l’emploi de certaines eaux minérales, telles que celles de Vichy, deContrexeville. M. Rayer, pour modifier la sécrétion des urines, avait essayé les baumes de térébenthine, de copahu, le cubèbe, la tisane de bourgeons de sapins du Nord, etc.; mais, comme les attaques étaient plus rapprochées, il en est revenu aux tisanes adoucissantes, de lin, de lait, etc. Quand la tumeur est bien accusée et fluctuante, il faudra l’ouvrir soit avec le bistouri , soit , ce qui est préférable , au moyen d’applications successives de potasse caustique ou de pâte de Vienne.
Un mot actuellement sur quelques variétés de pyélite admises par M. Rayer.
Pyélite blennorrhagique. Elle se montre le plus souvent dans le cas de chaudepisse cordée. Douleurs de reins, besoin fréquent d’uriner, urine peu colorée et chargée de mucus, douleurs et spasmes après l’émission des dernières gouttes d’urine ; parfois des pollutions nocturnes et même diurnes. Le baume de copahu est ici spécialement indiqué.
Pyélite gangréneuse. C’est quelquefois la terminaison d’une pyélite simple ou calculeuse , tantôt elle se montre à la suite d’une affection générale grave , une fièvre purulente ou une maladie charbonneuse : alors les urines rendues ont l’odeur gangréneuse ; en même temps cessation des douleurs , petitesse et concentration du pouls , prostration, sueurs froides. . la mort en est la conséquence nécessaire.
Congestions sanguines ou hyperémies du rein. — II peut y avoir seulement afflux sanguin plus considérable que de coutume, comme dans l’albuminurie ou maladie de Rright (V. plus bas). Dans certaines affections organiques du cœur, dans l’œdème qui survient chez les enfants à la suite des fièvres éruptives, dans l’asphyxie, etc.,... le rein est alors gorgé de sang qui ruisselle quand on coupe l’organe. A part quelquefois un peu de pesanteur vers les reins, les congestions ne donnent pas lieu à des symptômes particuliers.
Si l’afflux sanguin est très-considérable, il y a ce que l’on a appelé apoplexie du rein, et alors le sang peut s’épancher à l’extérieur de la capsule des reins, à leur surface, dans leur substance même où il forme de véritables foyers apoplectiques, et enfin dans l’intérieur du bassinet et des calices. Le seul symptôme auquel on puisse s’arrêter, c’est la présence du sang dans les urines [N .Hématurie).
Hypertrophie. — Le rein peut être trouvé d’un volume plus considérable qu’à l’état normal , ou ,
au contraire, d’un moindre volume [atrophie). Ces différentes lésions sont très-difficiles à reconnaître sur le vivant et ne réclament aucun traitement particulier.
Hydropisie du rein , hydronéphrose. — On appelle ainsi une collection de sérosité dans les cavités naturelles du rein, par suite de l’oblitération des voies qui conduisent l’urine dans la vessie. Alors l’urine s’accumule lentement dans les calices ou le bassinet, ou dans ces divers réservoirs à la fois, perd peu à peu ses qualités urineuses ; le rein , énormément distendu , s’atrophie et finit par disparaître entièrement, métamorphosé en une vaste tumeur ordinairement bosselée, inégale, dont l’intérieur est partagé en loges plus ou moins considérables, ne communiquant point entre elles, mais se réunissant toutes au bassinet dilaté. Bien que séreux en apparence, ce liquide, suivant M. Rayer, renferme encore de l’urine ; on y reconnaît aussi de l’albumine. Quand l’hydronéphrose n'a lieu que d’un seul côté , elle se montre ordinairement à la suite de douleurs dans la région du rein ; alors survient une tumeur plus ou moins volumineuse, que le palper fait reconnaître à travers les parois de l’abdomen. Quand la maladie a lieu des deux côtés, le diagnostic est très-difficile. Faut-il ponctionner cette tumeur ? Oui, mais par la région lombaire et seulement alors que la tumenr est très-volumineuse ou qu’elle s’enflamme, et que l’on craint de graves accidents?
Névralgie du rein , nëphralgie. — On explique par une névralgie du plexus rénal certaines douleurs violentes observées dans cette région chez quelques femmes hystériques.
Dégénérescence granuleuse des reins, maladie de Bright, albuminurie , néphrite albumineuse. — Les auteurs anciens avaient bien reconnu que certaines affections des reins pouvaient donner lieu à de l’hydropisie ; mais ils n’avaient nullement spécifié la nature de la lésion et le signe (urines albumineuses) à l’aide duquel on peut la reconnaître. C’est le docteur Bright qui, vers 1827, en donna la première description exacte. Cette maladie a été depuis parfaitement étudiée par MM. Grégory et Christison, en Angleterre; Rayer, Martin- Solon , Becquerel, etc., en France.
L’albuminurie frappe tous les âges, et s’observe chez de très-jeunes enfants; mais elle est plus commune dans 1 âge adulte. Elle se montre dans les climats froids et humides, aussi est-elle plus commune en Angleterre que chez nous ; et, en France, elle est plus commune dans les régions septentrionales que dans le midi; enfin elle se montre plutôt l’hiver que l’été : les refroidissements, les professions qui exposent à l’humidité et au froid sont des causes prédisposantes très-actives. A ces différentes causes, on peut joindre les excès alcooliques, la mauvaise nourriture, les contusions, les chutes, en un mot, les violences extérieures sur la région lombaire, etc. A cela se borne à peu près tout ce que l’on sait sur l’étiologie de cette affection.
M. Malmsten , de Stockholm , a publié, dans le Journal des Connaissances médicales pratiques (t. x, p. 225, 257), un excellent mémoire à la fin duquel se trouve un tableau résumé des principales circonstances observées par lui sur 69 sujets atteints de la maladie de Bright. Voici ce que nous
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trouvons pour les causes ; ici les chiffres parlent haut. Sur 69 sujets, 47 hommes, 22 femmes. Audessous de 10 ans, un seul cas ; de 10 à 20 ans,
8 cas ; de 20 à 30 ans, 25 cas; de 30 à 40 ans,
23 cas ; de 40 à 50 ans, 10 cas ; de 50 à 60 ans,
2 cas. Refroidissements , 29 cas ; abus de boissons
alcooliques, 19; pauvreté, 32; causes inconnues ou insignifiantes, 30.
Les altérations anatomiques qui caractérisent la maladie de Bright peuvent être ramenées à cinq formes, ou plutôt à cinq degrés, qui se succèdent dans l’ordre suivant ; nous les désignerons sous des appellations spéciales, pour que la mémoire les conserve mieux :
a. Etal hypërémique. Le poids et le volume des reins ont augmenté et quelquefois doublé; leur consistance est plus ferme ; ils sont rouges et piquetés de brun à l’extérieur ; on reconnaît à la coupe que la substance corticale s’est hypertrophiée , qu’elle est plus rouge, comme gorgée de sang , et aussi piquetée de brun ; la substance tubuleuse est également plus rouge qu’à l’état normal, mais non augmentée de volume.
b. Etat marbré. On voit à la surface du rein (toujours plus gros) une teinte jaunâtre avec des marbrures rouges; intérieurement, la substance corticale hypertrophiée présente le même aspect, le même mélange d’anémie et d’hypérémie qui tranche vivement sur la substance tubuleuse restée d’un rouge brun.
c. Etat jaunâtre. Le poids et le volume étant toujours plus considérables , les marbrures rouges ont disparu , et la substance corticale n’offre plus qu’une teinte pâle jaunâtre ou légèrement rosée (chair d’anguille). La substance tubuleuse est comprimée, refoulée vers la scissure; elle est d’un rouge moins foncé.
d. Etat granuleux. La substance corticale, toujours jaunâtre et hypertrophiée, offre, à l’extérieur comme à l’intérieur, de petites taches blanches, laiteuses, de la grandeur d’une tête d’épingle, que Bright a désignées sous le nom de granulations, bien que ce ne soient pas réellement des granulations dans le sens propre du mot : ce sont des grumeaux blancs, pultacés, crémeux ; la substance tubuleuse est toujours rougeâtre.
e. Dégénérescence. Ici se rangent différentes altérations dont le rein peut devenir le siège à la suite des lésions précédentes: l’atrophie ou l’hypertrophie considérable des reins , leur induration , l’état bosselé de leur surface , la formation de kystes, etc. Les deux reins sont toujours affectés en même temps , mais souvent à des degrés différents.
Les symptômes se partagent en deux formes ou périodes : la première [aiguë] répond aux deux premiers états anatomiques ci-dessus décrits ; la seconde ( chronique ) , aux trois autres.
L’état aigu débute souvent à la manière des affections phlegmasiques , par un frisson suivi de chaleur à la peau, de soif, de fréquence et de dureté du pouls ; en même temps l’urine est moins abondante que de coutume, plus brune, quelquefois légèrement sanguinolente. Au bout de quelques jours , elle prend ur.e teinte eitrine, mais elle redevient parfois sanguinolente dans les exacerbations ; les urines renferment déjà de l’albumine , ce qui les rend plus mousseuses ; en même temps le ma-
lade éprouve dans la région lombaire une douleur peu intense ou du moins un sentiment de gêne et de pesanteur. Dès que l’urine a été modifiée, l’œdème commence à se montrer ; il se déclare à la face qui est pâle et bouffie , ou sur les membres d’où il s’étend aux autres parties; il y a parfois des alternatives d’infiltration et de résorption. Enfin , le pouls peut être plus ou moins accéléré, avec chaleur et sécheresse à la peau , rougeur ou état muqueux de la langue, anorexie, nausées, etc. Une circonstance à noter , c’est que d’abord le sang tiré de la veine est couenneux , et que le sérum est plus ou moins chargé d’albumine suivant que les urines en contiennent une moindre ou une plus forte proportion. Arrivée à ce point , la maladie peut se terminer : 1 0 par résolution, et alors les symptômes diminuent peu à peu et finissent pas disparaître en deux , trois ou quatre septénaires; 2° par la mort, ce qui est assez rare dans cette période, et alors celle-ci survient par l’effet d’une complication phlegmasique du côté du cerveau, des poumons, de la plèvre ou du péricarde; 3° enfin, par l’état chronique : c’est le cas le plus ordinaire.
La forme chronique succède donc à la précédente, ou bien, et c’est peut-être le plus ordinaire, elle débute d’emblée. Ses lésions anatomiques sont plus particulièrement celles des trois derniers états que nous avons décrits. Le seul symptôme précurseur est la présence de l’albumine dans les urines. Quant aux symptômes locaux , nous noterons une douleur sourde , profonde et peu intense dans le tiers environ des cas, ou même quarante-six fois sur soixante-neuf, suivant M. Malmsten, c’est-à-dire dans les deux tiers des cas. Mais les deux symptômes caractéristiques de la maladie sont l’état des urines et l’hydropisie: l'urine est plus mousseuse que de coutume et cette mousse persiste plus longtemps ; sa quantité est réduite de près d’un tiers , sa couleur est jaune pâle légèrement louche, la densité en est diminuée de 1,020 à 1,024, état normal, elle est tombée à l ,01 3 et même à 1 ,005); enfin, elle contient de l 'albumine, ce qui se reconnaît quand on la soumet à l’action de la chaleur , alors il s’y forme un coagulum plus ou moins épais; l’acide nitrique ajouté goutte à goutte produit le même effet. Tandis que l’albumine est en plus grande quantité, la progression des sels, mais surtout de l’urée, diminue d’une manière très-sensib'e. Notons que, dans le même temps , le sang devient plus fluide, il s’appauvrit; il renferme d’autant moins d’albumine que l’urine en contient davantage , et , par contre , l’urée qui manque dans cette dernière semblerait , suivant M. Christison , se re rouver dans le sang.
h'hydropisie commence, ainsi que nous l’avons vu, par un œdème partiel de la face ou des membres, des malléoles , par exemple, quand le malade s’est tenu longtemps debout. L’action du froid accélère beaucoup la marche de l’anasarque; la rénitence est d’abord peu marquée, mais plus tard la peau est très-tendue et se laisse plus difficilement déprimer. Les parties infiltrées sont moins volumineuses, mais se dégonflent plus difficilement par le repos que dans l’œdème des maladies du cœur. Les collections séreuses dans les cavités se forment après l’infiltration. Sur ses soixante-neuf cas, M. Malmsten a trouvé l’anasarque soixante-sept
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