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rémittent [path.), adj. Les fièvres rémittentes sont celles qui, sans cesser d’être continues, présentent des redoublements réguliers ou irréguliers , et avec les trois stades des fièvres d’accès : froid, chaud et sueur. (V. Fièvre intermittente )

restai >{anat.), adj, (de ren, le rein), qui dépend du rein. Les artères rénales ou émulgentes sont au nombre de deux, une pour chaque rein; elles sont très-grosses, très-courtes, se détachent de l’aorte presque à angle droit, et, en pénétrant dans la scissure du rein , se divisent en plusieurs grosses branches. — Veines rénale s ; elles vontse jeter dans la veine-caveinférieure. — Plexus rénal ou rénaux ; ils sont au nombre de deux , un de chaque côté ; ils sont formés par des nerfs duplexussolaire, cœliaque , des ganglions semi-lunaires ; ils sont , ainsi que ces nerfs, une dépendance du trisplanchnique ou grand sympathique ; les filets de ces plexus pénètrent dans les reins avec les artères rénales dont ils accompagnent les divisions. — Calcul rénal. On désigne ainsi des pierres formées dans les reins. (Y. Reins.) J B.

réhifûrme ( anat .), adj., se dit des choses ou des organes qui ont la forme d’un rein.

rénitent ( path .), adj. ( renitens , de reniti , résister activement, faire effort contre ,On dit qu’une tumeur est rénitente quand elle fait éprouver au doigt qui la presse un léger sentiment de répulsion comme si on appuyait sur un ressort très-tendu et très-peu flexible.

renoncule ( bot .), s. f. (ranunculus) , genre principal de la famille des renonculacées, J., à laquelle il donne son nom; appartient à la polyandrie polygynie, L. C’est une plante herbacée, à feuilles alternes et de formes variables; fleurs régulières, douées de couleurs très -vives , jaunes, rouges ou blanches; étamines nombreuses; pistils en nombre variable. Les renoncules sont remarquables par la présence d’un principe âcre vénéneux, qui existe dans toutes les parties de la plante , mais surtout dans la racine. Ce principe se trouve à son plus haut degré de développement dans la variété nommée renoncule scélérate. Appliquée sur la peau , cette plante produit une véritable vésication. Les renoncules sont généralement vénéneuses ; M. Orfila les a rangées dans la classe des poisons âcres. L’eau pure ou rendue légèrement mucilagineuse, prise en abondance, parait être le meilleur contre-poison qu’on puisse administrer aux personnes qui seraient empoisonnées par cette plante. Certaines espèces sont cependant employées comme un fourrage; telle est la renoncule aquatique. La beauté de ses fleurs lui ont donné une place dans les parterres où la culture produit leur doublement. J. B.

renonculacées ( bot .), s.f.p. (V.auSuppl.) renouée. (V. Bistorte et Renoué au Supplém.) renoueur. (Y. Rebouteur.) renversement [path.), s. m. Dérangement survenu dans la situation d’un organe, par suite duquel la partie supérieure est devenue inférieure, ou bien la partie postérieure se trouve être antérieure, etc. C’est ainsi qu’il y a des renversements de la matrice, de la paupière, de la vessie, etc. (Voy. ces mois.)

renvoi. (V. Eructation.)

révercussif [mat. méd.), adj. et s. (repercutiens, qui repousse). Les médicaments répercussifs sont ceux qui ont pour propriété de chasser les fluides du lieu sur lequel on les applique, tels sont les réfrigérants , les astringents ; en resserrant les tissus, ils expriment les liquides renfermés dans la partie, et les forcent d’en sortir.

répercussion ( thérup .), s. f. ( repercussio ) C’est l’action produite par les répercussifs. 11 s’y joignait autrefois une idée théorique: on pensait que le principe morbifique chassé par les répercus sifs allait se jeter sur un organe intérieur et y déterminait une maladie plus grave que celle que l’on voulait combattre. Le fait est que les répercussifs, imprudemment employés dans une fièvre éruptive, la rougeole, par exemple, peuvent amener la disparition brusque de l’exanthème , et par suite des accidents fort graves et peut-êlre mortels, dont le sujet ne sera débarrassé que par le retour de l’éruption cutanée. Il est donc bien vrai que la répercussion mal dirigée peut entraîner de graves conséquences, surtout dans les affections rhumatismales et goûteuses. repos. (V. bommeil.)

RÉPLÉTION. (Y. Pléthore.) repoussoir (chir.), s. m. [repulsorium .Instrument dont se servent les dentistes pour extraire les chicots restés dans les alvéoles. C’est une tige d’acier solidement fixée dans un manche d’ébène , et terminée par deux petits crochets.

reproduction (phrjsiol.), s. f. [regeneratio) . C’est l’acte par lequel les êtres vivants perpétuent leur espèce ; il est synonyme de génération ; mais ce dernier s’applique plutôt aux animaux, tandis que le mot reproduction est plus spécialement consacré aux végétaux ; ainsi on dit que les plantes se reproduisent pargraines, par caïeux, par boutures, par greffes, etc.

R±sEAU(<ma/f.), s. m. ( réticulum, , diminutif de rete filet) .On appelle réseau, en anatomie, un entrelacement de vaisseaux ou de nerfs qui, en s’unissant, en s’anastomosant mille et mille fois les uns avec les autres, forment de véritables mailles plus ou moins régulières, qui donnent à cet entrelacement l’aspect d’un filet. C’est ainsi que l’on trouve à la base du cerveau le réseau admirable , formé par les anastomoses des artères carotides internes avec la vertébrale. J. B.

résection [chir.), s. f ( resectio , de resecare couper). Le mot résection s’applique plus pqrjiculièrement à l’ablation des extrémités articulaires "des os, et aussi à la section des os longs dans leur continuité, et même à l’extirpation de certains os dans leur totalité , sans amputation des parties molles. Cette opération, dont on trouve quelques traces^ dans l’antiquité, a été de nouveau pratiquée dans le milieu du dernier siècle par White, en Angleterre, et en même temps par Vigarous et David, en France. Mais c’est surtout aux temarquables travaux de MM. Moreau père et fils, denBar-le-Duc, et à ceux de M. Roux, que sont dues les connaissances actuelles relatives aux résections.

Cette opération se pratique surtout dans les cas de caries osseuses circonscrites et dans lesquelles le

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dé- ordre des parties molles n’est pas trop considérable : dans les ostéo-sarcomes et autres dégénéraions des os, dans les blessures avec esquilles et en quelque sorte broiement des os, les tissus mous n’étant pas trop endommagés.

Si l’on compare l’amputation avec les résections, ces dernières offrent l’immense avantage de ne pas emporter tout le membre, et, par conséquent, d’épargner au malade une affreuse mutilation. On peut donc y recourir quand les indications, dont le chirurgien est le seul juge, paraissent la réclamer. Disons toutefois que l’on semble généralement «raccord pour la proscrire dans les maladies des grosses articulations des membres inférieurs, tels que le genou et la hanche ; mais ici encore, telle circonstance peut rendre l’opération justifiable; on ne peut donc tracer des règles absolues et immuables.

Relativement au manuel opératoire, nous dirons d’une manière très-générale, que l’os ayant été mis à découvert par des incisions convenables, plus ou moins étendues, suivant l’étendue réelle ou présumée du mal, il faut bien s’assurer des limites de cej lui-ci, afin de ne rien laisser qui soit altéré. Alors, à l’aide de scies ordinaires ou de scies à chaînettes glissées sous l’os , ou bien encore au moyen de la gouge et du maillet, on emporte les portions altérées , en ayant bien soin de ménager les parties molles. On rapproche les extrémités osseuses réséquées, et ensuite on réunit la plaie avec des bandelettes ou par une suture. Les membres seront placés dans une situation convenable : les membres inférieurs dans l’extension, les membres supérieurs, pourlecoude en particulier, à demi fléchis. On obtient quelquefois, après la résection du coude, une fausse articulation qui permet des mouvements d’extension et de flexion de l’avant-bras, de telle sorte que le malade n’est point privé de l’usage de son membre. C’est en cela que consiste la supériorité de la résection sur l’amputation. ,T . B .

sis s ek. voir [anat.], s. m. (de reservare conserver .On appelle ainsi en anatomie les cavités où s’amassent les produits liquides des sécrétions. Ainsi, le sac lacrymal est le réservoir des larmes; la vésicule du fiel , le réservoir de la bile; la vessie, le réservoir des reins, etc.... On appelle réservoir de Pecquef, du nom de l’anatomiste qui l’a découvert, une dilatation en forme d’ampoule que présente le canal thoracique au devant d e la région lombaire de la colonne vertébrale. On avait donné aussi à cette dilatation le nom de réservoir du chyle.

Réshto ( chim .), s. m. [residuum), ce qui reste au fond du creuset ou de l’alambic après une opération chimique. Ce résidu, contrairement à une idée des anciens alchimistes qui a longtemps retardé les progrès de la chimie, ce résidu est souvent fort important, et peut être utilement employé.

résine (pharm.), s. f. [résina). Les résines sont des produits végétaux fusibles par la chaleur, ce qui les-differencie des gommes, mais ne devenant jamais parfaitement fluides , ce qui les distingue des corps gras. Elles sont en général jaunes ou brunes, solides, cassantes, s’électrisant d’une manière négative par le frottement, inflammables, insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool, l’éther, les corps gras et les bitumes. Elles paraissent être le résultat de l’épais-

sissement par oxydation des huiles volatiles. M.Bonastre, qui s’est beaucoup occupé de ces produits (1824), a donné le nom de sous-résines à des matières qui se déposent sous forme de cristaux des solutions résineuses alcooliques. M. Deville, dans ses recherches, a fait voir que les résines donnent, par la distillation sèche , des produits huileux, de véritables huiles essentielles qui peuvent être considérées comme le point de départ des résines qui n’ont acquis ce dernier caractère que par la fixation de l’oxygène. Tout le monde n’admet pas , au reste, cette identité entre les huiles obtenues des résines par la distillation, et celles qui auraient été la matière élémentaire de ces dernières.

Les résines se recueillent sur un grand nombre de plantes des pays chauds. Les familles végétales dans lesquelles on en rencontre le plus sont, d’abord, les térébinthacées, les conifères, et, en second lieu, les légumineuses, les rutacées, etc. Quelques résines exsudent naturellement de la surface des arbres ; mais le plusgrand nombre sontobtenuesà l’aided’incisions pratiquées sur l'écorce. Elles en découlent sous forme d’un liquide clair (ou térébenthine) en dissolution dans une huile essentielle; les gommes, avec lesquels on les confondait si souvent autrefois, sont au contraire laiteuses au moment de leur sortie. Le suc résineux se concrète, se durcit au contact de l’air, et quand il reste dans un état de demifluidité, il prend le nom de térébenthine [Y. ce mot).

Quelques résines sont de véritables produits de l’art, et s’obtiennent dans le laboratoire des pharmaciens. Après avoir épuisé par l’alcool à 36 degrés les substances qui les fournissent, on distille aux trois quarts; on ajoute au résidu un volume égal d’eau distillée ; on recueille le dépôt résineux qui se forme , on le lave dans l’eau chaude, puis on le met dans des assiettes que l’on porte dans des étuves, où on les laisse jusqu’à ce que la résine ainsi obtenue soit cassante.

Enfin, il est des résines qui se rencontrent dans le règne minéral et qu’on nomme fossiles (bitume, succin). Il est assez probable qu’elles doivent leur origine à des végétaux anté diluviens.

En général, les résines jouissent de propriétés stimulantes; quelques-unes sont purgatives (résine de jalap, de scammonée) ; d’autres caustiques (résine de garou) Elles servent surtout à la préparation des onguents (Voy. ce mot); enfin elles sont très-employées dans les arts pour faire des vernis, des savons, du gaz pour l’éclairage, etc.

Un mot sur les principales résines.

Résine copal, ou gomme copal. La plus répandue vient de l'Inde ; on l’extrait soit de 1 ’elœocarpus copallifera, soit du rhus copallinus. Elle est d’un blanc jaunâtre ou jaune fauve vitreux, très-dure, presque inodore et insipide à froid. Elle n’est qu’imparfaitement soluble dans l’alcool et les huiles volatiles; ne se dissout dans les huiles fixes qu’à l’aide d’une préparation particulière, et forme la base des vernis gras.

Résine élèmi. On en connaît deux variétés : 1° Ëlemi du Brésil qui provient de V ici la icicariba, de la famille des térébinthacées; molle d’abord, elle devient sèche et cassante par la suite; elle est demi-transparente, d’un blanc jaunâtre, mêlé de points verdâtres, d’une odeur agréable et analogue à celle du fenouil. 2° Résine élémi en pains. E'ie

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est en masse de 500 grammes à un kilog., de forme très-angulaire, enveloppée dans des feuilles de palmier ou de canne de l’Inde ; elle est opaque, verdâtre et d’une odeur de fenouil plus prononcée que la précédente. On a proposé, mais sans succès, de substituer la résine élémiau baume decopahu. Elle entre dans la composition du baume d’arcane, du styrax et du beaume de Fioraventi.

Résine mastic, Myrrhe. (Voy. ces mots.)

Résine tacamaque. Il y en a plusieurs sortes ; la plus commune, que l’on attribue mfagara octandra (térébinthacées),est en masses irrégulières jaunâtres ou verdâtres, demi-transparentes à l’intérieur, ondulées de zones blanchâtres, grisâtres et farineuses à l’extérieur, d’une odeur de térébenthine, et d’une saveur peu marquée d’abord, mais qui devient bientôt très-âcre. Les résines tacamaques étaient très-employées dans l’ancienne pharmacopée, elles sont excitantes comme la myrrhe et autres résines, et aujourd’hui très-peu usitées. Les tacamaques entrent dans la composition du baume de Fioraventi. J. -P. Beaude.

résolutif ( thérap .), adj. ( resolvens ). On range sous le nom de résolutifs ou défendants les substances plus ou moins stimulantes qui ont pour effet de favoriser la résorption des liquides épanchés ou infiltrés dans les tissus, et de déterminer la résolution, c’est-à-dire la fonte, la diminution graduelle, et enfin la disparition des engorgements ou indurations. Quand la tumeur est à l'état inflammatoire aigu, les antiphlogistiques et les émollients jouent le rôle de résolutifs; mais, le plus ordinairement, c’est à la catégorie des excitants que les résolutifs sont empruntés, et les tumeurs, les engorgements contre lesquels on les emploie sont de nature atonique, ou du moins des phlegmasies passées à l’état chronique. Ils sont très-employés contre les collections séreuses formées dans les cavités normales ou accidentelles, pour combattre les œdèmes du tissu cellulaire sous-cutané, les infiltrations et les épanchements de sang qui constituent les ecchymoses et les bosses sanguines, etc. ; ils sont très-utiles dans les entorses, les foulures, quand la période d’acuité est passée. Le traitement local des scrofules repose presque entièrement sur les résolutifs. Il en est de même pour la plupart des tumeurs anormales qui peuvent se développer dans nos tissus. Pour expliquer l’action des résolutifs, on suppose que l’excitation toute particulière déterminée par eux se porte sur les vaisseaux absorbants, et que ceux-ci reprennent les substances épanchées ou infiltrées qui déterminaient la tuméfaction et la collection liquide que l’on veut faire disparaître ; mais ce n’est là qu’une hypothèse.

Les résolutifs les plus actifs et les plus employés sont : le mercure, l’iode et leurs préparations, les savons, l’acétate de plomb, l’emp’âtre de ciguë, l’emplâtre de Yigo , l’ hydrochlorate d’ammoniaque, les carbonates alcalins, etc. J. B.

résolution jphysiol. path.), s. f. ( resolutio ). C’est l’acte par lequel s’accomplit la disparition d’un épanchement ou d’un engorgement, c’est la terminaison des inflammations, quand celles-ci diminuent peu à peu et finissent par disparaître sans laisser de traces ; tous les efforts des médecins doivent tendre à l’obtenir. (V, Inflammation.)

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résorption [physiol.), s.f. (resorplio,deresorbere boire de nouveau). La résorption, c’est {'absorption (Voy. ce mot) des molécules solides ou liquides épanchées dans les cavités ou les tissus.

respiration [physiol.), s. f. ( respiratio ). C’est la fonction par laquelle le sang veineux, formé des fluides réparateurs et des résultats de l’absorption interne, est changé en sang artériel. Ce changement se nomme hématose; il est accompli da?ts le poumon et sous l’influence de l’air extérieur.

L’air est indispensable à tous les êtres vivants. Faites le vide dans une cloche où vous aurez placé un animal ou même une plante, et vous ne tarderez pas à les voir périr. Quel rôle joue donc l’air dans l’économie? Il leur cède un de ses élément constitutifs, l’oxygène. Ce fait se démontre par les expériences suivantes : si l’on met un végétal ou un animal dans un espace où l’air ne peut être renouvelé, il périt au bout d'un temps plus ou moins long et en rapport avec le volume de l’animal, le degré qu’il occupe dans l’échelle des êtres et le volume de l’air laissé à sa disposition; alors, faisant l’analyse du gaz renfermé dans le lieu circonscrit , on reconnaît que l’air a perdu presque tout son oxygène, auquel s’est substitué du gaz acide carbonique. Enfin, l’air faitsubir au sang veineux une modification, une élaboration particulière; car aussitôt qu’il est en contact avec ce fluide, il en change l’aspect, et, comme nous le verrons plus bas, iî agit sur sa composition intime.

Rangés d’après leur action sur l’homme ou les animaux, les gaz se partagent en trois catégories : 1° Gaz respirable et pouvant entretenir la vie , un seul, l’air, par l’oxygène qu’il renferme; 2° Gaz impropres à la respiration, qui ne tuent pas par des propriétés délétères, mais parce qu’ils ne sont pas capables d’entretenir la vie , l’azote et l’hydrogène; 3° Gaz délétères , tuant par un véritable empoisonnement, gaz hydrogènes carboné, phosphoré, sulfuré, arsénié, oxyde de carbone, cyanogène, acide carbonique : ces gaz injectés dans les veines font périr les animaux comme s’ils les eussent respirés ; il est même certains gaz délétères que l’on ne peut respirer en grande quantité, à cause des spasmes de la glotte et de la suffocation convulsive qu’ils produisent instantanément : tels sont le chlore, les gaz nitreux, acide sulfureux, chlorhydrique, l’ammoniaque, etc.

La respiration est en quelque sorte la digestion de l’air par le poumon. C’est donc ce gaz qui est l’aliment ; la trachée et les bronches sont les canaux qui le conduisent dans les organes élaborateurs, les poumons , et qui, la modification accomplie, lui servent d’issue. Nous avons donc trois actions à étudier : 1 ° l’entrée de l’air ou inspiratid il; 2° l’action qui s’exerce sur le sang dans les poumons, ou hématose; 3° et enfin la sortie de l’air ou expiration. Occupons-nous d’abord des deux phénomènes mécaniques de l’intromission et de l’expulsion de l’air.

1° Inspiration. L’air ne pouvant entrer dans le poumon que par un acte de notre volonté, il faut qu’une sensation vienne nous avertir de la nécessité de son introduction; c’est le besoin de respi-

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rer. A ce besoin, comme à tous les autres de l’éco- I nomie, est attaché un sentiment agréable quand on y obéit, pénible, douloureux même, quand on y résiste; ce besoin naît aussitôt que la portion d’air introduite dans le poumon a été employée, et comme cette consommation a lieu d’une manière presque instantanée, il s’ensuit que ce besoin doit se manifester très-souvent (15 à 20 fois par minute). Du reste, cette fréquence varie suivant l’état de force ou de faiblesse des individus, le degré d’activité du poumon et la richesse plus ou moins grande de l’air inspiré. Le siège de cette sensation paraît être dans le poumon, ou plutôt dans la muqueuse des ramifications bronchiques ; les nerfs de la huitième paire y président très-probablement.

Chez l’homme et chez les mammifères, la pénétration de l’air dans la poitrine a lieu par un mécanisme analogue au jeu d’un soufflet ; le thorax se dilatant, l’air se précipite dans le poumon; puis le thorax venant à se contracter, il comprime le poumon, et l’air en est chassé. C’est l’entrée de l’air que l’on nomme inspiration ;la sortie s’appelle expiration. Deux ordres de puissance, le diaphragme et la cage osseuse du thorax avec ses moteurs musculaires, concourent à ce mouvement. Le diaphragme, qui forme à la base de la poitrine une voûte saillante dans celle-ci, se contracte, devient plane, la voûte s’efface donc, et le diamètre vertical de la poitrine est augmenté : en même temps les côtes, qui sont très-inclinées de chaque coté, sont tirées en haut, se redressent ; le sternum se soulève et la capacité du thorax se trouve par conséquent agrandie dans les diamètres transversal et antéro-posté- | rieur.

Le poumon doit nécessairement profiter de l’ampliation du thorax pour se dilater : l’air qu’il contient se raréfie, cesse de faire équilibre à l’air extérieur, qui se précipite à travers la glotte, dont les lèvres s’écartent d’elles-mêmes (V. Larynx), et, par son action de dedans en dehors, facilite l’action des muscles inspirateurs. Quand l’inspiration se fait par la bouche, le voile du palais se relève presque horizontalement ; quand elle se fait par les fosses nasales, ce voile mobile s’abaisse et se porte vers l’intérieur de la bouche; en même temps, quand l’inspiration est un peu forcée , les ailes du nez se dilatent.

Jusqu’où pénètre l’air dans le poumon ? Assurément il ne va pas toujours jusqu’aux dernières ramifications desbronches, caril restait déjàdel’air de la dernière inspiration. Est-ce parce qu’il est poussé par plusieurs inspirations successives, qu’il pénètre jusqu’aux vésicules pulmonaires? Quel temps faut-il pour cela?... On ignore ces détails intimes. On admet plusieurs variétés dans la force des inspirations : une inspiration est dite : 1° ordinaire, quand il y a actiçn du diaphragme et élévation peu marquée des côtes ; 2° grande, quand à l’abaissement du diaphragme se joint une ampliation marquée du thorax ; 3° forcée, quand toutes les puissances musculaires capables de la produire sont en jeu. On comprend que, entre ces diverses formes, il y a beaucoup de degrés intermédiaires. Pendant la veille, le diaphragme agit presque seul, tandis que, pendant le sommeil, ce sont plutôt les intercostaux : du reste, ces différentes puissances se suppléent au besoin .

I On a essayé de déterminer par le calcul ou par le raisonnement de quelle quantité le thorax peut se dilater : les uns ont dit un douzième, d’autres un cinquième. On n’est pas plus d’accord sur la forme que prend le thorax : devient-il carré, comme le veut Willis, ou bien n’est-ce pas plutôt un cylindre elliptique, comme le croit Bernouilli? De "même, pour la quantité d’air introduit à chaque inspiration ; les uns ont évalué cette quantité à 12 ou 13 pouces (Mcnziès), d’autres à 20 (Jussieu), d’autres de 16 à 17 (Cuvier), etc., etc. Ces dissidences ne doivent pas surprendre, si l’on veut faire la part des individualités et de la quantité plus ou moins grande de sang à vivifier. Borelli, dans sa manie d’appliquer les lois de la physique et des mathématiques aux fonctions de l’économie, s’est amusé à calculer la force de dilatation de la poitrine, ayant égard à la pression de l’atmosphère sur les parois du thorax, et il l’évaluait à 32,040 livres; dans ce beau calcul, il oubliait tout simplement que l’air, en pénétrant dans le poumon, fait équilibre à celui du dehors, et annule, par conséquent, en grande partie, la pression atmosphérique.

2° Vexpiration est également sollicitée par un besoin qui se fait sentir quand l’air qui avait été inspiré doit être expulsé; elle a lieu presque immédiatement après l’inspiration : le tissu pulmonaire , ou plutôt celui des ramifications bronchiques, qui est très-élastique, revient sur lui-même et contribue à l’expulsion de l’air ; en même temps, les agents qui avaient produit l’inspiration cessant d’agir, le thorax retourne mécaniquement à ses dimensions premières, le diaphragme contracté revient sur luil même; ce mouvement est facilité par le retrait des parois abdominales distendues. Dans certains cas, le resserrement du thorax a lieu d’une manière active par l’action de certains muscles, dits expirateurs, qui abaissent les côtes et le sternum : tels sont le triangulaire du sternum, I es muscles larges du ventre, le grand dorsal, le sacro-lombaire, le dentelé postérieur et inférieur. On a voulu encore ici évaluer la quantité d’air exhalé, et les expérimentateurs sont arrivés à des résultats très-différents les uns des autres; il reste seulement de constaté que la quantité de gaz rejetée est moins considérable que celle qui a été introduite. Quant à l’air expulsé, il subit, par son passage à travers le larynx, la bouche et les fosses nasales, quelques modifications dont nous parlerons plus bas.

La succession des deux ordres de mouvements que nous venons d’examiner a lieu de quinze à vingt fois par minute; et de cinq en cinq fois environ, il y a une inspiration plus profonde que les autres. Cet acte s’accomplit sous l’influence de la volonté ; mais l’habitude fait que la fonction a lieu sans que nous ayons à nous en préoccuper, et qu’elle se continue parfaitement bien pendant le sommeil. Enfin, les muscles qui doivent concourir à la respiration devant agir de concert , la nature a uni les différents nerfs qui les régissent par des connexions sympathiques intimes, qui ont été surtout bien appréciées par le célèbre physiologiste anglais Ch. Bell.

3° Respiration proprement dite, ou hématose. On a longtemps séparé l’hématose en général de l’hématose en particulier, appelant du premier nom la conversion du chyle et de la lymphe en sang, et du

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second celledu sangveineux en sang artériel; maisees deux actions s'accomplissant presque dans le même temps, nous les réunirons. Les anciens croyaient que la respiration avait pour but de rafraîchir, par le contact de l’air, le sang échauffé par le frottement dans les canaux de la circulation. Mais depuis les admirables découvertes de Lavoisier, depuis l’analyse de l’air, il est reconnu que la respiration a pour but de transformer, au moyen de l’oxygène contenu dans ce gaz , les trois fluides, le chyle , la lymphe et le sang veineux, en sang artériel. Il y a donc ici deux choses à étudier : les changements éprouvés par l’air, et les chargements éprouvés par le sang veineux dans le poumon.

L’air introduit dans le poumon perd de l’oxygène : ce fait est prouvé par l’expérience directe. Quand on place un animal dans un espace clos renfermant une quantité donnée d’air, et qu’on analyse l’air au bout d’un certain temps, on voit d’une part que de l’oxvgène a été absorbé, et de l’autre que de l’acide carbonique a été émis. Or, ce dernier gaz est impropre à la respiration ; de là la nécessité de renouveler l’air au bout d’un certain temps, si l’on ne veut pas que l’animal périsse ; de ià ces exemples d’asphyxie chez des malheureux enfermés dans des espaces très-étroits. Relativement aux quantités de ces deux gaz absorbées et émises dans un même temps , la plus grande diversité règne parmi les observateurs; seulement, il paraît constaté qu’il se produit plus d’acide carbonique qu’il ne disparaît d’oxygène. L’air perd-il ou gagne-t-il de l’azote dans la respiration? Les uns disent qu’il en perd, d’autres qu’il en gagne. M. Edwards concilie ces différents résultats en disant qu’il y a des cas où l’exhalation de l’azote est plus active que l’absorption de ce gaz , et d’autres dans lesquels le contraire a lieu. Une chose certaine, c’est que le poumon absorbe la plupart des gaz : de là des empoisonnements quand on respire des gaz délétères mêlés à l’air atmosphérique ; d’un autre côté, il exhale des substances ingérées par une autre voie : ainsi l’haleine des personnes auxquelles an fait prendre des lavements de musc ou de camphre est fortement empreinte de l’odeur de ces substances. Enfin, dans l’expiration, il y a toujours une certaine quantité de sérosité en vapeurque l’on voit se condenser sous forme de nuage hors de la bouche dans les temps froids.

Les modifications subies parle sangveineux sont très-importantes, et consistent dans la transformalion de ce Uuide en sang artériel , c’est-à-dire que de noir-violet qu’il était, il devient vermeil, rutilant, écumeux, plus léger, plus chaud de deux degrés, et enfin qu’il devient apte à nourrir et à vivifier les différentes parties de l’organisme. Empêchez la transformation en oblitérant les voies aériennes d’un animal, le sang veineux passera avec ses caractères à travers le poumon, retournera au cœur et de là dans les artères (V. Circulation) qui le répartiront dans le reste du corps, où il portera un fluide impropre à l’entretien de la vie, ou, en d’autres termes , mortel. La mort qui survient par la non-artérialisation du sang est dite par asphyxie (Voy. ce mot).

Que s’est-il passé dans l’acte de l’hématose ou de î’artérialisation du sang? Nous l’avons dit plus haut : de l’oxygène a été pris, de l’acide carbonique a été

émis. L’oxygène pris par le poumon se combinet il sur-le champ avec le carbone que renferme le sang veineux pour donner lieu à l’acide carbonique qui est exhalé ? ou bien, l’oxygène circule-t-il avec le sang artériel jusque dans les capillaires où il se combinerait avec du carbone, de manière à former le gaz acide carbonique, lequel circulerait avec le sang veineux pour être expulsé à son arrivée dans le poumon ? Les observateurs sont ici en dissidence marquée ; de là, ces nombreuses théories chimiques de la respiration dont nous ne parlons pas, parce qu’il n’y a rien de prouvé à cet égard, que tout est encore en question, et qu ici, dans un article aussi restreint, nous devons nous borner aux faits bien constatés.

Du reste, comme le dit Muller, on se ferait une bien fausse idée si l’on s’imaginait que, pendant l’inspiration, l’oxygène de l’air dans les parois des cellules pulmonaires, passe à travers les tuniques des vaisseaux capillaires pour arriver jusqu’au sang, et que, pendant l’expiration, celui-ci laisse échapper de l’acide carbonique qui traverse à son tour les parois des vaisseaux. Ce travail a lieu continuellement et sans la moindre interruption, tant dans l’expiration que dans l’inspiration : le poumon n’est jamais vide d’air, et sans qu’il cesse d’y avoir d’un côté de l’oxygène admis dans le sang, et de l’autre de l’acide carbonique d’exhalé, il contient et de l’air atmosphérique et de l’acide carbonique. L’expiration n’entraîne au dehors que de l’air vicié, et celui qu’elle laisse dans les poumons se mêle au nouvel air atmosphérique respirable.

Les mouvements musculaires nécessaires à Centrée ou à la sortie de l’air s’accomplissent sous l’influence des nerfs cérébraux ou rachidiens qui se distribuent à ces parties; c’est à tel point, qu’une lésion de la partie supérieure de la moelle peut suspendre les mouvements respiratoires et amener la mort par asphyxie ; mais l’acte de l’hématose estil purement chimique? Si l’on examine les résultats obtenus par les observateurs qui ont étudié cette question, on voit que la section des nerfs de la huitième paire fait périr les animaux par une réunion de circonstances nuisibles et contraires à la respiration : 1° la paralysie incomplète des mouvements propres à changer la forme de la glotte ; 2° les exsudations dans le poumon; 3° le changement du travail chimique qui s'accomplit dans les organes ; 4* enfin la coagulation du sang : le rôle de la huitième paire sur l’hématose est donc incontestable.

A cela se borne ce que nous avons à dire sur la respiration. En dehors des faits dont nous avons présenté le tableau en abrégé , il n’y a que des hypothèses plus ou moiDS probables, mais non en core démontrées ; et nous avons coutume de nous arrêter là où manquent les preuves.

J. -P. Bbaude.

restauration (path.) , s. f. (restauralio) . Sous ce terme général on comprend toute opération de chirurgie ayant pour objet de ramener à l’état primitif ou à l’état normal une partie altérée dans sa forme. C’est un art qui, depuis un certain nombre d’années, a pris beaucoup d’extension. Ainsi , par suite d’une brûlure, la partie inférieure de la face est devenue adhérente au sternum, le menton

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semble se confondre avec la poitrine. Le chirurgien coupe, dissèque les brides, relève la tête, et tout revient dans l’ordre, ou à peu près. C’est aux restaurations qu’appartiennent les nombreux procédés à' autoplastie imaginés de nos jours. L’autoplastie consiste à réparer une portion de peau enlevée ou détruite par une cause quelconque, au moyen d’une portion égale de peau prise sur les parties voisines. Certes, cette pratique, déjà bien ancienne et usitée dans l’Inde pour le nez, a été beaucoup exagéree dans ces derniers temps , surtout pour ce qui a rapport à la rhinoplastie (V. Nez). Mais on ne peut nier qu’elle n’ait produit d’excellents résultats dans plusieurs circonstances. Ainsi, quand une portion de paupière a été détruite par un charbon, on se trouve très-bien de remplacer la partie manquante au moyen d’un lambeau de peau pris à la tempe ou sur la joue. On évite ainsi les renversements de la paupière qui laissent l’œil à découvert, et causent l’inflammation et quelquefois la perte de cet organe. Mais on a beaucoup abusé de ces moyens ; il faut donc se tenir ici dans de justes limites , et ne pas compromettre une chose utile en l’employant mal à propos. J. B.

RESTiroRME (anat.) , adj. (resliformis , en forme de corde).On appelle corps restiforme la partie supérieure des cordons postérieurs de la moelle épinière qui forment les pédoncules inférieurs du cervelet.

rétention (chir.), s. f. (retentio). Action de retenir. On dit qu’il y a rétention quand un liquide ne peut sortir de la cavité ou réservoir qui n’est destiné à le contenir que momentanément. Ce mot s’applique plus spécialement , en pathologie, aux empêchements apportés à la sortie libre de l’urine.

Rétention d’ubine. — Desault la définit une maladie dans laquelle les urines sont arrêtées élans quelqu’un des conduits destinés à la transmettre au dehors; la différence du siège où peut résider l’accumulation, la variété infinie des causes morbides qui peuvent la produire et qui sont des maladies elles-mêmes, font que la rétention doit être regardée comme un symptôme plutôt que comme un état pathlogique essentiel.

Les anciens avaient établi trois degrés dans la rétention: l° la dysurie , simple difficulté d’uriner, le jet du liquide étant tres-mince et contourné en spirale; 2° la strangurie , ici l’urine est rendue goutte à goutte avec chaleur, douleur, ténesme vésical ; 3° enfin, l 'ischurie , impossibilité d’uriner, c’est la rétention proprement dite. Celle-ci peut être complète ou incomplète: dans le premier cas, il ne sort rien; dans le second, il yabienun écoulement, mais goutte à goutte et d’une maniéré involontaire ; c’est le trop- plein de la vessie qui sort ainsi par regorgement.

t L’urine peut être retenue: t° dans les reins, c’est par l’effet d’une compression de l’uretère à sa sortie de l’organe, la présence d’un calcul ou tout autre corps étranger dans le même conduit. 11 est rare que cette rétention soit double: si elle a lieu d’un seul côté, le rein intact supplée l’autre, et les urines sont rendues par la vessie et par l’urèthre, comme de coutume. Si elle est double , il ne sort rien Dans tous les cas , le rein où s’accumule l’urine se distend, suppure et peut se transformer en

une vaste poche remplie d’urine et de pus dont la résorption entraînerait la mort. La ponction lombaire est indiquée dans ce cas. (Y. Reins, Uretère.)

2° Dans l’uretère. Ici la rétention a lieu, comme l’a dit Desault, par trois ordresde causes : des corps étrangers qui remplissent le canal , l’engorgement des parois de celui-ci, et leur compression par une tumeur voisine. Le diagnostic en est très-difficile, parce que c’est ordinairement d’un seul côté que la rétention a lieu. (V. Uretère.)

3° Dans la vessie. C’est le cas le plus commun; elle est occasionnée par les rétrécissements de l’urèthre, les diverses maladies de celui-ci , lesquelles peuvent oblitérer son canal , les corps étrangers, les tumeurs de la prostate, la paralysie de la vessie, et enfin des compressions exercées par des tumeurs situées à l’entour. Nous décrirons les symptômes de la rétention d’urine dans la vessie à propos des maladies de cet organe.

4°Dansl’urèlhre. Elle provient d’un obstacleintérieur ou extérieur qui bouche ce conduit. Pour les particularités relatives à ces différentes variétés de rétention d’urine, voy. Prostate, Reins, Rétrécissements, Uretère. Urèthre, Vessie. J. -P. Beaude.

RÉTICULAIRE (anat.), adj. (reticularis , de rete , filet) ; en forme de réseau. Expression surtout employée en anatomie vétérinaire.

RÉTINE (anat.), s. f. (: retina ). Expansion pulpeuse du nerf optique étalée en membrane et située entre la choroïde et le corps vitré. (Y. OEil.)

RETOUR (âge de). (V. le Supplément.)

RÉTRACTION (path.), s. f. ( V. le Suppléai. }

rétrécissements (chir.) ou Angusties de l’urèthre , s. m. pl. Cette maladie si commune de nos jours, était inconnue avant la fin du xve siècle, c’est-à-dire avant l’invasion de la syphilis en Europe. Il y avait bien dans les temps plus reculés des rétentions d’urine , mais elles dépendaient d’autres causes, telles que l’engorgement de la prostate et la paralysiede la vessie. Voilà pourquoi l’on trouve dans les ouvrages de Celse, de Galien, la description des sondes métalliques, pourquoi l’on en a découvert de toute forme dans les ruines de Pompei; tandis que nulle part on ne rencontre ni l’indication des symptômes particuliers aux rétrécissements, ni la trace des instruments propres à les guérir. Aldereto, professeur à l’université de Salamanque, vers 1520, parait être l’inventeur des bougies emplastiques; et, quant à la description de la maladie, elle se montre pour la première fois dans les écrits d’Amatus, de Ferry, de Hery, d’Ambroise Paré.

Les angusties sont presque toujours produites par la blennorrhagie, surtout quand elle a duré très-longtemps , et que des injections fortement astringentes ont été faites dans le but de les supprimer : des chirurgiens d’un grand mérite ont pensé que la blennorrhagie seule et sans les injections ne donne pas lieu aux rétrécissements; mais des faits nombreux prouvent le contraire. Il importe toutefois d’ajouter, particulièrement dans l’intérêt de la paix des ménages, que les angusties peuvent quelquefois reconnaître d’autres causes que la blennorrhagie , telles sont , par exemple , les chutes sur le périnée, les contusions, etc.

La formation des rétrécissements est ordinairement lente; il est rare que plusieurs années ne s’é-

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coulent pas entre l’action de la cause et la première apparence de la diminution du jet de l’urine ; pareil laps de temps s’écoule encore avant que l’urèthre soit complètement oblitéré.

On a beaucoup disserté sur la nature des rétrécissements; les anciens, qui les nommaient caroncules, carnosités, les regardaient comme des végétations. Aujourd’hui nous considérons cette forme comme la plus rare, et nous avons constaté que le plus ordinairement les angusties consistent tantôt dans une tuméfaction vasculaire de la membrane muqueuse par laquelle l’urèthre est tapissé , tantôt dans une transformation fibreuse des tissus sousmuqueux; ces dernières sont les plus difficiles à guérir.

Les rétrécissements de l’urèthre se manifestent par la diminution du jet de l'urine et sa déformation contournée d’abord en spirale ou en vrille; il se bifurque plus tard et s’échappe par deux jets, puis par plusieurs, comme ferait un arrosoir ; plus tard, enfiu le liquide ne tombe plus que goutte à goutte, et enfin, le canal se fermant tout-à-fait, la rétention d’urine a lieu. Les angusties de l’urèthre ne produisent pas seules tous ces symptômes ; nous avons dit, enparlant de la prostate (Voy. ce mot), quelesengorgements de cette glaude peuvent également y donner lieu. Il faut donc, pour savoir à laquelle des deux maladies l’on doit les rapporter, introduire dans l’urèthre une bougie ou une sonde de moyen calibre. Si l’instrument rencontre un obstacle en deçà de six pouces (16 millimètres), il est probable que c’est un rétrécissement; s’il pénètre jusqu’à huit pouces, c’est ordinairement un engorgement de la prostate. Le diagnostic des angusties serait donc très- facile à établir, si ce n’étaient les spasmes ou contractures de l’urèthre avec lesquels on peut les confondre, mais auxquels le traitement des angusties ne conviendrait nullement. Un médecin peut seul distinguer sûrement les unes des autres, et leur appliquer le traitement convenable.

La guérison des rétrécissements est facile lorsque leur formation est récente, mais lorsqu’après desanuées écoulées ils sont devenus fibreux ou calleux, il est beaucoup plus difficile de les effacer ; leur cure radicale peut même alors devenir impossible; heureux encore si l’on prévient les accidents qu’ils produisent à la longue, c’est-à-dire les fistules urinaires, les catarrhes et les perforations de la vessie, les néphrites purulentes. Il importe donc d’appliquer de bonne heure le traitement §i l’on veut qu’il soit efficace.

Les rétrécissements de l’urèthre peuvent disparaître sous l’influence de moyens divers : la dilatation, la cautérisation , la scarification et la résection. Les chirurgiens du xvie siècle , qui, comme nous l’avons dit , voyaient dans les carnosités ou végétations la cause habituelle de l’obstruction de l’urèthre , employaient pour les détruire des bougies , dans la composition desquelles ils faisaient entrer des substances plus ou moins corrosives, telles que l’alun , l’orpiment , l’antimoine , etc. Plus tard , la véritable nature des obstacles ayant été mieux connue , la simple dilatation avec des bougies de cire, puis des sondes en gomme , remplaça la cautérisation comme méthode habituelle. Toutefois, comme il arriva qu’un certain nombre d’ar.gusties se montrèrent rebelles à la dilatation ,

l’on exagéra ces insuccès ; l’on déclara cette méthode insuffisante , et l’on revint à l’emploi des caustiques , non plus pour détruire des carnosités auxquelles on avait cessé de croire , mais pour enlever les portions épaissies des parois de l’urèthre formant des viroles ou bourrelets saillants dans sa cavité : des caustiques plus actifs, la pierre infernale, ou nitrate d’argent fondu , la potasse caustique, furent substitués aux escarrotiques des anciens ; et pour les appliquer avec certitude , l’on imagina des instruments plus ou moins bien appropriés à cet usage ; tels sont les porte-caustiques directs de Loiseau , Hunter , Leroy d’Etiolles ; les porte-caustiques latéraux de Ducamp , Lalle- | mand, Ségalas, etc.; le porte-caustique rétrograde de Leroy d’Etiolles.

Il est de fait que certains rétrécissements rebelles à la dilatation guérissent par la cautérisation. Mais il est de fait également que si l’on voulait les traiter tous par cette dernière méthode, plus de la moitié d’entre eux seraient aggravés ou rendus incurables.

Un troisième fait capital dans le traitement des angusties, c’est que , bien rarement il est possible de distinguer de prime abord celles qui doivent guérir par la dilatation, d’avec celles auxquelles la cautérisation est applicable. Il est donc rationnel, dans cette incertitude, de tenter la méthode qui, si elle ne guérit pas toujours, est du moins exempte de dangers, c’est-à-dire la dilatation, sauf à la compléter par la cautérisation dans le cas où elle serait insuffisante.

La dilatation se fait de diverses manières. Tantôt les sondes restent à demeure pendant plusieurs semaines , et l’augmentation de leur volume a lieu tous les quatre ou cinq jours; c’est la dilatation permanente lente : tantôt la succession des sondes à I demeure a lieu d’une manière plus rapide , c’est la j dilatation permanente brusque : d’autres ibis, les bougies ne séjournent que pendant une demi-heure | à une heure chaque jour, c’est la dilatation temporaire. Enfin , l’obitacle est surmonté brusquement et violemment avec des sondes métalliques de divers calibres, soit coniques , soit cylindriques ; c’est la dilatation forcée. Chacun de ces procédés a ses applications spéciales et ses espèces de rétrécissements auxquels il convient plus particulièrement ; savoir distinguer les unes des autres ces variétés de la maladie, afin de leur appliquer un mode approprié de traitement , est un point trèsimportant ; mais l’on comprend que ces nuances difficiles à saisir, et ces règles pratiques d’une observation minutieuse ne sauraient être exposées dans un article nécessairement aussi restreint que celui-ci doit l’être.

La cautérisation peut être pratiquée de trois manières : d’avant en arrière, c’est ainsi qu’elle a été tentée d’abord par Alphonse Ferri; latéralement, c’est celle que l’on applique le plus communément; d’arrière en avant, cette dernière plus récente a été proposée par l’auteur de cet article.

La scarification, de mêmeque la cautérisation, est une méthode supplémentaire qui n’est pas primitivement applicable à la généralité des rétrécissements ; toutefois, elle a une supériorité incontestable pour la cure des angusties de l’orifice extérieure de l’urèthre et des brides très minces ou valvules

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