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D’autres fois, c’est en infusion; on fait macérer 2 à k , 6 ou 8 grammes de rhubarbe concassée dans une carafe d’eau, et au bout de quelques jours , quand l’eau a pris une teinte jaunâtre, on en avale chaque jour quelques petites tasses. Enfin, on se sert devin, de teinture, de sirops contenant de la rhubarbe. Ce médicament entre dans la fameuse potion purgative connue de nos pères sous le nom de médecine noire ; elle fait aussi partie de quelques autres médicaments. J.-P. Beaude.
esue. (V. Rue.)
RHUM. (Y. Alcool.)
BHUMATAX.GiE(pa</i.),s.f. (de rheuma fluxion, et alqos douleur). Douleur de nature rhumatismale.
rhumatisant (palh.), adj., qui est affecté de rhumatismes. (Voy. ce mot.)
rhubeatisbïai. (path.) , adj., qui appartient au rhumatisme ; douleurs rhumatismales.
rhumatisme {path.), s. m. (de rhéô, je coule). C’est une expression empruntée à l’ancien humorisme, qui ne voyait dans une foule de maladies, que les mouvements, les voyages d’une humeur morbide. Le rhumatisme est une affection essentiellement mobile affectant plus particulièrement les parties fibreuses des jointures et les muscles, et caractérisée par une douleur plus ou moins vive , à laquelle se joignent assez souvent des symptômes inflammatoires.
Le rhumatisme présente deux grandes variétés , suivant qu’il affecte les articulations ou les muscles, distinction très-naturelle et que nous suivrons dans cet article.
l° Rhumatisme articulaire. C’est Yarthritis d’Hoffmann et de beaucoup d’auteurs anciens, V arthrite rhumatismale de M. Roche, Varthro- rhumatisme de M. Requin, etc.
Pour que le rhumatisme se développe, il faut nécessairement une prédisposition; sans elle, les causes efficientes les plus énergiques resteraient sans effet. Cette aptitude toute spéciale de l’économie de certains sujets est favorisée en outre par certaines conditions individuelles. Ainsi, les hommes sont plus exposés aux rhumatismes que les femmes. Il est rare que cette maladie se montre pendant la première jeunesse : c’est ordinairement de quinze à trente ans que les premières attaques ont lieu , et ce sont plutôt les sujets d’un tempérament sanguin qui en sont affectés. L’hérédité, quoi qu’en aient dit certains auteurs, exerce une influence très-grande, et que nous regardons comme incontestable. Vainement arguerait-on de la fréquence du rhumatisme pour dire qu’il y avait simple coïncidence; on voit trop souvent de trèsjeunes sujets nés de parents rhumatisants, être pris de cette affection en l'absence de toute autre cause, pour ne pas admettre l’iofluence héréditaire. Certains auteurs même, d’après des relevés, la font entrer pour moitié dans les causes qui produisent le rhumatisme (Chomel). Les climats froids et humides y prédisposent bien plus que les climats froids seulement; aussi cette maladie est-elle plus commune en Angleterre, en Hollande, en France, en Allemagne, qu’en Russie : elle est rare en Espagne et en Italie.
Enfin, les excès de tout genre , mais surtout les excès alcooliques joueraient un certain rôle. De toutes les causes déterminantes, il n’en est pas de plus active que l’action du froid humide sur le corps échauffé ; de là la fréquence des rhumatismes pendant les saisons qui présentent ce double caractère; de là des rhumatismes chez les personnes qui ont l’imprudence d’habiter des maisons à peine terminées et dont les plâtres ne sont pas encore secs. Toutes les autres causes signalées par les auteurs , les suppressions de flux habituels, les répercussions, etc,, etc., n’ont, suivant nous, qu’une influence bien secondaire, si tant est qu’elles agissent. Une aptitude spéciale, l’hérédité et le froid humide sont, à nos yeux, les trois causes prédominantes, et peut-être les seules réelles.
L'anatomie pathologique des lésions que peut laisser à sa suite le rhumatisme est très-peu avancée; car, fort heureusement, on a rarement l’occasion de faire l’autopsie de sujets ayant succombé au rhumatisme. Peut-on trouver les lésions propres à l'inflammation telles que des infiltrations sanguines, ou de matière plastique, et surtout des suppurations? Certains auteurs le nient, d’autres Paflirment. Or, puisque le rhumatisme prend parfois les caractères de l’inflammation , pourquoi n’en offrirait-il pas les produits? Il se fait souvent dans l’arthrite rhumatismale des épanchements articulaires; ces épanchements peuvent-ils être purulents? Pourquoi ne le seraient-ils pas, puiqu’ils naissent sous l’influence d’une irritation phlegmasique ? Quant aux arthrites chroniques , tout le monde reconnaît qu’elles peuvent donner lieu à des résorptions de cartilage, à des inflammations des tissus articulaires, etc. (Y. Tumeurs blanches .)
Les sijmplomes diffèrent suivant que la maladie est aiguë ou chronique.
A. Le rhumatisme articulaire aigu débute ordinairement par un état de malaise, d’inappétence, avec des frissons irréguliers , et souvent une gêne, une roideur inaccoutumées dans les articulations qui doivent être envahies. Au bout de 24 ou 48 heures, quelquefois moins , une douleur vive, aiguë, s’empare d’une ou plusieurs articulations : ces douleurs sont parfois intolérables et arrachent des cris aux malades. Dans l’immobilité, les souffrances diminuent beaucoup , mais le moindre mouvement les exaspère ; la pression est aussi très-douloureuse; enfin, elles sont plus marquées ianuit que le jour. Le volume augmente ordinairement, et la peau devient lisse, tendue, rosée, plus chaude quelquefois d’un degré, ou même de deux degrés de plus que dans l’état normal. Ou remarque dans les alentours, et au niveau delà jointure affectée, un gonflement notable du système veineux ; les artères y battent plus fort que de coutume ; enfin, on entend quelquefois dans l’articulation, en lui imprimant de légers mouvements, un bruit de craquement ou de frottement très-bien décrit par M. Bouillaud. En même temps que ces symptômes évidemment phiegmasiques se manifestent, il y a de la fièvre; l’intensité de celleci est en rapport avec le violence du mal, l’étendue, le volume et le nombre des jointures affectées. Le pouls est plein, développé, fréquent. Le sang offre ceci de particulier, que, tiré de la veine, il se prend en caillot ferme, résistant, et couvert d’une couenne inflammatoire, comme dans la pneumonie. La soif
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est en général très-vive ; mais il n’y a ni nausées , ni -vomissements, ni diarrhée ; les urines sont épaisses, rouges, peu abondantes, et laissent déposer un nuage briqueté très- épais , surtout s’il y a , comme c’est l’ordinaire, des sueurs très -abondantes; dans ce dernier cas, la peau se couvre de sudamina. Quand les douleurs sont très-vives, il y a de l’insomnie, de l’anxiété, mais rarement du délire. La marche du rhumatisme offre souvent de notables Irrégularités ; il reste parfois stationnaire , fixe, comme on le dit, dans une seule articulation, et il y reste alors opiniâtrément ; mais, le plus souvent, après avoir occupé, pendant plusieurs jours, une, deux, trois articulations, i! s’étend à d’autres, soit en persistant dans celles qui étaient primitivement affectées, soit en les abandonnant. Enfin, quand il diminue, l’état fébrile diminue aussi, et ne disparaît que quand les accidents de l’acuité ont disparu. Il arrive parfois que toutes les articulations sont dégagées et que la fièvre persiste, c’est que la maladie n’est pas terminée; on peut être sûr alors de voir reparaître les accidents dans les mêmes jointures ou dans d’autres; et même, suivant M. Bouiliaud, pendant cette apparente suspension, la fièvre indique une de ces complications intérieures dont nous allons parler, et sur lesquelles les recherches de ce praticien ont jeté une si vive lumière.
Il arrive souvent que, dans le cours du rhumatisme articulaire aigu, il survient de l’irrégularité dans les battements du pouls, qui sont plus fréquents ; il y a de l’anxiété, les battements du cœur perçus par la main sont superficiels, violents , tumultueux, lestétboscope fait reconnaître un bruit de soufflet, etc. II y a endocardite , c’est-à dire que la membrane interne du cœur est enflammée ; d’autres fois c’estune péricardite (V .CarditeetPéricardite). SuivantM- Boui!laud(et cette assertion, niée d’abord par plusieurs observateurs, est généralement admise aujourd’hui), dans le rhumatisme articulaire aigu, intense, la coïncidence des inflammations du tissu fibro-séreux du cœur est la règle, et la non-coïncidence, l’exception ; dans les rhumatismes légers, c’est l’inverse. Du reste, M. Bouiliaud pense, et, suivant nous avec raison, que le rhumatisme occupe ie cœur au même titre que les jointures ; d’autres fois c’est une pleurésie qui se développe. La même'disposition peut se manifester sur les enveloppes du cerveau, d’où délire, coma et même la mort (Servez de Chégoien). Les intestins peuvent-ils être affectés? Plusieurs personnes le pensent; mais cela n’est pas eneore prouvé d’une manière péremptoire. Il en est de même pour les veines et les artères.
Le rhumatisme aigu généralisé a une duree qui est ordinairement de deux à trois septénaires, quelquefois plus; celui qui est fixe peut durer pendant plusieurs mois.
Dans l’immense majorité de cas, le rhumatisme se termine par la guérison ; mais cependant une des complications survenues du côté du cœur ou du cerveau peut, comme nous l’avons vu, donner lieu à une terminaison funeste. Guéri, le rhumatisme est très-sujet à récidiver, et enfin il laisse souvent à sa suite des lésions organiques du cœur et surtout des valvules ; fait très-important qui a été surtout très-bien établi et démontré par les belles recherches de M. Bouiliaud ; le pronostic a donc toujours une certaine gravité.
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B. Dans la forme chronique, la douleur est habituellement bien moins marquée ; elle existe cependant, elle peut même offrir des exacerbations qui l’élèvent presque au degré d’intensité qu’elle présente à l’état aigu ; il y a parfois augmentation pendant la nuit : mais presque toujours le mal apparaît, quand le sujet s’est refroidi, dans les changements brusques de l’atmosphère et dans les temps froids et humides. Il y a parfois du gonflement dû tantôt à un épanchement intra-articulaire, tantôt à un engorgement de parties molles, sans rougeur , sans chaleur à la peau. Quand ces douleurset les lésions qui les accompagnent se prolongent pendant longtemps, il en résulte souvent une forme de tumeur blanche (Voy. ce mot) que nous décrirons ailleurs. Dans d’autres cas, les sujets succombent à une affection organique du cœur ; enfin ils peuvent vivre avec cette infirmité pendant de longues années, mais alors la constitution finit par s’épuiser au milieu de ces souffrances continuelles. Chez certains individus, il y a seulement gêne et roideur de quelques articulations, avec exacerbation revenant de temps en temps.
Traitement. Le traitement du rhumatisme articulaire aigu intense est, dans les premiers temps, essentiellement antiphlogistique. Cependant nous ne pensons pas que l’on puisse porter les émissions sanguines aussi loin que le fait M. Bouiliaud. Deux ou trois saignées au plus, pendant les premiers jours, si le sujet est très-fort, des applications de sangsues en grand nombre ou de ventouses scarifiées, des applications émollientes et légèrement narcotiques , tels sont les moyens qu’il convient d’employer au début.
Existe-t-il un rémède spécifique du rhumatisme aigu ? On a préconisé l’émétique à haute dose, qui ne paraît pas avoir répondu aux espérances que les premiers expérimentateurs, Laënnec entre autres, en avaient conçues. Le sulfate de quinine, également à doses très élevées, a été employé dans ces derniers temps avec succès par plusieurs personnes ; mais quelques accidents graves survenus pendant l’emploi de cette méthode, et la mort de deux sujets, ont effrayé beaucoup de praticiens. Il faut dire que le sulfate de quinine avait été donné jusqu’à la quantité de 6 grammes ; cependant on doit reconnaître que cette méthode a des avantages réels, pourvu que le sel de quinine soit employé plus modérément : 2 grammes dans une potion prise par cuillerées dans les vingt-quatre heures nous ont très-bien réussi, et nous n’hésiterions pas à l’employer de nouveau. J’en dirai autant du nitrate de potasse (à la dose de 15 à 60 grammes dans une tisane) dont M. Martin Solon a retiré de bons effets. L’opium a été beaucoup vanté et on en a donné jusqu’à 50 et 60 centigrammes dans les vingt-quatre heures (Corrigan); mais nous n’approuvons pas ces témérités thérapeutiques; l’opium donné par pilules de 2 centigrammes et demi, de manière que le malade en prenne 25 à 30 centigrammes au plus, est très-utile, non comme spécifique, mais dans les cas où les douleurs sont trèsaiguës, lorsqu’il y a insomnie, agitation, anxiété.
D’autres médicaments ont encore été proposés : la digitale, l’aconit-napel, les frictionsmercurielles, etc. Mais leur peu d’efficacité nous oblige de n’en pas parler autrement que comme simple mention. La
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