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RIS

®ïs ou êlxrs ( phxjsiol. ), s. m. (lat.nsws). Il consiste dans un mouvement convulsif des muscles de la face, accompagné de secousses saccadées dans les mouvements respiratoires et de contractions dans le diaphragme et les muscles du bas-ventre : c’est ordinairement l’expression de la joie , de la gaieté. Le rire peut être volontaire ou involontaire, provoqué par l’aspect d’un ridicule, pour ou par uu sujet de joie; souventil est complètement imitatif, et il suffit, dans une assemblée, que quelques personnes rient avec éclat, pour provoquer une explosion que la volonté ne saurait dominer. Des chatouillements à la plante des pieds, aux genoux ou sur les flancs, provoquent, par un effet sympathique, des accès de rire, qui, lorsqu’ils sont prolongés, peuvent prendre le caractère convulsif et déterminer des accidents sérieux. Reydelet dit, dans son article Rire, du Grand dictionnaire des sciences médicales, qu’il fut témoin de la mort d’une femme qui fut prise à table d’un rire tellement violent, qu’elle tomba morte au bout de quelques minutes ; la mort avait pu se produire daus ce cas, soit par une attaque d’apoplexie, soit par un effet spasmodique ayant pour résultat de suspendre les mouvements du cœur et de la respiration. Quoique des accidents aussi graves que ceux rapportés par Reydelet soient trèsrares, on doit cependant éviter de provoquer le rire chez les enfants et les jeunes gens, ainsi qu’on le fait souvent dans les jeux de cet âge, par des attouchements saccadés et trop longtemps prolongés, afin d’éviter les accès convulsifs qui peuvent en être le résultat, surtout chez les sujets nerveux.

Le rire ne se provoque pas avec la même facilité à tous les âges de la vie; il est facile, bruyant chez les enfants" Chez les femmes, qui, par la susceptibilité de leur système nerveux, conservent plus longtemps la mobilité du jeune âge, le rire est plus facile, et il conserve pendant plus longtemps ces éclats bruyants et cette intempérance que l’on observe dans l’adolescence. Chez les vieillards, le rire est rare, et il se manifeste plutôt par le mouvement des muscles de la face, que par la contraction des muscles du bas-ventre et du diaphragme : c’est le sourire bienveillant ou ironique qu’ont tempéré les glaces de l’âge et les orages des passions. Quelques individus, doués d’un heureux caractère et qui presque toujours se rapprochent du type du tempérament sanguin, conservent, jusque dans un âge assez avancé, toute la fraîcheur de leur gaieté et toute leur première susceptibilité d’impression ; ces personnes, que l’on recherche à cause de leur vieillesse aimable, forment de rares exceptions que l’on regrette de ne point voir se reproduire plus souvent.

Le rire peut aussi être un symptôme morbide. On appelle ris sardonien ou sardonique une sorte de spasme convulsif des lèvres et des joues, qui s’observe, dit-on, chez les personnes qui ont mangé une sorte de renoncule qui vieut eu Sardaigne. Quoi qu’il en soit de cette étymologie plus ou moins exacte et authentique , le ris sardonique a été quelquefois observé dans diverses états pathologiques. On l’attribuait autrefois à l’inflammation du diaphragme ; mais il ne se montre réellement que dans certains états nerveux ou ataxiques, dans le délire , etc.

J. -P. Beaude.

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