‹ Dictionnaire de médecine usuelleChapitre 153 sur 298 · RON · texte numérisé non relu

RON

sis (bot.,méd.) , s. m. ( oriza , L.), famille des graminées de J. Il est originaire de l’Inde et de la Chine, où il croît spontanément ; on le cultive main, tenant dans le monde entier, et il nourrit la moitié des habitants du globe. Les différences de climat et de culture ont produit un assez grand nombre de variétés de riz ; mais cette partie de son histoire n’entrant pas dans le cadre qui nous est tracé, nous nous bornerons à parier de la semence, et notamment des deux sortes que l’on trouve dans le commerce , celui de Caroline et celui de Piémont. Le premier , qui est aussi le plus estimé , est blanc , transparent, anguleux et allongé; l’autre, plus obtus, moins blanc et opaque. Tous deux sont alimentaires et employés en médecine.

Des essais plus ou moins heureux ont été tentés pour faire du pain de riz, en opérant le mélange de sa farine avec celle du blé. Les proportions suivantes, que l’on doit à M. Arnal, paraissent remplir les conditions fort importantes de nutrition , de salubrité et d’économie ; il a trouvé qu’en composant la pâte de 6 kilog. de farine de froment, 1 kilog. de farine de riz et 6 kilog. d’eau, on obtenait 12 kilog. de pain ; tandis que 7 kilog. de farine de froment et 6 kilog. d’eau n’en donnent ordinairement qu’environ 9 kilog. ; il attribue ce résultat à la fixation d’eau ou à une sorte d’hydratation de la fécule. On pourrait peut-être, avec plus de raison , l'attribuer à la proportion plus grande de fécule amylacée qui existe dans la farine de riz que dans celle de blé. Quoi qu’il en soit, cette théorie, fondée comme on le voit sur un rendement plus considérable , qui n’est pas lui-même incontestable, a besoin d’être confirmée par l’expérience. Nous pensons, en outre, qu’on ne peut raisonnablement appeler pain de riz celui dans lequel cette substance n’entre que pour un septième; il serait plus judicieux de le désigner sous le nom de ■pain au riz.

La lecture des observations de M. Arnal, et la présentation à l’Académie de médecine de pain préparé ainsi qu’on l’a vu plus haut, ont été l’objet d’une assez vive controverse entre les partisans de la propagation du riz en France et ceux qui repoussent sa culture comme étant une cause puissante d’insalubrité. Suivant les témoignages de MM. Larrey, Laudibert et Planche , l’usage exclusif du riz aurait été peu favorable aux soldats , tant dans les villes assiégées que dans les longues courses qu’ils firent , soit pour défendre le territoire menacé , soit pour effectuer des conquêtes ; suivant ces judicieux observateurs , ils éprouvèrent une sorte de débilité et d’affaissement analogues à ceux qu’on remarque chez les Orientaux et notamment chez les Indiens , pour lesquels cette nourriture est presque exclusive. Quant à la question d’économie agricole, elle est suffisamment résolue par le danger qu’offre le voisinage des rizières. Au lieu de rendre les eaux de nos rivières stagnantes, comme l’exige ce genre de culture, desséchons plutôt nos marais et cultivons-y le froment, cette céréale indigène , la plus précieuse des graminées et incontestablement la plus appropriée à la nourriture de l’homme et des animaux. Gardonsnous de porter trop loin la manie des importations agricoles , augmentons nos ressources en améliorant nos produits ; laissons à l’Indien la nourriture débilitante et la vie contemplative qui en est la con-

séquence, et qui a tant de charmes pour lui ; propageons chez nous le fl ornent, cette source abon dante d’énergie musculaire , cet agent si puissant d’activité, qui ont bien aussi leurs avantages : il vaut toujours mieux être peuple conquérant que peuple conquis , surtout lorsqu’on a le savoir et la civilisation à échanger contre la barbarie. La démoralisation conduit assez vite à l’asservissement sans qu’on y joigne une nourriture débilitante; et d’ailleurs nos besoins étant fondés le plus souvent sur des habitudes, il n’est pas toujours sage de changer les moyens de les satisfaire, et surtout trop brusquement.

La décoction de riz forme une tisane vulgairement connue sous le nom d’eau de riz, que l’on administre avec succès dans les irritations intestinales ; on l’édulcore avec le sirop de gomme , ou plus économiquement la racine de réglisse. Cuit dans l’eau, on l’applique sous forme de cataplasme résolutif.

On nomme rack ou arack une liqueur alcoolique résultant de la distillation du riz fermenté. Cette liqueur, préparée généralement avec peu de soin, conserve une odeur d’empyreume peu flatteuse, et partant elle est peu goûtée des Européens.

Couvercheï,.

rob ou kqob ( pharm .), s. m. Ce mot, emprunté aux Arabes, sert à désigner un suc de fruit quelconque, épaissi par l’évaporation jusqu’à la consistance du miel. Le suc de raisin cuit et épaissi comme nous venons de le dire se nomme sapa ; à un degré inférieur, c’est le. defrulum.

ROOHBR [anal.), s. m. Nom que donnent les anatomistes à l’une des trois portions de l’os temporal. (Y. Temporal .)

eioirsur ( physiol .), s. f. On appelle ainsi la résistance que les corps opposent aux puissances qui tendent à les fléchir. La raideur cadavérique, c’est l’état de tension ou de rigidité qui s’empare du cadavrequelques heures aprèsla mort. (V. cemot.)

robîaribï (mat. mèd.) , s. m. (rosmarinus), rose marine, de la famille des ‘ labiées, J.; diandriemonogynie, L. Arbrisseau qui croit spontanément sur toutes les collines pierreuses des côtes de la Médij terranée . Il est cul ti vé dans 1 es j ardins à cause de son | odeur. Il se présente sous forme d’une plante li- I gueuse; toutes les parties de cette plante sont d’un | vert blanchâtre et exhalent une forte odeur aromatij que; les feuilles sont roides, linéaires; les fleurs bleuâi ires ou blanches, verticillées dans l’aisselle des | feuilles à l’extrémité des branches. L’odeur forte | et la saveur amère et camphrée du romarin sont ! dues à la présence d’une huile volatile très-aboni dante , et qui est employée dans la parfumerie. Les sommités fleuries du romarin s'emploient comme stimulants, mais très-rarement; on leur préfère la menthe et la sauge. Du reste, le romarin entre dans plusieurs préparations plus ou moins usitées, telles que l’eau de la reine de Hongrie, le sirop d’érysimum, etc., il fait aussi partie de divers cosmétiques. J . B .

R9NCI (bot. méd.), s.f., des haies ou frutescente [rubusfruticasus, L.), famille des rosacées, J.

ROS

ROS

Le fruit se compose d’un grand nombre de petites baies ovales soudées ensemble et renfermant chacune une graine. Bien que la ronce ait une saveur assez fade, elle n'en est pas moins très-recherchée par les enfants; son usage abusif détermine même souvent chez eux des accidents, et notamment la constipation. Ce fruit jouit, comme toutes les autres parties de la plante, de la propriété détersive à un assez haut degré pour qu’on ait cru devoir le faire entrer, ou plutôt sa décoction, dans la composition des gargarismes détersifs astringents. On y ajoute quelquefois l’infusion des feuilles de la plante qui jouit des mêmes propriétés. Ces gargarismes sont administrés avec succès dans les inflammations de la gorge.

On préparait autrefois un sirop de ronce officinal; mais comme celui de mûres jouit des mêmes propriétés, on le prescrit plus fréquemment, attendu qu’on est plus certain de le trouver dans les pharmacies. T. C

RCNd ( anat .), adj. ( teres , rotundus). On donne ce nom à des faisceaux musculaires ou ligamenteux qui ont une forme arrondie. — Muscle petit rond ( teres minor ; petit sous-scapuîo-trochiterien, Chauss.); il s’étend de la partie inférieure de l’omoplate à la tubérosité externe de l’humérus. Muscle g'rawtZ rond (teres mcyor;scapulo-huméral, Chauss.), attaché d’une part à la partie inférieure et au bord axillaire de l’omoplate, et de l’autre à la coulisse bicipitale de l’humérus. Il concourt à former la partie postérieure de l’aisselle. — Muscle rond pronateur. (Y. Pronaleur.) — Ligaments ronds delà matrice. (Y . Matrice.) — On appelle encore ligament rond un ligament de l’articulation radio-cubitale, qui va de l’apophyse coronoïde au bas de la tubérosité du radius. J. B.

r©nfï.eb3TENT ( physiol. , path.), s. m. ( ron chus, en grec, rhegkos ) ; bruit qui se produit dans l’arrière-gorge par la vibration du voile du palais lorsque l’air traverse l’arrière-bouche : il a lieu pendant le sommeil. Cn l’observe surtout dans le coryza; on le rencontre aussi dans le coma produit par quelques affections cérébrales.

rongeant ( path .), adj. ( exedens ); se dit de certaines ulcérations qui vont toujours en creusant les tissus sur lesquels elles siègent. Dartre rongeante. (V. Esthiomène, Ulcère, Chancre .)

roqttstte ( bot .), s. f. ( eruca saliva ), famille des crucifères, J.; tétradynamie siliqueuse, L. Elle croît naturellement dans les lieux incultes du midi de l’Europe et du nord de l’Afrique. Cultivée dans les jardins, elle produit un grand nombre de variétés, jouit des propriétés excitantes communes à la plupart des crucifères , et n'est guère employée que comme assaisonnement. On lui croyait autrefois des propriétés aphrodisiaques, de là ce vers :

Excitât ad venerem tardos eruca marilos.

Mais il en est de cette plante comme de tant d’autres : ses propriétés ne gisent que dans Fimagination et la crédulité. J. B.

rosacées [bot.). (V. au Supplément.)

rosat [pharm.), adj. Cette qualification s’ap-

plique à la plupart des compositions dans lesquelles il entre des roses ; ainsi on dit : Miel rosat, onguent rosat , vinaigre rosat.

Le miel rosat se prépare avec pétales de roses de Provius desséchées, 1,000 gram., eau bouillante et miel blanc, de chaque, 6,000 gram. Faites infuser les roses dans l’eau pendant vingt- quatre heures, passez avec expression, laissez reposer, décantez et ajoutez le miel à la liqueur; faites cuire ensuite en consistance de sirop, et passez.

Le vinaigre rosat se prépare avec pétales de roses rouges de Provins, 50 gram., vinaigre rouge trèsfort, 500 gram.; faites macérer huit jours, et décantez. Une cuillerée de ce vinaigre pour un verre d’eau forme une lotion usitée chez les femmes pour la toilette. On l’emploie aussi en injection dans la granulation du col de l’utérus.

Le vin rosat se prépare avec pétales sèches de roses de Provins, 120 gram.; vin rouge généreux, un litre; faites macérer à vase clos huit jours. Employé pour l’usage externe et en injections.

L 'onguent rosat se prépare avec axonge, 1,000 gram. , roses rouges récentes et mondées, 500 gram., roses pâles, 500 gram.; on pile les roses, on en met une partie dans une bassine avec la graisse, et l’on fait bouillir légèrement pendant un quart d’heure; on passe avec expression, on sépare l’eau, et l’on chauffe de nouveau avec le reste des roses; on passe et l’on fait fondre avec racine d’orcanette pulvérisée grossièrement, 30 gram.; on passe de nouveau etl’onsépare l’humidité par le refroidissement; on fait fondre une dernière fois, et l’on coule dans un pot Mêlé à un peu de cire et d’huile, cet onguent peut faire une pommade employée contre les gerçures des lèvres. J. B.

rose (bot.elmat.méd.)), s.f. (rosa, en grec rliodon ). Le genre rose est le type de la famille des rosacées, J., appartient à l’icosandrie polygynie, L. lien existe une multitude de variétés; nous ne parlerons ici que de celles qui sont employées en médecine.

Rose rouge ou rose de Provins ( rosa gallicà). On récolte ces roses avant qu’elles soient épanouies; on les trouve daus le commerce séparées de leur calice. Elles sont d’un rouge foncé et comme velouté, et d’une odeur très-suave. M. Cartier les a analysées, et y a trouvé du tannin , de l’acide gallique, uue matière colorante, une huile volatile, une matière grasse, de l’albumine et divers sels de potasse, de chaux, etc. Les roses de Provins jouissent de propriétés astringentes assez caractérisées, et on les emploie très-fréquemment sous forme de décocté, en lotions, en injections, dans les hémorrhagies passives, les flueurs blanches; en lavements, dans les diarrhées muqueuses. On en prépare un vinaigre et un vin qui servent aux mêmes usages, un mellite fort employé en gargarismes dans les angines légères, etc. (V. Rosat.)

Rose pâle, rose des quatre-saisons , rose de Puteaux [rosa damascena) , est originaire de l’Asie Mineure, très-cultivée en Europe à cause de l’odeur délicieuse qu’exhalent ses fleurs. Les pétales sont couleur de chair ; leur saveur est légèrement amère et astringente. La rose pâle est laxative; on en fait un sirop usité surtout pour les enfants, pour les convalescents ou les personnes qui ont les voies digestives très-irritables. C’est avec ces roses que

ROS

l’on prépare les différents cosmétiques auxquels on veut donner une odeur agréable ; enfin, elles servent à faire cette fameuse essence de roses si répandue dans l’Orient.

Rose sauvage ou églantine { rosa canina ) . C’est un arbrisseau très-commun dans les haies et les buissons de toute l’Europe, il fleurit en mai, et porte des fruits en septembre : les fleurs sont grandes, un peu rougeâtres , sont légèrement purgatives; mais ce sont particulièrement les fruits qui sont employés dans la matière médicale, on les connaît sous le nom plus que vulgaire de gratte culs, ou sous celui plus élégant de cynorrhodon, qui signifie rose de chiens. Ces fruits ovoïdes, d’un beau rouge, ont une saveur acidulée et astringente. Quand la gelée a passé dessus, ils deviennent mous, sucrés et de couleur brune; on en fait une pulpe avec laquelle on prépare la conserve de cynorrhodon, trèsemployée, surtout autrefois, comme astringent dans les diarrhées chroniques à la dose de 8 à 30 grammes.

Rose trémière, ( althcea rose«).Cenom a été donné mal à propos à une plante de la famille des mauves, qui jouit de propriétés émollientes. J. -P. Beaude.

rosacées (bot.) (famille des). Y. le supplém.

roseau (mat. méd.), s. m.(anmcZo), famille des graminées, J.; triandrie dygynie , L. Il y en a deux variétés employées en médecine : 1° le roseau des jardins ou canne de Provence (V. Canne) ; 2° le roseau à balais. C’est le roseau qui croît sur le bord des étangs; sa racine, et plus spécialement la partie inférieure du chaume, passent pour dépuratives et antisyphilitiques, mais fort mal à propos. Elle forme la base de la fameuse drogue connue sous le nom de rob de Lafe cteur . J . B .

Roséole ( médec .), s. f. La roséole est une affection légère de la peau, fugace, non contagieuse, et caractérisée par de petites taches roses, irrégulièment circulaires et très-peu saillantes. Cette éruption paraît souvent comme phénomène accessoire dans le cours de quelques maladies graves , et notamment du rhumatisme, de la goutte, du choléra, etc. Elle peut compliquer aussi la petite-vérole et la vaccine. L’usage du copahu détermine quelquefois une roséole spéciale. A certaines époques, elle règne épidémiquement. Elle peut se répéter plusieurs fois chez le même individu. Les alternatives brusques de froid et de chaleur, l’usage des boissons glacées après un exercice violent, paraissent avoir provoqué, dans certains cas, le développement de cette éruption.

Lorsqu’elle existe seule, la roséole se montre principalement chez les enfants, soit au moment de la dentition, soit pendant l’été ou l’automne, précédée d’une fièvre légère, et disparaissant spontanément du troisième au cinquième jour, sans qu’il soit nécessaire d’employer aucun moyen actif.

La roséole doit être distinguée de l’érythème, avec lequel elle offre une certaine ressemblance , par l’étendue beaucoup moins considérable, le nombre plus grand et la couleur moins foncée des taches , et de la rougeole, dont elle pourrait simuler la forme la plus bénigne, par l’absence de catarrhe, la brièveté et le peu d’intensité des phénomènes précurseurs , la forme irrégulière des taches , leur largeur plus grande, et la non-contagion de la maladie. La teinte de la peau , dans la scarlatine, est

T. II

Page 1