‹ Dictionnaire de médecine usuelleChapitre 158 sur 298 · SAG · texte numérisé non relu

SAG

C’est une gomme-résine qui se recueille en Perse sur le ferulapersica (famille des ombellifères):onla nommeaussigomme-séraphique. Elle est en masses granuleuses et poisseuses, ressemblant assez augalbanum ; mais elle en diffère par sa couleur jaune rougêatre et son odeur d’assa-fœtida ; sa saveur est âcre. Le sagapenum est regardé comme excitant et antispasmodique ; mais aujourd’hui il est très-peu employé, excepté pour la préparation de l’emplâtre diachylon gommé, dans la composition duquel il entre dans une certaine proportion. J. B.

sage-femme ( path . ), s. f. ( obsteirix en latin, matas en grec). On appelle ainsi des femmes livrées à la pratique des accouchements. Cette institution date de la plus haute antiquité ; il en est question dans les livres sacrés : on sait que les Grecs en possédaient, et que la mère de Socrate exerçait cette profession à Athènes. Les Romains en avaient également : aujourd’hui, les dispositions relatives à l’instruction, à la réception et à l’exercice des sages-femmes, sont régies par la loi du 29 ventôse an xi et l’arrêté du 20 prairial même année (10 mars et 7 juin 1803). J. B.

sagittal ( anat .), adj. ( sagittalis , de sagitta flèche). On appelle suture sagittale, celle qui unit les deux pariétaux sur le sommet de la tête et s’étend d’avant en arrière. La gouttière sagittale est une dépression qui, à la partie intérieure de la voûte du crâne, répond à la suture.

sagou [hygiène), s. m. Substance féculente obtenue de la partie centrale du tronc de divers palmiers, et particulièrement de ceux du genre sagus (sagouier), de la monœcie hexandrie, L. Ce genre renferme un petit nombre d’espèces qui croissent dans les contrées tropicales de l’Afrique et de l’Asie. On distingue trois espèces principales : 1° le sagus raphia , à stipe droit, de moyenne grandeur ; on le trouve dans les diverses contrées de l’Inde orientale et de l’Afrique ; il affectionne le bord des rivières; 2° le sagus pedunculata, qui paraît être une variété du précédent. Originaire de Madagascar, il a été transporté d’abord à Bourbon et à l’île de France, et de là dans les colonies de l’Amérique, où il s’est très-bien acclimaté ; 3° le sagus Rumphii , ainsi nommé du savant qui l’a décrit le premier. C’est un palmier peu élevé qui croît dans les Moluques, et qui fournit la variété de sagou la plus blanche et la plus estimée.

Le sagou est la partie médullaire qui forme la plus grande partie du tronc des sagouiers. Pour l’obtenir, on fend l’arbre en long, puis on écrase la partie interne qui est tendre et pulpeuse. On réunit cette pulpe dans des espèces de tamis faits d’écorce, on lave et l’on entraîne la partie la plus blanche qui se dépose. Ce dépôt est recueilli dans des linges, puis séché au soleil, et il se présente alors sous la forme de petits grains gros comme une tête d’épingle, arrondis, blanchâtres, ou d’un gris rougeâtre, demitransparents, assez durs. L’eau froide ne les dissout pas, l’eau bouillante les ramollit et les fait crever.

Aux Moluques, et dans les autres localités de l’Inde où se trouve le sagou, cette substance est très-employée comme aliment. On en fait des sortes de pains ou de galettes, des bouillies avec le lait ; on le mêle dans les ragoûts avec la viande. On

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mange aussi la tige même de l’arbre qui le fournit, en la faisant griller par tranches.

En France, le sagou est employé en potages à l’eau, au lait ou au bouillon; on l’ordonne aux phthi siques, aux convalescents, aux personnes affectées de maladies gastriques, d’irritations gastro-intestinales ; cependant, comme l’écorce des grains est peu attaquable par les liquides et notablement par l’estomac, les autres matières féculentes vaudraient peut-être mieux. On fait avec le sagou un chocolat qui est restaurant, analeptique, etc..., surtout dans les prospectus des marchands. On peut faire avec 8 à 10 grammes de sagou concassé , dans 500 grammes d’eau bouillante, une tisane légèrement nourrissante et adoucissante , très-utile dans de vives irritations gastriques.

Disons, en terminant, que les habitants des Moluques et de quelques autres contrées font, avec la sève du sagouier et avec le fruit, une liqueur fermentée, pétillante, qui enivre facilement.

J. -P. Bbaude.

saignée ( thérap .), s. f. ( sanguinis emissio, émission sanguine).On appelle saignée l’évacuation d’une quantité plus ou moins considérable, de sang provoquée par l’art : la saignée est partagée en deux grandes catégories, suivant que le sang est tiré de vaisseaux d’un certain calibre, artériels ou veineux, ou des capillaires (V. Circulation ) . Dans le premier cas, elle est dite générale, parce qu’elle porte sur la grande circulation et que la déplétion se fait sentir dans toute l’économie. La seconde est dite locale, parce qu’elle agit surtout en dégorgeant la partie sur laquelle elle est pratiquée.

La saignée générale est indiquée quand on veut soustraire sur-le-champ une portion un peu considérable de la masse du sang; elle se fait surtout dans les cas d’inflammation des gros viscères, dits viscères parenchymateux , et surtout le poumon, dans la pneumonie, dans la céphalalgie avec menace de congestion cérébrale, dans les apoplexies, les épanchements sanguins, ou certaines hémorrhagies, les affections organiques du cœur ; dans les affections générales, telles que la fièvre typhoïde de forme inflammatoire, chez les sujets vigoureux; dans cet état de plénitude des vaisseaux sanguins connu sous le nom de pléthore, dans l’asphyxie, etc. En thèse générale, et à part les indications particulières, la saignée générale est contre indiquée chez les très-jeunes enfants, chez les sujets faibles, débiles, épuisés par diverses circonstances, chez les vieillards cacochymes, et dans ces différents cas la sm'0radfefoca/eestpréférable.Cette dernière convient même dans les phlegmasies purement locales et superficielles , quand une phlegmasie a résisté aux émissions sanguines générales, et que le sujet est trop affaibli pour que l’on puisse répéter celles-ci.

La saignée est dite dérivative ou révulsive (Voy. ce dernier mot) quand elle détourne le sang de la partie où il tend à se porter ; ainsi, dans la congestion cérébrale, on saigne du pied ou on applique les sangsues aux malléoles ou à l’anus. Il faut dire que, aujourd’hui, ces idées théoriques sur la révulsion ne sont guère appliquées, et que, dans les cas particuliers dont nous parlions, on saigne tout aussi bien du bras que de la jambe ; on s’attache plutôt à cette circonstance de la saignée, qu’elle

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désemplit le système sanguin, d’où le nom de saignée cléplétive ou spoliative. Cependant, i) est certains cas où les saignées paraissent réellement attirer le sang du côté où l’émission a eu lieu; ainsi, chez les jeunes filles aménorrhéiques, on se trouve bien, pour faire venir les règles, d’une petite saignée du pied, ou d’une application de sangsues, en petit nombre, aux aines ou bien aux cuisses.

Ces remarques générales sont assurément bien incomplètes , mais elles suffisent pour donner une idée des conditions et des intentions qui guident le praticien dans le choix de tel ou tel mode particulier d’émission sanguine. Voyons actuellement de quelle manière se pratiquent les saignées.

Les saignées locales consistent dans l’emploi des sangsues , des scarifications ou des ventouses scarifiées. Nous renvoyons à ces trois articles pour les détails. Quant aux saignées générales, elles se pratiquent sur les veines ou sur les artères ; la saignée des veines prend le nom de phlébotomie ( phlebs veine, temnô je divise); la seconde, d’artériotomie.

Phlébotomie. — Elle peut se pratiquer sur toutes les veines superficielles assez volumineuses pour donner une certaine quantité de sang, et disposées de telle sorte qu’on puisse exercer une compression momentanée au-dessus du point où la piqûre doit être faite. Les anciens ouvraient beaucoup de veines: ils saignaient au front, au grand angle de l’œil, audessous de la langue, au cou, au pli du bras, à l’avant-bras, au poignet, à la face dorsale du pénis, à la jambe et sur le dos du pied. Aujourd’hui, les chirurgiens ayant reconnu l’inanité des idées théoriques qui indiquaient telle ou telle saignée, se sont réduits à trois, et au plus à quatre régions. Ce sont, dans l’ordre de fréquence, le pli du bras, le pied, le cou, et parfois le poignet.

Pour pratiquer la saignée, il faut, 1° une ligature qui, comprimant la veine au-dessus du point où l’ouverture doit être faite, y retienne le sang qui revient des extrémités vers le cœur, fasse gonfler le vaisseau et favorise l’écoulement du sang; 2° une lancette (Voy .ce mot) : pour les saignées ordinaires, nous préférons une lancette de grain d’orge à lame large, qui, par une simple ponction, donne une ouverture suffisante sans qu’il soit besoin de l’agrandir en traînant ou en soulevant l’instrument ; 3° enfin un vase de capacité variable pour recevoir le sang, et une compresse et une bande pour appliquer sur la partie où la saignée a été faite. Prenons pour exemple la saignée du bras.

Saignée du bras. — On trouve au pli du bras cinq veines que l’on peut ouvrir; ce sont : la radiale , la médiane céphalique, la médiane basilique, la médiane commune , résultant de la jonction des deux précédentes, et la cubitale. La médiane basilique étant située au-dessus de l’artère humérale, ne peut pas être ouverte sans que l’on s’expose en même temps à léser l’artère ; c’est cependant cette veine que l’on saigne le plus ordinairement, parce qu’elle est très-superficielle, volumineuse, et qu’elle donne beaucoup de sang. Du reste , ces vaisseaux présentent une fou le d’anomalies qui feront nécessairement varier le choix du chirurgien.

On commence par examiner les deux bras , afin de choisir celui où les veines sont le plus apparentes;

on retrousse la manche à cinq ou six travers de doigt au-dessus du pli du coude , en ayant soin qu’elle n’exerce pas une compression circulaire , car alors elle ferait l’office de ligature et empêcherait le sang de s’arrêter au moment voulu. On s’assure, par le toucher, de la situation de l’artère, afin de ne pas s’exposer à la blesser en piquant la veine que l’on a choisie ; puis on applique la ligature à deux travers de doigt au-dessus du pli du bras, et on serre de marière que les veines se gonflent suffisamment sans que l’artère cesse de battre , ce dont on s’assure au poignet. Alors l’opérateur applique la main du malade sous son aisselle droite s’il saigne le bras gauche, et vice versa, et avec la main correspondante il embrasse le membre au niveau du point où la piqûre doit être faite , le pouce appliqué sur la veine qu’ilveut ouvrir et les autresdoigts derrièrele coude ; alors saisissant avec la main opposée la lancette qu’il avait placée tout ouverte à sa bouche, il la tient, par le talon delà lame, entre le pouce et l’index , et la plonge dans le point qu’il a déterminé à l’avance. Le sentiment d’une résistance vaincue, l’écoulement d’une goutte de sang sur les côtés de la lame , lui annoncent qu’il a pénétré dans le vaisseau; il retire alors l’instrument en agrandissant l’ouverture, si la lame de la lancette n’est pas de nature à la faire suffisamment large. En même temps, il applique le pouce au-dessous de la piqûre, afin d’empêcher le sang de jaillir de suite et de donner à l’aide le temps de présenter le vase. On cesse de comprimer : le sang s’écoule en jet arrondi et d’une manière continue. Pour favoriser l’écoulement du sang, on fait exécuter au malade des mouvements avec sa main, par exemple en lui faisant tourner un lancetier ou une bande roulée; alors le sang passe plus aisément des veines profondes dans les veines superficielles, et, retenu par la ligature, il s’échappe facilement par la plaie.

Quand la piqûre faite à la peau n’est pas parallèle à la plaie de la veine , le sang s’écoule difficilement et tend à s’infiltrer sous les téguments; le chirurgien tirant alors la peau du côté convenable, rétablit le parallélisme. Si la ligature était trop serrée, on la relâcherait ; trop lâche, on la resserrerait. Quelquefois , chez les personnes très-grasses , il se présente dans la petite plaie un peloton graisseux qui gêne l’écoulement du sang et qu’il faut repousser avec un stylet ou une tête d’épingle , ou bien même exciser avec des ciseaux. Quand on a retiré la quantité de sang voulue , on ferme l’ouverture avec le pouce; puis on ôte la ligature et on fait plier l’avant-bras pendant quelques instants ; le sang s’arrête alors de lui-même. On lave les alentours de la partie opérée, on essuiesoigneusement, puis on peut appliquer sur la petite plaie un morceau de taffetas d’Angleterre , ou, mieux encore, une compresse maintenue par une bande en 8 de chiffre. On fait fléchir l’avantbras, et le malade doit garder cette position jusqu’au lendemain.

La saignée est très-difficile chez certaines personnes , surtout chez celles qui sont très-grasses; les veines alors sont très-profondes : il faut , dans ce cas, appliquer une ligature fortement serrée , chercher exactement avec le doigt, dans le pli du bras, si l’on sent un cordon dur et tendu disparaissant quand on relâche la ligature et reparaissant quand on la resserre; un sentiment de fluctuation et de rénitence

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est souvent un guide sûr, pour des chirurgiens trèsexercés. Parfois, il estimpossibledetrouverunvaisseau; il faut alorssaigner ailleurs . Chez d’autres sujets, les vieillards, par exemple, les veines sont bien apparentes , mais elles roulent facilement et peuvent échapper à la lancette. Il faut donc les fixer avec le pouce au-dessous du point que l’on doit ouvrir, et faire l’ouverture plutôt eu long qu’en travers.

Certains accidents plus ou moins graves peuvent accompagner la saignée ou plutôt la suivre. Nous citerons d’abord la douleur , que les auteurs attribuent à la section incomplète d’un filet nerveux , accident tout-à-fait indépendant de l’opérateur, et qui exige l’emploi des émollients unis aux narcotiques ; si ce moyen échoue, on fait une incision transversale comprenant le nerf blessé. Il est des personnes, même courageuses, qui ne peuvent être saignées sans se trouver mal. Alors on les étend sur le dos, la tête basse, on leur fait respirer des sels, on leur jette de l’eau à la figure, etc. (Y. Syncope ). D’autres fois, lorsque le sang continuera de couler, on pincera la peau au niveau de la piqûre entre deux doigts, et on fera fléchir fortement le bras; il faut bien s’assurer en même temps que rien ne comprime le membre au-dessus de la saignée. Au bout dequelques instants on lâche la peau ; l’écoulement est alors arrêté; s’il continuait , une légère compression avec quelques rondelles d’agaric suffirait pour le suspendre définitivement. On désigne sous le nom de thrombus une infiltration de sang dans le tissu cellulaire souscutané qui entoure la piqûre ; il se forme là une petite tumeur qui gêne l’écoulement du sang et nécessite parfois que l’on saigne ailleurs. Le thrombus ne réclame tout au plus que l’emploi de compresses trempées dans quelque liqueur résolutive, eau blanche, eau salée, eau de boule de Nancy, etc. L’écchymose , qui se forme à la suite du thrombus ou quialieusans lui, se traite de la même manière.

Un accident plus sérieux, c’est l’inflammation qui s’empare de la petite plaie; quand cette inflammation esttrès-limitée, très-circonscrite, elle n’a rien de bien grave, et quelques applications émollientes en font promptement justice; mais si elle s’étend à la veine, il en résulte alors une phlébite, c’est-à-dire une des maladies les plus graves dont on puisse être attaqué. Hâtons-nous de dire que la phlébite est une complication très-rare et qui ne se montre que dans certaines conditions spéciales (Y. Veines). Reste enfin la blessure de l’artère, accident aussi très-grave, auquel on peut quelquefois remédier immédiatement par la compression, mais qui détermine souvent un anévrysme faux et rend indispensable la ligature de l’artère au-dessus du point blessé ; V. Anévrysme ) .

Saignée du pied. — Se fait sur la saphène interne ou externe , mais plutôt la première, qui est plus volumineuse. Pour la pratiquer, on fait asseoir le malade sur son lit ou sur une chaise , et on lui fait mettre les pieds dans un seau d’eau chaude. Quand les veines sont bien gonflées, on fait choix du membre, on essuie le pied et on applique une ligature à deux travers de doigt au-dessus des malléoles; puis on pique la veine comme dans le cas précédent, et ôn remet le pied dans l’eau qui doit être seulement tiède. On laisse couler le sang jusqu’à ce que l’eau ait pris une teinte plus ou moins rouge, qui apprend au chirurgien s’il est temps

d’arrêter l’écoulement. Une compresse et un bandage nommé V étrier servent à fermer la petite plaie. La saignée du pied donne beaucoup moins de sang que la saignée du bras, elle est moins facile à pratiquer; aussi est-elle plus rarement employée. Les accidents sont ordinairement peu marqués, à part la douleur qui se montre quelquefois.

Saignée du cou. — Dans cette région, c’est la jugulaire externe que l’on ouvre. Celte saignée se fait aussi très-rarement. On applique au-dessus de la clavicule et sur le trajet de la veine une compresse pliée en plusieurs doubles, que l’on flxeavec une bande qui , passant sur le côté du cou où l’on veut saigner, est nouée sous l'aisselle opposée. On fixe la veine gonflée entre le pouce et l’index, et on l’ouvre soit avec la lancette,soit avec le bistouri ; le sang s’écoule souvent en nappe, et on le fait couler dans le vase en le recueillant au sortir de la plaie dans une carte pliée en gouttière. La quantité de sang voulue étant retirée, on ôte la bande et on ferme la plaie avec un petit morceau de taffetas d’Angleterre ou de sparadrap de diachylon gommé.

Abtériotomie. — Elleest plus rarement usitée encore que la saignée, et nous ne la citons que pour mémoire. Une seule artère, la temporale ou une de ses divisions, est ouverte dans cette opération. Ici il n’est pas besoin de ligature préalable. Le vaisseau, reconnu à ses battements, est ouvert d’un coup de bistouri donné en travers de sa direction, et le sang est également reçu au moyen d’une carte; puis on couvre la plaie de compresses graduées, serrées fortement au moyen d’un bandage compressif accommodé à la région, et que les chirurgiens connaissent sous le nom du nœud d’emballeur. Cette saignée est quelquefois employée dans les céphalalgies intenses , les phlegmasies cérébrales, mais on lui préfère la saignée du bras et les sangsues, ou les ventouses à la base du crâne. J. -P. Beaude.

saighememï [palh.),s.m\sanguinis èffusio, /H&ra$,écoulementdesang).Cemot, synonyme d'hémorrhagie (Voy. ce mot), ne s’emploie guère en médecine que quand on parle du saignement du nez. Quelques personnes s’imaginent à tort que l’on doit dire saigner au nez pour exprimer l’épistaxis; c’est une faute, on ne saigne pas au nez, mais du nez.

gain-bois ou saint-bois. (Y. Garou.)

sanie ( path .), s. f. (V. le supplément.)

saindoux. (V. Axonge .)

saint-a&ban (Eaux minérales de) ( thérap .). Saint-Alban est un hameau composé entièrement d’hôtels et d’hôtelleries qui ont été fondés pour loger les malades qui fréquentent ses sources minérales; il est situé à deux lieues de Roanne, dans la commune de Saint-André-d’Apchon, au pied de la chaîne de montagnes qui ferme la plaine du côté de la rive gauche de la Loire. Les promenades y sont agrestes et agréables, surtout celle de la vallée du Désert, remarquable par ses rochers et ses ombrages. Dans le voisinage sont des châteaux en ruines, qui attirent les promeneurs par 1 aspect pittoresque de leurs débris.

Les eaux de Saint-Alban paraissent avoir été fréquentées depuis une antiquité assez reculée : des monnaies romaines trouvées dans les sources, et

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que la piété des buveurs jetait comme offrande à la divinité qui présid ait à ces fontaines , suffiraient pour attester ce fait , si deux grandes piscines de construction romaine ne prouvaient que ce lieu fut autrefois le siège d’un de ces nombreux établissements thermaux dont les Romains couvrirent les Gaules.

Les eaux de Saint-Alban sont limpides, transparentes, aigrelettes et agréables à boire ; elles laissent ensuite un goût austère, dû sans doute au fer qui entre dans leur composition; leur température est de 18°, 7 centigrades. Les sources sont au nombre de trois; elles présentent, dit-on, la même composition, et laissent dégager à leur surface des nombreuses bulles d’acide carbonique; un sédiment rougeâtre se dépose sur les parois des bassins. Les eaux de Saint-Alban ont été plusieurs fois analysées. MM. Orfila, Barruel etSoubeiran, ont trouvé qu’elles étaient composées, pour un litre d’eau, de :

Bicarbonate de soude.. . l,gr.213

— de magnésie 0, 894

— de chaux 0, 423

— de fer 0, 080

Gaz acide carbonique pur, une quantité considérable.

M. Barbe, pharmacien à Roanne, a fait une autre analyse, dans laquelle fine constata pas l’existence de la magnésie, mais où il trouva en plus que dans l’analyse précédente, du sulfate de chaux, du nitrate dechaux et de la terre argileuse. Ces variations dans les analyses peuvent s’expliquer, si les auteurs n’ont pas pris de l’eau de la même source, car rien n’est commun comme le changement dans l’existence de quelques principes, même pour des sources qui sont très-voisines ; et cette opinion peut acquérir encore plus de probabilité, lorsqu’on saura que les trois sources de Saint-Alban sont considérées comme ayant chacune des propriétés spéciales. Ainsi, le Puits-Rond fournit l’eau pour la boisson, le Puits-du-Galeux sert aux lotions, et le Grand- Puits sert à alimenter les bains. Richard de la Prade, qui, en 1774, a fait une analyse des eaux de Saint- Alban, y avait aussi reconnu l’existence de la sélénite ou sulfate de chaux.

Les eaux de Saint-Alban sont employées en lotions, en bains et en boisson; elles sont diurétiques, apéritives , toniques et stimulantes ; c’est surtout dans les affections chroniques de l'estomac et des intestins, dans les engorgements chroniques des viscères, tels que le foie, la rate, les reins, la matrice, que l’on a constaté leur efficacité ; elles sont également efficaces dans les engorgements lymphatiques et glanduleux , dans les catarrhes chroniques de la vessie, danslagravelleet les affections calculeuses. On les dit aussi très-utiles dans les affections chroniques de la peau, dans certaines dartres, et la gale très -ancienne, etc. On en fait aussi usage dans la chlorose, la suppression des règles, les flueurs blanches et les blennorrhées. Elles sont, diton, contre-indiquées dans les névralgies, les affections nerveuses et les maladies de poitrine.

Le gaz acide carbonique qui se dégage des sources a été employé directement en inspiration dans les affections de poitrine et de l’utérus, et même en douches, dans ces dernières maladies. Au moyen d’entonnoirs placés au fond des puits, et surmontés de tuyaux qui se rendent sous un vaste gazomètre,

on recueille tout le gaz qui sort des sources, et, au moyen de conduits spéciaux, on le dirige soit pour être inspiré, soit pour les douches par injections.

La dose à laquelle on boit les eaux est de cinq à six verres le matin ; aux repas on peut mêler l’eau au vin, et elle lui communique une couleur violacée. La durée du traitement est de 20 à 25 jours; la saison commence au 15 mai et finit au 15 septembre. Les bains de Saint-Alban sont trës-fréquentés, surtout par les habitants des départements voisins. Les eaux sont exportées, et il en existe à Paris dans les dépôts d’eaux minérales; il y a même un dépôt spécial de ces eaux.

J.-P. Beaüdb.

SAIbjtai.i.-s'Re (Eaux minérales de) ( ihérap .). Saint-Al lyre est une fontaine située dans un des faubourgs de Clermont-Ferrand, et qui jouit d’une réputation presque européenne, moins pour ses ver tus médicales que par la singulière propriété que présentent ses eaux de pétrifier, ou plutôt d’incruster les objets que l’on y immerge. L’eau fournie par cette fontaine est de 1440 litres par heure; sa température est de 24 degrés centigrades, quellequesoit celle de l’atmosphère. Les eaux, à leur sortie, sont limpides, elles ont une saveur aigrelette et laissent dégager une faible odeur bitumineuse ; lorsqu’on les agite , on voit surgir une assez grande quantité de bulles de gaz, formé par de l’acide carbonique qui sert à retenir en dissolution les carbonates terreux que déposent ces eaux. « Ce dépôt est si « abondant, dit Buchoz en 17S3, dans son Diction- « naire hydrologique, qu’il a formé une muraille « de plus de cent quarante pas de long, haute de « quinze à vingt pieds en certains endroits, et large « de dix ou douze. Depuis quelque temps on fait « couler l’eau de cette fontaine, tantôt par un en- « droit du jardin, tantôt par un autre, afin d’éviter « à l’avenir de pareilles pétrifications, et comme,

« près de l’endroit où l’eau de cette fontaine se jetait « dans un fossé, il y avait une planche pour en « faciliter le passage, l’eau coula enfin sur cette « planche, et y laissant peu à peu des concrétions « pierreuses, a fait un pont très-curieux qu’on ap- « pelle Pont de la Pierre. On dit que Charles IXfut « curieux de voir cette merveille. »

Cette propriété que possèdent les eaux de Saint- Allyre n’est pas rare, surtout en Auvergne ; mais peu de fontaines la possèdent à un degré aussi énergique. M. Girardin, qui a fait l’analyse de l’eau de Saint-AUyre, pense qu’elles ont perdu de leur propriété incrustante, et qu’ aujourd’hui elles déposent moins de travertin qu’autrefois. Le fossé dont parle Buchoz est le ruisseau de Tirtaine, sur lequel est jeté le pont naturel dont il exp ique la formation.

MM. Pâtissier et Boutron-Charlard, dans leur Manuel des eaux minérales, disent que l’on a établi près de la fontaine des chambres d’incrustation où l’eau delà source est. dirigée par une rigole dans des cuves assez profondes, d’où elle se répand sous forme de pluie sur tous les corps environnants ; par suite de la grande surface qu’elle présente à l’air, elle se dépouille promptement de son excès d’acide carbonique, et les carbonates insolubles se déposent

Isur les objets mouillés par l’eau. Ces objets sont ordinairement des grappes de raisin, des fruits, des chardons, des nids d’oiseaux, des feuillages, des

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fleurs, des corbeilles, et même de petits animaux: plus les corps sont volumineux, plus il faut de temps pour les incruster; un chien de moyenne taille exige environ trois mois. , .

L’analyse des eaux de Saint-AUyre a ete faite en 1799 par Vauquelin,et depuis, avons-nous dit, par M. Girardin, professeur de chimie à Rouen ; nous donnerons cette dernière analyse comme la plus récente :

Eau, un litre.

Acide carbonique libre.

Carbonate de chaux

— de magnésie

— de soude

— de fer

Sulfate de soude

Chlorure de sodium

Silice

Matières organiques non azotées.

Phosphate de magnésie

Carbonate de potasse

Crénate et apocrénate de fer

0, lit. 710

0,gr.6342 0, 3856

Dans ces dernierstemps, il paraît quel’on a utilisé, sous le rapport médical, les eaux de Saint- Allyre . des baignoires, des douches et des douches de vapeur ont été disposées ; on fait chaufier 1 eau à vase clos dans un appareil particulier; dans quelques cas on prend les bains à la température de la source. M. Bertrand, qui, en 1842, a publié une Notice sur les eaux de Médague et de Saint-AUyre, dit avoir retiré de bons effets d e ces eaux , dan s des entorses négligées, dansdes tumeurs blauches, des articulations, dans des roideurs articulaires à la suite de fractures et de luxations, dans des affections rhumatismales chroniques; il dit que sur lui-méme, il constata l’efficacité de ces eaux dans une névralgie cubitora diale du côté droit, qui fut traitée par les douches de vapeur. Les douches aqueuses en arrosoir, les bains et lesdemi-bains lui ont paru efficaces dans des cas de leucorrhée et d’aménorrhée.

J.-P. Beaude.

SAmT-AMAHD (Eaux minérales de) ( thérap .). Les eaux de Saiut-Amand sont surtout célèbres par les boues minérales, qui sont spécialement usitées depuis les conquêtes de LouisKIV enFlandre. Saiut- Amand, département du Nord, estune ville de 8,000 habitants, située à 3 lieues de Valenciennes, 6 de Lille et 50 de Paris. Une ancienne abbaye fondée en 639 par saint Amand, évêque de Maëstricht, qui obtint du roi Dagobert une terre inculte et sauvage arrosée par la Scarpe et la petite rivière d’Elnore, donna son nom à la ville et aux sources qui n’étaient qu’à une demie-lieue de cette abbaye.

Les sources de Saint- Amand, que l’on désignait autrefois sous le nom générique de fontaines-bouillons, à cause des bulles nombreuses qui se dégageaient des eaux, étaient, en 1750, au nombre de cinq, désignées sous les noms suivants : 1° de Fontaine-bouillon ou grand bassin ; 2° du Pavillon ruiné, à cause d’un pavillon de bois qui, bâti en 1716, s’écroula en 1736 ; 3° de la fontaine d 'Arras, parce qu’un évêque de cette ville y recouvra, dit-on, la santé ; 4° de la source de la Chapelle, qui servait autrefois à laver ceux qui sortaient des boues ; 5° enfin de la source ferrugineuse, dont

le nom indique suffisamment les propriétés. MM. Pâtissier et Boutron-Charlard, dans leur Manuel des eaux minérales, édition de 1837, n’indiquent que trois sources, les deux premières que nous avons citées, et une troisième qu’il nomme fontaine de Vérité, ce qui permettrait de croire que deux de ces sources ont été négligées ou abandonnées.

Les eaux de Saint- Amand sont limpides, d’une température de 26 à 28° centigrades ; elles répan dent une odeur d'hydrogène sulfuré qu’elles perdent bientôt lorsqu’on les expose à l’air libre : leur saveur est celle d’œufs pourris. L’eau de laFontaine-bouillon a été analysée en 1805 par M. Drapier, et en 1822 par M. L. Pallas. Voici le résultat de cette dernière analyse pour un litre d’eau :

Acide carbonique.

o, lit. 278

Sulfate de magnésie —

— de chaux

Carbonate de chaux

— de magnésie.

Silice

Fer

Matières résineuses

Perte

0, lit. 4370 0, 6162 0, 0380

traces.

Les boues, dont la température est de 25° centig. , sont contenues dans un bassin recouvert d’un grand bâtiment en forme de hangar; elles se composent de trois couches : la plus extérieure est une tourbe argileuse, la 2e est argileuse, la 3e est formée par un mélange d’un sable quartzeux très-fin et de carbonate calcaire. Voici l’analyse de cos boues, faite par M. Pallas. Pour 100 grammes :

Acide carbonique

Hydrogène sulfuré

Eau

Matières extractives

végéto-animales

Carbonate de chaux

— de magnésie

Fer

Soufre

Silice

Perfe

0,gr.010

Les eaux de Saiut-Amand s’administrent en boisson , en bains et douches; il existe un établissement dans lequel sont disposées des baignoires et des douches. Cet établissement, qui autrefois était a l’Etat a été cédé avec les boues au département du Nord, qui maintenant est chargé de son entretien Ces eaux sont principalement employées dans le chlorose, les scrofules, la gravelle. Gosse, qui en 1750a publiédes observations sur les eaux de Samt- Amand, dit qu’il les a employées avec succès dans les affections chroniques du ventre, dans la dysenterie, l’hypochondrie, les engorgements du foie, les flux bilieux, l’asthme, les dérangements de la menstruation , les flueurs blanches ; il les prescrivait

souvent coupées avec du lait.

Les boues s’emploient dans les affections rhumatismales chroniques, les blessures anciennes les contractures des membres, 1 atrophie, les engorge ments lymphatiques, les ankylosés incomplètes On y plonge les malades, qui éprouvent d abord une

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sensation de froid et de frisson, et on les laisse jusqu’à ce que la réaction se manifeste, ce qui ne tarde pas à avoir lieu; il se manifeste alors de la chaleur et de la rougeur à la peau , qui est ordinairement suivie d’une éruption après quelques-unes de ces immersions. Ces boues sont surtout très-efficaces contre les rhumatismes contractés au bivouac , et ces faits furent constatés lors des campagnes de Flandre sous Louis XIV, et après la campagne de Hollande de 1794. Elles sont contre-indiquées dans les affections de poitrine et surtout dans les paralysies , dans les affections cérébrales ou lorsqu'il existe des signes de congestion vers le cerveau. On cite des exemples d’individus qui ont succombé à des attaques d’apoplexie pendant l’immersion dans ces boues. Les eaux, dans les premiers jours de leur administration, sont assez fortement laxatives et excitent l’appétit. Les habitants du hameau où sont situées les sources en font leur boisson habituelle, sans qu’on ait remarqué qu’il en résultât d’inconvénient. Les animaux boivent l’eau des sources qui sont recueillies dans un grand réservoir, et on les y fait baigner lorsqu’ils ont des engorgements aux jambes. La température de l’eau des sources étant inférieure à celle à laquelle on doit prendre les bains, on fait chauffer l’eau, qui dans cette opération doit perdre une partie du principe sulfureux qu’elle contient; il faudrait, pour éviter cet inconvénient, la faire chauffer à vase clos. On ne fait usage de l’eau en boisson qu’à la source, pour éviter la déperdition des principes volatils. La saison commence le 15 juin et finit le 1er septembre; il y a un médecininspecteur attaché à l’établissement. J.-P. B.

SAiMT-GAx.iasER (Eaux minérales de) ( thérap .) Saint-Galmier est une petite ville du département de la Loire, à sept lieues de Lyon et à trois lieues de Montbrison et de Saint-Étienne. Elle est située sur le penchant d’un coteau près duquel coule la petite rivière de Coise. Il existe, dit-on, dans cette ville, une porte bâtie par les Romains, qui est d’un effet très-pittoresque. Les sources minérales sont au nombre de trois, la Fontfort , André et Badoit; elles ont la même origine et sont situées dans un faubourg de la ville, près de la rivière; leur eau est froide, limpide, gazeuse, acidulé et dégage de grosses bulles d’acide carbonique.

Les eaux de Saint-Galmier ont été plusieurs fois analysées, notamment par Richard de la Prade, médecin-intendant de ces eaux, et plus récemment, en 1839, par M. O. Henry, au nom de l’Académie de médecine. Nous donnerons cette dernière analyse : pour un litre d’eau minérale ou 1 ,000 gram. (Les trois sources présentent peu de variation dans la quantité des substances qu’elles contiennent) :

Acide carbonique (plus d’un litre). ....... 2,gr. 082

Bicarbonate de chaux.. . , . ) . AOPT

de magnésie 1 ,J 037

de soude anhydre. ......... 0, 238

de stronliane. .......... 0, 007

de fer )

de manganèse )

Nitrate de magnésie. ............ 0, 060

Chlorure de sodium. 0, 216

Sulfate de soude anhydre 0, 180

Phosphate soluble. traces.

Silice et alumine. ». 0, 036

Matière organique non azotée . 0, 024

Eau pure. ................ 996, 034

Ces eaux ont une antique réputation dans le Forez; elles sont très-usitées, non-seulement comme boisson médicamenteuse, mais encore comme bois-

son d’agrément. On en fait usage, pour la table, à Lyon et maintenant à Paris, comme on use de l’eau de Seltz, à laquelle on l’a comparée, bien que les principes qui entrent dans sa composition lui donnent un caractère différent; car dans cette eau le bicarbonate de chaux existe à dose assez élevée, tandis que le chlorure de sodium est en petite quantité, ce qui est l’inverse dans les eaux de Seltz, et ce qui n’empêche pas que , comme boisson d’agrément et dans certains cas, cette dernière eau ne puisse avec avantage être remplacée par l’eau de Saint-Galmier.

Les eaux de Saint-Galmier sont employées dans les affections chroniques des organes digestifs, dans les leucorrhées et les dérangements de la menstruation, dans les affections de la vessie, dans la gravelle et les affections scrofuleuses , dans les rétentions d’urine ; on l’a également employé avec succès dans les rhumatismes. L’eau se prend le matin, à jeun, par verre, et également aux repas ; la quantité doit en être réglée par les prescriptions du médecin. Elle est contre-indiquée dans les névralgies, les affections inflammatoires aiguës et les maladies de poitrine. J.-P. Beaude.

saxnt-Ger vais (Eaux minérales de) (thérap.). C’est un village du Fauciguy, départem. de laHaute- Savoie, à 4 lieues de Chamouny, à une lieue de Sallanches et 11 lieues de Genève; il est situé dans un lieu agréable et pittoresque. Les sources sontau nombre de sept : 1° la source Bonnant ; 2° la source du Bonhomme ; 3° celle de Gontard ; 4° la source du Montblane; 5° la source de Mont-Joly; 6° celle de la Bonneville, et 7° celle de Bonneofi. Les eaux de ces sources sont très-abondantes , surtout celle de Gontard , qui suffit presque seule aux besoins de l’établissement.

La saveur des eaux est saline , un peu amère : son odeur est légèrement sulfureuse ; des bulles de gaz acide carbonique sortent par bouffées et à intervalles presque égaux du fond du bassin. La pesanteur spécifique de cette eau , comparée à celle de l’eau distillée, est de 10,043, la première étant 10,000; leur température est de 41°, 2 cent. L’analyse des eaux a été faite par M. Bourne en 1849. Voici celle de la source qui est prise en boisson :

Sulfate de calcium 0,gr. 00 520

Carbonate de chaux o, 17333

Bicarbonate de chaux O, 84208

Sulfate de soude 2, 03492

Chlorure de sodium 1, 60337

Sulfate de potasse. 0, 06591

Chlorure de magnésium 0, 11623

Silice O, 04250

Alumine : o. QQ4Q0

cent. cube.

Gaz hydrogène 0, . 00081

L’hydrogène sulfuré paraît produit par la décomposition des sulfates de soude et de chaux par les matières organiques. On emploie ces eaux dans les maladies delà peau, les paralysies, les engorgements des organes du bas- ventre, les catarrhes pulmonaires chroniques, et contre les affections variées du système nerveux. Elles se prennent en boisson, en bains et en douches ; la dose en boisson varie depuis trois onces jusqu’à deux litres ; à la dose de cinq à six verres, elles sont purgatives, et l’on favorise souvent cette action en y ajoutant quelques gros de sulfate de soude.

Le climat de Saint-Gervais est doux, sain, mais

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SAI

un peu humide. Les bains sont très-fréquentés dans la belle saison, et principalement depuis le mois de mai jusqu’au mois d'octobre. J. -P. Beaude.

saxnt-mton (Eaux minérales de) (thérap.). Saint-Myon est un village du Puy-de-Dôme, situé à 12 kil. de Riom, qui possède une source d’eau minérale alcaline froide et acidulé , qui jouissait autrefois d’une grande réputation. Un rocher, au pied duquel coule la rivière de Morge, présente un assez grand nombre de petites sources dites Raulin, desquelles sort de l’eau semblable à celle de la source principale. Cette eau est très-limpide, aigrelette et très-agréable à boire; et Raulin, dans son Traité des eaux minérales , fait un parallèle de cette eau avec celle de Seltz, et lui donne la préférence. Elle a été analysée plusieurs fois, mais non récemment. Raulin donne les analyses de Dufour et de Costel, desquelles il paraît résulter que cette eau contient du bicarbonate et du sulfate de soude, du bicarbonate et de l’iodure de chaux, du chlorure de sodium, du phosphate de soude, des traces d’arsenic , de la silice, de la matière organique et de l’acide carbonique.

Les eaux de Saint-Myon étaient très-anciennement connues, lorsque Colbert renouvela leur célébrité par la confiance qu’il avait en elles. Depuis, elles ont perdu, sans doute bien à tort, leur réputation. Ces eaux, dit Raulin, sont tempérantes, rafraîchissantes et diurétiques ; on les emploie dans les affections chroniques des organes digestifs, dans les engorgements des viscères abdominaux, dans les règles abondantes et dans les flux hémorrhoïdaux excessifs, dans les fleurs blanches et les blennorrhées anciennes, dans les affections spasmodiques. Elles favorisent les digestions, et sont très-efficaces dans la gravelle et la goutte. Elles se prennent en boisson par verre, et de une à deux pintes le matin à jeun ; on en prend un verre tous les quarts d’heure, et i’on doit se reposer une demi-heure lorsque l’on a pris la moitié de la prise habituelle. On peut également en faire usage aux repas et coupées avec le vin; si on trouve cette eau trop excitante, on peut la couper avec un tiers ou moitié d’eau ordinaire, d’eau d’orge, de petit-lait, etc. La durée du traitement est de vingt jours. J. -P. Beaude.

saint-nectaire (Eaux minérales de) (thérap.). Saint-Nectaire est un bourg du Puy-de- Dôme, situé à IG kil. de Clermont-Ferrand et à 12 kil. du Mont-Dore. Les sources sortent de la côte dans une étendue d’environ 2 kil. ; elles sont au nombre de sept : le gros Bouillon, la vieille Source, la source de la Côte, celle du Rocher. La température de ces sources est de 38°,75. La source delà Côte donne 17 m. cub. dans les 24 heures. La température de la source Pauline est de 35°, celle de la Voûte et celle du Chemin , de 25°.

Trois établissements thermaux existent dans cette vallée ; celui du mont Cornador , celui de Mandou, qui paraît construit sur d’anciens thermes romains, et celui de Boette. La température des eaux varie suivant les sources : celles du mont Cornador sont de 38°, 4 C. pour le Bassin chaud , et de 36° C. pour la source intermittente ; à Mandou, l’une a 38°, 2, et l’autre, dite tempérée, a 21° C. ; à Boette, la source chaude a 40°, 9, et la grande source 38°, 2.

Les eaux ne sont pas très-limpides ; leur saveur

est salée, mêlée d’un goût alcalin quoique très-sensiblement acidulé. Leur couleur, dit M. Pâtissier, est celle du petit-lait clarifié ; elles sont couvertes d’une pellicule grasse onctueuse, leur odeur est celle de l’hydrogène sulfuré; leur pesanteur spécifique est de 1,03-5. Lorsqu’on les fait chauffer, il se dégage une proportion notable de l’acide carbonique, et elles se troublent et deviennent alcalines.

Les eaux de Saint-Nectaire ont été analysées par plusieurs chimistes : Chomel en fit une analyse qu’il consigna dans l’histoire de l’Académie des sciences de 1713.

Voici une analyse faite par MM. Boulay et Henry père et fils en 1824, pour deux sources alors nouvelles. Pour un litre d’eau :

Azote quantités appréciables.

Acide hydro-sulfurique quantités indéterminées.

Acide carbonique 0, lit. 474

Bicarbonate de soude o,gr. 9480

— de magnésie o, 7800

Sulfate de soude o, oioo

Chlorure de sodium 4, 5300

Oxyde de fer 0, 0030

Silice 0, 1170

Alumine 0, 0030

Matières organiques solubles et insolubles.. . traces,

Depuis, M. Lefort, en 1859, a fait l’analyse de cinq de ces sources. Nous donnons ses résultats pour trois des sources une par établissement.

Eau un litre.

Acide carbonique libre

Oxygène fit azote

Source

Cornador

Source

tempérée

Boette

Source

thermale

Mandou

gr.

indét.

gr-

indét.

gr.

indét.

Chlorure de sodium

Induré de .sodium

traces.

traces.

traces.

Bicarbonate de soude

de potasse.

— de chaux

— de magnésie

— de protoxyde de fer. . . .

Sulfate de soude

— de strontiane

Arséniate de soude

traces.

traces.

traces.

Phosphate de soude

id.

id.

id.

Silice.

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