‹ Dictionnaire de médecine usuelleChapitre 160 sur 298 · S AL · texte numérisé non relu

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matismales et névralgiques , dans les dérangements de la menstruation , et les écoulements leucorrhoïques qui, dit-on, résistent rarement à l’emploi des douches et des injections faites avec ces eaux minérales. On les emploie également en boisson dans les maladies chroniques des organes digestifs, dans les gastralgies et les entéralgies. Le médecin -inspecteur fait souvent commencer la boisson des eaux par la dose d’un demi-verre , que l’on coupe avec du lait , de l’eau d’orge, du chiendent ou du sirop de gomme, suivant les susceptibilités des individus; on augmente ensuite successivement la dose d’eau minérale, et l’on diminue celle des substances étrangères qui y sont mêlées.

Souvent on joint au traitement des eaux de Saint- Sauveur , prises en bains ou en douches , l’usage des eaux de Bonnes en boisson, ou de l’eau ferrugineuse de Yiscos; enfin , pour caractériser l’action des eaux de Saint-Sauveur, nous nous servirons d'une expression empruntée à M. Léon Marchand, dans son livre sur l’action thérapeutique des eaux minérales. « Ces eaux, dit-il, sont tempérantes et douces, tandis que celles de Barèges sont excitantes et fortes. » En 1 857, on a construit à Saint- Sauveur un nouvel établissement nommé la Hontalade. Cette source présente une grande analogie avec la source des bains, mais sa température n’est que de 22 degrés centigr. ; son action est analogue à celle de la source des bains. J. -P. Beaude.

saïsqks.(V. Climat , Météorologie .)

SA2.ES* {mat. méd.), s. m. ; salep , salap ou sahleb, etc. On donne ce nom aux bulbes desséchés d’orchis qui nous viennent de la Turquie, de l’Asie Mineure et de la Perse. Plusieurs espèces fournissent ces buibes, mais il paraîtque X orchis inascula (familledes orchidées, J.; gynandriemonogynie,L.) donne le meilleur rendement. L’orchis qui fournit le salep étant récolté, on sépare les bulbes charnus du bulbe flasque et ridé qui a servi au développement de la tige ; puis on plonge les premiers dansl’eau bouillante: l’enveloppe sedétache; ensuite on les fait sécher sur des toiles ou suspendus et enfilés comme des grains de chapelet. On les reçoit ici en petits morceaux ovales, de la grosseur d’un haricot, d’une couleur blanchâtre ou jaunâtre, quelquefois demi-transparents, durs, cornés, d’une trèsiasble odeur et d’un goût qui rappelle celui de la gomme adraganthe. Ces bulbes, ainsi préparés, sont eomposéspresque entièrement de matièreféculente; ils peuvent donc très-bien servir à faire des potages au bouillon ou au lait, à la fois adoucissants et très-restaurants. Le salep est recommandé dans les mêmes circonstances que le sagou (Voy. ce mot).

Certaines personnes le croient doué de vertus aphrodisiaques très- énergiques; mais c’est là une erreur: le salep, pas plus que toute autre substance amylacée, nejouit des propriétés excitantes qu’on lui attribue; il nourrit sans fatiguer l’estomac, et voilà tout. Aussi faut-il regarder comme de véritables déceptions toutes les pompeuses annoncesde ces préparations au salep d’Orient qui raniment les vieillards, etc., etc. Ce sont là des vérités de prospectus. Le salep d’Orient est très-recherché et on le paye assez cher. Eh bien! en France, et particulièrement dans le Cantal , nous possédons les orchis qui le

fournissent. Ces orchis, préparés comme on le fait dans le Levant, jouissentidentiquement des mêmes propriétés ; dès le siècle dernier, Geoffroi l’a démontré. M. Chevalier a repris cette question depuis quelques années , et pourtant nous allons toujours le chercher en Turquie et en Perse! Le salep sert à faire des gelées, des potages, des chocolats. J. B.

SA3LÏCIME. (V. Saule.)

sa2.ivais.es [anat.), adj. , (salivaris)' qui a rapport à la salive. — Glandes salivaires. Elles sont au nombre de six, trois de chaque côté du cou, occupant des régions auxquelles elles ont donné leur nom. Ce sont les parotides, les sous-maxillaires, les sous-linguales. Toutes les trois viennent verser le produit de leur sécrétion dans la cavité buccale.

1° Glandes parotides. Elles sont situées dans un espace triangulaire qui se trouve entre le conduit auditif externe et le bord postérieur de la branche de la mâchoire, et de haut en bas, depuis l’arcade zygomatique jusqu’à l’angle de la mâchoire. Leur forme est celle d'une pyramide à trois pans, dont le sommet est dirigé vers le fond de l’excavation parotidienne, et la base regarde en dehors, et est recouverte presque immédiatement par la peau. Elle est enveloppée par une aponévrose assez épaisse. L’artère carotide externe traverse son bord profond ou passe dans une gouttière qui s’y trouve. L’artère temporale, la transverse de la face, etc., sont souvent, à leur origine, logées dans son intérieur. Le nerf facial la traverse d’avant en arrière. La glande parotide est formée de lobes divisés en lobules que séparent des cloisons émanées de l’enveloppe générale. Chaque lobule fournit un petit canal excréteur dont la réunion forme le canal d’un lobe; enfin la réunion de ces derniers constitue le canal parotidien ou de Sténon. Ce conduit, d’une ligne de diamètre environ, sort de la partie antérieure et externe de la parotide,au-dessous de l’arcade zygomatique, rampe sur la joue, contourne le muscle masseter, traverse le buccinateur, et va s’ouvrir en dedans de la bouche, en face de la première grosse molaire.

2° Glande sous-maxillaire . Elle est bien moins volumineuse que la parotide ; et, comme l’indique son nom, elle est située en bas et en dedans du corps de la mâchoire, entre celui-ci et les muscles génio-hyoïdien,hyo-glosseet digastrique. Lastructure de cette glande est tout-à-fait pareille à celle de la parotide ; son canal excréteur, connu sous le nom de canal de Warthon, naît d’une multitude de radicules provenant des lobules et granulations, remonte entrela glande sublinguale et legénio-glosse, et vient s’ouvrir sur les côtés du frein de la langue par un orifice très-étroit percé au sommet d’un petit tubercule ou papille.

3° Glande sublinguale. Plus petite encore que la précédente, elle est placée immédiatement sous la muqueuse du plancher de la bouche, au niveau de la partie antérieure de la langue, derrière l’arcade dentaire inférieure; elle repose sur le muscle génio-glosse. Elle est constituée comme les autres glandes salivaires ; seulement ses conduits ne se réunissent pas en un canal principal, ils s’ouvrent séparément dans la muqueuse buccale;

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quelquefois il se forme un conduit assez volumineux formé par la réunion de plusieurs petits. C’est le canal de Barlholin.

Salivaires (Maladie des organes). Les glandes salivaires peuvent être affectées de toutes les maladies communes aux glandes , et particulièrement l’inflammation et le cancer (V. Parotide ); leurs conduits peuvent être atteints de fistules (V. Fistule ) ou d’obstructions (V. Grenouillette).

J.-P. Beaude.

salivatiom ( path .), s. f. {salivatio). Sous les noms de salivation, ptyalisme, flux salivaire, on désigne une augmentation morbide de la sécrétion salivaire. Il convient d’en distinguer deux formes: suivant qu’elle est produite par le mercure ou par d’autres causes.

1° Salivation mercurielle.-- Elle se montre chez ceux qui ont fait abus des préparations mercurielles. Le calomel est, de touies ces préparations, celle qui la détermine le plus promptement; viennent ensuite les frictions avec l’onguent napolitain , les pilules deBelloste, etc. Les ouvriers qui travaillent le mercure (V. Doreurs ) en sont parfois atteints, mais plus rarement ; il est des individus tellement prédisposés, qu’une dose ordinaire de calomel, six ou huit décigrammes et même moins, suffit pour déterminer chez eux la salivation. Les anciens chirurgiens, dans le traitement des affections vénériennes, avaient coutume de pousser les mercuriaux jusqu’à la salivation ; ils pensaient ne pouvoir obtenir la guérison qu’à ce prix. Aujourd’hui on est revenu de ce dangereux préjugé, et la salivation est beaucoup plus rare qu’elle ne l’était autrefois. Elle est caractérisée par une inflammation avec tuméfaction et ramollissement des gencives ; celles-ci ne tardent pas à s’ulcérer, à se séparer des dents, qui deviennent vacillantes; la bouche exhale une fétidité particulière que l’on a comparée à l’odeur du gaz hydrogène phosphoré. La muqueuse buccale est couverte d’une fausse membrane blanchâtre, et enfin la salivation se déclare: un flux de salive visqueuse s’échappe continuellement ; des malades en rendent quelquefois de pleines cuvettes. La langue se tuméfie, et peut quelquefois être à peine contenue dans la bouche; la face se gonfle, les malades ne peuvent goûter un instant de repos. Ils ne peuvent ni boire ni manger... Enfin, à un degré plus avancé, les dents tombent les unes après les autres, les os maxillaires peuvent même se carier et se nécroser ; le marasme et la mort peuvent survenir. Aujourd’hui cette fâcheuse terminaison est excessivement rare; le plus ordinairement la maladie se termine au bout de quelques jours. (Pour plus de détails, voy. Stomatite.)

Dès que les premiers symptômes de la salivation se manifestent, c’est-à-dire dès que les gencives deviennent sensibles et tuméfiées, il faut suspendre l’emploi des mercuriaux. On fera très-souvent laver la bouche avec de l’eau de guimauve ; on prescrira les bains de pied irritants, les purgatifs; on cautérisera , avec beaucoup d’avantage , la muqueuse buccale à l’aide d’un pinceau trempé dans l’acide chlorhydrique pur. Si l’inflammation se déclare, on aura recours aux antiphlogistiques généraux ou locaux, suivant les cas, saignée, sangsues, cataplasmes émollients. La salivation est, en outre,

combattue par les collutoires astringents avec l’acétate de plomb ou l’alun ; on saupoudrera les gencives depoudre d’alun, etc. Quelques personnes ont retiré de bons effets des bains de vapeur.

2° Ptyalisme proprement dit . L’exagération de la sécrétion salivaire, qui se rencontre dans une foule de circonstances , est plus particulièrement désignée sous le nom de ptyalisme , du mot grec ptuô, je crache, d’où ptuëlon, salive, crachat. Le ptyalisme donc se montre dans les différentes formes de stomatite, dans l’inflammation de la langue, dans les douleurs de la dentition chez les enfants , dans les cancers et les hypertrophies de la langue, dans la variole, dans les névralgies du nerf de la cinquième paire. Outre ces lésions locales qui agissent par continuité de tissu ou par influence de voisinage sur les glandes salivaires, il faut aussi mentionner certains états généraux, certaines fièvres intermittentes ou continues, et enfin l’hystérieet la grossesse. Une circonstance dignede remarque, c’est que les maladies du pancréas s’accompagnent d’un flux salivaire plus ou moins abondant. Enfin, il est des cas exceptionnels dans lesquels le ptyalisme est idiopathique, c’est-à-dire ne se rattache à aucune lésion voisine ou éloignée, à aucun état morbide général ou local que l’on puisse apprécier ; mais, dans l'immense majorité des cas, il est symptomatique.

Les su jets atteints de cette affection sont tourmentés par un crachotementcontinuel, bien qu’une portion de la salive sécrétée en excès soit avalée. Pendant le sommeil une partie s’écoule hors de la bouche en bavant; ou bien il en tombe dans le larynx, et le malade se réveille en sursaut au milieu d’un accès de suffocation. La salive rejetée est ordinairement claire, aqueuse, bien que parfois mêlée de mucus. Sonodeuretsa saveur sont le plus souvent nulles, mais parfois il y a de la fétidité. La quantité rejetée dans les 24 heures peut s’élever à deux ou trois livres; mais cela est rare, hors le cas de salivation mercurielle. Il est aussi très- rare que la sécrétion soit portée au point de gêner les fonctions digestives et d’amener l’amaigrissement ; sauf, cependant, les cas dans lesquels l’atfection se prolonge pendant plusieurs mois. Le plus ordinairement la durée est de deux ou trois septénaires ; quelquefois la cessation est brusque, et alors on voit apparaître un flux diarrhéique ou une sueur abondante qui joue le rôle de crise.

Les moyens locaux, tels que les collutoires astringents avec l’acétate de plomb, l’alun, les décoctions d’écorce de chêne, de ratauhia, de feuille de noyer, seront très-utiles; mais il est surtout nécessaire de provoquer les phénomènes critiques dont nous venons de parler : c’est dans ce but que l’on conseille les sudorifiques, mais surtout les bains de vapeur, les diurétiques et les purgatifs salins. I)u reste, il faut toujours avoir en vue la maladie à laquelle on. doit rapporter la cause du ptyalisme.

Beaugrand.

salive ( physiol .), s.f. (safo’va).OnappelIeainsi un fluide sécrété par un appareil glandulaire, multiplié et versé dans la bouche par des conduits particuliers (V. Salivaires [Glandes].)

Etudiée à l’état sain, la salive se montre sous forme d’un fluide transparent, bleuâtre en grande

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masse, devenant facilement spumeux quand il est agité, inodore, visqueux, se mêlant assez difficilement à l’eau, et constamment uni à du mucus qui provient de la bouche et des conduits salivaires eux-mêmes La salive est un peu plus dense que l’eau (1,0043 à 1.0061). Examinée au microscope, on y aperçoit des grumeaux arrondis, transparents, d’un volume variable, maisdont la plupart sont plus gros que les a lobules du sang ( L’ Heritier, Traité de chimie puth.). On remarque parfois à leur centre une tache simulant le nucléus. On y trouve aussi quelquefois des lamelles qui ne paraissent être autre chose que des débris d épithélium. Les physiologistes ne sont pas d’accord sur la question de savoir si la salive est acide ou alcaline. M. Magendie semble les mettre d’accord en disant que, dans ies interval es des repas, elle est acide, et alcaline pendant la mastication ; cependant, le plus grand nombre des observateurs modernes, MM. Donné et L Héritier entre autres, la regardent comme alcaline.

M. Berzélius en a donne l'analyse suivante: sur 1,000 parties de salive, il a trouvé : eau 992,9 ; substance particulière, pepsine de quelques auteurs, 2,9; mucus, 1 ,4; extrait animal avec lactate alcalin 0,6; chlorure de sodium 1,7, et soude, 0,2. Tout récemment M Mialhe a trouvé dans la salive un principe j articulier qu’il nomme diastase animale, et qui convertit les substances féculeutesen dextrine. Les expériences de ce chimiste ont été répétées et en partie confirmées par MM. Lassaigne et Magendie. Ainsi la salive jouerait dans la digestion un rôle plusarciifque celui qu’on lui avait attribué elle servirait à décomposer les substances amylacées et ies rendrait aussi plus assimilables.

O i a voulu estimer la quantité de salive sécrétée dans les 24 heures, et, d’après des expériences et des calculs, MM. Burdach et Donné sont arrivés à peu près au même résultat (de 390 à 400 grammes). Notons que cette sécrétion est plus abondante aux heures des repas, augmentée par certaines substances d'un goût piquant ou d’une consistance plus ferme. L’imagination seule suffit pour exciter cette sécrétion. C’est ainsi que penser à certaines saveurs fait, comme on le dit, venir l’eau à la bouche. D’un autre côté les émotions vives, l’action de parler, de chanter pendant longtemps , rendent la salive plus rare, p us épaisse, plus écumeuse.

Certaines conditions morbides rendent la salive plus bond, nte; nous en avons parlé avec détails au mot Salivation. Il est beaucoup de maladies qui, au cpntraire, semblent la tarir. Ainsi, dans les fievres graves, lestyphus, leshydropisies, le diabètes, ehtz Ses sujets atteints de la maladie de Bright, ou d'inflammation gastro-intestinale vive, la langue est sèche et aride. Cet état de la langue est toujours interrogé par les médecins; il rend d’ordinaire le pronostic plus grave il faut bien noter, cependant, qu’il perd de sa valeur chez les sujets qui dorment et respirent la bouche= ouverte.

Dans une série de recherches très-intéressantes 3ur la salivr, M. Donné avait cru reconnaître que, dans ies irritations phlegmasiques de l’estomac, la salive devenait acide; mais ce résultat, qui eût été important pour le diagnostic, ne s’est pas confirmé.

Les anciens excitaient quelquefois la sécrétion de la salive à l'aide de collutoires excitants, désignés sous le nom de sialagogues : ils avaient pour but

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de provoquer une crise salutaire dans certaines maladies. Mais ce moyen est trop peu efficace, il est aujourd’huibanni de la thérapeutique, etquand on a besoin de provoquer une sécrétion, on préféré agir sur les reins, la peau ou les intestins, qui fournissent une quantité de liquide b. en plus considérable.

J. -P. Beaude.

salpêtre. (V. Nilre.)

salsepareille [mat. mêd.\ s. f., racine du smilax salsaparilla. C’est un arbuste grimpant de la famille des asparaginées, J.; diœcie hexaudrie, L. . qui est originaire du Nouveau-Monde et se trouve au Brésil, au Pérou, au Mexique et dans toute l’Amérique centrale On en dis'iugue dans le commerce trois variélés principales, provenant de différentes espèces de smilax.

1° Salsepareille de Honduras , que l’on attribue au smilax salsaparilla ou sarzaparilla; c’est la salsepareille officinale. Elle vient en buttes de près d’un mètre de longueur, formées parles racines repliées et garnies de leur souche. Ces racines sont de ia grosseur d’une plume d’oie, ridées longitudinalement; l’épiderme est grisâtre, terreux ; le méditullium ou cœur ligneux, d’un blanc rosé, son odeur est particulière et nauséeuse, sa saveur fade et visqueuse.

2° Salsepareille rouge ou de la Jamaïque. Elle est semblable à la précédente; seulement, à l’extérieur, elle est d’un rouge terne ou oivngé. Son odeur et sa saveur sont beaucoup plus marquées. C’est l’espèce la plus estimée ; mais il en vient peu en France.

3° Salsepareille du Brésil ou du Portugal. Elle nous arrive du Brésil par la voie de Lisbonne; elle est rouge comme la précédente, mais plus petite, chevelue, en longues bottes serrées par une liane roulée en spirale; elle est dépourvue de ses souches. On la regarde comme étant d’une qualité inférieure aux précédentes. J’en dirai autant de la salsepareille caraque, qui se trouve aussi quelquefois dans le commerce.

Les propriétés de la salsepareille résident spécialement dans l’écorce ; le méditul’ium ne contient que du ligneux et de la substance amylacée. Deux savants italiens, MM. Folchi et Palotti, ont publié presque en même temps une analyse de la salsepareille, de laquelle il résulte qu’ils ont trouvé chacun de leur côté un principe particulier, nommé par le premier smilacine , et par lesecoud pariyline, dans lequel paraissent résider les propriétés thérapeutiques de la salsepareille. Ce principe est appelé aujourd'hui salsepariue par M. ’ihubœuf.

D’après les expériences de M. Palotti, la salsepareille ou son principe, administrée à une certaine dose, déterminerait des nau; ées, de l’abattem nt, uu ralentissement notable de la circulation ; il serait donc hyposténisant ou déprimant les forces. La salsepareille est depuis longtemps administrée comme sudorifique. Lors de son introduction dans la thérapeutique, au seizième siècle, on la regardait comme un puissant antisyphilitique, et la vogue fut telle, que la supériorité du mercure se trouva pendant un moment mise en question. Aujourd’hui, on est bien revenu de cet engouement La salsepareille est cependant toujours employée en quelque

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sorte par routine. On l’administre dans la syphilis constitutionnelle, concurremment avec les mercuriaux et les préparations iodées ; elle est aussi donnée comme cfépurative dans les affections dartreuses invétérées, et elle forme la base d’une foule de drogues préconisées par les charlatans. Enfin ses propriétés sudorifiques réelles et prétendues l’ont fait prescrire dans le traitement des maladies goutteuses et rhumatismales, mais sens résultat marqué.

Cette substance s’administre sous dilferentes formes: 1° en tis-ne, a la dose de 60 à lOOgram. dans 1 ,500 grammes d’eau, que l’ébullition a fait réduire à 1,000 gram. Cette décoction concentrée, contenantde lafécule, est plus lourdesur l’estomac, et en même temps celte ébullition prolongée fait évaporer, dit-on, les principes actifs. Il vaudrait donc mieux faire la tisane par infusion ; ce mode de préparation fournit, eh effet, une liqueur plus odorante et plus sapide. Quel que soit le mode de préparation, cette tisane s’administre par tasses, deux ou trois par jour. On en fait aussi un vin assez peu usité, un sirop qui l’est au contraire trèsfréquemment, surtout celui qui est connu sous le nom de sirop de cuisinier ou de salsepareille composé ; et enfin, des extraits aqueux ou alcooliques qui servent pour les préparations officinales.

J. -P. Beaude.

salses (Eau minérale de). Salses est un village à deux lieues de Perpignan, qui présente, près de la grande route de Narbonne, deux sources salines remarquables par leur volume, et surgissant à un quart de lieue l’une de l’autre; l’une est nommée Font-Estramë , et l’autre Font-Dame. Cette eau est claire, limpide, d’une température de 19“ cent.; elle est d’une saveur fortement salée et amère; elle présente une grande analogie avec l’eau de mer , ainsi que le démontré son analyse faite par Anglada ; pour un litre, elle contient :

chondrie. La salvatelle commence à la face dorsale des doigts par un grand nombre de radicules ; cellesci se réunissent près du bord interne de la main, en un tronc commun qui monte ensuite le long de la partie interne de l'avant- bras , où la veine prend le nom de cubitale postérieure. J. B.

samoësîs (Eau minérale de). Samoëns est un village de Savoie , près duquel sort une source sulfureuse en usage dans la contrée. P y a douze ans que cette eau fut importée, à Paris et employée avec assez de succès dans les affections herpétiques. Cette eau est limpide, froide Voici son analyse, faite en 1834 par M. Soubeiran ; pour un litre d’eau ;

Hydrogène sulfuré 0,iit.ni6

Chlorure de sodium 0,gi .012

Sulfate de soude 0, 754

— de chaux 1, 420

Bicarbonate de chaux 0, 449

— de magnésie o, 020

Matière organique traces.

Il serait convenable d’ajouter à ces substances la silice, que nous avons ob enue, ayant répété cette analyse, dans la proportion de trois à quatre centigrammes pour un litre d’eau. Cette éau , qui appartient à la classe des eaux sulfureuse s accidentelles ou formées par la décomposition d'un sulfate, a été employée pendant quelques années à Paris; elle ne se trouve plus actuellement dans les dépôts d’eaux minérales. J. B.

sandaraque [hisl. iiat.), s. f. [vernis, résina sandaracha). C’est une résine qui découlé d’une variété du junipervs communis , et suivant Desfontaines, du tuya articula ta. Cette résine, réduite en poudre et étendue sur le papier, empêche celui-ci de boire. — Inusitée en médecine.

Acide carbonique quantité indéterminée.

Chlorure de magnésie 0,gr.516

de sodium 1, 727

Sulfate de soude 0, 098

— de magnésie 0, 075

— de chaux 0, 169

Carbonate de chaux 0, 0C6

Silice 0, 010

Cette eau jouit à peu près des mêmes propriétés que l’eau de mer; elle ne se prend pas sur les lieux ; on l’expédie dans des bouteilles bien bouchées ; elle se conserve longtemps. J. B .

salsifis ( mat.méd.),s . m. Nomvulgairedonné à la racine du tragopogon, plante herbacée de la famille des synauthérées , tribu des chicoracées. Cette racine esttres-analogue, parles propriétés et les usages, à celle de la scorsonère.

SALUBRITÉ (hyg.), s. f. ( salubritas ) ; condition dans laquelle se trouve tout ce qui peut être avantageux pour la santé .

salvatelle ( anat .), s. f.( salvatella , de salvare sauver). Ce nom a été donné par les anciens à une veine du poignet , parce que, dans leurs idées théoriques, la saignée pratiquée sur cette veine devait guérir certaines maladies telles que l’hypo-

s&s$G(physiol. path.), s. m. (sanguin en latin; en grec aima). Le sang est un fluide pariieulier circulant dans toute l’économie au moyen de conduits spéciaux, et destiné à vivifier les organes, à fournir à chacun les éléments de leur nutrition, de leurs sécrétions, etc. On peut voir, aux mots Respiration et Circulation, comment le sang se modifie dans son trajet circulaire, et de quelle manière il accomplit son parcours; nous n’avons pas besoin de le rappeler ici : notons seulement que le sang diffère suivant qu’il est recueilli dans les veines ou dans les artères.

Considéré d’une manière générale, le sang est un fluide visqueux, d’un rouge plus ou moins foncé, d’une pesanteur spécifique qui varie entre l ,050 et 1 ,079 ; sa saveur est salée et légèrement nauséeuse; son odeur est toute particulière, et sa température est en moyenne de 3fi degrés cent, au-dessus de 0. Le caractère spécial du sang cousis e dans la faculté dont il jouit de se coaguler quand il est tiré de ses vaisseaux. Cette coagulation commence au bout de 4 à 5 minutes, et elle est terminée au bout d’un quart d’heure environ. C’est d’abord toute la masse du sang qui est prise comme une gelée, aspect qu elle doit à ce que l’un de ses éléments, la fibrine, passe à l’état solide et forme un réseau ou plutôt une masse spongieuse à mailles assez larges, dans lesquelles se trouvent ies autres parties constituantes du sang.

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Lamatière fibrineuse ne tarde pas à être prise d’un mouvement de retrait, qui chasse de ses aréoles la partie séreuse. Cette rétraction est complète au bout de 36 à 48 heures, et alors le sang est partagé en deux parties : le caillot et le sérum. Du reste, la coagulation est accélérée ou retardée par différentes circonstances, telles que la naturedu vase, la température de l’air, etc. Enlevez la fibrine par l’action du battage, et il n’y aura pas de caillot : les globules, par l’effet du repos, se précipiteront au fond du vase à cause de leur deusité supérieure à celle du sérum.

II y a dans le saDg deux parties à examiner : le caillot et le sérum.

Le caillot est formé d’un réseau de fibrine, retenant, comme nous l’avons dit, dans ses mailles, les globules sanguins et un peu de sérosité. En le soumettant dans un nouet à l’action de l’eau, on en sépare la fibrine et les globules ; ceux-ci se précipitant au fond du vase. Ils sont formés eux mêmes d’albumine et d’une matière colorante nommée hématosine , dans laquelle on trouve un peu plus de 7 pour 100 de fer métallique.

Le sérum est un liquide transparent, citrin, d’une densité de 1,028 à 1,036. L’analyse chimique y démontre la présence de l’albumine, d’une matière colorante jaune , de six matières grasses distinctes, savoir : la séroline, la cholestérine, une graisse phosphorée, un sel de soude à acide gras, volatil, odoraut, du margarate et de l’oléate de soude; enfin, un grand nombre de sels à base alcaline, tels que les carbonate, phosphate, chlorhydrate et lactate de soude, les carbonate et phosphate de magnésie, le carbonate et le phosphate de chaux, le sulfate, l’hydrochlorate de potasse et le chlorhydrate d’ammoniaque. Quelques chimistes ont cru trouver tout formés dans le sang les différents principes qui doivent être déposés dans les organes ou qui sont destinés à être sécrétés; mais ces résultats demandent à être confirmés.

Au total, les analyses faites par les chimistes les plus distingués donnent en moyenne les proportions suivantes : sur l ,000 parties de sang , matériaux solides du sérum, albumine, sels, etc. 80 parties, do t 8 pour les éléments organiques; fibrine, 3 parties; globules, 127 parties; eau, 790 parties. En outre de ces principes constituants, le sang, placé dans le vide laisseéchapper certainsgaz tels que l'oxygène, l’azote, l’acide carbonique.

Nous arrivons à l’examen microscopique du sang qui a tant occupé les observateurs modernes. Si l’on place sur le porte-objet du microscope une goutte de sang fraîchement tirée de la veine, on aperçoit deux sortes de corpuscules, les uns incolores, plus gros et infiniment plus rares que les autres qui sont colorés. Les premiers présentent quelquefois un noyau central qui est coloré ; d’autres fois ce noyau manque et ne devient apparent que par l’action de 1 acide acétique. Les autres corpuscules sont les globules du sang proprement dits; ils sont plats, arrondis en forme de disque d’un diamètre qui varie de 1/220 à 1/141 de millimètre. Abandonnés à eux-mêmes, ils se crispent par la concentration du sérum, et finissent par se dissoudre. L’eau les gonfle et leur donne une forme sphéroïdale; la distension peut être telle qu’ils éclatent, et laissent échapper la matière colorante qu’ils contiennent. Divers réactifs exercent des modifica-

tions sur l’aspect de ces corpuscules. Les micrographes ne sont pas d’accord sur la constitution des globules. Y a-t il réellement un noyau ? Cela est loin d’être prouvé. Les globules sanguins présentent parfois une surface granulée ou framboisée, que M. Andral attribue à un accolement de corpus cules incolores.

La matière colorante du sang ou hématosine , extraite des globules, se montre sous forme solide; elle est insipide, inodore, de couleur brune, soluble dans l’ammoniaque liquide el la solution de potasse, auxquels elle donne une teinte rouge de sang. Brûlée, l’hématosine laisse un résidu de cendres qui forment le dixième de son poids, et qui sont constituées par un peroxyde de fer.

Ces globules sanguins éprouvent, sous l’influence de certains agents, un changement de couleur trèsremarquable : ainsi, de bruns ils deviennent d’un rouge écarlate sous l’influence de l’oxygène, ils s’artérialisent , comme on le dit ; tandis que le sang vermeil prend une teinte brune par faction de l’acide carbonique. Dans ces cas, il n’est pas bien certain que l’hématosine subisse une altération réelle dans sa couleur. M. Henle pense qu’il faut attribuer ce changement à des différences dans le mode d’agrégation de la matière colorante.

Le sang artériel est d’un rouge plus vermeil que le sang veineux ; son odeur est plus forte, il est également plus chaud. Suivant MM. Dumas et Prévost, Lecanu, etc , la proportion des éléments fixes est plus considérable, et pour les globules en particulier il y a une différence de 1 pour 100. La proportion de fibrine est également plus forte, et présente quelques différences dans ses réactions chimiques. (V. Respiration.) Enfin, les rapports entre les éléments du sang varient d’une manière notable suivant les individus, l’âge, le sexe, etc. En général, le sang est plus riche en globules et en matières fixes chez l’homme que chez la femme, chez l’adulte que chez le vieillard ou l’enfant , chez les sujets sanguins et les individus soumis à un régime substantiel que chez les individus lymphatiques ou mal nourris.

Le sang est-il doue de propriétés vitales? Cette I question ne saurait faire doute pour nous et il nous paraît démontré que le sang est un liquide vivant, cet état de vie est ce qui maintient le sang sous la forme liquide, puisqu’il n’est coagulé que quand il est extrait des vaisseaux de l’animal; qu’après la mort le sang est d’autant plus prompt à se coaguler que la cause de la mort a agi avec plus de lenteur, et qu’alors, par conséquent, les propriétés vitales ont pu s’éteindre successivement, et déjà depuis un certain temps; tandis que si la mort est instantanée, comme celle du bœuf que l’on assomme, la vitalité persistant pendant plus longtemps dans les organes, le sang est alors plus long à se coaguler. Ces faits et l’organisation du liquide sanguin ne peuvent, à notre avis, laisser de doute sur sa vitalité. Ces idées sur la vitalité du sang ne sont pas nouvelles; on sait qu’un illustre physiologiste, Bordeu, l’appelait une chair coulante. Suivant M. Guérard, la coagulation est pour le sang ce que la roideur cadavérique est pour le système musculaire : l’un et l’autre sont la dernière manifestation de l’influence de la vie sur la constitution interne des organes. Elles marquent toutes deux le passage du règne de

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la chimie vivante à celai de la chimie morte, qui sous le nom de putréfaction, vient restituer au monde inorganique les éléments que l’animal lui avait empruntés pendant son existence passagère.

Il est intéressant d’étudier comment se forme le sang. L’examen des phénomènes de la digestion apprend que le chyle, recueilli et épuré parles villosités intestinales, se rend dans les chylifères intestinaux et traverse les ganglions où il doit subir une première élaboration. Ce chyle se trouve de plus en plus purifié à mesure qu’il chemine vers le canal thoracique ; il se concentre par la résorption des principes aqueux qui le diluent; l’analyse chimique le montre de plus en plus riche en fibrine, en cruor et en sels. Les globules qui, dans une abondante quantité de sérum, étaient sphéroïdaux, prennent une forme d’autant plus aplatie qu’on s’approche du canal thoracique. 11 reste encore une chose dont on ignore l’explication , c’est le mode de formation de la matière colorante; et pourtant elle existe déjà dans le canal thoracique: on trouve là un liquide lactescent, blanc rosé, dont le caillot prend une teinte vermeille en se contractant sous l’influence de l’air extérieur. Il est assez rare de trouver dans le sang les coipuscules du chyle; cependant, selon quelques physiologistes, on en rencontrerait après la digestion. Les modifications éprouvées par la lymphe sont tout-à-fait analogues à celles du chyle.

Des differents éléments qui entrent dans la composition du sang, les globules sont les plus longs et les plus difficiles à réparer, c’est ce qui se voit chez les sujets qui ont été saignés plusieurs fois ou qui ont perdu beaucoup de sang par des hémorrhagies.

Du sang dans les maladies. — Nous avons actuellement à faire connaître les particularités que peut offrir le sang dans les maladies. Cette question, qui depuis bien longtemps a préoccupé les savants, a été étudiée d’une manière tout-à-fait neuve et spéciale par MM. Andral et Gavarret. Ne pouvant entrer ici dans les détails approfondis des moyens qu’ils ont employés pour arriver aux résultats intéressants annoncés par eux, nous nous bornerons à mentionner ces résultats d’une manière sommaire.

Disons d'abord qu’il est deux états opposés de l’économiequi nesontpastout-à fait incompatibles avec la santé, bien qu’ils soient sur la limite de la maladie, je veux parler de la pléthore et de l’ anémie (V. ces mots). Dans ces deux états, la différence porte plus particulièrement sur la proportion des globules. Ainsi, dans la pléthore, le chiffre des globules s’élève de 127, moyenne de l’état normal (V. plus haut), à 131 etmême 154, tandis que, dans l’anémie, il descendà 109, et même à 65 dans le cas d’anémie confirmée. Une chose digne de remarque, c’est que quand le nombre des globules est ainsi diminué, le cœur et les artères font entendre un bruit de souffle particulier. Cet état se fait aussi remarquer dans la chlorose.

Les lésions que peut offrir le sang dans les maladies portent surtout sur la différence de proportion de ses éléments; ainsi, l° la fibrine , dont la moyenne à l’état physiologique est représentée par le chiffre 3,0, peut, dans les inflammations, augmenter notabeinent et s’élever jusqu’à 10,0 et même 10,5. Cet accroissement dans les proportions de la fibrine est pathognomonique des phlegmasies, et ne s’observe que dans cette classe d’affections ou dans les derniers temps de la grossesse. Quand

la moyenne s’élève au-dessus de 5,0, on peut être sûr, quels que soient les symptômes, qu’il existe une inflammation. L’excès de fibrine dont nous parlons donne lieu à un phénomène fort curieux et bien connu ; je veux parler de la couenne ou couche jaunâtre qui recouvre le caillot. Cette couenne est produite par le mécanisme suivant : quand la fibrine est très-abondante , que le sang s’est écoulé largement de la veine, et que la totalité de sang tiré l’a été en peu de temps, la masse de liquide étant au repos, la coagulation de la fibrine commence à s’effectuer, mais plus lentement qu’à l’état normal. Alors les globules qui, à raison de leur densité, tendent à gagner le fond du vase, ont déjà quitté la surface du liquide quand la coagulation commence, et cette dernière ayant lieu, les mailles fibrineuses qui se forment surprennent les globules au moment de leur précipitation. Ainsi les couches moyennes mais surtout inférieures du caillot en contiennent beaucoup ; elles sont très-rouges, trèsmolles, et nécessairement les mailles y sont plus écartées, tandis qu’à la surface il n’y a que de la fibrine sans matière colorante, et cela dans une épaisseur plus ou moins considérable : c’est la couenne parfaite. En même temps, le caillot est fortement rétracté, les bords sont relevés comme ceux d’un chapeau de champignon retourné. Quand l’excès de fibrine n’est pas très-marqué, ou que le sang s’est écoulé par un jet très-fin, alors la coagulation commençant pendant l’écoulement lui-même, retient à la surface les globules avant qu’ils aient eu le temps de descendre. La surface du caillot est alors seulement irisée, et présente çà et là des plaques verdâtres On avait noté avec étonnement que, dans certaines affections avec débilité, on trouvait une couenne dite inflammatoire, dans la chlorose, l’anémie, par exemple. Aujourd’hui ce phénomène s’explique très-bien : dans ces affections, les globules de sang sont plus rares ; dès lors leur précipitation a lieu plus facilement, et le caillot, quand il se forme, n’en retient pas à sa partie supérieure ; il y a donc couenne sans inflammation. Ce fait démontre irèsclairement qu’il ne faut pas, pour juger de la nature d’une maladie , s’en rapporter à l’examen des caractères physiques du sang, mais en faire l’analyse quantitative, comme l’ont proposé MM. Andral et Gavarret. Une circonstance fort remarquable, c’est que l’excès de fibrine dans les inflammations se montre très-promptement ; ainsi, que l’on pratique une saignée à un malade peu de temps avant le début d’une phlegmasie, et une autre quelques heures après, la première ne contiendra que les proportions ordinaires de l’élément fibrineux, tandis qu’il sera déjà en excès dans la seconde.

Au lieu d’être augmentée, la fibrine peut être diminuée d’une façon relative ou absolue. Alors, on le conçoit, le caillot sera étalé, mou, diffluent; ses aréoles très-larges, très-amples, contiendront à peine la masse des globules, et ceux-ci auront beaucoup de tendance à se mêler au sérum. Cette diminution s’observe surtout dans les fièvres graves, les affections typhoïdes, les varioles, les scarlatines, etc., et elle est d’autant plus marquée, que les symptômes sont plus alarmants, et plus particulièrement encore quand ils revêtent la forme adynamique. Ce phénomène avait déjà été entrevu par les anciens, qui avaientbeaucoup parlé de la dissolution

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du sang dans les fièvres de mauvais caractère. Du reste, cet abaissement du chiffre de l’élément coagulab'e n’est pas constant; ce qui prouve que ce u’est point à lui qu'il faut attribuer la cause des maladies en question, dont il est bien plutôt l’effet. On le rencontre encore d’une manière primitive dans certaines hémorrhagies passives comme celles du scorbut; dans ce dernier cas, MM. Andra! et Gavarret ont constaté le fait d’une plus grande alcalinité de sang Enfin, la moindre proportion de fibrine existe dans les asphyxies par les acides carbonique et sulfhvdrique, dans les af ection'i virulentes et miasmatiques, à la suite des perturbations profondes du système nerveux, etc.

2° Les globules peuvent également être en plus ou en moins. Ils sont rarement augmentés, sauf dans la pléthore et dans les cas d’hémorrhagies qui se lientaveccet état Mais, le plus ordinairement, le chiffre des globules est diminué; c’est ce qui a lieu dans la clvorose, dans l’anémie qui succédé aux grandes hémorrhagies, dans l’intoxication saturnine, dans la phthisie tuberculeuse des le début, à une certaine période des affections cancéreuses, et, enfin , dans beaucoup de névroses. Cet abaissement peut être trè-'-eonsidérable: M. Audral n’a trouvé que 21 (au lieu de 127) de globules chez une femme qui avait eu des pertes très-abondantes. Avec cette diminution, on voit souvent coïncider un bruit de souffle particulier dans les artères, bruit desouff e qui s’exp ique quaud on sait que le frottement d'un liquide dans les vaisseaux détermine un bruit de frottement ou de souffle d'autant plus marqué, que ce liquide est moins dense Enfin, dans le même cas, on rencontre parfois sur les caillots une couenne dont nous avons décrit tout-àl’heure l’origine et le mécanisme.

3° L 'albumine diminue dans le sang chez les sujets affectés de la maladie de Bright (V. Reins). M. Andral aconstaé le même phénomène chez les moutons mal nourrisetdevenus hydropiques, ayant des douves dans le foie ou des hydatides dans les poumons.

4° La proportion de la partie aqueuse varie dans une foule de circonstances. Ainsi, dans le choléra, elle est promptement diminuée par ces effrayantes évacuations qui tourmentent tant les malades. D'un autre côté, elle est notablement augmentée dans les cas de pertes de sang considérables. Et alors la proportion du fer diminue eu même temps que celle des globules.

Le sang peut, dans des affections très-différentes, renfermer une matière grasse qui lui donne un aspect lactescent. De l’urée a été trouvée dans le sang d’individus atteints de gravelle, dégoutté ou de la maladie de Bright; tandis que, chez des icté— riques, on y a rencontré quelques-uns des matériaux de la bile.

5° On a rencontré dans le sang plusieurs principes nouveaux. Aiusi, du pus a été reconnu dans le sai-g a la suite d’états différents (V. Pus). Cn y a aussi décélé l’existence de matière encéphaloïde (Y .Cancer), de la matière tuberculeuse. Divers autres produits, et notamment des gaz, peuvent se former dans le sang ou y être introduits (V. Veines) .

Les virus introduits dans le sang communiquent ordinairement au sujet la maladie dout ils sont à la

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fois le produit et la cause, et Je sang des sujets ainsi infectés peut, étant injecté dans les veines, transmettre encore leur maladie à des individus sains.

Transfusion du sang.— Ces effets de l’injection de certains principes dans le sang nous conduisent à parler d'une expérience fort eurieuse tentée autrefois, puis abandonnée, et enfin reprise de nosjours avec quelque apparence de succès ; je veux parler de la transfusion du sang. Tout le monde sait qu’au dix-septième siècle un certain Denis eut l’idée de faire passer dans les veines d’on animal le sang d’un au*re, afin, disait-il, de rafraîchir et de rajeunir celui du premier. Des tentatives pareilles furent faites sur l’homme. Quelques malheureux, gagués par l’appât d’une récompense, se laissèrent transfuser du sang (jue l’on tirait de l’artère d’un veau; tous moururent en quelques jours, dans le délire et les convulsions , et le Parlement fut obligé d’intervenir pour défendre de pratiquer cette opération sous les peines les plus sévères. Voici à quoi tenait l’insuccès des premiersexpérimentateurs.Lesglobules du sang diffèrent notablement par leur forme et leur volume, s ûvantles diverses especes d’animaux. Or, si l’on vient à transfuser dans les veines d’un animal du sang provenant d’une espèce différente et dont les globules ne soient pas pareils, il en résultera des accidents fo midables du côté de l’innervation, et, très-promptement, la mort. Mais si l’on agit avec du sang de la même espèce d’animal , on réussira parfaitement. Voici comment s’expriment à cet égard MM. Prévost et Dumas, qui ont fait beaucoup de recherches sur cette question. « Lorsqu’on saigne un animai jusqu’à syncope, que tout mouvement musculaire est aboli, que l’action du cœur et la respiration demeurentsuspenduespendant quelques minutes, il est presque certain que la vie est pour loujours éteinte en lui. Alors, si l’on injecte un liquide quelconque, soit de l’eau pure, soit du sérum du sang à 38° ceut., la mort n’en est pas moins la conséquence de l’hémorrhagie que l’animal à soufferte ; mais si l’on injecte du sang d’un animal de la même espèce, chaque portion de sang injectée ranime sensiblement cette espece de cadavre, et ce n est pas sans étonnement qu’après lui en avoir rendu une quantité égale à celle qu’il a perdue , on le voit respirer librement, se mouvoir avec facilité, prendre de la nourriture et se rétablir complètement, lorsque l’opération a été bien conduite [Annal, chim. et phys , t. xviii, première série). » La condition du succès est la suivante : il faut que les globules du sangtransfusé soient de même forme et de même volume que ceux du sang qu’il s’agit de remplacer. L’opération pratiquée de l’homme à l'homme, à la suite d’une hémorrhagie très-abondante, offre donc de grandes chances de succès, et même elle a été plusieurs fois tentée et exécutée avec un résultat tout à fait favorable. Déplus, il faut que la chaleur du sang injecté soit maintenue à la température de la chaleur animale, et l’on doit chauffer les vases qui servent à cette opération. J.-P. B.

sabig de rate. Maladie charbonneuse propre au bétail (V. Chai-bon).

sang deagoh {mat. méd .), s. m. C’est une substance résineuse d’un rouge de sang, inodore, insipide, dure, friable, inflammable, brûlant avec une odeur balsamique agréable. On l’obtient de plusieurs

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espèces de végétaux qui se trouvent dans les régions équatoriales du globe. Ainsi il se tire l°des fruits du calamvs rotang[ petit palmier des Indes-Orientales), que l’on fait cuire après les avoir concassés ; 2° de fissures naturelles au tronc du dracœna draco, de la famille des asparaginées; 3° enfin du pterocarpus draco (légumineuse). Il existe, dans le commerce, en bâtons comme ceux de la cire à cacheter, en petites masses ovales ou arrondies (celui ducalamus,etc’est le plus estimé), en pains, en galettes, etc. Le sangdragon est un astringent qui était autrefois très-employé dans les hémorrhagies passives, les diarrhées chroniques, etc. Mais il est très-peu usité; on lui substitue avec avantage d’autres su bstancesastringentes indigènes, d’un prix moinsélevé et pour la plupart plus actives. Il n’est guère employé aujourd’hui que pour la préparationde certainsopiats,decertaines poudres dentifrices ; il entre aussi dans la composiiion de quelques préparations antiblennorrhagiques. J. B.

SANGSiOT (phijsiol.), s.m. [singultus). Contraction convulsive, brusque et instantanée du diaphragme, immédiatement suivie d’un mouvementde relâchement, par lequel le peu d’air que la contraction avait fait entrer dans la poitrine est chassé avec bruit. Le sanglot diffère du soupir, en ce que ce dernier est volontaire et se fait avec lenteur. Le sanglot accompagne les pleurs dans les chagrins violents, il est dû à un mouvement convulsif du diaphragme. J. B.

sawgsue ( hist . nat., med .), s. f. ( sanguisuga , hirudo, en grec bdell/i); genre de la classe des annélides, et donné comme type à la famille des hirudinées de Lamarck.

Le genre sanguisuga ( iatrobdella de M. de Blainville) offre les caractères suivants ; corps allongé, un peu déprimé, composé de 98 segments égaux, courts, saillants sur les côtés, et terminé par deux extrémités tronquées susceptibles de s’étaler en un disque charnu qui se fixe en opérant le vide au moyen d’une forte succion, comme une ventouse. La ventouse orale, où se trouve la bouche, est peu concave, présente deux lèvres dont la supérieure est très-avancée : la bouche est grande; les mâchoires sont au nombre de trois; les dents sont armées de denticules aiguës, nombreuses, disposées sur deux rangs, et d’autant plus grosses et plus acérées, qu’elles sont plus rapprochées du bord extérieur.

Ce genre renferme plusieurs espèces; les plus usitées sont: l°la sangsue officinale [hirudo officinalis ), ou sangsue verte, qui se trouve dans le midi delà France : elle a de 4 à 5 ou 6 pouces de longueur lorsqu’elle se développe; sa robe est d’un brun verdâtre assez clair ; le dos est sillonné de six bandes longitudinales, couleur de rouille, marquées de points noirs; le ventre est olivâtre, non tacheté, limité de chaque côté par deux lignes noires.

-2° La sangsue médicinale, ou grise ( sang.medi einalis), forme la deuxième espèce; elle habite les contrées moyennes ou méridionales, et est plus petite que la précédente ; son dos est d’une couleur verte plus ou moins foncée, strié de quatre bandes longitudinales, d’un rouille clair; ventre vert sale, bordé de deux larges raies noires. Outre ces deux espèces, il y a encore la S. verbana, la -S. interrupta , etc., qui sont propres à sucer le sang, mais à un moindre degré que les deux dont nous venons de parler.

D’après les recherches de MM. Huzard fils et

Pelletier, confirmées par celles de M. Moquin-Tandon , auquel on doit d'excellentes recherches sur les sangsues, la sangsue noire , dite de cheval, que l’on croyait apte à mordre et à tirer du sang, offre des denticules émoussées qui ne lui permettent pas d’entamer la peau des animaux vertébrés. L’enveloppe téguraentaire des sangsues est très-sensible, très-irritable; aumoindre contact, elles rapprochent leurs extrémités et prennent la forme d’une olive. Quant aux autres sens, ils paraissent nuis, ou du moins irés-obtus.

Les sangsues habitent les étangs, les marécages et mêmes certains ruisseaux. Mais c’est plus particulièrement dans les eaux stagnantes qu’on les rencontre. A l’epoque où le système de Broussais régnait en France, où les moindres accidents, les moindres symptômes étaient attaqués sur le-champ avec des poignées de sangsues, on fit une si effroyable consommation de ces annélides, qu’ils devinrent extrêmement rares. La France futdépeuplée; on alla en chercher en Espagne, puis en Bohème, et enfin en Turquie et en Asie-Mineure. Depuis on est revenu de cet engouement, les sangsues ont pu se reproduire et reparaître. D’un autre côté l’Algérie nous en fournit de très-bonnes. Le transport des sangsues se fait dans des sacs ou des vases pleins de mousse humide.

Les sangsues se pêchent de différentes manières: tantôt on les prend a la main, tantôt au moyen de frets de crin tendus sur des cerceaux. Ces procédés valent mieux que celui qui consiste a je er dans des marais des foies d’animaux sur lesquels les sangsues vont s’attacher; car celles que Ion pèche ainsi étant goigées de sang, ne sont pas disposées à mordre. Elles se conservent en grand dans des viviers disposés à cet effet; et chez les pharmaciens on les met dans des vases dont l’eau est renouvelée souvent. M. Soubeiran , à Paris, et M. Dousseaux Vallettes, pharmacien à Montereau , ont inventé des vases à companiments pour la conservation des sangsues , qui so.it d’une grande commodité. Ce dernier ajoute un lit de mousse, de fougère ou de cresson bien lavée à l'eau , dans laquelle il conserve les sangsues pendant un certain temps. Les meilleures sangsues sont d’une taille médiocre; ce sont aussi celles qui se meuvent dans le bocal avec agilité et qui ont été pêchées récemment.

Les sangsues qui ont déjà mordu peuvent elles servir de nouveau? Cette question si importante divise les pharmaciens , si intéressés à la solution de ce problème. Les uns, tels que M. Henry fils, s’appuyant sur une série d’expériences , sont pour la négative ; d’autres, et à leur tête le docteur Pallas et notre collaborateur M. Bouehardat, affirment qu’à l’aide de soins et de précautions on peut obtenir leur réemp'oi. Suivant M. Bouehardat, six mois de séjour dans des bassins glaisés et un mois dins l’eau suffisent pour les rétablir complètement et pour éloigner toutes les chances de danger qui pourraient suivre leur emploi ultérieur. [Journ. des Conn . méd. prat , t. v, p. 248.) Quelques auteurs disent qu’en les pressant convenablement entre les doigts, on les fait dégorger avec facilité , et que les sangsues ainsi vidées peuvent prendre de nouveau avec beaucoup de facilité. « On favorise le dégorgement des sangsues , dit M. Dorvault dans ton excellent ouvrage intitulé . V Officine, , en les plongeant deux ou trois minutes dans l’eau tiède ,

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ou en les exposant à la vapeur d’eau ; lorsque la pression est exercée avec précaution , les sangsues peuvent subir plusieurs fois ce mode de dégorgement , mais elles meurent après un certain nombre de fois. On a proposé aussi , pour dégorger les sangsues , l’eau tiède salée , le vin étendu d’eau , la poudre de sel marin , le tabac , les cendres , le nitrate de potasse; M. Bouchardat , ainsi que nous l’avons dit , les met pendant un mois entre deux couches d’argile humide. Lorsqu’elles sont dégorgées , on doit les mettre dans l’eau claire aérée et renouvelée souvent.»

Il est une fraude qui se commet actuellement dans lecommerce des sanssues, et qui a été signalée par notre collègue M. Chevallier. Elle consiste à tremper les sangsues dans du sang de bœuf et à les laisser se gorger ; comme les sangsues se vendent au poids dans le commerce , on comprend tout ce que cette fraude peut donner de bénéfice illicite ; les sangsues, ainsi gorgées, prennent mal et sont d’un mauvais usage. Pour reconnaître cette fraude, il suffit de prendre la sangsue par sa petite extrémité, et de la comprimer entre le pouce et l’index en la faisant glisser jusqu’à la tête ; on lui fait ainsi rendre un sang noir, épais , qui est celui dont elle a été gorgée. Il ne faut pas confondre avec ce sang une matière vert-olive qui provient des subtances qui ont pu servir à la nourriture de ces annélides.

On a cherché à évaluer la quantité de sang que peut tirer une sangsue; mais celte appréciation est très-difficile. Il faut surtout tenir compte des individualités. 11 estdes personnes dont la peau est trèsvasculaire et chez qui les piqûressaignentabondamment ; chezd’autres, au contraire, les morsures laissent à peine écouler quelques gouttes de sang après la chutedel’annélide, etse referment aussitôt. Enfin, certaines parties mieux remplies de vaisseaux donnent plus de sang que d’autres; le pourtour de l’anus est parfaitement disposé à cet égard. Cependant, il résulte d’expériences faites avec des sangsues hongroises, que celles dites grosses moyennes tirent cinq à six fois leur poids de sang , soit 6 à 7 grammes; lorsque le sang des piqûres coule bien, on peut l’évaluer à la même quantité. Les petites moyen nés tirent quatre à cinq fois leur poids, soit 4 à 5 grammes. Ces données peuvent servir de b3ses à des approximations exactes , lorsque les sangsues sont bonnes et qu’elles se remplissent bien.

En thèse générale, les sangsues sont ordonnées dans deux intentions différentes: ou bien pour obtenir un dégorgement local, et alors on les applique sur l’endroit ou très-près de l’endroit malade ; ou bien pour déterminer une révulsion ou une dérivation, et alors on les met à une certaine distance : c’est ainsi qu’on les pose à l’anus ou aux jambes, dans les cas de congestion cérébrale.

Quelles sont les parties où on peut les appliquer? Quelles sont celles qui se refusent à l’action de ce moyen thérapeutique? C’est ce que nous allons examiner.

Les sangsues ne doivent pas, autant que possible, être placées sur les points où la peau est très-sensible, comme au sein chez les femmes, sur la verge chez les hommes , ou bien sur les portions de tégument que double un tissu cellulaire lâche et mo-

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bile, aux paupières, par exemple, ou bien au scrotum . Dans ce cas, il survient une infiltration ecchymotique qui peut être portée au point de déterminer des escarres gangreneuses. De là aussi le précepte de ne jamais les employer sur les parties œdémateuses ou fortement ecchymosées; on s’exposerait au même accident. Chez les jeunes femmes, il faut avoir soin de ne point les mettre sur les parties habituellement découvertes: au cou, à la partie supérieure de la poitrine. Ces points sont assez généralement accordés; il n’en est pas de même pour la question de savoir si les sangsues doivent mordre sur les places enflammées elles-mêmes. Dans les cas d’érysipèle, par exemple, quand l’inflammation est intense , il est certain que les morsures sont très-douloureuses, qu’il peut en résulter des furoncles également fort douloureux, et, dans certains cas, de petites escarres : or, comme l'application des sangsues autour du mal produit un dégorgement aussi abondant sans offrir les inconvénients que nous venons de signaler, nous nous déclarons hautement partisans de ce dernier mode d’application. Cette remarque convient encore aux hernies étranglées, et en général aux parties sur lesquelles on peut être appelé à pratiquer une opération , comme à la région antérieure et moyenne du cou dans le cas de croup . On a conseillé les applications de sangsues sur quelques parties internes recouvertes d’une muqueuse, accessibles à l’action du moyen dont nous parlons. Ainsi, M. Cruveilher a proposé de les mettre à l’orifice des fosses nasales dans les cas d’apoplexie ou de congestion cérébrale. Ce moyen, quoique pouvant offrir des avantages réels , n’a pas été adopté, sans doute à cause de la difficulté de cette petite opération, et de la gêne extrême qui en résulte pour le malade. Il en est de même de l’application des sangsues aux gencives et aux amygdales ; cette méthode est très-peu usitée et rencontre beaucoup de répulsion de la part des malades. Plusieurs personnes les mettent au col même de l’utérus, dans le but de dégorger cet organe. On a signalé les inconvénients de cette pratique, on a montré que des ulcérations pouvaient en être la suite. Ce dernier accident est surtout à craindre quand il y a tendance à la dégénérescence cancéreuse. Ceci nous conduit à parler de l’opinion de certaines personnes, qui ne veulent pas mettre de sangsues immédiatement sur les bubons, dans la crainte que les morsures ne se changent en chancres spécifiques , accident que l’on dit être arrivé quelquefois. Nous pourrions nous étendre encore beaucoup sur ce sujet, mais nous nous contenterons de cette dernière remarque, que les sangsuesdoivent être le moins possible, appliquées sur des portions de tégument que double un tissu cellulaire graisseux abondant, non qu’il en puisse résulter quelque accident, mais parce que l’écoulement sanguin est alors peu considérable. Si, pourtant, quelque indication impérieuse forçait d’agir ainsi , il faudrait doubler ou tripler le nombre des sangsues jugées né» cessaires.

Mode d'application. — Si la partie sur laquelle doivent être appliquées les sangsues est couverte de poils, il faut commencer par la raser bien exactement, puis on la lave avec de l’eau tiède, en ayant soin de la frotter légèrement, si rien ne s’y oppose, de manière à la faire rougir un peu et à exciter

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