SAU
comme sudorifique, dans la syphilis constitutionnelle, les rhumatismes et les dartres. On le prescrit aussi dans certaines hyd ropisies passives. Il fait partie des quatre bois sudorifiques. On le donne surtout en tisane, à la dose de 4 à 10 ou 15 grammes, en fragments infusés dans un kilogramme d’eau. On l’associe très-souvent, au gaïac et à la salsepareille. J. B.
satiété ( physiol .), s. f. ( satietas ). Etat de réplétion accompagné de dégoût , qui suit ordinairement l’ingestion d’une grande quantité d’aliments ou de boissons.
SATïmNiKTEs ( path .), adj. Nom donné aux maladies déterminées par la préparation du plomb. V, Cérusius et Coliques.
SASTBiASB [path.), s. m. ( satyriasis , dugrec saluroï, les satyres, que la mythologie nous représente comme fortement enclins à la lubricité , et que les monuments antiques figurent presque toujours avec le membre viril en érection, si bien que l’on fait remonter l’étymologie du nom de satyre au mot sathè, qui signifie le pénis). Le satyriasisest une affection spéciale à l’homme, caractérisée par une érection permanente du pénis, avec un penchant insatiable au coït et faculté d’y satisfaire. Le satyriasis est une affection essentielle, et non un symptôme comme le priapisme; c’est de tout point l’analogue de la nymphomanie chez la femme . Aussi, ce que nous avons dit des causes de cette dernière affection s’applique-t-il très-bien ici : excitation cérébrale avec penchant aux idées lubriques , lecture de livres où l’amour physique est l’objet des détails les plus obscènes, amour contrarié : telles sont les causes les plus ordinaires du satyriasis. Il faut y joindre certains aphrodisiaques, tels que les cantharides, dont l’action a été d’ailleurs évidemment exagérée.
Rien ne saurait donner une idée de la fureur des transports auxquels se livre l’individu affecté de satyriasis. Ou a vu, dit-on , des hommes mariés exécuter 20, 30 et 40 fois l’acte vénérien en une même nuit, et réduire leurs femmes à un état qu’il est facile de concevoir. Quelques auteurs affirment que, dans cette maladie , les excès de coït n’épuisent point les sujets; d’autres, au contraire, et nous | sommes de ce nombre, disent qu’à la suite des excès on voit un collapsus, un abattement profond , et parfois des inflammations des organes génitaux qui peuvent déterminer jusqu’à la gaDgrène de ces parties. Cet accident se montre surtout chez ceux qui ont fait usage de cantharides : c’est là l’heureux résultat qu’ils retirent de ce philtre dangereux.
Le pronostic de cette affection est donc trèsgrave, dit Frank ( Epitome demëd., t. n). On a assuré avoir vu des individus guérir à la suite de nombreuses évacuations spermatiques. Cette terminaison , en quelque sorte critique , peut être vraie ! pour ceux qui tombent dans le satyriasis par suite d’un penchant amoureux contrarié , ou par suite d’une continence forcée ou volontaire, comme il est arrivé chez certains ecclésiastiques (Pinel, Nosogr. phil., t. m). On conçoit que, dans des cas analogues, le coït puisse être recommandé comme préservatif.
Quant au traitement, éloigner les causes , combattre l’éréthisme au moyen des antiphlogistiques, et s rafraîchissants. Il n’y a rien ici qui diffère de ce que nous avons dit au mot Nymphomanie .
E. Beaugkand.
saqge ( bot.etmat . mèd.), s.f. ( salvia officinalis ), plante de la famille des labiées, J. , diandrie monogynie, L. C’est un petit arbustequi.de même que la plupart des plantes aromatiques, croît spontanément dans les contrées méridionales de l’Europe. Il est très-cultivé dans les jardins. Les feuilles et les sommités fleuries de la sauge ont une odeur forte et une saveur amère, chaude et très-aromatique. Ces qualités sont dues à la présence d’une huile volatile qui leur donne des propriétés toniques et excitantes qu’elles partagent , mais à un degré très-développé,avec les autres plantesde cette même famille. La petite sauge ou Ihê d’Europe, car elle est vulgairement connue sous ces divers noms , a été vantée contre une foule d’affections diverses, et le nom de salvia, de salvare, sauver, prouve que les anciens la regardaient comme un médicament héroïque. Du reste, il est incontestable qu’elle possède réellement des propriétés stimulantes trèsmarquées, tant sur le tube digestif que sur la circulation ; elle paraît modifier aussi assez avantageusement l’influx nerveux. Elle est recommandée avec succès dans les cas de digestions difficiles tenant à une atonie de l’estomac, dans les diarrhées causées également par asthénie; elle est utile dans les vomissements nerveux , la céphalalgie, etc. On l’emploie très-souvent vers la fin des pneumonies , mais surtout dans les catarrhes chroniques. Enfin , elle est indiquée dans les cas de débilité bien constatée, chez certains vieillards épuisés, chez les enfants scrofuleux , les jeunes filles chlorotiques, dans les hydropisies passives, etc.; dans ces derniers cas, on associe l’usage intérieur de la sauge aux lotions extérieures , soit sur les parties tuméfiées dans les cas d’œdème , soit en frictions sur la colonne vertébrale chez les sujets anémiés ou rachitiques.
Les sommités fleuries de la sauge s'administrent de différentes manières. En poudre, à la dose de 3 à 4 décigrammes à 1 gramme ; en tisane, on fera infuser 5 à 10 ou même 15 grammes de la plante dans un kilegr. d’eau. On en fait encore du vin, une teinture, un vinaigre. L’huile sert plutôt à aromatiser j certaines substances désagréables, qu’à des usages médicamenteux. Enfin, la sauge fait partie de plusieurs préparations officinales , telles que l’eau de mélisse, l’eau vulnéraire, le vin aromatique, le sirop d’érysimum composé, etc.
La sauge des prés ( salvia pratensis) , la sauge hormin [salvia horminum), la sauge sclarée [salvia sclarea), vulgairement nommée orvale, qui croissent dans l’Europe méridionale et tempérée jouissent, à peu de chose près, des vertus de la sauge officinale. J. -P. Beacde.
saueæ [bot.etmat.méd.), s.m.(s«fe).Genre de plantes de la famille des salicinées, auquel il sert de type ; diœcie diandrie, L. Quelques botanistes en font une tribu de la famille des amentacées, J .Quoi qu’il en soit, les saules sont des arbres ou des arbrisseaux qui habitent les lieux humides ; on les trouve surtout sur le bord des rivières, des ruisseaux, des marais. Le nombre des espèces est trèsconsidérable. Le saule blanc, [salix alba ), le seul qui doive nous occuper ici, à cause des propriétés médicinales de son écorce, s’élève presque à 8 ou 10 mètres de hauteur. Les écorces, recueillies sur des