‹ Dictionnaire de médecine usuelleChapitre 169 sur 298 · SED · texte numérisé non relu

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suite d’un état morbide. Si c’est le système nerveux qui est dans un état d’éréthisme, les antispasmodiques, les narcotiques deviennent de véritables sédatifs (Voy. ces mots). Si c’est la circulation qui se trouve accélérée, s’il y a fièvre, état phlegmasique, alors les saignées, les rafraîchissants et les réfrigérants seront encore ici des sédatifs. Cependant l’usage général restreint d’ordinaire cette dénomination aux calmants du système nerveux . J. B.

sédiment (path.), s. m. ( sedimentum , de se * dere, s’asseoir). Le sédiment n’est autre chose que le dépôt qui se forme dans un liquide quand des matières plus lourdes et tenues en suspension viennent à se précipiter. Cette expression s’applique surtout à l’urine, et l’on désigne ainsi le dépôt qui se forme souvent au fond du vase qui la reçoit. (V. Urine.)

SEDK.ITZ (Eaux minérales de) ( thêrap.). Sedlitz est un village de la Bohème, à 2 milles de Tœplitz. et à 9 milles de Prague, très-renommé par ses e .ux minérales purgatives, qu’Hoffmann fit connaître en 1721 : ces eaux sont froides, limpides, transparentes , sans odeur , d’un goût amer et salé ; elles ont été plusieurs fois analysées par Hoffmann, Neumann, plus récemment par Bouillon-Lagrange, et enfin, par Steimann. Cette dernière analyse paraît la plus complète; la voici. Pour une livre de 16 onces (489 gram.) :

Sulfate de magnésie 79,gr.5S5

Hydrochlorate de magnésie 1, 0G1

Carbonate de magnésie 0, 201

Sulfate de potasse 4, 414

— de soude 17, 146

— de chaux 4, 1U

Carbonate de chaux 5, 297

— de strontiane 0, 009

— de protoxyde de fer \

— manganèse > 0, 050

Alumine et extractif J

Acide carbonique 3, 461

Cette analyse, qui donne environ 13,50 gramm. de sels pour un litre d’eau, est de beaucoup inférieure, quant à la quantité des sels, à celle de Bouillon-Lagrange, qui avait trouvé 33 gramm. 57 cent, par litre. Il est probable que M. Steimann aura pesé les sels secs , et que M. Bouillon- Lagrange les aura pesés cristallisés. Cette différence dans le mode de procéder a souvent apporté de graves erreurs dans les analyses des eaux minérales , surtout lorsque les auteurs, comme cela a lieu dans ce cas , et ainsi que nous l’avons déjà signalé pour l’analyse des eaux de Pullna, faite par M. Barruel, n’ont pas soin d’indiquer s’ils ont pesé les sels secs ou cristallisés , et de dire même à quelle température ils les ont séchés. Aujourd’hui, il est d’usage de sécher les sels à la température de l’eau bouillante ; par ce moyen, on a une base fixe, et l’on évite ainsi l’incertitude sur la quantité plus ou moins considérable d’eau de cristallisation qui a pu rester combinée avec ces sels.

L’eau de Sedlitz est purgative à la dose de trois quarts de litre environ ; elle n’est même usitée parmi nous que dans ce but. Par verre pris un ou deux chaque matin, elle est purgative, laxative

et fondante; on l’emploie chez les personnes qui ont le ventre paresseux, chez les hypochondriaques, les enfauts lymphatiques ou qui ont des affections vermineuses. On dit que, chauffée au bain-marie, elle a une action purgative plus marquée. Mérat et Delens disent qu’elle est moins chargée de sel aujourd’hui que du temps d’Hoffmann ; car pour une livre de 12 onces, il trouva plus de 2 gros de sulfate et de muriate de magnésie. Mais l’on peut répondre par l’observation que nous venons de faire, en comparant les résultats des deux analyses de MM. Bouillon-Lagrange et Steimann.

On prépare en pharmacie de l’eau de Sedlitz artificielle qui est beaucoup plus gazeuse que l’eau naturelle. Le plus ordinairement, c’est simplement une solution de sulfate de magnésie saturée de quatre à cinq volumes de gaz acide carbonique. La dose ordinaire est de 32 grammes de sulfate de magnésie cristallisée pour 3 quarts de litre d’eau; ou peut augmenter cette dose, et elle varie de 8 à 45 et 50 gramm., suivant l’effet que l’on veut produire et la difficulté que présentent les sujets pour être purgés. L’addition d’une forte proportion d’acide carbonique , qui rend l’eau de Sedlitz artificielle pétillante comme l’eau de Seltz factice, fait qu’elle inspire moins de répugnance au goût, et par conséquent elle peut être prise avec plus de facilité. Souvent on augmente l’activité purgative de l’eau de Sedlitz naturelle, en ajoutant par pinte 8 à 16 grammes de sulfate de magnésie.

L’eau de Sedlitz s’exporte avec la plus grande facilité ; elle est peu altérable, et l’on en trouve dans tous les dépôts à Paris ; mais on fait un bien plus grand usage de l’eau factice que de l’eau naturelle, par la facilité que l’on a d’en augmenter ou d’en modérer l’action, en faisant varier les doses de sulfate de magnésie qui entrent dans sa composition. J. -P. Be AUDE

SEIBÏ.ITZ (Sel de). C’est le sulfate de magnésie. (Voy. ce mot.)

seidschutz ouSaidchitz (Eau minérale de) (i thërap .). Seidschutz est un bourg de la Bohême, voisin de Sedlitz , et qui possède une source minérale froide et saline. Cette source est située audessus de celle de Sedlitz, dont elle est assez voisine pour que Hoffmann, qui, le premier, a préconisé ses eaux, ait pensé qu’elles avaient la même origine. Comme l’eau de Sedlitz , les eaux de Seidschutz sont purgatives , mais d’une manière plus active, car elles contiennent un tiers de substances salines de plus que celle de Sedlitz ; c’est du moins ce qui résulte des analyses de Steimann et de Berzélius , qui ont trouvé 178 grains de substances salines par livre de 16 onces , pour l’eau de Seidschutz; taudis qu’ils n’ont trouvé que 1 12 grains pour la même quantité d'eau de Sedlitz ; ce qui équivaut, pour l’eau de Seidschutz, à 23 gram. 26 centig. par litre d’eau . Bergmann, dans son analyse de cette eau , avait trouvé 21 grammes 75 centig. ; mais il est un assez grand nombre de substances qu’il n’indique pas, et qui ont été trouvées depuis par Steimann et par Berzélius Nous allons donner ces deux analyses, afin que l’on puisse juger de leur différence ; les voici, rapportées à leur proportion pour un litre d’eau.

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Analyse de Berzêlius.

Sulfate de potasse 0,gr.5334

— de soude 6, 0978

— de chaux L 3122

— de magnésie 10, 9392

Nitrate de magnésie 35 2778

Chlorure de magnésie 0, 2825

Carbonate de magnésie 0, 6492

Crénate de magnésie 0, 1389

Silice 0, 0047

Oxyde de fer eide manganèse carbonate. . 0, 0025

Oxyde d’étain et de cuivre 0, 0040

Iodure de magnésie 0, 0048

Brome, fluor et ammonium, à peine quelques traces.

Analyse de Bergmann.

Acide carbonique 0,lit.04Q

Sulfate de magnésie 20,gr.226

— de chaux 0, 576

Chlorure de magnésium 0, 512

Carbonate de chaux 0, 144

— de magnésie 0, 294

On doit ajouter de plus, pour l’analyse de Berzélius, l’acide carbonique, dont la quantité n’est pas indiquée dans l’analyse que nous avons sous les yeux, et qui est extraite d’une notice publiée par la direction des sources, mais dont certainement la quantité a été déterminée par cet habile chimiste.

Suivant la notice que nous venons de citer, les eaux de Seidschutz s’emploient contre la constipation provenant de l’atonie des intestins , contre les accumulations de matières saburrales dans les intestins, contre la pléthore veineuse abdominale, dans l’hypochondrie, les hémorrhoïdes, les engorgement du foie , de la rate , les calculs biliaires, la goutte, la gravelle, contre les flueurs blanches, les affections dartreuses, les éruptions, l’obésité, etc.

Nous étendrions d’une manière considérable la liste de ces affections, si nous indiquions tous les cas dans lesquels on dit que les eaux de Seidschutz ont été efficaces ; il suffit, pour nous résumer, de dire qu’elles sont employées dans tous les cas où l’on faitusagedes eaux salines et où l’on veut produire un effet purgatif. On ne fait usage de ces eaux qu’en boisson ; on en prend depuis un verre le matin à jeun jusqu’à un litre ; lorsque l’on veut en continuer l’usage, il est convenable de ne les boire qu’à doses modérées. J . -P . Beaude.

seigle {bot. mèd.), s. m. ( secale cereale, L.), famille des Graminées, J. Cette semence occupe, après le froment, le premier rang parmi les graines céréales. Si elle est inférieure au blé sous quelques rapports et notamment quant à la quantité relative de principe nutritif et à la blancheur de sa farine, elle a l’avantage d’être moins difficile sur le choix des terrains; ceux en effet qui sont les plus arides, les climats même les plus rigoureux sont encore propres à la culture du seigle, lorsqu’ils sont pour aiDSi dire réfractaires à celle du froment. Le seigle fait la base de la nourriture d’un grand nombre d’habitants des contrées septentrionales de l’Europe. Sa farine, moins riche en gluten que celle du froment, fournit un pain mat, brun si elle est pure, d’une assez difficile digestion, et mieux ap-

1 propriée à la nourriture des animaux qu’à celle de l’homme qui trop souvent est obligé de s’en contenter. Si on fait entrer dans le pain de seigle de la farine de froment, il prend une teinte bise et devient substantiel et savoureux. La proportion varie suivant la richesse agricole du pays; le pain dit de ménage, dans une grande partie de la France, est composé de parties égales de farine de seigle et de blé , il exige une plus longue cuisson et se maintient plus longtemps frais que celui de pur froment.

La farine de seigle est rafraîchissante, résolutive, et employée comme telle sous forme de cataplasmes, pour résoudre certaines tumeurs de caractère inflammatoire.

Le seigle est incontestablement, de toutes les graines céréales, celle qui passe le plus facilement à la fermentation ; aussi, et attendu la modicité de son prix, l’emploie-t-on généralement de préférence pour obtenir des boissons alcooliques et acéteuses, l ’ eau-de-vie et le vinaigre de grain.

Soumis à une torréfaction bien ménagée, le seigle prend une odeur qui rappelle celle du café ; aussi l’a-t on proposé lors de la guerre continentale comme succédané de cette semence exotique ; mais, bien que de tous ses succédanés, elle fut l’un de ceux qui réunissaient les conditions les plus favorables, son emploi était plutôt de nature à faire oublier l’usage de cette liqueur intellectuelle, comme on l’a poétiquement appelée, qu’à le faire conserver. COUVEBCHEL.

Seigle eegoté {mat. mèd.) ( Secale cornutum ). Sous ces noms et ceux d 'ergot de seigle , de seigle noir , de blé farouche , hâve ou avorté, de chambucle, secale luxurians, clavus secalinus , sphacelia segetum, etc., on désigne une production accidentelle qui se développe entre les valves florales de plusieurs graminées, et notamment du seigle.

L’ergot du seigle est long de 2 à 3 centimètres au plus, fusiforme, recourbé en ergot de coq, strié suivant lalongueur, d’un brun violacé extérieurement, d’un blanc grisâtre intérieurement ; la cassure est nette et cornée. L’odeur n’est appréciable que quand l’ergot est réuni en certaine quantité, elle est alors vireuse et approchant du moisi ; quant à la saveur, elle est légèrement âcre et mordicante.

Cette production accidentelle se montre surtout dans les années pluvieuses, sur les terrains bas, humides, sablonneux; aussi la rencontre-t-on souvent en Sologne. Beaucoup de suppositions ont été faites sur sa nature; mais, aujourd’hui, on s’accorde généralement à la regarder, d’après M. deCacd 'He, comme un champignon développé dans l’ovaire même et qui végète aux dépens du grain dont il tient la place.

Cette substance, dont nous aurons plus loin à étudier les remarquables propriétés, a été soigneusement examinée par les chimistes. Nous nous arrêterons surtout aux travaux récents de M. Bonjean, de Chambéry, qui paraissent les plus complets. Cet habile observateur établit que l’ergot de seigle renferme deux principes distincts : 1° l’huile ergotëe , dans le rapport de 35 pour 100, blanche , épaisse, un peu âcre, perdant ses propriétés à une température de 80 ou 100 degrés. Elle est douée de propriétés toxiques et paraît plus particulièrement porter son action sur le système nerveux. 2° Un extrait hémostatique ; c’est le principe actif de l’er-

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got, dans lequel il entre pour un cinquième; il est rouge brun, d’une odeur de viande rôtie qu’il doit à la présence d’une certaine quantité d’osmazôme ; sa saveur est légèrement piquante et amère.

L’ergot récolté dans les années très-humides ne «vaut pas celui des années sèches; on a remarqué «aussi que, pour être efficace, il devait être récemment pulvérisé.

D’après Barbier (d’Amiens) et Payan (d’Aix), le seigle ergoté exerce une action spéciale sur la tnoclle épinière, d’où résultent diverses actions secondaires sur les muscles qui dépendent de celleci. Cette théorie paraît la plus probable de toutes celles qui ont été émises touchant l’action du sei- ,gle ergoté; et en effet cette substance, administrée à trop haute dose, produit de l’agitation, des fourmillements , des mouvements spasmodiques dans les membres inférieurs; l’usage du pain de seigle altéré par l’ergot détermine des accidents nerveux dont nous parlerons plus loin ; et enfin, l’ergot, employé dans certaines paralysies dépendant de la moelle épinière, a fourni de bons résultats. Cependant il faut , en outre , admettre une action élective spéciale sur l’utérus.

Au reste, quelle que soit la théorie que l’on admette, la substance dont nous parlons aété employée avec succès dans plusieurs circonstances différentes.

Comme stimulant] du système nerveux ou musculaire. Le seigle ergoté a été surtout employé dans les cas d’inertie de l’utérus, alors que l’accouchement se trouve suspendu parce que la matrice cesse de se contracter ou se contracte trop faiblement pour chasser l’enfant. Prescott, médecin américain, est l’un des premiers qui aient fait connaître les propriétés de ce médicament restées jusque là secrètes et peu connues. Pour l’employer, il faut d’abord que le travail soit commencé, les membranes rompues et la tête engagée; en second lieu, qu’aucun vice de conformation du bassin ou de la vulve ne s’oppose à la sortie du foetus ; enfin , que celui-ci soit bien conformé et se présente d’une manière naturelle. Il serait dangereux d’administrer le seigle ergoté chez certaines femmes très-susceptibles , très-nerveuses, chez les femmes pléthoriques disposées aux congestions cérébrales; ici la saignée serait plus utile. Relativement aux cas qui, tels que l’éclampsie,) L’hémorrhagie utérine, peuvent réclamer une prompte délivrance , c’est à l’accoucheur à se décider, d’après les indications, pour le seigle ergoté, le forceps ou toute autre manœuvre obstétricale . Le seigle ergoté peut être encore très-utile pour favoriser l’expulsion du placenta ou d’une môle hydatique, pour chasser des caillots sanguins qui causent des coliques , pour favoriser l’issue de polypes que l’on voudrait extirper, dans les cas d’accouchement prématuré, artificiel, etc. Nous pourrions bien parler de certains cas où l’on n’a pas craint d’employer cette substance dans uneintention criminelle ; mais on comprendra la réserve qui nous est imposée ici. Notons seulement que, le plus ordinairement, il ne remplit pas alors le but coupable que l’on se proposait et qu’il expose gravement lasanté des malheureuses qui ont osé se soumettre à ces tentatives. L’ergot de seigle, étant administré dans ces différentes circonstances , fait ordinairement sentir son action au bout de 15 à 20 minutes; alors les dou-

.eurs sont rapprochées, se répètent coup sur coup, pendant environ une heure ou une heure et demie, temps suffisant pour la délivrance. On pourrait d’ailleurs au besoin répéter la dose.

Diverses observations rapportées par M. Payan (d’Aix) et par d’autres observateurs prouvent que le seigle ergoté peut être utile dans les paralysies dépendant d’une lésion de la moelle épinière; le mouvement peut être rétabli tant dans les membres que dans les fonctions de la vessie et du« rectum. Des paralysies de vessie, comme on en observe chez les vieillards, ont encore été guéries par le, même moyen .

Comme astringent. C’est surtout contre les hémorrhagies de la matrice que l’ergot de seigle a été employé, et nous devons dire que, dans la grande majorité des cas, il a rendu de grands services, soit que l’hémorrhagie fût liée à l’état puerpéral, soit qu’elle eût lieu hors du cas de grossesse ou d’accouchement.

Plusieurs praticiens ont conseillé ce mêmemédicament dans d’autres hémorrhagies, dans les épistaxis, les hémoptysies , les hématémèses , les hématuries, etc . Mais ici les faits sont trop peu nombreux ou trop peu probants, pour qu’ils puissent inspirer une grande confiance. Nous en dirons autant de l’emploi de l’ergot daos divers écoulements, tels que les leucorrhées, les blenuorhagies , où il ne parait pas avoir répondu à l’attente des expérimentateurs.

L’ergot de seigle a été proposé par Spajrani d’abord , puis par M. Arnal , comme un excellent résolutif dans les engorgements de l’utérus. Les observations de M. Arnal sont déjà assez nombreuses, et les succès qu’il rapporte doivent engager les praticiens à essayer ce moyen curatif.

Enfin, le seigle ergoté a encore été employé dans l’aménorrhée , comme emménagogue, et, diton, avec avantage ; mais, nous nous arrêterons là. ltien n’est plus nuisible pour la réputation d’un médicament, que de vouloir en faire une panacée universelle.

Le seigle ergoté s’administre en poudre récemment trituré dans un véhicule à la dose de 1 à 3 grammes ,«quifl sel prennent en une ou plusieurs fois, suivant les indications. D’autres fois, c’est sous forme de tisane en infusion ou en décoction, 4 grammes pour 500 grammes d’eau. L’huile préparée par M. Bonjean se donne en pilules ou en potion à faible dose; l’extrait s’emploie en potion (1 à 2 décigrammes pour 120 grammes de véhicule); en sirop (50 centigrammes d’extrait pour 300 grammes de sirop); en pilules, etc.

Action toxique du seigle ergoté. — Lorsque le seigle qui est destiné à faire du pain contient une certaine quantité d’ergot , il en résulte pour ceux qui en font usage une maladie déjà anciennement connue, et que l’on a désignée sous les noms divers de raphania , maladie céréale, mal de Sologne, et enfin d 'ergotisme, nom aujourd’hui adopté.

L’ergotisme règne souvent d’une manière épidémique; il a été surtout observé en Sologne, dans la Picardie, dans la Champagne, dans l’Artois, dans l’Angoumois, etc. Ce sont principalementles classes pauvres qui en sont atteintes, et on a remarqué que l’épidémie était d’autant plus grave, que l’on était plus rapproché de l’époque de la moisson, ce qui s’explique par la remarque que nous avons déjà faite,

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savoir que l’action de l’ergot est d’autant plus marquée, que celui-ci est plus récent.

Relativement aux symptômes , on distingue deux variétés d’ergotisme, le convulsif et le gangreneux.

Ergotisme convulsif ( raphania , convulsio ce realis). — L’invasion des accidents est souvent précédée de douleurs dans les membres, de fourmillements, de maux de tête; puis les convulsions se déclarent, tantôt sous forme épileptique, tantôt sous forme spasmodique, comme dans le tétanos. Dans les intervalles des accès les malades sont brisés de fatigue, la plupart ont des vertiges , et beaucoup un délire qui peut être porté jusqu’à la fureur ; enfin, il peut y avoir un état comateux. Les troubles des autres fonctions sont très-variables, quelquefois nuis. Les malades qui succombent sont emportés soit au milieu d’un accès, ou bien ils périssent lentement, dans un état de col lapsus et de paralysie. Quand la guérison doit avoir lieu , les accès s’éloignent, diminuent d’intensité et finissent par disparaître.

Ergotisme gangréneux. — Cette forme débute comme la précédente , seulement le fourmillement et les douleurs convulsives dans les membres sont plus marqués; quelquefois même ces prodromes manquent complètement ; en tout cas, des douleurs très-vives se manifestent dans les extrémités, mais surtout dans les pieds; ces parties, à commencer par les orteils, prennent une teinte violacée, se couvrent de phlyctènes, la gangrène s’en empare. A mesure que la mortification marche vers le tronc, elle éteint les douleurs dans la partie dont elle s’empare ; celles-ci la précèdent, elle suit. Des membres entiers peuvent être envahis, et si la gangrène ne se limite pas , le sujet succombe avec le symptôme d’affaissement propre à cette grave lésion ( Y. Gangrène). Dans les cas les plus favorables, les parties sphacélées se détachent; mais ici encore, si la mortification est très-étendue, le malade ne peut suffire au travail réparateur et il meurt dans l’épuisement.

En quoi consiste l’ergotisme convulsif ou ganréneux ? On s’accorde assez généralement aujour- ’hui pour admettre une sorte d’empoisonnement par infection du sang.

Le traitement de l’ergotisme ne paraît pas donner des résultats bien satisfaisants. L’état de faiblesse et d’atonie dans lequel sont plongés les individus atteints de cette maladie permet rarement d’employer les émissions sanguines. Les émollients, les bains entiers, mais surtout les narcotiques, et particulièrement l’opium, paraissent le meilleur moyen à opposer à la forme convulsive. La gangrène sera prévenue par des applications toniques et excitantes , les frictions sèches ou aromatiques sur les parties qui sont menacées ; un régime analeptique et fortifiant est ici de rigueur, surtout dans les cas ou l’amputation est jugée indispensable. J.-P. Beaudk.

sein. (V. Mamelle.)

SEX. ( chim .), s. m. (sa/). On donne; en chimie, le nom de sel au produit de la combinaison des bases salifiables avec les acides. Ces bases salifiables sont les oxydes métalliques, l’ammoniaque et certains principes végétaux qui en contiennent les propriétés actives, tels que la morphine, la quinine, la strychnine, etc. Nous renvoyons auxtraités dechimie pour les divisions nombreuses introduites aujour-

d’hui dans la division et la classification des sels.

Sel marin, sel de cuisine, sel commun. C’est le chlorhydrate desoude. {v.Soudee t Condiments .)

Pour tous les divers sels, v. le nom des |bases qui les forment. J. B.

sélénium (i chim .), s. m. (V. au Supplément.) sélénite. (V. Sulfate de chaux.)

SELLE [anat.], s. f. On donne en anatomie le nom de selle turcique à une excavation située à la base du cerveau, et qui loge la glande pituitaire.

seltz ou Selteks (Eau minérale de ) (thérap. ) . Niederselters est un bourg du duché de Nassau, situé dans la vallée de l’Emsbach , au pied de la chaîne du Taunus. C’est de la base de ces montagnes volcaniques que s'échappe la source de Seltz ou mieux de Selters.Cette source est abondante, limpide, d’une température un peu supérieure à la température moyenne : ce qui annonce qu’elliè surgit d’une grande profondeur et qu’elle est un peu thermale. Cette température a été trouvée de 16 à I9°centigr. par divers observateurs. Bischof, qui s’est occupé d’une manière spéciale des eaux de cette source, a trouvé que sa température était de 15°, 60 centig. , la température de l’air étant de 10°. Des bulles nombreuses de gaz acide carbonique se dégagent du fond de la source et viennent se dégager à sa surface . Cette eau , qui est trèsagréable à boire, jouit d’une grande réputation en Allemagne , et même dans toutes les contrées civilisées du globe ; on l’exporte dans des cruchons d’un grès rouge, que tout le monde connaît, et qui sont de la contenance d’environ deux litres. C’est surtout dans les climats chauds que l’on fait un grand usage de l’eau de Seltz ; on la boit coupée avec du vin et surtout le vin blanc. C’est une boisson agréable, rafraîchissante , diurétique et légèrement stimulante.

La source de Selters paraît avoir été connue depuis des temps très-reculés. On dit que dès l’an 1000, cettesource, qui alors appartenait à la commune de Niederselters, réunissait autour d’elle les paysans des environs qui venaient s’y divertir et boire de son eau ; plus tard, vers le xvie siècle, on commença à s’occuper de cette eau sous le rapport médical. Plusieurs fois analysée , l’eau de Seltz le fut principalement parBergmann en 1775, qui la trouva composée , pour 1000 parties que l’on a ramenées au litre, de :

Acide carbonique 0, iit.550

Carbonate de soude 0,gr.otiü5

— de chaux 0, 4013

— de magnésie 0, 6970

Chlorure de sodium 2, 5850

Cette analyse fit longtemps autorité dans la science ; ce fut elle que l’on suivit pour préparer l’eau de Seltz factice, qui fut introduite dans nos usages vers le commencement de ce siècle. Mais, plus tard , des chimistes éclairés par les progrès de l’analyse se livrèrent à de nouveaux examens. En 1813, Westrumb y découvrit le sulfate de soude, que n’avait point vu Bergmann ; Bischof, Strune, Kastner y découvrirent successivement de nouvelles substances. L’analyse de ce dernier est la plus récente, et paraît la plus complète; elle a été faite

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sur une très-grande quantité d’eau, ce qui a permis de reconnaître et d’apprécier des quantités de substances que l’on n’avait point trouvées dans les analyses antérieures ; voici cette analyse, pour une livre d’eau de 16 onces (489,50 gram.).

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