‹ Dictionnaire de médecine usuelleChapitre 171 sur 298 · SOT · texte numérisé non relu

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nirest une perception de sensation antérieure, mais non une sensation actuelle. Pour moi, je n’étendrai jamais le nom de sensation à la transmission et à la sensation qui la suivent, parce que tout le monde et les physiologistes eux-mêmes n’appliquent dans ce cas l’épithète sensible qu’à l’organe sentant, parce qu’ils ne peuvent la donner ni au nerf conducteur qui transmet la sensation toute faite, ni au cerveau qui la perçoit et ne la sent pas. Enfin, je ne reconnaîtrai la sensation que dans les parties douées de sensibilité, parce que ce serait continuer à obscurcir le langage que d’en agir autrement.

Si nous passons maintenant à l’analyse des différents modes, des différentes manièresd’ être que peuvent offrir les sensations, nous verrons qu’il en est qui n’arrivent pas au cerveau, et qui , par conséquent, ne sont pas perçues , tandis que les autres sont transmises, comme on le dit, et sont perçues.

A. Je rapporte aux sensations non perçues : 1° L’excitation qui détermine la contraction d’un muscle involontaire. Ainsi, quand on pique et qu’on irrite sur un animal les fibres du cœur, l’animal n’accuse aucune souffrance, mais le cœur se contracte plus vivement, plus fréquemment. 2° La contraction des muscles d’un membre qu’on vient de séparer du corps ou d’un animal qui vient de mourir. L’excitation éprouvée dans ce cas par les organes contractiles n’est assurément pas transmise et ne peut être perçue, puisque la continuité est interrompue ou que la vie est éteinte, et cependant il y a contraction, et souvent contraction très-énergique. C’est donc que les muscles ont senti les excitations portées sur eux. 3° L’impression que la brûlure fait nécessairement sur un membre dont les nerfs sont liés ou comprimés momentanément. Brûlez le bout des doigts d’un animal, il criera et retirera la patte; et vous dites qu’il la retire parce qu’il a senti la chaleur. Mais si vous liez ou comprimez les troncs nerveux qui se distribuent dans la partie lésée, l’animal restera immobile, bien que vous brûliez le membre profondément ; mais que vous cessiez tout-à-coup la compression , l’animal donnera aussitôt les témoignages d’une vive douleur. Il est évident, pour moi, que quand on brûle la patte dont les nerfs sont liés, il se passe, dans ces organes, le même phénomène que quand la libre communication existait entre lui et le cerveau ; seulement ce dernier ne pouvait en avoir la connaissance, puisque la transmission sensoriale était interceptée. 4° Enfin, je rapporte aux sensations non-perçues, l’action d’un virus qui détermine sur le point contagionné un travail morbide dont nous n’avons pas la conscience ; les effets spéciaux de certains médicaments, tels que les purgatifs qui provoquent la sécrétion intestinale, les diurétiques qui produisent une sécrétion urinaire plus abondante que de coutume, etc.

B. Arrivons aux sensations perçues. J’en fais plusieurs groupes.

1° Sensations physiques; elles sont générales ou spèciales. — Les premières sont produites par des actions physiques ou chimiques : la chaleur, des chocs électriques, la pesanteur, etc... Ces sensations n’ont pas été étudiées jusqu’ici par les physiologistes. Ellesne nous donnent guèreque l’idéede l’impression, l’idée de la présence d’un agent excitateur; mais elles ne nous font pas connaître ces

agents. Ainsi, soit une plaie récente ou déjà enflammée, soit un nerf mis à nu, si on les touche avec un instrument quelconque, le patient reconnaît ordinairement le contact d’un corps étranger, mais il ne distingue pas ce corps ; il ne peut pas reconnaître sa forme, sa nature, etc.. . Les sensations physiques spèciales sont des impressions déterminées par un agent spécial sur un ou quelques organes particuliers: telles sont la vision, l’audition, l’odoration, etc. A ces sensations spéciales et bien connues, j’ajouterai quelques sensations particulières, telles que le chatouillement, l’impression des vapeurs irritantes de l’ammoniaque sur la conjonctive. Elles se distinguent de celles éprouvées par les cinq sens, qui donnent des notions exactes sur les qualités des corps dont elles sont appelées à juger. Enfin, à ces sensations spéciales on peut ajouter les impressions perçues, et qui, pour la plupart, sont causées par des médicaments. Ainsi les opiacés, administrés à doses légères, produisent un engourdissement particulier de l’organe de la pensée qui provoque le sommeil ; ils causent aussi un engourdissement général dont la sensation n’est pas sans charme. Les boissons alcooliques produisent des effets analogues, qui sont la source des jouissances des ivrognes. Sans qu’il soit besoin de plus amples détails, on doit voir que la sensibilité physique n’est pas une faculté unique comme on le croirait à la lecture des ouvrages de physiologie. Elle est bien plus étendue, plus variée qu’on ne le pense, et comprend beaucoup d’espèces différentes et indépendantes les unes des autres.

2° Sensations d’activité organique. Elles donnent à tout moment conscience de la vie. Je suis étonné que les auteurs n’en parlent pas, car elles sont très-évidentes, elles se distinguent très-bien dans les muscles en contraction ; elles contribuent à nous donner, et surtout celles de la marche et de la course, les idées de la distance et de l’espace. Nous sentons aussi parfaitement bien les actes et les émotions de l’entendement ; nous les sentons si bien, que nous pouvons les étudier par l’observation, les distinguer par l’analyse, les juger et les connaître. Nous sentons isolément l’activité de la poitrine, du larynx, des organes de la parole, dans la production de la voix et de la prononciation ; l’activité de plusieurs organes digestifs pendant la digestion. Nous nous sentons respirer; mais nous ne sentons habituellement ni l’action des poumons, ni celle du cœur, et jamais celle des vaisseaux, ni des glandes, ni des parenchymes. L’état d’activité des organes reproducteurs ne se dérobe, au contraire, qu’en partie à notre sensibilité.

3° Sensations de fatigue. Elles naissent de l’excès d’action des organes soit dans l’intensité, soit dans la durée de leur exercice. On ne les observe que dans les organes qui se reposent et veillent tour-à-tour, mais non dans ceux qui ne se reposent jamais, comme le cœur et les poumons. Légères, elles sont supportables ; fortes, elles sont douloureuses au point de forcer les organes à devenir inactifs. La fatigue est une limite que la nature semble avoir mise à l’activité des animaux et de l’homme. C’est le repos qui répare ou renouvelle les forces des organes épuisés.

4° Besoins physiques. J’appelle ainsi, paroppos. sition aux besoins moraux et intellectuels, ceuxqu

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