‹ Dictionnaire de médecine usuelleChapitre 177 sur 298 · SON · texte numérisé non relu

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dans son article Magnétisme , et plusieurs fois, j’ai pris cette somnambule en flagrant délit de fraude.

Disons-le en terminant, si les miracles du magnétisme étaient vrais, ils seraient admis aujourd’hui , depuis plus de 60 ans qu’on lutte pour les faire accepter. Les grandes vérités , et il en est très-peu qui aient été repoussées dès l’abord, n’ont jamais été si longtemps à se produire et à prendre rang dans les sciences. Parmi les faits certains que renferme la médecine, il en esta peine deux ou trois pour lesquels on ait combattu pendant plusieurs années; et quant à la vaccine que l’on cite parfois comme exemple de la difficulté que l’on éprouve à faire accepter la vérité par les corps savants , on sait qu’au bout de quatre ans elle était admise , pratiquée et propagée par tout ce que la médecine comptait d’hommes éminents. Les faits extraordinaires du magnétisme doivent donc être comparés, non à ces grandes découvertes, mais à quelques chimères encore poursuivies par certains esprits, telles que la quadrature du cercle et la pierre philosophale.

J. -P. Beaude.

somhambïïhsme (Y. Somnambule.)

somnifère [mat. mëd.), adj. (somnijer), qui provoque le sommeil. Nom donné à certaines substances médicamenteuses qui possèdent cette propriété. (Y. Narcotiques.)

somnolence (path.) , s. f. C’est un état intermédiaire entre le sommeil et la veille ; la som nolence se manifeste surtout dans les affections des organes cérébraux ; c’est généralement un symptôme grave, surtout chez les enfants.

son ( phys .), s. m. (sonus). C’est le mouvement vibratoire d’un corps élastique, qui, transmis par l’air, vient faire impression sur l'organe de l’ouïe. Pour l’histoire physique et physiologique du son, voyez l’article Audition de notre savant collaborateur M. Gerdy.

son [mat. méd.), s. f. C’est l’enveloppe ou périsperme des céréales lorsqu’il a été brisé par la meule ; il sert ordinairement à la nourriture du bétail ; la décoetion de son est quelquefois employée en lavement , et elle est légèrement laxative et émolliente. L’eau de son s’emploie en bain : elle est adoucissante. Le son doit ses propriétés à la farine qu'il contient encore malgré le blutage.

sonde ( chir .), s. f. ( specilhm ). On appelle sonde un instrument de chirurgie consistant ordinairement en une tige métallique plus ou moins longue, pleine ou creuse, diversement configurée et destinée à être introduite dans les cavités naturelles ou accidentelles du corps, soit pour en explorer la forme ou le contenu, soit pour remplir une indication curative. On connaît un grand nombre de sondes, destinées à différents usages. La sonde que l’on introduit dans la vessie est un tube d’argent ou de gomme élastique creux et fermé à l’une de ses extrémités, ouvert par l’autre. La portion fermée est destinée à être introduite dans la vessie; elle est courte et percée latéralement de deux trous ou yeux par lesquels l’urine doit sortir. Un stylet glisse dans la sonde : c’est le mandrin. Pour l’introduction de cet instrument, voyez Cathétérisme. La sonde peut être droite. Pour les détails des variétés infinies que

peuvent présenter les différentes espèces de sondes» nous ne pouvons que renvoyer aux traités de chirurgie. ‘ J. B.

sonder (chir.), v. a. C’est proprement intro* duire une sonde dans un organe; mais il s’applique surtout à l’urèthre (V. Cathétérisme).

sophistication ( pharm .), s. f. ( sophisti catio), synonyme d’altération (Voy. ce mot).

soforatif (V. Narcotique).

soporeux (path.), adj. ( soporosus , d esopor, sommeil). On appelle maladies soporeuses celles qui sont caractérisées pat un état d’assoupissement ou même de côma plus ou moins profond.

sorbier (bot.) , s. m. ( sorbus ), genrede plantes delà famille des rosacées, J.; icosandrie trigynie, L. Le cormier, sorbus domestica , et le sorbier à fruits rouges ou sorbier des oiseleurs, sorbus acuparia, sont utilisés pour préparer certaines boissons qui sont produites par la fermentation des fruits mis en macération dans l’eau pendant un certain nombre de jours. Ces boissons sont un peu sucrées et acidulés; il est des contrées en France où on en fait usage. Elles ne causentpas d’inconvénients, excepté lorsqu’elles sont trop acides, ce qui a lieu par un excès de fermentation. On retire de cette espèce de cidre une eau-de-vie de médiocre qualité, dont on fait usage dans le nord de l’Europe. On fait aussi en Suède, dit-on, du pain avec les fruits, après les avoir séchés et pulvérisés. Mais ce pain doit être fort peu nutritif. On a proposé l’emploi des sorbes en sirop, destinés à être employés dans la dyssenterie et la diarrhée chronique ; on prépare ce sirop avec 1,000 gram. de suc de sorbes et 1,750 gram. de sucre; ce sirop est astringent et contient de l’acide malique. J. B.

sordide (path.), adj. (sordidus, de sordere , être malpropre). On appelle ulcères sordides des ulcérations à fond grisâtre, à bords renversés, et fournissant une supouration sanieuse fétide et de mauvaise nature.

soubresaut ( patn .), s. m. (subsaltus). C’est un mouvement brusque et involontaire des muscles et des tendons qui s’observe surtout dans les affections cérébrales, dans les fièvres de mauvais caractère, etc.

sguchet (mat. mëd.), s. m. (cyperus), de la famille des cypéraeées, J.; triandrie monogynie, L. Trois espèces sont usitées : — Souchctlong ( cyperus longus). Cette plante se trouve au bord des ruisseaux, dans les contrées méridionales et tempérées de l’Europe;sa racine, ou rhizome, rampe obliquement sous la terre; elle est brunâtre, rameuse, cylindrique, marquée d’anneaux, recouverte d’une écorce roussâtre et offrant intérieurement un parenchyme de la même couleur. Elle présente une odeur aromatique et une saveur également aromatique et amère. Elle jouit de propriétés stimulantes. Elle n’est guère employée aujourd’hui que par les parfumeurs. Lorsqu’elle a été soumise à une égère torréfaction , elle exhale une odeur fort agréable et a été proposée comme un succédané du café.

Souchet rond (cyperus rotundus). La racine

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se présente sous forme de tubercules arrondies, | réunies par une racine ligneuse. L’odeur est légère- | ment aromatique ; cuit, il peut servir à l’alimentation. Cette plante nous vient d’Egypte.

Souchet comestible ( cyperus esculentus). Les rhizomes sont formées de libres menues, à l’extrémité desquelles se trouvent des tubercules arrondis contenant une matière amylacée qui les rend comestibles. J. B.

souci (mat. mèd .), s. m. (calendula), famille des |synanthérées, J. ;’syngénésie superflue, L. — Le souci officinal (calendula officinalis ) est une plante indigène annuelle qui croît dans les lieux cultivés, et dont les sommités fleuries, douées d’une saveur amère, ont été employées comme stimulantes et surtout comme emméoagogues. Le souci des ! champs ( calendula arvensis ) peut être employé ! aux mêmes usages. On fait infuser une pincée des ! fleurs dans 500 gr. d’eau bouillante. J. B.

soube (chim. etpharm.),s. f. [soda). On appelle : ainsi le résultat de la combinaison de l’oxygène avec J le sodium. La soude existe naturellement en grande ! quantité dans différentes plantes marines, et no- : tamment dans le salsola soda , le salicornia , de la famille des atriplicées et dans les varechs. Enfin elle forme la base du sel marin ou sel gemme, si abondamment répandu dans la nature. Les eaux minérales contiennent la soude à l’état de sulfate, de carbonate, d’hydrochlorate et même de silicate. Les immenses gisements de sel gemrne sont formés : principalement d’hydrochlorates. De même que j pour l’oxyde de potassium, qui est la potasse, on i distingue plusieurs sortes de soudes.

Soude du commerce. Elle est formée de carbonate de soude, auquel il faut joindre différents sels qui existaient dans les plantes d’où on le tire. On l’obtient, comme lapotasse, de la combustion et de la calcination de ces mêmes plantes. Aujourd’hui, on ne connaît plus guère que la soude factice, qui se prépare en décomposant le sel marin ou hydrochlorate de soude par l’acide sulfurique, et en traitant le sulfate de soude ainsi obtenu, par le charbon et de la craie, dans des fours disposés à cet effet.

Soude à la chaux. Elle résulte du traitement par la chaux, de la soude obtenue des cendres so- j difères ou du carbonate de soude du commerce; le procédé est le même que pour la préparation de la potasse. (Yoy. ce mot) .

Soude à V alcool. C’est la préparation précédente j purifiée par sa dissolution dans l’alcool. Pour ces deux préparations, voy. Potasse. La manipulation est exactement la même. Ces différents produits sont toujours à l’état d’hydrate , c’est-à-dire qu’ils contiennent une proportion d’eau évaluée à 22 pour 1.00. Leur avidité pour l’eau est extrême.

La soude pourrait être très- facilement confoni due avec la potasse , dont elle présente l’aspect physique; mais différents caractères chimiques l’en séparent : ainsi, la solution concentrée de potasse précipite en jaune-orangé par le bichlorure de platine, et celle de soude ne donne aucun précipité. Ouelques gouttes de la première, ajoutées aux solutions d’acide tartrique, donnent par l’agitation précipité blanc, cristallisé, de bitartrate de po-

tasse; tandis que la solution de soude ne produit pas de précipité dans les mêmes conditions.

Les usages de la soude sont encore les mêmes que ceux de la potasse, soit comme caustique, soit pour préparer les savons; mais la potasse est beaucoup plus usitée par les chirurgiens, tandis que pour la saponification, on préfère la soude qui donne des savons durs, tandis que ceux de potasse sont mous; enfin elle entre dans la composition des glaces et du verre ordinaire.

Sels de soude. — Les acides forment avec la soude différents sels qu’il est important de mentionner à cause de leurs usages en médecine. Ces sels sont en général plus solubles que ceux de potasse ; ils sont incolores, d’une saveur salée et amère; leur solution n’est point précipitée par les carbonates solubles, ce qui les distingue des sels de lithine, ni par le chlorure de platine, ce qui les distingue des sels de potasse.

Les sels desoudeontdoncdescaractères pour ainsi dire négatifs, et l’on conclut l’existence de la soude dans un sel, par l’absence de réaction de la base.

L’acidecarbonique forme trois sortes d’espèces de sels bien distinctes. — Le sous-carbonate, qui forme la base de la soude du commerce : il se trouve naturellement en dissolution dans certains lacs, et dans les cendres des plantes marines; le scsqui-carbonate, peu usité; le bicarbonate : il existe naturellement, en solution dans les eaux de Vichy et de Vais, ainsi que dans toutes les eaux minérales qui contiennent de la soude et de l’acide carbonique.il s’obtient artificiellement en faisant passer un courant d’acide carbonique à travers des cristaux de sous-carbonate de soude qui, après s’être combinés avec ces gaz, abandonnent une partie de leur eau de cristallisation et deviennent efflorescents; ils contiennent le double d’acide carbonique. L’utilité de ce sel dans le traitement des affections calculeuses est un fait aujourd’hui hors de contestation ; la dose est de 4 à 5 gram. par litre d’eau, à prendre dans les 24 heures. A petite dose, c’est un excellent digestif, qui favorise et excite les forces de l’estomac sans l’irriter ; aussi a-t-on mis cette propriété à profit dans la composition des pastilles de Darcet ou de Vichy , dont chacune contient 5 centigr. (t grain) de bicarbonate. Il s’emploie aussi en bains à la dose de 500 gram. Enfin, le bicarbonate est encore usité pour retarder la coagulation du lait. (Voy. ce mot.)

Le sulfate de soude ou sel de Glauber, seladmirable des anciens chimistes, existe à l’état solide, sous forme pulvérulente, ou en masses cristallisées, dans le voisinage de certaines eaux minérales, et en dissolution dans celles de Püllna, de Sedlitz et un grand nombre d’autres, auxquelles il communique des propriétés purgatives. Le sulfate de soude est une des substances purgatives dont on fait le plus habituellement usage; on le donne à la dose de 30 à 60 gr. en dissolution dans une bouteille d’eau gazeuse, à boire par verres ou dans quelques tasses de bouillon aux herbes. Son action est constante et peu irritante pour les voies digestives. Le phosphate de soude jouit des mêmes propriétés ; il est encore plux doux que le précédent, et s’administre aux mêmes doses. Enfin, c’est encore comme purgatif que le tartrate de potasse et de soude ou sel de Seignet.te est employé en médecine.

Le sou f -borate de soude, connu dans le commerce

sous le nom de borax , est astringent ; on en fait un f gargarisme assez souvent administ é contre les an- ! gines qui se prolongent , et contre les ulcérations j aphtheuses de la bouche et de la gorge . Ce gargaris- ! me est composé de 2 à 4 grammes de borax pour 250 j grammes d’eau. On en fait aussi des lotions dans i certains cas de dartres farineuses, d’éphélides avec j prurit, etc.

Sous le nom d 'hydrochlorate, de chlorhydrate , ; de muriate de soude , de sel commun ou sel marin , ' sel de cuisine , on désigne un composé qui présente ! les caractères des sels , et que cependant les chi- ! mistes modernes regardent comme un chlorure de \ sodium, c’est-à-dire un simple composé binaire de ! chlore et de sodium. Ce composé existe très-abon- ! damment dans la nature, soit à l’état solide et for- ! mant des masses immenses, qui constituent des raines exploitées dans certains pays, surtout en Pologne et en Allemagne (c’est ce qu’on nomme le sel j gemme) ; soit à l’état de dissolution, dans les eaux ; de la mer, de quelques grands lacs ou des sources j salées. Tout le monde connaît les usages du sel, tant j pour la conservation des viandes, que comme assai- j sonnement pour les aliments. Le sel relève le goût I fade de la plupart des substances alimentaires, et fa- I cilite les digestions. En médecine, onl’emploiequelquefois comme purgatif, surtout en lavement. On l’a conseillé contre la phthisie, mais sans plus de succès qu’une foule d’autres substances. (Y. Condiment.)

J.-P. Beaude.

soctstoe (chirn. et mat. méd.), s. m. (en latin sulphur, tiré du grec olon tout, pur feu ; et en grec théion). Ce corps, très-abondamment répandu dans la nature, a été connu de toute antiquité. Il existe : 1° à l’état de liberté et en masses cristallisées; c’est le soufre natif. On le rencontre ainsi dans le voisinage des volcans, particulièrement auprès du Vésuve, de l’Etna, de l’Hécla en Islande, etc. ; 2° à l’état de combinaison avec différents métaux, ce sont les sulfures naturels, ou pxjrites quand l’association a lieu avec le fer. Enfin , combiné avce l’oxygène, il constitue des acides qui forment, avec un grand nombre d’oxydes métalliques , des sels (sulfates) très-répandus dans la natnre.

Certaines eaux minérales contiennent du soufre combiné avec l’hydrogène, ce qui leur donne une odeur et des propriétés particulières. Le soufre entre dans la composition de certaines plantes , telles que les crucifères, les légumineuses liliacées, et dans quelques produits animaux , les œufs, les matières fécales, etc.

Le soufre est solide, d’un beau jaune citron, cassant à cassure vitreuse , inodore, insipide ; frotté, il devient électro-résineux. Sa densité, comparée à celle de l’eau, est 199. Il fond vers 105 à 106 degrés; àunetempératureplusélevée, à 1 80°, il devient pâteux. Si, lorsque, après avoir été fondu, et que par le refroidissement il commence à se solidifier, on rompt la croûte qui se forme, et qu’on laisse écouler la partie liquide qui se trouve au centre, on voit les parois du vase dans lequel la fusion a été opérée tapissées d’aiguillesprismatiquesjaunes, disposées très-régulièrement. Maintenu pendant quelque temps à une température comprise entre 220 et 250 cent., le soufre acquiert une mollesse qu’il conserve pendant plusieurs jours après son refroidisse-

ment, ce qui le rend très-apte à prendre des empreintes. Il se volatilise à 316°. Enfin , quand il brûle au contact de l’air, il dégage une flamme bleue et donne naissance à du gaz acide sulfureux, reconnaissable à son odeur piquante.

Mis en rapport avec différents corps, le soufre s'unit à eux pour former des composés qui, pour la plupart, jouent un grand rôle dans la chimie et dans la thérapeutique. Ainsi, avec l’oxygène, il forme des acides dont le nombre est aujourd’hui porté à six, par les recherches des chimistes modernes ; ce sont les acides sulfurique , hypo-sulfurique , suif hypo-sulfurique, hypo-sulfurique bi-sulfuré, sulfureux et hypo-sulfureux. Avec l’hydrogène, il forme l’acide sulfhydrique, autrefois hydrogène sulfuré ; avec les métalloïdes, les métaux et des oxydes métalliques, il donne naissance à la grande famille des sulfures.

Four obtenir le soufre, on fait chauffer fortement dans des chaudières en fonte les mines terreuses qui le contiennent. Ces chaudières communiquent, par leur partie supérieure, avec une vaste chambre munie de soupapes qui s’ouvrent dedans et dehors: on peut ainsi avoir le soufre soit à l’état pulvérulent, c’est le soufre sublimé, soit en canons ou cylindres, en le coulant liquide dans des moules eD sapin.

Effets et usages. — Le soufre était autrefois trèsemployé en médecine. Administré à l’intérieur, à la dose de 4 à 8 grammes, il est purgatif; mais les selles ont une odeur d’œufs pourris très-infecte: il y a même souvent alors des éructations fort désagréables de cette même odeur; aussi est-il ra rement employé en France de cette manière. Administré , comme la rhubarbe , à petite dose , de 2 à 5 décigrammes , il est excitant, il stimule l’action des organes digestifs , le pouls est plus plein , plus fréquent , la perspiration cutanée et les sécrétions muqueuses sont augmentées , et les produits de ces différentes sécrétions prennent l’odeur désagréable d’œufs pourris dont nous parlions. Si son usage est continué pendant trop longtemps, il peut donner lieu à une véritable pléthore.

Aujourd’hui le soufre ne se donne guère à l’intérieur que sous forme de pastille dans les catarrhes chroniques. Mais le plus grand emploi consiste dans des applications extérieures. On sait, en effet, que cette substance jouit d’une grande efficacité : d’abord contre la gale ( Voy. ce mot), dont il est, en quelque sorte , le spécifique, et contre la plupart des dermatoses dartreuses. Le soufre, dans ces différents cas, s’administre sous forme de topique, soit en pommade (4 à 8 grammes de soufre pour 30 grammes d’axonge ) , soit associé à l’alun , au carbonate de potasse , au savon , etc.

C’est à la présence du soufre et de ses composés , surtout des hydrosulfates, que plusieurs sources d’eaux minérales doivent leurs propriétés actives. (Y. Eaux minérales , et spécialement celles d’Aix, de Bagnères, de Barèges, de Bonnes, de Cauterets, d’Enghien, etc )

Le soufre est encore administré dans les maladies de la peau , sous forme de fumigations ; mais ici ce n’est pas le soufre pur qui baigne par sa vapeur la surface de la peau , mais le gaz acide sulfureux qui s’est formé par la combustion du soufre avec l’oxygène de l’air dans la boîte fumigatoire.

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Des acides du soufbe. — Deux seulemett doivent nous occuper ici : ce sont les acides sulfurique et sulfureux.

Acide sulfurique. — Il est connu depuis trèslongtemps. C’est le vitriol ou huile de vitriol des anciens chimistes. On le trouve dans la nature, surtout à l’état de combinaison avec les oxydes métalliques (sulfates), et pur dans certains volcans et dans quelques eaux minérales.

Il se présente sous forme d’un liquide incolore , inodore , d’une consistance huileuse , d’une saveur acide excessivement prononcée, et telle qu’une goutte suffit pour donner de l’acidité à une masse d’eau considérable. Sa pesanteur spécifique est de 1,85. Il agit sur les matières organiques en les carbonisant ou en les transformant en d’autres composés solubles. Son affinité pour l’eau est trèsgrande. Mêlé avec ce liquide , il y a réduction du volume total et dégagement très-considérable de chaleur. Il absorbe avidement l’humidité de l’air ; une forte chaleur le décompose en gaz acide sulfureux et en oxygène. Traité par l’eau de baryté , il forme un précipité desulfatede baryte blanc, insoluble dans l’eau et dans l’acide nitrique. — Avec les bases salifsables il forme des sels très-abondamment répandus dans la nature et très-usités dans les arts et en médecine (Y. Sulfates).

Cet acide s’obtient en mettant en contact le gaz acide sulfureux et le gaz acide nitreux ; le premier s’empare d’une partie de l’oxygène du second, et passe à l’état d’acide sulfurique , qui se montre d’abord sous forme de cristaux , bientôt liquéfiés.

Nous avons dit que l’acide sulfurique carbonise les substances organiques; de là les accidents qu’il produit quand on le met en contact avec nos tissus. A l’intérieur, il détermine la mort par inflammation et corrosion de l’estomac , à la manière des poisons irritants les plus violents. Pour les symptômes et les moyens de combattre cet empoisonnement, voy. Acides et 'Empoisonnement.

Etendu d’eau dans une très-forte proportion, l’acide sulfurique constitue une boisson rafraîchissante , connue sous le nom de limonade minérale, qui a été conseillée avec avantage, dit-on , contre les coliques de plomb ; mais on doit lui préférer l’acide hydrosulfurique et l’hydrosulfate de soude. — Pris sous cette forme, il stimule les organes digestifs, et, à la longue, il finit par amener de la cardialgie, de l’amaigrissement et une altération des forces digestives.

La limonade minérale est très-utile dans les fièvres bilieuses , le scorbut, les diarrhées et les dysenteries rebelles, dans les hémorrhagies passives, etc. On la prépare en versant 10 à 25 gouttes d’acide dans 1 kilog. d’eau sucrée; l’acide sulfurique entre dans la composition de l’eau de Rabel , puissant astringent , usité dans les hémorrhagies de î’estomac et des bronches.

Les propriétés astringentes de l’acide sulfurique ont été mises à profit dans des hémorrhagies extérieures , en lotions d’eau plus fortement acidulée que pour l’usage intérieur. — Enfin, l’acide sulfurique peut être employé comme caustique ; il faut alors le mêler à une substance qui lui donne de la consistance, à la poudre de safran , par exemple, comme le fait avec avantage M. Velpeau.

Gaz acide sulfureux. — On ne le trouve pur dans la nature qu’aux alentours des volcans et dans

les solfatares. Il se présente à l’état gazeux , incolore, d’une saveur forte, d’une odeur vive, pénétrante et qui excite la toux ( c’est celle du soufre qui brûle) ; sa pesanteur spécifique est de 2,23 ; il rougit , puis jaunit la teinture de tournesol. La chaleur ne le décompose pas. Soumis à un froid de — 20°, il se liquéfie , devient très-volatil , et produit par la rapidité de son évaporation un froid susceptible de congeler le mercure. L’eau en dissout 37 fois son volume. A une haute température, il est décomposé par l’hydrogène et le charbon.

On obtient ce gaz en faisant brûler du soufre au contact de l’air, ou bien en décomposant, à l’aide de la chaleur et dans un appareil disposé à cet effet , de l’acide sulfurique, au moyen d’un corps combustible , tel que de la sciure de bois , de la paille , du charbon, etc.; quand on fait passer le gaz ainsi préparé à travers des flacons qui contiennent de l’eau, on a l’acide sulfureux liquide.

L’acide sulfureux est surtout employé dans les arts pour le blanchiment des laines et des tissus de soie. — En médecine , il est très-usité sous forme de fumigation, ainsi que nous l’avons dit en parlant du soufre ; ces fumigations sont très-avantageuses contre la gale, le prurigo et plusieurs affections rebelles de la peau, surtout dans les formes sèches et squammeuses. On les ordonne encore avec avantage contre diverses maladies caractérisées par l’atonie et l’engorgement des tissus blancs , dans la scrofule , diverses hydropisies passives , quelques rhumatismes chroniques, des engorgements viscéraux, etc. Lastimulation quele gaz sulfureux exerce sur la peau est très-utile dans ces differents cas.

Le gaz dont nous parlons était autrefois employé comme désinfectant; mais aujourd’hui on lui préfère, avec juste raisou , le chlore et ses composés.

Nous ne parlons pas ici de l’acide hydrosulfurique, il en a été traité à part. (V. Hydrosulfurique | acide |.)

Des sulfures. — Le soufre, en se combinant avec les métalloïdes et les métaux, forme ce qu’on nomme les sulfures , dont quelques-uns sont usités en médecine. Ceux qui jouent uu rôle dans la thérapeutique sont plus particulièrement les sulfures alcalins de potassium , de sodium et de calcium , substances avec lesquelles le soufre se combine dans diverses proportions ; ce sont ces composés que les anciens désignaient sous le nom de foies de soufre ; ils sont solubles , et quand ils sont en dissolution dans l’eau , il y a décomposition de l’eau. L’hydft»gène s’unit au soufre pour former de l’acide hydrosulfurique, et l’oxygène se porte sur le métal pour le transformer en oxyde. Ce n’est donc plus un sulfure en dissolution , mais un hydrosulfate très-reconnaissable à son odeur d’œufs pourris.

Sulfures alcalins.— Sulfure de potasse , ou foie de soufre. Il s’obtient eu faisant fondre à une chaleur graduée , dans un vase de terre cuite , un mélange de 1 de soufre sublimé avec 2 de carbonate de potasse. Le sulfure obtenu est en masses ou en plaques d'une couleur assez analogue à celle du foie, ce qui lui a valu son nom ; plus tard , il devient jaune verdâtre ; il est soluble dans l’eau. — Le foie de soufre s’administre quelquefois à l’intérieur, à la dose de 5 à 15 centigrammes, comme stimulant, mais surtout comme favorisant la sécrétion de la muqueuse bronchique, dans les anciens catarrhes.

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On l’avait beaucoup vanté dans le croup, et on en avait même préparé un sirop; mais les résultats n’out point répondu aux espérances que l’on avait conçues. Du reste, ce médicament est aujourd’hu; très-rarement employé à l’intérieur; on en fait, au contraire , un grand usage à l’extérieur, sous forme de bains, de lotions, de fomentations, de pommades , etc . Ces préparations sont surtout usitées dans les affections dartreuses passées à l'état chronique, la gale, les affections scrofuleuses , et tous les cas d’atonie dans lesquels l’action excitante et tonique de ce sulfure peut être indiquée. Voici la dose ordinairement employée pour bains: 100 à 200 grammes de sulfure en dissolution dans 500 grammes d’eau que l’on verse dans i’eau du bain. C’est l’eau deBarèges artificielle.

Dans le but de tempérer l’action stimulante de ce bain, on a souvent l’usage d’y ajouter 250 grammes à un kilogramme de gélatine concassée. — Pour les lotions , 2 à 6 grammes de sulfure pour 500 grammes d’eau.

Quand on fait usage des sulfureux , il faut avoir bien soin de se servir de vases en bois ou en zinc, et faire attention de mettre de côté les bagues et les bijoux, qui prendraient une couleur noire.

Les sulfures de soude et de chaux s’emploient de la même manière et dans la même proportion que celui de potasse. Anglada a proposé l’emploi du j sulfure ou sulfhydrate de soude cristallisé pour pré- | parer les bains de Barèges factice ; on l’emploie à la | dose de 100 à 120 grammes pour bain ; il sert à préparer les eaux minérales sulfureuses, et il est préié- ! rable au sulfure de potasse.

Les sulfures alcalins dont nous venons de parler ont quelquefois donné lieu à des empoisonnements, surtout par des malentendus, alors que l'eau pour bains était administrée à l’intérieur. Les symptômes de cet empoisonnement sont assez souvent promptement mortels : ils sont caractérisés par les phénomènes déjà mentionnés à l’occasion des poisons irritants (Voy. Empoisonnement /, auxquels il faut joindre l’exhalaison, par la bouche, d’une odeur marquée d’œufs pourris. Quand on a affaire à un empoisonnement de cette espèce, il faut surle-champ administrer de l’eau tiède en abondance , afin de délayer et de faire rejeter la substance ingérée. M. Devergie a conseillé le chlore liquide. Les acides seraient ici fort dangereux.

Quant aux sulfures d'antimoine, de mercure fi te., voy. ces mots. J.- P. Beaude.

SOUI.TZ-I.ES-BA21TS (Eaux minérales de) ( thé rap.). Cette source est située dans un vallon près de Molsheim (Bas-Rhin); ses eaux sont salées et d’une température de 18°, 7 ; elles présentent une grande .analogie avec celles de Niederbronn, et elles avaient autrefois une grande réputation. L’analyse en a été faite par M. Berthier. Près de la source est un établissement qui contient 16 cabinets de bains et qui peut loger 30 personnes. Cette source n’est fréquentée aujourd’hui que par quelques baigneurs.

soïjï.tz3ach (Eau minérale de). V. Sultsbach.

SOÜÏ.TZÀÎATT (Eau minérale de). Eau ferrugineuse bicarbonatée, située à 22 kilom. de Colmar.

soupik [séméiol.), s.m. ( suspirium ). Le soupir n’estautre chose qu’une inspiration profonde (V. Respiration), à laquelle prennent part le diaphragme et

les intercostaux, et dans laquelle les poumons amplement dilatés, permettent au sang accumulé daus les cavités droites du cœur de passer librement dans les cavités gauches. Le soupir a lieu dans les affections tristes de Yâme, qui paraissent avoir précisément pour effet une accumulation, une concentration anormale du sang dans les organes circulatoires centraux. Cette accumulation se traduit par un sentiment de gêne et d’oppression que fait disparaître le soupir en ouvrant aux liquides une voie plus facile.

soub.cu. (<ma£.),s.m. [super cilium). Les sourcils sont deux éminences courbes situées au-dessus de l’orbite et garnies de poils courts, droits et couchés de dedans en dehors. Les mouvements du sourcil sont produits par un muscle particulier, le sourcilier ; ils expriment très-vivement les passions de l’âme, et sont d’une puissante ressource dans la mimique des comédiens. On peut aussi les étudier dans certaines maladies. Ainsi, les sourcils sont relevés dans le délire furieux et chez les maniaques ; déprimés dans la mélancolie et la céphalalgie intense; offrant des mouvements alternatifs d’élévation et d’abaissement pendant l’inspiration et l’expiration quand il y a gêne des mouvements respiratoires ; enfin, dans la paralysie de la face, le sourcil du côté malade est abaissé et ne peut se rapprocher de celui du côté opposé. J. B.

s ouRCi&isa ou sctrcilisk. [anat.), adj. (superciliaris ), qui a rapport aux sourcils. — Arcades sourcilières ; ce sont les deux éminences osseuses recourbées que le frontal présente au-dessus des orbites. — Muscle sourcilier , situé au-devant de l’arcade précédente, s’attache en dedans à l’extrémité interne de l’arcade, et l’autre extrémité se perd dans les muscles orbiculaire et occipito-frontal.

souscuavieb. (anat.), adj. (sub-clavius), qui est situé sous la clavicule. — Il y a un muscle sousclavier qui s’étend du cartilage de la première côte à la partie inférieure et externe de la clavicule. — Artères sous-clavières ; celle du côté droit naît du tronc innominé, et celle du côté gauche, de la crosse de l’aorte. Elles se dirigent en dehors, et, parvenues dans le creux de l’aisselle, elles prennent le nom d'axillaires. — Veines sous-clavières. Font suite aux veines axillaires; elles se terminent en formant par leur abouchement la veine cave supérieure. J. B.

sous-costaux (Muscles) (anat.), adj. (infracostales). On appelle ainsi de petits appendices musculaires situés à l’intérieur de la poitrine et allant d’une côte à l’autre.

sous-cutané (anat.), adj. {sub-cutaneus), qui est sous la peau. Se dit de tous les organes superficiellement situés et que la peau seule recouvre.

On nomme méthode sous-cutanée, un mode de section des muscles et des tendons sous la peau au moyen d’un bistouri à lame étroite.

sous-épineux (anat.), adj. (infra-spinalis), qui est placé sous l’épine de l’omoplate, telle que la fosse sous-épineuse (V. Omoplate). Le muscle sous-épitteux est logé dans cette fosse, et il s’insère, d’une part aux trois quarts inférieurs du bord postérieur de l’omoplate, et, de l’autre, à la grosse tubérosité de l’humérus.

SPA

SPA

sous maxis.î.aire [ancit.), adj. [sub-maxiliaris). Ce nom a été donné à deux glandes situées de chaque côté en dedans de l’angle et du corps de la mâchoire inférieure, et donnant naissance à un conduit excréteur nommé canal de Warthon, qui va s’ouvrir sur les côtes du frein de la langue. Les glandes sécrètent la salive (Voy. ce mot), et l’oblitération du canal de Warthon donne naissance à une maladie particulière (Y. Grenouille tle). — Il y a aussi un ganglion sous-maxillaire, qui est un ganglion nerveux, situé auprès des glandes dont nous venons de parler et qui leur envoie des ramifications. J. B.

squs-occipïtai» ( anat .), adj .[infra-occipitalis).Oo appelle ainsi deux nerfs qui naissent des parties latérales et supérieures de la moelle épinière, au-dessous de son renflement supérieur.

sous-orbitaire [anat.), adj. (infra- orbitalis), qui est situé sous l’orbite. — Le canal sousorbitaire est un petit conduit creusé dans l’épaisseur du maxillaire supérieur au-dessous de l’orbite, auquel il aboutit en dedans. 11 offre deux parties : l’une, qui s’ouvre au-dessous de l’orbite dans la fosse canine; l’autre, qui descend dans la paroi antérieure du sinus maxillaire; il reçoit l’artère et le nerf sous-orbitaires. J, B.

sous-pubien ( anat .), adj. ( infra-pubianus ), qui est au-dessous du pubis. — Trou sous-pubien , ouverture ovalaire que présente en avant l’os des iles(Voy.ce mot), au-dessous de la branche du pubis. — Il y a un ligament sous-pubien, une fosse sous-pubienne.

SOB3-SCAPUX.AIRE [anat.), adj . (infra-scapularis ), qui est sous le scapulaire. — La fosse sous - scapulaire (Y. Omoplate.) renferme un muscle de même nom, qui naît des trois quarts internes de cette fosse et va se terminer à la petite tubérosité de l’humérus. — Quant à l’artère sousscapulaire, c’est la scapulaire commune ou inférieure de quelques anatomistes.

spa (Eaux minérales de) ( thërap .). Spa ouSpaa est une petite ville de la province de Liège, en Belgique, qui est célèbre depuis plusieurs siècles par ses eaux minérales; elle est à trois lieues de Yerviers, sept lieues de Liège et dix d’Aix-la-Chapelle. La ville est placée dans une vallée profonde, entre deux montagnes, sur une petite rivière que l’on nomme la Vèse. Philippe de Limbourg, qui, en 1756, a publié un traité des eaux de Spa, dit qu’il existait près de Spa une carrière de marbre noir, et que ses environs fournissaient beaucoup de mines de fer ; autrefois, dit-il, elles ont donné du soufre, du plomb et de l’étain. Le terrain est gypseux et aride. Les sources sont nombreuses , et elles sont situées dans la ville et aux environs , qui sont assez pittoresques. On en trouve même et en assez grande quantité, dans les caves des maisons bâties sur la même ligne géologique que la fontaine du Pouhon. La ville est bien bâtie et contient de trèsbeaux hôtels ; c’est à un incendie qui la consuma presque complètement en 1807, que l’on doit la disparition des vieilles maisons qui formaient autrefois le bourg de Spa, qui faisait alors partie du marquisat de Franchimont.

Les eaux de Spa sont froides, acidulés et ferrugineuses. Les principales sources sont : le Pouhon, la Géronstère, la Sauvinière le Grœsbeck, le Tonnelet et le Watroz. Le Pouhon est situé au ceutre de la ville ; son nom lui vient d’un mot wallon, pouhir, qui signifie puiser, car c’est à cette fontaine que l’on puise presquetoute l’eau que l’on boit à Spa, et c’est aussi la seule eau que l’on exporte sous le nom d’eau de Spa. L’eau sort des fentes d’un rocher, et est contenue dans un puits quadrangulaire ; elle est de toutes les sources la plus ferrugineuse, et celle qui contient le plus de sels ; il en est qui contiennent plus de gaz acide carbonique. Près de cette source, est une salle où se rassemblent, dans les mauvais temps, les personnes qui font usage des eaux minérales. Voici l’analyse de cette eau, faite en 1829, par P.-J. Monheim. Pour une livre d'eau (16 onces) :

Acide carbonique 21, p. c.

Carbonate de soude 0,gr.9033

Muriate de soude 0, 2042

Carbonate de protoxyde de fer 0, 8750

Carbonate de chaux 0, 7500

Carbonate de magnésie 0, 3123

Alumine 0, 0312

Silice ;.... 0, 2812

Il n’est pas fait mention, dans cette analyse , du sulfate de soude trouvé par Jones en 1816 , et qui paraît exister dans l’eau de cette source.

La Géronstère est située à 3/4 de lieue de Spa, au sud ; c’est la source la plus en réputation après le Pouhon ; elle est sur le flanc d’une montagne, au milieu d’un bois; son eau répand une odeur sulfureuse ; sa saveur est acidulé et ferrugineuse, mais elle est moins gazeuse que celle du Pouhon. Exposée à l’air, elle laisse dégager des bulles de gaz, se trouble etdépose un sédiment roussâtre, formé sans doute par les carbonates de chaux et de magnésie unis à l’oxyde de fer. Son odeur sulfureuse tient probablement à la décomposition du sulfate de soude qui entre dans sa composition.

La Sauvinière, située sur la même côte que la précédente, exhale une odeur sulfureuse qui disparaît, dit-on, aussitôt qu’elle a été puisée; elle est acidulé, piquante, etmoiusferrugineuse que celle du Pouhon ; elle pétille dans le verre, et dépose un sédiment analogue à celui de la Géronstère.

Le Grœsbeck est situé tout près de la Sauvinière ; son eau est plus gazeuse que celle de cette dernière. Après la première source du Tonnelet, c’est la plus gazeuse des sources de Spa. Mais c’est une de celles qui contiennent lemoins de sels et de carbonate de fer. Philippe de Limbourg dit qu’elle est très -diurétique, et que de son temps on en faisait usage pour faire passer l’eau de la Sauvinière.

Le Tonnelet est à une demi-lieue de la ville, un peu à la gauche du chemin de la Sauvinière; son nom lui vient de ce que le réservoir de la source avait autrefois la forme d’un tonneau. Les sources sont au nombre de deux. L’eau de la première est très-abondante et très-gazeuse; c’est celle qui, à l’analyse, a donné la plus forte proportion'd’acide carbonique; elle a aussi une légère odeur sulfureuse. La deuxième est aussi gazeuse que celle du Pouhon, mais elle ne parait pas contenir tous les sels que renferme cette dernière. Les eaux de ces deux

SPA

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sources sont employées en bains chauds ou froids, suivant la saison, ou les indications pour lesquelles on les prescrit.

Le Watroz est situé dans une prairie à mi-chemin du Tonnelet et de la Sauvinière; son eau est peu gazeuse; mais c’est l’une des plus ferrugineuses; la source est, dit-on, mal entretenue et presque inusitée ; la quantité d’eau qu’elle fournit est peu considérable.

La température des diverses sources est d’environ 10 degrés centigr.; dans la saison des pluies, les eaux de ces sources, et surtout celle du Pouhon, perdent une partie de leurs qualités; elles sont troubles, moins gazeuses et moins ferrugineuses; ce qui tient certainement au mélange de l’eau de pluie avec celle des sources. Ces eaux, lorsqu’on les abandonne à elles-mêmes, se couvrent d'une pellicule irisée qui paraît formée par le crénate de fer qu’elles doivent contenir, mais que l’analyse n’y a point encore démontré.

Toutes les analyses qui ont été faites des eaux de Spa, y compris celle de Bergman et de Monliei , nous paraissent incomplètes. Nous allons donn r, comme assez exacte pour l’époque, une analy.e faite en 1816 par sir Edwin Godden Jones, qui entreprit l’examen des eaux des diverses sources ; nous indiquerons seulement cette analyse pour les trois sources les plus importantes. La voici telle que nous l’avons extraite du Manuel de MM. Pâtissier et Boutron-Charlard. Pour un litre d’eau :

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