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Luxations. — Elles sont assez rares, ont même été niées par quelques auteurs. Cependant, dans ces dernières années, M. Maisonneuve a prouvé que la première pièce du sternum pouvait se luxer sur les autres. On réduit en redressant et en courbant fortement le tronc en arrière.

Carie. — Cette maladie a été l’objet de recherches intéressantes de la part de pathologistes; elle est grave et peut être spontanée, comme il arrive chez les scrofuleux, ou bien consécutive à une lésion traumatique. Elle présente les phénomènes ordinaires de la carie (Voy. ce mot et Os), et exige aussi le même traitement général et local. Ainsi, on sait que Galien a osé amputer le sternum. Cette audacieuse opération a été répétée depuis par M. Genouville , en présence de Boyer. Dans des cas plus communs, il a fallu appliquer le trépan.

ster.nutatoih.es {mat. mëd.), adj. (slernutalorius, de sternutare, éternuer). On appelle ainsi des substances qui ont pour propriété de provoquer l'éternuement, telles que le tabac, la poudre de bétoine, d’asaret, de marjolaine, de muguet , d’euphorbe, etc . On prépare avec ces substances des poudres dites sternutatoires Celles de Saint- Ange ont eu une certaine réputation; en voici la préparation : poudre d’asaret et d’ellebore blanc, de chaque partie égale. On varie beaucoup la composition de ces poudres en leur conservant leur nom ; maïs l’asaret en fait presque toujours la base, et on y associe les autres substances dans des proportions diverses. Il est important de ne point abuser des poudres sternutatoires , elles déterminent souvent des congestions et des irritations vers le cerveau. J. B.

nent-ils dans les cas de faiblesse locale ou générale. Les stimulants ont été partagés, quanta leur action, en deux grandes classes : les stimulants diffusibles, qui out une action de peu de durée ; ils paraissent agir d’une manière sédative sur le système nerveux. Tels sont, surtout, l’ammoniaque et ses composés salins, les alcooliques, le camphre, etc., les stimulants persistants, dont l’action est plus durable ; on range dans cette catégorie lesplantes aromatiques appartenant à la famille des labiées, les semences des ombellifères, la cannelle, le gérofle , la muscade, en un mot , les aromates et les épices, ainsi que la plupart des résines, etc. J. B.

stimulus ( path .), s. m., mot latin qui signifie aiguillon. C’est le principe excitateur qui met en jeu l’excitation organique (V. Solidisme).

stomacace (path.), s. m. (des mots grecs sioma, bouche, et kakos, mauvais). On appelle ainsi certaines ulcérations de mauvaise nature de la muqueuse buccale (Y. Douche).

stomatite ( path .), s. f. Inflammation de la bouche (V. Bouche).

stobax (V. Styrax )

strabisme ( chir .), s. m. Dans l’état normal, l’œil est mis en mouvement par six muscles.

Outre leurs fonctions spéciales, qui sont de diriger l’organe en tous sens, ccs muscles ont encore, d’après les physiognomonisies, des fonctions expressives. Ainsi, l’élévateur ( quem eliam snperbum dixerunt et poluissent admiralorem dicere) exprime l’admiration , l’étonnement et l’orgueil ; l’abaisseur(Aw?m7is), la modestie, la crainte et l’humilité ; l’abducteur [indignatorius] , la colère et l’indignation, tandis quel’adducteur ( amatorius seu bibitorius ) concourt avec les muscles obliques ( pa thetici) à l’expression des passions tendres.

Enfin, et c’est sur ce fait qu’est basée l’opération toute nouvelle de la myopie, ces muscles modifient la distance qui existe entre les milieux réfringents et la rétine, absolument comme on change le foyer d’une lunette d’approche en allongeant ou en raccourcissant les tubes.

C’est le défaut d’antagonisme, entre des muscles dont la puissance de contraction devrait être égale, qui constitue, dans l’immense majorité des cas, le strabisme, ou, pour parler plus vulgairement , la loucherie ,\abiglerie [n — luscus — bi-ocûli ).

L’absence d’équilibre entre les cordes musculaires pouvant avoir lieu en quatre sens principaux , il en résulte que la déviation de l’œil peut exister | tantôt en dedans, strabisme convergent ; tantôt en.

| dehors, strabisme divergent ; tan ôt en haut, stra j bismus sursùm vergens ; tantôt en bas , deorsùm | vergens. Enfin , ces variétés de strabisme peuvent s’unir entre elles et se confondre pour constituer des loucheries mixtes, des strabismes complexes, dans lesquels l’œil est entraîné en même temps en dehors et en bas, en dehors et eu haut, en dedans et en haut, etc., etc.

En résumé, sans qu’il soit besoin d’expliquer le mécanisme de tous les cas de loucherie, on peut dire que l’œil sera toujours porté dans la direction du muscle ou de la diagonale des muscles dont la

stertobeuse [path.), adj. (de stertor, ronflement). Se dit de la respiration dans plusieurs affections, surtout dans les maladies cérébrales. Respiration stertoreuse.

stéthoscope [path ), s. m.,motimaginé par Laënnec et formé des mots grecs slellios, poitrine, et scopcïn, examiner, pour désigner l’instrument à l’aide duquel on applique son admirable découverte de l' auscultation (V . ce mot.)

sthénie (path.), s. f. ( sthenia , du grec sthsnos, force). Un appelle sthénie, dans le langage de Brown, l’état de surexcitation des forces organiques ; c’est l’opposé de asthénie, qui en est la diminution (V. Solidisme).

sTiBiÉfV. Antimoine).

stimulant ( thërap .), adj. | [stimulans, de stimulus, aiguillon). Ou donne ce nom aux médicaments qui ont pour caractère d’exciter les propriétés vitales . Appliqués sur une partie, ils en augmentent la chaleur, y appellent le sang et en augmentent les sécrétions si c’est un organe sécrétoire ; en un mot, ils accroissent la vitalité des tissus normaux, et modifient celle des tissus malades. A l’intérieur, ils accélèrent la respiration, accroissent la calorification, donnent plus d’activité au système nerveux, rendent l’appareil locomoteur plus fort plus énergique. Aussi, ces médicaments convien-

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puissance est exagérée de manière à rompre l’équilibre.

Ces différents types ne sont pas également fréquents. Le strabisme convergent, c’est-à-dire celui dans lequei l'œil est tourné vers le nez, est sans contredit le plus commun. Et effectivement, le muscle adducieur qui entraîne l'œil en dedans est plus large, plus court , et composé de fibres plus nombreuses que l’abducteur qui l’entraine en dehors. En outre, si l'on examine attentivement les yeux en repos dans le regard direct, on verra qu’il existe déjà dans l’état normal une certaine convergence naturelle des deux yeux, et qu’on peut, à volonté, loucher en dedans, c’est-à dire exagérer cette convergence, tandis que, malgré tous nos efforts, il nous est im possible de faire diverger les axes visuels, c’est-àdire de loucher en dehors.

Le strabisme peut être congénital , c’est-à-dire naître avec l’enfant, et les muscles de l’œil peuvent être, pendant la vie intra-utérine, contractés d’une man ère permanente, comme le sont les muscles de la jambe ou du cou, dans'le pied-bot ou dans le torticolis de naissance.

Il peut être même héréditaire, et l’on conçoit trèsbien que, si les mêmes habitudes morales ou intellectuelles peuvent se transmettre dans le sein de la mère, à plus forte raison les mêmes dispositions physiques.

On doit ranger sous le même ordre le strabisme par imitation. «Il aduient souuent aux petits en- « fants, » dit Ambroise Paré , « vne maladie dicte « strabimus , qui est vne distorsion contraincte a avec inégalité de la veue ; nous les appelons en « françoislouschesou bigles. Le plus souuent, telle « maladie aduieut pour auoir mal situé le berceau « de l’enfant, soit de nuict ou de jour, le mettant à « costé de la lueur : qui fait que pour voir la dicte « lueur, il est contraint de retourner ses yeux à « costé d’icelle, estaut tousiours désireux de la re- « garder, ou bien pour ce que la nourrice est lous- « che, qui fait que l’enfant la contrefaict. »

Le plus souvent, comme le dit le naïf chirurgien de Ilenri II, la louckerie se maniieste dans le premier âge, soit que le berceau ait été mal placé relativement à la lumière, soit que les regards aient été longtemps portés vers un objet particulier qui exigeait un mouvement continuel de latéralité , ou une convergence trop grande des yeux.

Dans d'autres circonstances, ce n’est point un excès de force musculaire qui sera le point de départ de la ioucherie, mais une certaine rétraction convulsive survenue dans le jeune âge pendant le travail de la dentition , ou par la présence des vers dans le tube digestif, ou plus tard, par suite d’accès nerveux , parmi lesquels il faut ranger la colère et l’ivresse. Le cerveau ne pouvant plus commander aux muscles, l’équilibre cesse de se faire dans leurs contractions réciproques, et il en résulte un strabisme. passager, [eu apparent, en raison de l’occlusion spasmodique des paupières, mais qui se manifeste surtout par la double vue.

La paralysie native ou accidentelle d’un des mus des de l’œil pourrait produire aussi une déviation dans le sens opposé au muscle privé de mouvement ; mais cette cause doit être très-rare.

I! en est de même de la myopie. Le myope qui ne fait pas usage de verres concaves rapproche tel-

lement les yeux de l’objet, qu’il détruit le parallélisme des axes visuels; mais sans doute il faut le concours d’autres circonstances pour que cette convergence produise le strabisme permanent; car on rencontre tous les jours une foule de myopes qui ne sont pas louches.

Par la même raison, le strabisme peut succéder indirectement à la presbytie. La plupart des presbytes qui ne portent pas de verres convexes, ne regardant que d’un œil lorsque leur vue s’exerce sur de petits objets, l’œil condamné à l’inaction finit par devenir myope et par dévier.

Parfois aussi, cette inégalité de puissance focale tient à la légèreté avec laquelle on choisit les verres destinés à rectifier les imperfections de la vue ; soit que, la force des yeux étant égaie, l’opticien ait donné des verres à foyers différents; soit, et ceci arrive assez souvent, que, l’un des yeux étant myope et l’autre presbyte, on ait pris deux verres concaves ou deux verres convexes , suivant la prédominance de 1 une ou l'autre modalité.

Le symptôme le plus frappant, du strabisme est, sans contredit , le défaut d’harmonie du regard et cette déviation choquaute d’un œil qui, se tenant presque constamment caché , donne aux traits du visage l’expression la plus irrégulière et la plus disgracieuse. Mais la diminution de la faculté visuelle est un inconvénient plus grave encore que l’absence de la beauté, et chez presque tous les louches il existe entre les deux yeux une très -grande différence de puissance optique. Chez presque tous, l’œil dévié dans le strabisme simple, ou l’œil le plus dévié dans le strabisme double, se trouvent impropres à la vision, et cette diminution de la faculté visuelle est quelquefois poussée si loin, que, l’œil sain étant fermé, il serait impossible de se conduire avec l’autre. Toutefois , hâtons-nous de le dire , loin d’être une difformité, le strabisme, quand il n’affecte qu’un œi! et qu’il est irès-peu prononcé , constitue au contraire un genre de beauté fort à la mode autrefois à la cour de Louis XIII ; c’est ce qu’on appelait le faux trait, oui e regard à la Montmorency.

D’après ce que j’ai dit pius haut sur ie rôle que jouent les muscles de l’œil dans l’expression des passions, on comprend tout de suite que le faux trait, pour être favorable à la physionomie, doit prendre sa source dans une légère prédominance des muscles grand oblique ou adducteur (patheticus,amatorius); si la déviation est légère, il en résulte dansleregard quelque chose de vague et de tendre, que l’artiste a sans doute exprimé dans la straba Venus.

On peut rapporter à deux ordres les procédés employés anciennement pour la guérison de la loucherie. Dans le premier, on cherchait à obtenir le regard direct en limitant l’entrée des rayons lumineux; dans le deuxième, on produisait une déviation momentanée dans le sens opposé à la déviation permanente.

Sans vouloir discuter leméritede tousces moyens, je dirai qu’on ns les voit presque jamais réussir, mais que, dans les cas rares où le strabisme paraîtrait dû, à une puissance inégale des deux yeux, on devrait, avant de recourir au bistouri, faire usage de lunettesdont les verres auraient un foyerdifférent.

C’est l'insuccès des méthodes en usage qui inspira (en 1830' à Dieffenbach l'i fée d’appliquer à la

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guérisoD du strabisme les procédés de sections musculaires inventées en 1828 par Stromeyer, chirurgien de Hanovre.

Le nombre des louches guéris à Berlin était de sept cents, lorsque la nouvelle méthode fut véritablement connue à Paris; et l’on s’est étonné, à bon droit, qu’avec une aussi grande masse de faits, l’opposition de plusieurs maîtres de la science ait été si violente. Mais , par un retour assez fréquent dans les opinions humaines , les plus hardis opposants devinrent bientôt les plus zélés fauteurs de la nouvelle méthode; et, quelques mois après, sept cents louches avaient été opérés par un seul chirurgien , Baudens, alors chirurgien en chef du Val-de- Grâce.

Mon but, on le pense bien , n’est pas de décrire l’opération dans ses détails ; je dirai seulement que , les paupières étant écartées par un aide, et le globe de l’œil fixé avec une érigne ou une petite pince, le muscle est misé découvert par une incision, et tranchée d’un seul coup. La petite plaie est alors examinée avec attention, et s’il reste quelques fibres musculaires, si minimes qu’elles soient, il faut les couper, sous peine de voir la déviation se reproduire. Le plus souvent, il s’écoule seulement quelques gouttes de sang; une petite compresse, imbibée d’eau fraîche, est maintenue sur l’œil avec un bandeau, et le malade peut immédiatement, et sans plus de précautions, se livrer à ses occupations habituelles , pourvu qu’elles n’exigent pas une trop grande application de la vue, ce qui produirait la convergence des axes visuels, et ramènerait le strabisme.

Voici, du reste, une précieuse relation faite par un opéré lui-même, l’un de nos collaborateurs, M. le docteur Cafle, que sa qualité de professeur d’ophthalmologie mettait mieux que personne à même d’apprécier toutes les circonstances relatives à la maladie et à l’opération.

« C’est après avoir assisté à une quantité innombrable d'opérations de strabisme , dit le docteur Gaffe ; c’est après avoir moi-même opéré plusieurs fois, en présence de médecins instruits, que je me suis décidé à subir cette opération.

« Le 11 juin t841,àmidi, dans mon cabinet d’étude, je me plaçai assis en face d’une croisée, de manière à recevoir directement la lumière sur les yeux. M. Charles Philipps appliqua les deux ophthalmostats sur les paupières de l’œil gauche; M. Bouvier voulut bien se charger de les maintenir. Malgré l’habitude très-grande que M. Bouvier a de ces sortes d’opérations , malgré l’extrême précaution qu’il prenait pour éviter toute pression inutile, surtout en épargnant de comprimer la partie cutanée correspondant au trajet du nerf frontal, malgré l’interposition d’un tampon de coton, c’est cependant à ce temps de l’opération que se rapporte la sensation la plus pénible que j’aie éprouvée. Les deux piqûres faites par les érignes pour saisir la muqueuse sclérotique furent à peine sensibles. Le repli de la muqueuse produit par la tension de deux érignes, et la section de ce repli avec les ciseaux , furent à peine douloureux. Le muscle droit externe réuni en un seul faisceau et à terminaison tendineuse très-prononcée , fut facilement placé par M. Philipps sur le crochet-mousse, et divisé par des ciseaux courbés sur le plat. La section de ce muscle

et celle du nerf moteur oculaire externe ne sont que très-instantanément douloureuses; mais une des impressions pénibles ressenties pendant l’opération , fut pour moi le bruit que faisaient les cLeaux. L’extrémité scléroticale du muscle fut également excisée par M. Philipps , et lorsque je l’examinai entre mes doigts , je lui trouvai plus de deux millimètres d’étendue. Il s’écoula à peine une gouttelette de sang pendant tout le temps de l’opération. Les instruments et les ophthalmostats furent aussitôt enlevés, et la direction de l’œil ne laissait reconnaître aucune amélioration. Mais, d’après l’avis de M. Bouvier, et sur mon insistance, on se décida à diviser l’aponévrose. La seconde application des ophthalmostats fut beaucoup moinsdouloureuse que la première. Une seule érigne a suffi pour tirer légèrement l’œil gauche eu dedans. Dès que les ciseaux eurent achevé la division de l’aponévrose en bas, l’œil cessa de diverger, et les mouvements d’abduction restèrent incomplets. Le succès de l’opération fut déclaré immédiat, et, depuis, il ne s’est pas démenti.

« Des compresses imbibées d’eau fraîche, et des affusions froides faites avec une éponge, furent renouvelées fréquemmentpendant les premières vingtquatre heures. La diète fut observée. Le jour même, je pus vaquer à mes occupations de cabinet, recevoir plusieurs personnes à ma consultation. La douleur n’avait rien que de très-supportable; de temps à autre , quelques élancements fugitifs se faisaient sentir au niveau de l’angle orbitaire externe gauche. La nuit fut parfaitement tranquille et permit un sommeil complet. Deux pédiluves furent pris dans les vingt-quatre heures, ainsi qu’un purgatif salin le lendemain de l’opération. Je pus écrire plusieurs lettres dans la journée, en me servant seulement de l’œil droit. Dès le troisième jour, les douleurs furent nulles , si ce n’est lorsque je pressais sur la paupière supérieure gauche.

« L’œil, examiné à plusieurs reprises par MM. Bouvier, Philipps , Bonnet (de Lyon), et par un grand nombre d’autres, a toujours conservé le bénéfice de l’opération , qui date déjà de seize mois. La vue reste également très-boune, et sous aucun rapport ne laisse rien à désirer . »

Nous avons vu plus haut que le strabisme pouvait être complexe, c’est-à-dire produit par plusieurs muscles en même temps. Or, l’expérience montre que, dans ces cas, la section de tous les liens qui retiennent l’œil dévié est le seul moyen de parfaite guérison.

Dieffenbach n’a jamais coupé que deux muscles, aussi lui a-t-on reproché un assez grand nombre d’insuccès, que la malveillance attribuait à sa méthode, et qu’il faut attribuer à la rétraction de plusieurs muscles. Dans les cas rebelles, le docteur Baudens en a coupé jusqu’à cinq.

En thèse générale, ces sections multiples n’amènent jamais d’accident; mais l’exophthalmie, c’està-dire la saillie de l’œil qui doit résulter de la section de plusieurs muscles droits , produit dans la physionomie une difformité presque équivalente au strabisme.

Mais que deviennent ces muscles coupés ? Si les mouvements de l’œil peuvent se faire sans leur concours, ils étaient donc inutiles; et s’ils se soudent pour reprendre leur action, le strabisme peut donc

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renaître? Telle est l’argumentation spécieuse qu’il est facile de réfuter.

Lorsque la section a été complète, les deux bouts du muscle ne se joignent pas, comme on l’a cru, à l’aide d’une substance intermédiaire, ou du moins cette substance ne peut qu’à la longue en souder les extrémités; et ce n’est pas elle qui , dans les premiers temps, rétablit le mouvement par la continuité du tissu ; mais l'extrémité postérieure du muscle se greffe avec le globe de l’œil , et la contraction spasmodique n’existant plus , il survient , d’après Stromeyer, un allongement aux dépens de sa rétraction vitale. Plus tard , les liens celluleux s’unissent à la partie antérieure du muscle coupé, et il en résulte une corde continue qui a recouvré les qualités dynamiques normales. C’est ce que j’ai fait constater à mes élèves sur des animaux que nous avions fait loucher à dessein. Le muscle qui produisait le strabisme ne peut donc le reproduire , puisqu’il a acquis des rapports nouveaux et une longueur convenable. Quant aux mouvements de l’œil, ils peuvent, il est vrai, s’effectuer sans le concours des muscles coupés, mais ce n’est ni avec la même force, ni dans la mèmeétendue: et bien que, parleur mode d’insertion, les muscles élévateur et abaisseur puissent porter l’œil en dedans avec leurs fibres internes, en dehors avec les externes ; cependant , l’œil ne recouvre la p énitude de ses mouvements qu’au bout de sept à huit jours, c’est à dire lorsqu’il s’est fait une greffe solide entre le muscle coupé et le globe oculaire.

D’après une statistique publiée par M. le docteur Caffe, et parfaitement raisonnée, de manière à laisser une juste appréciation des différentes causes de succès et d’insuccès, ainsi que des différentes causes destrabisme ; cette dernière connaissance est toujours de la plus grande importance avant de se décider à l’opération et de faire choix d’une méthode ; d’après, dis-je, cette statistique, les trois quarts des sujets opérés du strabisme guérissent parfaitement bien, et nul doute que la méthode de Stromeyer ne soit appelée, comme la découverte de Jenner, à produire une véritable amélioration physique des races, enfaisaut disparaîtreline grave difformité du cadre des transmissions héréditaires.

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