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II. Landouzy de Reims

Membre correspondant de l'Académie de Médecine

strabotomie ( chir .), s. f. Opération par laquelle on remédie au strabisme. (V. ce mot.)

STRÆMOINE OU STRAMONIUM. (V. Daturà) .

strabïguIiAtxon. (V. Suspension.)

strangurje (pat h.), s. f. (stranguria, du grec slranx , goutte, et ouron , urine). C’est une sorte de rétention d’urine dans laquelle ce liquide sort goutte à goutte, avec douleur et difficulté extrême. (Y. Rétention.)

strié ( anat .), adj. (slriatus). Se dit des corps qui présentent des lignes diversement colorées, des cannelures, etc. Corps striés du cerveau , crachats striés de sang , etc.

strongie ( hist . nat. méd.) Sorte de ver. (V. Vers.)

strontiane ( chim .). (V. Strontium .)

strontium. (V. au Supplément.)

strophüwjs ( path .), s, m. Nom donné par Willan à l’éruption qui accompagne souvent la. dentition chez les enfants. (Y. Feux.)

strümeux (path.), adj., synonyme de scrofuleux. (V. Scrofules.)

strychnine (chim.), s. f. Principe actif de la noix vomique. (V. Noix vomique.)

stupeur (path.), s. f. (stupor) . On appelle stupeur un état d’affaiblissement, d’engourdissement de l’intelligence, dans lequel la physionomie exprime une sorte d’étonnement stupide. Il est caractéristique du typhus.

stylet (chir)., s. m. (stylum). On appelle ainsi une petite tige métallique fine, flexible, terminée, à l’une de ses extrémités, par un renflement olivaire, et dont l’autre est quelquefois percée d’un trou allongé. Le stylet sert à sonder les trajets fistuleux, les plaies, etc., et à passer des mèches, des sétons.

stylo-glosse (anat.), adj. (stylo-glossus, de deux mots grecs stylos, stylet, et glossa, langue). C’est un muscle qui, de l’apopbyse-styloïde du temporal, descend se perdre dans la langue par deux faisceaux, dont l’un va à la pointe, l’autre à la base de l’organe.

stylo -hyoïi>ien (anat.), adj. ( stylo-hyoï deus). C’est un muscle allongé qui s’étend de l’apophyse styloïde au côté de l’os hyoïde, en se laissant traverser par les tendons du digastrique.

styloïde (anat.), adj. (styloïdes, de stylos, stylet, et eidos, ressemblance; qui ressemble à un stylet). On appelle apophyse styloïde, une saillie grêle et allongée qui se trouve à la partie inférieure du rocher, partie inférieure de l’os temporal, et deux autres saillies des extrémités carpiénnes du radius et du cubitus.

stylo-mastoïdien (anat.), adj. ( stylo masloïdeus), qui appartient à l’apophyse styloïde et à l’apophyse mastoïde. — Trou stylo-mastoïdien , ouverture de la face inférieure du rocher qui termine l’aqueduc de Fallope et donne passage au nerf facial. Artère stylo-mastoïdienne. C’est un rameau de l’auriculaire qui passe par l’aqueduc de Fallope.

stvlo-m axillaire (anat.), adj. (stylomaxillaris), qui a rapporta l’apophyse styloïde et à l’os maxillaire. — Ligament stylo-maxillaire. C’est un cordon fibreux, étendu de l’apophyse styloïde à l’angle de la mâchoire inférieure.

stylo-pharyngien (anat.), adj. (sttjlopharyvgeus). C’est un muscle très-grêle, qui, de l’apophyse styloïde, va se perdre dans les parois du pharynx.

styptique (mat. méd.), adj . ty . Astringent.} STYRAX ou STORAX ( pharm .), s. m. Le styrax ou storax est connu et employé dès la plus haute antiquité. Il y en a de deux sortes :

Styrax ou storax solide (styrax calamil). — C’est un baume qui, dit-on, s’obtient d’incisions faites au styrax officinal, arbrisseau de la famille des ébénacées, J., décandrie monogynie, L., plante qui croît dans les contrées méridionales de l’Eu-

suc

suc

rope et dans tout le bassin de la Méditerranée. On en connaît trois espèces : 1° le styrax en larmes, il est en petites masses, se réunissant par la chaleur, d’une odeur aromatique agréable; 2° le styrax amygdaloïde , en masses d’un brun noirâœe, sèches et cassantes ; 3° styrax du commerce, en forme de gâteaux, d’un rouge brun, mêlés de sciure de bois, c’est celui qu’on trouve le plus habituellement. Il n’est guère employé comme médicament aujourd’hui, mais plutôt comme aromate.

Styrax liquide, liquidambar, huile de copalme.— C’est un baume attribué au liquidambar styraciflua, de la famille des amentacées J . , qui croit dans l’Amérique centrale; ce baume est d’une consistance demi-liquide, très-gluHneuse, grisâtre, opaque , soluble dans l’alcool, l’éther, les huiles. Employé autrefois à l’intérieur comme excitant balsamique, il n’est guère employé aujourd’hui que dans les plaies ou les ulcères compliqués d’atonie. Dans les cas d’affection gangréneuse il est assez utile pour rendre aux tissus la vitalité qui leur manque, et favoriser la séparation des escarres. J. B. -

SUB-INFLAMMATION ( pat,h .), S. f. ( Sub- j inflammatio, de sub, au-dessous). C’est un état j des tissus dans lequel l’inflammation existe, mais à ; un degré très-faible. (V. Inflammation.)

sub-intrant [path.], adj. (sub-intrans). Se dit des fièvres dont les accès se renouvellent sans laisser d’intervalles, mais en empiétant les uns sur les autres; de sorte que chaque accès se manifeste avant que le précédent soit terminé.

sublimation. (V. au Supplément.)

SUBLIMÉ. (V. Mercure.)

submersion. (V. Asphyxie.)

suc (pharm.), s. m. (succusj. On appelle ainsi la partie liquide exprimée des organes des végétaux ou des animaux. Mais il s’applique plutôt aux liquides des végétaux. M. Recluz les classe suivant leu rs propriétés et leurs réactions chimiques, en sucs acides, alcalins amers, aromatiques, résineux, sucrés, salins, etc. Ces liquides sont tous plus ou moins aqueux , mais il en est d’autres qui sont huileux

!V. Huile) ; d’autres qui constituent des résines. V Résine, Térébenthine.) — Pour exprimer les sucs dont nous avons parlé, il suffit, la plupart du temps, d’une forte pression , comme pour certains fruits, les limons, les oranges, etc.; d'autres fois, il faut les triturer dans un mortier (cresson, cochlearia,etc.) Enfin, quand les sucs sont épais, mucilagineux, on est obligé d’y ajouter un peu d’eau. Certaines parties de végétaux doivent, pour donner leurs sucs , être soumis à la macération ; il en est d’autres qu’il faut faire cuire, d’autres qui doivent être soumis à la fermentation (le raisin par exemple). Certains sucs sont troublés par des parenchymes, de la matière colorante, des fécules, etc.; il faut alors les dépurer, soit seulement par le repos, qui laisse déposer les matières impures, soit par la filtration, ou bien en chauffant le liquide , ce qui

fait coaguler certains principes ; d’autres fois , en clarifiant avec le blanc d’œuf, les poudres alcalines, le charbon animal, les acides, suivant la nature des matières dont on veut se débarrasser.

Les sucs servent dans l’usage médicinal pour la préparation de la plupart des sirops, etc. On les conserve soit par la méthode Appert, soit dans des bouteilles à long col , en versant à leur surface un peu d’huile d’olives ou d’amandes douces.

On appelle sucs d’herbes les sucs exprimés des plantes antiscorbutiques , telles que le cresson de fontaine, le cochlearia, le trèfle, d’eau. (V. Herbes).

En anatomie, on appelle sucs, certains produits de sécrétion , suc gastrique : suc pancréatique.

succédané ( thérap .), adj. ( succedaneus , de succedere , succéder, prendre la place). On appelle ainsi les médicaments que l’on peut substituer à d’autres, parce qu’ils ont les mêmes propriétés.

succin [mat. méd.), s. m.,sous les noms de succin, ambre jaune, /carabe, éleclrum, on désigne une substance bitumineuse qui se trouve à peu près partout enfouie dans la terre ou en morceaux roulés sur les bords de la mer. Elle est surtout abondante sur les bords de la mer Baltique; on en trouve encore beaucoup en Sicile. — Le succin est dur, cassant, mais non friable, susceptible de recevoir le poli. Le plus pur est transparent, d’un jaune doré particulier , qui sert de type (couleur d’ambre). Il est quelquefois opaque d’un jaune pâle ou de couleur orange, quelquefois il renferme des insectes très-bien conservés.

Lorsque l’on frotte l’ambre, il s’électrise résineusement, et de cette propriété résulle son nom de Icarabê qui, en langue persane, signifie allire-paille ; et du mot électron, par lequel on le désigne en grec, on a fait e'/ecf ncife', parceque c’est sur ce corps que les propriétés dites électriques ont été d’abord observées.

Le succin n’a ni odeur ni saveur ; il se ramollit par la chaleur, et brûle en exhalant une odeurforte et non désagréable. Suivant M. Berzélius, il contient une huile volatile odorante, une résiné jaune et uneautre résine blanche,del’acidesuccinique, etc.

Les produits que le succin donne par la distillation étaient autrefois très-employés dans la thérapeutique comme toniques , antispasmodiques et même comme aphrodisiaques. Mais aujourd’hui il est à peu près inusité, sauf dans quelques médicaments composés. Il sert plutôt à fabriquer des objets d’art, ou à faire des bouts de tuyaux de pipes ou des colliers pour les enfants. Il n’est pas besoin de dire que ces colliers, sortes d’amulettes, n’ont aucune des propriétés que le vulgaire leur attribue. J. B.

succion (physiol.) , s. f. [succio). On appelle ainsi le mouvement d’aspiration par lequel on attire un liquide dans la bouche en faisant du vide dans cette cavité par un mouvement d’inspiration.

sucrb (chim.), s. m. ( saccharum , en grec* sacchar). Substance végétale neutre pouvant, à l’aide d’un ferment, de l’humidité et d’une température de t5°, se transformer en alcool et en acide carbonique. Le sucre, à l’état de pureté, est habituellement cristallisé; dans quelques cas cependant,

sublingual ( anat .), adj. [sublin gualis, qui est sous la langue; glande sublinguale, voy. Salivaire).— Artère sublinguale-, c’est une division de la linguale.

il offre un aspect gras et pulvérulent sans traces de cristaux. Ceriains sucres ont une saveur à peine douceâtre; enfin, le sucre de lait n’est pas susceptible de subir la fermentation alcoolique .

On distingue plusieurs espèces de sucre ; nous ne parlerons que des principales.

Sucre de canne. — Il paraît avoir été connu des anciens Grecs. Et, en effet, la plante qui le produit étant originaire de l’Inde, les relations ouvertes par les conquêtes d’Alexandre donnèrent quelques notions à cet égard . Le fait est que Dioscorides en parle d’une manière très-nette et trèsprécise à propos du miel (lib. n, cap. 75); mais c’est surtout à la suite des croisades que le sucre est devenu l’objet d’un commerce très-considérable entre les Grandes-Indes, l’Arabie et l’Europe. Enfin, les cannes à sucre ayant été naturalisées dans les colonies américaines, ce sont ces dernières qui ont, en quelque sorte, le monopole d’approvisionner l’Europe.

La canne, qui est si fruetueusementcultivée dans les régions tropicales, est une plante de la famille des igramiuées, J.; triandrie digynie, L. [arundo saccharifera);\ oici quelques notions sur les procédés que l’on emploie pour la fabrication du sucre.

Les cannes étant coupées le plus près possible de la racine et les sommités qui fournissent peu de sucre étant enlevées, on les réunit par bottes, et on les soumet à une forte pression sous des cylindres de fer ou de bois très-dur : le suc qui s’en écoule est reçu dans des rigoles creusées à cet effet. Les cannes, ainsi dépouillées de leur suc, et que l’on nomme bagasses, sont employées au chauffage. Quant au suc lui-même, auquel on donne le nom de vesou , on le met dans des chaudières disposées les unes à la suite des autres sur un fourneau long. On porte successivement le vesou de chaudière en chaudière en y ajoutant du lait de chaux pour favoriser sa dépuration, et on enlève l’écume qui se forme alors , et qui renferme de la fécule, du mucilage, des débris de végétaux. Quand il est épuré, on le fait cuire dans une quatrième ou cinquième chaudière jusqu’à consistance convenable. On le porte ensuite dans des rafraîchissoirs, caisses doublées en plomb laminé, et dont le fond présente une sorte de gouttière. Le sucre s’y cristallise, et au bout de vingt-quatre heures on ouvre la gouttière afin de faire écouler une sorte d’eau sucrée qui n’a pu cristalliser et qui conslitue la mélasse. Apres cette première cristallisation le sucre est à l’état brut, c’est la cassonade ou moscouade, et il nous arrive ainsi des colonies. Il s'agit de le clarifier entièrement : c’est le raffinage. On fait bouillir la cassonade avec du lait de chaux dans des appareils diversement combinés, on y ajoute du sang de bœuf délayé qui s’empare de toutes les matières impures, et l’ecuœe est enlevée avec soin. Aujourd’hui on fait bouillir le sucre dans le vide au moyen de la vapeur dans un appareil particulier inventé par Bernard Derosne; le sucre bout à une température assez faible, 40 à 45 degrés, et il est soustrait au contact de l&ir qui avait pour effet d’en convertir une portion notable en sucre incristallisable ou mélasse; ce procédé, eomme on le voit, est trèsexpéditif et très-économique.

Quand l’épuration est complète et que l’ébullition a été portée au point convenable , on verse le sirop dans

des formes coniques dont la base est tournée en haut et qui sont percées à leur sommet d’un trou que l’on tient bouché avec une cheville : on mouve le cône très- fréquemment afin de produire une cristallisation en grains très fins, puis on retire la cheville et on recueille la partie restée liquide. Ensuite on terre les cônes, c’est-à-dire que l’on applique sur leur base une couche de terre glaise détrempée. Celle-ci cède peu à peu son eau au sucre et entraîne des portions de mélasse adhérentes aux cristaux. Cette opération du terrage se répète ordinairement à plusieurs reprises. Enfin le sucre est retiré des formes et il est en pains coniques que l’on achève de faire sécher dans des étuves.

A l’état de pureté le sucre est solide, blanc, inodore, d’une saveur douce qui sert de type (saveur sucrée), jetant une lueur phosphorescente quand on le frotte dans l’obscurité. Chauffé à sec, il se fond et se colore en brun et en noir , c’est le caramel; chauffé encore plus fortement, il brû'e avec flammes. Il est soluble dans l’eau, mais surtout dans l’eau bouillante. Sa dissolution marquant 35° à l’aréomètre constitue les sirops ; plus concentrée, elle laisse déposer des cristaux prismatiques, à six faces, terminées par un sommet dièdre ou trièdre; (sa forme primitive est le prisme tétraèdre ayant pour base un rhombe); ces cristaux sont bien connus sous le nom de sucre candi. Son poids spécifique est 1,606. Suivant les analyses de M. Berzélius, il est formé de carbone, 44,200; oxygène, 49,015 ; hydrogène, 6,785. Traité par l’acide nitrique, il donne de l’acide oxalique; mais jamais de l’acide mucique. Traité par les alcalis, il perd la propriété de cristalliser; mais si on neutralise ces alcalis par un acide, il reprend cette propriété. Porté à l'ébullition au contact de l’air, il perd en partie la propriété de cristallisation et forme la mélasse qui, par ses propriétés chimiques, ressemble au sucre cristallisable, et, par ses propriétés optiques, au sucre de raisin, de fécule, et à tous les sucres incristallisables.

Une circonstance assez curieuse, et que tout le monde connaît, c’est que le sucre pulvérisé sucre moins que celui qui esten morceaux, bien qu’onn’en sache pas au juste le motif.

A côté du sucre de cannes, il faut placer le sucre de betteraves qui lui est identique. Nous ne dirons | rien du mode particulier d’extraction de sucre de betteraves, il ressemble beaucoup à celui que nous avons décrit pour le sucre de canne. On a dit que le premier sucrait moins que ce dernier ; c’est une erreur, il est seulement plus léger.

On sait quelle énorme consommation on fait du sucre dans l’art culinaire et dans l’art du confiseur, du pâtissier, etc. Ce produit est aussi très-usité en médecine pour édulcorer les tisanes, servir à la confection des sirops, des tablettes, des pastilles, etc. On s’est demandé si le sucre pouvait servir à la nourriture; on a fait des expériences sur des chiens, et les ayant vu succomber au bout d’un mois dans un état de faiblesse et de maigreur extrême, on en a conclu pour la négative. Nous pensons que c’est une erreur. Ces expériences ne prouvaient qu’une chose, c’est qu’une seule substance ne peut pas servir à l’alimentation des animaux, et d'ailleurs ne peut-on pas admettre que ce qui ne convient pas aux chiens peut être accommodé à la nature de

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