SUP
les voir qu’en regardant la peau obliquement à sa surface; le moindre attouchement brise l’enveloppe, et le liquide s’épanche. On les rencontre dans plusieurs affections aiguës ou chroniques accompagnées de sueurs copieuses : dans la pneumonie, Je rhumatisme, la fièvre typhoïde, etc. On les trouve plutôt chez les femmes que chez les hommes, sur le ventre et sur la poitrine que partout ailleurs.
D’après l’étymologie latine que nous rappellions au commencement, on doit dire, en parlant d’une de ces vésicules , un sudamen , et ce n’est qu’au pluriel que l’on peut employer l’expression de sudamina; cette affection est sans gravité et n’exige pas de traitement particulier. E. B.
sudation ( therap .). Se dit de l’action de faire suer dans un but thérapeutique.
sudqrifque ( Ihérap .), adj. [sudori ficus, de sudor sueur, et facere faire, qui fait suer). On appelle sudorifiques les médicaments qui jouissent de la propriété de provoquer la transpiration. Certains auteurs pensent que cette propriété est tout à fait illusoire, et qu’il n’existe pas de sudorifiques réels. La plupart des substances auxquelles on attribue cette vertu sont données en boissons et à une température élevée, et, dit-on, c’est l’eau chaude qui agit plutôt que le médicament lui-même. Ainsi, la bourrache, le sureau, le coquelicot, les bois de gaïae, de sassafras, etc., n’auraient aucune action s’ils n’étaient étendus dans un véhicule chaud et aqueux, et si le sujet n’était placé dans de bonnes conditions pour transpirer. Nous n’avons nullement l’intention de discuter ici cette question, et, d’ailleurs, nous devons dire que l'on manque d’expériences rigoureuses et précises pour la résoudre. Quant aux moyens à l’aide desquels on peut le mieux provoquer la sueur, nous en parlerons à l’article Transpiration, auquel nous renvoyons pour la physiologie et la pathologie de l’exhalation cutanée, ainsi que pour l’histoire d’une méthode nouvelle connue sous le nom d ’hydropathie ou hydrothérapie.
suette ( patli .), s. f. [sudor anglicus, malus sudalorius) . L’histoire de cette maladie a été faite complètement au mot Miliaire. (Voy. ce mot.) sueur. (V. Transpiration.) suffocant ( puth .), adj. [suffocans) ; qui produit l’étouffement, la suffocation. Catarrhe suffocant, variété très-grave du catarrhe pulmonaire; c’est la fausse pneumonie des anciens, et la bronchite capillaire des auteurs actuels.
suffocation [physiol.) s. f. ( suffocatio ). État de quelqu’un qui éprouve une gêne extrême dans la respiration (V. Asphyxie, Dyspnée.) suffusion. (V. au supplément.) SUGILLATION ( path .), s. f. [sugillaiio,de sugere, sucer). On appelle sugillations les petitesiniiltrations sanguines qui se forment sous l’épiderme soit à la suite d’une contusion (V. Ecchymose ), soit spontanément. Ce nom, synonyme du mot vulgaire suçon, leur a été donné parce qu’en suçant fortement la peau pendant quelque temps, on détermine un appel du sang avec rupture des petits vaisseaux, ce qui produit une tache de couleur lie de vin; c’est en réalité une petite ecchymose. J. B.
sulfates ( chim .), s. m. On appelle ainsi les
sels résultant de la combinaison de l’acide sulfurique avec une base. On les partage en deux classes, suivant qu’ils sont solubles ou insolubles dans l’eau. Les premiers précipitent en blanc par les sels de baryte; et le précipité, formé de sulfate de baryte, n’est, soluble dans aucun réactif. Le précipité, recueilli et traité par le charbon à une température élevée, donne du sulfure de baryum, reconnaissable à son odeur d’œufs pourris. Les sels insolubles traités par le charbon donnent le même résultat, c’est-à-dire qu’ils se transforment en sulfures.
Les sulfates les plus usités des médecins sont ceux A' alumine, de cuivre, de fer, de magnésie , de mercure , de morphine , de potasse, de quinine , de zinc . (Voy. ces mots.) J. B.
sulfhtdrate. (V. au Supplément.) sULFHYRR.iQUE(Acide). ( V, Hydro-sulfurique .) sulfite. (V. au Supplément.) sulfures [chim.). (V. Soufre.) sulfurique (Acide) [chim.). (V. Soufre.) sumac [mat. méd.) s. m. ( rhus ), genre de plantes de la famille des térébinthacées, J., et de la pentandrie tryginie, L. On en distingue plusieurs espèces principales.
Sumac des corroyeurs [rhus coriaria). — C’est un arbrisseau de dix à douze pieds, qui se trouve dans les parties les plus chaudes du bassin de la Méditerranée. Toutes les parties de cette plante sont fortement astringentes, à cause de la grande quantité de tannin et d’acide gallique qu’elles renferment. Mais il est très-peu usité en thérapeutique; il est surtout employé au tannage des cuirs.
Sumac vénéneux [rhus radicans, rhus f.oxicodendron). — C’est un arbrisseau indigène de l’Amérique septentrionale, qui vient très-bien en Europe. Le suc qui suinte des différentes parties de cette plante est excessivement âcre, son contact sur la peau détermine une vive irritation érysipélateuse. On dit que les émanations elles-mêmes de cette plante suffisent pour produire le même effet à la surface du corpsdeceux qui y ontété exposés, surtout pendant la nuit ou à l’ombre, conditions dans lesquelles la plante exhale de l’hydrogène carbonné et un principe volatil très-irritant. Des expériences d’Orfila, il résulte que le rhus, outre l’action locale extérieure dont nous venons de parler, exerce, en outre, une action stupéfiante sur le système nerveux, quand il a été absorbé. Cependant cette substance a été employée à l’intérieur contre des affections herpétiques invétérées, l’épilepsie et autres affections du système nerveux; mais c’est un médicament dangereux et souvent infidèle. L’extrait se donne à la dose de 8 décigr. ou 1 gr., à 2, 4 et 6 gr. , répétée deux ou trois fois dans la journée. J. B.
superfétation ( accouch .), s. f. ( superfœ tatio, de superfætare , concevoir de nouveau). La superfétation est la conception d’un nouveau fœtus pendant le cours de la grossesse. Niée par quelques personnes, la possibilité des superfétations a été outenue par d’autres qui ont allégué des faits en faveur de leur manière de voir. Cependant, quelques faits bien observés paraissent résoudre la question par l’affirmative. (V. Grossesse .) J. B.
superpurgation [path.), s. f. {super pur-
SÏÏP
SUR
galio). Purgation trop abondante résultant d’une médication trop active ordonnée mal à propos. [Y. Purgatif.)
sueinateur (anal.), adj. ( supinator , de supinus, qui est couché sur le dos). On appelle ainsi les muscles de l’avant-bras, qui font exécuter à la main le mouvement de supination (Yoy.cemot). On en distingue deux: l° Grand supinateur ; il est situé à la partie externe et antérieure de l’avantbras , allongé ; il s’étend de la partie inférieure du bord externe de l'humérus au bord antérieur de l’extrémité inférieure du radius. 2° Petit supinateur, situé à la partie supérieure externe et postérieure de l’avant-bras, court, aplati, triangulaire.
Il s’attache, d’un côté, à la tubérosité externe de l’humérus et à une petite portion de la face postérieure et supérieure du cubitus ; de l’autre, au tiers supérieur de face postérieure et externe du radius. J . B .
supination ( physiol. ), s. f. ( supinalio , même étymologie). On appelle supination le mouvement par lequel la paume de la main est tournée en avant et en haut, de telle sorte que le petit doigt est dirigé du côté du corps, tandis que le pouce regarde en dehors. C’est la position du pauvre qui tend la main. — On appelle aussi supination la position d’un malade couché sur le dos ; il indique un état de faiblesse et de prostration profonde. J. B.
supposition UE part ( méd . lég.).[Y.Part.)
suppositoire ( pharm .), s. m. ( supposilo - j rium, de supponere , mettre dessous).Les suppositoires sont des médicaments de consistance solide et analogue à celle des emplâtres , de forme conique , et de la longueur du doigt. Les suppositoires sont destinés à être introduits par l’anus dans le rectum, afin d’exciter des évacuations alvines ou d’agir comme adoucissants, comme astringents, etc. On les prépare avec du miel, du suif, du beurre de cacao, du savon , auxquels on peut incorporer des substances médicamenteuses douées des propriétés que l’on veut mettre en jeu. Comme purgatifs, on emploiera les suppositoires faits avec les poudres d’aloès, de scammonée , de coloquinte, d’agaric blanc, les huiles d’euphorbe, de croton-tiglium, etc. Comme astringents, les poudresderatanhia, de sang-dragon, de cachou, etc., et tout ce qui peut être utile contre les hémorrhoïdes fluentes, par exemple. Comme narcotiques, les extraits de belladone ou de morelle, etc. Quand on emploie le savon, on taille cette substance eu cône avec un couteau; quand c’est le beurre de cacao, on fait fondre cette matière concrète et on y incorpore la solution indiquée; le miel sera soumis à la coction et coulé dans des moules de papier huilé. Les suppositoires de savon et de beurre de cacao s’emploient souvent seuls comme laxatifs. J. B.
suppression ( path .), s. f. ( suppressio , de supprimere, faire disparaître). On dit qu il y a suppression d’une hémorrhagie, d’un écoulement habituel, d’une sécrétion, quand cet écoulement, cette sécrétion, viennent à être suspendus brusquement. C’est là une cause fréquente de maladies. Il y a aussi suppression d’un exanthème , quand une rougeole, une scarlatine qui avait commencé de paraître,vient
tout-à-coup à s’effacer, accident très-grave, comme on le sait.— La suppression d'urine, c’est l’absence complète de sécrétion ou de l’excrétion urinaire. (Y. Rétention.) J. B.
suppression us pâtit ( méd . lég). (V.
Part.)
suppuratif ( thèrap .), adj. ( suppurativus , médicament qui bâte ou favorise la suppuration; telles sont les pommades au garou, les divers épispastiques, etc. (V. Vésicatoire.)
suppuration (path.). (Y. Pus et Exutoire.)
surcilier. ( anat .) (V. Sourcilier.)
surdent {path.), s. f. On appelle surdent toute dent surnuméraire? Lorsqu’une dent de la première dentition n’est pas tombée à l’époque voulue et que la dent nouvelle pousse à côté, l’ancienne, qui est déviée, est la surdent.
surdité ( path .). (V. Oreille Maladie de V).
sureau {bot. méd.), s. m. ( sambucus nigra ), famille des caprifoliaeées, J. pentandrie trigynie, L.
Les fleurs de sureau sont rarement employées fraîches; leur propriétés se concentrent par une dessiccation bien ménagée, c’est dans cet état qu’on les conserve pour l’usage médical. De blanches qu’elles sont sur l’arbrisseau qui les fournit, elles passent au jaune et acquièrent une odeur assez for le. Leur infusion aqueuse fait la base des prescriptions magistrales connues sous les noms de collyres et de lotions ; plus rarement, on emploie leur eau distillée. Dans les usages économiques, elles servent à aromatiser certaines liqueurs et notamment le vin cuit , auquel elles communiquent un goût de muscat ; elles servent aussi à aromatiser quelques vinaigres pour la table.
On employait autrefois l’écorce moyenne du sureau comme diurétique et purgative ; mais on lui a substitué l’usage des baies, qui jouissent de ces propriétés à un plus haut degré. Ce fruit s’offre sous la forme sphéroïde; il est uni-locuîaire, du volume d’un pois, d’abord rouge, puis noir, renfermant, au milieu d’un suc aqueux de couleur jaune rougeâtre, troisàcinq graines convexes d’un côté, anguleuses de l’autre, attachées par un placenta filiforme à l’axe du fruit; chacune d’elles est monosperme.
Les baies de sureau mûrissent en septembre ; ceux qui en font la récolte pour les livrer au commerce y joignent souvent celles d’hièble ( sambucus ebulus ) dont les propriétés sont bien plus faibles; mais la fraude est assez facile à distinguer, car ces dernières teignent les doigts en rouge et les autres couleur feuille morte.
La baie de sureau a une odeur faible et une saveur acidulée; prise en petite quantité, elle ne paraît pas désagréable ; mais, si l’on en prend plusieurs, elles excitent le dégoût et souvent des nausées. Le suc exprimé purge à la dose d’une demi-once à deux onces ; il peut, à défaut d’autre purgatif, être administré avec succès lorsqu’il s’agit de procurer seulement une sorte de désobstruction ou le jeu des organes sécréteurs. Rapproché à une consistance convenable, il forme, sous le nom de rob de sureau , une préparation officinale qui était autrefois très réputée comme apéritive.
SUR
SUR
Bob de sureau. On prend pour le préparer des baies de sureau bien mûres , on les pile dans un mortier de bois, avec précaution pour ne pas écraser les graines ; on laisse le suc se déféquer par le repos, on passe ensuite au travers d’un linge, et on fait évaporer jusqu’à consistance de miel; on reconnaît que la cuisson est complète et que la conservation peut s’effectuer lorsque, en en plaçant un peu sur du papier non collé, l’humidité ne traverse pas. Ce te préparation agit comme sudorifique ; à la dose d’un gros, à quatre ou six, elle purge assez énergiquement. Couverchel.
SUB.-ÉPIJJJEUX {anat). (V. Sus-épineux .) suh-irR-ITatiob/, s. f., irritation morbide. (V. Irritation.)
sdehektal [anat.), adj. ( supra renalis), qui est au-dessus du rein. — Capsules surrénales. (V. Capsules.)
üstTZBACH ou souiTZBACH (E. minér.de) (; thérap .). Snltzbach est une petite ville du département du Bas-Rhin, située à 9 kilomètres de Colmar, et à 6 kilomètres de Munster ; elle est située dans un vallon entouré de sites agréables ; les sources minérales sont au nombre de six, dont l’une, appelée la Meilleure , est administrée comme boisson : la grande source, qui est publique, sert aux bains. Ces eaux ont de l’analogie avec celles de Soultzmatt ; et elles sont surtout administrées dans la mélancolie et les affections mentales; ce qui fait donner à Sultzbach le nom de bains des fous. Les eaux de Sultzbach sont gazeuses, d’une saveur fraîche et agréable; leur température est de 10 0 cent. La source où l’on puise l’eau qui sert à la boisson laisse déposer un sédiment ocracé. Voici l’analyse de ces eaux pour un litre d’eau :
Acide carbonique libre 2,0433 grammes
Bicarbonate de soude 0,9183
— de Iilbine. 0,0087
— de chaux ..•%•••••• 0,6980
— ferreux. »... 0,0320
Sulfate de potasse • - • 0,1147
— de soude » 0,0092
Chlorure de sodium. » 0,1342
Alumine 0,0062
Silice 0,0367
Acide phosphoriquo, boriquo et arsénlque . . . traces.
Acide d’étain et de manganèse. • . . ■ . . traces.
Cette analyse, beaucoup plus exacte que les précédentes, a été faite par M. Oppermannen 1854.
Ces eaux sont employées en bains et en boissons dans l’hypocondrie, l’hystérie et la manie, dans les dispepsies et les troubles des fonctions digestives. On l’administre aussi dans les engorgements des organes du ventre et dans la leucorrhée; on en fait aussi également usage en bains dans les rhumatismes et la paralysie. J. B.
suhvie (mêd. lég.) s. f. Le médecin légiste est souvent appelé par les tribunaux pour les éclairer sur les cas de survie, c’est-à-dire, à prononcer sur ce fait : si des individus d’une même famille, et appelés à succéder les uns aux autres, ont succombé dans un malheur commun, tel qu’un naufrage, un incendie, l’écroulement d’une habitation, etc., quels sont ceux qui ont dû succomber les premiers, et ceux qui ont dû survivre les derniers. Dans quelques cas, les circonstances du fait et l’examen des cadavres peuvent jeter des lumières sur la question et diriger le médecin légiste; dans d’au-
tres, au contraire, tels qu’un naufrage en mer, toutes les circonstances du fait peuvent être soustraites à l’appréciation, et l’on en est réduit à des suppositions basées sur l’énergie et le degré de résistance vitale, fondées sur l'âge et le sexe des individus. A cet égard, le législateur n’a pas voulu laisser chaque cas spécial à l’appréciation des tribunaux ; il a établi des règles fixes fondées sur des données physiologiques, qui décident dans quel ordre doivent s’ouvrir les successions, ce qui, hypothétiquement, admet l'ordre dans lequel ont dû succomber les individus. Voici ces dispositions législatives, telles qu’elles sont formulées dans le Code civil :
« Art. 720. Si plusieurs personnes appeléesà la succession l’une de l’autre périssent dans un même événement, sans qu’on puisse reconnaître laquelle est décédée la première, la présomption de survie est déterminée par les circonstances du fait, et, à leur défaut, par la force de l’âge et du sexe. »
« Art. 721. Si ceux qui ont péri ensemble avaient moins de quinze ans, le plus âgé sera présumé avoir survécu. — S’ils étaient tous au-dessus de soixante ans, le moins âgé sera présumé avoir survécu. — Si les uns avaient moins de quinze ans et les autres plus de soixante, les premiers seront présumés avoir survécu. »
« Art. 722. Si ceux qui ont péri ensemble avaient quinze ans accomplis, et moins de soixante, le mâle est toujours présumé avoir survécu, lorsqu’il y a égalité d’âge, ou si la différence qui existe n’excède pas une année. — S’ils étaient du même sexe, la présomption de survie qui donne ouverture à la succession dans l’ordre de nature doit être admise ; ainsi le plus jeune est présumé avoir survécu au plus âgé. »
Il est bien entendu que ces règles ne sont applicables que lorsque, par témoins ou par l’inspection des cadavres, on ne peut établir avec certitude quels sont les individus qui ont succombé les premiers, et ceux qui ont survécu. Dans une foule de cas il est possible, par l’examen des faits, d’établir des bases presque certaines ; ainsi, chez des individus assassinés, la nature des blessures plus ou moins promptement mortelles, la quantité de sang perdu, la situation des cadavres et les efforts qu’ont dû faire les individus assassinés pour se soustraire au danger. Dans un incendie, ledegrédecombustion des corps, et les phénomènes de réaction qui ont pu se manifester sur les parties incomplètement atteintes par les flammes, les progrès et la marche de l’incendie comparés au lieu où se sont trouvés les corps. Danslasubmersion, ledegréd’impressionnabilité des individus, leur courage, leur force, s’il en est qui aient plusieurs fois reparu à la surface de l’eau, leur habitude dans l’art de la natation, etc.
Tous ces faits, ainsi que nous l’avons déjà fait pressentir, ne donnent que bien rarement des certitudes, et les médecins légistes sont partagés sur le degré de confiance que l’on peut leur accorder ; car la plupart de ces appréciations peuvent donner lieu à des controverses qui doivent avoir pour résultat de jeter les magistrats dans la plus grande incertitude. Fodéré est d’avis que l’on doit toujours chercher la preuve des surviesdans les faits, même en l’absence des témoignages, et que les dispositions du Code civil ne doivent s’appliquer que lors-
sus
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qu’il y a impossibilité d’établir des probabilités ayant quelque caractère de certitude. Belloc, Mahon , Orfila et Devergie ne partagent pas cet avis, et, pénétrés de la difficulté qui existe dans la plupart des cas de prononcer avec certitude, ils sont /d’avis que, toutes les fois qu’il peut y avoir doute, il convient mieux d’appliquer les dispositions du Code 'civil.
Le cas de survie s’est également présenté à la suite de l'accouchement. Quelquefois, dans un accouchement clandestin, ou lorsque la femme s’est trouvée isolée et privée de secours, la mère et l’enfant sont morts dans un temps peu éloigné l’un de l’autre. Les témoins de l’événement, s’il s’en est trouvé, n’ont pas remarqué l’ordre des décès, troublés qu’ils étaient , ou bien incapables de constater avec certitude l’instant où les derniers signes de la vie ont dû abandonner les sujets. Dans ces cas, et en l’absence de toutes preuves, les magistrats doivent prononcer que la mère a survécu, car elle est supposée avoir plus de force que l’enfant qui vient de naître ; et, bien que le Code civil n’ait pas mentionné le cas où des individus de moins de quinze ans et au-dessous de soixante viendraient à succomber dans un même événement, prononcer ainsi, c’est juger d’une manière conforme à l’esprit et à la lettre de l’art. 720, qui dit que, à défaut des circonstances du fait, la force de l’âge et du sexe détermine les présomptions de survie. Cette opinion est aussi celle de Chabot de l’Ailier, dans son Commentaire sur les successions, et elle est partagée par presque tous les médecins légistes, quoique l’on cite un arrêt de la Chambre impériale de Wetzlar, qui ait jugé d’une manière opposée.
Dans l’accouchement aussi , il existe, dans les circonstances des faits, des preuves qui peuvent souvent fixer d’une manière certaine le médecin légiste, tels quedes signes de mortobservés sur l’enfant, établissant qu’il a succombé dans l’utérus; le cordon tourné autour du col du fœtus ; l’asphyxie en sortant du sein de la mère, et quelquefois avant que l’enfant n’ait respiré. Les signes qui peuvent faire croire que la mère a succombé la première sont moins probants : ainsi une maladie aiguë qui a pu épuiser les forces de la mère, une hémorrhagie utérine, des convulsions, etc. Mais ces matières, ainsi que le dit M. Orfila, sont toujours très-hypothétiques, et l’on doit le plus souvent s’en rapporter aux dispositions de la législation sur ce sujet.
susceptibilité ( physiol. ), s. f. C’est la propriété dont jouissent les tissus de recevoir les impressions qui mettent en jeu les actions organiques. (V. Sensibilité et Sensation.)
sus-épineux [anat.), adj. ( supra-spinosus ), quiestau-dessusde l’épine del’omoplate. Fosse susépineuse. (V. Omoplate.) — Muscle sus-épineux; il estsituédans la fosse sus-épineuse., allongé, épais, pyramidal; il s’attache en dedans aux deux tiers de la fosse sus- épineuse, et en dehors à la grosse tubérosité de l’humérus.
sus-orbitaire ( anat .) , adj. ( supra-orbita lis), qui est au-dessus de l’orbite. — Trou sus-orbitaire ; on appelle ainsi une échancrure convertie
en trou par un faisceau ligamenteux et qui existe au tiers interne de l’arcade orbitaire, qui donne passage à l’artère sus-orbitaire et au rameaufrontal du nerf ophthalmique.
suspenseuk. [anat.), adj. (de suspendere, suspendre , attacher en haut). On donne ce nom à plusieurs ligaments qui ont en effet pour fonction d’attacher un organe à une partie plus élevée: ligament suspenseur de la verge, ligaments suspenseurs de la matrice.
suspensoir ( chir .), adj. On appelle ainsi un bandage particulier destiné à tenir les bourses soulevées chez les sujets affectés de différentes maladies de cet organe. Le suspensoir consiste en une sorte de poche en toile ou en tricot de soie ou de coton , dans laquelle les bourses sont renfermées assez exactement, saus toutefois être comprimées. Une ouverture pratiquée à la partie antérieure sert au passage de la verge; enfin, cet appareil est maintenu par des cordons ou rubans de fil qui vont s’attacher à une ceinture, et par dessous-cuisses. Les rubans qui se rendent à la ceinture , tirant les bourses en haut, les suspendent véritablement et empêchent que, livrées à leur propre poids, elles ne pendent entre les cuisses.
« Ce bandage est non-seulement commode pour ceux qui sont affectés d’un gonflement lourd et volumineux des testicules , mais il est extrêmement avantageux pour prévenir les contusions , les compressions que peuvent éprouver ces organes lorsque les bourses sont longues et pendent comme cela a lieu ordinairement par les temps chauds. En soutenant le scrotum, il paraît favoriser d’ailleurs la circulation dans les testicules et le retour du sang veineux : le fait est qu’il est plus facile à l’inflammation de se développer dans les testicules lorsqu’on ne porte pas de suspensoir que dans le cas contraire. Ainsi, les uréthrites, les blennorrhées en d’autres termes , sont bien plus fréquemment suivies de gonflements inflammatoires des testicules lorsque les bourses ne sont pas soutenues, que lorsqu’elles le sont , et c’est même ce fait seul qui légitime la précaution de recommander l’usage de cet appareil à ceux qui sont affectés de l’inflammation de l’urèthre. Ainsi les douleurs aux testicules se dissipent, un léger engorgement se dissout fréquemment très - promptement , ou reste stationnaire par l’emploi d’un suspensoir pendant un certain temps »
( Gerdy, Traité des bandages, 1. 1). JNous avons à dessein cité ces paroles de l’un des chirurgiens les plus compétents en fait de bandages, à cause de l’importance du sujet. L’emploi du suspensoir est, en effet , d’une grande utilité dans une foule de circonstances, comme dans la blennorrhagie, pour éviter l’orchite, accident connu sous le nom de chaudepisse tombée dans les bourses, dausles cas de varicocèle, d’hydrocèle, desarcocèle, dans le cas de hernie inguinale , chez les personnes qui montent à cheval , etc. On comprend, d’après ce qui a été dit plus haut , le mode d’action du bandage dans ces différentes circonstances. E. Beaugband.
suspension [méd. lég.), s. f. Mort par suspension ou par strangulation. Sous ce mot, nous allons parler d’une des questions qui ont Te plus agité les médecins légistes. Les causes qui amènent
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la mort et les phénomènes qui l’accompagnent, ies signes auxquels on peut distinguer le suicide de l’homicide, et ceux auxquels on peut reconnaître si un individu a été pendu vivant ou après la mort; tels sont les points sur lesquels s’est exercée la sa-~ gaeité des médecins.
Quelles sont les causes qui amènent la mort? Tout le monde sait ce qui se présente de plus apparent dans la pendaison. Le corps est suspendu audessus du sol par un lien qui enveloppe le cou, l’étreint fortement, et l’extrémité de la corde remonte ordinairement vers l’occiput, ou quelquefois vers un des côtés de la tête. Dans cette situation, les veines jugulaires sont fortement comprimées, ainsi que les artères carotides et les nerfs qui suivent une partie de leur trajet; le larynx est déprimé et quelquefois fracturé si le lien a été placé bas ; le lien étant placé plus haut, les muscles de la base de la langue, et tous ceux qui se fixent à l’os hyoïde, sont ramenés en haut et en arrière, et appliqués sur la partie antérieure de la colonne vertébrale Dans cette situation, ils déterminent une occlusion plus ou moins complète du larynx, suivant le degré de force avec lequel la corde a été serrée, et suivant aussi le lieu où elle a été appliquée.
Comme conséquence de ces faits , le sang, qui est toujours amené vers le cerveau par les artères vertébrales, qui échappent à la compression en raison de leur situation dans un canal osseux, distend fortementles veines et lessinusdu cerveau, s’accumule dans les vaisseaux capillaires de cet organe, ne pouvant être ramené vers le cœur par les veines importantes du col, qui toutes sont comprimées. La respiration, rendue impossible ou trèsnotablement amoindrie par l’effet de la compression du larynx ou par l’oblitération plus ou moins complète de la glotte, résultant de la compression des muscles que nous avons indiqués, tend à augmenter encore cette congestion , et détermine l’asphyxie.
Ainsi, les deux causes les plus ordinaires de la mort dans la suspension sont d’abord l’apoplexie, puis l'asphyxie. Ces deux causes peuvent agir isolément, et elles suffisent chacune pour déterminer la mort ; mais, le plus ordinairement, elles agissent simultanément, et s’ajoutent l’une à l’autre. Il est important de noter que, dans ce que nous appelons apoplexie, nous ne désignons pas un épanchement de sang dans le cerveau avec désorganisation d’une partie de cet organe, mais bien une congestion avec engorgement, qui suffit pour amener la mort.
Aux causes que nous venons d’indiquer, nous devons joindre quelquefois la déchirure des ligaments qui unissent les deux premières vertèbres cervicales, et leur luxation , qui détermine unemort instantanée, par la compressionde la moelle épinière. Cette luxation des vertèbres est assez rare dans la pendaison; elle s’observe plutôt lorsqu’elle a eu lieu d’une manière violente, que lorsqu’elle a eu lieu par suicide. La plupart des auteurs de médecine légale l’ont même niée dans ce dernier cas; mais Mahon l’a admise un des premiers: il rapporte même, à ce sujet, une consultation d’Antoine Petit, pour les parents d’un individu qui s’était pendu à Liège, et que l’on accusait de l’avoir assassiné. Le chirurgien qui avait fait le rapport s’étant appuyé sur l’existence d’une luxation de la première vertèbre sur la
seconde pour admettre l’homicide, Antoine Petit prouva, dans son Mémoire, que cette luxation pouvait être le résultat de la chute du corps retenu par la tête à une solive à laquelle était fixé le lien. Mahon entre à ce sujet dans quelques considérations qui démontrent la possibilité de ce fait dans les cas qu’il détermine.
Louis, dans son Mémoire sur les pendus, a le premier démontré les véritables causes de la mort dans le supplice delà pendaison. Il a montré qu’elle n’avait pas toujours lieu par ies mêmes causes : il dit, à cette occasion, que les exécuteurs de Paris et de Lyon avaient chacun une façon différente de pratiquer ce supplice, et il décrit leur manière d’opérer. Les criminels exécutés à Paris avaient tous des fractures et des luxations des premières vertèbres; aussi périssaient-ils instantanément : ceux de Lyon avaient des fractures et des écrasements du larynx; leur mort était moins prompte ; ils succombaient à l’engorgement cérébral et à l’asphyxie. Nous ne décrirons point ici les phénomènes de l’asphyxie par suspension ; ils sont les mêmes que ceux de l’asphyxie par strangulation, si bien décrits par notre célèbre collaborateur Marc, au mot Asphyxie.
Les médecins légistes ont cherché, dans l’examen des cadavres des individus morts par la suspension, les moyens de reconnaître si la mort avait été le résultat d’un suicide ou bien d’un crime, en un mot, à distinguer si la suspension avait été volontaire ou violente. La direction du sillon de la corde, l’existence de traces démontrant que la strangulation a précédé la suspension, l’indication de violences extérieures, telles que le désordre et la déchirure des vêtements, des contusions et des blessures, peuvent être des indices qui mettent sur la voie de la vérité. On devra aussi examiner quels sont les moyens à la portée de l’individu qui ont pu lui servir pour accomplir le suicide, s’il a pu eu faire un usage utile, et enfin si la suspension a été possible sans intervention étrangère. Ou comprend qu’il est difficile d’admettre que le corps d’un individu dans la force de l’âge ne présente pas des traces de violence, si la suspension n’a pas été volontaire, et qu’il se sera laissé pendre sans opposer une résistance désespérée. Cependant il est possible d’admettre que, chez des individus faibles et pusillanimes, chez des femmes, à qui le nombre et la force des assassins ont pu imprimer une forte terreur, et ne leur laisser, pour ainsi dire, que le choix du genre de mort, on ne trouve pas les traces de violences dont nous parlons. L’astuce des meurtriers peut aller même jusqu’à disposer près de la victime des objets destinés à faire croire qu’elle a succombé par le suicide. On comprend avec quel soin et quelle réserve le médecin doit observer et apprécier les circonstances des faits, afin d’émettre une opinion qui ne puisse pas égarer la justice.
On a nié, à l’occasion d’un suicide célèbre, la possibilité qu’un individu pérît par la suspension, lorsqu’une portion de son corps posait encore sur le sol ; mais les exemples de suicides dans de semblables circonstances sont nombreux. Marc, dans un Mémoire publié à l’occasion de la mort du dernier prince de Coudé, cite qualorze cas dans lesquels la suspension partielle fut suivie de mort, bien qu’une notable portion du corps ne pesât pas sur
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le lien. M. Devergie, dans son Traité de médecine légale, cite plusieurs cas de mort par suspension, les individus étant assis, à genoux et même couchés. On a trois ou quatre cas d’individus qui se sont pendus dans les hôpitaux à la corde placée au milieu du ciel du lit, et qui était destinée à favoriser les mouvements qu’ils faisaient pour se mettre sur leur séant. Dans ces cas, le poids de la partie supérieure du corps a suffi pour déterminer, au moyen de la corde, une compression du col assez puissante pour amener la mort.
Un des points les plus importants à déterminer dans laquestion qui nous occupe, est dedécider si le sujet a été pendu pendant la vie, ou bien si, pour cacher un crime, des assassins n’ont pas pendu le corps de leur victime, dans le but de faire croire à une mort volontaire. Il existe des signes tellement certains delà mort par suspension, qu’il est presque impossible de les confondre avec tout autre genre de mort violente. Ainsi l’injection et l’engorgement des veines et des sinus du cerveau, le gonflement de la face, la saillie de la langue et des yeux, le gonflement du col, la forme et l’aspect du sillon de la corde, l’état des fractures du larynx lorsqu’elles existent, quelquefois le gonflement des extrémités inférieures et des éjaculations de liqueur spermatique dont les traces sont facilement reconnaissables, forment un ensemble de signes qui permettent bien rarement l’erreur. De tous ces signes, il en est beaucoup qui ne sont pas constants, et il est bien rare qu’on les trouve réunis ; les plus constants sont l’engorgement cérébral et les signes d’asphyxie dans les poumons ; car la face peut rester pâle, les yeux et la langue ne pas former de saillie, le col n’être point gonflé, les fractures du larynx peuvent ne point exister lorsque le lien a été appliqué au-dessus de cet organe ; mais lorsqu’elles existent, les membranes et les parties molles qui les avoisinent présentent des traces d’injections auxquelles il est facile de reconnaître que ces lésions ont eu lieu pendant la vie. Il en est de même du sillon formé par la corde ; souvent il ne présente ni gonflement ni ecchymoses, ainsi que l’admettaient les anciens auteurs; le fond de sa cavité est brun, la peau est déprimée et comme parcheminée, phénomène qui s’observe également lorsque la suspension a eu lieu peu de temps après la mort ; mais en examinant la peau à contre -jour, dans le point où elle a été légèrement excoriée par la corde, dit M. Devergie, on la trouve présentant l’aspect d’un réseau rouge, phénomène qui est le résultat de l’injection des vaisseaux capillaires pendant la vie.
Esquirol, l’un des premiers, signala l’absence des ecchymoses dans le sillon formé par la corde ; Orfila l’indiqua également et se livra à des expériences sur des cadavres peu de temps après la mort, et il montra l’analogie qui existait dans beaucoup de cas entre l’aspect des sillons formés pendant la | vie et après la mort. Nous-même, à l’occasion d’une I observation sur un pendu dans lequel nous avions trouvé la face pâle et le sillon de la corde sec et j non ecchymosé, nous avons répété quelques-unes des expériences d’Orfila, et nous sommes arrivé aux mêmes résultats; seulement nous avons été amené à des conclusions différentes , relativement à la manière dont se produit l’asphyxie. Nous avons constaté qu’elle n’a pas lieu lorsaue le lien
est appliqué au-dessus du larynx, seulement par le refoulement de la base de la langue et l’abaissement de l’épiglotte, opinion admise d’après un Mémoire du Dr Deslandes, publié dans la Revue médicale en 1824, mais qu’elle pouvait avoir lieu par la compression et le refoulement des muscles de la base de la langue sur la colonne vertébrale. Notre Mémoire a été publié en 1826, dans la Bibliothèque médicale.
Lorsque la mort a eu lieu par strangulation avant la suspension, il devient plus difficile de déterminer si la suspension a eu lieu pendant la vie ou après la mort; mais, dans ce cas, la trace d’un double sillon, l’un qui sera circulaire et qui aura été produit par l’étranglement, et l’autre qui devra être oblique puisqu’il sera produit par la suspension du corps, est un signe caractéristique ; si l’on joint à cela la direction du sillon s’il est unique, qui est toujours horizontale, et lorsque le lien fortement serré par la strangulation ne s’est pas déplacé, ce sont là, avec les traces de violences extérieures qui ne peuvent manquer d’exister dans ces cas, des signes qui serviront à guider et à éclairer les médecins légistes.
Nous dépasserions de beaucoup lesbornes qui nous sont imposées dans un article de la nature de celuici, si nous voulions examiner avec quelques détails les cas principaux qui peuvent se présenter en médecine légale, dans l’importante question de la mort par suspension. Nous ne croyons devoir mieux faire que de renvoyer ceux de nos lecteurs qui désireraient des renseignements plus étendus, aux importants ouvrages d’Orfila et de M. Devergie, sur la médecine légale.
Nous ne devons point terminer cet article sans parler des secours que l’on doit administrer dans les cas de pendaison. Le premier devoir est de couper la corde, de détacher le lien du col ; si l’individu a perdu connaissance, on devra le coucher sur un lit, réchauffer le corps; dans tous les cas, pratiquer une saignée à la jugulaire, au bras ou au pied, suivant qu’on le Jugera convenable; injecter de l’air pur dans les poumons, fairedes frictions générales sur la surface du corps, sur la poitrine, avec des substances spiritueuses et excitantes ; enfin se conduire de la manière indiquée au mot Asphyxie.
Les fastes de la médecine contiennent beaucoup d’exempies d’individus rappelés à la vie après la pendaison, même comme supplice, et après être restés plusieurs heures, et même près d’un jour, suspendus. Louis, dans son Mémoire sur les pendus, rapporte l’histoire de ce meunier d’Abbeville qui, passant près d’un endroit où un voleur avait été pendu la veille, le détacha, soupçonnant qu’il n’était pas mort ; il l’emmena chez lui dans sa charrette, lui donna des soins qui le rappelèrent à la vie, et lorsque, quinze jours après, il était sur le point de le congédier, ce misérable, profitant de l’absence de son libérateur, le vola et s’enfuit. Le meunier irrité courut après lui avec ses deux fils, ils l’atteignirent à une lieue de là, et, dans le premier mouvement de leur indignation, ils le rame- I nèrent au poteau d’où ils l’avaient détaché quinze : jours auparavant, et ne le quittèrent que lorsqu’ils | se furent assurés qu’il était bien mort. Us furent bien conseillés, dit Louis, de se soustraire à la jus- ! tice, jusqu’à ce qu’ils eussent obtenu des lettres de rémission.