‹ Dictionnaire de médecine usuelleChapitre 192 sur 298 · TAR · texte numérisé non relu

TAR

tar,ektueiS ( hist.nat .), s. f. (V. Araignée.)

tarse (anat.), s. m. [tarsus, en grec tarsos, de tarsoô, j’entrelace en forme de claie). C’est là partie postérieure du pied formée de sept os fortement articulés et enchevêtrés les uns avec les autres. (V. Pied.) — Cartilage tarse , on appelle ainsi deux lames flbro cartilagineuses situées dans le bord libre de chaque paupière, et qui la maintiennent dans un certain état de fermeté. (Y. Paupière.) J . B.

TARSïEüff (anat.), ad j., qui appartient au tarse; articulations tarsiennes , ce sont celles des os du tarse. Os tarsien , etc.

tartsatej ( chim .), s. m. (farfras).On appelle ainsi les sels formés d’acide tartrique et d’une base alcaline. Ce sont les tartres des anciens chimistes. Les tartrates sont neutres ou acides. Les tartrates neutres solubles sont rendus moins solubles par un excès d’acide, tandis que ceux qui sont insolubles sont rendus solubles par cet excès d’acide. Les solutions aqueuses des tartrates précipitent en blanc par l’eau de chaux, précipité qui se dissout dans un petit excès d’acide, ce qui les distingue des oxalates. Les tartrates les plus usités sont les suivants :

Tartrate acide de potasse (bitartre de potasse, crème de tartre). — Ce sel existe tout formé dans le raisin; lors de la fermentation, le sucre, se changeant en alcool, empêche le liquide de dissoudre le tartrate, el celui-ci se précipite. On le trouve adhérant aux parois des tonneaux, et très-souvent à la surface inférieure des bouchons en contact avec le vin dans les bouteilles. 11 cristallise en petits prismes à quatre pans coupés de biais, il croque sous la dent ; très-peu soluble dans l’eau froide, il l’est davantage dans l’eau bouillante. On le rend plus soluble par l’addition d’une partie d’acide borique sur quatre parties de crème de tartre; c’est ce qui constitue la crème de tartre soluble , usitee en médecine comme purgatif. On l’administre à la dose de 15 à 60 grammes dans un véhicule aqueux; comme laxatif, on fait très-souvent prendre 4 à 8 grammes de crème de tartre dans du petit-lait ou une tisane rafraîchissante.

Tartrate de potasse neutre. — Sel végétal; il cristallise sous forme de prismes rectangulaires, à quatre pans aplatis , terminés par des sommets dièdres. Il a une saveur amère, un peu désagréable, soluble dans l’eau froide, plus soluble dans l’eau chaude, etc. On l’obtient en traitant une solution de carbonate de potasse par des surtartrates de potasse pulvérisés. Ce sel est purgatif à la dose de 8 à 30 grammes. Son action est très-douce et sans coliques.

Tartrate de potasse et d’antimoine (émétique). (V. Antimoine.)

Tartrate de potasse et de soude, sel polychreste, seldeSeignelte. — Il fut découvert en 1672, par un pharmacien de La Rochelle, nommé Seignette. Il est sous forme de cristaux prismatiques, à 8 ou 10 pans inégaux, transparents, inaltérables à l’air, d’une saveur légèrement amère. On l’obtient en saturant l’excès d’acide de la crème de tartre avec du carbonate de soude; il agit comme le tartrate de potasse et se donne aux mêmes doses.

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Tartrate dépotasse et de fer, tartre martial, tartre chalybë soluble. — Ce sel est sons forme de petites aiguilles verdâtres ou d’une poudre d’un brun tirant sur le vert ; inodore, d’une saveur styptique , très-déliquescent et par conséquent très-soluble. On l’obtient en faisant bouillir dans 7 parties d’eau 2 de limaille de fer et 5 de tartrate acide de potasse, jusqu’à ce que la liqueur ne soit plus acide. Le tartrate de potasse et de fer agit comme les autres préparations martiales, c’est-à-dire comme tonique et emménagogue. On le donne à la dose de 5 à 6 décigrammes, à 1 et même 2 grammes, en dissolution ou en pilules. On en fait une teinture et un vin (vin chalybé).

Tartrate dépotasse et de fer solide. (V. Boules de Mars.) J. -P. Beaudk.

tartre ( chim .), s. m. [tariras). C’est le nom donné au tartrate acide de potasse impur qui se dépose au fond descuves et surles parois des tonneaux dans lesquel on renferme le vin. (Y. Tarir ates).

Le tartre dentaire est un enduit phosphatocalcaire qui se dépose à la base de la couronne des dents et les incruste. Ce produit doit être enlevé avec soin, autrement il recouvre les dents, auxquelles il forme une enveloppe brunâtre d’un aspect malpropre et désagréable. J. B.

tartriçue (Acide) [chim. et pharm ) ou acide tartarique. Il ne se trouve dans la nature qu’à l’état de sel, uni à la potasse ou à la chaux. Il cristallise en prismes hexaèdres aplatis, terminés par des pyramides triangulaires. Il est un peu déliquescent ; sa saveur est très-acide, mais agréable. Bouilli avec l’acide sulfurique, il se change en vinaigre, l’acide nitrique le change en acide oxalique. Il précipite en blanc les sels de potasse, précipité insoluble dans un excès d’acide. Il ne précipite pas la chaux des sels minéraux. On l’obtient en traitant le tartrate de chaux par l’acide sulfurique étendu d’eau. Ce dernier s’empare de la chaux, avec laquelle il forme un composé insoluble, etlaisse l’acide tartrique libre.

Cet acide est très-usité comme rafraîchissant sousformede!imonade:2à 4 grammes suffisent pour aciduler une livre d’eau. On en fait un sirop trèscommode pour faire une limonade extemporanée ; il est très-bon dans les phlegmasies gastriques, les fièvres bilieuses, etc. J. B.

taxis ( chir .), s. m. (mot grec dérivé de tassô j’arrange). On appelle taxis les manœuvres méthodiques à l’aide desquelles on' fait rentrer une hernie (Y. Ucrnié).

tégument ( anat .), s. m. ( tegumentum , de tegere couvrir).C’est le synonyme de peau.

teigne ( path .), s. f., tinea, mot introduit dans la langue médicale par les médecins du moyen âge, et qui, suivant Lorry, serait une corruption et une altération des mots arabes sahafati ou alvalliim. Un autre médecin, non moins érudit que Lorry, le célèbre Mercuriali, avait déjà émis sur l’étymologie du mot teigne une opinion beaucoup plus simple, et que nous adoptons volontiers. Suivant Mercuriali, les auteurs du moyen-âge, comparant les ravages

produits par certaines maladies cutanées sur le cuir chevelu à ceux que l’insecte nommé teigne (i tinea ) produit sur les vêtements , auraient donné à la maladie le nom de l’insecte. Cette étymologie ressemblerait alors à celle du mot Cancer.

Quoi qu’il en soit, par le mot teigne , on doit entendre, en pathologie cutanée, diverses affections, du cuir chevelu propres à l'enfance. Nous en ferons deux classes bien distinctes : 1° les teignes vraies, comprenant le favus et ses variétés ; 2° les pseudoteignes, qui ne sont autre chose que différentes maladies de la peau déjà décrites (V. Herpes, Mélitagre), affectant le cuir chevelu.

Vraies ou fausses, les teignes ont ceci de commun, qu’elles se montrent plus particulièrement dans l’enfance, bien que les adultes puissent, par exception , en être atteints ; une chose à noter, c’est que ce sont plutôt les teignes ftuentes , herpétiques ou mélitagreuses que l’on rencontre dans la première jeunesse, tandis que les teignes sèches et furfuracées se rencontrent aussi chez les vieillards. Ces diverses circonstances ont, depuis longtemps, porté Iesobser vateurs à penser que les teignes constituaient un mouvement dépurateur établi par la nature, et dont il ne faudrait pas trop promptement entraver la marche. Beaucoup d’auteurs sont d’avis, dit Alibert, «qu’elles peuvent affranchir l’économie d’une foule d’accidents qui ne manqueraient pas d’avoir lieu dans un âge plus avancé. Prodest porrigo capilis (le porrigo de la tête est utile), est un axiome généralement reçu par les médecins anciens aussi bien que par les modernes. Cette opinion était jadis tellement accréditée, qu’ Ambroise Paré , le père de la chirurgie française, ne voulait pas qu’on songeât à guérir la teigne; il l’envisageait comme un tribut de l’enfance, comme un phénomène purificateur, ou plutôt comme un résidu excrémentiel dont la sortie soulage l’organisation.» Ce mouvement vers la tête s’explique du reste très-bien par la vitalité si active , l’accroissement et les proportions si remarquables de cet orgaue dans la première période de la vie. Toutefois, et l’auteur que nous venons de citer en convient, s’il est important de ne pas faire disparaître trop promptement, non pas une teigne , mais une pseudo- teigne , il serait non moius imprudent de les laisser s’invétérer trop profondément dans l’économie, et leur donner le temps de déterminer dans la constitution une perturbation que leur séjour prolongé amènerait nécessairement. Du reste, les influences extérieures agissent pour leur part, car les teignes fausses ou vraies se montrent plus particulièrement chez les enfants pauvres, mal nourris, tenus dans la malpropreté, logés dans des habitations basses, sombres et humides.

Toutes les teignes sont-elles contagieuses? Le vulgaire le croit ; mais nous verrons plus bas que la contagion n’a lieu que pour la teigne vraie ou favus.

Le rapport des différentes espèces de teignes entre elles a été établi par M. Mahon jeune, d’après un relevé de 39,7 19 cas, et il a trouvé que les teignes vraies sont aux fausses dans le rapport de 7 5 à 25, c’est-à-dire précisément de 3 à i. Mais il faut noter que parmi les fausses teignes se rangent les gourmes (voy. ce mot), pour lesquelles les mères réclament rarement un traitement.

1° Teignes vbaies. — C’est le favus, dont ou trouvera l’histoire précisément au mot Favus, qui a

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été composé par notre habile et savant maître, feu le professeur Alibert.

2°13espseudo teignes. — Nous enadmettons trois principales : A .Teignes squammeuses. C’est la dartre squammeuse humide affectant le cuir chevelu. On la voit surtout chez les enfants à la mamelle ou à l’époque de la seconde dentition. Elle affecte particulièrement les sujets blonds, lymphatiques et scrofuleux. Elle se montre le plus souvent à l’entour des oreilles, au front, à la nuque et jusque sur la face. La peau rougit, se boursouffle et donne lieu à un suintement visqueux qui colle les cheveux et se concrète sous forme de larges écailles jaunâtres ; la tête est en proie à une démangeaison excessive, et, quand les eDfants ont les mains libres, ils en profitent pour se mettre la tête en sang avec leurs ongles. Quand l’inflammation de la peau est très* vive, il se forme souvent de petits abcès souscutanés; les ganglions de la nuque et du cou se gonflent assez fréquemment aussi; enfin, il n’est pas rare de voir dans ce cas la tête couverte de poux.

Si l’écoulement vient à être Su^jume Brusquement, soit d’une manière spontanée, soit d’une manière artificielle, il est très-commun de voir l’enfant maigrir, être pris de diarrhée , d’accidents du côté des poumons, etc., accidents qui disparaissent quand l’éruption reparaît. Il est d’observation encore que tant que dure le suintement, les enfants jouissent d’une excellente santé; de là ces idées de dépuration dont nous avons parlé.

Quand la maladie n’a pas été convenablement traitée, le suintement devient moins abondant, et la tête se recouvre d’écailles minces et blanchâtres: la maladie est alors passée à l’état chronique. C’est à cette forme chronique que la plupart des auteurs modernes rattachent la variété décrite avec tant de talent par le professeur Alibert, sous ienom de teigne amiantacée, et « qui, dit-il , est ordinairement caractérisée par des écailles ou membranes micacées, luisantes, argentines , qui unissent et séparent les cheveux par mèches, les suivent dans tout leur trajet et dans toute leur longueur. »

Traitement. — Dans les premiers temps, il faut s’en tenir aux soins de propreté ; on tiendra les cheveux coupés très-courts , on fera de fréquentes lotions avec une eau émolliente ; le son, la guimauve, le sureau conviennent très-bien. On appliquera sur la tête des cataplasmes de farine de graine de lin ou de fécule de pommes de terre, pour faire tomber les ci oûtes, les empêcher de s’amonceler et calmer l’irritation et les démangeaisons. Si l’inflammation est très-violente, et qu’il se forme de petits phlegmon: sous la peau , on pourra appliquer une ou deux sangsues dans le voisinage, suivant la force des sujets. Quand la maladie dure depuis un certain temps, et que l’on juge qu’il est temps de la soumettre à un traitement curatif, on aura recours aux lotions sulfureuses, aux onctions avec la pommade soufrée, on fera prendre de légers purgatifs. Si l’enfant est à la mamelle, on lui continuera le lait de la nourrice , mais on aura soin de lui faire prendre dans la journée quelques cuillerées d’eau d’orge; s’il est sevré, on rendra son alimentation plus rafraîchissante et moins substantielle. Quand l’éruption se supprime brusquement, on la rappellera au moyen de topiques gras , tels que le beurre ,

l’axonge , qu’on laisse séjourner assez longtemps sur la peau, de manière à les laisser devenir irritants par rancidité; on pourrait même, au besoin, ajouter un peu de pommade épispastique. Enfin, si ces applications excitantes échouaient, on placerait un vésicatoire à la nuque ; on a réussi à l’aide de ce moyen à rappeler des éruptions supprimées spontanément, et dont la suppression avait été le signal d’accidents plus ou moins graves.

Quand la maladie existe chez les adultes, il faut déployer plus d’activité et traiter dès le principe et par des moyens analogues, mais plus énergiques.

Enfin , si l’affection a revêtu la forme chronique, c’est le traitement des dartres dans toute sa rigueur: tisanes amères, purgatifs de temps en temps, cheveux tenus très-courts ; cataplasmes pour faire tomber les croûtes , onctions avec les pommades sulfureuses, ioduro-sulfureuses, au calomel, etc. ; lotions d’eau de Barèges|ou d’Enghien, bains sulfurogélalineux, etc.

B. Teignes croûteuses . — Il y en a deux variétés très-distinctes : la teigne muqueuse décrite au mot gourme , et la teigne granulée dont nous allons parler.

Teigne granulée , ou porrigo granulata d’ Alibert, impétigo granulata de l’école anglaise {galons du vulgaire). La teigne granuleuse affecte plutôt les enfants de trois à six ans, pauvres et élevés dans la malpropreté ; elle débute aussi par une irritation inflammatoire du cuir chevelu avec démangeaison, formation de petites pustules enchâssées dans le derme, qui fournissent un liquide visqueux plus ou moins abondant. C’est ce liquide qui, en se concrétant , forme de petites croûtes arrondies, brunâtes, irrégulières, agglutinant les cheveux par paquets. Ces croûtes sont quelquefois assez molles, d’autres fois très-dures, collées et comme suspendues à la partie moyenne des cheveux ou à leur extrémité ; leur volume est peu considérable; elles ressemblent un peu , pour les dimensions, à des graines de chenevis. Lorsque cette teigne est humide et .mal soignée , elle exhale une odeur nauséabonde trèsdésagréable; elle s'accompagne aussi très-souvent de l’existence de poux très nombreux.

Le traitement e st le même que celui de la teigne squammeuse ; nous n’y reviendrons donc pas.

C. Teigne fur fur acée; c’est le \ \ptiriasis capitis de l’école anglaise.

On observe cette forme particulière chez les enfants à la mamelle et chez les vieillards ; les adultes n’en sont point exempts. Elle semble coïncider avec un défaut d’activité des bulbes pilifères ; le fait est qu’on les rencontre et sur la tête d’enfauts qui n’ont pas encore beaucoup de cheveux, et à un âge avancé quand le cuir chevelu s’est dégarni.

La teigne furfuracée n’a guère , pour symptômes qu’une démangeaison plus ou moins vive, avec l’existence, sur le cuir chevelu , de petites écailles blanches, farineuses , analogues à du son. (Voy. au mot Herpes la description de la dartre farineuse qui s’y applique exactement.)

Un accident qui succède souvent aux différentes sortes de teignes vraies ou fausses, c’est l’alopécie, dont plusieurs auteurs ont voulu faire une espèce à part, porrigo decalvans ou tonsurans, mais qui n’est qu’un effet de la maladie sur les bulbes pilifères. (V. Alopécie.)

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